AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 « Il n’y a pas d’amour heureux. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité


MessageSujet: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Ven 22 Aoû - 16:15

Et quand il veut serrer son bonheur, il le broie.
Sa vie est un étrange et douloureux divorce.

Elle était là. Elle se trouvait à cet endroit précis, il n’y a pas trois jours. Là-bas, à la lumière obscure de la seconde fenêtre, dont les ombres, désormais, découpent le seul souvenir de la silhouette. Elle s’y trouvait, et elle était à sa portée. Sept ans qu’il n’avait plus vu son visage, ou effleuré son corps, ou même senti son souffle. Quatre ans qu’il la cherchait, la bouche haletante et sa raison aux portes de mourir. Et des mois, des mois entiers, d’épidémie, de peur, de meurtres et de morts. Il en était devenu fou. Il avait totalement déraisonné. Toute l’énergie déployée à se maintenir en vie, conscient, lucide, pour le moment précis de la retrouver… toute cette énergie s’était vite et si bien consumée qu’il ne l’avait vu disparaître. Il aurait pu, avec un rien de courage – ou ce qu’il faut de désespoir, se contenter de cette image, même un peu pâle, même un peu blême, de celle qu’il avait, jadis, imaginé aimer ; mais ça avait été trop dur, bien sûr, pour lui, le lâche, l’incapable, l’impuissant. L’histoire se répétait, en séries mémorables, et cela depuis sa naissance. La colère était aisée, la revanche et la violence bien confortables. Des éléments familiers. Des éléments trop familiers, au point de tenir lieu de famille, de mariage et d’enfants. Tout était parti du constat qu’il ne n’aurait pu la retrouver puisqu’elle s’était déjà perdue. Tout ça manquait de sens. Tout ça avait manqué de sens. Ce n’était pas suffisant. Ça n’avait pas été suffisant. Cette proie, bien que d’une apparence trompeuse, n’aurait jamais été satisfaisante. Aussi n’avait-il pas couru dans son sillage, emprunté ses ornières, pour la capturer de nouveau. Il s’était contenté d’attraper les affaires que l’animal avait abandonnées dans sa fuite, effets qu’il avait étalés autour de lui, scruter, décortiquer, avant de constater qu’aucun d’entre eux ne pouvait être qualifié de personnel. Eux aussi étaient vains.

Sa vie, elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin.

Et, désormais abîmé dans l’abîme, incapable d’y songer, Caleb demeure, les genoux pliés contre la poitrine et ses mains rougies le plus hors de sa vue. Cette violence-là ne peut, elle ne peut lui appartenir. Le premier jour, il avait commencé à scruter ses mains comme de sombres, d’effrayantes, étrangères. Ce ne pouvait être les siennes, soufflait-il. Mais ça l’était. Ça l’est toujours. Il s’en était pris à elle. Il l’avait attaqué et, dans les heures qui suivirent, il n’avait éprouvé qu’un mince filet de culpabilité. Trop occupé à la haïr, obnubilé par l’idée de la battre, il s’était confondu dans le déni, le regret, l’amertume. Quelques notes d’hystérie étaient venues ponctuer son drame, le second jour, comme pour encourager le grand massacre. Il s’était trouvé si démuni, si vide, soudain. Il s’était senti trahi, et pathétique. Il avait cherché son erreur, mais s’était convaincu que tout le tort lui revenait, à elle. Et c’était ainsi qu’il s’était mis à songer qu’elle avait pu agir intentionnellement, que cette mémoire défaillante était belle, arrangeante ! Et d’autres pensées plus absurdes, plus folles et plus maladives encore. En vérité, ça n’avait été que réunions et adjonction d’images stupides, d’idées hallucinées et de sentiments insensés. Un dément, prostré dans sa démence. Et comme il avait cessé de s’hydrater et de s’alimenter depuis plusieurs jours déjà, les symptômes empirèrent – s’ils le pouvaient encore. Il devint finalement si exsangue de toute conscience qu’il finit de la sorte, assis, vautré, un peu recroquevillé, le visage pour le vague et la nuque cisaillée par le bras d’un fauteuil vieillissant. Depuis, son esprit s’agitait parfois de quelques lueurs, qui semblaient se rejeter d’elles-mêmes à l’arrière de son crâne. Rien ne devait se passer de la sorte. Les choses auraient dû être différentes. Elle aurait dû le reconnaître, le détester puis le fuir… d’abord le reconnaître. Tout ne tenait qu’à ça. Ça ne tenait qu’à ça, bordel ! Alors pourquoi, pourquoi avait-il fallu que quelque dieu ou que quelque hasard s’amuse à ce qu’elle ne le reconnaisse pas ! C’était injuste, voilà tout ! Et aberrant, ridicule et cruel ! Précisément. C’était précisément la réalité qu’il avait mise trois jours, trois longs jours, à admettre, absorber et subir totalement.

Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard.
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l'unisson.

La certitude de ne jamais la revoir devenue ordinaire puis fatale, sa volonté défaille et sa ténacité s’éteint. Il ne se relèvera pas. Il n’a pas la moindre raison de le faire. Le monde disparu, le monde d’avant, lui était déjà si pénible. Mais celui-ci demande d’avoir quelque chose, la moindre chose, n’importe quoi, auquel se raccrocher. La vie pour la vie a peu de sens – et l’on s’en aperçoit probablement au bout de quelques jours, sinon quelques semaines pour les plus orgueilleux de l’Humanité. Cette fierté-là ne possède pas Caleb. La seule qu’il y ait d’incisée, sous sa peau agonisante, est celle qui lui interdit de porter la lame au poignet, à la gorge, ou de lier un nœud et de s’y harnacher. Il ne le pourrait pas, et n’en a pas le droit. Il ne peut faire qu’attendre, se repentir, et désespérer que le moment ne vienne jamais. Il viendra, il viendra forcément. Le châtiment n’attend pas le jugement, et le châtiment vient toujours. C’est cela qu’il entend, le matin du quatrième jour. C’est vaporeux, et un peu égaré, mais il l’entend au point de pouvoir l’interpréter. Il ignore ce que c’est quand il se dresse sur les genoux, et s’accroupit afin de le voir venir. Il ignore ce que c’est quand il lève son regard, brisé de lassitude, vers la porte dérobée. …il ignore encore que c’est elle quand le coup, d’une violence folle, lui vrille le visage et l’abat sur le sol. Pourtant, c’est elle, elle qui vient achever son œuvre.  

Il n'y a pas d'amour heureux.


Dernière édition par Caleb Hogan le Mer 3 Sep - 12:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Jeu 28 Aoû - 21:46

Elle a compté trois jours et trois nuits. Peut-être quatre. Peut-être des centaines. Au fond, elle n'est plus sure de rien, ni du temps qui s'est écoulé ni des images qui ne cessent de lui venir à l'esprit depuis qu'elle a quitté Caleb. Parfois, elle s'assoupit quelques minutes, involontairement, et se réveille avec des ébauches de souvenirs emprunts d'une violence inouïe ancrés en elle, comme marqués au fer rouge. Mais là repose le paradoxe: si avant elle aurait tout fait pour se rappeler de son passé, elle repousse à présent sa mémoire qui lui revient. Qui aurait envie de ce fardeau? Qui pourrait supporter d'avoir espéré une vie meilleure pour au final se découvrir en train de sombrer dans l'abyme? Préférant ignorer la vérité, elle s'efforce donc de se croire folle. Elle tente d'ignorer les cauchemars et les flashs qui lui viennent même en plein jour. C'est plus facile à dire qu'à faire, tant son cerveau la pousse à accepter les images qu'il lui envoie. Les deux premiers jours, elle parvient à chasser de son esprit, non sans mal, les souvenirs qui lui reviennent. Mais après cela, et après n'avoir mangé qu'un maigre lapin un et une boîte de conserve en ce qui parait être une éternité, elle commence à se rendre à l'évidence. Voilà à quoi a ressemblé sa vie pendant si longtemps. Des coups. Des larmes. Du sang. Des bleus. Des baisers brûlant au creux du cou, les bons jours. Et des coups, de nouveaux. Rien de plus. Si la chronologie des flashs qui lui viennent restent flous, elle n'en demeure pas moins persuadé d'une chose: cette période de sa vie a été la pire, mais aussi, étrangement, par certains aspects, la meilleure.

Rendue à l'évidence, ses jambes brûlent d'envie de la conduire auprès de Caleb. Elle lutte, tant bien que mal, en vain. Tant pis. C'est peine perdue, de toute façon. Quoi qu'il arrive, elle se sent attirée vers lui, comme si son monde tournait autour de lui. C'est con. C'est triste. Mais c'est comme ça. Déchue, anéantie,  elle marche lentement, se rapprochant toujours plus de lui. Elle y va comme à reculons alors qu'elle le fuit si promptement. Les larmes qui lui brouillent la vue l'empêchent de bien voir le rôdeur  qui s'approche d'elle, comme une abeille attirée par le miel. Essuyant ses yeux d'un revers de main, déterminée, elle se saisit d'un morceau de bois qui lui parait plutôt aiguisé, et s'en arme tant bien que mal. Elle a oublié sa précieuse hache en fuyant son bourreau. Lorsque s'approche la bestiole, un croche pied la fait chuter. Bobby, ou Ezechiel d'ailleurs, l'immobilise d'un pied sur la poitrine et lui enfonce son morceau de branche dans le crâne, ce qui ne manque pas d'éclabousser son manteau et son visage. Elle continue, ne prenant même pas le temps de contempler son oeuvre morbide.

Pas très certaine de la façon dont elle y est arrivée, elle se trouve face à l'immeuble où doit se trouver Caleb, comme s'ils s'étaient donnés rendez-vous. Au loin retentissent les râles de quelques rôdeurs, mais rien de bien dangereux. Ils se sont certainement dispersés depuis la dernière fois. Plantée un moment devant  la façade, elle se décide à pénétrer dans l'habitation, monte les étages nécessaires puis, une fois devant la porte, s'immobilise. A-t-elle raison de retourner dans la gueule du loup, comme une masochiste qui n'en aurait pas eu assez? Elle n'a pas l'intention de se laisser faire, cette fois-ci, et veut simplement des explications. Elle veut être capable de différencier ses cauchemars de la réalité, ou dans le cas contraire, les identifier comme étant identiques. Lui seul peut l'aider à parvenir à cela.

Elle le retrouve dans un état pitoyable en entrant enfin dans l'appartement. A terre, recroquevillé, brisé. Elle reste dans l'encadrement de la porte, refusant de s'éloigner trop de l'issue s'il lui revient des poussées de violence. Elle ne sait même pas ce qu'elle va bien pouvoir lui dire, à ce salop. Son salop. Puis les mots sortent, naturellement: " Si j'suis là, c'est parce que j'peux plus fuir. Pas une fois de plus. " Elle joue la carte de la vérité. Elle ne sait même pas s'il l'entend, tant il semble perturbé. "Je ne sais plus où j'en suis, moi. J'sais plus ce qui est vrai, ou ce qui est faux." avoue t-elle, froide, sans laisser paraître ne serait-ce qu'une once de faiblesse. Ses larmes ont séchés, plus aucune trace d'elles. Mais ce n'est qu'une façade. Elle demeure terrifiée à l'idée qu'il puisse lever la main sur elle. "J'veux la vérité, Caleb Hogan. Tu me dois bien ça, après tout." Le nom est sorti tout seul. Elle n'était même pas au courant qu'elle s'en souvenait. La mémoire peut vous cacher bien des surprises... Des surprises qu'elle ne saurait maîtriser... Tout ce qu'elle sait en tout cas, c'est que l'homme qui se trouve devant elle est un monstre. Celui qui se trouve dans chacun de ses placards.

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Mar 9 Sep - 22:16

Bien qu'il suinte l'agonie, il a levé les bras, à hauteur du thorax. Il n'y a pas pensé ; il n'a pas eu à le faire. Le geste achevé aurait dû ressembler à une sorte de protection, un semblant de rempart, mais c'est trop en-bas du visage. Et faiblard. C'est tout juste un aveu soupirant de faiblesse. Et ça ne lui servirait à rien. Si elle vient pour le battre, il n'aura pas la force de rendre le moins le coup. Si elle vient pour le tuer, il n'y aiderait sûrement. L'idée prend même des allures d'évidence. Elle est venue le tuer. Et bien qu'il ait été certain, il y a de cela encore quelques minutes, qu'il ne la reverrait jamais, sa présence ne lui cause aucun trouble. C'était écrit. Ça l'est, sur un foutu papier, négligé et perdu au milieu d'un t'as d'autres, dans un bureau sordide du département du Destin, là-haut, quelque part, chez les dieux, ou peu importe putain de bordel de merde où que ça puisse se trouver : elle vient, là, se venger. Et, sans plus l'intention de se dérober à son sort, il attend, pétrifié de certitude, qu'elle lui vomisse le châtiment ou l'exécute sans le cérémonial. En vérité, l'instant est, tout au contraire, parfaitement solennel : c'est prononcer des mots bien réfléchis, c'est bientôt les entendre en les ayant toujours imaginés et, même si l'une des deux protagonistes n'est jamais plus que la moitié de ce qu'elle était, cette tragédie était écrite depuis longtemps - ne reste plus qu'à la jouer.

Absorber chacun des mots lâchés contre lui demande une concentration redoutable. Caleb redouble d'efforts pour l'écouter, non qu'il ne le veuille pas, mais sa fatigue frise l'hystérie prostrée, et sa lassitude pire encore. Il sent la fébrilité de ses membres, comme un corps qui poursuivrait de s'agiter plusieurs minutes après la mort – par habitude, par sursaut, seulement pour imiter la vie. Ses mains ne lui appartiennent plus vraiment, et il sent peu toutes les parties en-dessous de l'abdomen. Il lui semble qu'il pourrait se lever, après tout, encore faudrait-il qu'il le souhaite. Et, tout en même temps qu'elle délivre son message, il n'oublie pas qu'il n'y a plus aucune raison de produire ce miracle. Ni rien. Ni personne. Il veut l'interrompre, quand elle feint d'exiger qu'il le délivre de ce qu'elle est, mais ses lèvres restent closes, et sa gorge muette. Il n'a plus parlé depuis quatre jours. Plus bu depuis deux. La sueur coule lentement sur ses tempes, comme de lui rappeler que son corps pourvoie pour autant qu'il le peut aux besoins que lui refuse de sustenter. Il se moque bien de ce qu'elle ressent. Il se moque bien de ce qu'elle veut. Ce n'est pas elle. Ce n'est pas Ezechiel. C'est un pantin qui, sous son apparence, voudrait encore le pourchasser. Mais non. Mais non ! Qu'elle aille au Diable, cette créature qui prend ces airs pour le persécuter. Il ne veut rien savoir. Il ne veut rien entendre. Qu'elle s'en aille ! Qu'elle s'en aille ou qu'elle le tue ! Mais lui ne lui doit rien, ça non. Qu'elle crève. Oui, voilà ! qu'elle crève et qu'il n'entende plus jamais le nom infâme d'Ezechiel ! Qu'il ne voit plus jamais ce visage qui ne le reconnaît pas !

« J'veux la vérité, Caleb Hogan. Tu me dois bien ça, après tout. » Ça souffle tout, là, tout à l'intérieur, juste entre le cœur et les côtes. Il le sent, ça s'éveille et déborde, tout à coup. Il a, tout aussitôt, accroché son regard, comme pour s'assurer que le son parvenu est d'une réalité acquise. Réalise-t-elle seulement ?... D'abord, il comprend qu'elle n'en a rien voulu. Mais elle réagit au regard qu'il lui porte, désormais. Elle sait, maintenant, elle sait forcément qu'elle détient quelque chose qu'elle comme lui pensaient perdu. Interdit, il déglutit lentement, quand même sait-il qu'aucun mot ne veut échapper à sa bouche. Il voudrait dire quelque chose, à présent. N'importe quoi. Peut-être exprimer un semblant d'émotion, mettre des lettres, des sons, sur ce qu'elle provoque dans son être. N'est-ce que pour lui. Mais il est tout à sa surprise, qui l'entraîne peu à peu dans son coutumier désarroi. Ce qu'elle sait pour tout ce qu'elle ignore !... il voudrait rire, maintenant. Mais c'est exclu, cela aussi. Il a peu de choix. Et il fait, c'est certain, le pire de tous. Il rassemble ses forces et entrouvre les lèvres. Ce n'est, d'abord, qu'un grognement, un râle stérile et qui lui brûle la gorge. Il lui faut encore avaler sa salive, inspirer et, tandis que l'arrière de son crâne retombe négligemment contre le fauteuil, il articule, mieux qu'un mot, un souffle : « Dégage. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Jeu 11 Sep - 14:02


De tout ce qu'elle a oublié, il fallait qu'elle se souvienne de lui. Lui, Caleb Hogan, son grand amour et son bourreau, son rêve éveillé et son pire cauchemar. De toutes les peines qui se sont effacées, il fallait que ce soit celle-là, juste celle-là qui lui resurgisse à la surface. Celle qui la fend comme des centaines de couteaux la transperçant en même temps. Elle a reçu quelques bribes du passé; ce qu'ils auraient pu être, ce qu'il a gâché, ce qu'ils ont finalement été. Deux âmes meurtries, l'une par les coups, l'autre par la colère. Si elle est revenue, ce n'est pas pour lui, loin de là. C'est pour elle, cette femme qui a souffert sous son emprise et qui a besoin de connaitre la vérité. Elle a peur que son esprit divague, qu'il ait inventé ce morceau de vie dans le Colorado, cet enfer. Pourtant ses tripes lui disent que non. Tout cela est vrai, ça s'est réellement passé. A son plus grand malheur.

Ce qui la tord le plus, dans toute cette histoire, c'est la peur. Elle essaie de ne rien laisser paraître, mais sa mémoire lui a appris à ressentir de la frayeur envers cet homme qui lui fait face. Et même dans cet état pitoyable, recroquevillé, agonisant à moitié, il la terrifie. Elle revoit encore ces yeux bleus emplis de haine alors que les coups fusaient, dans les flashs qui lui ont révélé la vérité.Elle a l'impression de revoir ces mêmes prunelles alors qu'il lui souffle ce mot: "Dégage." Elle croit d'abord avoir mal entendu. Elle reste bloquée, une seconde, puis elle comprend enfin ce qu'il a dit. Elle ne réagit même pas. Elle reste là, à le regarder, sans la moindre expression. Il n'est plus qu'une ombre, ou du moins, c'est comme ça que Bobby le perçoit en ce moment précis. Puis, l'espace d'un instant, elle éprouve une once de pitié, qu'elle chasse très vite de sa tête. C'est dur de faire la part des choses lorsqu'on a en face de soi quelqu'un qui nous a fait à la fois beaucoup de bien, mais aussi énormément de mal. Avec l'amnésie en plus, Ezechiel (ou Bobby) a du mal à savoir où elle en est.

Elle est tentée de prendre son sac et son arme et de s'en aller. Mais elle ne le fait pas. Elle ne veut plus fuir, elle est sure de ce point.  Après un moment de silence, elle ouvre enfin la bouche. "Tu veux que je dégages? " demande t-elle, d'un ton neutre, totalement calme, bien plus qu'elle ne l'a jamais été depuis le début de l'épidémie. Il bluffe, elle en est persuadée. Dans le cas contraire, elle ne partira pas avant d'avoir obtenu ses réponses tant attendues. "Après tout le mal que tu t'es donné pour me courir après l'autre jour?" continue t-elle. "Ezechiel", criait-il... Cela résonne encore dans ses oreilles, aujourd'hui. Sa détresse de l'avoir perdue et sa détermination de la retrouver... "J'te crois pas." lâche t-elle enfin, honnêtement. Elle pourrait mettre un terme à tout cela. Elle pourrait le tuer, là, maintenant. Se saisir de sa hache, et lui enfoncer dans le crâne, en plein dans le cerveau. Personne ne la foutrait en prison, il n'y a plus de lois dans ce monde de malades. Pourtant elle s'abstient. Elle ne  le tuera pas. Elle n'en a ni la force, ni l'envie. Tout comme il ne veut pas qu'elle parte, pour ce qui sera certainement toujours. Tout a tellement changé depuis le Colorado, et pourtant, ils sont si étrangement semblables, que c'en est presque risible.

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Jeu 11 Sep - 21:18

C'est vrai qu'il s'est donné du mal. Et ce n'était pas que l'autre jour. Rien ne sert de compter en jours, ni en semaines, ni même en mois, depuis longtemps, déjà. Pas plus qu'en épidémie. Cette course, sa course, remonte à des années. Beaucoup, et beaucoup trop. Des années gaspillées. Des mois à parcourir la moitié des États-Unis, à poursuivre et guetter les moindres traces de son passage. Des semaines à l'attendre, la pister, à la chercher dans tous les visages rencontrés. Des jours entiers dépourvus de sommeil. Des nuits complètes à se bousiller l'esprit de ses souvenirs coupables. Et devoir vivre avec, chacune de ces images au premier-plan de sa vision. Il faut en être capable, après tout. Et, oui, en vérité, il faut lui reconnaître ce courage-là, n'est-ce bien que celui-là : il faut être très brave, ou alors très stupide, pour courir de la sorte, avec tant de frénésie, après l'instrument de sa fin. Aussi faudrait-il qu'elle mesure l'ampleur de toute sa déception, de son grand désarroi. Il y a un goût âcre sur sa langue, comme l'empreinte d'un poison qui, plutôt que de tuer, préfère envenimer, se répandre, et grignoter la raison et les sens. Aucun être humain ne peut être fait d'un alliage suffisamment résistant pour endurer tout ça. Mais il est là. Et comme elle a raison de ne pas le croire... car s'il demeure, tout brisé qu'il puisse être, ce n'est jamais que pour elle, que pour elle seule.

Caleb la dévisage, l'estomac dans la gorge. Elle a l'audace de le défier. Elle a l'audace de se tenir debout, là, devant lui, et d'attendre quelque chose. De l'attendre si fort et de l'attendre de lui. Il veut pleurer. Il aimerait pleurer, sans aucune dignité comédienne. Mais c'est impossible. Ses yeux sont secs, et son âme est aride. Alors il déglutit encore, toujours, s'abreuve presque de tout ce qu'il peut rester à son être. « Oui... je veux que tu t'en ailles, que son souffle abandonne. » Ce devrait être un sanglot. C'est un sanglot. Sa gorge le brûle, et lui tousse. De même, ses épaules se soulèvent, se secouent. Ce devrait être un rire. C'est un rire. Mais il est pauvre. Et aigre. « Parce que... je me suis foutu en l'air pour t'retrouver. » Il n'a d'yeux que pour elle ; c'est à lui de la défier. « Parce que ça m'bouffait... les tripes, j'en pouvais plus d'ce que j'ressentais. » Sa respiration se saccade, il doit invectiver l'air d'entrer davantage dans ses poumons. Voilà que, maintenant, c'est sa poitrine qui le brûle depuis l'intérieur. Son être entier lui est savamment douloureux. « Mais ça n'a plus d'importance, pas vrai ? Ça-n'a-plus... d'importance. » Il s'éreinte et s'esquinte à se redresser, un peu. La colère renaît à l'arrière de son crâne, mais cette ire est chassée par une lassitude plus grande encore. « Je m'en veux, je m'en suis voulu... (une quinte de toux lui échappe là où il voudrait s'esclaffer) pour quelque chose dont tu t'souviens même pas ! » Voilà, le rire filtre de la gorge – et ça le cisaille. Mais ses nerfs ne veulent plus répondre que de la douleur, et de rien d'autre. Plus de survie. Plus de tentative pour survivre. C'est tant pis ! C'est foutu ! « Tu t'en souviens même pas ! » Dans les prémices de son hystérie, Caleb tombe sur le côte. Son bras, lâche, ne le retient qu'à peine. Il a le visage à rien de la moquette crasse qui lui sert de lit. Il rit contre elle. Il tombe tout à fait et rit contre elle. Et son dos, d'accompagner la chute, le renverse tout entier. « Alors, oui, dégage... dégage ! » Il pleure sans larmes. Il rit sans joie. Il suffoque, crache, et le sang se mêle à la sécheresse de son palais. C'est un breuvage dont il a l'habitude, maintenant. C'est un breuvage qui lui rappelle que son corps meurt lentement. « T'as fait d'ma vie un putain d'enfer... elle, elle a fait de ma vie un putain d'enfer... j'préfér'rais, j'préfér'rais que tu sois morte. J'préfèr'rais être mort. » Les yeux fixés sur le plafond, dont les fissures dessinent des arabesques ahurissantes (car, pour partie, hallucinées), il choisit de rejeter le plus de ses visions. Il faut qu'elles disparaissent. Qu'elles s'éteignent. Tous les brasiers s'éteignent. Mais pas le sien. Pas son calvaire. Pas son supplice. Pourquoi donc son supplice ne veut-il pas s'éteindre ? Il n'est pas pardonné, voilà. Voilà pourquoi. Mais il ne veut pas être pardonné. Il ne le veut plus.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Ven 12 Sep - 0:20

C'est vrai, elle n'a pas idée de ce qu'elle peut représenter pour lui. Ce qui est ancré dans sa mémoire à propos de Caleb lui revient, peu à peu, mais tout est trop flou, trop succin, pour qu'elle puisse parvenir à réellement le cerner. Pourtant, elle sait en tout cas ce que lui a représenté pour elle. Un doux mélange d'agonie et de renaissance à la fois. Perdue, elle l'a trouvé, lui, le seul à savoir que derrière son être se cache non pas Emily, ni Bobby, ni même Jane, mais bel et bien Ezechiel. C'est le seul à le savoir, et à la connaitre réellement. Les autres n'ont eu une maigre bouchée de ce qu'elle est, un avant-goût avant qu'elle ne prenne la fuite; rien de plus. Mais pour lui, elle est restée, jusqu'à ne plus pouvoir supporter la douleur. Et tant pis si ça fait mal, encore maintenant, alors que ses souvenirs sont obscurs, mais elle est persuadée qu'elle l'a aimé, comme personne. C'est peut-être pour cela qu'elle est revenue, et qu'elle reste, face à lui, même s'il semble crever d'envie de la voir dégager. Sa mémoire lui a fait défaut, mais son corps ne l'a pas trompée. La peur la submerge, et pourtant une autre étincelle demeure présente, incompréhensible. Et quoi qu'elle fasse, Ezechiel ne parvient à la faire s'en aller.

Alors elle l'écoute, au lieu de partir. Elle l'écoute déverser son flot de paroles, et elle le regarde, surtout. Détruit, il tombe, il rit lorsque sa gorge l'autorise à ne plus tousser, il lui dit de dégager, à nouveau, que ça ne sert plus à rien, puisqu'elle ne se souvient plus. Voilà. Et pourtant elle reste, comme une conne. Elle reste en luttant avec son cerveau qui lui hurle de s'en aller pour de bon. "J'me souviens." souffle t-elle, fatiguée qu'il ne voit en elle plus que le corps et le visage qu'il a connu. Elle est plus que ça, à présent. Bientôt, elle sera à nouveau elle-même, elle le sent. Elle ré apprend à se connaitre, à travers ce qui lui revient de son époque au Colorado. C'était bien les seuls moments où elle a vraiment été elle-même, de toute façon. Les autres semaines, mois et années de sa vie, elle n'était qu'une ombre, rien de plus qu'une ombre.  Un misérable pantin qui ne pense qu'à fuir et se cacher des autres et de la vie en général. Elle sent son dos glisser contre le mur auquel elle est adossée. Ses jambes se dérobent sous elle, tremblantes. Elle est à présent assise, ses genoux recroquevillés près de sa poitrine. Un temps incertain passe. Quelques secondes, peut-être quelques minutes, elle ne saurait le dire. C'est un instant qui lui fait du bien, elle qui a rarement pu profiter du silence ces dernières semaines. Pourtant elle le brise, il lui faut s'expliquer. "Ça me revient depuis que je suis partie, l'autre fois." avoue t-elle. C'est difficile de lire dans sa voix ce qu'elle ressent réellement. Ce ton neutre ne lui ressemble vraiment pas. "C'est flou, des bribes; des bribes de nous." Elle aimerait que ce soit plus, pouvoir claquer des doigts et se souvenir totalement, mais c'est impossible. Ça prendra du temps, peut-être des mois et des mois, peut-être même des années. Elle en a parfaitement conscience, et pourtant ça la ronge. "Mais j'me souviens." ajoute t-elle ensuite, plus fort cette fois. Elle ne le regarde plus. Ses yeux restent fixés dans le vide, perdus, tout comme elle. "C'est bien ça le problème." Elle est lasse. Lasse de se souvenir, lasse de ne pas se souvenir. Fatiguée de ne plus être ce qu'elle a été. Elle aimerait être morte, comme il l'a suggéré. Ne plus avoir à penser. Fermer les yeux et s'en aller. Mais ce n'est pas elle, elle le sait. Elle n'abandonne pas, elle ne l'a jamais fait.

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Ven 12 Sep - 2:20

JE PROPOSE AUX LECTEURS NON-AVERTIS DE NE PAS LIRE (SAIT-ON JAMAIS).


denver (colorado), juin 2007

« C'est lequel ?... » Elle vient seulement de passer la porte. Encore une fois. Encore un soir. La fatigue la déborde, mais c'est l'ivresse qui, lui, le submerge. Ivre d'alcool et de colère. « Non mais c'est vrai, que cette voix qui lui ressemble peu détache en gouttes de sarcasme, j'aimerais bien savoir lequel de mes potes se fait ma nana. » Comme il titube en tâchant d'approcher, Caleb doit s'arrêter à la hauteur d'un mur qui veut bien le soutenir. « Tous, peut-être, qu'il s'empresse d'ajouter. » Le sourire qui vient lui balafrer le visage s'avère abject, à mi chemin entre l'inconscience et la folie. Ce n'est pas que d'avoir le sang souillé. Ou les idées confuses. Ce sont ces esprits faibles, faits d'éternels remords et de songes victimaires. C'est toute une génération d'hommes, que la Nature, dans sa cruauté ironique, a bien voulu laisser survivre aux siècles révolus. « Dis-moi, qu'il reprend. Vas-y, dis-moi. C'est l'quel ? Tu peux en encaisser combien avant d'être obligée de rentrer... » Il ne s'interrompt pas. Il renchérit. Il ne s'arrête jamais. Il vomit son flot d'insanités, d'injures, la traite encore de tous les noms, allant du plus commun aux plus abominables. Il crache sa bile, et doit retenir tout son corps qui tend pour rejoindre le sol. Sa vision est trop trouble pour lui permettre de progresser et, en réalité, il ne veut l'approcher. Elle le dégoûte. Qu'importe d'où ce sentiment naît ; il s'est accouché dans l'être de Caleb Hogan, et il se multiplie, se multiplie encore – c'est invasif, c'est incurable. « Ezechiel Norton la putain ! qu'il chantonne, à présent. » Il en fait un slogan. Une fois. Deux fois. Il le claironne. Il veut être sûr de pouvoir la regarder, bientôt, et de la trouver meurtrie au plus profond de ses chairs. « C'est ça l'argent qu'tu ramènes ? » Il rit – c'est un rire de dément. « Ezechiel Norton, la putain qu'on payait en billets d'un dollar ! » On pourrait le croire rassasié, mais non. Parce qu'elle proteste. D'abord, se défend. Puis riposte. Elle a peur, c'est vrai, elle suinte la peur – mais la révolte est plus grande, et plus belle. Elle doit bien lui répondre, rétorquer, et sauver quelque chose de ce qu'elle est. Elle ne peut pas disparaître sous de tels mots, si acérés soient-ils, si blessants veuillent-ils être. Mais ça le fout hors de lui, Caleb Hogan, de la voir lui répondre, et de nier, et de mentir. Il faut qu'elle dise la vérité, ou qu'elle se taise ! « Te fous pas de ma gueule ! » Ça cogne, entre ses tempes. C'est le sang qui bouillonne, qui bat les veines, qui veut le rendre fou. « J'en connais des dizaines, de filles comme toi...  Des dizaines, t'entends ! Elles vont faire la pute pendant que des pauv' types comme moi les attendent sagement à la maison. » Elle tente un mot, une rébellion. « Te fous pas de ma gueule, j'ai dit ! » La gifle est saisissante. Quand s'est-il autant approché ? Quand lui a-t-elle abandonné cette imprudente proximité ? Et, surtout... comment sont-ils arrivés là de leur amour ? Comment crache-t-il dessus. Comment le laisse-t-elle faire. Que peut-elle, en vérité ? Que peut-elle quand les coups s'abattent et que, lui les jugeant trop faibles, trop complaisants, les double sans s'apaiser.  Il dirait qu'il ne réalise pas. Que ce n'est pas lui. Que c'est elle qui l'oblige. Que c'est ce qu'elle fait. Ce qu'elle dit. Tout ce qu'elle lui inspire, et qu'elle mérite. « Arrête de pleurer ! Mais putain, arrête de pleurer ! » Encore, comment le pourrait-elle ? Il n'entend rien. Rendu fou, rendu sourd, il n'y voit rien. Ni les béances qu'il crée, ni les marques qu'il lui laisse. Elle ne guérira pas, jamais. De rien de tout ce qu'elle subit. Elle doit attendre. Attendre qu'il en ait assez. Mais ce moment ne vient pas...

Il s'est assis, haletant. Une douleur le lance, là, à l'arrière du crâne. C'est l'alcool. Ou l'effort. C'est l'holocauste, c'est son propre chef-d’œuvre. « C'est ta faute, Ez'... c'est ta faute, qu'il soupire. » Il ne regarde pas l'endroit qu'elle a choisi pour se recroqueviller. « Tu vas partir, c'est ça ?... mais t'irais où, hein ? T'irais où ? » Encore sous l'empire de ses ires, il rit, ricane ou même sourit. Il joue de toutes les démences, les assemble, les repousse. Il se moque d'elle. « Personne t'aimera plus, Ezechiel. Y'a plus personne qui t'aimera après moi. » Il se moque de son crime.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Ven 12 Sep - 15:56

Il ne dit rien. Rien du tout. Le silence est complet. Ce pourrait être apaisant, mais pour Ezechiel, c'est bien loin d'être le cas. Elle préférerait qu'il hurle, qu'il dise quelque chose, n'importe quoi... Qu'il l'insulte, qu'il gueule comme il sait si bien le faire. Mais ce silence là, ce néant, elle ne peut pas le supporter. Elle se recroqueville encore plus, entourant ses genoux de ses bras, et cachant son visage dans cette cachette qu'elle s'est créée. On dirait une gamine. Une pauvre petite gamine. Le noir est complet, et c'est rassurant. Mais ce silence lui transperce les oreilles, il l'achève. " Comment t'as pu? " murmure t-elle, d'une voix qu'elle ne contrôle même plus. Elle ne sait pas s'il peut l'entendre, et à vrai dire elle s'en moque. Elle ne parle pas à ce Caleb-ci, elle parle à celui qu'elle voit chaque soirs dans ses cauchemars, celui qui lui a tout donné puis tout repris. Elle repense à toutes ces bribes qui lui sont venues, et elle se sent trembler, à nouveau. Ça oscille entre des coups, des pleurs, parfois un corps chaud collé au sien, puis des coups encore. Il y a si peu de rires dans ses souvenirs." Qu'est-ce que je t'avais fait?" Encore une fois, c'est un murmure, presque inaudible. Ses  tremblements de ne veulent pas cesser. Le silence, putain. Encore ce silence abominable. Et c'est au moment où elle se serre de plus en plus en se repliant sur elle-même que ce qui lui revient lui donne envie de crever. Sa tête se met à tourner tout autant qu'elle la brûle. Jamais ça n'avait fait ça. C'est pire que tout. Elle relève un instant la tête, et ce qu'elle voit n'a plus rien de normal. Elle n'est plus dans l'appartement miteux du dernier étage, mais dans celui qu'elle a partagé avec Caleb, il y a sept ans. Et il est là, lui, puant l'alcool à plein nez, en train de lui hurler dessus. La putain. Ezechiel Norton la putain. Elle essaie de se défendre,  par les mots, elle lui dit qu'elle était au travail, qu'elle n'a rien fait de mal, qu'elle l'avait prévenu, pourtant, qu'elle rentrerait tard parce qu'elle a accepté de remplacer une amie. Mais il n'écoute rien; bon dieu, elle n'est même pas sûr qu'il l'entende, tout court. C'est sa colère qui parle, ajoutée à l'alcool, et les coups ne tardent pas à tomber. Comme elle l'est dans le présent, Ezechiel se recroqueville contre un mur, attendant que les coups cessent, attendant qu'il se fatigue et abandonne. "C'est ta faute, Ez'... c'est ta faute." La voilà qui soupire, comme lui a soupiré. Elle divague, elle n'y peut rien, les mots sortent tout seul, à mesure que l'ancien Caleb les lui dit dans sa tête. C'est incroyable comme des moments de votre vie peuvent vous marquer ainsi, capable de ressortir de votre bouche, indemnes, au bout de sept longues années d'oubli. "Tu vas partir, c'est ça ?... mais t'irais où, hein ? T'irais où ?" Ça continue. Sa tête lui joue des tours. Coincée entre deux époques, elle ne sait plus où elle est. La voilà qui rit. "Personne t'aimera plus, Ezechiel. Y'a plus personne qui t'aimera après moi." C'est ici que tout s'arrête. C'est là qu'elle revient à la réalité.

Ce souvenir là a été plus vrai que nature, et lorsqu'il la quitte, elle se sent vidée. Bien loin de ces flashs qui lui sont venus depuis plusieurs jours, elle a réellement l'impression d'avoir vécu à nouveau l'instant, comme dans un rêve - ou plutôt, un cauchemar. Elle ne s'est même pas rendu compte qu'elle a parlé. Engourdie, sa tête s'habitue peu à peu à l'endroit dans lequel elle se trouve. Elle sent encore les gifles contre sa peau, comme si tout cela venait juste de se passer. Pourtant, ces blessures sont parties depuis bien longtemps, elles ont eu le temps de s'effacer. Elle reprend ses esprits, et remarque qu'elle tremble de plus en plus, comme une maudite feuille. Elle voudrait s'en aller, mais c'est précisément à ce moment que ses jambes refusent de lui obéir. Elle est coincée ici, avec ce monstre qu'elle ne peut définitivement pas quitter.

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Sam 13 Sep - 2:08

Elle se souvient. Elle dit qu'elle se souvient. Elle ment. Cette femme... qui n'est pas Ezechiel, ment. Elle ne fait, elle ne sait, que mentir. Il voit comment. Il sait pourquoi. Elle venge sa mémoire égarée. Elle se raccroche au peu qu'elle imagine. Elle fabule, elle suppose. Qu'importe les images, les odeurs, et les sons qui souhaitent lui revenir, Caleb refuse d'en écouter le moindre mot. Qu'elle s'en aille. Qu'elle parte avec ses bribes et ses lambeaux, qu'elle ramasse les viscères, jadis, éparpillées, qu'elle parte avec la haine qu'elle voudra se trouver, avec la peur qui devra lui rester. Ce sera alors à son tour, de vivre avec, et d'endurer. Les réponses qu'elle espérait glaner en le trouvant ne sont, de toute façon, en la possession de personne, que les souvenirs demeurent ou se soient envolés. Ils sont, tous deux, juchés sur le même fatras d'impuissance. « Comment t'as pu ? » L'inflexion se distingue ; c'est à lui qu'elle s'adresse. Caleb est forcé de constater la singularité et c'est la première fois qu'elle admet le connaître, le reconnaître. Le ressac est alors trop fort pour ne pas emporter une part de son déni. « Qu'est-ce que je t'avais fait ? » La salive se bloque dans la gorge et un spasme secoue le thorax. Il ferme les yeux. Il presse les paupières aussi fort qu'il le peut. Ne rien voir. Ne rien projeter. Refuser que les visions se raniment. Mais l'angoisse s'est déjà toute installée au premier rang de son horreur. Elle n'a pas commencé, elle n'a pas entamé sa narration, qu'il sait déjà ce qu'il lui faut bientôt revivre. « C'est ta faute, Ez'... c'est ta faute. » La divagation se poursuit, et chaque écho sonne d'une justesse terrible. Après l'alcool, la colère, la folie, et le sommeil, et la soif, et la faim, l'affreuse commémoration n'est pas si claire pour lui. Il admet cependant sa basse besogne. Son corps ne peut expirer aucune larme, mais il pleure néanmoins. Elle dit la vérité. Elle se souvient. Si son esprit est partial, même sélectif, Caleb renonce à la haïr. « Personne t'aimera plus, Ezechiel. Y'a plus personne qui t'aimera après moi. » « Y'a plus personne qui t'aimera après moi, répète-t-il en haletant. »

« Vous êtes belle. Vraiment. Il fallait qu'je vous le dise. » De longues minutes se sont écoulées. Peut-être une heure. S'ils s'en sont tenus, tout ce temps, à un silence stérile, c'est Caleb qui le rompt de son murmure au ton de récitation. Il déglutit et humecte doucement ses lèvres. Il inspire pesamment, comme s'il lui fallait dégager un poids monumental de sa poitrine. « Je suis sûr que tu t'en souviens pas de ça. » Terrassé de fatigue, il garde les yeux obstinément clos. Mais son esprit est plus éveillé que ces trois derniers jours. S'il faut qu'elle se souvienne du pire, et s'il le faut vraiment, alors qu'il exhume le meilleur : « J'étais dans ce café, où t'étais serveuse. T'avais pas fait attention à moi une seule fois. » En y repensant, il sait que ça n'a rien d'un souvenir heureux. Pas au sens commun du bonheur. « Je me sentais comme un gosse qui veut qu'on le remarque, qu'aimerait avoir le foutu courage qu'on le remarque. » Sensible à son propre récit, il s'interrompt. Elle se fout probablement d'entendre tout ça. Elle se fout probablement d'entendre qu'il a été autre chose. Mais ça n'a rien à voir avec elle. C'est pour lui. C'est pour lui qu'il poursuit. « Et c'est quand j'en ai eu marre d'avoir peur que j'me suis levé et que je t'ai dit : vous êtes belle, dit-il encore à voix basse, vraiment – il fallait qu'je vous le dise. Et les autres clients, qu'avaient tout entendu, m'ont regardé comme si j'étais une sorte de maniaque... » Il aimerait que cet instant n'ait jamais existé. Que ça n'ait été qu'une projection, alors, de son esprit. Qu'il ait simplement ramassé ses affaires, et qu'il se soit enfui. « Tu m'as souri comme si j'étais une sorte de maniaque... » Le soupir qu'il abandonne au silence le soulage de quelque chose qu'il est incapable de nommer. « Tu veux savoir ce que tu m'as fait ?... tu m'as fait croire que je valais mieux qu'un gosse qu'aimerait avoir le foutu courage qu'on le remarque. »


Dernière édition par Caleb Hogan le Sam 13 Sep - 20:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Sam 13 Sep - 3:20

" Y'a plus personne qui t'aimera après moi." répète t-il, juste après elle, comme un écho. L'entendre le dire, là, devant elle, en chair et en os, ça rend les choses plus vraies, plus vivantes. Elle sait qu'elle n'a pas divagué, que ce qu'elle a vu n'était pas le fruit de la fatigue ou de la démence. C'était bien vrai, et pourtant, elle aurait tellement voulu que tout soit faux, que ce ne soit que de vulgaires hallucinations. Elle préférerait être réellement folle que rendue folle par lui et les souvenirs qu'il lui a laissé. Y'a plus personne qui t'aimera après moi. Cela suppose qu'il l'ait aimé. Preuve que l'on peut aimer, et haïr à la fois. Elle ne sait pas si ça la rend triste, déçue ou si elle en est soulagée au contraire. Savoir qu'on a été aimé, qu'on l'est peut-être même encore, dans une infime partie de l'autre, c'est peut-être con à dire, mais dans un monde aussi merdique que celui-là, ça réchauffe le coeur. Ça donne quelque chose à quoi penser pendant les insomnies, quand on rêverait d'avoir quelqu'un à nos côtés. C'est rassurant. Enfin, pour les autres... Mais Ezechiel et Caleb ne sont pas les autres. Ils sont comme presque comme des étoiles; morts il y a des milliers d'années, et pourtant toujours là, à briller, à faire acte de présence aux côtés des autres, même s'ils se sont depuis longtemps éteints, perdus dans le néant, enfoncés au coeur de l'abyme. Y'a plus personne qui t'aimera après moi. Et si elle décide qu'elle s'en moque? Comment pourrait-elle vouloir qu'on l'aime, après lui? Qui pourrait l'aimer comme il l'a fait? La haïr comme il l'a haït? La détruire, recoller les morceaux puis l'écorcher à nouveau comme il a si bien su le faire? C'est donc à ça qu'elle est damnée; à aimer son pire cauchemar, quoi qu'il advienne. Même en étant à moitié elle-même, ses souvenirs à moitié effacés, elle sait qu'elle s'en contrefout que quiconque puisse un jour l'aimer, après lui. Elle se recroqueville encore plus. La douleur imaginée commence à s'effacer, peu à peu. Elle respire à nouveau normalement. Mais tout ça la fatigue. Penser en général, c'est bien trop difficile en cet instant précis. Alors elle s’abandonne, les yeux à moitié clos, et tente de penser à quelque chose d'apaisant. Sans succès.

Entre eux s'est installé un profond silence. C'est peut-être plus simples que les paroles, au final. Elle ne se sent plus le courage de parler et de se battre pour lui extirper ce qu'elle a envie d'entendre. S'il ne veut pas parler, soit, c'est certainement mieux comme ça, se dit-elle dans un coin de sa tête. Mais l'heure qui s'écoule, incertaine, elle la passe à fouiller son cerveau à la recherche d'une lueur, rien qu'une petite lueur. Rien, toujours rien. Elle a presque abandonné l'idée qu'il reparle un jour lorsqu'elle entend le timbre de sa voix. Elle croit avoir divagué. Mais non. Elle lève la tête, ses yeux s’accommodant à une soudaine clarté. Il est toujours là, à terre, les yeux hermétiquement fermés, et pourtant, il lui a dit qu'elle était belle. Ezechiel l'écoute, ne sachant que trop en penser. Elle qui n'a eu le droit qu'au pire, voilà qu'il tente de lui faire goûter à ce qu'ils ont pu partager de meilleur. Ils se sont donc rencontrés dans le café dans lequel elle travaillait. Ce même boulot dont il lui reprocha peu après de rentrer trop tard, pensant qu'elle se tapait quelques uns de ses potes. Elle l'écoute, paisiblement, et en veut tellement à son cerveau de lui avoir caché ce moment là. Peut-être ce souvenir là lui reviendra t-il plus tard, qui sait? En tout cas, il lui laisse un goût amer au fond de la gorge. 7 ans se sont écoulés, et pourtant, il semble s'en souvenir comme si c'était hier. Et elle ne peut s'accrocher qu'à des mots, ses mots à lui, qu'elle pourrait choisir de ne pas croire, et pourtant elle le fait. " Tu veux savoir ce que tu m'as fait ?... tu m'as fait croire que je valais mieux qu'un gosse qu'aimerait avoir le foutu courage qu'on le remarque. " Ça lui tombe dessus, comme ça.  Elle ne s'y attendait pas. Sa question laissée en suspens tout à l'heure trouve enfin une réponse, emprunte d'une honnêteté qui ne trompe pas.

Et la voilà impuissante, face à une histoire qui est la sienne, sans l'être totalement, des souffrances qu'elle a subit sans en avoir le souvenir concret. Ses paupières sont lourdes, et ses yeux commencent à se remplir de larmes. Elle ne les combat pas. Elle n'en a pas la force. Elle baisse les yeux, et elles coulent, naturellement, face à cette situation qui lui échappe, face à un passé qui lui a filé entre les doigts, la rendant incapable de décider de son futur. L'ancienne Ezechiel prendrait certainement ses jambes à son cou. Mais il s'agit là de Bobby, plus tout à fait elle-même, mais pas non plus si différente.  Elle pleure en silence, renifle à peine. Ses joues sont toujours humides lorsqu'elle se met à parler. " On aurait pu tout recommencer. " Elle ne sait pas si elle lui parle à lui, ou bien à elle même. Elle relève les yeux et l'observe, lui qui ne la regarde pas. " Tu aurais pu me dire ça, à nouveau, dans cette rue, il y a trois jours; « 'fallait qu'je vous le dise...» " Tout aurait pu se passer comme ça. " J'aurais pu te sourire comme si t'étais une sorte de maniaque. " Un sourire triste vient fendre ses lèvres. " J'aurais pu... On aurait pu. " Mais non. Ils en sont là où il sont. Et elle sait. Elle contemple dans un coin de son cerveau, sans s'en rendre compte réellement, tout ce qu'ils auraient pu être, tout ce qu'ils ne seront pas, peut-être jamais. C'est trop tard maintenant, les dés sont jetés pour de bon. Il n'y a plus de retour en arrière.

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Sam 13 Sep - 21:59

Depuis le fief qu'il prend pour tout repos, Caleb l'entend pleurer. Il ne peut pas interpréter ces larmes. Il imagine qu'elle s'en souvient peut-être ou que, tout à l'inverse, elle en est incapable. C'est un calvaire pénible, si ce n'est complexe, à concevoir pour lui ; le drame d'avoir tout oublié et de n'avoir, pour toute compensation, que de vulgaires éclats, diaphanes, fugaces, difficiles à saisir et impossible à agencer. Cette confusion ne l'effleure pas, tant il souhaiterait détruire jusqu'aux dernières images de ses cauchemars. Tout effacer. Apprendre une nouvelle chance. Une opportunité qu'il n'aura pas. Un bonheur, pense-t-il - égoïste, qu'il ne connaîtra pas. S'ils pouvaient échanger... maux contre maux, il serait consolé. Pour un temps, tout du moins. Quelques jours de répits. Pouvoir omettre, ou négliger, que ce que, jadis, il a fait est tout ce qu'il est désormais, et tout ce qu'il sera jamais. S'absoudre dans l'oubli, au comble de sa lâcheté. Il n'aura plus aucune colère pour se calfeutrer dans son être, plus l'ombre d'une violence pour secouer tout son corps. Ce ne serait plus lui. Ce serait un autre, et celui qu'il voudrait, paisible et ignorant de ses crimes ancestraux. Conjecturer de la sorte suffit à faire cesser sa propre horreur. C'est la seule paix qu'il puisse s'offrir.

Raconter ne l'a pas vraiment libéré. Il se sent, tout au plus, davantage prisonnier. D'elle. Et de ce qu'il ressent. C'est une forme d'angoisse qui aime à se dissimuler, qui s'éveille, se rendort. Elle lynche ses entrailles par instant, chaque fois qu'il pense qu'elle va lui rétorquer. Ce dont elle s'abstient jusqu'à ce qu'il espère enfin l'inverse. Qu'elle lui parle. Qu'elle lui dise quelque chose. Ses vœux sont si contradictoires. Il ne s'est toujours pas habitué à ne plus savoir ce qu'il veut. Il y a encore quatre jours, c'était de la retrouver et, maintenant que c'en est fait, il est plus perdu qu'il ne l'a jamais été. Il en vient à envier sa quête absurde et révolue, à la poursuivre à travers l'Alaksa. A s'épuiser. En un sens, c'était plus simple et plus limpide. Ça avait un sens. Ça n'en a plus. Il n'y a plus que ces morceaux de souvenir, qu'il faut ravaler ou cracher. En espérant que quelque chose – n'importe quoi – vienne à se produire, bouleverse tout, redistribue les cartes de son destin. Si le Destin existe, c'est le moment pour lui de se manifester, de le conduire. Il supplie en silence qu'une telle apparition survienne. Et cela survient. Bien que ce ne soit pas le Destin, bien que ce soit cette femme, recroquevillée, brisée, qui lui soupire : « On aurait pu tout recommencer. » Caleb secoue la tête, faiblement, pour lui seul. Impossible. Alors quoi, demande une voix, qui s'est nichée à l'arrière de son crâne. Alors à quoi bon la chercher, la guetter... la trouver ? Que cherchait-il dans les efforts insensés qu'il a, pour elle, déployés tout ce temps ? Était-ce simplement pour la voir, une dernière fois ? La trouver morte, ou forte de toutes sa haine et sa colère dirigées contre lui ? Était-ce pour cela, Caleb Hogan ? La déception doit être immense pour se convaincre, à ce point, d'avoir lutté en vain. Courir les chimères, les mirages. Bien sûr que non : on ne se rend pas malade d'une telle odyssée sans avoir l'once d'un espoir ; l'espoir de tout recommencer.

Il se redresse. Il se traîne. Chacun de ses muscles endoloris le somme de renoncer. Il parvient pourtant à s'asseoir. Dans la pénombre et la fatigue, il la distingue de peu. Ce n'est pas elle qu'il cherche – il sait bien où elle est. C'est la bouteille d'eau qui appartenait à ses effets qu'il attrape. Il dévisse lentement le bouchon, et en avale une longue gorgée. La sensation provoquée le force à tousser, à expier de son sang séché dans l'air. Il boit encore un peu, assez pour calmer la soif, assez pour qu'il en reste pour un quart. « On pourrait, dit-il, maintenant que sa bouche s'apaise un peu. » S'il essaie de se relever, ses jambes refusent de le porter. Il ne parvient qu'à se hisser sur le fauteuil. Ses paupières clignent, ses yeux paresseux à apprendre l'obscurité aux alentours. Maintenant, Caleb cherche à la voir et ce, qu'en retour, elle le voit. « On pourrait recommencer. » Il ignore s'il y croit lui-même. Il espère simplement. Que ses forces demeurent suffisantes. Que sa volonté est intacte ou, si elle ne l'est plus, qu'elle puisse se rebâtir. Qu'il n'est pas lâche. Qu'il ne l'est plus. Que tout l'espoir qui naît de ses crimes savamment regrettés suffira bien à son courage. Il le faudrait. Il le faudra. « Tu n'aurais pas à me pardonner, parait-il exprimer les prémices d'un accord. » Il inspire profondément, tendant, tentant, à ce que l'oxygène se répande dans le reste de ses membres. Les sensations qui lui reviennent de seulement se crisper l'encouragent à poursuivre : « Je te réapprendrais qui tu étais. » Ce serait honnête. Et juste. Et c'est le meilleur marché qu'il puisse, d'ailleurs, lui proposer. Il n'a rien d'autre à lui offrir. Et elle aurait raison de refuser. Mais il ne peut pas – il ne peut pas, renoncer sans combattre. Il ne l'a pas cherchée en vain. Et ne l'a pas trouvée en vain non plus. S'il estime raisonnablement sa chance, la probabilité qui existait, de l'avoir retrouvée, ni morte ni perdue à jamais, alors il doit bien reconnaître qu'elle vaut bien de persister. Ça vaut la peine de mourir, ça vaut la peine de tuer, ça vaut la peine d'aller en Enfer.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Mer 17 Sep - 20:42

Les larmes continuent de couler, et elle s'essaie même pas de les en empêcher. C'est peine perdue. Et puis, elle n'a rien à lui cacher, pas maintenant qu'elle sait tout ce qu'ils ont pu partager. Elle l'observe, et elle ne sait pas si c'est le dégoût ou l'espoir qui prime. Après tout ce qu'il lui a fait subir, après tout ce qu'il a gâché... Il reste quand même quelque chose entre eux, quelque chose que même sa mémoire défaillante n'a pas pu effacer. Parfois, c'est un regard qui lui fait ressentir cela. Parfois, c'est juste sa présence. C'est trop étrange pour qu'elle puisse saisir pourquoi, mais au fond, elle s'en fout. C'est là, bien présent, et c'est tout ce qu'elle sait. Elle continue de l'observer alors qu'il s'assoit, non sans mal. Il fait sombre, mais Bobby le distingue tout de même. Il boit quelques gorgées dans une petite bouteille, puis, enfin, il répond. "On aurait pu", avait-elle dit, et pourtant, ce qu'il dit lui, c'est "on pourrait". Mais le peuvent-ils encore? Sont-ils capable de renouer quelque chose, quelque chose de meilleur, sans les erreurs passées? Bobby préfère ne pas penser à ça, d'ailleurs, elle ne pense à rien du tout. Elle essaie juste de se concentrer sur ce qu'il dit. "On pourrait recommencer." Recommencer. Ce mot lui fait un drôle d'effet. Si elle n'avait pas vu ses lèvres bouger, elle aurait cru à une hallucination auditive. Pourtant, non, c'est bien ce qu'il a dit. Elle n'est pas certaine qu'il y croit vraiment. Elle ne sait pas si elle même y croit. "Tu n'aurais pas à me pardonner." Voilà une clause honnête à ce "contrat". Le pardonner, c'est une chose qu'elle ne se sent pas prête à faire, surtout quand les meilleurs moments qu'ils ont pu partager se sont envolés, et qu'il ne lui reste que les pires.

Mais le meilleur vient à la fin. "Je te réapprendrais qui tu étais." Tout ce qu'elle sait sur elle, c'est son prénom maintenant. Elle aimerait tellement pouvoir se retrouver, redevenir qui elle était. Ce marché lui convient, et avant même d'y réfléchir, elle sait parfaitement qu'elle va l'accepter. C'est peut-être une erreur, c'est peut-être la plus belle connerie qu'elle fera jamais. Tant pis si elle y perd des plumes, ça vaut le coup d'essayer. Elle essuie ses joues d'un revers de main, chassant les larmes qui s'y sont logées. Elle ne veut plus pleurer, ni s’apitoyer. Ce qui compte de nos jours, c'est la survie, et ce n'est pas en chialant qu'elle sauvera sa peau. Alors elle prend une grande inspiration, pour se donner du courage. " On peut. " dit-elle, comme si elle approuvait. Elle n'est pas certaine que ce soit une bonne idée, mais elle fonce quand même, tête baissée. Au point où elle en est, elle n'a plus grand chose à perdre. Et peut-être tout à gagner, mais rien n'est moins sur. Elle se lève, les jambes toutes engourdies, pas vraiment sûre de la raison pour laquelle elle le fait. Elle rejoint son sac, à quelques pas d'elle, et se penche pour l'attraper. Elle en sort un paquet de clopes, dans lequel il en reste moins d'une dizaine. Bientôt à sec. Puis elle tourne le dos à Caleb, et se poste à la fenêtre, qu'elle ouvre pour faire entrer l'air. Elle allume sa cigarette, et ça fait un bien fou. Elle regarde l'horizon de cette ville, et repère quelques zombies qui rôdent dans les parages. Rien de bien inquiétant. La seule personne qui l'inquiète est là, dans cette pièce.

C'est une drôle de situation. Elle a toujours du mal à y croire. Il y a quelques jours, elle errait dans la rue principale de Girdwood, tout juste échappée de Kenaï, totalement seule et complètement amnésique, et la voilà à côté de son cauchemar, avec ses souvenirs qui commencent à lui revenir. Elle aurait aimé que ce ne soit qu'un rêve, et pourtant non. C'est la dure réalité.  A mesure que sa cigarette se consume, bouffée par bouffée, le silence pèse. Puis elle ose le briser, avouant la pure vérité. " J'saurais même pas par où commencer." Elle jette la fin de sa clope par la fenêtre, mais elle reste pourtant postée face à l'horizon. Elle recule le moment où elle devra lui faire face à nouveau.

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Mer 17 Sep - 22:13

Elle l'a peut-être dit, elle l'a certes formulé, mais ces mots, tous prononcés qu'ils aient été, ne l'empêchent pas de tressaillir lorsqu'elle se lève. On peut. C'est drôle comme, aujourd'hui plutôt qu'hier, vide de colère et, par là, de violence, il se sent menacé par chacun de ces gestes. Elle pourrait le tuer. Pire encore, elle pourrait se venger. Un droit qui lui revient, un droit plus que légitimé. Il lui faut vivre avec, accepter, même admettre, qu'elle pourrait exercer ce droit à tout moment. Maintenant. Demain. Ou dans plusieurs semaines. Quand cela lui plairait, et si cela lui plaît. Dans son instant de grande faiblesse, c'est elle qui va pour s'habiller d'une grande puissance. Un pouvoir qu'elle a sur lui, incapable de s'éteindre. Aussi, sa dette paraît immense, bien au-delà de toute estimation. S'engager dans une telle entente a quelque chose de destructeur ; c'est le début d'un lent compte à rebours, dont il ignore le temps.

Comme elle entend lui tourner le dos, expirant sa fumée depuis la fenêtre, Caleb s'accorde le répits de respirer. Librement. S'il entend recouvrir ses forces disparues, il doit d'abord reprendre son souffle. Il semble qu'il doit simplement réapprendre à vivre. Ce chemin est d'autant plus escarpé qu'il s'imagine capable de trouver de l'espoir. Or, il y en a peu. Dans ce monde-ci, d'abord, mais plus encore pour eux, l'espoir manque. L'amertume se ramasse en poignées tandis que l'espoir manque. Il tâche de l'oublier, de vaincre les certitudes, pendant qu'il l'interroge d'une voix chuchotante : « Comment tu t'appelles ? » Aussitôt, de secouer la tête : « Comment veux-tu que je t'appelle ? se corrige-t-il. » Dire qu'Ezechiel Norton est son nom serait une totale aberration. Deux mots vidés de leur sens, du reste. C'est une silhouette. Un corps. Un corps qu'il connaissait. Mais la divine substance s'est évanouie, là, quelque part, dans la Nature, et, avant qu'elle ne la retrouve, si toutefois elle le peut, lui l'y aidant, une part de son être se borne à la haïr. A haïr ce qu'elle est, ce qu'elle n'est pas, ce qu'elle n'est plus – tout ce qu'elle a pu oublier d'elle-même plutôt que de lui.
« J'saurais même pas par où commencer, avoue-t-elle sans détour. » Les yeux de Caleb dessine le cadre de la fenêtre, puis la silhouette qu'elle lui présente. Il connaît cette silhouette. « Tu as eu trente-deux ans, le 12 août. » Il sait quand était le 12 août. Et s'il le dit, c'est avec l'impression qu'il peut la soulager de quelque chose. D'un doute. Ou d'un néant. Il ne fait pas mieux le tri qu'elle ne le peut ; de toute évidence, elle ne se souvient de rien, ou presque – si ce n'est de lui, lui et ses crimes, inlassables dans le souvenir. Comme il ne peut pas remplacer, il se contente de compléter. Et c'est donc en termes génériques qu'il entame de la rappeler à elle-même : « Tu es née à Charlotte. » Il paraît que les amnésiques, s'ils oublient nombre de choses de leur identité, se souviennent de leurs connaissances générales ; aussi Caleb ne précise-t-il pas que ça se trouve en Caroline du Nord. Pourtant, c'est un détail auquel il songe. D'où l'on vient. Les détails sur l'endroit d'où l'on vient. C'est probablement par là qu'il faudrait commencer. Mais la vérité, c'est qu'il sait peu de choses de l'endroit où elle vient. Et ce qu'il a à dire là-dessus, ce qu'elle a pu lui raconter, est probablement quelque chose dont elle n'a pas besoin de se souvenir pour le moment. Alors il continue, vivement dévié de son axe tout en feignant de ne pas le faire : « Tu es - tu étais, qu'il déglutit lentement, là, à chercher ses mots, profondément égoïste. Non, non, la sent-il prête à se tourner vers lui, c'était... un bel égoïsme. Parce qu'un simple moment, même très court, même très stupide, te permettait de survivre à tout. » C'est étrange de le dire. De conjuguer de la sorte. Comme si elle était morte. Comme si elle n'était plus. Caleb est incapable d'imaginer qu'elle peut revenir – c'est simplement sa tâche. Son devoir à lui pour son droit à elle. Et il y a encore bien des choses qu'il pourrait lui apprendre mais, quand les mots doivent encore s'évanouir à la commissure de sa bouche, il soupire lentement. Comme si elle était morte. Mais ce n'est pas le cas. Il peut encore lui dire, il peut tout lui dire, dès maintenant : « Tu sais ce que tu es ? lance-t-il. Ce que t'as été ? T'as été la plus belle chance qu'on m'ait donné. » Il s'est redressé pour le décréter. Elle le vaut, elle le vaut bien cent fois. « Et j'ai bousillé cette chance, qu'il reconnaît dans la seconde. Mais c'est quand même ce que t'es : une putain de chance. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Lun 22 Sep - 21:48

Tout ce qu'elle voit à travers cette putain de fenêtre, c'est la destruction la plus totale. Les voitures sont disposées n'importe comment dans les rues, chevauchent parfois le trottoir, barrent la route pour certaines. C'est le chaos laissé par toutes ces personnes qui ont du filer en vitesse, à pieds, ou qui se sont tout simplement fait bouffer à l'intérieur de leurs bagnoles. Des traces de sang séchées en témoignent d'ailleurs sur le sol, et paraissent être une trace indélébile. La rue est vraiment le pire endroit pour se réfugier. Mais au final, quand elle observe cette ville à moitié morte, elle se dit qu'elles deux ne sont pas si différentes. Girdwood a toujours la même apparence, les mêmes rues sombres, les mêmes bâtiments... Mais elle n'est plus tout à fait la même. Il se peut qu'elle ne redevienne jamais la même; c'est même ce qu'il y a de plus probable.  Caleb la sort de ses pensées. "Comment tu t'appelles ?" Ça sort de nulle part, elle ne s'y attend pas. Elle reste interdite, pendant l'espace d'un instant, avant qu'il ne se corrige tout seul. " Comment veux-tu que je t'appelle ? " Voilà qui est plus clair. Elle n'a même pas pris le temps d'y réfléchir. Elle n'est pas tout à fait Bobby, mais elle n'est pas Ezechiel non plus... Il y a un énorme fossé entre ces deux personnes. Mais de qui se sent-elle le plus proche? Pour l'instant, c'est indéniablement Bobby qui l'emporte, haut la main. Elle prend tout de même son temps avant de lui répondre.  " Quand je me suis rendue compte que je ne me souvenais plus de mon prénom, j'ai décidé que j'me ferais appeler Bobby." répond-elle, le plus sincèrement possible. Elle se souvient avoir fouillé dans son sac à main, et n'y avoir découvert que de fausses cartes d'identité; Susan Reid, Emily Jones, Tabatha Smith, et des tas d'autres... Alors elle avait opté pour un autre nom, un nom tout neuf.  " Ouais... Appelle moi Bobby." se décide t-elle finalement, sans une once de regret. Peut-être qu'un jour, il pourra à nouveau l'appeler par son vrai prénom, mais pour le moment, elle garde son alias -un de plus ou de moins, après tout...

Et quand elle avoue ne même pas savoir pas où commencer, désemparée, il l'aide, ce qui fait naître un léger sourire sur son visage, un sourire qu'il ne voit pas. Elle apprend de lui son âge, et sa date de naissance. Elle est d'ailleurs surprise qu'il soit du genre à s'en souvenir. Mais le plus surprenant, dans tout ça, c'est qu'il a presque l'air de comprendre à quel point c'est horrible pour elle d'avoir perdu ce qu'elle était. Elle le sent dans sa voix... Et ça la rassure, d'avoir enfin quelqu'un qui parvienne à la comprendre. Et le fait qu'il continue à lui donner ces informations sur elle le prouve. Il lui avoue ensuite qu'elle est née à Charlotte. Bobby ne peut s'empêcher de se demander si ses parents sont encore là-bas, ou même si elle en a; mais elle n'ose pas ouvrir la bouche. "Tu es - tu étais..." A cette rectification, Bobby se sent à deux doigts de se remettre à pleurer. Elle le ferait, d'ailleurs, si elle ne se sentait pas totalement vidée par toutes ces larmes qui ont déjà coulé. Cette peine est intérieure, ses yeux refusent de céder. Tant mieux d'ailleurs. Elle ne sait pas si Ezechiel pleurait souvent ou non, mais Bobby en tout cas sait qu'elle n'a pas la moindre envie de se mettre à pleurer comme une gosse. "... profondément égoïste. Non, non, c'était... un bel égoïsme. Parce qu'un simple moment, même très court, même très stupide, te permettait de survivre à tout. " Et c'est là qu'elle se reconnait. Dans cette minuscule phrase, elle reprend espoir. Ezechiel n'est peut-être pas partie si loin qu'elle ne pensait. Elle se revoit, seule, au tout début de son amnésie, à regarder marcher une gosse dans la rue, une petite métisse aveugle, en train de rire aux éclats, accompagnée d'un grand gars qui avait l'air adorable. Et à chaque fois que ça devenait trop dur, elle repensait à cette gosse et son acolyte, heureux malgré tout. Alors elle se dit, qu'au fond, Ezechiel reviendra peut-être vite, très vite. Avant qu'elle n'ait pu réagir, il parle de nouveau.  "Tu sais ce que tu es ? Ce que t'as été ? T'as été la plus belle chance qu'on m'ait donné. " Elle l'a entendu se redresser dans son dos. Elle n'ose pas se retourner. Lui faire face voudrait dire qu'il pourrait la voir, voir l'expression de son visage, et elle n'est pas prête. Mais c'est surtout qu'elle ne se fait pas confiance, elle ne sait pas ce que son cerveau la pousserait à faire. Une chance... Pourquoi l'a-t-il laissé filer, alors? "Et j'ai bousillé cette chance, mais c'est quand même ce que t'es : une putain de chance. " Elle fout toutes ses belles convictions à la poubelle, et elle fait volte face, comme un automatisme, comme si elle ne pouvait pas s'en empêcher. Elle se force à rester immobile, cependant, et ça lui demande un contrôle assez impressionnant. Elle se demande ce qui pourrait bien se passer si elle s'aventurait à s'approcher de lui. Mais elle n'est pas assez bête pour le faire, du moins, c'est ce qu'elle pense. Ce qu'elle retient, c'est qu'il a utilisé le présent. Elle l'est donc toujours...? Elle le regarde comme si c'était la première fois que ses yeux épousaient ses traits. Si le corps de Bobby enferme deux personnes bien différentes, son passé et son présent, elle a l'impression qu'il en est de même pour Caleb. Il y a le monstre, le Caleb qui s'emportait et qui la frappait, puis il y a celui qu'elle a devant elle, celui qu'elle a pu - qu'elle a du- aimer. Et si elle n'est pas persuadée que l'autre soit parti pour toujours, elle ne peut s'empêcher d'apprécier plus qu'elle ne le devrait l'homme qui est devant elle. Comme au premier jour.

Puis, au fur et à mesure qu'elle le regarde, lui revient en tête cette scène dont elle s'est souvenu, un peu plus tôt. Personne t'aimera plus, Ezechiel. Y'a plus personne qui t'aimera après moi. Elle se rend compte à quel point elle est vulnérable, face à lui, comme si elle était retournée à cette époque où elle parvenait à tout oublier de ses gestes, de ses paroles, après qu'il ait levé la main sur elle. "T'as pas le droit de me dire ça. " Les mots sortent tout seuls, comme si elle exprimait ses pensées par la parole. "T'as pas le droit de me dire ça." répète t-elle, comme si elle essayait de se convaincre elle-même. "T'as pas le droit..." Sa dernière phrase n'est qu'un murmure. Ses mots s'estompent tout seuls mais ils ne cessent de résonner au creux de son cerveau.


Spoiler:
 

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Ven 10 Oct - 5:02

« …je dis seulement la vérité. Et ça change, tu sais – de l'espèce de gars que j'étais. Tu te rappelles pas, d'accord, mais je crois que t'aurais voulu entendre tout ça, avant. Je crois que si je t'avais dit, avant, que t'étais ma chance, ou ces trucs cons qu'on voyait dans les films, au cinéma, ça serait différent. J'pourrais attendre, que tu me crois, qu'y'ait une chance que tu me crois, mais j'ai plus le temps parce que c'est le bordel, là, dehors, et que personne n'a plus le temps pour ce genre de trucs. Et j'ai jamais été un type comme ça, de toute façon. Je sais pas faire. Et je suis pas quelqu'un de bien, on l'sait tous les deux. Mais, tu sais, la plupart des gens, ils sont comme moi... comme toi, t'étais. On n'est pas des gens biens. On fait pas comme il faut. On n'a pas fait l'université, et on a des boulots merdiques. On sait pas bien parler. Mais ça veut pas dire qu'on changera pas, ou qu'on n'essaie pas de changer. On essaie de bien faire, en plus. On comprend même pas pourquoi faudrait dire ce qu'on ressent. Alors, moi, je disais rien, ou alors je le disais pas bien. J'étais comme ça, sans le faire exprès, j'te jure. Ça va pas excuser tout ce qu'il s'est passé, j'veux dire, ce que j'ai fait. Mais je m'en fous d'être pardonné, en fait. C'est juste qu'il faut que je dise ce que je pense. Tout. Et maintenant. Parce que j'ai de la chance, de t'avoir retrouvée. Dans ce putain de cauchemar... j'ai réussi à te retrouver. Et j'peux pas mourir sans t'avoir parlée. J'croyais. Mais non. Et faut que tu vois que j'ai rien à perdre. T'es tout ce que j'ai, et je vais pas l'avoir longtemps. Alors tu vas entendre tout ce que j'ai pas le droit de dire.

Y'a que deux personnes qu'ont compté pour moi. Y'a eu ma mère. Et toi. Et j'exagère pas quand je dis que j'étais plus capable que d'aimer à moitié, après elle. Alors, t'as récupéré l'autre moitié, et c'était dégueulasse... et ça fait pas une jolie histoire, mais ça existe pas les jolies histoires. Les vraies histoires, elles sont toutes sales, et tristes. Elles donnent envie de chialer. C'est que des histoires de connard, comme moi, qui tombe sur une fille trop bien, comme toi. La vérité, cette fille est pas exceptionnelle, mais le type est tellement mal foutu qu'elle est comme Dieu sur Terre. Le gars réalise pas la chance qu'il a. Il comprend pas que s'il merde, cette fois, ce sera fini pour toujours. Et c'était moi, ce gars. Pas un méchant. Juste un paumé, comme y'en a trois milliards. J'étais un type comme les autres. On est lâche et on est pathétique. Et y'a des tas de gens qui se croient intelligents et qui te regardent, pour te dire : tu vois pas ce que t'as fait ? Mais si, j'ai vu. J'ai vu ce que j'ai fait, mais laissez-moi du temps, que t'as envie de leur dire. J'viens seulement de me réveiller, je viens seulement de comprendre. Je viens seulement de comprendre que cette fille, c'était ma chance. Et c'est trop tard. Parce qu'elle est partie, cette fille. Elle a compris, elle. Mais le gars qu'elle a laissé, il est détruit, aussi. Il est pas plus fort qu'elle. C'est juste ça, en fait : c'est elle qu'était plus forte que lui.

Voilà ce que je veux dire : tu es belle. T'es même plus que ça, c'est juste que je connais pas les mots. Et j'ai encore l'air d'un putain de maniaque, je sais, mais t'es belle... Bobby. T'es la fille la plus belle que j'aie rencontrée. Et j't'ai aimée comme un taré. Je l'ai pas bien fait, mais je m'en veux tous les jours, pour ça. Je suis désolé d'avoir été le type dont tu te souviens. C'est même pire que ça. J'suis pas juste désolé. J'suis complètement foutu. J'm'en remettrai jamais. J't'ai perdue quand j'avais le plus besoin de toi. J't'ai perdue parce que j'étais pas prêt pour toi. Personne m'avait dit comment faire. On m'avait pas dit que y'aurait une fille comme toi qu'aimerait un gars comme moi. Personne m'avait dit c'que ça me ferait, et de me méfier de c'que j'avais dans le bide. On m'avait pas préparé à aimer, et j'suis pas ces gens qui se croient intelligents. J'ai pas ça, en moi. Ça peut paraître dingue, mais y'a des gens, comme ça. On est des putain d'handicapés, et faut peut-être pas nous pardonner, en fait. Mais faut nous écouter, et faut nous croire... faut que tu me crois quand j'te dis que j'suis pas sûr de comment faut aimer une fille, mais que j'ai essayé du mieux que j'aie pu.

Alors, c'est moi. Caleb Hogan, j'ai trente-sept ans et j'ai fait un truc horrible.
Mais faut encore qu'j'te dise : j'suis pas ce que j'étais, j'suis plus ce que j'ai fait. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Ven 7 Nov - 23:29

Elle se sent comme sur le point d'exploser. Tiraillée entre ce qu'elle ressent et ses pensées qui fusent plus vite qu'il ne le faudrait, elle est juste perdue. Perdue entre ce qu'il prétend être, et ce qu'il a été. Perdue entre tout le bien qu'il a l'air de vouloir lui faire, et tout le mal qu'il lui a déjà fait. Perdue entre son esprit qui lui hurle de se casser loin d'ici, de tout reprendre à zéro, sans lui, sans qui que ce soit, et aussi entre les putains de battements de son coeur qui lui font se demander si elle ne va pas s'écrouler dans quelques secondes. Ce n'est pas humain de ressentir tout ce qu'elle ressent. Ni même de perdre la mémoire, de se réveiller dans un monde où sévit l'apocalypse pour se rendre compte quelques mois plus tard que sa vie d'avant, et celle qu'elle a maintenant, ne sont finalement pas si différentes. Dans les deux cas règnent le chaos et la peur. Mais elle n'a plus la moindre envie d'avoir peur. Ni des rôdeurs, ni de Caleb, ni d'elle-même...

Le pire dans tout ce bordel, c'est qu'elle a l'impression qu'il n'est plus le même que dans ses maigres souvenirs - aussi flous soient-ils. Les mots qu'il utilise n'ont rien de blessants, rien des insultes et des menaces qui résonnent encore dans sa tête, en dépit du fait qu'elles aient été prononcées il y a des années de cela. Bobby a toujours cru que les gens pouvaient changer, qu'ils avaient toujours le droit à une seconde chance. Mais dire qu'elle peut encore lui offrir cette seconde chance est inapproprié. Combien de chances lui a t-elle déjà donné, dans le passé? Mais peu importe tout ça, son instinct pense qu'il a réellement changé, et c'est ce qui la perturbe le plus. Elle ne sait plus quoi penser.

Elle ne sait même pas ce qu'il souhaite qu'ils soient. Ami. Amants. Ou rien du tout. Se peut-il qu'il recherche tout simplement le pardon qu'elle n'a jamais pu lui donner? Ouais, peut-être que c'est tout ce qu'il souhaite, avant de continuer son chemin, seul. A la pensée de se retrouver à nouveau étouffée par la solitude, Bobby tressaille. Elle n'a pas besoin de lui pour la protéger, ça, c'est indéniable. C'est juste difficile, après avoir pu réellement parler avec quelqu'un après tout ces mois de solitudes de s'imaginer à nouveau passer des journées entières sans avoir qui que ce soit à qui parler, aussi houleuses soient leurs discussions. Elle n'ose même pas se l'avouer, mais ça fait tellement de bien de l'entendre dire ce qu'il lui dit. Qu'elle a été sa chance, qu'il l'a aimée, qu'il a tout fait foirer mais qu'il s'en est toujours voulu depuis... Et même s'il n'emploie que du passé,  ses mots la touchent plus qu'ils ne le devraient. C'est à ce moment là qu'elle voudrait être cette Ezechiel Norton. Elle aurait voulu savoir comment elle aurait réagi. L'aurait-elle envoyé balader? Ou aurait-elle accepté de tout recommencer comme Bobby l'a fait? Elle n'en a pas la moindre idée, et elle est d'autant plus déchirée par l'impression de trahir cette autre partie d'elle même par sa façon de se comporter avec lui. Ce n'est pas elle qui a souffert, elle n'en a que de brefs souvenirs, les marques et la douleur sont parties depuis bien longtemps. C'est Ezechiel qui en a bavé, cette femme presque disparue. Elle aimerait être à la hauteur de ce fantôme, mais elle n'a pas la possibilité de savoir si c'est le cas, et elle ne l'aura très certainement jamais...

T'es belle. J'suis pas ce que j'étais. Elle ne sait pas quoi faire, et elle déteste ça.  Elle avance vers lui, sans même s'en rendre compte, sans même l'avoir voulu. Elle ne fait que le regarder, droit dans les yeux, persuadée qu'Ezechiel les aurait baissé, par peur, par honte. Ce qu'elle y voit la rassure. Pas de colère, pas une once de haine. "Je crois vraiment que tu lui as manqué." lui dit-elle alors, à moins d'un mètre de lui. "La meilleure partie de toi lui a manqué. J'suis peut-être plus vraiment elle, mais j'crois que tu m'as manqué aussi." Elle l'a aimé jusqu'à en saigner. La métaphore est belle, le sens littéral l'est bien moins. Malgré ça, dans un coin de sa tête, elle est persuadée de ce qu'elle avance. Il y a eu l'avant, et l'après Caleb, et si l'après était rempli de cauchemars, il y a toujours eu une légère once d'espoir: qu'il revienne pour effacer tout le mauvais, et ne lui donner plus que le meilleur. Bobby a l'impression que c'est ce qu'il essaie de faire. Elle espère ne pas se tromper. "Je sais que les souvenirs vont revenir." avoue t-elle, ses yeux toujours ancrés dans les siens.  "Tout ce que je te demande, c'est de me faire oublier ce que tu lui as fait." Ce que tu m'as fait. C'est peut-être con, mais c'est tout ce qu'elle peux demander. S'il est déterminé à changer, cela ne veut pas dire que les souvenirs en seront moins douloureux. "S'il te plait." ajoute t-elle, tendant sa main tremblante en attendant qu'il la lui serre, comme comme pour s'assurer qu'il ont un marché, et qu'il ne finira pas par le rompre. Il lui doit bien ça.

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Lun 10 Nov - 12:59

Lorsque les mots s'épuisent, s'éteignent et disparaissent, lorsqu'il n'appartient plus qu'à elle de décider, se prononcer, ou de partir, il se sent libre. L'esprit toujours chahuté par le ressac du souvenir, et cependant suspendu à ses lèvres ou au moindre de ses gestes, tout dépendant de ce qu'elle dira ou fera, il n'en déguste pas moins un sentiment paradoxal de plénitude. Il est, enfin, empli de quelque chose, comme si des miettes s'étaient amoncelées sur les restants de son être pour le recomposer. Ce n'est, tout au plus, qu'un collage, des lambeaux rapiécés, que l'on aurait agencé de mains fébriles et malhabiles, mais ça suffit à le convaincre qu'il est entier. C'est ce regard qu'elle a pour lui, et pour lui seul, ces iris qui s'esquintent sur son ombre, qui ne le fuient pas et ne s'abaissent jamais. Elle l'affronte avec cette superbe qui la rend désirable et qui le désarme totalement. Il n'est plus en colère. Et ça le rend libre. Il éprouve aussitôt tous les affres de son corps, toutes les nuances de la douleur qui s'étaient nichée là sans le mordre. Ça le rend vivant. Oui, ça prouve qu'il existe, que sa vie se suspend à quelque chose de réel, de tangible, quelque chose qui n'a pas disparu et qui ne disparaîtra pas. L'image de cette femme ne va pas s'étioler. Au contraire, elle s'affirme. Ce sont les pas qu'elle fait en sa direction. Son visage est indéchiffrable, ses intentions tacites. Caleb s'accroche à ces yeux qui le scrutent, à tout ce qu'ils veulent souffler sans en confesser la moitié. Un temps, il leur ferait dire n'importe quoi : je te pardonne ; oui, je te pardonne... et je t'aime. Les mots qu'elle a emploiera perdent de leur importance ; il ne vit, ces quelques secondes connues de lui seul, que pour ce qu'il espère, se désespère, d'entendre. C'est fugace et stupide, totalement fou sinon absurde, mais ça lui colle au ventre le sentiment puissant d'être redevenu humain.

« Je crois vraiment que tu lui as manqué. » Il s'était arrêté de respirer. Une pointe perce sa cage thoracique, chatouille l'antre de ses poumoins, pour l'enjoindre à reprendre son souffle. Caleb s'efforce alors d'avaler de cet air ténu en oxygène. « J'suis peut-être plus vraiment elle, mais j'crois que tu m'as manqué aussi. » Il peut déjà sentir, dans l'aigreur de son estomac béant, qu'il va déglutir avec peine. Et ça se bloque presque aussitôt dans sa gorge. Pourtant, il veut parler, cracher, lui dire, tout, et maintenant. Tu m'as manqué, aussi. C'est même pire, cent fois au-delà. C'est faible, tu m'as manqué, c'est presque vide de toute substance. Ça ne veut rien dire. Ça ne veut putain de rien dire du tout. Et comme ça veut déjà s'embraser, là, tout en bas, dans ses entrailles meurtries et ravagées, il serre un poing qu'il glisse entre ses reins. Il ne doit pas le voir. Elle ne doit pas le deviner. « Je sais que les souvenirs vont revenir, lui dit-elle comme l'on confesse un crime à naître. Tout ce que je te demande, c'est de me faire oublier ce que tu lui as fait. » Un travail de titan. Ou plus exactement l'affreux supplice de Prométhée. Caleb sait déjà ses viscères exposées, impuissantes. Il se sait déjà à plonger ses mains dans le sang de son ventre, incapable, et vaincu. Il n'y parviendrait pas. « S'il te plait. » Il a baissé les yeux sans le réaliser. Et il revient à elle, le menton légèrement plus haut qu'il ne l'aurait voulu. Elle a encore levé une main vers lui, une main qu'elle lui tend. D'abord, il n'est pas certain de ce qu'elle souhaite. Puis l'évidence le frappe, sans s'affecter de son immobilité. Il ne dit rien et n'agit pas davantage. Il la scrute simplement, ses phalanges frémissantes retombant dans son dos. Déjà, ses vœux le bousillent. « Je le promets, qu'il souffle en attrapant ses doigts. » Le contact s'attarde, il la retient un peu. Elle a la peau fragile, et tiède. Cependant, le contact est doux, et chaud, la paume contre la paume, avec ces doigts qu'il passe sur la main de Bobby. Il aimerait que ça dure, que ça ne s'arrête jamais – il aimerait que ce soit tout, et cela jusqu'à la fin. Et il s'en contenterait. C'en serait même fait du bonheur qu'il mérite. C'est plus qu'il ne le vaut. C'est moins que tout ce qu'il souhaite.

Dans le dos de la sublime, un fracas se réveille. Ça vient de la rue, très largement en contre-bas. Ça ne les atteindra pas – en tous les cas, pas par cet escalier abrupt. D'ailleurs, ça n'inquiète pas vraiment Caleb, qui relâche seulement la main de Bobby. Ça lui rappelle seulement combien il est devenu faible, affamé, assoiffé, épuisé. Combien il serait incapable de la protéger, et de défendre sa propre vie. Il lui est inutile, dans cet état qui le compose. « Reste avec moi, dit-il d'instinct. » C'est la première chose à laquelle il pense ; elle ne peut plus partir, jamais, nulle part, sans lui. Il voudrait la saisir encore, étreindre, un peu, cette main qu'elle a reprise. Il s'en retient, d'une inspiration trop profonde. « Je dois manger. Et boire. Et dormir. » Il avoue tout, alors que son corps le hurlait déjà. Il ne lui apprend rien. Mais nommer toutes les failles qui le fissurent lui donne le sentiment d'être honnête avec elle. « Juste cette nuit. » Les quelques heures qu'il reste avant que le jour n'apparaisse lui suffiront, il voudrait le jurer. La vérité, c'est qu'il n'en sait rien. Que ses jambes tremblent. Que son ventre lui fait mal. Qu'il sent, par moment, que ses membres l'abandonnent. Tu ne vas plus t'enfuir, n'est-ce pas ? Le fracas s'accentue, comme pour le presser de la convaincre. Mais où diable irait-elle ? Que ferait-elle maintenant qu'il s'est lié à elle par sa promesse ? Caleb doit reconnaître qu'il ignore tout, de ce qu'elle est, de ce qu'elle est devenue, des restes d'Ezechiel qui subsistent ou sont déjà morts. Alors c'est ce qu'il fait : il la retient. Il surprend la main qui s'est arrogée celle de l'étrange. Ses yeux supplient. Et cela avant que son corps n'abandonne face à la furie de ses craintes. Il est bientôt à terre, tout juste agenouillé. « Je le promets. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Mar 11 Nov - 0:38

"Je le promets." Les mots  la touchent, mais bien moins que ses gestes. Le contact qui s'est instauré entre eux-deux lui donne des frissons, légers, mais présents quand même. C'est à ce moment là qu'elle se dit que ça pourrait vraiment marcher, ce pacte qu'ils viennent d'instaurer. Tous leurs instants partagés pourraient être ainsi; doux, paisibles. Et si ce n'est qu'une illusion qui la traverse l'espace d'un instant, tant pis. Elle aimerait juste y croire. Si l'ancien monde n'était pas fait pour eux, comment celui-ci pourrait-il l'être? C'est une question auquel seul le temps pourra répondre, mais c'est bien là le problème; de nos jours, on manque de temps. Peut-être seront-ils morts dès demain? Dans ce cas tant pis, ils auront quand même bénéficié d'un peu de temps.  Un bruit fracassant la sort de sa rêverie. Ça vient de dehors,  comme pour leur rappeler qu'ils ne sont pas hors de tout danger. Le contact se rompt, presque à contrecœur, mais elle ne laisse rien paraître.  "Reste avec moi." Ça la surprend,  ce côté vulnérable qu'il laisse volontairement paraître, sans la moindre crainte.  Ça lui donne la réelle impression qu'il est différent, même si elle n'a en tête que des bribes de ce qu'il pouvait être avant. Elle esquisse un léger sourire, arraché par les paroles de Caleb. Elle restera, ça, c'est certain. Elle n'a plus la moindre intention de fuir à présent.

Malgré tout cela, elle ne peut s'empêcher de remarquer que sa mine est particulièrement atroce. La fatigue lui creuse le visage, et la faim ne fait qu'augmenter la pâleur de ses traits. "Je dois manger. Et boire. Et dormir." avoue t-il, très simplement. Bobby réfléchit à ce qu'elle pourrait avoir dans son sac. Quelques biscuits, tout au plus, et un fond d'eau dans une bouteille, pas très fraîche, mais ça fera l'affaire. Elle peut toujours fouiller l'appartement à la recherche de quelque chose à manger qui soit plus consistant. "Juste cette nuit." Ça sonne comme un au revoir. Comme une dernière requête. Elle ne sait pas si il se rend compte qu'elle ne s'en fuira plus. Il s'imagine surement se réveiller le lendemain matin avec le poids de son absence. Mais ce ne sera pas le cas.  Elle ne pourrait pas faire ça.  Elle ne sait pas si  les circonstances  le font divaguer, ou s'il  est bien conscient de ce qu'il dit, et de ce qu'il fait. Il a saisi sa main, à nouveau, et il est presque à genoux, alors qu'elle est belle et bien debout. " Je le promets." répète t-il, comme pour la rassurer, ou se rassurer lui-même de ses dires. Elle ne sait pas ce qui lui prend, mais elle finit elle aussi à genoux, sa main toujours emprisonnée par celle de Caleb. Elle ne s'en plaint pas. Ça la rassure presque.  

La fatigue doit l'avoir atteinte aussi, car elle ne se serait jamais permis ce qu'elle est sur le point de faire. Elle en a oublié leur état pitoyable, leur estomacs qui grondent, leur gorges sèches. Tout se passe bien trop vite, et il ne s'agit pas de l'un de ces actes auquel on réfléchit mûrement pendant très longtemps. Là, c'est clairement un simple coup de tête. Sa main libre vient se poser sur la joue de Caleb, et elle approche son visage jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent et s'unissent. Rien qu'une caresse, une ou deux secondes.

Puis c'est la réalité qui reprend le dessus. La faim. La soif. La fatigue. Et surtout... lui. Lui auquel elle s'offre dans un accès de faiblesse, comme ça, comme une simple idiote. Comme si elle n'avait pas apprit de ses erreurs."Je-Je vais  chercher quelque chose à manger. " s'excuse t-elle précipitamment, avant de se relever, la vision floue. Son corps tout entier tremble, face à ce dégât qu'elle a causé et qu'elle ne peut plus effacer. C'est Ezechiel qui resurgit, elle en est certaine. Ezechiel et ses putains de sentiments. Elle a pas le droit de lui faire ça, pas avec lui, pas après tous ces mois sans qu'elle ne se manifeste... Elle ne peut pas lui refuser ses souvenirs mais  lui  balancer comme ça des émotions en pleine figure. Elle atteint la cuisine à toute vitesse, une petite pièce miteuse et carrément sale. Mais qu'est-ce qui lui a prit? Elle jette un coup de pied dans d'un des placards bas, ce qui lui procure une douleur lancinante au pied, mais au moins, elle l'aura mérité. Au moins, elle ressent autre chose. Autre chose que ces putains d'idées qui l'ont poussé à l'embrasser.  En fouillant les placards, elle trouve deux boites de conserve qui feront tout à fait l'affaire. Elle rassemble ses esprits et retourne dans le salon. Elle ne le regarde pas, elle n'ose plus. Elle dépose les deux boites au sol, et s'exile sur le canapé tout aussi miteux que le reste de cet appartement. Elle s'enfonce dans les coussins, et aimerait pouvoir s'y enterrer. Saloperie d'Ezechiel. Puis elle cesse d'y penser. Elle ferme les yeux. Il faut qu'elle respire. Tout simplement. Qu'elle respire.

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Mar 11 Nov - 2:04

Il n'exige d'elle qu'une seule minute – rien qu'une minute d'abandon ridicule, de faiblesse exposée. Prendre de son souffle. Inspirer, pas trop vite. Expirer, plus lentement. Et éprouver, encore, le sol rude, concret, tangible, sous ses genoux endoloris. S'ancrer, à quelque chose, n'importe quoi, qui soit vautré dans le trivial et le raccorde au monde qui se moque bien de sa condition et de ses défaites. Bordel, sentir que cet instant est éternel, et qu'on ne va pas le lui prendre. Il serait si pitoyablement incapable de le défendre – défendre cet éclat de bonheur qu'il s'est enfoncé dans la peau et la chair, comme ne le font que les martyrs oubliés de l'Histoire. Il refuse de lâcher cette main qu'il a emprisonnée. Il n'a pas d'autre choix que de l'étreindre, c'est là la condition pour qu'elle demeure. Car c'est tout l'objet de sa crainte : qu'elle ne disparaisse, comme ils disparaissent tous, et font bien de le faire, autour de Caleb Hogan. Il sent, un temps, la pression qu'il exerce et se commande d'y renoncer. Il ne faut pas non plus l'effrayer. Il faut être le plus raisonnable, garder de sa substance, se contenir, qu'importe le prix et le revers. C'est presque absurde. Et c'est totalement vain. Il n'exige rien qu'une seule minute – une minute supplémentaire, d'accord. Que l'air pénètre tout à fait ses poumons, et que son cœur palpite avec moins de violence. Que l'angoisse, elle, s'estompe. Mais c'est presque impossible quand, de la capturer comme il le fait, est autant l'instrument de sa confiance que l'arme de sa peur.

Le divin qui effleure bientôt le mortel, elle le rejoint sans qu'il se l'imagine. Elle le rejoint dans cette odieuse prière qu'ils paraissent destiner à leurs amours passées. La conscience de Caleb s'en manifeste soudain. Il s'éveille, en même temps qu'il est incapable de comprendre et de mesurer. Il se surprend seulement à redouter cette proximité plus encore qu'une autre distance. Elle le terrifie. Plus qu'Elle, c'est la femme derrière la femme, la familière derrière l'étrangère. Dans son délire, sa faim ou bien sa fatigue, il croit la distinguer, entrevoir cet éclat particulier. Il se ment, il se ment furieusement, mais ça l'empêche de se soustraire à ce baiser qu'elle dépose sur ses lèvres. Il le prend comme l'on vole, certain de ne pas le mériter, comblé de l'avoir tout de même obtenu. C'était elle, c'était Ez'. Un lambeau arraché – des débris qu'elle lui offre et, bientôt, qu'elle reprend, semant, tour à tour, la cruelle, les remèdes et les maux.
Elle disparaît en direction de la cuisine. C'est bien : elle ne va pas partir, et le laisser, aussi désoeuvré qu'elle vient pourtant de l'abandonner. C'est elle, c'est elle, maintenant, qui n'a pas le droit. De le trahir ainsi, et le meurtrir encore. Elle le bouleverse, dans ces humeurs qu'elle a, dans ces manies qu'elle prend. Cette femme emprunte à celle qu'il a aimée, blessée et pourchassée. Elle n'a pas le droit. Elle doit être une, une et entière, ou alors s'estomper. Elle le bousille, l'esquinte, à souffler l'instant et le souvenir. Elle le tuera. Elle finira par le tuer. Dans le corps, sinon dans l'esprit.

Le soulagement de la voir revenir apaise le poids dans sa poitrine. Caleb s'est assis, et l'observe quand elle lui dépose les deux boîtes qui leur serviront de rations. Il les écarte de son esprit, tant il est à ce poignet qui s'est incliné. Tant il est à ce être qui s'éloigne désormais de lui et se calfeutre un peu plus loin. Hors de sa portée. Elle ne le regarde pas. Alors que, quelques instants plus tôt, elle le submergeait de ses iris persistantes, elle l'ignore sinon le dédaigne. Et il refuse, bien sûr, il refuse, tout à coup, qu'elle soit plus changeante qu'il ne l'est, insaisissable, et même injuste. Ce n'est pas lui, pas lui qu'il l'a embrassée. Pas cette fois. C'était elle. Elle, ou bien l'autre. Et il refuse, que ce soit tout, que ce soit là, comme une tâche exhumée, une plaie à la cicatrice douloureuse. Ce n'est pas assez. Et, putain, cet instant est éternel – il peut le sentir. Alors, bien sûr, ça lui demande un effort surhumain, de se relever et de marcher. Le corps est capable de prouesses à l'heure où l'âme est suspendue à bonne distance de là. Il n'est question que de le porter, vers Elle et vers cette autre. Il ne sait pas comment il y parvient. Ça doit être qu'il ne voit bien qu'elle, que le fracas, au dehors, est toujours plus pressant. Qu'il ait exalté par l'urgence. Il n'a pas le temps d'y songer.

Il coule une main contre la gorge, et ses doigts effleurent lentement la nuque. Elle ouvre presque instamment les yeux. Elle est probablement aussi surprise qu'il l'a été plus tôt. Mais il se moque de cette lueur, comme elle a raillé la sienne, tout à l'heure. Il caresse les lèvres de son pouce, tandis que ses doigts libres l'appuient, plus haut, sur le dossier du canapé. Il est bientôt tout à l'emprise qu'il entend exercer sur elle. Tout ce que je te demande, c'est de me faire oublier ce que tu lui as fait. Et il l'embrasse, les lèvres pour dévorer les lèvres. Ce n'est plus un larcin, c'est profond et intense, c'est lui qui expose son souvenir, l'un de ses souvenirs, l'un des plus beaux qu'il ait gardés ; des climats qu'Ezechiel pouvait accomplir sur son être, il n'en est jusque-là qu'un seul que Bobby lui connaisse – et c'est donc l'autre, le second, le revers, qu'il entend lui apprendre. C'est une violence d'un autre emploi, qui lui dévore la bouche et lui grignote l'essence. Il se moque de sa surprise, et va jusqu'à l'utiliser. Caleb se penche encore sur elle, son souffle suspendu à un baiser qui veut défier son précédent. C'est ce qu'il fait en l'étreignant, de la bouche à la bouche, les doigts geôliers de la nuque. Il veut égratigner Bobby, ce vernis dont se sert Ezechiel pour le tenir à distance. Il veut la voir paraître, telle qu'elle était, et être, pour un peu, ce qu'il était aussi. Ou, à défaut de le pouvoir, le montrer à cette femme nouvelle - montrer cette autre chose dont il est tout autant capable. Alors il l'étreint, la renverse, et passe une main dans ce dos qui l'évite. Elle s'esquive, mais c'est lâche ; il ne la force qu'à peine. Il est encore à l'embrasser que leurs deux corps s'allongent, l'un à côté de l'autre. Il mord toujours cette bouche qui le provoque, expiant leurs souffles saccadés. Elle a de son sang au bord des lèvres - l'image est terrifiante, et pénétrante. Il essuie une goutte qui perlait à portée et, plutôt que de contempler le feu qu'il a embrasé dans ses yeux, Caleb l'attire à lui, l'être rompu. Il la couvre presque totalement de son corps et, cependant, quand ils s'endorment sans y songer, au comble de l'épuisement, c'est à lui qu'appartient le plus grand sentiment de sécurité.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Mar 11 Nov - 23:55

La première chose qui la réveille est la faim. Puis tout se précipite. Les courbatures, la soif, et surtout l'incertitude. En ouvrant les yeux, elle se découvre dans les bras de Caleb, une position qu'elle ne se souvient pas d'avoir adopté la veille. Elle est habillée, c'est déjà un point positif. Elle reste immobile, plusieurs minutes, se laissant aller à apprécier cette étreinte, et surtout l'allure inoffensive de Caleb. Mais quand le doute laisse place à ce sentiment de sécurité, elle s'évade du canapé sur lequel ils ont dormi. Elle procède en douceur, elle n'a pas la moindre envie de le réveiller. Bobby a bien besoin d'un moment à elle toute seule, pour lui permettre de réfléchir. En se levant, la tête lui tourne, et elle se doute que c'est la fatigue qui persiste mêlée à la faim. Elle se dirige la fenêtre, et s'allume une cigarette, qui aura au moins l'effet bénéfique de lui couper la faim pour l'instant. Elle se perd dans la vue qui s'offre à elle, la vue d'une ville totalement dévastée. Elle a l'impression que quelque chose se trame dans cette ville qui lui est inconnue; quelque chose qui ne va pas tarder à leur exploser en pleine figure. Comme s'ils avaient besoin de ça...

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas ce qui la tracasse le plus. Elle a peur qu'ils soient allés trop loin hier soir, bien qu'elle n'ait pas le moindre souvenir de la manière dont les choses se sont finies. Elle ne se souvient que de ses lèvres sur les siennes, une caresse presque imposée par Caleb, dont elle n'a pas pas eu la moindre envie de se défendre. Non, ils ne sont pas allés plus loin, c'est impossible... Les interactions au réveil n'en demeureront pas moins gênantes pour autant. Mais tant pis, elle a fait le premier pas sous le coup de l’impulsion, et elle l'assume. Elle jette son mégot par la fenêtre et entreprend de faire à manger. Les deux boites de conserve vont leur permettre de reprendre des forces, et ils en ont bien besoin. Mais qu'est-ce qu'il y aura après ça? Après qu'ils soient de nouveau sur pieds? Elle appréhende, même si elle ne devrait pas. Elle devrait vivre dans l'instant, comme elle l'a toujours fait, mais c'est bien plus facile à dire qu'à faire. Avec ce monde dans lequel tout menace de s'écrouler d'un jour à l'autre, on ne peut pas s'empêcher de réfléchir à deux fois quand on fait quelque chose, enfin, c'est en tout cas le cas pour Bobby. Comment prendre des décisions à la légères lorsqu'elles pourront vous mener avec les personnes avec qui vous passerez vos derniers instants?

Le silence est perturbant. Elle en vient même à remarquer certains petits bruits auquel elle n'aurait pas fait attention d'habitude. Dans l'appartement du dessus, résonnent des bruits sourds, des sortes de pas, mais qui n'ont rien d'humains. Elle ne s'en affole pas trop: ils sont en sécurité là où ils sont, ou en tout cas pour l'instant. Elle retourne donc à ses activités. En fouillant bien l'appartement, elle tombe sur un petit réchaud à gaz, comme ceux que l'on utilise dans les campings, qui leur permettra de manger autre chose que des lentilles froides. Elle dégote aussi  une casserole, ce qui, par les temps qui courent, est un vrai luxe. Puis elle se met à la tâche, en espérant qu'il se réveille bientôt. Peu de temps avant d'avoir terminé, elle entend du mouvement derrière elle, elle se doute que c'est le cas. Elle appréhende toujours la manière dont ils vont interagir, car même si elle ne se souvient que des baisers, elle fait si peu confiance à sa mémoire qu'elle ne serait même pas surprise s'il s'était passé autre chose. Mais elle ignore ses doutes, et agit normalement. S'il y a eu quelque chose, elle le ressentira dans ses faits et gestes. "Bien dormi? " demande t-elle, tout simplement, feignant d'être très intéressée par les lentilles qui mijotent. C'est un peu con ce qu'elle dit, mais un automatisme qui est sorti tout seul. Bien dormi contre moi? Quelle idiote. "Ce matin c'est lentilles, petit déjeuner de choix, je sais... Et-" commence t-elle, coupée dans son élan. Elle a eu le malheur de se retourner vers lui, et le voir lui fait un drôle d'effet. Ses yeux parcourent son visage avant de tomber très vite sur ses lèvres, un si bref instant qu'il n'a pas du le remarquer, dans l'engourdissement du réveil. Elle s'empresse de se retourner pour terminer sa besogne."-et j'ai entendu du bruit, en haut. Je pense que ce sont des rôdeurs. Deux ou trois, tout au plus, mais en somme, rien qui ne soit très inquiétant." termine t-elle, dans un ton qu'elle veut naturel. Le voilà au courant de tout ce qu'elle a pu rassembler pendant son sommeil. Tout est normal -ou presque. La voilà perturbée, bien plus qu'il ne le faudrait. Si seulement elle pouvait oublier le gout de ses lèvres...

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Lun 8 Déc - 11:49

Ce qui précipite son éveil tient en entier dans cette sensation glacée qui lui remonte les côtes. Une sensation diffuse qui le prend en défaut, et le tire d'un sommeil sans rêve. Il n'ouvre pas tout de suite les yeux. Il suspend son souffle au silence qui l'entoure – c'est étrangement paisible, quand il est au cœur de l'agitation mortifère. Les pas, au-dessus de lui, ne l'inquiètent pas. Eux aussi appartiennent au silence. Car c'est à l'arrière du crâne que ça ne cogne plus. Pour un temps tout du moins, il sent comme une étrange quiétude, une tranquilité qui se déverse pour bientôt le couvrir. Il tolère l'étreinte aussi longtemps qu'émerger de sa torpeur l'effraie. Il aime cette impression, ce sentiment de sécurité. C'est un mirage, c'est quasiment une hallucination, mais Caleb s'y accroche avec une fièvre désespérée. D'ailleurs, il a chaud à divers endroits de son corps. Il sait que c'est la faim, la soif ou les blessures. Mais ce n'est pas douloureux. Ça procure juste la certitude d'être vivant, et le plaisir d'avoir à le constater. Il n'est plus à en réclamer davantage. Il se satisfait tout à fait de son confort sommaire. C'est plus de liberté qu'il n'en a connu depuis longtemps. C'en est déconcertant. Mais il ne souhaite jamais cracher au visage de cette insouciance ; il s'en réserve les miettes. Encore quelques secondes. Encore quelques minutes. Bientôt, il y croit avec tellement de vaillance, il l'espère avec tant de piété, qu'il glane un nouveau sommeil, qu'il s'assoupit, même pour quelques instants volés.

Cette fois, il soulève ses paupières. La lumière qui le baigne s'étiole à mesure qu'elle se répand dans l'appartement. Tout est plus laid, ici, une fois le jour venu. Et toute idée de répits s'échappe avec la nuit. Il n'ose chercher la montre calfeutrée dans sa poche. Il se moque bien de l'heure. Il aimerait simplement se rendormir. Mais c'est assez, grésille son corps tendu. C'est plus qu'il ne lui en a fallu jusque-là. C'est plus qu'il n'en mérite. Alors il s'étire péniblement, jauge ses bras puis ses jambes. Il inspecte négligemment son buste et son abdomen. Il lui semble que les maux deviendront rapidement supportables. De toute façon, ils le devront. Il ne discute plus la question lorsqu'il se lève.
Ça tangue un peu, d'accord. Mais ça s'estompe à chaque pas qu'il admet. « Bien dormi ? » D'une conscience passable, Caleb se remémore la nuit passée. Sa présence. La promesse. Et ces baisers. Et cette question, aussi anodine qu'elle soit, soulève des émotions contradictoires. Il y a, d'abord, un trop grand détachement dans ces deux mots. Ensuite, ils semblent si... ordinaires. L'on ne dirait pas, à l'entendre parler de la sorte, que le monde explose tout autour. L'on ne dirait pas qu'ils sont sur le point de mourir. Et ça percute quelque chose en lui. Incapable de discerner les dégâts prodigieux qu'elle vient de provoquer dans ses tréfonds, il frotte sa tempe, comme chaque fois que ses pensées le dépassent. S'il abandonne... Elle est, de toute façon, trop prompte pour lui. Elle lui conte déjà leur petit-déjeuner. S'interrompt. Le dévisage. Caleb lui rend ce regard, mais il est absent de son trouble. Il ne saisit pas la portée de ces yeux. Ça ne lui fait rien de se souvenir. Et ce qui devrait profondément l'effrayer le plonge de nouveau dans une forme savante de confort. Rien ne peut l'atteindre. Pour le moment, rien ne peut l'atteindre. Alors il s'assoit à la table de la cuisine, l'air de chercher quelque chose qu'il ne trouve pas. « J'ai entendu du bruit, en haut, dit-elle sans la moindre inquiétude. Je pense que ce sont des rôdeurs. Deux ou trois, tout au plus. » Il acquiesce, comme de dire qu'il les a entendus, lui aussi. Mais il hausse les épaules de concert. « Aucune importance, qu'il déclare en s'éclaircissant la voix. Nous serons bientôt partis. » Caleb ne dirait pas que ses forces lui sont pleinement revenues. Plutôt l'inverse. Mais il se sent suffisamment solide pour s'extirper de ce guet-apens qu'ils ont pris pour refuge. Demeurer dans l'artère principale de Girdwood ne serait qu'une folie primitive. Il leur faut une autre cachette ou, mieux, il leur faut un tout autre plan. « On doit quitter la ville. » Il l'aurait déjà fait depuis longtemps s'il n'avait pas espéré, à raison, l'y trouver, un jour ou l'autre. Or, maintenant que cette quête en était terminée, il n'y avait que de mauvais instincts à s'attarder dans la fourmilière même de l'ennemi. « Si le passage vers Anchorage est aussi impraticable qu'on le dit, on devrait partir vers l'Est. » Il sait bien que les survivants qu'il a vus affluer proviennent de l'Est. Ce n'est donc pas une contrée sûre. Néanmoins, elle reste moins dangereuse que le froid qui s'amoncelle depuis l'Ouest et le Nord. Du reste, s'enfoncer davantage dans la péninsule refermerait sur eux l'avancée des rôdeurs. Il n'y songe pas une seule seconde. Si ça n'avait tenu qu'à lui, et à lui seul, il ne serait jamais venu en Alaska. Mais elle était là. Aussi y est-il, lui aussi. « Juneau est loin. Mais plus on s'en approchera, plus on aura de chances de trouver une voiture. Quelque chose. » Tout ce temps, Caleb donne le sentiment de commander, d'ordonner plus que de proposer. Or, en vérité, il lui laisse tout le choix. Il irait là où elle voudrait. Il ne le formule pas. Il ne fait que lever les yeux vers elle. Son regard souffle toujours sa promesse.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
it's so hard to leave until you leave. then it's the easiest goddamned thing in the world
✤ en ville depuis le : 10/07/2014
✤ post-envoyés : 808
✤ pseudo/prénom : winged syrius. / Emilie.
✤ célébrité : Sarah Paulson.
✤ objets :
Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
sac de sport en bandoulière:
 

+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

✤ crédits : Avatar par sugar slaughter & signature de narnienne.

✤ âge : Trente-deux ans.
✤ statut : Amnésique... Elle pourrait être mariée ou veuve, elle ne s'en souviendrait même plus...
✤ humeur : Détruite.


don't look back
✤ nombre de personnes tuées: Zéro, enfin, depuis son amnésie. Pour sa vie d'avant, elle n'en a pas la moindre idée.
✤ nombre de rôdeurs tués: Elle ne compte pas, à quoi cela pourrait-il servir?
✤ relations:

MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Dim 21 Déc - 23:24

Ce semblant de paix ne durera pas, elle en est persuadée. Pourtant elle ne peux s'empêcher d'en profiter, parce que ça fait un bien fou. Elle ne peut pas dire si bientôt, la réalité la rattrapera, si les rôdeurs viendront faire voler tout ce qu'ils ont en éclat, ou si c'est avec Caleb que tout va exploser. Elle n'en demeure pas moins sure que quelque chose va finir par mal tourner, plus vite que prévu.

A son discours futile, il lui répond que cela n'a pas la moindre importance, puisqu'ils seront bientôt partis. Bobby se raidit, sous le coup de la surprise. C'est vrai que cet endroit est dangereux. Un appartement perché en haut d'un immeuble surement infesté de rôdeurs, ce n'est pas l'endroit rêvé pour survivre à l’apocalypse. Pourtant, pour la première fois depuis des mois, elle a eu l'impression d'être en sécurité, dans ce lieu pourtant si risqué. C'est peut-être la présence de Caleb... Ou c'est peut-être elle-même, tout simplement. "On doit quitter la ville." lui annonce-t-il, comme s'il y avait déjà mûrement réfléchi. Ce n'est pas le genre de décision qu'il a pris sur un coup de tête. Bobby ne laisse rien paraître, elle ne répond pas. Rien ne la retient à Girdwood. Rien ne l'a jamais retenue où que ce soit, à part peut-être dans le Colorado. Elle a fuit cet État, lui aussi, mais elle ne va plus fuir seule à présent. Cependant, elle ne peut s'empêcher d'avoir peur, avec lui. Pas parce qu'il pourrait lui faire du mal à nouveau - elle pense cette époque révolue-, mais parce qu'elle pourrait le perdre en un claquement doigts. Après avoir goûté à sa présence, elle ne pourrait pas retrouver l'oubli et la solitude. Pas dans ce monde là...

Elle est si fatiguée... Elle vient tout juste de s'échapper de Kenaï, et il leur faut déjà repartir. Tant pis, elle ignorera son état, tout comme Caleb ignore le sien, pour trouver cet ailleurs, ce coin de sécurité. Le trouverons-ils un jour? Caleb propose de partir vers l'Est, et Bobby ne lui répond pas, étrangement passionnée par sa nourriture. Il émet ensuite l'hypothèse qu'il est plus probable pour eux de trouver une voiture aux alentours de Juneau. Mais pour aller où? Pour faire quoi? Bobby se demande ce qu'il a en tête pour eux. Quitter l'Alaska, probablement. Dans ce coin, le froid est aussi meurtrier que les rôdeurs, et il a raison de vouloir les en sortir. Mais après? Qu'est-ce qu'ils feront, seuls, dans ce monde où tout a foutu le camp? C'est l'une de ses plus grandes peurs; survivre, et en oublier de vivre. Mais elle essaie de ne pas y penser. Pour l'instant elle se concentre sur ce que lui dit Caleb. Et elle voit que malgré ses allures de chef, elle a tout de même son mot à dire, peut-être même plus qu'il ne le laisse paraître. Il lève les yeux vers elle, et elle le sent à sa merci, prêt à aller où elle ira, prêt à lui faire oublier tout le mal qu'il lui a fait, tout comme il l'a promit.  "Je te suis." se décide t-elle à répondre. Ce sont de maigres paroles, mais pourtant si symboliques. De son côté, Caleb essaie de montrer le meilleur de lui-même, mais Bobby se doit d'essayer de lui faire confiance, et c'est ce qu'elle fait.

Ayant fini son petit déjeuner, Bobby se lève et rassemble ses affaires en silence. Elle s'arme de son sac à dos, prête à filer lorsqu'il sera prêt à son tour, puis elle se rend compte d'une chose à laquelle elle a oublié de penser."Tu n'as nulle par où aller pour récupérer des affaires? Des gens à qui dire au revoir?" lui demande t-elle, formulant par la parole ce qu'elle pense. Il a bien du rencontrer des personnes, pendant tout ces mois, nouer des liens... Elle se demande à quoi ressemblait son quotidien avant qu'il ne la retrouve. "J'me rend compte que je ne sais rien de tout ce que tu as fait depuis le début de cette... "épidémie"." avoue t-elle. Elle prend des pincettes avec ce mot. Aucun d'entre eux ne sait ce qui s'est réellement produit, s'il s'agit d'une maladie pour laquelle on finira par trouver un antidote, ou si c'est simplement un châtiment divin. Son athéisme lui fait rejeter cette dernière probabilité absurde à ses yeux, et l'épidémie est ce qui lui parait le plus juste. Mais elle a la sensation que jamais rien ne redeviendra comme avant...

_________________

"Trust me, I won't hurt you"


"I'll never leave you"


"I love you"

his sweetest lies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thedevilwithin.forumactif.org/t606-they-begged-for-a-shee
Invité
Invité


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   Lun 22 Déc - 13:58

Il ne le montre pas et, cependant, Caleb est soulagé qu'elle soit de son avis. Il n'aurait jamais le pouvoir – ou alors le courage – de la convaincre. Il n'oserait pas, il n'oserait plus, lui imposer quoi que ce soit (du moins le pense-t-il sincèrement en cette heure-là de sale sécurité). Elle pourrait les précipiter dans la gueule de la bête, il l'escorterait certainement. Ce sont ses vœux. C'est sa promesse. Mais elle lui donne raison. Voilà qui lui facilite l'entreprise et qui le gratifie d'une confiance qui le surprend. Elle accepte de le suivre. Elle est prête à le suivre. Caleb ne mesure pas ce dont elle se souvient vraiment mais peut-être que le pire n'est pas le seul à avoir subsisté. Il n'en dit rien. N'en demande pas davantage. Il se contente d'avale le reste du petit-déjeuner. Ça goûte la rouille, mais c'est bien plus que tout ce qu'il a mangé depuis des jours.  De toute façon, il tire son énergie d'ailleurs. Elle lui vient toute entière de cette silhouette qui, très bientôt, s'éloigne, lui tourne le dos, parce qu'elle recherche les effets jadis abandonnés. Il ne s'accorde qu'une poignée de secondes pour l'observer. Il commente pour lui-même, s'essuie les lèvres du revers de la bouche, et il détourne les yeux. Au nombre de choses affreuses qu'on voit, là, tout autour du monde, il ne faut prendre de la beauté qu'à petites doses – pour ne pas mourir d'en revenir à la réalité.

« Tu n'as nulle part où aller pour récupérer des affaires ? Des gens à qui dire au revoir ? » D'instinct, Caleb pense à son Glock, coincé dans le renfoncement du bureau. Le chargeur est vide, c'est vrai, mais Ely est peut-être venue lui déposer les munitions qu'il – Ely. Il lève les yeux vers Bobby, geste qu'il regrette presque aussitôt. Il se dérobe en ramassant un couteau volé à la cuisine. Il le passe à la ceinture, mécanique, et il se frotte la tempe. Ils n'ont pas le temps, ou l'opportunité, de se rendre à la Mine. Du reste, peu de matériels les y attend. Quant à des gens qu'il souhaiterait saluer une dernière fois... Il secoue la tête en même temps qu'il s'entend répondre, le timbre presque trop froid, que « Non », il n'y a rien. Alors que les visages défilent devant ses yeux. Le voile est rude, et impartial. Il commençait à peine à s'habituer à leur présence, à tous. Les fois où il ne terminait pas fou, d'attendre et de chercher, il glanait des moments exceptionnels en compagnie de parfaits inconnus. Ce qui, chaque fois, lui rappelait Dale. Et, songeant à ce lambeau qui le lacère encore, Caleb l'entend reprendre à son côté : « J'me rends compte, dit-elle visiblement étonnée de ne le réaliser que sur le moment, que je ne sais rien de tout ce que tu as fait depuis le début de cette... "épidémie". » Il ouvre la bouche, l'air de vouloir tout raconter dans la seconde, puisqu'elle l'exige. Mais les mots se bloquent dans la gorge. Il n'est plus vraiment sûr de vouloir tout abandonner, soudain. Cet état qui lui tenait lieu de demeure. Cette quête qui lui tenait lieu de mission. Bien sûr, la présence de Bobby est mieux encore mais, tout à coup, au seuil de tout quitter, Caleb assimile comme tout se trouve déjà derrière lui. Il vient de balayer des semaines d'une existence morcelée en seulement quelques heures dépensées auprès d'elle. Et ça ne lui fait rien. Ni mal. Ni peur. Il s'imagine complet, parce qu'elle est avec lui. Et ce sentiment, qui devrait, en vérité, lui procurer une joie immense, le laisse béant. « Je t'ai cherchée, dit-il lentement. » Ce n'est pas si éloigné de la réalité et, dans le même temps, il n'accentue pas les dommages qu'une telle obsession a bien pu lui causer. Car, naturellement, il n'a bien fait que cela. On l'a peu vu s'activer à autre chose, à commencer par sa propre survie. Bobby doit-elle le savoir ? Doit-elle le mesurer dans sa totalité ? Il juge que non en rejoignant la porte, qu'il n'ouvre qu'après s'être assuré qu'aucun bruit n'en ressort. Il lui fait signe de le suivre, mais il ne la regarde plus. Je t'ai cherchée, qu'il se répète. Je n'ai fait que te chercher. Et j'avais commencé avant le début de cette... épidémie.

Quand ils rejoignent l'avenue, Caleb scrute les dégâts produits en seulement quelques jours. Tout ce qu'il a manqué. Tout ce qu'il n'a pas vu. Ce qu'il n'a pas subi, non plus. Il aimerait jeter un œil, par-dessus son épaule, et vérifier que elle, qui a tout traversé, s'en porte bien. Mais il renonce, parce qu'il entend comme le monde les rappelle à lui. La parenthèse est close. Le chaos s'étale à leurs pieds.

Contrairement à ce qu'il a dit, il lui reste quelque chose qu'il doit récupérer. Ça ne prendra que la moitié d'une heure et ça se trouve en un lieu sûr. C'est dans l'appartement qui lui servait de mirador, c'est vrai. Et ça leur prend moins de temps que ce qu'il avait annoncé. A la différence qu'il refuse de s'attarder. Il y a Ely dans chaque centimètre de cette pièce, il y a Ely, à laquelle il raconte tout ce qu'il sait d'Ezechiel. Elle, ce qu'il reste d'elle dans Bobby, ne peut pas le deviner. Mais, lui, ça le perfore littéralement. Il peut presque s'entendre raconter. Il y a des jours. Des semaines. Peut-être des mois. Et, néanmoins, il ramasse l'arme, scotché qu'il demeurait dans le revers du bureau. Il soupèse le métal, et le fiche à sa ceinture. Il y obtient une lame, qu'il dissimule à sa cheville. Enfin, il jette un sac en travers de ses épaules – tout ce qu'il lui restait de ses provisions. Tout ce qui constituera leur provisions. Là, il accepte de se tourner vers elle. Il n'a pas besoin de l'inspecter, ou même de s'observer lui-même, pour conclure : « Partons de là. »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: « Il n’y a pas d’amour heureux. »   

Revenir en haut Aller en bas
 

« Il n’y a pas d’amour heureux. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» « Il n’y a pas d’amour heureux. »
» GIFI un amour de caniche toy femelle de 10 ans (34)
» la faim plus fort que l'amour
» Barikad Crew-- Amour Infini-- Honneur à la femme haitienne
» L'amour sans philosopher C'est comme le café : très vite passé. [Les Shepard && Gibbs]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: the oblivion :: rps-