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 and you'll fear what you found (darcy)

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✤ en ville depuis le : 11/12/2014
✤ post-envoyés : 34
✤ pseudo/prénom : penthésilée +ophélia.
✤ célébrité : Norman Reedus.
✤ objets : un couteau accroché à sa ceinture ✤ un colt python 357 magnum ✤ un sac à dos dans lequel il a fourré un paquet de clopes non-entamé, un briquet, des allumettes & un porte-feuille avec une photo de ses gnomes à tous les âges, ainsi que trois billets de vingt dollars.
✤ crédits : chameleon circuit +av, uc +sign.

✤ âge : quarante-quatre ans.
✤ statut : marié, puis séparé ; nouvellement veuf, il vient de l'apprendre.
✤ humeur : maussade. étrange, hein ?


MessageSujet: and you'll fear what you found (darcy)   Mar 24 Mar - 16:43



and you'll fear what you found
Go your way, I'll take the long way 'round, I'll find my own way down, As I should. And hold your gaze There's coke in the Midas touch A joke in the way that we rust, And breathe again. And you'll find loss And you'll fear what you found When weather comes Tearing down. There'll be oats in the water, There'll be birds on the ground, There'll be things you never asked her, Oh how they tear at you now. Go your way, I'll take the long way 'round, I'll find my own way down, As I should. And hold your gaze There's coke in the Midas touch A joke in the way that we rust, And breathe again. And you'll find loss And you'll fear what you found When weather comes Tearing down. There'll be oats in the water There'll be birds on the ground There'll be things you never asked her Oh how they tear at you now. ~ oats in the water.


Troisième jour.

Non, je ne sais pas où ce c- Darcy est passé, j'suis pas sa mère Jamie. Et pourtant, il aurait sans doute mieux fait de lui coller une laisse autour du cou et l'appeler Médor. - pour la énième fois, Jamie, je ne sais PAS où il est. Mais regarde mon pied, observe bien ton cul et devine ce qui va se passer si jamais tu continues à me harceler de questions. Cela avait été suffisant pour inciter son fils à battre en retraite, levant le drapeau blanc par le simple fait de sa disparition momentanée. En bon prince, Bran avait essayé d'être patient, rappelant à son aîné que Darcy n'était pas sa pucelle attitrée et qu'il n'avait aucun moyen de savoir où il avait pu se faufiler. Cela faisait trois jours que son comparse n'était plus, à l'instar de sa patience déjà fragilisée par l'invasion qui perdurait. Il avait vraiment failli botter le derrière de son gamin qui, du haut de ses vingt-quatre ans, ne pouvait toujours pas rivaliser contre la taille 44 du pied droit de son paternel. En réalité, cette agressivité latente n'était qu'une façade, une mascarade à laquelle il se prêtait volontiers, trop conscient de ce qu'était la réalité. Il avait peur, oui, mais cette crainte était stérile. Darcy n'était plus, ou bien existait-il encore mais en dehors de ce monde qu'ils essayaient tous de forger ; c'était du pareil au même, sa présence s'était réduite à néant au profit d'un autre paysage. Sans doute plus vert et, à son image, assurément plus austère. Il n'y avait rien de plus à faire, même si Jamie semblait penser le contraire. Bran avait beau s'évertuer à lui rappeler qu'il n'était responsable de personne – hormis de ses propres enfants qui, à ses yeux, avaient acquis suffisamment de maturité durant ces quelques mois d'éloignement pour savoir quoi faire en temps et en heure –, son aîné ne l'entendait pas de cette oreille. Évidemment, il aurait été idiot de sa part de ne pas admettre qu'il tenait à Darcy et de cette affection, il ne s'en cachait pas. Toutefois, son compagnon de route (son ami, son frère) était un adulte et s'il avait voulu s'éloigner, qu'avait-il comme choix sinon celui de l'accepter platement, dans l'attente de le retrouver. Dans cette vie ou dans une autre, comme tous ceux qu'il avait pu perdre jusqu'à présent. Heureusement ces derniers n'étaient pas légion. En serait-il seulement là à présent si ses enfants n'avaient pas survécu ? S'il n'avait pas failli coller une balle à cet homme, qui était devenu par la force des choses son ami puis un déserteur ?

Sans plus de cérémonie, après avoir fait l'étalage de tout ce qu'il ne comptait pas dire, Bran s'en retourna vers sa moto, quittant le camp qui se trouvait à une vingtaine de l'emplacement qui lui était dédié. Il s'était consciemment éloigné de ce lieu de vie où les rires n'étaient pourtant pas nombreux ; au contraire, seules les conversations à propos de ce qui était fait ou restait à faire semblaient primer au milieu de ce carnage. Force était de constater que Chatterton n'était plus d'humeur à jouer au meneur d'hommes, déléguant cette charge à celui qui lui accorderait ne serait-ce qu'un minimum d'importance. Les problèmes internes à un groupe ne lui importaient guère, s'étant habitué à la seule présence de Darcy des mois durant, et il n'hésitait pas à afficher clairement sa désinvolture à ce propos. Il se sentait à l'écart, comme extérieur à tous ces soucis qu'il avait toujours pris soin de résoudre par la seule force de l'improvisation. Jamie appelait leur connerie la démocratie participative. Bullshit. Un mot aux attraits enjôleurs destiné à berner les plus faibles ; il y avait toujours un leader. Dans cette société anarchique, de petits groupes se constituaient tous autour d'un gars pas trop con. La reine des abeilles. Inévitablement. Bran croyait dur comme fer que les hommes ne pouvaient pas vivre sans être contrôlés ; ils étaient maintenant lâchés dans l’arène où ils n'étaient plus les chasseurs mais les proies. L'ancien bûcheron se sentait alors en sécurité loin de tout ça, loin de tout ce qu'ils pouvaient se dire lors de leurs grands conseils où la parole était à ceux qui voulaient bien l'ouvrir.

Accroupi auprès de son véhicule, vérifiant le réservoir et la lustrant avec l'application qu'une mère donnant le sein à son nouveau-né, Bran tentait de se persuader qu'il appréciait la solitude. Ce n'était pas vrai. Darcy n'était pas loquace, mais il parvenait à lui arracher quelques acquiescement appréciateurs ou de brefs ricanements gutturaux. Bon public, bonne répartie. Pas trop chiant. Le comparse idéal. A ceci près qu'il n'était plus qu'un fantôme, un spectre s'étant enfui pour quelque sombre raison. Lui aussi devait avoir moult squelettes dans son placard. Finalement. En un sens, cela le surprenait – Darcy lui avait toujours paru clean, tellement propre sur lui que c'en était parfois gênant. Un enseignant en puissance, un vieux singe aux lunettes rafistolées. Pas une personne à qui il aurait normalement adressé avec plaisir la parole mais un type qui était devenu, étonnamment, un point central dans ce contexte apocalyptique.

Essuyant les perles de sueur qui humidifiaient son front du revers de la main, victime de l'effort constant qu'il imposait à son corps, les poils qui couvraient ses avants-bras se hérissèrent lorsqu'il sentit une présence derrière lui. Quelqu'un d'assez fou pour ne pas annoncer son arrivée. Fou ou mort. Se redressant, portant sa main au couteau accrochée à sa ceinture, il fit volte-face. Les doigts déjà enserrées autour du manche, Bran les délia un à un à l'instant même où il reconnut l'avorton qui l'avait dérangé. « T'es revenu » simple constatation tandis qu'il scrutait avidement les différents tissus qui composaient l'habit de Darcy, cherchant la moindre trace de sang. La moindre morsure qui leur serait fatal à tous. « si t'attends que j'te dise que tu m'as manqué, t'peux aller te faire foutre vieux. » remarqua-t-il avec sa délicatesse habituelle. Dans sa voix pourtant, on pouvait facilement déceler comme une étincelle bien incertaine de soulagement. Légère, craintive. Le regard fixe vers cette silhouette qui l'affrontait, Bran tira son chiffon de sa poche et essuya lentement ses doigts noircis. Cela faisait plusieurs jours qu'il s'interrogeait sur l'origine de cette disparition et maintenant qu'il avait la possibilité de s'exprimer, il ne savait pas de quelle manière formuler cette demande – de toute façon, il avait l'étrange sensation que cela ne le regardait pas et que Darcy aurait vite fait de l'envoyer chier dans un cactus. Compréhensible ou pas, il devait s'y habituer. Il pivota légèrement vers le camp de fortune qu'ils avaient installé quelques jours auparavant. Au loin, Bran pouvait entendre un fourmillement qui rappelait la voix posée de Jamie. Il roula le chiffon en boule avant de le déplier et de le balancer sur son épaule. « Bon, écoute, j'sais pas où t'étais et j'en ai rien à foutre ; juste si tu t'cachais pour te branler, c'pas la peine de t'éloigner, y a des buissons partout ici. Au cas où tu l'aurais pas r'marqué » du con « t'as été mordu ? » demanda-t-il toujours sur le ton de la conversation, croisant ses bras sur son torse massif, le visage passablement inexpressif. Question de formalité, il avait la sensation qu'il n'avait eu à se battre que contre ses propres démons plutôt que contre l'une de ces saloperies.
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✤ objets : un pied de biche, trois couteaux de différentes tailles accrochés à sa ceinture, ses fringues défoncés, son alliance dont il a jamais pu se séparer, une vieille montre qui ne marche plus, un briquet encore plein, un bonbon au cassis oublié dans la poche de son futal, une écharpe en coton turquoise délavée sans cesse autour de son cou - il aime nicher son nez dedans.
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✤ âge : 39 ans.
✤ statut : éternellement seul bien qu'hanté par des spectres.
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MessageSujet: Re: and you'll fear what you found (darcy)   Mar 24 Mar - 18:17



c’est seulement quand on a tout perdu
qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut.


Il était chez lui, il était dans sa baraque, il était là où tout avait commencé. Il était quelque chose, du moins dans son esprit il avait réussi à se matérialiser comme le père de famille respecté qu'il était. C'était avant tout ça, avant qu'ils partent pour voir le monde se dégrader en même temps que lui. Il était revenu à l'origine même du mal, il avait croisé durant sa route quelques rôdeurs et pourtant, une passion l'habitait. Il était possédé. Il était plus que la marionnette disloquée d'une entité bien plus grande là-haut qui ouvertement se moquait de lui. Il avait revu le couloir dans lequel il avait passé des heures à réfléchir, il avait repassé ses doigts sur les meubles qui jadis étaient beaux et renfermaient des objets précieux. Ils avaient plus rien pourtant de bien grand, ils étaient vides parce que la famille Samuels elle aussi avait été victime d'un pillage. Y'avait juste les photos qu'étaient à moitié brûlées, et il en avait pris une qu'il avait planqué dans la poche de sa veste. Elles étaient là, d'autres plus naturels que d'autres et toujours le même sourire radieux. Il le remarquait petit à petit, qu'à force des années son épouse apparaissait de moins en moins. Oui Darcy était revenu dans l'entre du démon, là où les siens dansaient en triturant son pauvre coeur en manque de quelque chose. D'un amour paternel arraché, d'une survie qui pourtant aurait pu être plus grandiose en compagnie des siens. Trois jours, trois foutus jours qu'il était resté là-dedans à tantôt se relever, tantôt reglisser contre le mur. Il revoyait des tas de choses, ses souvenirs se mélangeaient, se craquelaient pour ne donner qu'une bouillasse infâme dans laquelle il s'empourprait et s'empourpre encore maintenant. Il souriait, parfois quand ça lui disait et surtout il oubliait la faim, la soif, il se nourrissait du puzzle, des morceaux du miroir qui lui avait crevé les yeux. L'aveugle recommençait à voir, pourtant pas de la vision qu'il aurait voulue. Il avait tout abandonné par égoïsme, pour retrouver ça, pour s'illusionner un peu plus et se dire qu'ils sont là quelque part. Il s'était barré, parce qu'il savait que le campement était pas bien loin, il savait qu'il retrouverait son groupe peu importe les intempéries. Il serait là. C'est juste qu'il pouvait pas se résoudre à passer à côté de cette banlieue à deux sous, c'est juste que ça l'avait pris aux tripes si bien qu'il avait disparu. Il est le roi Darcy pour filer un coup de frayeur, au royaume des damnés même il est le dirigeant. Il regrettait pas pour autant, même si son coeur continuait de se gonfler d'une amertume répugnante. Il savait pas trop si c'était lui qui le dégoûtait ou encore la fatalité qui l'attaquait encore une fois. Trois jours, il lui avait fallu trois jours pour se rendre compte qu'il allait pas changer le passé, que ce qui était fait, c'était fait et qu'il allait pas en être autrement. Avec de la malchance il avait même su l'idée noire qu'il allait peut-être les recroiser, les trois fantômes, les trois sorcières de son existence là, dehors, galérant pour marcher et bavant à la recherche d'un être de chair, de sang et d'esprit à dévorer. Alors il avait hoqueté, il avait pas pour autant réussi à pleurer même si c'était au bord du gouffre. Il se le refusait. Parce que l'ancien professeur d'histoire pouvait pas se permettre un tel écart, parce qu'il le savait ; s'il chialait c'en était fini de lui. Et le voilà le glorieux héros qui dégage de son panthéon pour se hisser vers un escalier dont il n'atteindra jamais le but. Il est dehors, il erre pour ne pas changer parce que c'est ce qu'il fait de mieux ; s'enfoncer un peu plus dans les méandres d'une âme déjà bien cabossée, c'est une pauvre gueule cassée et y'a plus rien à faire pour elle. Même la chirurgie réparatrice saurait pas où donner de la tête, comment remettre son nez tout droit ou encore coller ses yeux au bon endroit. Si le soleil tape un peu en cette après-midi, il n'en ressent pas la chaleur, parce que sa carcasse entière n'est plus qu'un sac d'os congelé. Alors il se love un peu plus dans ses fringues miteux, il se plonge dans son écharpe piquée au début de l'épidémie, il respire les effluves de tripes qui pourrissent sur le bitume tout en essayant de se souvenir où il a bien pu passer pour en arriver là. C'est dingue l'effet que ça peut faire de se rendre compte qu'on est minable, c'est fou de se laisser avoir la culpabilité si bien que c'est elle qui dirige tout maintenant. Il se sent vide, vidé à la manière d'un poisson dont on aurait dégagé les intestins, vidé comme une vieille pomme dont on aurait fait déguerpir les pépins. En plus il se compare à des faits matériels, alors qu'il est tout sauf comme ces choses. Il est humain, et ça doit être bien ça le pire ; qu'il puisse s'en rendre compte, qu'il fasse rien pour accepter que tout perdre c'est pas que pour les autres. C'est des choses qui arrivent.

Il sait pas exactement combien de temps il passe à fouler le sol sans vraiment d'entrain, une heure ou peut-être deux, un peu plus ou un peu moins ; qu'est-ce que ça peut changer ? Il reste sur ses gardes malgré tout, pas assez taré pour se laisser à la merci des zombies, il sait que dans sa poche y'a une jolie montre qui traîne. Le souci c'est qu'elle donne plus l'heure, qu'elle est bloquée à l'interstice de la vie et de la mort. Elle lui rappelle qu'il fait que stagner, qu'il arrive plus à avancer si on lui en donne pas l'occasion. Quelque part, il s'estime heureux de pas avoir succombé à l'appel de la faiblesse, du suicide purement et simplement, parce qu'il sait que plus loin on compte sur lui, juste un peu, juste assez pour qu'une lumière ridiculement petite daigne s'allumer dans ses yeux clairs. Il le sait, même s'ils disent pas à voix haute qu'il est un membre de cette famille. Haussant les sourcils au simple songe de ce mot, un sourire presque idiot, ou du moins une naissance de sourire s'incruste sur ses lippes gercées. Là-bas y'a Jamie, y'a Linda, y'a Becca, les trois avec une gueule bien ouverte. Et surtout y'a Bran qu'il a pas lâché durant ces derniers mois, y'a Bran dont il peut plus se défaire parce qu'en plus de l'avoir dans la peau, il arrive à lui sortir la gueule de l'eau. En parlant de lui, il arrive à le voir de dos petit à petit, ou plutôt son ombre se dessine progressivement, celle d'un ours bourru qui protège ce qui lui appartient, celle d'un vieux motard qu'est pas décidé à négocier ceci ou cela. Il reste sans rien dire, il attend juste sa réaction plus que prévisible ; il se retourne, prêt à dégainer son couteau puis frôle intérieurement la crise cardiaque. Il est revenu oui, pour le pire et certainement pas le meilleur, il est revenu sans savoir pourquoi, peut-être parce qu'il est là et qu'il peut pas se décider à l'abandonner après tout ce qu'ils ont pu vivre. Sourcils haussés, il ne s'étonne plus des paroles qui fusent, des injures qui traversent ses lèvres. Oh ça, il lui dira jamais en face qu'il lui a manqué, c'est digne du père Chatterton qui dans toute sa splendeur fait pas dans la dentelle. Dans d'autres circonstances ils auraient pu former un duo indémodable et peut-être dans d'autres encore ils se seraient mis sur la gueule toute la journée. Au mauvais moment, problème de timing et ça donne de vieilles branches qui peuvent pas communiquer autrement que par les boutades foireuses. Penché sur sa bécane, crade comme à son habitude il le dévisage de haut en bas le Bran, sans aucune discrétion bien sûr. Darcy dans son silence de cimetière préfère l'écouter plutôt que se justifier ; parce qu'y'a rien à dire, il a fauté, il le sait et il veut pas se prendre une morale de mégère. Finalement le sujet qui fâche s'installe, et automatiquement le plus guindé des deux vérifie d'une oeillade s'il a pas été mâchonné - ce serait arrivé qu'il l'aurait même pas remarqué. « Nan, t'as donc aucun souci à t'faire pour tes miches, j'compte pas t'manger à la sauce campagnarde. Puis même, j'suis sûr que j'me taperais une indigestion. » Chassez le naturel et il revient irrémédiablement au galop, même si y'a pas le rire de gamin qui va avec surplombant généralement sa fierté d'avoir taclé gentiment son interlocuteur. Passant le dos de sa main gauche sur sa joue sans aucune raison apparente il sait même pas par où commencer, peut-être parce que y'a rien à ajouter finalement, qu'il vaut mieux tourner la page et que même Bran ne devrait pas être concerné par ce merdier. C'est son problème, le sien, pas celui des autres, la fin du monde n'arrangeant rien il voudrait pas en rajouter une couche avec ses déboires. Au contraire, il devrait se réjouir de la fratrie réunie, il devrait être content pour lui, pour son frère à l'allure d'un bâtard hargneux. « Et si t'en a rien à foutre, on va pas s'étaler plus longtemps sur ma quête pour r'trouver le Saint Graal. » Voix un peu durcie par les heures passées là-bas, il s'oblige à plus y penser, il se force à plus se laisser tomber à genoux face à tout ça. Les fils se tordent, lui font mal et la poupée cassée ne fait que s'effriter un peu plus. Pinçant sa lèvre inférieure derrière son accessoire bon à lui éviter une grippe il avance encore de quelques pas pour se retrouver face à celui qu'il voudrait choper dans ses bras. Il se retient pour pas que ça fasse princesse en détresse, même s'il l'est, en plein dedans. Lui scindant le visage puis s'attardant un peu sur son chiffon, il ajoute avec ce faux contact dans le sourire. « Heureusement que j'suis rev'nu, t'es encore plus dégueulasse qu'y'a trois jours Bran. J'te jure, pour peu j'devrais te pousser à m'appeler maman. » Une autre pour la route, parce que que seraient-ils sans leur immense capacité à se renvoyer la balle sur un coin de la joue ? Ils seraient rien, ils seraient encore plus éclatés qu'avant. Reniflant un peu à cause du froid, s'il laisse un silence perdurer pendant quelques secondes il reprend quand même le coche tout en bifurquant vers le véhicule, faisant semblant de jouer l'inintéressé, il faut que ça sorte. « Moi j'suis quand même content de t'revoir le fossile. » Il a pas idée à quel point il dégage son dos d'un poids considérable. Il doit pas se rendre compte. Parce que l'invisible c'est tout un art, parce que les plaies ça se referme, ou du moins dans le cas de Darcy ça se cache. Mais y'a quand même un problème dans sa manière de se conduire, c'est lourd, c'est morne, c'est troué à coup de balles qui ramènent toujours le même chiffre. Parce que trois c'est sa damnation, parce que trois c'est sa malédiction. Et il espère de tout coeur arriver à continuer d'endosser le rôle de la mascarade, il veut pas qu'il voit ça, il veut pas l'emporter avec lui dans son obscurité.

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ashes ashes we all fall down
« ils l’appelaient guerre mondiale, mais au fond c’était toujours la même merde. une génération prometteuse d’autrichiens – les meilleurs fils de la patrie – était venue se faire trucider au nom d’un avenir qu’elle ne connaîtrait jamais. »

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MessageSujet: Re: and you'll fear what you found (darcy)   Jeu 26 Mar - 21:46



and you'll fear what you found
Go your way, I'll take the long way 'round, I'll find my own way down, As I should. And hold your gaze There's coke in the Midas touch A joke in the way that we rust, And breathe again. And you'll find loss And you'll fear what you found When weather comes Tearing down. There'll be oats in the water, There'll be birds on the ground, There'll be things you never asked her, Oh how they tear at you now. Go your way, I'll take the long way 'round, I'll find my own way down, As I should. And hold your gaze There's coke in the Midas touch A joke in the way that we rust, And breathe again. And you'll find loss And you'll fear what you found When weather comes Tearing down. There'll be oats in the water There'll be birds on the ground There'll be things you never asked her Oh how they tear at you now. ~ oats in the water.


Sans se départir de son incroyable manque de discrétion, Bran le scrutait sans la moindre gêne. Cela faisait depuis bien longtemps qu'il ne se préoccupait plus de ce que Darcy pensait de son comportement, quelque peu abrupt, et qu'il préférait jouer la carte du naturel en sa présence. Après tout, ils étaient dans la même panier. Étrangement, et même si l'ancien bûcheron ne se targuerait jamais de posséder une telle théorie, l'épidémie avait eu un bon effet sur l'humanité ; celui de rapprocher les pauvres hères qui n'avaient strictement rien en commun. Jamais il n'avait imaginé être flanqué d'un type comme Samuels, un pauvre gars qui disparaissait en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire et qui se ramenait la bouche en cœur. Qu'est-ce qu'il avait bien pu foutre trois jours durant ? Bran avait beau retourner le problème dans tous les sens, il ne parvenait pas à trouver la réponse tant attendue. Malgré tout ce qu'il pouvait crûment lui signifier, il était curieux de connaître la raison de ce possible dérapage qui l'avait momentanément privé de son bro. Exprimer son désintérêt lui permettait seulement de prendre position en dehors de ce cercle privatif derrière lequel Darcy se retranchait lorsqu'il battait en retraite. Les mois faisant, Brandon avait compris la manière dont son comparse fonctionnait et, chose étrange pour le rustre qu'il était, il parvenait sans trop de mal à le respecter. D'abord une entité à part, Darcy faisait partie intégrante de son existence apocalyptique – et s'il essayait souvent d'épouser la personnalité bourrue de son compagnon, alors ce dernier était dans l'obligation de faire de même. Par esprit d'équité sans doute. S'efforçant de ne pas laisser transparaître l'air songeur qui menaçait de déformer ses traits en une étreinte destructrice, Bran fit mine de s'intéresser à sa bécane alors que la silhouette qui l'avait surpris quelques secondes plus tôt s'avérait largement plus passionnante. Mais les bras croisés, il ruminait tranquillement. En silence. Son instinct paternel ne lui avait que très rarement fait défaut et, si Darcy n'avait rien en commun avec un seul de ses enfants, Brandon rongeait son frein sous la marée de questions qui venait de le submerger. Des interrogations pertinentes, d'autres beaucoup moins, qui n'avaient de cesse de le heurter. Mais il avait dit qu'il dirait rien. Il avait même assuré s'en foutre comme de l'an quarante. Bordel, et il tiendrait parole. La vie était là, à portée de main, affublée de son petit lot d'idioties et de comportements douteux – Darcy avait p't'être eu ses règles. Un sourire goguenard et tout pouvait être oublié en moins de deux, que ce soit la crainte latente qui menaçait de pétrir sa carapace ou son envie irrépressible de discerner le vrai du faux, de ces cadavres ambulants au cambouis qui maculait ses mains. Pourtant, ils se tenaient l'un en face de l'autre, empiétant réciproquement dans cet enfer qui était celui de son vis-à-vis et seuls deux mots menaçaient de passer la barrière de ses lippes : pauvre tâche. Bran aurait eu vite fait de réduire à néant les quelques mètres qui les séparaient, lui octroyant l'embrassade qui aurait immédiatement alerté Jamie, mais sa misérable carcasse restait impitoyablement immobile. Pourquoi, pourquoi, pourquoi. J'suis pas une gonzesse.

Le son de la voix de Darcy suffit à le faire étirer la commissure de ses lèvres en un demi-sourire affligé. En guise de commentaire à ses propos, Bran glissa ses doigts entre les nombreuses mèches poisseuses qui couvraient son crâne et qui n'avaient pas vu l'eau claire depuis bien trop longtemps. Par égoïsme, il souhaitait faire perdurer cette conversation – en savoir plus, toujours plus, et ce, même si l'évocation du Saint Graal mit sa patience à rude épreuve. En bon supplicié, il grappillait ce que Darcy voulait bien lui donner. Ce dernier se rapprochait toujours plus, et Bran fut forcé d'admettre qu'il n'avait pas bonne mine. Il y avait toujours eu quelque chose de triste dans son regard, comme un éclat annihilé, ou des spectres qui n'avaient de cesse de le tourmenter – il était pâle et ressemblait à un condamné à mort, avec cette moue qui ne présageait rien de bon. Imperceptiblement, son front se plissa tandis que ses prunelles se faisaient plus insistantes. Cela ne dura qu'un centième de seconde, à peine le temps accordé à un papillon pour battre des ailes. Respecte sa vie, bon Dieu, ou va crever. Ils se balançaient la balle, inlassablement, toujours en chœur, exécutant les mêmes mouvements au même moment – on pouvait s'interroger sur leur capacité à rester sérieux. Mais qui voulait l'être au milieu de ce paysage désolé ? Darcy le faisait bien marrer et il était là, de retour dans ses pénates. Bran n'y croyait plus et, comme son interlocuteur le jour de leur rencontre, il se demandait si sa conscience (si conscience il y avait et au point où ils en étaient l'un et l'autre, il n'en avait plus rien à foutre) n'avait pas été malmenée jusqu'au sang. L'esprit humain regorgeait de secrets, et peut-être qu'il ne fallait pas plus qu'une apocalypse pour mettre le dawa dans la tête de l'homme le plus distingué que la terre ait pu autrefois porter. Sans raison particulière, il porta sa main jusqu'à son menton mal rasé qu'il massa, ses iris toujours fermement fixés sur son vis-à-vis. Il était là, bien réel. Aucun doute. Il puait tout autant que lui, même s'il avait nettement plus de classe. A tout moment, Bran s'attendait à entendre la voix gazouillante de l'une de ses gosses, le priant de lui arranger un coup avec le beau Darcy. Vision horrifique. Plutôt crever que de mettre Linda ou Becca entre les pattes de cet homme couguar aux allures de Princesse Peach sous LSD. En désespoir de cause, il préféra chasser cette image saugrenue de son esprit, ne pouvant toutefois réprimer un petit frisson d’écœurement qui lui malmenait l'échine.

Continuant à se masser le menton, il recourba légèrement sa lèvre inférieure, visiblement penaud face à la réaction de son interlocuteur. « Pour c'que j'en dis, Darcy, j'fais juste gaffe à toi. Y peut s'passer beaucoup de choses en trois jours. » mort, désolation. Morsure. La prudence était de mise dans ces cas-là. Vigilance constante – c'était ce que son fils lui répétait depuis qu'il avait lu le quatrième bouquin d'Harry Potter. A force, c'en était devenu risible mais Bran s'y était rapidement accommodé, allant même jusqu'à le babiller à son tour. Il n'aurait pas fait l'erreur de le dire à son compagnon – avait-il seulement lu les livres ou vu les films ? - mais il n'en pensait pas moins. « Le Saint-Graal, rien qu'ça ? t'penses que je devrais t'appeler Roi Arthur, m'incliner dès que tu passeras à côté d'moi et jouer un air de trompette dès qu'tu voudras bien m'parler ? » il ne put retenir un petit ricanement guttural, n'essayant même pas d'ouvrir à nouveau la bouche pour le supplier de l'abreuver de ses contes et autres légendes. Sans ajouter un mot de plus, il saisit son chiffon et le posa sur le siège de sa moto. Il abrégea rapidement ce silence qu'il ne voulait pas voir s'éterniser. « Qu'est-ce qu'tu veux que j'te dise, être crade c'ma marque de fabrique. Ça attire beaucoup de gonzesses, au cas où tu l'aurais pas remarqué. Et d'accord, m'man, c'est bien noté - même si, too bad, tu m'as jamais donné l'bain. » un sourire concis souligna sa plaisanterie, tandis qu'il levait les mains dans les airs, les agitant afin de le prémunir de tout rapprochement « Attention mon grand, pas d'attendrissement. J'te sens venir de là. » il devait crever d'envie de le prendre dans ses bras – même si Bran se demandait bien pour quelle sombre raison il s'était barré pendant trois jours, si c'était juste pour revenir afin de lui faire un fameux hug dont l'humanité entière devait lui envier les préceptes. Ce gars était un véritable mystère. Bran ne s'écorcherait pas la bouche à lui poser des questions qui n'obtiendraient pas la moindre réponse satisfaisante ; et tergiverser cinquante ans pour être envoyé se faire foutre, très peu pour lui. Sans même désigner le camp, il embraya sur un autre sujet, désireux de savoir s'il était le premier dans sa liste de personnes à qui parler. « T'es allé les prévenir d'ton retour ? Ou tu gardais l'meilleur pour la fin ? Jamie m'a harcelé à me demander où t'étais. J'savais pas qu'on était relié l'un à l'autre par un bon Dieu de GPS » résuma-t-il d'une traite avant de se pincer la lèvre inférieure entre son pouce et son index. Y avait des non-dits. Il refusait d'en parler, mais il y en avait. Ça crevait les yeux et ça lui fendait le cœur. Mais si telle était sa décision, alors il allait se la jouer Maître Yoda en respectant consciencieusement ses directives. Un brave petit chien. Chic, glamour. Brave bête.

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I am the last man stand survivor, I'll be the last man home. you're all alone sitting in the corner, you've got a killer stare. who's messing round with you in the corner ? he better say his prayers. you found yourself a new sensation but baby it's a jungle out there, the one's you counted on are all but gone baby it's a jungle out there. I'll be the last man stand survivor, I'll be the last man home. I wish you would try and look  a little more excited, let me stay, let me cos I'm coming anyway. @peopleinplanes.
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✤ statut : éternellement seul bien qu'hanté par des spectres.
✤ humeur : déphasée, déboussolée.


MessageSujet: Re: and you'll fear what you found (darcy)   Dim 29 Mar - 16:03



c’est seulement quand on a tout perdu
qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut.


Ils arrivent pas à faire autrement, ils peuvent pas faire autrement ; ils sont juste doués pour s'arracher la gueule sous un soleil de plomb cachant la froideur d'un hiver massif. Ils marchent pas à la manière des sentimentalistes qui se tendent les bras l'un vers l'autre bien que Darcy soit plus propice à l'expression de l'attachement que Bran, ils sont des sauvages lâchés en pleine nature après avoir été enfermés des années dans un immeuble ou une chouette baraque dans le cas du plus aisé des deux. Ils sont comme ça, c'est tout, peut-être bien que plus ils se font mal plus ils se sentent mieux parce qu'un vieil adage raconte que de toute manière ; on soigne la souffrance par la souffrance et basta, ça peut pas aller plus loin, c'est façonné dans le verre de la vie, c'est fragile et pourtant si fort à la fois. Alors l'ancien professeur même s'il en bave il compte pas lui dégueuler en plein dans la poire tout ce qu'il a pu faire pour en arriver là, il voudrait pas l'empoisonner et c'est sa manière se protéger contre cette réalité dégoûtante qui le répugne à outrance. Bordel de merde, si on lui avait dit un an plus tôt que des zombies allaient débarquer dans son petit quotidien, il aurait ri en tapotant gentiment la tête de celui qui l'aurait mis en garde. Il en aurait rien fait, parce que tout ça on dirait que ça sort d'un livre, d'un film réalisé par la plus grande enflure dans le genre des réalisateurs. Mais alors, vraiment, des cadavres qui reviennent pour vous croquer ? On aura tout vu. De toute façon, depuis que ça a commencé il est comme dans un état second, y'a même une nuit où il s'est demandé s'il était pas dans une stase de rêve, qu'il était enfermé et utilisé comme cobaye pour une société aux moeurs douteuses. Rien n'y a fait, il avait beau se pincer et le faire encore il arrive pas à se réveiller de ce cauchemar qui continue de le suivre dans les moindres recoins. Plus rien n'est sûr, même envers ceux qui sont pas infectés c'est plus possible de faire confiance, c'est pas fait pour fonctionner. Y'en a qui pètent des plombs, d'autres qui deviennent complètement paranoïaques puis entre les dégénérés y'a une petite minorité qui garde à peine de son sang-froid pour pas tout consumer sur son passage. Il en fait partie, bien qu'il soit au bord de la falaise et qu'à chaque bourrasque il menace de se ramasser dans les pierres qui transpercent tout au fond. Au moins il sait qu'une main sera là pour le rattraper en cas de besoin, celle qu'est calleuse et qui actuellement pue le cambouis, la noirceur de son âme semble ressortir par le biais de sa bécane qui capricieuse se laisse plus faire comme avant. Quitte à ce que tout parte en vrille, autant bien le faire et même les machines ne veulent plus offrir aux hommes leurs services. Inspirant profondément et continuant de s'enfoncer dans ses fringues, il ne peut que froncer les sourcils en entendant les paroles cinglantes de Chatterton père qui de toute manière lui en veut. Oh, il a pas besoin de lui dire, ça se sent dans sa voix, oui ce tremblement complètement idiot qui le trahit autant que le pétillement dans son regard de cocker. C'est pas parce qu'il est en deuil qu'il est forcément idiot. Pinçant sa lèvre inférieure, machinalement et en écoutant d'une oreille son aîné, il glisse alors une main dans la poche arrière de son jean. Il frôle la photo cachée du bout des doigts puis dégage son extrémité avant de fondre sous la masse des souvenirs. Reprenant la conversation autant qu'il peut, Darcy se veut aussi expressif qu'un poisson mort et n'arrive concrètement pas à ricaner en entendant son autre le tacler à coup du Roi Arthur. Soupirant à peine il recommence à pincer sa lèvre inférieure puis zieutant attentivement ses godasses usées, il sent son coeur se pincer à l'entente du terme attendrissement. Qu'il se foute de lui ouvertement s'il le veut, ça l'empêchera pas de l'aimer tel qu'il le veut lui. Même si les déclarations c'est pas pour eux, même s'ils sont uniquement doués pour ramasser les raclures d'un présent qui leur gerbe dessus. Bifurquant sur autre chose, le mécanicien improvisé lui pose une autre question. C'est qu'il braille beaucoup finalement le grand, le glorieux Bran qui essaie de se cacher dignement derrière sa coquille de bois. Pourtant il est aussi prévisible qu'un autre, aussi humain que ceux qui sont dans le camp aménagé plus loin, cet endroit de fortune où ils pioncent, mangent et oublient parfois que tout ça, ça leur est arrivé. Y'a une faille, y'a une faiblesse, et peut-être qu'il est franchement ridicule, n'empêche que Darcy ose croire un instant qu'il est le sujet principal de ce malaise - parce qu'il veut être quelqu'un pour lui, un peu plus qu'un détritus attrapé parce que qui sait, il pourrait éventuellement être utile.

Continuant de fixer avec attention les semelles crades de ses chaussures, il relève par la suite le bout de son nez pour s'attarder plus longtemps sur le ciel qui grisâtre ne présage rien de bon si ce n'est une nuit rude, trop rude. Ils vont devoir se serrer entre eux, se prendre dans les bras. Alors même si la brute épaisse d'apparence n'en veut pas, elle aura pas le choix si elle veut pas se prendre une hypothermie de plein fouet. Un rictus presque sincère arrive à naître sur le coin de sa bouche, si petit qu'il est seulement perceptible par ceux qui se donnent la peine de lui demander plus que son prénom ainsi que son nom. Haussant les épaules il se plonge dans les prunelles du vieux bougon avant de souffler presque lassé. « Pas la peine de t'inquiéter princesse, personne t'a piqué la vedette ; ouais t'es l'premier que j'viens voir. Faut dire que j'redoute plus les beignes venant des autres que d'toi. » Il a changé le fils Samuels, un peu trop même. Ah bon sang si ses parents voyaient son état, ils se retourneraient dans leurs tombes en se maudissant de n'avoir pas pu l'éduquer correctement. Faut dire qu'il parlait jamais comme ça, qu'il était à peine plus soutenu et que les injures, le langage roturier c'était pas dans ses veines bleues. Comme quoi, y'a pas que les maladies qui sont transmissibles, en l'occurrence Bran a su faire son travail à la perfection en rendant un peu plus fleurie sa façon de causer avec tout ce bon peuple qui trouve plus son Dieu sauveur. Quel monstre celui-là, et s'il a fait l'homme à son image alors il doit être sacrément atteint. Il hausse un sourcil mi-accusateur, mi-taquin puis reprend la malice là où il peut la triturer avec un plaisir presque démoniaque. « Puis attends... J'rêve ou tu viens d'dire que tu fais gaffe à moi ? Non, j'perds pas encore la boule. OH BON DIEU, Bran t'es p'tête pas si insensible finalement, faudrait que j'y aille mollo dans c'cas avec ton pauvre coeur fourbu. » Il le cherche, il le taquine, pourtant au fond il sait qu'ils ont ensemble cette attache dont ils arrivent plus à se débarrasser. C'est pas faute au passionné d'histoire d'avoir eu l'idée quelques heures à peine après leur rencontre. Il a pas pu le faire ; pas le courage ou alors besoin de se sentir protégé, encore maintenant il se demander comment ils ont fait pour continuer à se sauver la carcasse avec un grand manque de dignité. Ils doivent être similaires au fond même s'ils arrivent à voir qu'en surface ce qui cloche, ils sont aussi fatigués l'un que l'autre, ils sont les survivants d'une génération qu'a eue la chance de grandir presque dans le bonheur familial. Les autres en revanche, ils ont plus qu'à subir ce qu'ils admirent d'un oeil inquiet. Ils sont les mémoires de ce pays, ils sont les pages souillées de ce qui fut et ne sera plus. « Et nan, nan, pas la peine de t'incliner, ça pourrait être vachement mal perçu et très tendancieux. J'crois pas que c'est c'que tu souhaites m'sieur "j'attire les gonzesses parce que j'suis sale ", ou bien c'est qu'tu caches bien ton jeu. » Le cas contraire lui serait très étonnant, mais qui sait, y'a des gens qui sont spécialisés dans ceci ; le fait de tout dissimuler derrière un masque de froideur, d'indifférence qui fait mal à vivre et tout ça parce qu'ils en bavent continuellement à cause de cette tare, de ce truc qui devrait les rendre joyeux alors qu'il fait que les déglinguer un peu plus. Il le jugerait pas si c'était le cas, loin de le faire durant son adolescence il avait découvert les affres de l'ouverture d'esprit et que l'amour ça n'a pas de couleur, ni de genre. Raclant sa gorge, la culpabilité revient l'attaquer directement dans l'estomac et baissant à nouveau ses prunelles vers la terre il souffle semblable à un gamin qu'a fait une grosse bêtise. « Je hm. Ouais, j'suis désolé, j'voulais pas c'est juste que - » Qu'il en avait besoin, que c'était capital de passer par là même si ça l'a pas aidé à enlever le voile noir qui l'empêche de faire face aux intempéries. Darcy s'arrête, laisse tomber sa tête en arrière puis la penche pour se confronter à son âme complémentaire. « Voilà, y'a pas à épiloguer j'suppose, j'devais l'faire et remarque j'peux comprendre que tu veuilles me faire avaler mon écharpe. » Après tout n'est-ce pas le naturel d'un ami ? D'un proche de s'inquiéter pour un autre qui vient de disparaître ? Dans le cas du plus jeune des deux, il ne saurait s'imaginer sa réaction dans le cas où ceci pourrait arriver à Chatterton. Il en sait foutre rien, il serait pire, il le tuerait sur place quand il reviendrait en lui serrant si fort la pomme d'Adam qu'elle finirait par exploser. Il lui gueulerait dessus, alors que celui qu'en a vraiment bavé reste d'un calme olympien. Il sait pas comment il fait, juste que ça force le respect et qu'il voudrait faire plus pour qu'il arrête d'avoir peur. Parce que diriger ce sentiment, c'est pouvoir vous diriger un homme et en ce moment y'a plus que ça qui règne en maître sur cette cour des miracles.

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ashes ashes we all fall down
« ils l’appelaient guerre mondiale, mais au fond c’était toujours la même merde. une génération prometteuse d’autrichiens – les meilleurs fils de la patrie – était venue se faire trucider au nom d’un avenir qu’elle ne connaîtrait jamais. »

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