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 « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]

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MessageSujet: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Jeu 28 Aoû - 20:56








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




La nuit s’était déroulée sans encombre pour une fois. Elyrian n’avait même pas entendu le hurlement des loups au loin, ou le bruit du vent claquant sur les fenêtres de la cabane qui lui servait d’abri. Aucun rôdeur n’avait pénétré dans le camp, aucun survivant n’était venu à l’improviste au beau milieu de la soirée. Rien. Ou peut-être ne l’avait-elle pas remarqué. Peut-être avait-elle trop bien dormi, pour une fois, pour se soucier de ce qui pouvait se passer autour d’elle. Ses premières nuits à la mine avaient été agitées, particulièrement depuis la mort de son père. La blonde avait beau vanter sa survie, s’affirmer suffisamment forte et indépendante pour résister seule, elle faisait nettement moins la fière la nuit tombée. Méfiante, inquiète, le moindre bruit la faisait sursauter, paranoïaque il lui était déjà arrivé de faire le tour du camp, persuadée d’avoir entendu du bruit, pour finalement en conclure que ce n’était que son imagination ou que tout du moins il n’y avait aucun danger à l’horizon. Ce n’était qu’au bout de plusieurs journées passées ainsi sans dormir qu’elle finissait par s’écrouler, épuisée, afin de s’octroyer enfin du repos. C’était dur, effrayant. Mais depuis l’arrivée de ces squatteurs, force était d’admettre qu’elle s’était sentie plus en sécurité. Sa survie ne dépendait plus seulement d’elle, et si cela s’avérait frustrant la plupart du temps, elle était toutefois ravie de constater que d’autres personnes pouvaient donner le signal d’alarme en cas de problèmes. Elle pouvait se reposer, car ils étaient là pour veiller. Et, plus important encore, il était là pour veiller. Saffron était là, partageant sa cabane depuis plusieurs jours déjà, depuis leur chasse ensemble qui avait clairement tout changé. Cela s’était fait naturellement, d’instinct et si la danseuse ne se voyait pas mettre de mots sur cette relation, elle était heureuse de l’avoir à ses côtés. Car il ne la laisserait pas tomber, il le lui avait promis et elle le croyait. Il lui plaisait, elle n’avait pas envie de se poser trop de questions alors même qu’ils évoluaient dans un contexte assez apocalyptique, et cela s’arrêtait là. Elle s’efforçait au possible de simplifier les choses, ce serait toutefois mentir que de dire qu’elle n’avait pas trouvé dans ses bras un sentiment de sécurité absolu. C’est ce sentiment, plus que tout autre chose, qui rendait ses nuits actuelles si paisibles. Cette fois ci ne faisait pas exception à la règle.

Et il était encore tôt quand Elyrian finit par s’éveiller. Les habitudes avaient la vie dure et cela faisait plusieurs mois désormais qu’elle se réveillait le plus tôt possible, pour diverses raisons. Cela n’avait pas changé avec l’arrivée du petit groupe à la mine, au contraire, la blonde éprouvant constamment le besoin d’être debout avant eux, sans qu’elle ne parvienne à s’expliquer pourquoi. Pourtant elle ne bouge pas. En vérité elle profite. Elle profite de ce torse sur lequel elle repose, ce bras qui l’entoure, ce corps près du sien. Elle profite du confort et de la chaleur ainsi procurés, ce petit cocon qu’elle ne souhaite pas quitter. Parce que le monde à l’extérieur est dégueulasse, pourri, mais qu’ici ce n’est pas le cas. Alors la danseuse reste immobile, calquant sa respiration sur celle du marin, jusqu’à ce que celle-ci ne s’éveille imperceptiblement. Un changement de rythme, infime, qui témoignait du fait qu’il s’éveillait lui aussi. Ce ne fut qu’une fois cet infime changement perçu qu’elle se redressa sur le lit de la bicoque, s’accoudant sur ses genoux, sa main retenant son visage tandis qu’elle observait l’extérieur depuis la fenêtre. Tout du moins, elle observait le peu qui était visible, la vitre étant bien trop sale pour voir clairement à travers. Quelques faibles rayons filtraient déjà à travers toutefois, si bien qu’elle jugea qu’il devait être aux alentours de sept heures, peut-être huit. Repoussant sa chevelure en arrière, tentant au passage de lisser les mèches en les filtrant entre ses doigts, la blonde en vint alors à se demander depuis combien de temps n’avait-elle pas aussi bien dormie. La réponse s’impose d’elle-même : depuis le début de l’épidémie. Depuis qu’elle a commencé à avoir peu pour sa vie, à chaque seconde qui passe. Depuis qu’elle ne s’est plus sentie en sécurité dans son propre appartement, préférant ainsi le délaisser afin de suivre son paternel jusqu’au camp de la mine où il se sentait lui-même plus à l’aise. Un appartement dans lequel elle n’était jamais retournée. Un appartement qu’il voudrait peut-être découvrir ?

Prolongeant son silence pendant encore quelques secondes, fixant l’extérieur, elle finit toutefois par tourner la tête afin d’observer son compagnon. Dévoiler son foyer n’était clairement pas dans ses habitudes, car il s’agissait de sa bulle à elle, privée, intime, si bien que très peu de personnes avaient été autorisés à pénétrer à l’intérieur. Mais c’était une autre époque, une époque où elle se sentait en sécurité chez elle, une époque où cet appartement était bel et bien une bulle de tranquillité, son petit coin de paradis sur terre. Ce n’était plus le cas désormais, plus depuis plusieurs mois, aussi la blonde jugeait-elle moins grave de le lui montrer étant donné qu’elle y accordait moins d’importance. De plus, il s’était déjà tellement ouvert, tellement révélé, elle lui devait bien ça. Ce fut donc en arrivant à cette conclusion qu’un sourire amusé finit par naître sur le visage de la lanceuse de couteaux. Se raclant la gorge, peu désireuse de laisser sa voix enrouée du réveil s’élever, elle prend bien vite la parole, le regard brillant. « T’as du temps à m’accorder aujourd’hui ? Bon sang. C’était quoi cette question ? Depuis quand avait-elle besoin de l’autorisation de qui que ce soit hein ? Il était bien connu qu’Elyrian était du genre à s’imposer, constamment, et le fait qu’il soit Saffron Mortimer n’y changerait absolument rien. Ce fut pour cela qu’elle ne lui donna pas vraiment le temps de répliquer, se hissant déjà sur lui, s’installant à califourchon sur son bassin, l’entourant de ses cuisses tandis que ses doigts s’agitaient déjà sur son torse. Le sourire qu’elle arbore s’étire alors, provocant et fier. En fait t’as pas le choix, annule tous tes rendez-vous, j’ai quelque chose à te montrer. La blonde ne doutait pas du fait que la curiosité du brun prendrait le dessus sur tout le reste. Alors s’il avait vraiment prévu quelque chose, bien que cela soit plutôt rare dans un contexte de survie comme celui dans lequel ils évoluaient, elle savait qu’il annulerait tout. Car avec elle, c’était maintenant ou jamais. Satisfaite de son petit effet, la blonde bascule de nouveau, délaissant le corps de son partenaire afin de se retrouver sur le bord du lit de fortune qu’ils avaient occupé. Attrapant ses bottines dans lesquelles se trouvaient toujours ses deux couteaux de lancer, les enfilant rapidement, elle finit par se lever, glissant ses doigts dans la poche de son jean afin de vérifier que la clé de son appartement se trouvait toujours dedans. Une fois rassuré sur ce fait, elle se penche à nouveau sur le lit afin de récupérer cette fois la dague dans son fourreau qu’elle accrochait systématiquement sur le côté du sommier, la nuit, afin de l’avoir à portée de main. L’attachant à sa ceinture, elle en profite pour préciser : Et je te conseille sincèrement de t'équiper. » Car elle savait qu'en ville, les habitations étaient souvent occupées de nos jours, et pas uniquement par des survivants audacieux. Loin de là. Ce ne fut qu’une fois officiellement prête qu’elle daigna se soucier des faits et gestes du brun, toujours le sourire aux lèvres, attendant qu’il soit prêt pour pouvoir le guider jusqu’en ville.




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Roger à la porte !


Dernière édition par Elyrian Helm le Sam 6 Sep - 19:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Ven 29 Aoû - 0:32

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Les rêves de Saffron. Les rêves de Saffron avaient toujours eu leur part de bizarrerie. D'étrangeté. Les rêves de Saffron étaient à la fois complexes, fruits du hasard, et aussi tellement proches de la réalité. Quand ses rêves ne se transformaient pas en cauchemars peuplés de monstres marins et d'abysses sans fonds dans lesquels il chutait, chutait, chutait, Saffron rêvait ses souvenirs les plus anciens. Une chose dont il s'était rendu compte lorsqu'il devait avoir une vingtaine d'années. Il rêvait de la moindre chose qu'il avait faîte, dite, entendue. Il rêvait de Nora, il rêvait de Cameron. Mais cette nuit-là, il ne rêva point. Ou du moins il lui sembla vivre un rêve éveillé.
Depuis cette fameuse chasse où Elyrian et lui avaient fait plus ample connaissance, il avait transporté ses affaires et sa personne jusqu'à la cabane de la blonde. Tout était devenu tellement plus simple, tellement plus facile depuis qu'ils avaient décidé de veiller l'un sur l'autre. Son affection pour la jeune femme grandissait de jours en jours, de nuits en nuits. Il suffisait qu'il la prenne dans ses bras, qu'il sente sa respiration faire concurrence à la sienne, qu'il ferme les yeux, et qu'il se laisse aller. Et ses rêves n'avaient alors jamais été aussi paisibles.
Ce matin-là, il dormait encore, mais Elyrian, elle, était bien réveillée. Il finit par émerger doucement, inspirant profondément. Son bras passé par-dessus la blonde retrouva vite ses sens, et la découvrit lovée contre lui. Lorsqu'elle s'arracha à lui, il eut soudain froid, et poussa un grognement en se tournant sur le dos. Le plafond de la bicoque lui faisait maintenant face. Il ferma les yeux en ayant espéré se réveiller à bord de son bateau, quelque part perdu entre deux océans. Elyrian avec lui. Mais non. Il était toujours là. Dans ce camp. Près de cette mine. À Girdwood.
La triste réalité lui arracha une moue déçue. Concentrant alors son attention sur Elyrian qui s'était redressée, il tendit le bras pour poser sa main dans son dos, et le caresser. Ce qui eut pour effet d'attirer l'attention de la jeune femme. Il continua à parcourir sa peau de sa main rugueuse, avant qu'elle ne se tourne franchement vers lui pour lui demander s'il avait du temps à lui accorder. Saffron ne put retenir un sourire moqueur. Elle voulait le commander, elle voulait encore une fois le malmener, et il adorait ça. La façon dont elle l'avait dit. La façon dont elle s'était adressée à lui. Il aimait ça, et à la folie. Il avait l'impression de ne plus être lui quand elle lui parlait de la sorte. Il avait l'impression d'être un petit garçon, et qu'elle était sa grande sœur, ou du moins, qu'elle essayait de faire en sorte de l'être.
Il allait répliquer quelque chose mais elle ne lui en laissa pas le temps. Et à vrai dire, la voir s'installer à califourchon sur lui en valait la peine. Ses mains vinrent se poser sur ses hanches, telles des aimants, tandis que celles d'Elyrian se posaient sur son torse. Il nota son petit sourire malicieux. Comment mettre un homme à sa botte, partie un. Comment le rendre fou, accessoirement. Car de nouveau, elle lui imposait des choses, et le marin lui offrit son plus beau sourire quand elle déclara qu'elle avait quelque chose à lui montrer. Avant même qu'il ne trouve quoi lui répondre, toutes sortes de questions assaillirent son esprit. Que voulait-elle lui montrer au juste ? Elle venait de piquer sa curiosité au vif, et il était loin d'abandonner. Il répondit alors face à son entêtement : « J'espère que ça en vaut la peine, parce que tu vois, là, tout de suite, j'aurai voulu autre chose... » Il fit glisser ses mains le long de ses cuisses pour appuyer ses propos, un sourire charmeur aux lèvres. Mais, de nouveau, elle l'abandonnait, et frustré, Saffron se redressa sur son séant pour l'observer gagner le bord du lit. Il l'observa aller et venir dans la bicoque, enfiler ses bottes, retrouver ses couteaux. À vrai dire, il l'observa plus elle que ce qu'elle faisait. À ses yeux, c'était une sorte de défilé. Ely vérifiait-elle sa cotte auprès de lui ? Sans doute. Sans doute. Et sans doute que cela devait l'amuser de le voir, la bouche entrouverte, en train de loucher sur ses formes. Mais Saffron n'était qu'un homme, et que pouvait un homme face au charme de la gente féminine ?
Lorsqu'elle revint finalement vers lui, ce fut pour récupérer son couteau, et las de la voir s'agiter, le marin décida de se lever. Il commença par s'étirer, longuement, faisant craquer uns à uns les os de son dos, bombant le torse, gonflant les muscles. Il menait son propre défilé de son côté, c'était un fait. Et tandis qu'elle lui conseillait de s'équiper, il lui demanda, tout en ramassant sa ceinture qui avait volé à travers toute la pièce l'autre nuit : « Ça te plaît de me commander, hein ? » Il ne pouvait s'empêcher de l'embêter avec ça, c'était plus fort que lui. Il attendit sa réaction avant d'enfiler son t-shirt à manches longues. Il savait qu'elle faisait allusion aux rôdeurs, marcheurs et autres voraces, peu importe leurs noms. Les ex-occupants de la planète Terre, en quelque sorte.
Vérifiant la présence de son couteau sur son pantalon, il enfila également ses chaussures, et une fois paré, il se dirigea vers Elyrian. Il ne supportait définitivement pas de l'avoir loin de lui. Même si cela se résumait à quelques mètres. Il ne pouvait actuellement pas se passser d'elle. Il déclara alors en la regardant légèrement de haut, dans le but de l'agacer : « Ouvrez le chemin, capitaine. Votre équipage est prêt. » Il était fier de sa tournure de phrase, même si l'équipage ne se résumait qu'à leurs deux personnes.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Ven 29 Aoû - 3:07








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle n’avait pu s’empêcher de sourire à peine la main de son compagnon s’était-elle glissée sur sa peau, enchaînant les allers et retours entre le haut et le bas de son dos, appréciant ce contact qui était devenu habituel. Trop obnubilée toutefois par son envie de l’emmener jusqu’à son appartement oublié, la jeune femme avait fait au plus vite pour capter son attention et lui faire part, partiellement du moins, de ses projets. Ce fut pour cela qu’elle se retrouva à califourchon sur lui, ses mains reposant sur son torse dénudé, ainsi offert. Si ses prunelles d’émeraudes s’attardèrent un moment dans celles de son comparse, admirant au passage ce sourire moqueur et amusé qu’il arborait, elles descendirent bien vite toutefois le long de son cou et de ses épaules, glissant le long des bras puis déviant sur ce torse qu’elle effleurait de ses doigts. Le brun répondit bien vite à ses attentions, ses mains se heurtant aussitôt à ses hanches, ce qui eut le don de lui arracher un frisson et si elle trouva encore la force de s’imposer, lui annonçant clairement qu’il n’avait d’autre choix que de la suivre aujourd’hui, sa volonté manqua de flancher définitivement quand il vint caresser ses cuisses, aguicheur au possible, un sourire charmeur aux lèvres. Il voulait être sûr que ce qu’elle lui proposait en valait la peine, car il avait d’autres idées en tête afin d’exploiter au mieux le temps qu’ils avaient devant eux. C’était tentant, très tentant. Elle le lui prouva en se penchant sur lui, déposant ses lèvres sur son torse, parsemant sa peau de baisers jusqu’à son cou, envieuse. Oui c’était tentant… Mais non. Un sourire satisfait et insolent aux lèvres, elle cessa son petit manège et se décala pour de bon, abandonnant le marin sur le lit sans l’ombre d’un scrupule. Il était décidément bien plus envieux qu’elle, ce qui avait le don de l’amuser, Elyrian ayant eu l’impression d’être la plus audacieuse des deux au vu de leur partie de chasse. Elle s’était lourdement trompée. Renfilant ses bottes, elle s’activa bien vite à l’intérieur de la cabane, récupérant ses armes et s’assurant qu’elle avait tout ce qu’il fallait sur elle. Cela ne l’empêcha pas de remarquer ce regard qu’il posait sur elle, et un frisson lui parcourut l’échine lorsqu’elle se sut si désirable.

Rangeant sa dague dans son fourreau, ce fut les mouvements de son compagnon qui attirèrent finalement son attention, la contraignant à relever les yeux vers lui. Le spectacle fut pour le moins plaisant et la blonde n’hésita pas une seule seconde à se stopper dans son entreprise afin de l’observer s’étirer devant elle, à demi nu. Elle ignorait à quel point la chasse aux requins pouvait être éprouvante, ou s’il se plaisait à pratiquer la natation à côté, mais force était de constater que cela payait franchement. Ses prunelles s’attardèrent sur les muscles bien dessinés qui s’offraient à elle, la jeune femme n’étant nullement honteuse de se montrer aussi fascinée par ce qui se trouvait sous ses yeux. La question, rhétorique, de Saffron la prit cependant au dépourvu, allant jusqu’à lui arracher un rire. Si elle aimait commander ? Clairement. Au même titre que lui qui se plaisait à lui donner des ordres uniquement pour mieux la voir le défier. C’était un jeu de force entre eux, sain, équitable, mais il était hors de question que la blonde laisse passer son tour. Elle profitait de tous ses atouts, de tous ses moments de supériorité afin de s’affirmer. Elle le faisait plus aisément encore maintenant qu’elle constatait que cela le dérangeait nullement, il semblait au contraire aimer ça.

Affichant un sourire franchement amusé, la danseuse répliqua bien vite, ancrant son regard dans celui de son partenaire pour cela. « J’adore ça et comme t’as l’air de plutôt bien le vivre, je compte bien continuer. » Lui adressant un clin d’œil, elle se détourna de lui quand il se rhabilla, allant l’attendre vers l’entrée, l’observant se préparer. Oui, elle aimait bien donner des ordres. Disons plutôt qu’elle se plaisait à dire franchement ce qu’elle désirait, n’étant pas du genre à passer par quatre chemins pour ça. La subtilité n’était vraiment pas son point fort. Cependant elle admettait volontiers apprécier quand lui prenait les devants, ce qui lui assurait toujours d’être agréablement surprise. Elyrian préféra toutefois s’abstenir d’en faire la remarque, préférant justement quand les moments de domination du marin sont spontanés et imprévus. Ce dernier achevait d’ailleurs enfin de se préparer, la rejoignant en quelques foulées et se signalant comme prêt à la suivre via une remarque provenant tout droit du vocabulaire marin.

Ouvrant la porte de la cabane, masquant comme elle pouvait son sourire, sa main se referma sur le col du t-shirt du brun comme en guise de punition afin de l’entraîner avec elle tandis qu’elle levait les yeux au ciel, faussement exaspérée par ses propos. Etre capitaine ça lui plaisait bien cependant mais elle se garda bien de le lui dire, conservant le silence, continuant de l’attirer à sa suite jusqu’à ce qu’ils soient dehors, seul moment où elle daigna enfin le lâcher. Nullement soucieuse de savoir où se trouvaient les autres membres du groupe, Elyrian décela quand même la silhouette de Roxy au loin et résista à l’envie de lui adresser un signe de la main en guise de provocation. Il valait probablement mieux l’éviter pour le moment au vu de ce qui s’était passé dernièrement, et puis elle avait d’autres chats à fouetter aujourd’hui. Sans aucune explication, la jeune femme prit les devants, prenant la direction du centre-ville sans daigner se justifier une seule fois. Elle se demanda combien de temps Saffron serait capable de la suivre sans la questionner sur leur destination, à moins qu’il ne soit désormais capable de comprendre tout seul où elle l’emmenait étant donné qu’il connaissait un peu mieux les lieux. La blonde ne résista de toute manière pas longtemps à l’envie de le provoquer, si bien qu’elle se mit à lui faire face, marchant à reculons afin de le regarder droit dans les yeux, prenant alors la parole, sérieusement. « A vrai dire, tu m’as franchement déçue Mortimer. L’utilisation de son nom de famille avait quelque chose d’inquiétant, une peur légitime qu’il aurait pu éprouver mais qui était toutefois facilement balayée par la lueur amusée qui étincelait dans ses prunelles d’émeraudes et qu’elle ne parvenait pas à éteindre. Ce fut cependant sur le même ton qu’elle poursuivit, laissant finalement un sourire apparaître sur son visage. Je suis déçue de constater que tu ne sais utiliser ton cerveau que quand ça t’arranges, à savoir pour trouver des stratagèmes pour gagner mes faveurs et me garder plus longtemps près de toi. En gros il savait se faire aimable et charmeur pour s’envoyer en l’air, mais le reste du temps on pouvait l’oublier. C’était tout du moins ce qu’elle affirmait, et c’est ce qu’elle continua de faire en poursuivant : Alors qu’en réfléchissant un peu tu aurais pu avoir plus. Donc la prochaine fois qu’une belle blonde t’avouera vivre dans une ville depuis sa naissance, demande lui précisément où elle habite. Sa main avait glissé à l’intérieur de sa poche et elle en sortit ainsi une petite clé qu’elle exhiba devant lui, avant de conclure, malicieuse et provocante au possible. Elle t’inviteras peut-être à boire un verre chez elle. Enfin, sauf si t’es pas intéressé bien sûr, on peut toujours rentrer au camp. » Et cette fois, l’esquisse de sourire visible sur son visage s’étira franchement, moqueur au possible. Elle s’amusait clairement de la situation, insinuant qu’il puisse avoir envie de retourner dans la vulgaire bicoque alors qu’elle lui proposait clairement de venir voir l’appartement qu’elle avait habité pendant plusieurs années. Enfin… Voir l’appartement, en visiter chaque pièce, et plus si affinités, comme on dit. Aussi ne doutait-elle pas du fait que cela l’intéressait grandement. Après tout, c’était en prime une part d’elle-même qu’elle lui livrait en plus.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Ven 29 Aoû - 22:26

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Elyrian le maîtrisait, c'était un fait, et pas le contraire. C'était elle qui avait le dessus, c'était elle qui dictait les règles du jeu, à présent. Et si Saffron était d'un naturel rebelle, il se laissait cependant diriger par la blonde, aussi docile qu'un animal dressé quand il n'était en réalité qu'une bête sauvage. Il se laissait faire parce qu'il avait confiance, et qu'il aimait inifiniment se sentir menacé par elle, même si ce n'était que de fausses menaces. Et puis, c'était amusant. La voir lui donner des ordres, faire le soumis. Ce n'était rien de plus qu'un jeu, encore une fois.
Et la façon qu'elle avait de poser ses mains sur lui semblait mener Saffron au septième ciel. Aussi lorsqu'il lui fit part de ce qu'il aurait souhaité qu'ils fassent plutôt que de suivre le plan d'Elyrian, et qu'elle se mit à embrasser son torse, il crut exploser tant l'excitation l'avait gagné. Elle avait ses armes, mais lui aussi. Et il eut comme l'impression qu'elle allait renoncer à sortir lorsque finalement, elle l'abandonna. Sans un mot. Frustré au possible, le marin décida de s'habiller à son tour. L'insolence dans le regard d'Elyrian allait le rendre fou, fou de désir, mais il parvint à canaliser ses envies en commençant à s'habiller. Cependant, il repensait encore à la manière dont elle lui avait demandé de tout annuler pour elle. Même s'il n'avait rien de prévu, il ne pouvait s'empêcher de trouver ça profondément charmant. Car à nouveau, il sentait qu'il comptait pour elle, et il se sentait privilégié, elle allait lui faire partager quelque chose, quoi, il ne le savait pas encore, mais la façon dont elle s'était exprimée devant lui laissait supposer que c'était très privé. J'ai quelque chose à te montrer. Saffron débordait de curiosité, des questions naissaient ici et là dans sa tête, mais il ne disait rien pour le moment. La seule question qu'il réussit à poser, et qui lui brûlaient les lèvres depuis plusieurs minutes concerna le goût d'Elyrian à le commander. Quand elle lui répondit qu'elle adorait ça, Saffron étira un petit sourire charmeur. Ça se voyait. Elle prenait son pied, avec lui. Elle se lâchait. Elle était elle-même. Elle n'avait pas à se cacher derrière un masque, comme lui avant qu'ils ne se trouvent. Avant qu'ils ne se comprennent.
Il termina de s'habiller tranquillement, avant de venir vers elle et de lui annoncer d'une manière qui lui était propre qu'il était fin prêt. Pour toute réponse, il n'eut droit qu'à voir et surtout sentir sa main se refermer sur le col de son t-shirt tandis qu'elle l'entraînait à l'extérieur. Une fois de plus, elle le provoquait. Il se laissa faire, même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait de la prendre dans ses bras pour dévorer le cou. Lorsqu'ils se retrouvèrent sur le porche, sa main le lâcha, et il sut à ses yeux plissés qu'ils étaient partis à la recherche d'un potentiel membre du groupe. Il la regarda fixer Roxy avec cet air de défi qui lui était propre. Toujours dans son dos, il vint lui susurrer, ses lèvres effleurant son oreille droite, d'une voix chaude : « C'est quand tu veux... » Et elle partie telle une flèche, comme piquée par son commentaire.
La blonde prit directement la direction du centre-ville, et si Saffron n'avait vu des rôdeurs que deux fois, il n'était pas vraiment pour une troisième. Il en venait presque à regretter ses requins. Non. Rectification : il regrettait ses requins. Clairement.
Maintenant, il n'avait plus qu'une seule question en tête : où l'emmenait-elle ? Où ? Était-ce loin ? Était-ce proche ? Ce lieu avait-il une quelconque signification pour elle ? Il ne disait rien parce qu'au fond, il savait que c'était trop facile, et qu'Elyrian n'attendait que ça, qu'il pose des questions.
Elle finit par se tourner vers lui, et tout en reculant, d'un air sérieux qui mit le marin sur ses gardes, elle déclara qu'il l'avait déçue. Saffron plissa les yeux tout en continuant d'avancer, curieux de savoir ce qu'elle lui reprochait. Mais le fait qu'elle l'appelait Mortimer lui déplaisait déjà. Il ignorait si cela faisait partie du jeu ou non, et pour cela, ne préférait pas réagir tout de suite. Le sourire moqueur qu'elle arbora juste après termina de le rassurer quelque peu tandis qu'elle continuait et lui disait qu'il ne savait utiliser son cerveau que quand ça l'arrangeait. Il fronça légèrement les sourcils. Où voulait-elle en venir ? Se plaignait-elle de leur relation ? Elle enchaîna à nouveau, lui donnant une leçon comme il n'en avait pas reçue depuis longtemps, avant de plonger une main dans la poche de son jean et en ressortir une petite clé qu'elle lui exhiba sous le nez comme un trophée. Les yeux de Saffron devinrent brillants, et il ignora le dernier commentaire qu'Ely fit. Du moins, il entendit la fin. Il était trop occupé à imaginer l'endroit où habitait la blonde. Était-ce une maison ? Un appartement ? Elle s'était moquée, moquée éperdument de lui, et elle l'avait bien eu. Vraiment. Il se sentait même très con d'avoir pu douter d'elle, et il la rattrapa vite, tendit une main pour s'emparer de la clé, sans y parvenir. Alors à défaut de la lui soutirer, il s'empara de sa main, pour l'attirer vers lui et déclarer : « Il est hors de question je rentre, pas après que tu m'aies pratiquement jeté hors du lit. » Il lui saisit le menton par deux doigts : « Ce verre, je le prends. Et toi aussi. » Il allait se précipiter sur ses lèvres, mais il se retint. Il s'éloigna même d'elle. Espérant la frustrer autant qu'elle l'avait frusté, il lui jeta un regard provocateur, avant d'ajouter : « Et puis, je ne vois pas pourquoi tu t'étonnes. » Il baissa les yeux sur le sol pour laisser durer le suspense de sa phrase, donna un coup de pied dans un caillou, puis conclut en adressant un petit clin d’œil à la blonde : « Je t'avais bien dit que j'étais idiot. »

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Dim 31 Aoû - 23:27








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle avait perçu ce souffle chaud caressant sa peau, ces mots au creux de son oreille, cette provocation à peine dissimulée lorsqu’elle eut le malheur de s’arrêter quelques secondes afin de résister à l’envie d’aller défier la brune au loin. La jeune femme se demanda cependant si elle devait voir dans les propos du marin une simple manière de lui intimer de se dépêcher, l’arrachant ainsi à ses pensées, ou s’il s’agissait d’un moyen de lui faire comprendre qu’il la soutenait. Il la suivrait, quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle tente, il serait de son côté. Toujours. Incapable de faire la part des choses, la danseuse avait préféré fuir tant l’homme qui lui avait fait cette remarque que les questions qui se bousculaient dans sa tête en reprenant la route d’un pas vif, comme piquée dans sa fierté. Il lui fallut parcourir plusieurs dizaines de mètres avant de parvenir à mettre de côté ses hésitations, pour mieux faire volte-face et se planter face à son compagnon, poursuivant ainsi sa marche à reculons. Elyrian avait préféré se réfugier dans son insolence, son ironie, en provoquant son partenaire une fois de plus. Ce dernier n’avait en effet pas songé une seule seconde au fait que, ayant habité ici depuis des années, elle puisse posséder un appartement. Quelque part. A moins qu’il n’ait songé à la possibilité sans jamais lui demander quoi que ce soit pour autant. Pour l’heure toutefois la blonde se concentrait sur les traits de Saffron, sur sa manie de plisser les yeux ce qui témoignait de sa méfiance passagère. Il était sur ses gardes, clairement, et à vrai dire cela la rassurait de le voir réagir de la sorte. Cela lui rappelait que la docilité dont il faisait preuve avec elle n’était qu’une façade, ou tout du moins que ce n’était pas dans sa nature de l’être. Il pouvait à tout moment reprendre le dessus, se méfier d’elle, de ses piques et de ses actes. Il n’était pas à elle. Pas totalement. Et cela lui plaisait. Elle ne voulait pas avoir le marin à sa botte, en bon chien docile qui lui passerait tout. Elle voulait l’animal sauvage, un animal qu’elle pouvait apprivoiser mais capable de montrer ses crocs à chaque limite qu’elle oserait dépasser. Alors oui, ses muscles tendus et son regard suspicieux eurent le don d’accentuer son sourire amusé, tandis qu’elle lui expliquait progressivement où était le problème.

La clé de sa propriété apparut alors dans sa main, exhibée comme pourrait l’être un trophée, avec fierté et une pointe d’insolence dirigée contre les adversaires. L’agitant entre ses doigts, le petit bout de métal disparaît rapidement dans sa paume, son poing fermé, quand il essaya de la récupérer. Sa tentative se mua bien vite en autre chose, la blonde sentant les doigts de son compagnon se refermer sur son poing qui paraissait frêle entre ses mains à lui. Ferme, comme il sait si souvent l’être, il l’attire alors à lui et la danseuse ne peut réprimer un frisson en le sentant de nouveau si proche, en sentant cette caresse infime sur son menton qu’il empoigne. Force était de constater que son petit manège avait divinement bien fonctionné. Il était là, contre elle, refusant catégoriquement de partir malgré toutes les idées salaces lui ayant traversé l’esprit le matin même, affirmant qu’il désirait ce verre et qu’elle le lui offrirait donc. Il était catégorique, mais ce fut surtout son empressement que la jeune femme savoura comme pouvait en témoigner ce sourire satisfait qui flottait sur ses lèvres. Docile, elle ancra son regard dans le sien, profitant de cette proximité imposée pour répliquer avec hâte, moqueuse : « Jeté hors du lit… Je trouve que j’ai été particulièrement douce pour t’attirer dehors. » Ses doigts qu’elle glissa le long du torse de son compagnon n’étaient là que pour appuyer ses propos, mettant en évidence la dite douceur. Certes il était là avant tout parce qu’il le voulait bien, mais elle n’avait sûrement pas eu besoin de le jeter hors du lit pour cela. Pas besoin de violence quand il suffit de faire les yeux doux et de faire comprendre que ces jolies petites fesses tant convoitées vont foutre le camp loin de lui. Amusée, la blonde s’attendait toutefois à mettre fin à ces moqueries le temps d’un baiser. Baiser qui ne vint finalement pas, bien au contraire, le marin s’amusant à s’éloigner de nouveau d’elle, la délaissant aussitôt. Comprenant bien vite qu’il s’agissait là de sa vengeance personnelle, la danseuse le toisa un moment, le regard brillant, se mordant sensuellement la lèvre inférieure pour lui faire part de sa frustration. Nulle raison de le lui cacher, elle était frustrée en effet, mais peut-être cela lui ferait-il comprendre qu’il aurait mieux fait de saisir sa chance, de profiter de cet instant de docilité de sa part. Qui sait, peut-être ne le laissera-t-elle plus s’approcher de si tôt maintenant.

Poursuivant sa marche à reculons, Elyrian leva les yeux au ciel, faussement exaspérée, quand il lui rappela n’être qu’un idiot. « Cela me rappelle vaguement quelque chose oui. Mais n’oublie pas, les idiots ne peuvent rien obtenir de moi. » Et à son tour elle lui adressa un clin d’œil. Ultime précision concernant le fait qu’il lui faudra faire des efforts pour obtenir ce qu’il voulait. Après tout, leur partie de chasse avait prouvé qu’il n’était pas aisé de traiter avec elle, encore qu’il existe des moyens imparables pour ça. Des moyens auxquels un idiot ne pourrait envisager cependant, là était le rappel. Quoi qu’il en soit, la jeune femme cesse enfin son petit manège, ne daignant pas l’enfoncer encore plus et se contentant de reprendre la route. L’on pouvait cependant noter que la clé n’avait pas quitté sa paume et qu’elle jouait désormais avec, l’agitant entre ses doigts comme s’il s’agissait de l’un de ses couteaux. Le rythme allait en s’accélérant au fur et à mesure qu’ils s’approchaient, témoin de sa nervosité progressive à l’idée de lui dévoiler son foyer. Cela lui avait paru être une bonne idée, sur le coup la danseuse se sentait capable de lui montrer tout ça, alors que dans des circonstances normales il n’aurait probablement jamais eu ne serais ce qu’une bribe d’adresse. Jamais. Pas avant des mois en tout cas. Mais là elle se sentait soudainement moins sûre d’elle, craignant un jugement qui n’aurait pas dû l’inquiéter de base. En vérité, ce qui l’effrayait également, c’était de se demander dans quel état elle retrouverait son appartement. Les rôdeurs avaient-ils réussis à s’y faufiler ? A moins que d’autres survivants ne s’en soient chargés ? Elle ne s’était plus sentie en sécurité entre ces murs, et elle craignait de découvrir que cela soit à juste titre. Inspirant lentement, la blonde s’apaisait comme elle le pouvait, imposant sans s’en rendre compte un rythme un peu plus lent qui démontrait son hésitation soudaine. La seule chose qui la poussait à avancer était la présence du brun dans son dos, constante, assurée. Ce souffle qu’elle percevait presque sur sa nuque, l’incitant à poursuivre sa route. Il était là. Et comme il l’avait si bien dit lui-même, il ne rentrerait pas au camp, pas maintenant. Elle n’avait plus vraiment le choix.

Ils étaient arrivés dans le centre-ville, ce qui fut suffisant pour inciter Elyrian à rester sur ses gardes, sa main libre reposant sur la dague qui pendait à sa ceinture. Connaissant le chemin par cœur, il fut aisé pour elle de parvenir jusqu’à l’immeuble qu’elle avait habité. Délabré, il semblait totalement inhabité depuis l’extérieur mais elle savait qu’il ne fallait pas s’y fier. S’arrêtant au seuil de la portée d’entrée, la blonde inspira, jetant un bref coup d’œil à l’intérieur à travers les portes vitrées afin de déceler à l’avance le danger. Ne voyant rien, elle daigna alors ouvrir et pénétra à l’intérieur des lieux et fut alors saisie d’un réflexe totalement stupide : celui de vérifier son courrier. C’était idiot, inutile, et pourtant elle ne s’en rendit compte que lorsque ses prunelles vertes tentèrent de déceler une quelconque lettre à travers l’ouverture de la boîte. Comprenant la stupidité infinie de son geste, elle se crispa un bref instant avant de se racler la gorge, faisant mine d’avoir voulu faire une blague, ce qu’elle tenta de faire passer au mieux en prenant la parole, ancrant de nouveau son regard dans celui de son compagnon : « Ça fait des mois que j’attends mon colis. Amazon c’est plus ce que c’était. » S’autorisant un sourire amusé, elle s’élança alors dans les escaliers, sortant cette fois clairement sa dague de son fourreau. Prudente elle essayait de voir le plus loin possible devant elle, peu désireuse de tomber sur des zombies et surtout peu envieuse de ne pas les voir arriver. Elle jetait parfois un regard aux portes qui passaient sous ses yeux, abimées et défoncées ce qui ne lui donnait que très peu d’espoirs concernant son propre logement. Force était toutefois de constater que plus ils montaient les étages, moins les portes semblaient touchées. Peut-être que survivants et rodeurs se cantonnaient essentiellement aux premiers étages, d’instinct, laissant ainsi le reste en paix. La jeune femme habitait au 3ème étage et le duo y accéda sans embûches, bien qu’elle ne parvienne à déterminer si cette absence de danger était quelque chose de rassurant ou non.

Muette, la blonde finit par poser sa main sur la poignée, poussant déjà la porte afin de voir si elle a été forcée. Cela ne semblait pas être le cas, ce qui lui arracha un haussement de sourcils surpris. Bien, à priori il y avait donc de fortes chances qu’elle retrouve son foyer en état, comme elle l’avait délaissé. Elle ignorait encore une fois s’il s’agissait vraiment d’une bonne chose mais jugea toutefois qu’il était bien trop tard pour y penser. Utilisant sa précieuse clé, elle libéra ainsi l’accès à sa demeure et pénétra à l’intérieur, libérant finalement le passage pour le marin, le laissant visiter en premier tandis qu’elle refermait à clé derrière eux. Bien vite elle le rejoignit toutefois, lâchant sans grande conviction, plutôt gênée à vrai dire :
« Bienvenue chez moi. Je te dirais bien de retirer tes chaussures mais comme le ménage a pas été fait depuis un moment, faut pas te sentir obligé. Et cela se voyait à vrai dire. Du bout du doigt elle traça un sillon sur un meuble, ôtant ainsi une quantité impressionnante de poussière, avant de se détourner de ces futilités. Quoi qu’il en soit les deux comparses se retrouvaient ainsi dans la salle à manger, ouverte sur une petite cuisine ainsi que sur le salon plus loin. Deux portes semblaient mener ailleurs bien qu’elles soient pour l’heure closes. Quoi qu’il en soit l’on pouvait déjà remarquer la présence de nombreux tableaux, divers et variés. L’un d’eux était gigantesque et représentait l’arbre blanc du Gondor, sur tout un mur. Une carte de la terre du milieu était d’ailleurs encadrée dans un autre coin, une vitrine vide semblait avoir toutefois contenu des armes à une époque et deux bibliothèques contre un mur encadraient une télévision faisant face au canapé. Des poutres de bois massif étaient apparentes, de même qu’une table basse dans le même style. La pièce avait quelque chose de rustique et possédait surtout une cheminée dans un coin. Elyrian le laissait observer un peu, avant d’hausser les épaules, reprenant la parole, tentant de paraître désinvolte. Ouais je suis fan de Tolkien. Et mes DVD comportement tous les films de danse possible inimaginable, Dirty Dancing ça reste un putain de classique. » Immobile, la jeune femme alla s’accouder à la table de la salle à manger, observant ainsi le salon. En vérité elle n’osait pas trop s’avancer, préférant soudainement le suivre, plus intéressée par le fait d’être guidée par la curiosité de son compagnon que par l’envie de jouer les agents immobiliser.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Lun 1 Sep - 18:26

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Douce, oui, elle l'avait été. Il avait eu des réveils plus violents que celui-là, mais il avait voulu lui faire comprendre que s'il était là, c'était parce qu'il le voulait, et pas autre chose. Il aurait très bien pu rester au lit, terminer sa grasse matinée, et se réveiller comme une fleur, seul. Mais Saffron s'était réveillé tant de fois seul qu'il ne voulait plus ressentir ce sentiment de solitude à nouveau. Il était infiniment bien avec Elyrian, il ne la lâcherait pas de sitôt. Où qu'elle aille. Quoi qu'elle fasse. Il aimait se réveiller et la sentir blottie contre lui. C'était une sensation euphorisante. Tout comme le fait de savoir qu'ils ne s'appartenaient qu'à moitié. Comme Saffron le lui avait déjà dit, il aimait avoir sa petite indépendance, et il sentait que c'en était de même pour Elyrian. Ils ne se liaient pas facilement. Il leur fallait de l'espace, il leur fallait de la liberté. Et il leur fallait surtout du temps. Ils étaient tous deux attachés à une chaîne qui pouvait se casser à tout moment, mais que la prise de risque de l'un ou le désir de liberté de l'autre renforçait.
Tout le reste n'était que jeu et provocation. Les doigts d'Elyrian glissant le long de son torse, détaillant les muscles à travers son t-shirt, en étaient la preuve. Mais étrangement, il maîtrisait. Il se maîtrisait. La caresse avait beau être beaucoup plus que plaisante, il était motivé par un tout autre désir : la vengeance. Une douce vengeance. Pour l'avoir berné, l'avoir abandonné lui et ses pulsions. Le jeu était à nouveau lancé, il battait le rythme, donnait le cadence de leurs décisions et de leurs gestes. Il attendit, proche, très proche, trop proche pour ne pas pouvoir s'empêcher de penser à embrasser ces lèvres, et pourtant, il ne le fit pas. Il se recula même, taquin et surtout satisfait. Car la lueur qui brillait dans les yeux d'Elyrian et la manière dont elle se mordait la lèvre lui prouvaient qu'il avait réussi son coup. Qu'à présent, elle était aussi contrariée que lui ne l'avait été. C'était presque jouissif de la voir ainsi, de la savoir à sa merci, de savoir qu'il n'avait qu'à revenir vers elle pour qu'elle se jette à son cou et ne le lâche plus. Ou bien n'était-ce qu'une impression, car Dieu savait ce dont Elyrian était capable. Il lui avait résisté, et il n'en était pas peu fier. Mais maintenant, la balle était dans le camp de la blonde, et quand elle lui répondit que les idiots ne pouva ient rien obtenir d'elle, il ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire. Bref. Sarcastique. Comme elle s'éloignait à nouveau de lui, à reculons, il se mit à marcher vers elle pour garder la distance entre eux intacte, puis répondit en penchant la tête doucement sur le côté et en étirant un sourire auquel beaucoup avaient succombé : « Oh, mais je ne suis pas n'importe quel idiot. Je suis ton idiot. » Mais comme pour lui rappeler qu'il ne lui appartenait pas totalement non plus, il resta à distance.
Elyrian reprit finalement sa route, et Saffron continua de la suivre docilement. Là de rester derrière elle, il réussit à se hisser à son côté, avançant au même rythme qu'elle, et surveillant cette clé avec laquelle elle jouait sans cesse. Il n'avait pas pensé à lui demander où elle habitait parce que pour lui, leur foyer était le camp à la mine, désormais. Il n'y en avait pas d'autres. Et puis peut-être parce que son seul refuge avait été en partie détruit et pourrissait en son absence. Son bateau qu'il abandonnait un peu plus chaque jour, mais qu'il remettrait à flots. Il se l'était promis. C'était son but. La terre le rebutait, la terre lui faisait horreur. La terre et ses habitants. Il ne voulait plus que retourner sur l'eau. L'océan lui manquait tellement. Le vent marin. Le sable. L'écume. Ce sentiment de liberté suprême. Et puis, ne plus croiser la route d'un squale mais celle de dizaines et dizaines de zombies était pire que tout. Pire que tout. Le dépaysement était total. Et Saffron détestait ça.
Elyrian s'arrêta soudain au pied d'un immeuble délabré. L'endroit semblait complètement désert, mais le marin savait qu'il ne devait pas se fier sur les apparences. Sa main gauche vint se poser sur le manche de son couteau qu'il laissa cependant à sa place. Voyant la blonde s'avancer, il fit de même, gardant le silence, observant seulement. Il ne put s'empêcher de sourire cependant lorsqu'elle se précipita presque pour voir si elle avait du courrier. Elle se rendit d'ailleurs compte de l'inutilité de son geste, et le simple fait de l'entendre se racler nerveusement la gorge accentua la courbe de son sourire, ô combien moqueur. Bien qu'il ne sut ce qu'était exactement cet Amazon, il comprit qu'elle venait de lui sortir une excuse bidon, et il se contenta de lui tourner le dos pour rire en silence.
Puis il la suivit alors qu'elle s'élançait dans les escaliers. Il la rattrapa d'ailleurs très vite, et détachant son couteau de sa ceinture comme elle avait dégainé sa dague. Ce même réflexe qu'ils avaient eu le fit à nouveau sourire. Il se plaça à son côté, regardant par-dessus son épaule sans problème. Au final, leur ascension se révéla plutôt tranquille, et ce petit moment de tension fut vite oublié lorsqu'Elyrian s'arrêta devant la porte de ce qui devait être son appartement. Saffron était impatient, mais il ne le montrait pas. Il l'observait agir, méticuleusement. Actionner la poignée pour voir si la porte avait été forcée. Puis, finalement, faire usage de sa clé, et ouvrir la porte. Le cœur de Saffron battait bien plus fort qu'il ne le devrait, mais il savait qu'il allait pénétrer dans un endroit particulier, auquel Elyrian était attachée. Lorsqu'elle s'écarta pour le laisser passer devant elle, il avança doucement, à petits pas, à la fois curieux et intrigué. Il ne l'entendit pas fermer la porte derrière lui tant ses yeux étaient occupés à mémoriser chaque recoin. Mais Elyrian le rejoignit bien vite, ne manquant pas de lui souhaiter la bienvenue et de l'enjoindre de retirer ses chaussures avant de finalement se rétracter. Saffron observa le sol poussiéreux et lui jeta un regard lourd de sens. Il garderait ses chaussures, pour le moment. Il déclara en avançant doucement, se détachant d'elle, sans même la regarder : « Tu m'enlèveras mes affaires plus tard. » Et pour cause, son regard cherchait à aller loin, très loin. Il traversa la salle à manger dans une attitude presque respectueuse, contourna la cuisine auquel il n'adressa qu'un bref regard, puis s'immobilisa une fois arrivé au salon. Le gigantesque tableau d'un arbre blanc avait attiré son attention. Il l'observa un moment en se demandant à quoi il lui faisait penser, jusqu'à ce qu'une carte qui lui paraissait familière ne le pousse à se rapprocher davantage. La Terre du Milieu. Il sourit, se souvenant parfaitement du nombre de mois qu'il avait mis à lire ces trois gigantesques tomes. Ce caractère familier le mit quelque peu en confiance, même s'il sentait que l'endroit avait un caractère bien à lui. Un caractère semblable à celui d'Elyrian. Et cela lui plaisait. Il effleura le canapé du bout des doigts, le contourna pour aller se poser en face d'une des deux bibliothèques. Encore une fois, il ne put s'empêcher de toucher. Ses doigts glissèrent sur le dos des livres, lentement. Il n'était jamais parti en mer sans emmener un seul livre avec lui, et il avait pratiquement tout fait. De Victor Hugo à Conan Doyle, de Stephen King à Platon. La lecture avait toujours été quelque chose que Saffron avait aimé.
Quand Elyrian le sortit de ses pensées, ce fut pour avouer qu'elle était une grande fan de Tolkien. Elle ajouta ensuite que ses DVD comprenaient toutes les films de danse qui pouvaient exister, cela ne surprit en rien le marin. Elle parla sans doute de l'un d'eux, Dirty Dancing, mais il n'en tint pas compte. Il n'était pas vraiment une référence en matière de cinéma. Il répondit alors en peignant un petit air taquin sur son visage : « Dans ce cas il va falloir m'initier, parce que je ne crois pas avoir regardé un seul film ces trente dernières années. » Elle était là, accoudée à la table de la salle à manger, à l'observer, et lui à guetter sa réaction. Il lui tourna finalement le dos pour se diriger vers les deux portes qu'il avait entraperçues en arrivant au salon. Il savait qu'elle le regardait, qu'elle surveillait ses moindres faits et gestes, et cela l'amusait. Il remonta ses manches, puis s'éclaircit la gorge, avant de jeter un regard furtif à la blonde. Sa main se referma finalement sur la poignée de la porte de gauche, sans toutefois l'ouvrir. Nouveau regard en direction d'Elyrian, avant qu'il n'ouvre la porte et s'engouffre dans l'obscurité. Sa main droite glissa sur le mur à la recherche d'un interrupteur qu'elle trouva. Lui apparut alors un grand lit, au fond de la pièce, auquel se collait un petit fauteuil poussiéreux. Une quantité phénoménale de posters recouvrait le mur fait de planches de bois, tout comme le plafond. La chambre avait une allure rustique, mais surtout, elle semblait confortable. Rassurante. Des guirlandes qui ne marchaient pas pendaient au-dessus du lit. Saffron resta un moment sans bouger, observant, enregistrant. Ses mains restaient le long de ses cuisses, il n'osait rien toucher. Si l'appartement lui avait semblé avoir un caractère bien à lui, la chambre possédait ce caractère multiplié par mille. Il y avait tant d'Elyrian dans cette pièce. Il le sentait. Et, à nouveau, il la découvrait. Sous ces posters. Sous ces guirlandes.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Lun 1 Sep - 21:32








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Il était son idiot. A elle. Rien qu’à elle. Cette simple remarque suffit pour lui arracher un sourire, aussi tendre qu’amusé. Un sourire qui s’étire devant cette moue qu’il esquisse, charmante au possible. Irrésistible. Ses prunelles d’émeraudes se vrillent dans les siennes, dévient ensuite le long de ses traits, caressant ces derniers du regard. Son compagnon avait toutefois conservé une distance entre eux, montrant ainsi qu’il était avant tout libre comme l’air. Et cela lui convenait parfaitement. Elle savait qu’il tenait à son indépendance, mais elle savait également que s’il devait se tourner vers quelqu’un il se tournerait vers elle. C’était là la seule chose qui comptait à ses yeux. Savoir qu’elle était la première à lui venir à l’esprit, la première à laquelle il pouvait penser. La première pour tout à vrai dire. Ce fut donc sur ces pensées, plaisantes, qu’elle poursuivit sa route, le laissant se hisser à sa hauteur. A vrai dire elle l’avait plus ou moins ignoré, trop stressée par ce qu’elle s’apprêtait à faire, trop hésitante, trop focalisée sur la nécessité d’avancer pour éviter de faire demi-tour à l’ultime instant. Force était d’admettre que la jeune femme était heureuse de le savoir là, à ses côtés, avec cette assurance qui lui était propre, teintée toutefois d’une très nette curiosité. Et malgré son envie de voir et de savoir, il ne disait rien, respectueux, il la laissait totalement faire, se contentant de la suivre sans un mot. Aussi finit-elle par le guider jusqu’à l’intérieur de l’immeuble, tentant d’ignorer le rire à peine étouffé qu’il lui adressa en la voyant surveiller le courrier, s’amusant de constater leur réflexe en commun quand il s’agissait de sortir leurs lames, frissonnant en le sentant si proche d’elle à la recherche du danger par-dessus son épaule, et finalement hésitante en le faisant pénétrer à l’intérieur de son foyer. A peine avait-il posé un pied dans l’appartement que la jeune femme attendait déjà un verdict, ne le lâchant soudainement plus des yeux dans l’unique but de guetter la moindre de ses réactions. Elle voulait voir, voulait savoir. Elle désirait déceler des sourires qui témoigneraient de passions communes, des grimaces qui dévoileraient leurs désaccords, des froncements de sourcils qui feraient part de son incompréhension ou sa méconnaissance d’un sujet précis. Elle souhaitait le voir apprécier le décor, les objets. Elle voulait qu’il éclate de rire devant quelque chose qu’il jugerait stupide. Elle en viendrait presque à vouloir se battre avec lui, défendre farouchement un point de vue, quelque chose qui lui tiendrait à cœur, pour mieux lever les mains et abdiquer en affirmant que de toute façon il n’avait aucun goût. C’était ce qu’elle désirait, tout en le redoutant, soudainement mal à l’aise à l’idée de lui dévoiler tout ça.

Le suivant jusqu’à la salle à manger, la blonde l’avait bien vite invité à retirer ses chaussures par pure moquerie. Elle ne s’était toutefois pas attendue à sa réaction. Ces prunelles lourdes de sens qu’il vrilla sur elle, pour mieux les détourner la seconde qui suivit, se détachant déjà d’elle tout en affirmant qu’elle n’aurait qu’à lui retirer ses affaires, plus tard. La remarque en elle-même lui arracha une bouffée de désir, une douce chaleur ainsi qu’un sourire amusé. Mais de le voir s’éloigner aussitôt, presque dédaigneux, ne fit qu’accentuer ce sentiment. Car cela lui rappelait qu’il restait inaccessible par instant, qu’encore une fois il était loin d’être à sa botte. Mais, peut-être étais ce là une forme de masochisme, elle adorait ça. Elle adorait le voir lui résister, l’aguicher pour mieux lui échapper. Ça la rendait folle, littéralement. Se mordant légèrement la lèvre inférieure, elle inclina la tête sur le côté tandis qu’il partait devant, caressant du regard ses épaules et son dos, descendant jusqu’à ses fesses sur lesquelles elle s’attarda sans scrupules. « Ce sera avec grand plaisir. » La voix s’était élevée dans un souffle appréciateur, parfaitement audible, particulièrement envieux. Ce n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd, clairement, et si elle savait avoir repoussé son compagnon lors de leur réveil, il était certain qu’elle ne ferait plus cette erreur maintenant qu’elle lui avait montré ce qu’elle avait tant tenu à partager avec lui. Le partage n’était d’ailleurs pas fini car, désormais accoudée sur la table, elle continuait de l’observer se balader à sa guide à travers les pièces. Naturellement son intérêt s’était bien vite porté sur le salon, sur les tableaux qui ornaient les pièces et surtout sur cette carte qui trônait dans un coin. Retenant son souffle, Elyrian guetta plus particulièrement sa réaction à cet instant précis. Tolkien, c’était sincèrement toute sa vie, et elle risquait vraiment de se lancer dans un débat sans fin –et probablement houleux- s’il avouait ne pas apprécier l’auteur. Fort heureusement elle perçu ce sourire qui ornait ses lèvres et qui acheva de la rassurer. S’autorisant à son tour un semblant de soupir soulagé, elle le laissa s’attarder encore un peu. Il semblait s’intéresser aux livres, non sans avoir effleuré son canapé avant, ce qu’elle ne put s’empêcher d’apprécier. Car des personnes n’ayant pour seule envie que celle de mettre le feu à toutes les bibliothèques, elle en avait connu, particulièrement durant ses études et à vrai dire elle trouvait cela particulièrement triste. Elle-même ne prétendait pas tout connaître, ses préférences littéraires se tournant clairement vers le fantastique et délaissant ainsi la philosophie et autres œuvres importantes, mais force était d’admettre que lire était quelque chose d’important. De beau. Soudainement poussée par l’envie de se justifier, Elyrian clama l’évidence en évoquant son amour pour Tolkien et pour les films de danse, ce qui n’était pas si étonnant que ça. La blonde fut cependant particulièrement surprise d’apprendre que le marin n’avait pas regardé un film ces trente dernières années.

Haussant un sourcil, la jeune femme hésita un moment sur la conduite à adopter, se demandant s’il se foutait ou non de sa gueule. Il n’avait jamais regardé le moindre film ? Jamais, jamais ? Cela lui paraissait impossible. S’il avait arrêté en se lançant dans la chasse aux requins, elle aurait pu comprendre, mais cela remontait à clairement plus longtemps que cela, d’où son scepticisme. Elle finit d’ailleurs par oser formuler cette question qui lui brûlait les lèvres, méfiante, craignant qu’il ne lui joue un tour, et toujours aussi surprise. « Tu plaisantes ? Elle se redressa alors pour de bon, l’observant, lui et cet air taquin qu’il affichait. Elle avait le sentiment de foncer droit dans la gueule du loup, dans un véritable piège qu’il lui tendait, mais elle fonça tout de même, sans hésiter une seule seconde de plus. Jamais, jamais, jamais de films ? Mais, et Star Wars ? Fight Club ? Les Monty Pythons ? Billy Elliot ? Titanic ? Bon sang Titanic quoi, y a un bateau qui coule en plus, et une scène érotique dans une bagnole particulièrement bien faite d’ailleurs mais… Mais déjà il s’éloignait un peu plus, se dirigeant vers ces portes qui le séparait d’autres pièces. Il s’arrêta à hauteur de la poignant, lui jetant régulièrement des coups d’œil comme à la recherche de son approbation, à moins qu’il ne souhaite juste voir les sentiments qui se peignaient sur ses traits en cet instant précis. Immobile, elle se contentait de l’observer, retenant un sourire. Elle n’était pas gênée, tout du moins pas plus que depuis leur arrivée dans l’appartement, bien qu’elle sache parfaitement qu’il se dirigeait actuellement vers sa chambre. Le laissant faire, elle le suivit ainsi du regard tandis qu’il pénétrait dans la pièce, l’abandonnant quelques secondes, la blonde finit toutefois par vite s’engager à sa suite, traversant le salon pour finir par arriver dans la chambre, poursuivant déjà ses propos avant même de l’avoir rejoint. Et puis peu importe le film même, l’essentiel c’est de le regarder avec quelqu’un. Elle se glissa alors dans son dos, se pressant contre lui sans l’once d’une hésitation, l’ombre d’un sourire aux lèvres. Elle l’enlaça ainsi, ses doigts partant sous son haut afin d’effleurer son ventre musclé pour qu’elle n’aille finalement les plonger dans les poches du jean de son compagnon, achevant ainsi de le garder contre elle. Se hissant sur la pointe des pieds, elle glissa ainsi son menton sur son épaule, venant souffler au creux de son oreille. Juste à deux, sur le canapé, sous des couvertures et avec en prime un feu de cheminée. Devant un film, peu importe lequel. Un film qui ferait rire, ou qui me ferait peur si bien que tu jouerais les protecteurs. Ou un film qui me ferait pleurer, je tenterais de le cacher mais t’en aurais rien à faire. »

Elle s’était ouverte à lui, encore une fois. Oui il lui arrivait de flipper devant de vulgaires films d’horreur, les psychologiques pas les gores. Et oui il lui arrivait, plus souvent qu’il n’y paraît, de pleurer devant un film, étant même une adepte des romances à deux balles. Elle le lui avouait, spontanément, imaginant la scène dans son esprit. C’était un des plaisirs simples de la vie qui lui manquait particulièrement. Et surtout elle imaginait ses réactions à lui. Elle imaginait que, même s’il décidait de se moquer un instant, il ne jugerait pas. Il ne jugerait pas ses sursauts effrayés, ni ses larmes. Il s’en amuserait, avec douceur toutefois. Ou peut-être poserait-il sur elle un de ces regards tendre dont il avait le secret, ces regards qui la mettait dans tous ses états, ravivant en elle moult sentiments qu’elle ne souhaitait pas analyser, sans jamais la penser moins forte ou indépendante pour autant. Prenant toutefois pleinement conscience de ses propos, soudainement mal à l’aise, la jeune femme résiste à la tentation de fuir, physiquement parlant. Elle s’agrippe au rebord de ses poches, se retenant ainsi de foutre le camp, ce qui ne l’empêche pas toutefois de conclure dans un souffle, comme pour rattraper cet élan d’honnêteté qui lui avait échappé.
« Enfin… Un film quoi. » Inspirant difficilement, conservant sa position, son regard s’attarda alors sur la pièce, daignant enfin s’y intéresser. Rien n’avait changé. Absolument rien. Et elle se sentait nostalgique. Elle regrettait cette époque d’insouciance, de sécurité. Cela lui manquait terriblement. Elle était las de se battre, las de survivre. C’était épuisant.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 2 Sep - 0:13

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Plus Saffron s'aventurait à l'intérieur de l'appartement d'Elyrian, plus il en découvrait sur elle, et plus il aimait ce qu'il voyait. Il pouvait maintenant comprendre pourquoi elle avait paru si nerveuse. C'était son chez elle. C'était son refuge. C'était une part d'elle-même. Une part de son âme, un part de son cœur. Saffron aurait été aussi angoissé s'il l'avait fait descendre à sa cabine, sous le pont de son bateau. Il aurait été même terrassé à l'idée de montrer la seule pièce qui comptait vraiment pour lui. Surtout qu'Elyrian et lui se connaissaient à peine. Mais il était content. Content d'être là, content qu'elle s'ouvre autant à lui, qu'elle lui fasse assez confiance pour l'emmener dans cet appartement. Il se sentait privilégié. Et il saurait lui rendre la pareille, un jour ou l'autre. Il saurait.
Mais pour le moment, sa curiosité était telle qu'il en venait à ignorer la blonde. Il y avait tant à voir dans cette appartement. Il ne la vit donc pas effleurer sa silhouette entière du regard tandis qu'il lui disait qu'elle le déshabillerait plus tard et qu'il s'avançait vers la carte de la Terre du Milieu. En revanche, il l'entendit parfaitement lui répondre qu'elle le ferait avec grand plaisir, et même s'il était de dos, le marin ne put s'empêcher d'étirer un large sourire. Il n'en mena pas large pendant une dizaine de secondes, résistant à l'envie de revenir vers elle pour qu'elle lui enlève ses vêtements un par un. Ce fut dur, mais il résista, et contourna finalement le canapé en l'effleurant comme s'il allait s'y accrocher. Fort heureusement, la bibliothèque attira son attention, de même que les livres qu'elle contenait. Des souvenirs profondément ancrés en lui remontèrent alors. Des noms d'auteur qu'il retrouvait au bout de ses doigts, sur les étagères. Des livres de science-fiction dont il n'avait jamais entendu parler. Et des titres qui lui disaient vaguement quelque chose. Mais force était d'admettre qu'ils avaient un point commun, Elyrian et lui. Ils aimaient lire.
Elle lui parla alors de sa passion pour Tolkien, et pour les films de danse. Lorsque Saffron lui avoua ne pas avoir regardé de film ces trente dernières années, il ne s'attendit pas à ce qu'elle soit autant... choquée. Il fallait dire qu'il était tellement obsédé par l'océan quand il était petit, même adolescent, qu'il n'avait pas eu le temps de s'intéresser à la télévision et au cinéma. Ses journées se résumaient généralement à l'école, les repas, les devoirs quand il s'y décidait, et le reste du temps, il allait naviguer sur la petite barque que son père lui avait construite. Alors l'étonnement sur le visage d'Elyrian le secoua, oui. D'ailleurs, quand elle osa enfin répondre, elle lui demanda clairement s'il plaisantais. Étirant un petit sourire gêné, Saffron secoua la tête. Il se leva tandis qu'elle enchaînait les titres de films, les commentaires, les interrogations affligée. Non, il ne connaissait aucun des films qu'elle avait cités, pas même celui avec le bateau qui coulait et la scène érotique dans la bagnole. Il admira cependant le choix de scène qu'elle avait voulu lui donner en exemple. Si elle voulait le faire succomber, elle n'avait qu'à continuer, mais la blonde laissa vite sa phrase en suspens comme il s'était arrêté devant l'une des deux portes closes. Il ouvrit celle de gauche, y entra doucement sans s'apercevoir qu'Elyrian l'avait rejoint. C'était une chambre. Non. C'était sa chambre. Cela se voyait. Cela se sentait. Les posters de groupes de rock. Les guirlandes, qu'il avait d'ailleurs envie d'allumer. Le lit, qu'il observa d'un œil hésitant, propriété privée qu'il jalousait secrètement. Son envie de toucher tout ce qu'il trouvait revenue, il allait se lancer dans une exploration tout à fait tactile lorsqu'il l'entendit lui dire, tout proche, que l'essentiel était de regarder un film avec quelqu'un. C'était une invitation. Il l'avait compris. Seulement, il doutait que l'électricité soit revenue comme par magie. Saffron ne répondit pas, préférant se concentrer sur le corps d'Elyrian qu'il sentait se presser dans son dos. Il ferma les yeux, et frissonna lorsqu'elle glissa ses mains sous son t-shirt, sur son ventre. Ses mains à lui partirent dans son dos pour se greffer sur ses hanches. Maintenant, celles d'Elyrian étaient rendues dans les poches de son jean, l'empêchant de se libérer. L'emprisonnant. C'était tant mieux. Il ne voulait pas qu'elle parte. Il ne voulait pas qu'elle le lâche. Elle se hissa jusqu'à poser son menton sur son épaule et continuer à lui parler, tout contre son oreille, lui faisait part de ce qu'elle voulait, et il ne put s'empêcher de sourire lorsqu'elle se mettait à prédire leurs réactions. Un élan de sincérité, pur, qu'il apprécia à son juste prix. Il fit glisser ses mains le long de ses hanches, atteignant le haut de ses fesses, puis poussa un petit soupir de bien-être. Oui. Un film. L'honnêteté qui avait débordé de ses propos le convainquait presque de lui faire confiance et de regarder un de ces fameux films qu'elle avait cités, mais elle était là. Dans son dos. Et Saffron n'était qu'un homme. Et Saffron ne résista pas. Il lui prit les mains pour les retirer de ses poches et se tourna pour lui faire face. Il l'observa dans les yeux, longuement, notant la nostalgie dans son regard. La voir si vulnérable était quelque chose de totalement nouveau, elle ne s'était jamais autant confiée à lui. Il glissa sa main droite sur sa joue, emportant quelques mèches avec lui, puis déposa un baiser plein de passion sur ses lèvres. Il ajouta en glissant ses doigts dans les passants de son jean pour la garder au plus près de lui : « A toi de choisir... Un film... ou ma royale compagnie... » Il étira un sourire, fier de son défi, avant de venir effleurer les lèvres d'Elyrian sans toutefois les embrasser, taquin. Il lui laissait le choix. Vraiment. C'était son choix. Il voulait seulement la voir l'effectuer. Et tandis qu'elle réfléchissait, comme pour lui compliquer la tâche, il se mit à déposer de tendres baisers le long de son cou, descendant jusqu'à sa gorge, la mordant au niveau de la carotide, faisant glisser ses dents sur sa peau. Il la plaqua finalement contre le mur, à côté de la porte, revenant à ses lèvres, les dévorant sur place pour lui montrer ce que lui préférait nettement qu'ils fassent. Il s'arrêta pour reprendre son souffle, sentant sa température corporelle monter d'un cran. Il déclara après avoir glissé deux doigts sous son jean, au niveau de la braguette : « On a peut-être pas de voiture... mais je t'assure que lit coulera... » Non, décidément, il n'était pas raisonnable. Pas du tout. C'était même barbare. Mais il s'en fichait. Il jouait. Définitivement. Leur jeu venait de monter un niveau au-dessus, et il ouvrait la partie. Il menait la danse. Prenait des initiatives. Il aimait plus que tout la surprendre, la pousser le plus loin possible.
Un sourire insolent aux lèvres, il attendit, patiemment. Parce que le jeu ne marchait que si l'autre voulait jouer, et même s'il savait qu'Elyrian voudrait, il fallait cependant qu'elle le lui montre. Alors, il attendit.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 2 Sep - 1:39








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Il ne plaisantait pas. Pas le moins du monde. La jeune femme se demanda un bref instant comment il avait pu occuper son enfance et son adolescence, surtout en période de vacances. Elle-même n’était pas particulièrement accro à toutes ces conneries, mais le cinéma ça restait important à ses yeux, la télé un bon moyen de passer le temps avec des proches ou avec le petit ami du moment. Et puis cela semblait normal. Mais apparemment pas pour lui, au vu de ce sourire gêné qu’il arborait désormais et qui confirmait le fait qu’au moins il ne s’était pas moqué d’elle. Désormais rassurée à l’idée que ce ne soit pas qu’une mauvaise blague, la blonde pensa à tous ces films, ces chefs d’œuvre qu’il avait pu manquer. Un jour, en espérant que cette saloperie d’épidémie finisse par être endiguée, elle lui ferait rattraper ce retard. Un jour. Pour l’heure toutefois elle préféra faire mine de s’offusquer, restant encore surprise, par ce manque de culture cinématographique. Le rejoignant bien vite à l’intérieur de sa chambre, elle lui expliqua l’intérêt de ces films, tout du moins l’intérêt qu’elle pouvait leur trouver. Elle s’expliquait aisément, lui avouant ses peurs et ses faiblesses, oubliant la force qu’elle tentait d’exhiber au monde entier à longueur de journée. Elle délaissait le masque. Totalement. Car cela lui faisait du bien de le faire tomber, avec lui, pour lui. Pour elle aussi, évitant ainsi de se fatiguer inutilement, évitant de rester sur la défensive et de menacer à tout va. Saffron devenait ainsi la seule personne capable de lui apporter un peu de tranquillité et de paix. Elle ne craignait plus son jugement, plus maintenant qu’il avait visité et observé la quasi’ totalité de son appartement, plus maintenant qu’elle avait capté ses sourires et sa curiosité, son approbation aussi. Alors elle n’hésita pas à s’imaginer en sa compagnie, devant un film. Elle n’hésita pas à imaginer ce que cela donnerait, se perdant dans ses souvenirs, soudainement absente. Absente, certes, ce qui ne l’empêchait pas toutefois de sentir les mains du marin se glisser sur ses hanches, avant de remonter jusqu’au sommet de ses fesses. Elle apprécia le contact, tout comme elle apprécia le soupir qui échappa à son compagnon, suffisant pour la rassurer sur sa capacité à le séduire et sur le fait qu’il l’avait bel et bien écouté. Et qu’il savait apprécier cette confession à sa juste valeur.

Immobile, elle se contenta de conserver sa position, cessant de réfléchir afin de se laisser aller contre lui, observant la pièce sans un mot, refoulant les souvenirs que cette simple vision lui rappelait. Une part d’elle-même lui soufflait qu’elle n’aurait pas dû revenir ici, que le départ n’en serait plus compliqué, que cela ne ferait que lui rappeler leur situation précaire, instable au possible. Mais de l’autre côté, elle savourait cet instant, ce partage, cette impression d’être dans une bulle. Rien ne pourrait lui arriver. Et elle peinait à savoir ce qui lui procurait un tel sentiment : son retour dans ce qu’elle avait toujours considéré comme un foyer, ou la présence de l’homme à ses côtés. La danseuse n’eut toutefois pas l’occasion de débattre sur le sujet que déjà elle percevait les infimes mouvements de son partenaire, témoignant du fait qu’il s’apprêtait à bouger pour de bon. Cela ne manqua pas, elle sentait déjà ses mains sur les siennes, la contraignant ainsi à le lâcher ce qui lui arracha un bref froncement de sourcils. Cela ne dura pas cependant car déjà il se retournait pour lui faire face. D’instinct elle capta le saphir de ses yeux, s’y perdant un bref instant, retenant son souffle dans l’attente d’une réaction, ce qui la terrifia de nouveau. Le simple contact de sa main sur sa joue suffit à l’apaiser malgré tout, elle se sentait rassurée et ce sentiment allait en grandissant tandis que le brun se penchait sur elle afin de l’embrasser avec passion. Un baiser qu’elle lui rendit sans l’once d’une hésitation, le laissant docilement l’attirer contre lui en usant pour cela des pans de son jean. A peine l’étreinte prenait-elle fin qu’il reprenait déjà la parole, lui offrant ainsi un choix qui n’en était clairement pas un, provocant et fier au possible. Un défi. La blonde ne s’était pas attendue à une telle proposition si bien qu’elle se mit à rire, légèrement, levant les yeux au ciel un bref instant alors qu’elle se mordait la lèvre comme pour résister à la tentation qu’il incarnait pour elle. Elyrian aurait aimé choisir le film, par pur esprit de contradiction elle aurait été prête à choisir cette option, afin de le frustrer ou pour peut-être le rendre suffisamment fou afin qu’il soit le premier à craquer. Lui. Pas elle. Mais comment résister ? Comment résister à ce regard qui s’ancrait de nouveau dans le sien, ces lèvres si proches qu’elle voulut les happer de nouveau pour ne plus jamais les lâcher. Mais elle n’en fit rien, se contentant de se délecter de ce souffle chaud, le laissant savourer sa propre respiration qui s’emballait au fur et à mesure qu’il la touchait. Un large sourire apparaissait désormais sur ses traits, amusée qu’elle était par ce défi, sa façon de la provoquer et de l’amener sur son terrain à lui, tout en simplicité. C’était efficace, clairement. Elle souffla alors à son intention, le regard brillant, reprenant en partie les mots que lui-même avait pu employer auprès d’elle : « Ça te plait de commander hein ? Et de nouveau elle se mordit les lèvres, savourant celles de Saffron sur son cou, sa gorge. Appréciant ces brèves morsures sur sa peau, marquant sa carotide. Il jouait avec elle, clairement, et elle ne parvenait pas à lui résister, bien qu’elle tente brièvement de le faire, laissant quelques mots lui échapper sous la forme d’un souffle anarchique, peu crédible. Tu sais… Titanic c’est vraiment bien, même si le gars meurt. Hum… Vraiment bien. »

Sa respiration s’excita un peu plus alors qu’il était clair qu’elle en oubliait jusqu’au scénario du film, incapable de réfléchir, elle savait juste que là, tout de suite, elle avait chaud, vraiment chaud. Ce fut pire encore quand il la plaqua contre le mur, juste à côté de la porte, afin de l’embrasser une nouvelle fois, usant de cette même passion, cette même fougue qui la faisait défaillir. Et cette fois elle ne tenta plus de résister. Ses mains qu’elle avait conservé loin de lui jusque-là remontèrent jusqu’à sa nuque, glissant dans cette chevelure qui lui plaisait tant, s’y agrippant et l’invitant à poursuivre ces baisers offerts. Et si cela n’était qu’un petit jeu destiné à la frustrer encore plus, il était certain qu’elle le tuerait. Littéralement. Pour l’heure elle se pressait contre lui, avide, envieuse de sentir son corps contre le sien, de le savoir à portée et surtout de se savoir elle-même à portée de ses bons soins. Elle ne fut pas déçue, reprenant péniblement son souffle mais sentant déjà ces doigts se faufilant sous son jean, à peine, mais suffisamment pour la rendre dingue. Ses propos ne firent que rajouter à son excitation. Frissonnant sous ce qu’elle percevait comme une véritable promesse, elle l’observa s’immobiliser, figé dans cette position particulièrement plaisante, insolent et patient. C’est qu’il lui laissait véritablement le choix apparemment, bien qu’il ait tout fait pour s’assurer qu’elle aille dans son sens. Il était clairement trop tard pour qu’elle songe une seule seconde à l’emmerder en se refusant à lui, elle-même se sachant incapable de le repousser en cet instant. C’était impossible et elle le lui fit bien remarquer, dans un souffle, une mine faussement outrée sur le visage. « Tu parles d’un choix. Aussitôt ses lèvres partirent une énième fois à la rencontre de celles du marin, presque sauvagement. Une main logée dans sa chevelure, l’autre était descendue jusqu’à atteindre les fesses du marin, sous le tissu, sans une once d’hésitation. Elle fit également remonter l’une de ses cuisses le long de la jambe de son partenaire, aguicheuse au possible, l’espace de quelques secondes avant qu’elle ne rompe de nouveau le baiser, sifflant de nouveau contre lui, envieuse et presque bestiale. Tu me fais chier à être aussi séduisant. Aussi… » Elle chercha ses mots, un bref instant, avant de secouer la tête dans un grognement frustré, abandonnant l’idée de terminer sa phrase. Cela n’avait aucune importance et elle l’embrassait déjà de nouveau, se montrant toutefois plus active désormais. Ses mains délaissèrent nuque et fesses afin de se poster sur ses hanches, un bref instant, le temps de s’emparer du bas de son t-shirt afin de tirer dessus, remontant ainsi jusqu’à ses épaules, elle l’incitait ainsi clairement à lever les bras afin de retirer définitivement le bout de tissu qu’elle jeta dans un coin de la pièce sans daigner s’en soucier une seule seconde de plus. Ses prunelles d’émeraudes glissèrent sur cette peau ainsi dévoilée, elle le dévorait clairement du regard avant que ce ne soit sa bouche qui prenne le relais, glissant sur son cou et descendant le long de son torse, parsemant ainsi la peau de baisers. Ses mains étaient tout aussi occupées avec ce corps offert, s’agrippant à l’une de ses épaules tandis que l’autre se glissait à hauteur de sa cicatrice. Et ces doigts qui s’agitaient ainsi à hauteur de cette hanche balafrée étaient certes délicats, la jeune femme n’ayant guère envie de le griffer comme une sauvage à cet endroit, mais bels et bien envieux. Il avait tout intérêt à s’être mis dans le crâne qu’elle se moquait de la cicatrice, car il était clair qu’elle s’y attarderait, tout comme elle s’attarderait sur chaque partie de son corps.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 2 Sep - 13:24

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Il la mettait au défi de lui résister. Il la mettait au défi de quitter son étreinte, maintenant, tout de suite, pour se poser sur son canapé et mettre un de ses précieux films. Il la mettait au défi d'une fois de plus l'abandonner à ses désirs les plus primaires. Elle ne pouvait pas. Elle ne pourrait pas. Il s'était donné assez de mal pour lui faire comprendre qu'il ne la laisserait jamais tomber, ce dans n'importe quelle circonstance. Elle pouvait essayer de lui résister, elle pouvait essayer de lui prendre la main et de l'attirer au salon. Saffron était tellement curieux de savoir quelle serait sa réaction, maintenant qu'il l'avait à nouveau embrassée et qu'elle lui avait répondu avec autant de passion. Il la tenait. Ses index qu'il avait passés à l'intérieur des passants de son jean ne la lâchaient pas. Ils ne voulaient pas. Il ne voulait pas. Saffron menait la danse, menait à la baguette, il était le chef d'orchestre et Elyrian suivait la partition, malgré elle. Malgré que ce ne soit pas sa composition.
Il savait ce qu'il faisait. Il était son propre maître bien qu'il sentait qu'au moindre regard, au moindre geste de sa part, il défaillirait. Il était aussi solide que du cristal. Son pouvoir son elle ne tenait qu'à un fil tant Elyrian était imprévisible. Et il lui laissait le choix. Bien sûr. Maintenant qu'il était parvenu à l'avoir, à la rendre passive, il allait la rendre à nouveau mobile. Maîtresse d'elle même. Et elle se mit à rire. À rire. De ce rire si franc, adorable, que Saffron aimait plus que tout entendre. Il aimait la faire rire, et il ne put s'empêcher de sourire lui-même. Les personnes qu'il aimait, appréciait, avaient toujours le don de le faire sourire facilement. Le rire était communicatif, les sourires monnaie courante. Elyrian leva également les yeux au ciel, et Saffron en profita pour caresser son visage du regard, contemplateur. Admirateur. Ses yeux brillaient doucement. Une de ses mains abandonna un des passants pour se glisser dans le dos de la blonde et l'attirer encore plus près. Il s'attaqua presque aussitôt à son cou, délaissant ses lèvres, utilisant ses dents, comme pour apposer une marque destinée à montrer aux autres qu'elle était sienne, qu'elle lui appartenait.
Lorsqu'elle daigna enfin lui répondre, ce fut en utilisant une phrase qu'il avait lui-même utilisée le matin-même, avant qu'il ne parte. Il s'immobilisa alors, sourire aux lèvres, les dents figées sur le cou d'Elyrian, puis il remonta doucement jusqu'à son oreille, très doucement, pour murmurer le plus sensuellement possible : « J'adore ça. » Ses lèvres s'attardèrent encore un petit moment contre son oreille, puis elles redescendirent pour retrouver ce cou, immaculé, qu'il se mit à nouveau à mordre et embrasser. Et il s'amusa de l'entêtement d'Elyrian, qui continuait à essayer de le convaincre de regarder un film. Il sentait cependant qu'elle avait du mal à parler. Que sa respiration s'emballait. Et qu'elle était de moins en moins convaincue par ses propos. Il acheva de l'embrasser, là, juste sous son menton, avant de la faire pivoter de la plaquer contre le mur. Et revenir à ses lèvres. Bestial. Désordonné. L'échos de leurs baisers se répercutant dans la pièce. Et ses mains qu'il n'arrivait plus à contrôler, si bien qu'il osa aller glisser deux doigts à l'intérieur du jean de la blonde avant de lui assurer que même s'ils n'avaient de voiture, le lit, lui, coulerait. C'était audacieux, c'était même présomptueux, mais il s'en fichait. Tout ce qu'il voulait, c'était la convaincre, même s'il sentait qu'Ely avait déjà fait son choix. Il la sentait, frissonnante au toucher, et terriblement aguichée. Elle ne manqua pas de lui faire comprendre que ce n'était pas vraiment un choix, et Saffron ne put s'empêcher d'étirer un large sourire, fier de son petit piège. Sauf que cette fois, ce fut elle. Ce fut elle qui se jeta presque sauvagement sur lui pour l'embrasser, et Saffron, après avoir reculé légèrement, revint à la charge et la pressant carrément contre le mur, répondant à ses baisers, appréciant le goût de ces lèvres, de cette bouche. Il ne pouvait pas être plus près d'elle. Il se pressait contre sa poitrine, envieux, et ses deux doigts étaient comme coincés entre leurs deux bassins. Il frissonna à la main qu'elle porta et glissa dans ses cheveux, mais poussa un petit grondement satisfait entre deux baisers lorsque l'autre main de la blonde glissa à l'arrière de son jean, à l'intérieur, pour atteindre ses fesses. La cuisse qu'elle monta, il l'attrapa aussitôt, profitant du geste pour venir encore plus près. Le souffle lui manquait. Lorsqu'elle rompit leur baiser, il voulut la remercier, mais il était trop occupé à retrouver une respiration à peu près stable. Son cœur martelait sa cage thoracique comme les poings d'un boxeur sur sa cible. Violemment.
Lorsqu'elle siffla qu'il la faisait chier à être aussi séduisant, elle laissa sa phrase en suspens. Il en profita pour ajouter en caressant sa cuisse d'une main délicate, du bout des doigts, utilisant pour ce faire le peu d'ongles qu'il avait : « Aussi doué ? » Mais elle l'embrassait déjà, et Saffron s'agrippait fermement à cette cuisse, tandis que son autre main était montée pour se loger sur la poitrine de la blonde. Mais bien vite, les mains de la jeune femme vinrent empoigner ses hanches, puis son t-shirt, qu'elle remonta vivement, lui intimant silencieusement de lever les bras. Ce qu'il fit pour lui faciliter la tâche avant qu'elle ne balance son vêtement à l'autre bout de la pièce. Et il était à demi-nu, à présent, mais il n'avait pas froid. Pas lorsqu'il sentait la bouche d'Elyrian glisser le long de son cou et le long de son torse. Il se crispa légèrement lorsqu'elle posa une main sur sa cicatrice, sur sa hanche, mais il se ressaisit aussitôt. Ce n'était qu'un réflexe. Qu'un pur réflexe. Et il n'y accorda pas plus d'attention. Ses mains glissèrent dans le dos d'Ely, sous ses vêtements, avant qu'il ne décide de lui rendre la pareille en la débarrassant de sa veste, et en l'incitant à lever les bras pour régler son compte au débardeur qui agaçait ses mains. Lorsque ce fut chose faîte, il la souleva doucement par les hanches pour l'attirer contre lui et reculer, tout en la portant, jusqu'au lit. Il s'y assit un peu en catastrophe, trop pressé, puis ses mains repartirent en chasse tandis que ses lèvres, elles, glissaient sur sa poitrine, évitant la dentelle de son soutien-gorge. Il voulait revoir le tatouage. Il voulait parsemer les traits noirs de baisers, remonter, redescendre, suivre le tracé. Il déclara finalement, songeur, en levant les yeux vers elle, comme elle le surplombait : « Il faudra que je t'emmène, un jour. Que je te montre l'océan. Que je te montre mon monde. Ici, tout est triste, tout est désolant. Je déteste cet endroit... » Il apposa un baiser plein de tendresse sur sa poitrine, avant de lever à nouveau les yeux vers elle, à fois curieux et craintif d'entendre sa réponse.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 2 Sep - 16:01








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Il ne la lâcherait pas. Ce choix n’en était pas un, tout d’abord parce qu’elle était incapable de se refuser à lui après tout ce qu’il venait de faire, mais surtout parce qu’elle doutait du fait qu’il puisse la laisser partir désormais. Si la blonde avait opté pour le film, l’aurait-il laissé faire ? L’aurait-il suivi docilement, sans broncher, ou aurait-il poursuivi ses efforts afin de la faire craquer ? Probablement que le marin aurait continué de la rendre folle, pour qu’elle s’abandonne dans ses bras, définitivement. Il ne la laisserait pas partir. Elle le sentait à sa manière de la tenir, sa façon de se presser contre elle, de l’enlacer en glissant une main dans son dos, achevant ainsi son emprise sur elle. Aux yeux d’Elyrian plus rien n’existait, il n’y avait que cet espace clos, défini par ces bras qui la maintenaient prisonnière. Cette bulle de bien-être et de désir, cette chaleur se répandant dans son corps qui se mêlait à celle qui émanait de celui de son compagnon tandis qu’elle nichait son visage dans son cou, humant son odeur, caressant sa peau de son souffle, yeux clos, savourant la douceur teintée parfois d’empressement qu’il lui prodiguait. Elle ne voyait plus que le saphir de ses yeux, ne sentait plus que ses lèvres qui exploraient la moindre parcelle de sa peau, elle ne percevait que ses morsures qui lui arrachaient des frissons de satisfaction. La jeune femme avait beau en rire, s’en amuser. Elle avait beau tenter de lui résister, sachant toutefois parfaitement qu’elle lui avait succombé depuis longtemps, cela ne faisait qu’accentuer l’assurance du brun, le confortant dans l’idée qu’il l’avait eu. Il la possédait, littéralement. Et loin de s’en offusquer, cela lui plaisait. La danseuse ne réfléchissait plus, se contentant de montrer partiellement les crocs, tentant de s’affirmer encore maîtresse d’elle-même en usant d’ironie, mettant en avant le plaisir que tirait le marin à la commander de la sorte. Il la malmenait, et il adorait ça, il le lui confirmait sans hésiter, comme elle avait pu le faire un peu plus tôt dans la matinée. Mais outre ces propos, ce fut cette manière de les lui souffler qui lui arracha de nouveaux frissons. Ces lèvres qui remontaient jusqu’à son oreille, caressantes, lentes, avant que le murmure ne lui échappe, doux et amusé. Il prenait son temps, joueur et taquin au possible, ce qui avait le don de la mettre dans tous ses états. Elyrian n’avait plus qu’une envie, lui sauter littéralement dessus, lui arracher ses vêtements et le supplier de la prendre sur le champ. Elle s’en abstenu toutefois, peu désireuse de rendre le jeu aussi simple. Elle n’offrait jamais de victoires faciles. Jamais.

Ce fut donc par fierté qu’elle tenta de tenir bon encore un peu, affirmant avec bien peu de conviction que ces films qu’elle défendait en valaient vraiment la peine. C’était vrai, mais bien peu crédible. C’était vrai, mais ce n’était rien comparé à ce qu’il lui faisait subir en cet instant. D’autant plus qu’elle devait l’admettre, l’intérêt de regarder un film en sa compagnie résidait dans le fait que cela se finirait forcement ainsi, dans un lit. Le marin zappait juste l’instant cinéma, venant simplement à l’essentiel, ce qui était loin de lui déplaire. Ce fut même encore mieux quand son compagnon daigna se montrer plus entreprenant, plus brutal dans un sens, en venant la plaquer contre le mur pour l’embrasser une nouvelle fois, sauvagement. Il alla jusqu’à affirmer que s’ils n’avaient pas de voiture, le lit ferait l’affaire et coulerait tout aussi bien. C’était présomptueux, assuré, suffisamment pour lui procurer de nouvelles bouffées de chaleur. Intense. Elle adorait le sentir aussi sûr de lui, constater qu’il savait parfaitement ce qu’il voulait et qu’en prime, ce qu’il voulait, c’était elle. Juste elle. Rien d’autre qu’elle. Elyrian se sentait désirable, elle était le fruit de sa curiosité, de son désir. Elle était tout. Elle aimait se sentir réclamée à ce point, cela la rendait folle. Folle de lui. Au point qu’elle délaissa ses dernières barrières, abandonnant toute idée de rébellion, afin de s’emparer une nouvelle fois des lèvres du brun. Elle ne se retenait pas, s’abandonnant clairement à leur étreinte, envieuse au possible. Partant à la découverte du corps de son partenaire, elle soupira d’aise entre deux baisers, appréciant cette proximité presque insoutenable, aimant plus que de raison de se sentir ainsi oppressée entre le mur et lui, savourant l’emprise qu’il exerçait désormais sur sa cuisse. Profitant d’un bref moment de répit, la blonde se mit alors à se plaindre à moitié, agacée de se sentir aussi faible, de constater l’effet qu’il lui faisait. Il était trop tout. Trop séduisant, trop charmeur, trop audacieux, trop assuré, trop intelligent aussi. Tu parles d’un idiot, il était sur la corde raide depuis qu’il la connaissait car il en était ainsi pour chacune des relations qu’entretenait la blonde. Pourtant il n’avait jamais flanché ou même vacillé, habile dans ses mots et ses gestes, la domptant aisément. Trop doué. Comme il le disait si bien, confirmant ses propos en effleurant sa cuisse de ses ongles, en un geste délicat et aérien qui lui arracha un énième frisson. Presque agacée de devoir admettre qu’il avait amplement raison, la danseuse préféra clore le sujet en l’embrassant encore, bien décidée cette fois à passer aux choses sérieuses.

Rapidement la jeune femme en vint à se débarrasser du haut de son compagnon. Elle s’attarda un instant sur ce torse, le dévorant du regard, appréciant les muscles qui se dessinaient sous ses yeux puis sous ses mains, retraçant le contour de ces derniers du bout des doigts. Ses lèvres prirent finalement le relais, parsemant de baisers sa peau, goûtant à cette dernière avec avidité. Ses mains étaient parties se poster sur les hanches du brun et si elle sentit ce dernier frissonner quand elle s’attarda sur sa cicatrice, elle remarqua également que cette gêne ne dura pas. Il n’avait été tendu qu’un bref instant, probablement par habitude, avant de se détendre de nouveau sous ses caresses. Saffron fut de toute manière bien vite trop occupé à lui rendre la pareille, effleurant son dos avant de la soulager de quelques vêtements, abandonnant sa veste au sol avant de lui retirer son débardeur de la même manière. L’air ambiant lui arracha un frisson, bref, avant que le corps du marin ne vienne se plaquer de nouveau contre le sien, suffisant pour la réchauffer considérablement. Puis ce fut ces mains qu’il posa sur ses hanches, l’amenant contre lui et la soulevant aisément. D’instinct la jeune femme passa un bras autour de son cou, ses doigts se referment sur son épaule afin de s’y agripper, tout en enroulant ses jambes autour du bassin du marin. Ce dernier se retrouva bien vite assis sur le lit, lui offrant le plaisir de le surplomber, ainsi installée sur ses cuisses, ses genoux reposant à côté de ces dernières. Se redressant à peine, ce simple geste permettait à son compagnon de s’attarder sur sa poitrine, malgré l’obstacle que représentait encore sa lingerie, une lingerie qui la dérangeait de plus en plus. Yeux clos Elyrian laissa son front reposer sur le sommet du crâne de son partenaire, son souffle se faisant anarchique alors qu’elle profitait de ces baisers. Cela ne dura pas toutefois car bien vite il l’incita délicatement à le regarder, ce qu’elle fit, ancrant ses émeraudes dans le saphir de ses yeux à lui. Les propos qu’il lui tenu alors la prirent au dépourvue. Trop obnubilée par ce corps entre ces doigts, elle ne s’était pas attendue à une remarque aussi sérieuse après tout ce qui venait de se faire ou de se dire. La surprise passée, la danseuse se mit à l’observer, songeuse à son tour, se perdant dans ses pensées, analysant les sentiments qui la traversaient désormais.

Elyrian savait, tout du moins se doutait-elle qu’il ne s’agissait pas d’une proposition faite à la légère. Tout comme elle lui avait dévoilé son appartement aujourd’hui, il désirait lui présenter son monde à lui, son foyer, bien plus large et plus vaste que ce qu’elle pouvait posséder. Le simple fait qu’il désire lui partager cela la toucha, un sentiment accentué par ce nouveau baiser qu’il déposa sur sa peau et ce regard attentif et craintif qu’il vrillait désormais sur elle. Elle comprenait. Car elle aussi avait craint son jugement, elle aussi s’était demandé comment il réagirait en découvrant ce qu’elle avait à lui montrer. De voir qu’il réagissait comme elle suffit à lui arracher l’esquisse d’un sourire, tendre. Sa main logée dans sa chevelure glissa jusqu’à atteindre sa joue, caressant cette dernière avec délicatesse, son pouce partant caresser les lèvres du brun. La proposition lui plaisait. Elle voulait qu’il lui montre, elle voulait qu’il l’emmène. Elle voulait encore une fois être cette personne, unique et privilégiée, qui découvrirait le monde à travers ses yeux à lui. Elle voulait partager, elle voulait recevoir. D’autant plus qu’elle savait que cela comptait pour lui, que l’océan c’était toute sa vie, ce qu’il confirma en affirmant encore une fois qu’il trouvait la terre ferme désolante, triste. Il détestait être ici. Ne le faisant pas attendre plus longtemps, elle hocha doucement la tête sans cesser ses caresses, avant de souffler avec douceur. « Ça me plairait bien. Rapprochant son visage du sien, elle effleura ses lèvres de son souffle, savourant leur proximité le plus simplement du monde, s’accordant juste quelques secondes ainsi. Elle profita toutefois de ce temps pour rajouter, le regard brillant. Tant que c’est loin, là où je n’ai eu le plaisir d’aller. Et je veux voir des dauphins, c’est gentil les dauphins. » Un sourire amusé naquit sur ses lèvres, elle n’en restait pas moins sérieuse. Elle voulait voir des dauphins, des baleines, pourquoi pas des orques. Elle voulait découvrir des phoques, des tortues, des otaries. Tout et n’importe quoi, tant qu’elle puisse le découvrir autrement que via un aquarium. Pas de requins toutefois, ça c’était certain. De nouveau Elyrian s’empara alors des lèvres du marin, tendrement, comme pour conclure cette histoire. Un jour oui, ils feraient ça. A vrai dire, imaginer un potentiel futur la rassurait, cela lui rappelait pourquoi elle se battait chaque jour, cela lui donnait la force d’avancer. C’était un espoir. Peut-être futile, naïf et inutile. Mais un espoir tout de même, et elle s’y accrochait désespérément. Mais alors que son étreinte se faisait tendre, ses doigts glissant encore sur sa joue et sa nuque, son comportement changea du tout au tout.

Mettant fin au baiser, elle reprit alors la parole. « Mais… Se redressant de nouveau, la blonde posa une main ferme sur le torse dénudé de son compagnon, y exerçant une pression tout aussi dominatrice afin de le plaquer sur le lit. Toujours à califourchon sur lui, elle repoussa sa chevelure en arrière, le regard brillant de provocation et de satisfaction. Sa voix s’élève alors dans un souffle, sournois, faussement blessé. Je suis déçue d’apprendre que tu détestes mon appartement. Oh il n’avait jamais rien dit de tel. Je déteste cet endroit. Elle avait compris qu’il détestait la terre ferme, qu’il détestait Girdwood, le camp, les rôdeurs. Il n’y avait rien de personnel mais, vicieuse, elle avait voulu jouer sur les mots. L’une de ses mains restait ainsi sur le ventre du brun, le dissuadant de tenter de se relever, tandis que l’autre partait à hauteur de sa ceinture, commençant lentement à la défaire, la délaissant sur le côté tandis qu’elle s’attaquait désormais aux boutons et à la braguette qui maintenaient le tissu sur lui. Ce fut à ce moment-là qu’elle poursuivit, malicieuse. Je pensais que tu l’aimerais. Je croyais que cette situation te ferait oublier le reste, absolument tout le reste. Ses doigts se refermèrent sur le rebord du jean, tirant dessus afin de le baisser progressivement, elle en profitait pour caresser ses cuisses, ses jambes, et ce jusqu’à ce que le vêtement ne finisse au sol. Il ne restait décidément plus grand-chose au marin, un petit rien qui les séparait encore, sans parler des habits qu’elle-même portait encore sur elle. Elyrian se pencha alors sur lui, ses lèvres contre le bas de son ventre, ses doigts crochetant son sous-vêtement afin d’effleurer brièvement la peau qui se trouvait en dessous. Des lèvres qu’elle fait remonter, progressivement, lentement, se permettant de chuchoter de nouveau, entre chaque baiser ainsi offert, chaque morsure, chaque instant qu’elle passait à le goûter, du bout des lèvres, du bout de la langue. Tu trouves ça triste Saff’ ? De me savoir là, contre toi, envieuse. De constater l’effet que tu me fais, de voir à quel point j’ai envie de toi. Il la rendait folle, clairement, mais elle ne doutait pas une seule seconde du fait qu’il devait être en cet instant dans un état bien pire que le sien. Elle continuait de remonter, jusqu’à son épaule qu’elle mordit plus franchement, sa gorge qu’elle taquina plus doucement de ses dents, tandis qu’elle se penchait progressivement sur lui, pressant sa poitrine sur cette peau qu’elle avait savouré, mettant déjà à profit ses talents de danseuse pour faire onduler son bassin contre le sien, aguicheuse au possible. Ce fut finalement en arrivant au creux de son oreille qu’elle en vint à souffler sa conclusion, chaudement, le plus sensuellement possible. C’est si désolant d’apprendre que là, tout de suite, je ne veux appartenir qu’à toi ? Elle reprend son souffle, difficilement, se figeant dans sa position séductrice au possible. Dis moi. Je suis curieuse. »




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 2 Sep - 18:42

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

C'était vrai. À ses yeux, il n'y avait plus qu'elle. À ses yeux, plus rien ne comptait. La chambre avait disparu, l'appartement aussi. Ne restait plus que la bulle, confortable, puissante, aussi. Et Elyrian. Et ce désir qui se faisait de plus en plus fort, de plus en plus pressant. Saffron avait du mal à se contenir. Il avait du mal à rester maître de lui-même. La tendresse le ramenait sur terre, la tendresse qu'il avait pour Elyrian ralentissait ses mouvements, les affinait, les rendait moins hâtifs. Sans cette tendresse, qu'il gardait au plus profond de lui, caché, inaccessible, il ne serait qu'une bête. Et il ne voulait pas être une bête. Il ne voulait pas se jeter sur Elyrian comme si elle n'était qu'un morceau de viande, non. elle n'était pas un morceau de viande. Elle était une émeraude. Verte. Étincelante. Précieuse. Ô combien précieuse. Et une émeraude ne s'avalait pas. Elle se limait. Elle se taillait. On en prenait soin. On l'adorait. On la convoitait, aussi, et Saffron l'avait belle et bien convoitée. Et maintenant qu'il l'avait, il était hors de question qu'elle lui échappe. Il ne la laissera pas, il ne la laisserait plus.
Et c'était à son tour de se confier, alors qu'il l'avait amenée avec lui, au bord du lit, ses mains glissant dans son dos tandis qu'elle le surplombait, telle une déesse. Il ne sut pourquoi il lui avait dit ça, mais il savait au moins une chose : son cœur était sur le point d'exploser. Oui. Il avait des fuites. Et sans doute ces fuites s'étaient-elles transformées en aveu, d'où son envie de lui faire découvrir son monde. De l'emmener, de la garder pour lui, jalousement. De lui apprendre à aimer l'eau, à ne pas la craindre, à la respecter. La relation qu'entretenait Saffron avec l'océan était aussi intime que celle qu'il avait avec Ely en ce moment même. Loin de lui, il était triste. Loin de lui, il n'était qu'à demi lui-même. Il lui manquait tellement de choses de son ancienne vie. Le vent. Sa force, son souffle, son odeur marine. Le sable. Noir. Blanc. Jaune. Sa texture, sa douceur lorsqu'il se réveillait en son sol. Les vagues qui secouaient son bateau. Le soleil qui dorait sa peau. Les cordes qui lui abîmait les mains. Sa chasse aux squales. Il voulait lui montrer ce qu'il était vraiment, tout comme elle lui avait montré qui elle était en l'amenant ici. Et tandis que Saffron déposait un baiser sur la poitrine d'Elyrian, il se disait que venir ici n'avait pas été une si mauvaise idée que ça, finalement. Elle était ce dont il avait besoin, elle était cette énergie, à la fois rassurante et dévastatrice, qui lui donnait encore envie de se battre pour récupérer son bateau et le remettre à flots. À ce propos, il hésita longuement à lui parler de ce fait, mais il se retint au dernier moment. Il aurait tout le temps de le faire plus tard. Pour le moment, il se plaisait à penser qu'il l'emmènerait dans ce lagon, au large des côtes Grecques, ce lagon dans lequel il revenait tous les ans. Un monde à part. Parfait. Un paradis.
Quand ses yeux rencontrèrent enfin les émeraudes d'Elyrian, qu'il la vit sourire, il eut envie de l'enlacer, et ce fut ce qu'il fit. Ses bras se refermèrent sur elle dans son dos, résistant à la tentation de dégrafer ce sous-vêtement qui le gênait définitivement. La main de la blonde, alors rendue dans sa cheveux, descendit jusqu'à sa joue, et il ferma les yeux pendant deux secondes avant de sentir son pouce se poser sur ses lèvres. Il l'embrassa, sans hésiter. Elle lui répondit alors que cela lui plairait bien, et Saffron sourit à cela. Il ne put faire autrement. Il était content. Il était heureux. Et la manière dont elle se rapprocha de lui lui gonfla le coeur comme jamais. Elle ajouta qu'elle voulait aller loin, quelque part où elle n'était pas allée, et qu'elle voulait voir des dauphins. Cette fois, il ne put s'empêcher de rire franchement, tout en prenant son visage dans ses mains. Il répliqua en ayant du mal à garder son sérieux : « Des dauphins, d'accord. D'accord. » Il essaya de reprendre son sérieux, puis ajouta sans pouvoir s'empêcher de sourire : « Ça, c'est facile. » Il était amusé de voir que son choix s'était porté sur des dauphins. Il en avait rencontré maintes et maintes fois pendant ses voyages, mais n'avait réussi à les approcher qu'une seule fois. C'était des animaux extrêmement joueurs, mais aussi extrêmement intelligents. C'était un excellent choix. Et comme pour conclure cette petite pause dans leur jeu de séduction et de caresses, Elyrian s'empara de ses lèvres. Le marin savoura le baiser autant que ses mains savouraient ce qu'elles trouvaient, à savoir le bas de son dos. Une main alla se poser sur sa fesse droite tandis que l'autre restait sur sa taille.
Mais, tout à coup, la blonde rompit le baiser pour reprendre la parole. Elle posa en même temps sa main à plat sur le torse de Saffron qui la regarda un instant, avant qu'elle ne le plaque sur le dos avec cet air dominateur qui lui plaisait tant. Elle dit alors qu'elle était déçue de voir qu'il détestait son appartement. Il perçut la malice dans ses yeux, et sut aussitôt quelle sorte de jeu sournois elle jouait là. Elle l'avait compris. Elle l'avait parfaitement compris. Elle profitait seulement de l'occasion pour prendre le dessus sur lui, et il se laissa faire, docilement, les bras le long du corps, complètement à sa merci. D'ailleurs, la main qu'elle avait laissée sur son ventre l'empêchait de se relever, ferme, et il apprécia ça. Beaucoup. L'autre main de la blonde, quant à elle, était partie vers sa ceinture. Saffron se cambra doucement tandis qu'elle le débarrassait de ce morceau de cuir et s'attaquait à sa braguette. Il ne put s'empêcher de redresser la tête pour l'observer faire, même si sentir ses doigts se balader à cet endroit le rendait fou. Complètement fou. Et elle pensait qu'il aurait aimé. Que la situation lui ferait oublier le reste. Saffron avait chaud. Bien trop chaud. Il haletait, tandis qu'elle le débarrassait de son jean, l'empêchant par ce simple geste de répondre. Les mains de la blonde glissant sur ses cuisses lui arrachèrent moult frissons, et il se cambra à nouveau. Elle prenait son pied, elle prenait vraiment son pied. Sans doute cela lui plaisait-elle de le voir se tordre de plaisir ainsi. Il poussa un petit râle quand elle déposa ses lèvres en bas de son ventre, tout près de son sous-vêtement. Le pire pour lui fut sans doute quand elle passa ses doigts sur son bas-ventre, effleurant sa peau, sensuelle. Il fut pris d'une brusque bouffée de chaleur, et poussa un long soupir lorsqu'il sentit les lèvres d'Elyrian remonter, progressivement, mordant, embrassant, léchant sa peau. Elle lui demanda s'il trouvait ça triste. Qu'elle soit là, toute à lui, toute envieuse. À quel point j’ai envie de toi. Il resta un moment sur la manière dont elle l'avait appelé. Saff. Il sourit. Plus Elyrian remontait, plus ses mains se glissaient plus loin sur son jean, caressant ses fesses sans se gêner. Elle lui mordit l'épaule si fort qu'il en ressentit presque de la douleur, mais il n'en tint pas compte. Il aimait ça. Qu'elle le morde. Il avait réchappé à un grand blanc, sans aucun doute que maintenant il réchapperait à une grande blonde. Mais elle recommençait. Ce petit jeu auquel elle était si douée. Cette danse corporelle, cette vague que son corps faisait contre le sien, taquinant son bassin qui n'allait pas rester longtemps tranquille si elle continuait. Saffron se sentait incroyablement vulnérable ainsi, vêtu de son seul caleçon, tandis qu'elle avait encore son pantalon sur elle. Et cette petite danse n'arrangeait pas les choses. Son regard se ternit légèrement, voilé, aveuglé par le désir. Et ce qu'elle lui murmura à l'oreille lui fit serrer les dents tant il se sentait empli de désir. Elle était curieuse. Curieuse. La provocation et l'insolence virent s'ajouter au désir dans son regard, et il déclara, tandis que ses mains allaient déboutonner le jean de la blonde, profitant qu'elle se tenait au-dessus de lui : « Tu veux savoir ? Tu veux vraiment savoir ? » Il parvint à ouvrir sa braguette à elle, et glissa sa main juste sur son sous-vêtement, la caressant sensuellement, lui rendant la pareille, la poussant à bout. Il enchaîna : « C'est désolant, oui... Si seulement tu savais ce que c'était, l'amour en mer... » Il retira sa main pour la renverser et se retrouver alors sur elle, échangeant les rôles. Comme elle l'avait fait pour lui, il lui retira son pantalon, doucement, à genoux devant elle, embrassant ses cuisses. Le jean tomba près du sien, et à genoux devant Elyrian, Saffron se mit à l'observer, la contempler. Mais l'instant ne dura pas, car il se ruait à nouveau sur sa cuisse, embrassant le tatouage, le serpent, y passant parfois sa langue, remontant lentement jusqu'à son nombril, sur lequel il s'attarda longuement. Avant de remonter jusqu'à sa poitrine, sur laquelle son regard s'attarda. Ou plutôt, il s'attarda sur son sous-vêtement, d'un petit air contrarié. Il tendit alors une main, qu'il fit glisser le plus doucement possible, sous la lingerie. Ce fut avant qu'il ne se décide à lui envoyer un coup de bassin, contrastant avec la douceur dont ses mains faisaient preuve. Il continua : « L'amour en mer, c'est... quelque chose d'unique. Imagines-tu... te laisser porter par les vagues... suivre leur rythme... Une telle harmonie... » Tout en parlant, il s'était mu au-dessus d'elle, dans un rythme des plus étranges, tantôt lent, tantôt rapide. La main qu'il avait réussi à glisser sous le sous-vêtement, sur son sein droit, taquinait doucement son téton du bout des doigts. Lorsqu'il stoppa son petit manège, ce fut pour afficher une petite mine satisfaite, et fondre sur les lèvres d'Ely en emmêlant ses jambes aux siennes, tendrement.

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Dernière édition par Saffron Mortimer le Dim 21 Sep - 12:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 2 Sep - 22:19








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Il y avait eu cet instant, hors du temps, tendre et privilégié. Ce moment où il s’était, à son tour, ouvert à elle, lui faisant part de son désir de l’emmener à la découverte de cet océan qu’il aimait tant. Cette idée l’enchantait véritablement. La blonde avait toujours aimé l’eau, bien qu’elle doutait l’aimer autant que son compagnon, appréciant des vacances à la plage tant pour pouvoir bronzer que pour se jeter dans l’océan, affrontant les vagues qui s’échouaient sur le bord, se plaisant à les défier et à leur résister. Cela n’égalait pas ce qu’elle pouvait éprouver en dansant, mais force était d’admettre qu’un sentiment de légèreté absolu la gagnait lorsqu’elle nageait. C’était facile. Facile, amusant, cela avait le don de la détendre, de l’épuiser aussi. Elle voulait savoir ce que cela pouvait faire de voguer dessus. Elle voulait aussi le laisser la guider, l’emmener dans des lieux qui lui tenaient à cœur, lui faire découvrir un monde qu’elle ne connaissait qu’en théorie, n’ayant jamais voyagé pour pouvoir le voir de ses propres yeux. Aussi se mit-elle à hocher la tête, approuvant ainsi l’idée de son partenaire, lui faisant part de son envie de le suivre. Un jour. Le marin s’en trouva soulagé, ce fut tout du moins ainsi qu’elle interpréta ces bras qu’il referma autour de sa taille, l’attirant tendrement contre lui. La jeune femme profita de l’instant pour caresser ses cheveux, puis sa joue, laissant son pouce s’attarder sur ces lèvres et s’amusant de le voir embrasser son doigt. Affirmant alors vouloir voir de ses propres yeux des dauphins, le sourire de la blonde s’accentue en l’entendant rire en guise de réponse. Le laissant faire, nullement vexée, elle l’observait, les yeux brillants. Elle l’observait alors qu’il s’emparait doucement de son visage, acceptant sa demande, si bien qu’elle y vit une véritable promesse. Un jour il l’emmènerait voir des dauphins. Cela avait beau le faire rire, probablement parce qu’il avait dû en voir des tas dans sa vie, la danseuse ne s’offusqua pas, se contentant de sourire. Elle fut de toute manière trop vite occupée à l’embrasser, concluant ainsi ce moment de tendresse et d’honnêteté, ces promesses qu’ils se faisaient, auxquelles ils se raccrochaient tous deux, tout en savourant ces mains qu’il glissait le long de sa peau, à hauteur de sa taille, puis sur ses fesses. Ce qui était amplement suffisant pour l’inciter à se rapprocher encore plus de lui, d’autant plus qu’elle avait une idée derrière la tête.

Fermement, Elyrian obligea son compagnon à s’allonger sur le lit, déposant sa main sur son torse. Et au fur et à mesure qu’elle jouait, soufflant chaudement ses propos, elle en profitait pour s’attarder sur la moindre parcelle de sa peau. Embrassant, mordant, léchant, sans retenue, ne se trouvant jamais rassasiée. Elle apprécia de constater qu’il ne tenta pas de se rebeller, ayant parfaitement compris que c’était à son tour à elle, se laissant donc totalement faire. Satisfaite face à sa docilité, elle éprouvait tout de même le besoin de le rendre fou, littéralement. Aussi ses doigts s’agitèrent bien vite sur son jean, le lui retirant, découvrant ainsi ses cuisses et ses jambes sur lesquelles elle s’attarda à l’aide de ses lèvres. Taquinant du bout des doigts ce qui se trouvait encore masqué à sa vue, elle ne s’attarda pas toutefois, trop occupée à remonter le long de son torse, se penchant ainsi progressivement, finissant par se presser contre lui. Ce fut la seule fois où Saffron profita de l’instant, laissant ses mains glisser le long de son jean à elle, profitant de ce qu’elle daignait mettre à portée de ses doigts. La blonde ne s’en soucia guère cependant, trop obnubilée par les réactions de son compagnon. Elle aimait le sentir aussi fiévreux contre elle, voir qu’il se cambrait tant pour lui faciliter la tâche que par envie de la sentir au plus près de lui. Elle aimait voir qu’il se redressait, à peine, dans l’unique but de la voir à l’œuvre, accentuant ainsi l’impression qu’elle avait de bien faire les choses. Elle appréciait d’entendre sa respiration anarchique, les quelques soupirs et râles de plaisir qui lui échappaient déjà au fur et à mesure qu’elle le comblait de ses lèvres, remontant sur sa peau tout en poursuivant son discours à son intention. Elle voulait le rendre fou, elle voulait le posséder, le marquer. Plus que tout, elle désirait qu’il se souvienne d’elle, de sa manière de le séduire, de le conquérir, de s’offrir à lui aussi. Elle voulait hanter ses rêves pour les semaines à venir. Egoïste au possible, elle désirait apprendre qu’il ne pensait plus qu’à elle. Force était d’admettre que cela semblait plutôt bien fonctionner, plus encore maintenant qu’elle ondulait contre lui, provocante et aguicheuse au possible. Le brun ne possédant plus que son sous-vêtement, il n’en fallut pas plus pour qu’elle sente clairement l’excitation qui était en train de le gagner. Une excitation qui allait en grandissant à chaque caresse qu’elle lui offrait via son bassin, à chaque baiser qu’elle déposait, à chaque murmure qu’elle soufflait au creux de son oreille, arrivant ainsi à la conclusion de son petit récit. Elle voulait connaître son avis, là, tout de suite, sur la situation. Etais-ce si terrible que ça, de se retrouver coincé avec elle ?

Elyrian n’eut le droit pour seule réponse au départ que de sentir les doigts du brun descendre à hauteur de son pantalon, déboutonnant ce dernier en profitant qu’elle se trouvait ainsi penchée au-dessus de lui. Cela l’avait obligé à cesser ses ondulations mais la blonde ne s’en plaignit pas, s’immobilisant ainsi sur lui, laissant son visage à hauteur de son cou qu’elle se plaisait à embrasser, son oreille qu’elle mordillait, caressant sa peau de son souffle dans l’attente d’une véritable réponse. Cette dernière ne tarde pas à arriver, sous forme d’une demande. Désirait-elle vraiment savoir ? Sa respiration saccadée, qui venait de s’emballer à peine la question formulée, témoignait de son envie d’en savoir plus. La danseuse se demandait ce qui l’attendait, quelle vengeance il lui réservait, tout en ayant hâte de la subir. Cela ne manque pas car déjà la main du marin se glisse sous son jean désormais déboutonné, s’agitant par-dessus son sous-vêtement d’une manière sensuelle au possible qui lui arracha un frisson de plaisir. D’instinct, elle se pressa contre lui, désireuse de sentir ces doigts s’agiter un peu plus contre elle, ce qui était suffisant pour lui donner encore plus chaud, si bien qu’elle avait l’impression de suffoquer. Inspirant difficilement, elle reposa son front contre le sommet de son torse, se laissant aller contre lui tandis qu’il affirmait encore une fois que c’était désolant. Car elle n’avait aucune idée de ce que pouvait être l’amour en mer. La remarque, imprévue, lui arracha un frisson alors qu’elle prenait conscience des possibilités qu’offrait ce genre de plaisirs. Elle n’y avait jamais songé bien sûr, mais de s’imaginer dans les bras de Saffron, sur un navire qui tanguait à cause des vagues, fut suffisant pour accentuer son désir pour lui. Son imagination se fit plus fertile que jamais, au point qu’elle ne s’attendit pas à voir le marin inverser leur position, brusquement. Le retournement de situation lui arracha un hoquet de surprise, alors qu’elle se retrouvait sur le dos, lui au dessus d’elle. Son regard s’ancra brièvement dans le sien, fiévreux, tandis que ses dents se refermaient sur sa lèvre, témoignant de son envie grandissante. A peine redressée sur ses coudes, elle l’observa descendre et surtout faire glisser son pantalon. Elyrian l’y aida en se cambrant à son tour, relevant son bassin afin de lui faciliter la tâche. De nouveau elle eut le souffle coupé, tandis qu’il la dévorait du regard. Elle avait cette éternelle sensation au creux du ventre, cette douce chaleur, cette impression d’être un véritable joyau à ses yeux, une œuvre d’art qu’il se plaisait toujours à observer d’abord, avant de venir la toucher. Et la toucher, il finit clairement par le faire, ses lèvres fusant déjà sur sa cuisse tatouée.

Un soupir lui échappa, quelque peu rieur, ses mains partant se loger dans la chevelure du brun tant pour jouer avec ses mèches que pour l’inviter à poursuivre ses initiatives. Elyrian aimait son tatouage, clairement. Mais elle aimait encore plus l’intérêt que son compagnon lui portait. Elle aimait sentir ces lèvres dessus, sa langue qui en redessinait les contours. D’instinct la jeune femme partit enrouler sa jambe autour de son dos, l’attirant ainsi un peu plus contre elle, refusant qu’il ne s’éloigne. Il n’avait pas le droit. Il ne pouvait que s’approcher, la rejoindre, se presser contre elle. Il n’avait pas le droit ne serais-ce que d’envisager de la quitter. Désormais il se trouvait à hauteur de son ventre, jouant toujours avec les traits noirs qui ornaient sa peau, puis il remonta de nouveau jusqu’à sa poitrine. Enfin la blonde put de nouveau croiser le saphir de ses yeux, ses émeraudes à elle étincelantes d’un désir qu’elle peinait désormais à maîtriser. Elle frissonnait sous ses caresses et elle frissonna également en voyant cet air contrarié sur ses traits, agacé qu’il était désormais par le tissu qui le séparait encore pleinement de ses seins. Obnubilée par cette main qu’il tendait avec douceur, elle fut surprise par ce coup de bassin, soudain, contre le sien. Un simple coup qui lui arracha un semblant de grondement, à la fois frustré et envieux, tandis qu’elle se mordait férocement la lèvre inférieure. Elle le laissait faire, tout comme il l’avait laissé agir à sa guise précédemment, mais il était aisé de constater que cela devenait de plus en plus compliqué. Il la rendait folle. Au point qu’un soupir lui échappa, à peine audible, tremblant sous le désir. « Saff … C’était infime, un simple murmure qui témoignait de son envie, du plaisir qu’elle tirait de ces moindres faits et gestes. C’était une supplique, comme pour lui demander d’abréger, réclamant de lui qu’il cesse de la titiller de la sorte, enchaînant les coups de bassins qui ne cessaient de la prendre par surprise, à cause de ce rythme irrégulier qu’il lui imposait. Mais surtout, surtout, c’était loin d’être suffisant.

Elle voulait plus. Elle voulait que le moindre coup de rein qu’il lui offrait aboutisse à quelque chose, au plus profond d’elle. Elle voulait le sentir s’agiter contre elle, en elle, sans ces vêtements qu’ils portaient encore tout deux. Elle désirait plus que cette main sur son sein, taquinant la pointe durcie par l’excitation, si bien qu’elle n’attendit pas pour partir d’elle-même dégrafer son soutien-gorge, le faisant ensuite glisser le long de ses bras pour finalement s’en débarrasser définitivement, avide de le voir lui procurer plus de sensations encore. Et dans le même temps elle continuait d’imaginer, elle continuait de les voir à deux, sur un bateau, s’émerveillant à l’avance des sensations que cela pouvait procurer. Un rêve éveillé qui ne dura cependant pas, car bien vite Elyrian préféra se concentrer sur le présent. Ils n’étaient pas en mer. Mais elle voulait qu’il lui fasse l’amour, de suite, comme il savait si bien le faire. Aussi les mains de la blonde partirent de nouveau à la rencontre de ce corps qui lui plaisait tant, glissant le long de ces épaules et de ce dos qui lui faisaient tant d’effet, la jeune femme ayant toujours eu un faible pour cette partie du corps chez un homme. Des doigts qui descendent encore plus jusqu’à ses fesses, sous le tissu, qu’elle empoigne et qu’elle masse, l’attirant au passage un peu plus contre elle. Et ce tissu, si encombrant, si frustrant, qu’elle finit par faire glisser aux pieds de son compagnon avant de le jeter plus loin, profitant de sa descente pour parsemer sa peau de baisers jusqu’à son ventre. Remontant de nouveau jusqu’à son visage, elle fut ravie de retrouver ses lèvres, s’abandonnant à son baiser, le lui rendant avec ferveur. Profitant d’un moment de répit, elle tentait de reprendre son souffle tout en lui lâchant dans un murmure, son cœur tambourinant dans sa poitrine, cette dernière se soulevant au rythme d’une respiration anarchique. « Ce sera à expérimenter…. Bien avant de rencontrer des dauphins. Mais pour l’instant je suis sûre que mon lit fera parfaitement l’affaire. De ses jambes elle partit caresser les cuisses du brun, savourant le fait qu’il était cette fois entièrement nu, sur elle, pour elle. Puis elle les enroula autour de son bassin, achevant ainsi son emprise sur lui alors qu’elle concluait dans un souffle, provocante, l’ombre d’un sourire venant orner ses traits. Enfin… Si tu t’en sens capable ? Elle le défiait, clairement. Elle le défiait pour mieux le voir la posséder sans retenue quelconque, elle le défiait pour mieux le satisfaire de ses soupirs et de ses suppliques. Elyrian était clairement une autre femme lors de ses ébats, bien moins farouche malgré quelques pulsions dominatrices. Elle se livrait sans hésiter, offrant ses gémissements, réclamant plus d’attentions, faisant constamment part du plaisir qui la gagnait. Expressive au possible. Et si d’une main elle continuait de le caresser, se dirigeant bien vite vers l’entrejambe de son compagnon qui ne tarderait probablement pas à la débarrasser du dernier vêtement qu’elle possédait encore, de l’autre elle fouilla la table de chevet qui se trouvait juste à côté d’eux, lâchant un grognement presque frustré en voyant qu’elle mettait du temps à récupérer ce préservatif qu’elle convoitait tant, finissant alors par conclure au creux de l’oreille du brun, chaudement, envieuse au possible. En tout cas moi, je n’en peux plus d’attendre. » Elle le voulait. Sur le champ.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 3 Sep - 0:52

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Saffron était véritablement obnubilé par le tatouage d'Elyrian. Ce n'était qu'un simple tatouage, certes, mais il était tellement beau, tellement parfait, et surtout, il était tellement elle. Car c'était ses yeux à elle. C'était ses émeraudes qu'elle avait prêtées au serpent qui plantait impunément ses crocs dans son nombril. Il s'y attarda longuement, y passant sa langue sans la moindre gêne, tantôt l'embrassant, tantôt le mordillant. Chaque fois qu'ils avaient couché ensemble, il n'avait pu s'empêcher de s'attarder sur son tatouage. C'était plus fort que lui. Ça lui venait naturellement, et elle n'avait pas besoin de retirer ses vêtements pour qu'il sache où il était. Il le connaissait, à présent. Il connaissait le chemin, il connaissait les détours. Il savait où les anneaux du reptile s'enroulaient, où ils se déroulaient sur la peau de la blonde. Il l'avait appris par cœur, il l'avait mémorisé dans un coin de sa tête, pour ne jamais l'oublier. Même s'il perdait soudainement la vue, il lui semblait pouvoir retrouver facilement le serpent sur le corps d'Elyrian. Il s'y essaierait peut-être, un jour. Pour l'instant, il sentait qu'elle enroulait sa jambe autour de son dos, jusqu'à ce qu'il remonte jusqu'à elle et sa poitrine. Ses yeux foudroyèrent le soutien-gorge, méprisant. La main qu'il réussit à glisser sur son sein droit, pour venir titiller son téton, sembla également agacer Elyrian. Saffron savait. Il savait qu'elle voulait plus. Il savait qu'elle voulait plus qu'une simple caresse, ou qu'un simple coup de bassin comme il venait de le faire. Mais c'était bien son but. La pousser à bout. La voir lui demander de la mener plus loin, de lui offrir plus. Ce qu'elle ne tarda pas à faire avec une supplique qui lui arracha une armada de frissons sur le corps. Une supplique chaude, tremblante de désir. Qui se résumait en fait à son nom, cependant amputé d'une syllabe. Une supplique laissée en suspens tant il devait l'avoir aguichée. Il étira un petit sourire satisfait, tandis qu'Ely, dans un accès de hâte et surtout de désir, avait retiré d'elle-même son soutien-gorge. Les yeux de Saffron se ternirent une fois de plus tandis que ses mains partirent s'enrouler autour des seins de la blonde, avant qu'il ne plonge son visage entre eux. Ses lèvres dévorèrent son téton droit d'abord, finissant de le faire durcir, puis il s'attaqua au gauche, les yeux fermés, utilisant sa langue pour creuser des sillons dans sa chair immaculée. Mine de rien, le marin aimait quand elle le suppliait de la sorte. Il aimait beaucoup. C'était... euphorisant. Jouissif. De se sentir désiré, et de se sentir seul à décider de ce qu'il devait faire ou non. D'être celui qui décidait.
Tandis qu'il s'appliquait à l'embrasser entre les deux seins, il sentit les mains d'Elyrian glisser le long de son dos, puis descendre, jusqu'à passer sous son caleçon. Il interrompit ses baisers pour jurer, tandis qu'elle faisait définitivement glisser le caleçon à l'autre bout de ses jambes. Elle en profita pour lui embrasser le ventre, et lui pour se sentir définitivement durcir à l'approche de ses lèvres de son bas-ventre. Elle remonta finalement jusqu'à ses lèvres, que Saffron perça de la propre langue pour aller chercher celle de sa compagne. Il ne s'était que trop attarder sur ses lèvres. Et il était nu. Totalement nu. Totalement vulnérable. Ely se mit alors à caresser ses cuisses de ses pieds, alors qu'il fermait les yeux, toujours au-dessus d'elle. La nudité ne le gênait absolument pas, du moins pas avec elle. Parce que leur relation avait quelque chose de bestial, d'animal.
Lorsqu'elle lui répondit que ce serait à expérimenter, mais que pour le moment son lit ferait l'affaire, il lui offrit son plus beau sourire avant de l'embrasser à nouveau, langoureusement. Elle enroula ses jambes autour de son bassin, et Saffron eut du mal à contenir l'excitation qui atteignait des sommets faramineux chez lui. Elle lui demanda alors s'il s'en sentait capable, et la lueur de défi qui s'allumait dans les saphirs de Saffron fut telle qu'il se sentit obligé de répondre sur-le-champ : « Non seulement je m'en sens capable, mais je peux aussi t'obliger à me supplier de le faire... encore. » Et il était tout à fait sérieux, même s'il se doutait qu'elle ne supporterait pas d'attendre une seule minute de plus. La main qu'elle dirigea vers son entrejambe le lui fit comprendre, et Saffron se cambra de plaisir tandis qu'elle s'appropriait de ses doigts ce qui dans quelques minutes allait la faire gémir. Il eut du mal à déglutir au fil de ses caresses, ses bras tendus de chaque côté du corps de la blonde tandis que cette dernière fouillait dans sa table de chevet à la recherche d'un préservatif. Il la regarda galérer, le bras tendu, pousser un grognement dans sa recherche dans le tiroir, avant de finalement ramener l'objet tant convoité et ajouter qu'elle, pour sa part, n'en pouvait plus d'attendre. Il attendit qu'elle ait refermé le tiroir de la table de chevet pour se mettre à genoux à ses pieds et tirer sur sa culotte pour la faire glisser sur jusqu'à lui. Elle n'en pouvait plus d'attendre, et lui aussi.
Tout en lui écartant les jambes avec une hâte contenue, il revint jusqu'à ses lèvres pour les effleurer sans les embrasser comme il avait l'habitude de le faire, et déclara : « J'aime quand tu grognes. J'aime quand tu râles. Grogne encore une fois pour voir ? Pour moi. » Il utilisait ses yeux, cet air, ce visage auquel elle ne pouvait pas résister. Il faisait durer le plaisir, ou la torture pour Elyrian plutôt. Elle lui en voudrait sans doute, mais la hâte et la frustration sur le visage de la blonde n'avaient pas de prix pour Saffron. Il l'embrassa longuement, avant de se redresser pour se mettre à genoux, et pencher la tête sur le côté en reprenant cet air de chien battu, avant de déclarer, taquin : « Je vais avoir besoin de toi pour ça. » Il lui désigna le préservatif du regard, avant de lui adresser un sourire d'une insolence inouïe. Elle allait devoir venir le chercher si elle voulait de lui, et c'était une chose que Saffron adorait faire. Maintenant qu'il était là, nu devant elle, qu'ils étaient à deux doigts de s'envoyer en l'air, il lui remettait soudainement les rênes. Un ultime changement de situation avant qu'ils ne s'abandonnent aux plaisirs de la chair. Maintenant, c'était sûr, elle allait le haïr, mais il s'en fichait. C'était sa dernière cabriole avant qu'il ne s'applique à la faire monter au septième ciel, avant qu'il ne s'applique à lui faire plaisir comme jamais, à la combler. À unir leurs corps dans la seule danse qu'il connaissait.
Il attendit alors qu'elle vienne à lui, ne manquant pas de glisser une langue coquine sur ses lèvres pour la tenter davantage encore. Oh, il ne lui demandait pas la lune. Ça n'était pas bien compliqué. Et puis, elle qui aimait tellement diriger allait enfin pouvoir prendre son pied. Il ne s'en remettait d'ordinaire pas si facilement à elle, d'ailleurs. Mais les exceptions étaient faîtes pour étonner, elles étaient faîtes pour surprendre. Et si Saffron savait la surprendre en prenant les devants, elle savait aussi le faire en lui rendant les pleins pouvoirs. Comme maintenant.

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Dernière édition par Saffron Mortimer le Dim 21 Sep - 12:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 3 Sep - 2:41








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle le détestait. Elle le maudissait intérieurement pour ce désir qu’il faisait naître en elle mais qu’il se refusait d’assouvir dans l’immédiat. Elle le haïssait pour ces bons soins procurés, qui n’allaient jamais assez loin à son goût. Et surtout, elle lui en voulait de prendre son pied à la mettre dans un tel état. Le brun s’amusait clairement de la situation, se plaisant à prendre son temps afin de la rendre folle. Elyrian perdait clairement les pédales, se permettant toutefois de retirer son propre soutien-gorge afin de l’inciter au plus vite à venir la combler, ce qu’il finit par faire, ses mains partant bien vite à la rencontre de sa poitrine. Des doigts qui furent cependant remplacés par des lèvres, une langue qui traçait des sillons sur sa peau et des dents qui se refermaient sur les pointes de ses seins, ce qui était suffisant pour lui arracher un soupir tant d’aise que de frustration. La caresse était plaisante, mais loin d’être suffisante. La jeune femme était littéralement en feu et ce n’était plus quelques baisers qui parviendraient à calmer ses ardeurs, à apaiser le brasier qui enflammait la moindre parcelle de son corps. Haletante, yeux clos, elle fermait les yeux à la fois pour savourer ces instants mais également pour se contenir, se maîtrisant comme elle pouvait. Sa maîtrise d’elle-même passa finalement par l’activité, par ses mains qu’elle glissa dans le dos de son compagnon, lentement, jusqu’à ce qu’elle arrive à ses fesses, caressant ces dernières pour finalement se concentrer sur le dernier bout de tissu qui la séparait de la délivrance. La blonde fut satisfaite de l’entendre jurer, satisfaite de lui retirer ce malin plaisir qu’il prenait à la rendre folle et surtout satisfaite de reprendre un tant soit peu le dessus, ses lèvres s’attardant sur le torse de son compagnon, jusqu’à son bas ventre alors qu’elle achevait de le déshabiller pleinement. Remontant finalement jusqu’au visage de son compagnon, elle l’embrassa de nouveau, langoureusement, s’agrippant à ses épaules et sa nuque, le conservant près d’elle. Un nouveau baiser fut échangé après qu’elle ait affirmé que le lit ferait l’affaire, mais surtout, elle alla lui demander s’il se sentait capable de lui faire l’amour dans ce même lit. La réponse ne tarde pas à arriver.

Une réponse qui l’incite à se mordre de nouveau la lèvre inférieure, envieuse. Il s’agissait là d’une prouesse fort plaisante. Et s’il se sentait capable de la satisfaire ainsi à plusieurs reprises, il était certain qu’elle n’hésiterait pas une seule seconde à le supplier pour obtenir ce plaisir. Cependant, une première fois serait déjà amplement suffisante pour parvenir à apaiser ses besoins primaires, ce désir qui prenait de plus en plus d’ampleur, aussi n’hésita-t-elle pas à faire glisser ses doigts jusqu’à l’entrejambe de son partenaire, vérifiant l’excitation de ce dernier tout en la poussant à son paroxysme afin de s’assurer qu’il n’irait pas la torturer plus longtemps. Elle avait eu son compte. Aussi cherchait-elle de son autre main à saisir le préservatif qui se trouvait à porter. Sa propre difficulté à s’en emparer l’agaça, lui arrachant un grognement frustré qui s’apaisa toutefois en voyant que le marin prenait déjà les devants en s’assurant de la mettre nue à son tour. Frissonnant lorsque ce fut le cas, la blonde profita de se retrouver avec les cuisses écartées pour venir caresser de ses jambes le corps de son compagnon, faisant ainsi passer le temps jusqu’à ce qu’elle parvienne enfin à récupérer le morceau de latex tant convoité. A ce moment précis l’aveu franchit ses lèvres, témoignant de son envie, un désir que son corps entier clamait déjà pourtant haut et fort. Elle ne s’attendait toutefois pas à avoir pour seule réponse une remarque de son partenaire, ce dernier aimant l’entendre râler et grogner à tout bout de champ. Il voulait l’entendre encore. Une demande qui lui fut aisé de satisfaire étant donné qu’en cet instant précis, la danseuse voulait juste le tuer. Car il osait encore la faire attendre, il osait lui réclamer ce genre de futilités alors qu’elle bouillonnait dans son coin, envieuse et surtout insatisfaite. Ses prunelles d’émeraudes, rendues ardentes par le désir, se mirent à étinceler d’une colère passagère. Il ne fut donc pas compliqué de l’entendre siffler à son égard, lâchant dans un souffle menaçant, profitant de la proximité qu’il imposait entre leurs deux visages pour paraître plus convaincante encore. Ce qui n’était franchement pas difficile. « Si tu ne te dépêches pas Mortimer. Je te la coupe. » Et un sourire on ne peut plus narquois orne soudainement ses lèvres, en guise de conclusion tandis que ses doigts effleuraient de nouveau l’entrejambe du marin pour appuyer ses propos. Cela ne l’empêcha pas de savourer une dernière fois ce baiser qu’il lui offrait, langoureux.

Cependant, il n’en avait pas fini avec elle, loin de là. Il se redressait déjà et si la jeune femme s’attendait à ce qu’il lui prenne le préservatif des mains pour enfin faire au plus vite, il n’en fut rien. Il abusa de sa patience, encore, lui réclamant soudainement de l’aide pour cela. Sa tête de chien battue, sa manie de pencher la tête en grand séducteur qu’il était, ne changèrent absolument rien au ressenti de la danseuse. Cette dernière haussait déjà un sourcil, se mordant la lèvre pour retenir un nouveau sifflement. S’incitant au calme, elle resta allongée, se redressant suffisamment pour pouvoir ancrer son regard dans le sien. Il était fier de lui. Il voulait encore qu’elle le supplie, qu’elle lui court après, qu’elle prenne les devants. Si d’ordinaire elle aurait été satisfaite à l’idée de se voir de nouveau confier les commandes, la jeune femme ne parvint sur le moment qu’à le haïr un peu plus. Et comme à chaque fois qu’on la cherchait, comme à chaque provocation qu’il pouvait lui glisser, elle ne trouva qu’un seul moyen de répliquer : en usant de ses sarcasmes habituels. Ce fut pour cela qu’un nouveau sourire orna ses lèvres, provocant et moqueur au possible tandis que sa voix s’élevait de nouveau, sur le même ton. « Donc non seulement tu me vantes jusque-là les mérites de l’amour en mer, autrement dit l’amour avec une autre que moi… Mais en plus je dois faire tout le travail ? L’on pourrait presque croire qu’elle l’obligerait à se débrouiller seul, qu’elle refuserait de s’abaisser à exaucer son souhait. Mais Elyrian était fière, trop pour songer à abdiquer, même par agacement. Et surtout elle voulait profiter de l’occasion qu’il lui offrait pour lui rendre la pareille. Il allait souffrir de l’attente lui aussi, et pas qu’un peu. Ce fut pour cela que, suite à un court silence, elle accepta. Très bien. » Déjà elle se redressait, se retrouvant à son tour à genoux, face à lui, sans se départir de son sourire provocant à souhait. Elle était fière, elle était sauvage. Ces traits de femme indomptable figés sur son visage. Dominante. Il lui donnait les rênes, il était clair qu’elle saurait les employer à bon escient. Ses doigts s’agitaient sur l’emballage, délogeant le bout de latex, s’assurant de le tenir dans le bon sens. Toutefois elle ne l’aida pas. Pas de suite. De sa main libre, la blonde traça du bout des ongles un chemin partant du menton de son compagnon, glissant sur sa gorge et son torse pour finalement arriver jusqu’à son entrejambe. Ce ne fut qu’une fois à cette hauteur qu’elle se pencha soudainement en avant, caressant l’objet de ses désirs de son souffle, brûlant. La seconde qui suivit, elle glissait la protection entre ses lèvres, délicatement, avant que ses dernières ne se posent sur le membre de son partenaire. Et ce fut ainsi, faisant preuve d’une lenteur extrême, guidée tant par l’envie de faire cela correctement que par besoin de se venger, qu’elle déroula le préservatif, usant de sa bouche. Ses mains s’étaient refermées sur les cuisses du marin, plantant légèrement ses ongles dans sa peau afin de s’agripper à lui et surtout afin de le marquer.

Elle prenait son temps, mais se lassa d’elle-même de ses sournoiseries. Ce fut pour cela qu’elle finit par se redresser, passant sa langue sur ses lèvres tandis qu’elle ancrait de nouveau son regard dans le sien, satisfaite de son petit effet. Mais maintenant elle le voulait, de suite. Et plutôt que de prendre le risque de le voir se refuser de nouveau à elle, dans une énième tentative pour la frustrer un peu plus, la blonde se décida à prendre les devants de nouveau. Face à lui, elle inspira difficilement avant de briser définitivement la distance qui les séparait encore. Passant un bras autour de son cou, elle s’agrippa ainsi à lui, ses doigts se refermant autour de son épaule, tandis que l’autre se nichait déjà dans sa chevelure brune, empoignant quelques mèches avec fermeté. Se penchant sur lui elle souleva bien vite ses hanches, pour finalement s’abaisser sur son membre durci, ravalant un soupir de satisfaction lorsqu’elle le sentit enfin en elle. Légèrement tremblante, elle vrilla de nouveau ses prunelles d’émeraudes dans les saphirs de son partenaire, ses lèvres proches des siennes, envieuse. Elle lâcha alors dans un souffle :
« Tu devras être particulièrement doué pour me faire oublier tout ce temps perdu. » Avec tes conneries hein. S’autorisant l’ombre d’un sourire satisfait, elle s’empara alors avidement des lèvres de son compagnon tandis qu’elle ondulait déjà contre lui, se soulevant et s’abaissant afin d’imposer le rythme de leurs ébats. Sa poigne dans ses cheveux se faisait déjà plus ferme, sa respiration s’accélérant bien vite et son cœur se mettant de nouveau à tambouriner dans sa poitrine. Il l’avait poussé à bout. Il avait tout intérêt à se rattraper maintenant. Ceci dit, elle ne doutait pas une seule seconde de sa capacité à la faire vibrer.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 3 Sep - 13:18

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Les intentions de Saffron n'étaient pas toujours très claires en matière de sexe. Il lui arrivait très pressé, de vouloir brûler toutes les étapes pour assouvir un désir incapable à contrôler, mais il lui arrivait également de prendre son temps. De poser les choses. De les laisser durer. Comme il le faisait avec Elyrian. C'était d'ailleurs bien la première fois qu'il prenait autant son temps avec elle. Qu'il était aussi... taquin. Aussi calme. Oh, certes, il n'avait qu'une envie, c'était de lui sauter dessus pour la prendre tout de suite, mais il se retenait. Il expérimentait cela avec elle. Et au visage contrarié de la jeune femme sous ses caresses patientes et ses baisers délicats, il sut que cela ne lui plaisait pas. Pas du tout, même. Et si elle était le feu, ardente, brûlante de désir, lui était bien évidemment l'eau, douce, calme mais pas moins désireuse de combler l'autre. Il savait qu'en gagnant du temps, il s'attirait également les foudres de sa belle, mais il s'en fichait. Il voulait prendre son temps. Il voulait profiter de ce corps qu'il avait sous les doigts et entre ses lèvres. Ils étaient loin de tout, ils étaient loin des autres. Et elle était à lui, rien qu'à lui, que pour lui. Elle était sienne, et il voulait le lui montrer en prenant son temps. Même si les actions d'Ely à son égard avaient beau lui arracher des jurons de temps en temps. Il vouait comprendre sa hâte, il pouvait comprendre son désir de l'avoir en elle, maintenant, mais il ne pouvait s'empêcher d'attendre. Encore. Parce qu'il aimait lire la colère sur son visage, parce qu'il aimait la voir bouillonner de frustration sous lui. Et la domination dont il faisait preuve avec elle était quelque chose à laquelle il n'avait pas goûté depuis longtemps. Alors oui, il prenait son temps. Bien trop au goût d'Elyrian qui, de ses mains qui étaient allées jusqu'à son entrejambe, lui montrait qu'elle le voulait vraiment maintenant. Mettant d'ailleurs ses désirs à exécution, elle alla s'emparer non sans quelques petites difficultés d'un préservatif. Et Saffron ne put résister. Oui, il aimait l'entendre grogner. Oui, il aimait l'entendre râler. Alors, ce fut en quelque sorte sa supplique à lui. Sa demande. Il voulait l'entendre. Encore. Et la blonde, face à sa demande, ne put s'empêcher de l'exaucer tout en lui faisant comprendre que s'il s'amusait à traîner comme il le faisait, elle la lui couperai. Il ne put s'empêcher d'étirer un sourire des plus espiègles, avant de répondre sur le ton de la plaisanterie : « Allons bon, me la couper. Tu l'aimes bien trop pour ça. » Et maintenant qu'il lui avait donné ce long, langoureux baiser, comme pour la préparer à ce qui allait suivre, il se redressa pour se mettre à genoux avant de lui expliquer ce qu'il attendait clairement d'elle. C'était peut-être la demande de trop, la goutte d'eau qui allait faire déborder le vase, mais il ne lui laissait pas le choix. C'était à elle de décider. Il faisait peut-être une erreur en lui remettant les rênes car il savait ce dont elle était capable quand elle voulait se venger, mais Saffron était avant tout curieux, et il voulait la voir relever ce défi. Plus que tout. Déjà parce que cela lui procurerait des sensations démesurées, et parce qu'elle ne pouvait pas lui dire non. Si elle le voulait, elle ne pouvait pas lui dire non.
Elyrian lui répondit alors quelque chose qui le fit sourire. L'amour en mer avec une autre, il ne comptait plus les fois où il l'avait fait. Mais il ne voulait pas qu'elle pense à ces autres, ces plaisirs passagers qui avaient rythmé sa vie sexuelle. Il ne voulait qu'elle, et il espérait qu'elle comprenait bien ça. Il lui répondit alors en se penchant doucement en avant quand elle lui demanda si elle devait faire tout le travail, la voix voilée par le désir : « J'aime quand ce sont tes doigts qui font le travail. » Mais il n'eut pas besoin de parler plus pour la convaincre, car elle lui donnait son accord. Il la regarda se redresser pour se mettre à son tour à genoux, et il résista à l'envie de tendre les mains vers ce corps sublimes qu'il avait sous les yeux. Il la regarda plutôt se débarrasser de l'emballage de la protection avec des yeux brillants, ne sachant que trop bien comment cela finirait. Mais, et il l'avait soupçonné, Elyrian décidé d'elle aussi prendre son temps, uniquement pour le punir, uniquement pour lui faire regretter de l'avoir fait lui-même. Elle se mit à lui griffer le corps, partant de son menton, tout en haut, passant par son torse, jusqu'à son entrejambe tout en bas. Le fait qu'elle utilise ses ongles lui arracha une armée de frissons qui parcoururent son corps entier. Mais, à sa grande surprise, elle n'utilisa pas ses mains pour dérouler le préservatif. Non. Comme dans une dernière provocation à son égard, elle utilisa plutôt sa bouche,  déposant ses lèvres sur le membre de Saffron. Ce dernier bascula la tête en arrière en ouvrant la bouche, et sans pouvoir s'empêcher de pousser un râle de plaisir. Les doigts d'Elyrian s'étaient littéralement plantés dans ses cuisses, et le plaisir qu'il ressentait au niveau de son entrejambe contrastait énormément avec la douleur étrangement séduisante qu'il avait au niveau des cuisses. Il ne put s'empêcher cependant de basculer la tête en avant pour la regarder faire, les yeux brillants, fou de désir. Elle n'était même pas rendue à la moitié de son membre, et Saffron avait l'impression qu'il allait péter les plombs. Son corps était agité de soubresauts.
Quand Elyrian se redressa finalement, Saffron ne voulait plus attendre. Il avait balayé le jeu d'un geste du bras, faisant tomber les pions au sol. Il ne voulait plus qu'elle. Et la regarder passer sa langue sur ses lèvres après ce qu'elle venait de lui faire fut sans doute le geste de trop. Il l'attira à lui en même temps qu'elle passait ses bras autour de son cou. Une main vint comme à son habitude se loger dans ses cheveux qu'elle agrippa fermement, et l'autre vint lui empoigner l'épaule. Lorsqu'elle se pencha sur lui, il l'aida en la soulevant doucement par les hanches avant qu'elle ne s'abaisse sur son membre. Saffron souffla sous l'excitation, ses mains remontant dans le dos d'Elyrian tandis que cette dernière le mettait au défi d'être assez doué pour lui faire oublier toute l'attente. Il ne lui répondit pas. À vrai dire, il ne pouvait pas, car elle se rua presque aussitôt sur ses lèvres tout en commençant à se mouvoir sur lui. Il la sentit raffermir sa prise sur ses cheveux, et il rompit le baiser pour pousser un râle. Ses mains revinrent à ses hanches pour l'aider dans son mouvement, juste avant qu'il ne décide de la faire basculer sur le dos pour prendre le relais. Glissant ses mains sous ses épaules pour venir refermer ses bras dessus, il enchaîna les coups de bassins, s'enfonçant un peu plus profondément à chaque fois. Tout en gardant ce rythme saccadé, étrange qu'il lui avait fait découvrir, ses lèvres partirent à l'attaque de son cou, qu'il griffa de ses dents, mordit pour sentir la peau entre ses incisives. Il daigna alors enfin lui répondre, d'une voix rauque, le souffle tellement court qu'il hachait sa phrase, sans cesser d'aller et venir en elle : « Alors... tu veux toujours... me la couper ? » Il se mit à lui mordiller l'oreille tout en fermant les yeux pour se concentrer sur ses mouvements, fronçant les sourcils quand il sentait son cœur s'emballer dans sa poitrine, marteler sa cage thoracique comme s'il voulait en sortir. Il ne lui avait pas laissé les rênes bien longtemps, au final. Ça avait été instinctif. Il avait pris les devants, une fois de plus. Et tandis qu'il accélérait le rythme, il se mit à jurer à plusieurs reprises, mais ses lèvres alors plaquées contre celles de la blonde étouffèrent les jurons. Il dégagea soudain son bras de sous une de ses épaules et commença à passer ses doigts dans ses cheveux, tendrement. Ses yeux surveillaient les siens, surveillaient son visage, la moindre réaction. Le moindre signe. Le moindre souffle.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 3 Sep - 14:51








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Il le savait. Elle n’offrait jamais de victoires faciles. Jamais. Il avait beau avoir le dessus, obtenir satisfaction en réclamant d’elle des grondements témoins de sa frustration et de sa colère, il avait beau la rendre folle de lui à cause de cette attente insoutenable qu’il imposait, la blonde ne se laissait pas faire. Jamais. La vengeance suivait forcement le plaisir qu’il pouvait tirer de la situation. Cette fois ci ne ferait pas exception. Peu importe qu’il ait raison en affirmant, sourire taquin aux lèvres, qu’elle ne pourrait jamais maltraiter son entrejambe car elle l’aimait trop pour ça. Il s’agissait de la plus stricte des vérités, ce qui valut un nouveau sifflement de colère de la part de la jeune femme, cette dernière pestant en constatant qu’il ne prenait pas ses menaces au sérieux. Elyrian ne répliqua pas toutefois, n’en ayant de toute manière pas le temps au vu de ce long baiser qu’il lui offrit, toujours dans l’optique de faire passer le temps. De faire durer le plaisir. Peu lui importait toutefois car c’était à son tour, c’était à son tour de le rendre fou, de lui faire payer, de dominer. Il avait beau se tenir devant elle, droit et à genoux, arborant ce sourire insolent et charmeur, ce regard brillant de fierté et de provocation, elle lui ferait ravaler cette satisfaction gravée sur ses traits. Mettant en avant le fait qu’il était un homme capable de vanter les mérites de l’amour avec une autre, ainsi que son incapacité à se débrouiller tout seul pour enfiler une saloperie de préservatif, la jeune femme accepta toutefois bien vite la proposition, se redressant à son tour. Malgré son envie de se venger, malgré sa frustration et sa colère passagère, la blonde n’avait pu retenir l’esquisse d’un sourire, discret et amusé, quand son compagnon affirma aimer passer sous ses doigts à elle. La réponse fut alors, soufflée, prétentieuse au possible : « C’est parce que je suis douée. » Très douée. Mais ça il allait s’en rendre compte de lui-même car déjà elle se penchait sur lui, traçant un chemin du bout des ongles du menton jusqu’au bas ventre de son partenaire. Ses lèvres se retrouvèrent bien vite à hauteur de ce dernier et ce fut en usant de ses lèvres qu’elle lui enfila la protection, ses griffes se plantant cette fois dans ses cuisses, vengeresses. Et cette situation lui plaisait définitivement alors que ses doigts percevaient les frissons qui agitaient le corps de son partenaire, que sa bouche ressentait l’excitation de ce dernier et que son cœur tambourinait dans sa poitrine. Son égo ronronnait en entendant ces râles de plaisir qui lui échappaient, ces soupirs, ce regard brillant de désir qu’elle capta un bref instant alors qu’elle levait les yeux vers lui, provocante et audacieuse.

Achevant son manège, la blonde se redressa alors face à lui, passant sa langue sur ses lèvres tout en haussant un sourcil provocant, satisfaite de son petit effet. Elle n’avait cependant pas la moindre envie de s’éterniser sur ce semblant de victoire, trop envieuse de le sentir en elle maintenant que cela était enfin possible. Il semblait d’ailleurs dans le même état qu’elle, enfin, si bien qu’elle sursauta presque en le sentant l’attirer à lui aussi brusquement. Ce n’était pas pour lui déplaire et elle s’adapta bien vite, passant un bras autour de son cou, s’agrippant à son épaule tandis que de l’autre elle partait à la rencontre de sa chevelure brune, empoignant quelques mèches. C’était peut-être bête, mais elle aimait ça. Elle aimait s’accrocher à de simples mèches, ayant ainsi l’impression de le posséder. Il n’appartenait qu’à elle et elle le lui rappelait en usant simplement de ses doigts. Il n’avait pas le droit de la laisser tomber, de la quitter, et elle s’en assurait durant ces instants privilégiés.  Frissonnant en sentant les mains du marin sur ses hanches, un premier soupir d’aise et de plaisir lui échappa lorsqu’enfin elle s’abaissa sur son membre. C’était bon. Bon de le sentir en elle, bon de s’agiter sur lui, de le voir soupirer, tout aussi excité qu’elle. C’était plaisant que de le menacer une dernière fois, lui intimant de se montrer doué au possible s’il désirait qu’elle passe l’éponge sur le plaisir sadique qu’il avait pris à la torturer de la sorte. Elyrian n’avait toutefois pas besoin de réponse, aussi s’empressa-t-elle de s’emparer de ses lèvres, faisant preuve d’une fougue qu’elle ne cherchait même pas à masquer. Elle avait envie de lui, terriblement. Elle voulait s’abandonner à leur étreinte, elle voulait le voir prendre son pied avec elle, sur elle. Et cela commença avec ce râle qui s’échappa de sa bouche à lui, une bouche qu’elle dévorait à intervalle réguliers alors qu’elle continuait de se mouvoir sur lui, aidée par les mains du brun sur ses hanches qui la guidaient, qui la poussaient à accélérer le rythme. Une aide qui ne dura pas, car apparemment Saffron n’avait plus la moindre envie de lui laisser les rênes. Le commandement qu’il lui avait offert fut bien vite reprit, incarné dans cette manière qu’il eut de la faire basculer sur le dos, se penchant sur elle afin de prendre le relais.

La blonde ne s’en offusqua pas, loin de là. Il était désormais certain que si elle désirait un contrôle constant dans la vie de tous les jours, si ses manies de dominatrice étaient clairement visibles au quotidien, il en était tout autre une fois dans un lit. Elle se moquait de ne pas avoir le pouvoir, se contrefoutait de se savoir sous lui, à sa merci, dépendante de son bon vouloir. Au contraire, elle aimait ça. Elle aimait ces instants où elle se montrait totalement dépendante de lui, dépendante de ce plaisir qui la gagnait et qui allait en s’accentuant, au fur et à mesure qu’il lui offrait ses coups de reins. Ses soupirs se firent plus nombreux, ses dents se refermaient par intermittences sur ses lèvres afin d’étouffer sa respiration anarchique, avant qu’elle ne sente les bras du marin contre son dos et ses épaules, affirmant l’emprise qu’il avait sur elle et à laquelle elle se pliait sans retenue. Profitant de ces bras à sa portée, la blonde tourna légèrement le visage, ses lèvres se posant sur cette peau offerte, la parsemant de baisers, remontant jusqu’à son épaule sur laquelle elle s’attarda tendrement. Malgré quelques morsures, plus bestiales. Son cœur s’emballait dans sa poitrine si bien qu’elle crut un instant qu’elle finirait par en mourir. Souffrir de ce plaisir qu’il lui procurait sans s’arrêter, à chaque coup de bassin qui lui arrachait désormais quelques gémissements plus significatifs. Les mains de la danseuse partirent dans le dos de son compagnon, marquant sa peau de ses griffes, descendant jusqu’à ses fesses tant pour en profiter que pour l’attirer en elle, accompagnant ses mouvements pour qu’il se retrouve le plus profondément possible, à chaque fois. Le rythme imposé par Saffron était tout aussi particulier que lors de ses explications du début, et cela lui plaisait. Ces mouvements la surprenaient de manière presque systématique, décuplant ainsi le plaisir qu’elle en tirait. Ce fut pire encore maintenant qu’il dévorait son cou de ses dents, la marquant à son tour, lui arrachant ainsi quelques grondements animal, toujours entrecoupés par ces gémissements satisfait. Le souffle court, tout comme celui du marin, ce dernier s’amusa alors à la provoquer, sa phrase hachée par le désir et leurs difficultés respectives à reprendre leur respiration. Il fallut du temps à Elyrian pour réussir à répondre, et cette phrase parfaitement formulée dans son esprit, se retrouva abrégée en un simple mot, péniblement chuchoté, chaudement. « Non… » Non elle ne voulait pas, surtout pas. Pas au vu de tout le plaisir qu’il lui procurait en cet instant précis.

Un plaisir qu’il semblait partager, comme pouvait en témoigner ces jurons qui lui échappaient et qui avaient le don de la rendre folle. Elle adorait l’entendre s’exprimer de la sorte, affirmer à haute voix ce désir ardent qui faisait écho au sien. Et Elyrian n’était pas en reste quand il s’agissait d’exprimer ses ressentis. Ses lèvres étaient parties effleurer son cou, remontant jusqu’à son oreille qu’elle mordilla à son tour, pour ne plus la lâcher. Ce fut au creux de celle-ci qu’elle lui murmura tout ce qu’elle avait à lui dire. Elle lui soufflait son plaisir, à quel point c’était bon, à quel point elle aimait ce qu’il était en train de lui faire. Elle ne voulait pas que ça s’arrête, le suppliant de continuer, de ne jamais s’arrêter. Plus vite. Plus fort. Plus longuement et plus profondément. Tout. Elle voulait tout. Elle s’agrippait désespérément à lui, affirmant qu’il était sien, autant qu’elle était sienne. Elle gémissait ainsi au plus près de lui, démonstrative au possible. Surtout, elle gémissait son prénom, chaudement, sans retenue quelconque. Elle voulait qu’il sache, qu’il prenne conscience de l’état dans lequel elle se trouvait, à cause de lui. Grâce à lui. Elle ne s’arrêtait pas, mais fut finalement contrainte d’étouffer un nouveau juron de plaisir quand les lèvres de son compagnon se plaquèrent sur les siennes. Et elle ne s’en privait plus, elle ne le lâchait plus, avide. Yeux clos, elle frissonna en sentant cette main qu’il passait dans ses cheveux, un geste simple qui avait le don de la rendre folle. Elle se perdait entre le feu qui agitait son corps et cette tendresse ô combien délectable. Elle se perdait au milieu de toutes ces sensations. Sa main partit d’instinct récupérer celle qu’il avait ainsi logé dans sa chevelure, entremêlant ainsi leurs doigts, sa prise se faisant forte autour de sa main à lui. Son corps s’agitait de frissons, de sursauts, ses jambes se refermant autour de ce corps surplombant le sien. Elle n’en pouvait plus, le lui annonça clairement, au bord de l’extase. Elle savoura ce rythme qu’il imposait, rapide au possible, qui la faisait atteindre le septième ciel. C’était bon, trop bon. Si bien qu’elle finit par en jouir dans un dernier râle de plaisir, qu’elle ne tenta même pas d’étouffer, ou à peine, son front ainsi pressé contre l’épaule du marin.

Le souffle court, la blonde resta ainsi contre lui, refusant qu’il ne s’éloigne, laissant les secondes s’écouler afin de se donner le temps de retrouver une respiration un minimum correct. Yeux clos, dans un dernier frisson, elle finit par soupirer d’aise, ravalant au passage une grande bouffée d’air frais. Sa main s’agita dans ses cheveux, tendrement, faisant preuve de cette douceur si rare chez elle. Ancrant ses prunelles d’émeraudes dans les siennes, encore brillantes à cause de leurs ébats. Son souffle s’éleva alors, laissant échapper un mot. Un seul mot, unique, chuchotté d’instinct, sans qu’elle ne songe à y réfléchir véritablement. « Reste. » Encore un peu, contre elle. Berce là de tes caresses, rassure la de tes mots, sécurise la de ta chaleur. Reste. Demeure auprès d’elle, protège là, aide là. Ne l’abandonne pas. Elle se refusait de penser au monde apocalyptique qui les attendait en dehors de cet appartement, se focalisant sur lui et juste sur lui, ainsi sur elle. Inspirant difficilement elle ne le lâchait pas des yeux, sa main restant dans ses cheveux, la seconde partant caresser sa joue. Il était à elle. Rien qu’à elle.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 3 Sep - 21:38

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Oui, elle l'était. Oh oui, qu'elle était douée. Ça ne faisait aucun doute. Il n'avait jamais été aussi certain d'une chose. Elle était douée, et en prime, elle le savait. Elle savait très bien ce qu'elle valait, ce dont elle était capable, et Saffron aimait ça plus que tout. Les femmes sur d'elles. Sur de ce qu'elles voulaient. Et Elyrian savait parfaitement ce qu'elle voulait. En l'occurence, lui faire regretter d'avoir pris son temps avec elle, lui faire regretter d'avoir jouer avec ses nerfs. Il adorait se mettre en danger, il adorait voir cette petite flamme espiègle dans les émeraudes d'Elyrian. Il devait vraiment s'attendre à tout avec elle. À tout. Et c'était ce qui lui plaisait chez elle. Elle était imprévisible. Sournoise. Chaque jour qu'il passait auprès d'elle se révélait être une surprise. Elle était sa surprise.
Et surpris, il le fut quand elle se pencha sur son membre pour dérouler le préservatif avec ses lèvres.  Le geste lui arracha des dizaines de frissons si ce ne fut pas des milliers. Il aimait qu'elle le touche, il aimait qu'elle l'effleure ainsi. Ici. L'excitation gagnait son corps tout entier, et sans doute Elyrian s'en rendit-elle compte tout en continuant à dérouler la protection, à la fois appliquée et espiègle. Il avait de plus en plus de mal à respirer, de plus en plus de mal à se contenir également. Ce fut sans doute pour cela que dès qu'elle en eut terminé avec le préservatif, qu'elle se fut relevée, il la saisit par les hanches pour l'aider à s'abaisser sur son membre. Et maintenant qu'il était en elle, qu'ils ne faisaient plus qu'un, il ne voulait plus la lâcher. Il ne voulait plus la quitter. Il ne voulait plus que lui donner plaisir, volupté. Extase. Une extase qui montait et qui montait tandis qu'il l'aider à monter et descendre, ses lèvres perdues entre celles de la blonde avant qu'un râle ne lui échappe. Une râle de frustration, un râle d'envie. Ce fut sans doute pourquoi il la renversa sur le dos. Sur fut sans doute pourquoi il l'enlaça ainsi. Chaque fois qu'il lui faisait l'amour, il avait l'impression qu'il avait été une éternité loin d'elle. Et il embrassait sa peau, et il la léchait, et il la mordait. Et elle n'en était pas moins active, malgré qu'il soit au-dessus d'elle. Les mains d'Elyrian griffaient son dos, sauvage, lui arrachant des soupirs empreints de plaisir. Il aimait ses mains. Il aimait ses ongles. Il aimait sentir les griffures sur sa peau, sentir les sillons qu'elle creusait avec ses griffes félines. Et ses mains qu'elle descendait, plus bas, pour les faire s'attarder sans la moindre gêne sur ses fesses, les pressant afin qu'il se au plus profond d'elle. Saffron faisait de son mieux pour lui faire plaisir. Il lisait également la surprise dans les yeux d'Ely quand il envoyait ce coup de bassin à l'improviste, à l'image d'une véritable tempête. Il retrouva cependant bien vite un rythme régulier, en profitant pour venir mordre son cou, affamé. Féroce. Il voulait marquer sa peau comme elle marquait la sienne de ses ongles. Il voulait la marquer pour montrer à quiconque l'approchait qu'elle lui appartenait.
Lorsqu'il eut retrouvé assez de souffle pour lui demander si elle souhaitait toujours lui couper ce qui était actuellement fiché en elle, la réponse d'Elyrian fut claire et nette. Non. Elle ne voulait pas. Saffron la regarda prononça ce petit mot avec un semblant de souffrance, avant qu'elle ne se mette à son tour à effleurer son cou de ses lèvres tandis qu'il se mouvait toujours en elle. Les lèvres de la blonde montèrent jusqu'à son oreille, et si Saffron était concentré à lui offrir plus d'extase qu'elle n'en avait jamais eue, il dut déporter son attention sur ce qu'elle lui disait. Et les paroles qu'il entendit lui donnèrent des frissons comme il n'en avait jamais eus. Elle aimait ça et ne voulait pas qu'il s'arrête. Elle voulait même plus. Plus vite. Plus fort. Et les mains qu'elle passait sur son corps, s'y agrippant, ne voulaient plus le lâcher. Cela l'encouragea à exaucer ses désirs, à suivre ses paroles à la lettre en accélérant progressivement ses va-et-viens, jusqu'à trouver le bon rythme, celui qui la fit gémir, celui qui la fit crier son prénom. L'entendre l'appeler de cette manière excita encore plus Saffron qui ne put s'empêcher de plaquer violemment ses lèvres contre celles de la jeune femme. Et il y avait cette main, qui réussissait toujours à se faufiler jusqu'à ses cheveux, pour les empoigner, les tirer. Cela l'excitait réellement. Celle de Saffron jouait d'ailleurs avec les mèches blondes d'Ely, appréciait leur douceur. Elle joignit bientôt sa main à la sienne, emmêlant ses doigts aux siens. Dans son rythme, Saffron sentait qu'il arrivait au bout. Qu'il allait venir. Les gémissements d'Elyrian lui firent comprendre qu'elle aussi n'en pouvait plus, et il accéléra une dernière fois ses mouvements, fermant complètement les yeux avant de jouir longuement, son souffle et ses plaintes mêlés à ceux de sa compagne.
Tremblant de partout, il resta allongé tout contre elle, toujours en elle, cherchant son souffle sans le trouver. Il ferma les yeux, son menton appuyé entre ses deux seins, pour se forcer à se calmer. En vain. Son cœur allait exploser s'il continuait. Il fronça les sourcils sous l'effort, mais ce fut finalement la main qu'Elyrian passa dans ses cheveux qui réussit à le calmer. La douceur dont elle faisait preuve avec lui eut raison de la danse endiablée dans laquelle s'était lancé son cœur, et il sentit progressivement les battements se calmer, tout doucement. Il allait se retirer lorsque sa blonde déclara dans un souffle un simple mot. Court. Précis. Reste.
Il se redressa tout de même pour retirer son membre, se débarrassant en même temps du préservatif usagé qu'il réussit à glisser dans la poubelle, du bout du bras. Puis, il revint vers elle, se plaçant à son côté pour l'enlacer de ses bras et venir enfouir son visage dans son cou. Il embrassa doucement sa peau avant de susurrer, la voix rauque, enroulant ses jambes aux siennes : « Rassure-toi... » Il écarta son visage pour la regarder dans les yeux et ajouter : « Je ne vais nulle part. » Il effleura sa joue de son pouce, tendre. Son regard se perdit dans le sien tandis qu'il était rassuré de constater que sa respiration s'était calmée. Il attrapa alors la main de la jeune femme et vint la déposer sur sa hanche. Pas pour masquer la cicatrice, mais parce qu'il aimait qu'elle le touche à cet endroit, étrangement.
Il était bien. Il se sentait bien. Bien.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 3 Sep - 23:07








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle ne savait plus où donner de la tête. Elle ne parvenait pas à savoir ce qui était le plus important entre les caresses que lui prodiguait son compagnon, sa façon de parcourir sa peau tantôt de ses lèvres ou de sa langue tantôt de ses dents afin d’apposer sa marque sur son pâle épiderme. Il avait sa manière bien à lui de la posséder et surtout de le faire comprendre au monde entier, un jeu auquel elle se prêtait aisément, ses ongles partant à la rencontre de ce dos qui lui plaisait tant, y plantant ainsi ses griffes. Nullement sadique au point de vouloir le voir saigner à son contact, il était certain toutefois qu’elle se plaisait à laisser des marques rougeâtres, qui s’effaceraient d’ici plusieurs minutes ou une poignée d’heures au pire. D’autant plus qu’il semblait aimer ça, ou tout du moins il ne s’en plaignait pas. La blonde en venait parfois à se demander ce qu’il aimait chez elle, si cet aspect sauvage le rendait fou, s’il appréciait de la sentir à la fois offerte et inaccessible. Privilégié, tout en restant une cible potentielle sur laquelle elle jetterait son dévolu pour faire passer ses nerfs. Cette question demeura cependant en suspens, la danseuse se trouvant bien trop occupée à apprécier ce que le marin lui offrait. Elle appréciait ce rythme irrégulier qu’il imposait, des coups de reins qui se firent toutefois plus prévisibles mais tout aussi délectables, lui arrachant moult soupirs qui devinrent bien vite gémissements. Et ces gémissements, elle les lui confiait, sans aucune retenue. Ses lèvres partant taquiner son cou puis son oreille, avant qu’elle ne souffle au creux de celle-ci tout ce qu’elle désirait tant lui dire. Elle lui faisait part du plaisir grandissant qui la gagnait, elle murmurait chaudement son nom, suppliante et envieuse, pour mieux lui demander de lui en offrir encore plus. C’était purement égoïste. Elle en voulait plus, toujours plus, même quand cela semblait impossible de faire mieux. Même quand son désir atteignait des sommets, que son souffle commençait sérieusement à manquer, que ses cris déchiraient l’air. Même quand il lui offrait tout, elle en voulait plus, tout du moins le suppliait-elle de ne jamais s’arrêter. C’était trop bon, trop bon pour qu’elle n’envisage une seule seconde de vouloir y mettre un terme. Elle pourrait passer des heures, des heures en sa compagnie, des heures à lui faire l’amour et ce peu importe le lieu ou les circonstances. Elle le voulait, inlassablement, affamée, insatisfaite. Pourrait-elle seulement se lasser un jour ? Il lui semblait bien que non. Et pour l’heure elle profitait de l’instant, s’y abandonnant pleinement, appréciant le moment.

Et ces propos qu’elle lui tenait, ces suppliques et ces compliments, ces soupirs et ces gémissements, semblaient le combler au plus haut point. Elle percevait son corps agité de frissons et de soubresauts sous ses doigts, contagieux au possible. Elle devinait son excitation, tout d’abord à cause de ce rythme plus ardent qu’il imposait entre ses cuisses, puis grâce à ces baisers qu’il lui offrait, fougueux, presque violents.  Elle ne le lâchait pas, se refusait de le faire. Les muscles de ses bras se retrouvaient tendus au possible, ainsi postés autour du corps de son compagnon. Elle en serrait presque les poings, sa respiration continuant de s’exciter au fur et à mesure que le plaisir la gagnait. Elle se mordait la lèvre afin d’étouffer cette respiration anarchique, continuant de perdre ses doigts dans la chevelure du brun, tandis que les autres se mêlaient à ceux de son compagnon à hauteur de ses propres mèches blondes. Elle avait besoin de le sentir aussi proche, besoin de savoir que malgré le brasier qui consumait leurs bassins, il n’y avait pas que ça. Il y avait ces suppliques, ces souffles, ces regards fiévreux, ces baisers échangés. Il y avait cette étreinte, ces doigts entremêlés avec fermeté et tendresse. C’était bon, bon de lui appartenir, bon de voir le soin –certes sauvage- qu’il accordait à cette relation. Et malgré cette envie, impossible à satisfaire, de poursuivre leur ébat à l’infini, il était bon de constater le plaisir qui la gagnait, une fois ce dernier poussé à son paroxysme. Il n’en fallut pas plus pour que la blonde en jouisse, dans un dernier râle de plaisir qu’elle partagea avec son partenaire. Ces même tremblements qui les gagnaient, ce sursaut final, cette délivrance. La jeune femme laissa sa tête reposer de nouveau sur le lit, ses prunelles d’émeraudes s’ancrant alors dans le plafond tandis qu’elle peinait à retrouver son souffle. Son cœur tambourinait avec violence dans sa poitrine, cette dernière se soulevant toujours au rythme d’une respiration anarchique. Et il était là, sur elle, son menton à hauteur de ses seins, éprouvant la même difficulté qu’elle à se calmer. Une difficulté qu’elle aida à surmonter lorsque ses doigts partirent de nouveau dans la chevelure du brun, faisant cette fois preuve de beaucoup plus de tendresse et de douceur. Ces simples caresses suffirent à apaiser son compagnon et ce constat lui arracha un frisson. Elle avait parfaitement conscience du pouvoir qu’elle pouvait exercer sur lui, elle savait qu’elle pouvait le séduire, le convaincre. Tout. Mais elle découvrait en cet instant précis qu’elle savait également l’apaiser. D’ordinaire si impulsive, si prompt à s’énerver, la blonde doutait d’être capable de telles prouesses, capable de calmer autrui alors qu’elle-même était incapable de se calmer seule. C’était pourtant le cas et elle ne parvenait pas à savoir précisément ce qu’elle ressentait vis-à-vis de ça.

Elyrian préféra donc éluder la question, se contentant de soupirer avec douceur en sentant la respiration plus tranquille du marin. Elle calqua le rythme de son cœur sur le sien, lentement, reprenant ainsi à son tour son souffle. Elle profita de l’instant pour souffler à son attention, un simple mot chuchoté, presque suppliant. Reste. Reste, tout de suite, maintenant. Reste, dans l’avenir, dans les semaines et les mois à venir. Reste. Encore légèrement tremblante, la danseuse le laissa se retirer, mettant ainsi définitivement fin à leur étreinte passionnée, avant de soupirer de bien-être en le sentant revenir aussitôt contre elle. Désormais à ses côtés, la jeune femme pivota légèrement afin de lui faire face, appréciant de sentir son souffle caresser sa peau à hauteur de son cou. Elle ne lâchait pas sa chevelure, son autre main effleurant son torse alors qu’il la pressait contre lui, et ses lèvres partant se poser sur le front du chasseur de squales. Ses jambes se mêlèrent aux siennes, tendrement enroulées, avant qu’il ne daigne répondre d’une voix encore rendue rauque à cause de leurs ébats. Rassure toi. Ancrant ses prunelles dans le saphir de ses yeux, Elyrian en retenait presque sa respiration, appréciant de le voir prendre le temps de la regarder pour finir de l’apaiser. Je ne vais nulle part. Elle ne souriait pas. Mais elle n’en avait pas besoin. Son regard parlait pour elle, teinté de sérieux et de gratitude à la fois. Un bref instant où elle se montra vulnérable, avant que l’ombre d’un sourire amusé ne s’esquisse de nouveau sur ses lèvres. Elle lâcha alors dans un souffle, moqueuse : « De toute manière tu ne peux rien faire sans mon autorisation. » Le regard brillant, osant de nouveau respirer, elle finit toutefois par fermer brièvement les yeux en sentant ce pouce effleurer sa joue avec douceur, s’abandonnant de nouveau à cette tendresse qui suivait leurs ébats de manière systématique. Tournant légèrement la tête, elle embrassa ce doigt ainsi offert avant qu’elle ne sente le brun guider sa main… Jusqu’à sa hanche. Ce fut ce contact, cette cicatrice qu’elle retrouvait, qui l’incita à ouvrir de nouveau les yeux. C’était la première fois. La première fois où ses doigts se retrouvaient là, à effleurer sa peau abimée, sans qu’elle ne soit à l’origine de ce contact. Cette autorisation, cette demande même, fut largement suffisante pour qu’elle s’attarde sur la plaie, s’autorisant finalement l’ombre d’un sourire, plus doux. Poursuivant ses caresses, elle s’empara également des lèvres de son compagnon, doucement, mordillant sa lèvre inférieure au passage tandis qu’elle le repoussait sur le dos dans le même temps.

Elyrian n’avait nullement l’envie de se séparer de lui toutefois si bien qu’elle suivit le mouvement, à moitié. Elle se retrouvait ainsi à ses côtés, la moitié de son corps reposant sur le torse du marin, son visage glissé à hauteur de son cou qu’elle parsema de baisers. Ses deux mains se postèrent à hauteur de ses hanches, griffant légèrement la peau lisse de l’une, effleurant avec délicatesse la cicatrice de l’autre. Finalement la blonde se redressa sur un coude, ancrant son regard dans celui de son partenaire pour s’en détourner aussi vite. Mais c’était pour la bonne cause car, doucement, elle laissa ses lèvres vagabonder sur sa peau nue, le long de cette épaule qu’elle avait maintes fois mordues et qui s’en trouvait par conséquent encore rougie, puis des muscles qui sculptaient son torse, jusqu’à cette hanche maltraitée. Ce fut donc du bout des lèvres qu’elle redessina les contours de cette marque qui ornait sa peau. Elle en redécouvrit les bosses et les creux, suivant ces tracés rendus blanchâtres par le temps. Elle se souvenait de la première fois qu’elle avait pu admirer la balafre, et de la crainte qu’avait éprouvé le marin, effrayé à l’idée qu’elle puisse la trouver trop hideuse. Elyrian en vint à se demander, pourquoi une telle inquiétude ? Avait-il déjà subi grimace et dégoûts ? Ou bien étais-ce seulement dans sa tête ? Se poser ce genre de questions incita la jeune femme à s’en poser de nouvelles, plus précises, plus intimes. Déjà elle s’emballait, curieuse, tout en sachant toutefois que ce qu’elle s’apprêtait à demander était risqué au vu de la période qu’ils traversaient. Cette crise, cette épidémie. Elle craignait de faire un faux pas, de briser l’instant, mais elle ne put s’en empêcher. La blonde se montra toutefois suffisamment prévenante, se redressant de nouveau, laissant ses doigts prendre le relais sur la cicatrice tandis qu’elle remontait jusqu’à lui afin de déposer son menton sur son torse. Sa voix s’élevait alors, tranquille bien que sérieuse. « J’ai une question à te poser. »

S’autorisant l’esquisse d’un sourire, la danseuse fit glisser sa main jusqu’à celle de son compagnon, entremêlant leurs doigts et relevant ensuite leurs mains liées à hauteur de son visage. Inspirant doucement, elle l’observa un moment avant que ses doigts ne s’attardent imperceptiblement sur l’annulaire de son compagnon, tandis qu’elle reprenait déjà la parole. « Tu m’as dit que tu n’étais pas marié actuellement, et comme il n’y a pas de marque de bague j’en conclus que tu ne l’as jamais été. Oui, elle était ce genre de psychopathe à s’attarder sur ces détails, observatrice à ses heures perdues. Ancrant ses prunelles d’émeraudes dans le saphir de ses yeux, elle en arrive alors à formuler cette question qui lui brûlait les lèvres. Pourquoi ? » Etais-ce un choix ? N’avait-il jamais trouvé la bonne ? A moins encore qu’il ait sincèrement aimé une femme et que cette dernière fasse partie de ces proches qu’il avait perdus à cause des requins. Ou bien peut-être étais-ce l’épidémie qui avait réduit à néant ces espoirs concernant un hypothétique mariage à venir. Elle était curieuse. Curieuse car elle peinait à comprendre pourquoi ce n’était pas le cas. Pourquoi aucune femme n’avait succombé avant elle, au point de vouloir passer sa vie avec lui. Elyrian se rappela toutefois du temps que le marin se plaisait à passer en mer, ce qui constituait un obstacle pour certaines femmes. Un obstacle par lequel elle se sentait concerné, se sentant soudainement incapable de pouvoir le laisser s’absenter des mois sur son navire. Enfin, tout ça, c’est si les choses avaient été différentes. La blonde préféra donc ne plus s’en soucier, se contentant d’attendre une réponse. Elle poursuivait ses caresses à hauteur de sa hanche et de sa main, déposant également un bref baiser sur son torse. La curiosité faisait luire ses prunelles, pourtant il devait se douter qu’il ne fallait pas s’y fier. Jamais, ô grand jamais, elle n’irait s’offusquer si cela s’avérait trop dur pour lui de lui en parler.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Jeu 4 Sep - 2:03

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Il n'y avait que très peu de personnes capables de calmer Saffron. Le calmer, le rassurer, l'apaiser. Quand sa belle assurance tombait, quand il se retrouvait vulnérable, quand il n'avait plus son épaisse armure pour lui servir de remparts à la vie. La première personne avait été sa sœur, Cameron. Sa sœur avec qui il avait été si proche, malgré leur six ans de différence. Sa sœur qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau niveau caractère. Ce fut sans doute pour ça qu'elle réussissait à canaliser sa colère lorsque quelque chose n'allait pas, ou l'apaiser quand ça n'allait pas. Puis, il y avait eu Nora. Nora qu'il avait rencontrée à Kenaï, bien évidemment. Nora qui avait grandi avec lui. Nora qu'il avait toujours aimée, et qu'il continuait d'aimer, quelque part en lui. Elle avait été la deuxième parce qu'il lui avait donné son cœur, parce qu'il s'était donné à elle, et qu'elle s'était donnée à lui. Et il y eut cette main, qu'Elyrian avait passée dans ses cheveux alors qu'il était sur le point d'étouffer littéralement. C'était peut-être ridicule, mais il avait eu l'impression de faire une attaque en sentant son cœur frapper, marteler, boxer sa poitrine encore encore et encore. Et Elyrian l'avait sauvé. Elle l'avait libéré. Apaisé. Elles étaient trois, désormais. Elles seraient trois. À détenir le secret, à détenir la clé du casse-tête ambulant qu'était Saffron Mortimer.
Il voyait d'ailleurs à la réaction d'Elyrian qu'elle-même était chamboulée. Sans doute n'avait-elle pas fait exprès. Sans doute avait-elle seulement voulu passer sa main dans ses cheveux comme elle le faisait si souvent. Sans doute ne s'était-elle pas attendue à ce que cette simple caresse fasse cet effet. Il n'empêche qu'elle l'avait fait.
Et maintenant, maintenant qu'ils avaient assouvi leur désir ardent, Saffron ne voulait plus que ses bras. Il voulait se lover tout contre elle, profiter de son étreinte autant qu'il pouvait, car il était certain que cet instant ne durerait pas. Cette échappée en dehors du temps, teintée de douceur et sensibilité, éclaterait comme une bulle de savon.
Il écouta Ely lui demander de rester, sur ce ton si implorant, qui était sorti d'entre ses lèvres comme un souffle, léger. Mais il y avait ce préservatif usagé qui le gênait et il se redressa le temps de le retirer et de le jeter. Puis, il retourna à ses bras. À cette étreinte qu'il aimait tant. Ses lèvres embrassèrent son cou, avant qu'il ne la rassure qu'il n'avait l'intention d'aller nulle part. Et c'était vrai. Où croyait-elle qu'il pouvait aller, ainsi, totalement nu ? À part peut-être se diriger vers la cuisine pour chercher à boire, car maintenant qu'il y pensait, cette activité lui avait donné soif. Mais non. Il n'avait pas l'intention de la laisser, pas après ce qu'ils venaient de faire. Il ne voulait plus qu'être là pour elle, que passer du temps, sa peau contre la sienne, à s'imaginer qu'ils se réveillaient, un dimanche matin, dans l'appartement d'Elyrian, que rien n'avait changé, qu'ils avaient toujours leur vie. Lui son bateau, et elle son poste de prof de danse.
Ce qu'Elyrian lui répondit le fit inévitablement sourire. La revoilà. Son côté dominateur. Son côté reine de pique pour lui qui n'était qu'un roi de cœur. Il la regarda tourner doucement la tête pour embrasser son pouce qui taquinait alors sa joue, sourire figé aux lèvres. Ce fut sans réfléchir qu'il lui prit ensuite la main pour l'amener jusqu'à sa hanche, sur sa cicatrice. Là, il la lâcha. Lui rendit la liberté, tout en la surveillant, curieux. Et il lut à nouveau la surprise dans les yeux d'Elyrian, comme si elle n'y croyait pas. Mais si. Il l'avait bien fait. Il avait bien placé lui-même sa main sur sa hanche, cet endroit qu'il avait eu pourtant si peur de lui montrer. Le marin la regarda caresser la cicatrice, étrangement respectueuse, avant qu'elle ne s'empare de ses lèvres. Tout en l'embrassant, elle le poussa sur le dos, et Saffron se laissa faire, docile, appréciant l'initiative. La blonde se plaça à son côté, reposant à moitié sur lui. Ses lèvres avaient abandonné les siennes pour aller s'occuper de son cou, et Saffron frissonna longuement quand Elyrian posa ses mains sur ses hanches, griffant un côté, caressant l'autre. Il apprécia énormément l'attention pour son côté balafrée. Mais les lèvres d'Elyrian ne s'attardèrent pas dans son cou. Elles descendirent. Le long de son torse, détaillant ses muscles, lui arrachant des gémissements de plaisir avant qu'elle n'atteigne finalement sa hanche droite. Là, Saffron se crispa tout entier, mais pas de peur. Non. Qu'elle l'embrasse à cet endroit faisait naître en lui des sensations inédites, si bien qu'il eut l'impression de sentir son membre durcir à nouveau. Il en fut d'ailleurs extrêmement surpris, et s'allongea entièrement, la tête posée sur le lit, pour fixer le plafond en se demandant ce qu'il lui arrivait.
La voix d'Elyrian le ramena soudain à lui, et il avala bruyamment sa salive tandis que la blonde se redressait pour lui avouer avoir une question à lui poser. Il glissa une main le long de sa chute de reins, juste à la naissance de ses fesses, tout en fronçant les sourcils. Mais sa curiosité fut plus forte, et il hocha la tête pour lui montrer qu'il était prêt à l'entendre. La blonde s'empara alors de sa main libre, qui se trouvait être la gauche, emmêlant ses doigts aux siens. Saffron ne pouvait s'empêcher de froncer les sourcils tout en souriant, curieux de savoir ce qu'elle avait à lui demander. Mais ce ne fut pas une question. Tout du moins, pas tout de suite. Elyrian mit en évidence le fait qu'il ne soit pas marié, et lui fit remarquer qu'il ne l'avait jamais été en lui montrant son annulaire qu'elle tenait. Tout ça pour lui demander pourquoi. Saffron la regarda encore un instant dans les yeux, mais tout sourire avait disparu de son regard. Il posa à nouveau sa tête à plat sur le lit, et regarda le plafond. Songeur. Elle voulait savoir pourquoi il n'était pas marié. Elle voulait savoir pourquoi il n'avait pas de marque de bague à son doigt. À vrai dire, il en avait eu une, mais elle avait disparu depuis bien longtemps. C'était il y a des années. Plus de dix ans, à vrai dire. Quinze ans, précisément. Tandis qu'il réfléchissait, ses doigts continuaient de pianoter en haut de fesses d'Ely. Mais ce fut bien le baiser qu'elle déposa sur son torse qui le fit ouvrir la bouche et dire : « On me l'a prise. » Il n'était pas triste. Sa voix n'était pas triste, ni son visage. Il était songeur. Cela lui coûtait de parler ainsi, mais il ne le montrait pas. Il ne voulait pas. Il ajouta alors en revoyant Nora sauter à l'eau, sous ses yeux, pour peut-être un million de fois depuis ce jour : « Elle s'appelait Nora. À vingt ans, nous étions fiancés. À vingt-et-un, ils me la prenaient. » Ses yeux fixaient toujours le plafond, et rien que le plafond. Il resta immobile pendant une minute peut-être, avant de redresser doucement la tête pour regarder Elyrian dans les yeux et dire avec une sorte d'humour qui cette fois était réellement triste : « Pour dire, je ne suis vraiment pas passé loin. » Elle avait voulu savoir, elle savait. Mais maintenant que Saffron était plongé dans ces horribles souvenirs, il allait avoir besoin d'elle pour l'en sortir. Sinon, il n'y arriverait pas. Pas tout seul.

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Dernière édition par Saffron Mortimer le Dim 21 Sep - 12:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Jeu 4 Sep - 11:53








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle aimait ces instants, ces moments où elle oubliait le monde, l’épidémie. Elle aimait songer au temps qui s’écoulait sans qu’elle n’ait besoin de s’en soucier, sans penser au camp, à ceux qui les attendaient là-bas. Si elle avait toujours estimé que sa solitude l’avait préservé, lui assurant sa survie, force était d’admettre que la présence de Saffron lui apportait désormais des heures de plénitude auxquelles elle ne s’était pas attendue. C’était bon de se reposer, de laisser tomber le masque, de s’abandonner dans ses bras et de s’y reposer, sachant parfaitement qu’il veillerait sur elle. Elle n’en doutait pas, n’en doutait plus. Peut-être était-ce là une erreur, cela rendrait la suite peut-être compliquée au possible mais elle s’en fichait. Les réflexions n’avaient pas lieu d’être en cet instant précis, pas alors qu’il lui rendait le moindre de ses sourires, s’amusant de la voir embrasser son pouce et appréciant de la sentir prendre soin de sa hanche balafrée. La blonde avait été surprise de constater le besoin de son compagnon de la voir s’attarder à cet endroit, mais cette même surprise fut balayée, trop satisfaite qu’elle était de pouvoir s’attarder sur cette marque ô combien important. Elle se souvenait encore de ce qu’elle avait ressenti lorsqu’il s’était confié à elle sur la nature de cette plaie, ce qu’elle avait pensé en la découvrant du bout des doigts avant de la dévorer du regard. Et désormais elle était fière de savoir qu’elle y avait constamment accès, au gré de ses envies. Ce corps qui était sien, cette balafre qu’elle s’appropriait sans retenue, avec douceur mais fermeté. Possessive. Ce fut probablement pour cela qu’elle alla plus loin dans ses investigations, repoussant son compagnon afin de l’allonger sur le dos, reposant à moitié sur lui tout en poursuivant ses caresses et ses griffures. Ses lèvres glissèrent le long de son cou et de son torse, jusqu’à cette hanche maltraitée. Et ce fut ainsi de sa bouche qu’elle redécouvrit les tracés qui abimaient sa peau, retraçant les contours de la mâchoire du requin qui avait eu l’audace de s’en prendre à lui. Un requin auquel il avait survécu, pour sa plus grande satisfaction à elle, pour sa plus grande admiration. Il était bien plus qu’un vulgaire survivant, bien plus qu’elle.

Et surtout il était là, entre ses mains, à sa merci, en train de gémir à nouveau sous ses caresses. Un sourire amusé naquit sur ses lèvres tandis qu’elle continuait de déposer ces dernières sur sa peau lorsqu’elle perçut ce nouveau début d’excitation. Il n’avait plaisanté qu’à moitié en affirmant être capable de lui faire l’amour encore une fois, et elle se plaisait à se sentir désirable à ce point, satisfaite de se savoir suffisamment douée pour lui procurer de nouvelles sensations, encore. Ils auraient peut-être pu en profiter, elle aurait peut-être dû fermer cette grande gueule qu’elle ouvrait si souvent afin de profiter de l’instant, profiter de lui, encore un peu. Mais les questions fusaient dans son esprit, qu’elle jugeait importantes sur le moment puis soudainement stériles au possible si bien qu’elle les balayait d’un revers de main imaginaire, pour finalement sentir qu’elles revenaient à la charge. Sa curiosité était plus forte que tout. Il y avait toujours cette envie, bouillonnante, de le connaître plus. Toujours un peu plus. Il y avait de ces choses, de ces faits, qu’elle ne pouvait prédire ou deviner. Il y avait cette histoire, incarnée sous la forme d’un puzzle dans son esprit, dont elle voulait progressivement assembler les pièces. Elle voulait finir cet assemblage, en découvrir l’œuvre, entière. Une œuvre qu’elle admirerait, qu’elle encadrerait, qu’elle chérirait. Une œuvre qui serait de son fait, dû à son besoin presque maladif de recoller les morceaux, envieuse de savoir ce qui pouvait se passer dans sa tête. Et si lui savait ce qui se passait dans la sienne, probablement la prendrait-il pour une folle, ou une sadique se réjouissant des malheurs d’autrui. Peut-être était-ce la vérité d’ailleurs, il y avait peut-être cette pointe de sadisme dans son être, ou tout du moins ce manque de compassion flagrant qui pouvait la saisir parfois, lorsqu’elle se mettait à poser des questions tout en sachant qu’il y avait une grande probabilité que cela soit douloureux pour l’autre. Elle savait, mais agissait tout de même. Pour mieux s’en mordre les doigts ensuite. Cette fois ci ne fit pas exception à la règle.

Se redressant à peine, la jeune femme lui annonça alors la couleur, affirmant avoir une question à lui poser. Au moins, ainsi, il se douterait que ce ne serait peut-être pas facile, sans quoi elle ne s’amuserait pas à le prévenir. Mais cela ne l’arrêta pas. Captant le saphir de ses yeux, frissonnant en sentant sa main cascader le long de son dos jusqu’à sa chute de reins, elle le vit ainsi hocher la tête, souriant et curieux d’entendre ce qu’elle pouvait lui dire. Ce sourire qu’il lui offrait la mit un bref instant mal à l’aise, lui donnant encore une fois l’impression d’aller trop loin, la sensation de faire chier en brisant cet instant de tranquillité et de calme entre eux. Aussi détourna-t-elle les yeux, s’emparant plutôt de sa main, entremêlant leurs doigts et s’intéressant tout particulièrement à celui censé accueillir une alliance, elle mit ainsi en avant la vérité qu’il lui avait offerte des jours plus tôt : il n’était pas marié. Elle avait bien vite conclut qu’il ne l’avait même jamais été, chose qu’elle jugea suffisamment surprenante pour qu’elle en vienne à lui demander pourquoi. Ce fut une fois la question formulée à voix haute, dans un souffle, qu’elle leva de nouveau les yeux vers lui, pour constater que le sourire qu’il avait arboré jusque-là avait clairement disparu. Et c’est là, c’est à cet instant que la blonde se met à regretter. C’est à ce moment précis qu’elle en vient à se mordre férocement la langue, quitte à la faire saigner, pour se punir de sa connerie sans fin. C’était stupide. Et cruel. D’autant plus qu’elle s’était attendue à une réponse difficile, elle avait soupçonnée une horreur de plus dans la vie de son compagnon et ce fut cependant sans scrupules qu’elle lui demanda de lui en dire plus. Elle se sentait garce, conne, cruelle. Un sentiment qui ne s’allégea qu’à peine lorsque le marin détourna les yeux, laissant sa tête de nouveau reposer sur le lit, lui permettant ainsi de fixer le plafond. Elyrian ne parvenait pas à voir les sentiments qui pouvaient animer son visage, et elle ne tenta pas de chercher. Elle fouillait déjà assez loin et ne désirait pas le scruter comme une folle irrespectueuse et dépourvu de la moindre compassion. Elle en faisait déjà assez. Muette, elle se contenta donc de jouer entre un peu avec sa main, avant de déposer un baiser sur son torse, tendre, comme en guise d’excuse silencieuse également. Contre toute attente, ce fut ce geste qui incita le brun à prendre la parole.

La danseuse avait pris note de ce semblant de stress, ou tout du moins ce qui s’en rapprochait, lorsqu’elle sentit les doigts de son compagnon pianoter sur le sommet de ses fesses, de la même manière qu’elle pouvait laisser ses propres doigts s’agiter sur ses couteaux dès que quelque chose n’allait pas. Silencieuse, elle ne put toutefois revenir un long frisson, ce dernier la secouant de haut en bas, quand elle entendit cette voix dépourvue d’intonation particulière. On me l’a prise. Elle. Cette femme qu’elle ne connaissait pas mais qu’il avait aimé, forcément, sincèrement. Elle, celle qu’il aurait dû épouser, celle qui aurait dû le combler jusqu’à la fin de sa vie. Elle, qui aurait dû se tenir à sa place, enlacée contre lui, avec ce sentiment de protection infini au creux du ventre. Elle. Nora. Nora partie trop tôt, Nora morte à vingt-et-un an, tuée par ces requins qu’il chassait désormais avec tant d’ardeur. Nora, sa fiancée. Ce n’était que quelques mots, de brèves explications pour justifier cette absence de bague au doigt, et pourtant elle ne pouvait s’empêcher de se sentir affreusement mal. Stupide au possible. Elle se crispait contre lui, imperceptiblement, se traitant mentalement de tous les noms possibles et inimaginable. Et cette saloperie de cerveau qu’elle possédait, qui ne pouvait s’empêcher de remarquer qu’elle était morte il y a quinze ans, mais qu’il ne s’était mis à tuer des squales que trois ans après. Elle aurait voulu mettre en avant ce détail mais se retint à l’ultime instant, se mordant férocement la lèvre. Elle se retint, parce qu’elle captait de nouveau son regard, ternit par les souvenirs et la douleur qu’ils engendraient, voilés par ce fantôme qui le hantait et qui le hanterait probablement toute sa vie. Elle s’en voulait. Et elle frissonna de nouveau en l’entendant dire qu’il avait failli y passer lui aussi. Il avait été présent, ce jour fatidique, il aurait pu mourir mais c’était elle qui avait péri à sa place. La danseuse imaginait, difficilement, la culpabilité pourtant injustifiée qui devait le ronger. Elle imaginait les cauchemars qu’il pouvait en faire, les remords qui devaient le saisir. Elle s’en voulut un peu plus.

Le cœur battant, la jeune femme laissa sa prise sur sa main se raffermir, ferme et tendre. L’autre main qu’elle avait logé sur sa hanche jusque-là se fit plus caressante l’espace de quelques secondes, avant qu’elle ne remonte le long de son corps, jusqu’à sa joue qu’elle effleura, ses cheveux qu’elle caressa tout aussi tendrement. Elle voulait s’excuser, mais dans le même temps elle ne voulait pas lui donner l’impression que cette discussion était totalement stupide. Elle ne voulait pas qu’il croit qu’elle regrettait ses propos, bien que cela soit en partie vrai, car il s’agissait d’un moment important de sa vie. Et elle appréciait la confession à sa juste valeur, elle appréciait le bonheur qu’il avait passé avec cette femme, et se trouvait désolé de constater qu’il l’avait perdu. Mais la blonde ne voulait pas souiller la mémoire de cette Nora, ne voulait pas la dénigrer, ignorer ce prénom qu’il lui avait offert. Il lui avait parlé d’elle, elle ne pouvait décemment pas faire comme s’il ne l’avait pas fait. Ce fut donc en esquissant l’ombre d’un sourire tendre qu’elle souffla à son attention, s’allongeant de nouveau sur son torse, redressant à peine le buste pour pouvoir le fixer dans les yeux toutefois, poursuivant ses caresses. « C’est joli Nora. C’était peut-être bête, peut-être douloureux plus qu’autre chose. Mais comme à chaque fois elle faisait ce qu’elle pouvait, elle faisait au mieux, enchaînant les tentatives pour se faire pardonner d’avoir raviver de vieilles plaies. Bien qu’elle doute du fait que cette plaie là se soit refermée un jour. Cela ne serait jamais le cas. Inspirant difficilement, la jeune femme alla finalement se mettre à califourchon sur son compagnon, se penchant sur lui, ses émeraudes ancrées dans le saphir de ses yeux à lui. Son sourire disparait, laissant place au sérieux et au pardon, cette étincelle d’excuse au fond des yeux, qu’elle formula à voix haute, les sourcils froncés. Je suis désolée. »

Elyrian déglutit, péniblement, avant de s’emparer des lèvres de son compagnon, tendrement, à plusieurs reprises, caressant sa peau de son souffle, effleurant son cou du bout des doigts, sa joue, ses cheveux, son torse. Tout. Elle voulait détendre ces muscles, un à un. Elle voulait l’apaiser. Elle voulait s’excuser. Mais elle craignait également que ces gestes ne suffisent pas. Sa respiration s’emballait, de même que son cœur au creux de sa poitrine, bien qu’elle fasse tout pour ne pas le lui dévoiler. Ce n’était pas à elle de se mettre dans ce genre d’états, elle n’avait pas le droit, pas le droit de paraître vulnérable ou de le laisser penser une seule seconde qu’elle avait besoin d’être réconfortée. C’était injuste, injuste pour lui. Se mordant de nouveau brièvement la lèvre, elle l’embrassa encore une fois, ne comptant ainsi plus le nombre de baisers qu’elle venait de lui offrir. Elle laissa son front reposer contre le sien, inspirant avant de souffler, les yeux clos. « Je suis désolée. C’était ridicule, irréfléchi. Et j’aurais dû deviner. Elle aurait dû se contenter des hypothèses qui germaient dans son esprit, elle n’aurait pas dû réclamer de lui qu’il les confirme. C’était cruel, égoïste. Rouvrant les yeux, elle l’observa tendrement, ses sourcils restant toujours froncés toutefois, témoignant ainsi de ses remords. Et ce fut dans un souffle, à peine audible, qu’elle conclut. Je suis désolée. » Il n’était pas dans les habitudes de la blonde de s’excuser, sa fierté l’empêchant souvent de s’abandonner à ce genre d’attitudes. Elle savait toutefois mettre cette dernière de côté, parfois, quand elle prenait pleinement conscience de ses torts. Et aussi parce qu’il le méritait. Parce que malgré sa question ô combien indiscrète et douloureuse, il avait répondu. Il lui avait offert cette réponse, alors même qu’il aurait pu s’en abstenir, lui dire qu’il ne souhaitait pas en parler. Mais il s’était confié. Cela méritait bien qu’elle lui fasse part des sentiments qui l’assaillaient en cet instant. Cela méritait bien qu’elle soit franche, qu’elle s’excuse, qu’elle le ramène à la réalité plutôt que de le laisser sombrer dans ces souvenirs houleux qu’il avait évoqué pour elle. Des souvenirs qui voilaient toujours ses prunelles bleutées. Des souvenirs encore trop présents, trop douloureux. Elle ne voulait pas le voir souffrir. Elle ne voulait pas lui faire de mal.

Ce fut probablement pour cela que ses mains partirent encadrer ce visage près du sien. Effleurant ses joues avec douceur, glissant ses doigts sur ses paupières, ses lèvres, faisant preuve d’une douceur infinie. De nouveau son cœur s’emballa, un peu trop, et de nouveau elle tenta de le cacher, ça et sa respiration saccadée qu’elle contenait dans sa poitrine, faisant au mieux. Elle n’y arrivait pas, mais ne s’en soucia guère plus longtemps. Elle chercha son regard et surtout elle le lui fit comprendre, attirant son attention via ces caresses et surtout via ces mots qu’elle lui offrit, dans un souffle à la fois ferme et délicat. « Hey… Saff. Regarde moi. Regarde moi. Reviens moi. Elle ne voulait pas qu’il se perde plus longtemps dans ces souvenirs, dans cette douleur. Elle voulait qu’il lui revienne, là, tout de suite. Dans ce lit, son corps contre le sien, sa peau contre la sienne. Elle voulait capter son regard et ne plus y lire une quelconque souffrance. Les mots lui brûlaient la langue, désireux de sortir, encore, mais quelque chose la retenait. Quelque chose d’infime, qui se manifesta sous la forme d’un frisson, d’un tremblement à hauteur de ses mains, d’un tic qui agita sa joue. Quelque chose qui se voyait à sa manière d’avaler sa salive, péniblement, avant qu’elle n’ose finalement lui murmurer ces quelques mots. Dans un souffle infime, à peine audible cette fois. D’une voix presque tremblante, si bien qu’elle s’en voulut de paraître aussi vulnérable. Je suis là moi. » C’était prétentieux, tellement prétentieux. C’était le comble, que de s’imaginer suffisamment importante pour lui faire oublier le reste, pour lui faire oublier –certes momentanément- cette Nora qu’il avait tant aimé. C’était prétentieux et pourtant elle ne pouvait s’empêcher d’espérer que ça fonctionne. Pour lui. Juste pour lui. C’était prétentieux, mais guidé par un altruisme dont elle ne faisait que rarement preuve. C’était prétentieux… Totalement.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Jeu 4 Sep - 15:36

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Saffron était perdu. Perdu dans les méandres de ses souvenirs, perdu entre présent et réalité. D'un côté, il était là. Dans ce lit. Contre Elyrian, sa main abandonnée, laissée à elle-même dans sa chute de reins. Pianotant sur sa peau quand les souvenirs se faisaient trop précis, trop nets. Et d'un autre côté, il se tenait encore sur le pont de son bateau, quinze ans plus tôt. Observant un Saffron âgé de vingt-et-un ans enjoindre la Nora qu'il avait aimée de sauter à l'eau. Ce qu'elle fit, sans l'ombre dans une hésitation. Le souvenir était là, vivant. Terrible. Morceau de cœur arraché au sien, qui battait à en exploser chaque fois que Saffron y repensait. Mais le cœur de Saffron n'allait pas exploser tandis qu'il la voyait sauter à l'eau à travers ce plafond qu'il fixait intensément. Non. Le cœur de Saffron saignait. Abondamment. C'était une rivière, c'était un fleuve, un océan. À l'image de tout le rouge qui était remonté à la surface en même temps que le monstre. Les dents. Les yeux. Un série de flashs lui passa sous les yeux, liés aux signaux d'alerte quand lançaient son cerveau désormais lui aussi atteint. Il sentit néanmoins Elyrian se crisper dans son voyage inter-mémoriel, mais il ne pouvait pas revenir. Il était perdu. Perdu dans ce souvenir. Perdu à arrêter les images une par une, comme s'il lisait un de ces films dont Elyrian lui avait parlés. Et si le million de fois précédentes ne lui avait pas suffi, cette fois encore ne suffirait pas.
Mais, à l'image d'un homme plongé dans un profond coma, il ressentait sans pouvoir réagir. Il ressentait le corps d'Elyrian contre le sien, toujours crispé. Il ne savait comment, mais il sentait la gêne qu'elle dégageait comme une effluve de parfum qu'on lui aurait soufflé en plein visage. Mais il demeurait coincé. Dans son souvenir. Immobile, à fixer le plafond. Les flashs refirent leur apparition, agressifs, et son genou droit tressauta légèrement, mouvement nerveux, tandis que dans son souvenir, il se revoyait tomber à genoux et vomir tout ce qu'il avait dans le ventre. Il sentit soudain la main d'Elyrian remonter le long de sa hanche jusqu'à sa joue qu'elle caressa, avant qu'elle se perde dans ses cheveux. Et ce fut sans doute ce qui empêcha le marin de manquer d'air, car s'il ressentait tout ce qu'il avait ressenti ce jour-là, quinze ans auparavant, c'était avant tout parce que le souvenir était violent. Et la violence était demeurée intacte, comme conservée dans l'ambre, la glace.
La voix d'Elyrian résonnant dans sa tête l'arrachant violemment à son souvenir, et il fut pris de vertige en se retrouvant à nouveau dans ce lit, si bien qu'il s'agrippa fermement à elle ainsi qu'aux draps. Momentanément perdu, il regarda autour de lui, avant de rencontrer le regard de la blonde. C'est joli Nora. Il déglutit difficilement, caressant la peau nue son dos comme pour s'assurer qu'elle était bien réelle, qu'il ne rêvait pas, puis répliqua, visiblement perturbé : « C'est joli, oui... c'était joli... » C'était joli, en effet. Avant les dents. Avant le sang. Avant la mort. Saffron était tel qu'il ne parvenait plus à se souvenir du visage de celle qu'il avait aimée autre qu'avec cet air terrorisé, le regard figé, quand la bête était remontée à la surface. Il grimaça en chassant les images à grands renforts de battements de cils, tandis qu'Elyrian se mettait à califourchon sur lui. Et il la remercia du regard pour le ramener à nouveau à lui. Ramené à cette chambre, il glissa ses mains dans le dos de la blonde pendant qu'elle se penchait sur lui, doucement, pour lui avouer clairement qu'elle était désolée. Le coeur de Saffron qui s'était momentanément arrêté de couler manqua un battement, et il ne put que prononcer son prénom, qu'il amputa lui aussi, « Ely... » C'était bel et bien une supplication. Ne m'abandonne pas. Ne me laisse pas à mes souvenirs. Sauve-moi d'eux. Éloigne-moi d'eux. Ramène-moi.
Ce fut juste avant qu'elle ne s'empare de ses lèvres et l'embrasse, à plusieurs reprises. Le marin savoura ses lèvres du mieux qu'il put, répondant à ses baisers avec une douceur infinie. Ses mains avaient quitté le dos de sa compagne pour venir de placer de chaque côté de son visage, son beau visage. Et elle continuait de l'embrasser, sans s'arrêter, enchaînant les baisers rapides, tout en caressant son corps de ses mains. Elle laissa ensuite son front reposer contre le sien, si bien que Saffron put plonger son regard dans le sien tandis qu'elle s'excusait encore, prétendant que c'était ridicule, irréfléchi, qu'elle aurait dû deviner. Saffron ferma les yeux sans lâcha son visage de ses mains, et ne put prononcer autre chose que son prénom. Encore. Pour la supplier de rester, de ne pas le laisser, qu'il ne s'en sortirait pas sans elle, qu'il avait besoin d'elle pour refermer le couvercle de la boîte de Pandore qu'était sa boîte à souvenirs.
Elle était désolée. Elle le lui rappela une fois encore, dans un souffle cette fois. Il savait ce que ça lui coûtait de s'excuser ainsi, elle ne les offrait pas à n'importe qui, et le simple fait de savoir ça lui mit le baume au cœur. Mais il ne pouvait plus ouvrir les yeux, les lèvres entrouvertes, il se sentit glisser, à nouveau sur cette pente dangereuse qu'était ses souvenirs. Et il ne put rien faire. Il se retrouva soudainement à l'eau, plongeant sauver sa mère. Il n'y avait plus de Nora cette fois. La peur avait pris le dessus. Sa peur pour ces mêmes squales qu'il avait chassés, traqués, persécutés. Il étouffa un cri de terreur en voyant le requin lui foncer dessus, et il se cambra sur le lit tandis qu'une douleur imaginaire le faisait se tordre de douleur sous Elyrian. Elyrian dont la voix lui parvint tel un sonar à travers la couche d'eau imaginaire qui noyait son souvenir et le noyait peu à peu. Il fronça les sourcils, les oreilles sifflantes, tandis qu'elle lui demandait de le regarder, l'appelant par son prénom, avant de réitérer. Plusieurs fois, plus fermement. Il rouvrit alors brusquement les yeux, prenant une respiration bruyante, comme s'il était resté des heures et des heures en apnée. Et cette fois, ce fut la panique. Ses mains qui tenaient le visage de la jeune femme le lâchèrent pour venir à nouveau s'accrocher au lit pour l'empêcher de faire cette chute imaginaire. Il haletait, complètement désorienté, surtout terrorisé. Il plongea son regard bleu dans celui de la jeune femme, paniqué. Je suis là moi. Oui. Oui, elle était là, elle. Elle était là. Il se redressa soudain pour se retrouver en position assise, maintenant cependant Ely contre lui, la faisant s'asseoir sur ses genoux, avant de l'enlacer fortement, comme si cela faisait des années qu'il ne l'avait pas vue. Il n'osait plus fermer les yeux. Il avait trop peur. Il déclara alors, d'une voix tremblante qui ne ressemblait pas à la sienne : « Aide-moi, je t'en prie. » Il voulait qu'elle l'aide à refermer la boîte, qu'il l'aide à éteindre le feu, à chasser ses souvenirs qu'il avait fait resurgir. C'était trop pour lui. Trop de violence, trop de souffrance. Trop de peine. Son cœur ne supporterait pas tout ça. Pas une nouvelle fois.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Jeu 4 Sep - 20:32








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle s’en voulait. Seigneur ce qu’elle pouvait s’en vouloir d’avoir posé la question de trop, la question qui blessait, qui ravivait les vieilles plaies. Elle se sentait stupide, tellement stupide. La blonde aurait tout donné pour faire un saut dans le temps et s’abstenir de lui parler de mariage. Quelle connerie. Parce qu’elle était en train de le perdre. Elle le voyait à sa façon de sursauter, revenant soudainement à lui, se demandant brièvement où il se trouvait et s’agrippant par conséquent aux draps ou à sa taille. La danseuse avait voulu mettre en avant cette Nora, notant ce joli prénom, en espérant ainsi raviver de meilleurs souvenirs. Mais à quoi pensait-elle ? Sa fiancée était morte. Peu importe la délicatesse dont elle pouvait faire preuve, cela ne changerait jamais ça. Cela ne lui ramènerait pas sa précieuse Nora, cela ne l’empêcherait pas de penser constamment à sa mort que la blonde devinait violente au possible. Pourtant elle le voit essayer d’oublier. Elle l’admire à vrai dire, admirant cette force, ces tentatives. Elyrian prenait vraiment conscience de l’horreur qu’il avait dû encaisser, n’ayant jamais envisagé que ça avait pu le marquer mais qu’il se contentait juste de garder ça pour lui. Là elle voyait. Elle voyait qu’il souffrait, peut-être de manière constante. Elle voyait que c’était dur. Et c’était de sa faute. Sa putain de faute à elle. Elle peinait à se contenir, se mordant régulièrement la lèvre, mal à l’aise. Elle frissonna en sentant cette main dans son dos, caressante, tandis qu’il confirmait la beauté du prénom de celle qu’il avait perdu. Elle frissonna en voyant cette grimace qui défigurait ses traits, ce qui acheva de la pousser à agir. Aussi remonta-t-elle va lui, se mettant à califourchon sur son bassin et se penchant en avant afin d’effleurer l’ensemble de son corps, du bout des doigts, en des caresses tantôt aériennes tantôt plus fermes, afin de le ramener à elle. Il s’agissait là de son seul objectif, lui faire oublier son faux pas, les mauvais souvenirs que cela avait soulevé. Alors elle s’attardait sur sa peau, s’emparait de ses lèvres à de nombreuses reprisses, tendrement. Puis elle en vint à s’excuser, dans un souffle, tout juste audible mais néanmoins sincère. Elle était désolé. Et elle ne s’était pas attendue à cette réponse. Un seul mot qu’il souffla, son prénom qu’il amputa partiellement. Ely. Pas Elyrian, pas blondie comme certains pouvaient l’appeler. Ely.

Le surnom résonne dans son esprit, pulsant à hauteur de ses tempes, lui vrillant le crâne. Ely. Cela faisait une éternité qu’elle n’avait plus entendu quelqu’un l’appeler ainsi. En vérité cela faisait quelques mois à peine, mais le temps semblait tellement long. Et cette personne, c’était son père, son père qui réclamait d’elle qu’elle foute le camp, qu’elle le laisse alors qu’il venait de se faire mordre. Elle n’avait pas réussi à abréger ses souffrances, ne doutait pas du fait qu’il s’en soit chargé lui-même. Son père avait toujours possédé un courage qui lui faisait parfois cruellement défaut. Ely. Sauf que cette fois on ne la suppliait pas de partir, on ne lui disait pas que tout irait bien et qu’elle n’avait qu’à s’en aller sans se retourner. Cette fois on lui demandait de rester, de demeurer. Il la réclamait. Il la voulait, contre lui, près de lui. Il voulait sa présence, son soutien, sa force. Il voulait qu’elle le tire de là, qu’elle l’arrache à ses souvenirs. C’était une supplique, qui lui arracha un frisson, de brefs tremblements secouant ses mains qu’elle continuait de faire glisser sur sa peau. Elle avait peur. Là, tout de suite, elle avait peur. Parce qu’elle ne savait pas du tout quoi faire. La jeune femme avala péniblement sa salive, cherchant des solutions à ce problème qu’elle ne maîtrisait pas le moins du monde. Comment préserver un homme de ses plus grandes craintes ? Comment le sauver de ses cauchemars, de ses souvenirs. Comment le purger de cette violence et de cette horreur. Elle ne savait pas, n’en avait pas la moindre idée. Aussi la blonde décida de gagner du temps, s’emparant de nouveau des lèvres du marin, ne les lâchant que pour les ressaisir aussitôt. Et de nouveau elle s’excusa, mettant en avant sa stupidité, réclamant pardon pour ses indiscrétions et ses erreurs.

Intérieurement, la danseuse fut soulagée de sentir les mains du brun encadrer son visage, alors qu’il lui rendait doucement ses baisers. Elle avait ainsi l’impression que cela fonctionnait, qu’il était de nouveau là, avec elle, et non perdu dans ses souvenirs. Mais cette sensation ne dura pas. Car de nouveau elle se mit à trembler quand il se mit à l’appeler, chuchotant son prénom à plusieurs reprises. Ce fut pis encore quand, après avoir fermé les yeux, le marin se cambra soudainement, comme pour esquiver une blessure imaginaire que l’on tentait de lui infliger. Et la danseuse se mit à paniquer, clairement. Elle paniqua en le voyant vivre ces cauchemars. Elle paniqua en se demandant ce qu’elle pouvait y faire. Alors de nouveau elle l’appela, encadrant son visage, caressant ses cheveux. Saff. Regarde là. Regarde là. Elle voulait capter son regard, elle voulait qu’il ouvre les yeux, qu’il délaisse ces horreurs. Elle voulait qu’il voit son visage à elle, juste elle, bien vivante et avec lui. Cela finit par se produire, non sans difficultés, et la blonde ne put retenir un soupir, tremblant et soulagé à la fois, quand elle découvrit de nouveau le saphir de ses yeux. Elyrian effleura sa joue et son front du bout des doigts, soucieuse en le voyant haleter à ce point. Inquiète de découvrir qu’il s’agrippait fermement au lit, comme s’il craignait d’en tomber alors que cela était clairement impossible dans l’immédiat. Encore une fois elle chercha à capter son attention, signalant l’évidence. Je suis là moi. Oui elle était là, pour lui, rien que pour lui. Elle était là. Et ces simples mots eurent l’effet d’une bombe. Car déjà son compagnon se redressait, soudainement, la faisant sursauter. Déjà ses bras se refermaient autour d’elle, l’attirant ainsi contre lui afin de l’enlacer, faisant preuve d’une force presque effrayante. Elle percevait sa détresse comme si c’était la sienne et ça lui faisait mal. Elle suffoquait, oppressée par les terreurs du marin. Saffron la supplia, de nouveau, la contraignant à se mordre la lèvre avec force pour se retenir de trembler contre lui. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, la blonde tenta péniblement de calmer sa respiration saccadée, préférant pour cela se concentrer sur ses propres bras qu’elle passa autour de la nuque de son partenaire. Elle resta ainsi contre lui, plusieurs secondes, ses jambes partant s’enrouler autour du bassin du brun, son visage se nichant dans son cou qu’elle caressait de son souffle et parsemait de baisers. Sa voix s’élève alors, dans une tentative, tremblante et inutile. « Je… » Elle n’y arrivait pas. S’en voulut. Essaya de nouveau.

Reculant finalement doucement son visage, elle ramena ses mains afin d’encadrer celui du marin, effleurant ses cheveux du bout des doigts. Inspirant lentement elle souffla alors, d’une voix suffisamment audible mais également suffisamment basse pour qu’il se concentre dessus. Pour qu’il comprenne que ces mots n’étaient que pour lui, ainsi chuchotés, presque secrets. « Je suis là Saff. Je suis là. Tu ne me vois pas ? Elle l’incite à relever la tête, ancrant ainsi son regard dans le sien. Tu ne me sens pas ? Ses mains glissèrent sur son dos, son torse, jusqu’aux mains du marin afin qu’elle guide ces dernières sur son corps à elle, l’obligeant à effleurer chaque parcelle de sa peau. Elle voulait qu’il la touche, qu’il la perçoive, qu’il la regarde. Elle voulait qu’il prenne conscience du fait qu’elle était là, nue, avec lui. Elle était là, il n’y avait personne d’autre. Ils étaient juste les deux, dans sa chambre, sur son lit. Chez elle. Ce fut sur le même ton qu’elle poursuit son discours, lâchant ses mains afin de le laisser poursuivre son exploration tactile, afin de remonter ses propres doigts jusqu’au sommet de son torse, à hauteur de son cœur. Elle sentait ce dernier qui battait à la chamade, manquant au passage de balayer tous les efforts qu’elle faisait pour l’apaiser. Elle effleura donc cette poitrine qui se soulevait au rythme d’une respiration saccadé, d’un cœur affolé, poursuivant : Il n’y a que nous. Il n’y a toujours eu que nous. Nous, dans notre bulle, cette bulle d’intimité, de tranquillité. Délicatement elle pose son front contre le sien, , frottant son nez contre celui du marin, s’autorisant l’ombre d’un sourire. Elle rajouta alors, sous forme d’aveu. C’est l’effet que tu me fais Saffron Mortimer. Quand je suis avec toi, que j’en oublie le monde, tout le reste, tout ce qui nous entoure. Cette bulle c’est toi qui me la procure. Quand je suis dans tes bras, quand je calque ma respiration sur la tienne pour m’apaiser. » De sa main libre, elle guida celle du brun à hauteur de son cœur à elle, l’invitant ainsi à en percevoir le rythme désormais bien plus tranquille. Car les mots lui venaient aisément désormais. C’était facile, facile de s’ouvrir à lui. Et elle espérait que ses impressions étaient partagées. Elle espérait qu’évoquer cette bulle rappellerait à son compagnon qu’elle existait, et que lui aussi la percevait.

« Tu savais qu’avant toi, je faisais des cauchemars ? Presque toutes les nuits. Mais c’était avant. Avant, quand j’avais peur, constamment peur. Avant que tu ne me fasses la promesse de veiller sur moi, de ne jamais me laisser tomber. Elle se presse contre son torse avec force, une main encore logée sur son cœur, l’autre nichée dans sa nuque afin de conserver son visage près du sien. Elle caresse ses lèvres de son souffle, incroyablement proche, sans l’embrasser toutefois. Elle rajoute alors, avec un peu plus de force, ses prunelles d’émeraudes se mettant à scintiller de cet éclat assuré que procurent les certitudes et les affirmations. Tu me fais du bien. J’ai besoin de toi. Et j’aimerais te rendre tout ce que tu m’offres, j’aimerais te donner tout ce que tu me donnes. Mais je sais pas faire. Alors dis moi… Son cœur s’emballe, légèrement, alors qu’elle conclut. Dis moi quoi faire. Ou mieux, sers toi. Fais ce que tu veux de moi, tout ce qui sera nécessaire pour que tu te souviennes que tu es ici, avec moi. Juste avec moi. Et que je ne te laisserais pas partir. Elyrian ancre son regard dans le sien, gardant soudainement le silence et conservant cette proximité entre eux. Elle voulait l’embrasser, mais préféra s’en abstenir. C’était à lui de voir, à lui de la guider. Elle avait parlé, trop peut-être. Elle se sentait inutile aussi, s’insultant mentalement en se demandant ce que son discours pourrait bien changer aux horreurs qu’il avait vécu et qui lui traversaient encore l’esprit. La gorgée nouée, elle l’observait. Tout ira bien. Parce que je ne tolérerais pas que ça se passe autrement. » Et désormais elle était là, avec cette impression au creux du ventre : celle de ne pas valoir grand-chose comparée à lui.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Ven 5 Sep - 15:30

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Les ténèbres d'un océan aussi noir que de l'encre menaçaient à tout instant de le reprendre, et Saffron se forçait à garder les yeux ouverts bien qu'il voulait les fermer. Il n'aurait jamais dû y penser. Il n'aurait jamais dû se plonger ainsi dans ses souvenirs qui maintenant le hantaient. Il restait là, littéralement accroché à Elyrian, et prononcer son prénom à plusieurs reprises de cette voix en détresse ne suffisait plus. Il avait besoin d'elle, maintenant. Tout de suite. Elle lui avait demandé de ne jamais l'abandonner ? Il le faisait à son tour, mais dans un appel, une plainte que ses lèvres ne pouvaient prononcer. Il était pétrifié.
Et cette demande était toute inédite. Jamais il ne serait attendu à avoir une de ses crises ici, avec elle, alors qu'ils venaient juste de faire l'amour. Il se sentait ridicule, il se sentait faible. Mais il avait besoin d'elle. Parce qu'elle était la seule à pouvoir le sortir de ce cauchemar, de son cauchemar. Il savait qu'il lui demandait beaucoup, que ce n'était sûrement pas dans ses habitudes de calmer un marin traumatisé par la perte de ses proches. Il détestait se sentir aussi vulnérable, il détestait voir la peur dans les yeux d'Elyrian quand elle le regardait. Il ne voulait plus ça. Plus jamais. Mais il était à la merci de ses démons, et ces derniers étaient plus que tenaces. Voilà pourquoi il la serrait, fort, contre lui. Pour ne pas tomber. Pour ne pas retomber dans les ténèbres. Il avait peur, et cela se lisait sur son visage. Il était terrorisé. Elyrian pouvait-elle comprendre ça ? Que ce qu'il avait si ardemment chassé durant toutes ces années n'était en fait que sa plus grande frayeur ? Il aurait aimé lui expliquer, lui jurer, lui crier qu'il avait essayé de les laisser tranquilles, mais que cette traque était en fait le seul moyen pour lui de dormir la nuit. D'échapper à ses cauchemars. Et maintenant qu'il était là, sur terre, que ses démons reprenaient le dessus, il sentait qu'il n'y allait pas y arriver. Fuir la terre ferme avait été un réflexe pendant toutes ces années parce qu'il ne voulait plus les voir. Il ne voulait plus voir ces corps décharnés, déchiquetés, dans une eau rouge, remonter à la surface dans ses rêves. Alors il les avait persécutées, ces mêmes choses qui déclenchaient tant de terreur chez lui. Il les avait chassées pour moins les craindre, les avait traquées pour mieux les connaître. Sans ce massacre, il n'était plus rien. Rien qu'une âme en perdition, un homme amoureux d'un océan qu'il craignait. Un esprit torturé.
Il la sentit soudain écarter son visage du sien, prendre ses distances, et il prit peur. Il prit peur parce qu'il ne voulait pas qu'elle le rejette, il ne voulait pas qu'elle le laisse, l'abandonne. Mais lorsqu'elle encadra son visage de ses mains, il fut rassuré. Même si cela ne dura qu'un temps. Déjà il sentait le froid d'un océan imaginaire l'envelopper, le faire frissonner. Jusqu'à ce qu'Elyrian ne le sauve à nouveau. Je suis là, Saff. Tu ne me vois pas ? Elle lui fit relever la tête pour que leurs regards se croisent. Le marin avala le nœud qu'il avait dans la gorge en rencontrant les émeraudes d'Ely. Oui. Il la voyait. Il la voyait parfaitement bien. Elle était là, depuis lui. Nue. Pour lui. Il voulut refermer les yeux dans un soupir, mais il s'en empêcha au dernier moment. Ne pas perdre le contact. Ne pas le perdre. La regarder. Elle, et personne d'autre. Tu ne me sens pas ? Il la regarda passer ses mains dans son dos, puis sur son torse, avant de s'emparer de ses mains à lui pour les poser sur son corps à elle. Saffron prit une profonde inspiration. Il la sentait aussi. Ses doigts dégringolaient le long de sa gorge, s'attardant sur la pointe de ses seins, touchant ce ventre, avant de repartir se loger dans le bas de son dos, cet endroit qu'il aimait tant effleurer. Elle lâcha finalement ses mains pour venir poser les siennes à hauteur de son coeur. Sur son coeur, en fait. Son coeur qui battait la chamade, qui refusait de retrouver un rythme à peu près stable. Il n'y a que nous. Elle évoqua cette bulle, à laquelle il avait déjà pensé. Cette bulle de sérénité, de douceur, d'intimité. Cette bulle qui avait explosé quand Saffron s'était replongé dans ses souvenirs. Le marin, qui poursuivait son exploration tactile comme si c'était la première fois qu'il la touchait, remonta ses mains le long de son dos lentement. Il voyait la bulle, mais elle était fragile. Elle était fêlée. Et ses souvenirs étaient là, au-dehors, n'attendaient plus qu'elle éclate pour se ruer sur lui. Saffron se crispa légèrement à cette pensée, avant de se reconcentrer sur ce que faisaient ses mains. Elles étaient maintenant dans la nuque d'Ely, achevaient leur petit tour, revenait à leur point de départ, la gorge. Au même moment, Elyrian vint poser son front contre le sien, frottant son nez contre celui du marin qui lui tenait toujours la gorge, une main de chaque côté. Il l'écouta lui raconter l'effet qu'il lui faisait, les yeux mi-clos, leurs lèvres près, si près, qui pourtant ne s'embrassaient pas. Il l'écouta lui parler de comment elle calquait sa respiration à la sienne pour se calmer, et celui lui fit tout de suite penser à la manière qu'elle avait eu de le caresser, et comment cela l'avait apaisé.
Elle s'empara alors d'une de ses mains pour la guider jusqu'à son cœur à elle, et il fut surpris de le sentir soudain contre sa paume, palpitant, mais tranquille. C'est l'effet que tu me fais Saffron Mortimer. Il y avait dans la façon qu'elle avait de prononcer son nom quelque chose de furieusement sincère, de beau, aussi. Puis, la blonde vint se presser contre son torse, tout en gardant son visage près du sien. Il sent maintenant son cœur battre dans sa poitrine, il le sent. Il cligne des yeux d'un air absent tandis qu'elle lui avoue faire des cauchemars avant qu'il ne décide de prendre soin d'elle. Elle avait peur. Constamment. Comme lui. Exactement comme lui. La main qu'elle avait glissé dans sa nuque lui arracha des frissons de plaisir. Il aimait quand elle faisait ça. Il sentait son souffle se mêler au sien, pour ne former plus qu'une respiration, unie. Il l'écouta à nouveau parler en sentant le froid quitter son corps, mais pas tout à fait encore. Il l'écoutait lui dire qu'il lui faisait du bien, qu'elle avait besoin de lui... mais qu'elle voulait aussi lui lui rendre tout ce qu'il lui donnait, et qu'elle ne savait pas comment faire. Alors dis-moi... Il sentit le cœur de la jeune femme s'emballer contre le sien, et il posa ses lèvres sur les siennes sans les embrasser, parce qu'il voulait être au plus près quand elle parlait. Il dut cependant se reculer un peu, car déjà elle reprenait en lui demander de faire ce qu'il voulait d'elle. Pour qu'il se souvienne. Saffron sourit, les yeux toujours mi-clos, mais ce sourire disparut presque aussitôt, car il reprenait un sérieux qui ne lui ressemblait pas pour déclarer à sa suite : « Frappe-moi... » Il l'embrassa sur le menton, puis autour des lèvres, évitant soigneusement ces dernières, avant de continuer en sentant la perplexité gagner sa belle : « J'ai besoin d'un coup de fouet... » Nouveau baiser, très bref, cette fois sur ses lèvres, avant qu'il ne reprenne : « J'ai besoin que tu me ramènes... Alors je t'en prie... » Il l'embrassa cette fois franchement, glissant sa langue à l'intérieur de sa bouche, avant de s'écarter brusquement pour terminer, sur un ton implorant qui contrastait de manière brutale avec son attitude : « Frappe-moi... Ramène-moi... » Et il était tout à fait sérieux. Il voulait ce coup de fouet. Il en avait besoin. Il n'y a que comme ça qu'il pouvait revenir. Il devait être en colère. Or, en cet instant, il ne le pouvait pas. Il n'y arrivait pas. Il était conscient que ce qu'il demandait à Elyrian était dur, mais il n'avait pas le choix, et elle non plus. Mais il était sûr d'une chose : elle le ramènerait. Elle le sauverait. Comme elle l'avait déjà fait.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Sam 6 Sep - 2:58








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle ne savait pas. Elle ne savait pas si ce qu’elle était en train de faire servait à quelque chose, si ses mots avaient un impact et ses gestes un sens. Le fait de la sentir, de l’écouter, de se focaliser sur ses yeux et son corps, permettait-il vraiment au marin de reprendre pied avec la réalité ? Elle l’ignorait. Mais la blonde continuait quand même, désireuse de faire au mieux, d’essayer à défaut de réussir. D’autant plus que le regard que vrilla son compagnon dans le sien la rassura quelque peu. Au moins n’était-il pas totalement absent, il restait capable de l’écouter et de se focaliser sur elle. Et lorsqu’elle guida ses mains sur son corps à elle, la jeune femme fut rassurée de le voir poursuivre cette exploration tactile de lui-même. Rassurée mais également emballée. Cette situation avait beau être inquiétante au possible, elle avait beau faire de son mieux pour le ramener, elle ne pouvait retenir un frisson lorsque les doigts du marin caressèrent de la sorte la moindre parcelle de sa peau, jusqu’à ses seins dont il effleurait les pointes, s’attardant même dessus avant de descendre plus bas. Si les circonstances avaient été différentes, il n’en aurait pas fallu plus pour qu’elle ne lui saute à nouveau dessus. Mais ce n’était pas le moment, aussi la blonde se força bien vite à calmer son cœur qui s’était remis à tambouriner dans sa poitrine, excité. Elle songea à ce parcours que traçait le brun sur sa peau, régulier, prévisible, elle le voyait se focaliser dessus afin de se calmer ce qui acheva de l’apaiser elle. C’était peut-être bête, mais ça marchait, au moins un peu. Alors Elyrian se décida à aller plus loin, s’emparant de l’une des mains de son compagnon afin de la poser sur son cœur dont les battements se faisaient désormais réguliers au possible, tranquilles. Elle désirait qu’il calque sa respiration sur la sienne, qu’il constate qu’elle n’avait pas peur, elle, et qu’il n’avait aucune raison d’être paniqué. Ils étaient chez elle, juste à deux. Ils étaient bien. Elle voulait qu’il s’en persuade à nouveau. Alors elle ne s’arrêtait pas de parler, doucement, fermement. Les mots s’écoulaient, plus aisément qu’elle ne l’aurait cru, son front toujours contre le sien.

Et de son côté elle ne cessait de guetter. Elle guettait les battements de cœur de son compagnon, satisfaite de le sentir s’apaiser, petit à petit. Elle veillait, désireuse de lui faire implicitement la même promesse qu’il lui avait faite, désireuse de prendre soin de lui comme il prenait soin d’elle. La jeune femme l’avait toujours vu comme un homme fort, assuré, intouchable. Elle en avait oublié qu’il était avant tout humain, comme elle et qu’il lui ressemblait beaucoup plus qu’elle ne le pensait sur certains points. Essentiellement lors de ces instants où elle voyait que sa force devenait façade, où elle le sentait vulnérable. Ces moments où elle le regardait, désirant aider, désirant le ramener. Et ce regard qu’elle ancrait dans le sien, doux, compatissant, et pourtant il ne contenait pas la moindre trace de pitié. Jamais. Parce qu’elle l’admirait trop, elle le respectait trop pour en venir à le regarder comme s’il n’était qu’un chien battu, faible. Alors elle se contentait de continuer son petit manège, toujours aussi tendre, aussi ferme. Cet éclat presque sauvage au fond des yeux alors qu’elle affirmait avec la force procurée par les convictions tout le bien qu’il lui faisait, toutes ces bonnes choses qu’il lui apportait au quotidien. Elle lui faisait part de son envie de lui rendre tout ce qu’il pouvait lui offrir, tout en avouant ne pas savoir comment faire. Comment l’arracher à ses souvenirs, à ses cauchemars. La blonde avait beau en faire, elle savait qu’il lui suffisait d’ouvrir les yeux pour ne plus y penser, quitte à ne plus dormir le reste de la nuit. Mais cela lui passait. Elle comprenait toutefois que les choses étaient plus compliquées dans le cas du marin. Saffron avait vu et vécu bien plus d’horreurs, des horreurs qu’elle ne parviendrait pas à effacer aussi aisément. Elle avait besoin de lui, qu’il lui dise quoi faire. Elle ferait ce qu’il faut, tout ce qu’il faut pour l’arracher à ces souvenirs qu’il s’était remémoré par sa faute. Sa faute à elle. La réponse finit d’ailleurs par arriver, surprenante et imprévue au possible, accompagnant l’esquisse d’un sourire qui s’envole aussi vite qu’il était apparu. Car désormais il était sérieux. Frappe moi. Peut-être trop sérieux.

La surprise se peint clairement sur les traits de la blonde qui le regarde dans les yeux, incrédule. Un frisson lui échappe toutefois quand son compagnon alla l’embrasser sur le menton, puis autour de ses lèvres sans jamais frôler ces dernières. Il insiste alors, lui affirmant qu’il avait besoin de ce coup de fouet, besoin de cette violence gratuite. Il l’embrasse, brièvement, lui soufflant qu’il avait besoin d’elle, lui rappelant qu’il avait besoin qu’elle le ramène, entamant le début d’une supplique. Sauf qu’il l’embrasse de nouveau entre temps, d’une façon bien moins chaste qui lui arrache un nouveau frisson de désir, lui coupant au passage brièvement le souffle. Ses prunelles toujours teintées d’hésitation, elle le regarde dans les yeux alors qu’il lui demandait pour la dernière fois de le frapper, usant de ce ton implorant qui lui faisait mal et qui la renvoyait à sa stupidité. Ramène moi. Sauf que la jeune femme hésite, se mordant la lèvre inférieure en se demandant quoi faire. Après tout elle lui avait dit qu’elle ferait le nécessaire, et en vérité le frapper n’était pas quelque chose qui lui faisait peur. La danseuse pouvait être du genre violente et ce n’était pas un coup de poing quelconque qui allait l'effrayer. Seulement voilà, c’était lui qu’elle devait frapper, sans raison, sans même être en colère contre lui. C’était gratuit. Mais apparemment nécessaire d’après ce qu’il en disait. Et c’est là où reposait l’hésitation. Elle doutait du fait que cela soit vraiment utile. Mais que pouvait-elle faire d’autre ? Depuis le temps qu’il vivait avec ces angoisses, il devait être apte à savoir comment les repousser. Ce fut donc dans une grande inspiration qu’elle ancra son regard dans le sien, soudainement plus déterminée, avant de lui demander d’une voix un peu moins assurée toutefois. « Tu veux que je te frappe ? Avec toi je préfère faire l’amour que la guerre tu sais. » C’est le moins qu’on puisse dire. Mais au fond elle comprenait, se prendre des coups gratuitement ça avait le don de vous faire penser à autre chose, c’est certain. Alors elle inspire de nouveau et se met à l’observer plus sérieusement, soudainement concentrée. Ses prunelles d’émeraudes glissent le long de son corps tandis qu’elle réfléchissait à l’endroit où frapper, car ce n’était pas une décision à prendre à la légère.

Son premier réflexe, dicté par un instinct de survie et une habitude des gros alcooliques un peu trop collants, la poussa à frapper au niveau du bas ventre. Une idée qu’elle balaie bien vite toutefois, parce que c’était vachement violent et qu’en plus elle y tenait à cet entrejambe, ce qui s’y trouvait se révélant particulièrement… Plaisant. Et utile. Son regard s’attarda donc plutôt sur son torse, son abdomen, sa hanche. Cette dernière, sensible à hauteur de la cicatrice, fut également jugée comme étant une très mauvaise idée, la jeune femme ne se voyant pas résoudre le problème en frappant pile là où ça faisait mal alors même que cette balafre pouvait raviver plus de souvenirs encore. Concernant le reste de son torse, la danseuse se ravise de nouveau mais pour la simple raison qu’au vu de ces muscles sur lesquels elle bavait régulièrement, elle risquait de se péter les phalanges sans même lui infliger la moindre douleur, elle ne ferait aucun dégât. Ce fut pour cela que l’émeraude de ses yeux remonta jusqu’au visage de son compagnon. Cette gueule d’ange, digne d’un chien battu quand il voulait obtenir quelque chose d’elle. Ces lèvres, ces yeux, ce nez, tout. A vrai dire tout lui plaisait et ça la faisait clairement chier d’en venir à frapper là, prenant le risque d’abimer ce beau visage. Il s’agissait toutefois de la seule solution, et puis elle n’allait pas le tabasser à mort non plus. Ce fut donc dans une nouvelle inspiration que la blonde leva le poing serré, prête à frapper, mais elle se stoppe afin d’ouvrir la bouche, sur un ton navré : « Je… Je peux pas Saff. Je vais quand même pas te… Vlan. Le coup de poing part, violent, en pleine mâchoire, sans aucune retenue alors qu’elle jouait sur l’effet de surprise. A vrai dire elle se fait mal au passage mais cela la rassure, car au moins lui aussi avait dû morfler. Elle pouvait pas le frapper ? Mon œil ouais, elle faisait ça divinement bien. Certes elle ne prenait aucun plaisir particulier à le faire, mais elle n’était sûrement pas en train de pleurer non plus, comme si elle regrettait son geste. Il avait demandé et il avait obtenu satisfaction. Et comme deux précautions valaient mieux qu’une… Oh mon dieu, ça va ? T’es sûr ? Parce que je… Rah putain, sa mère ! Ça fait mal. Bordel de merde ! » Elle avait voulu l’empêcher de penser à ce second coup qu’elle lui préparait et qu’elle lui avait finalement offert, usant de son autre main et visant l’autre côté de sa mâchoire comme dans l’optique de remettre cette dernière en place, dans le doute, avant de se mettre à brailler en constatant qu’elle venait de s’exploser les phalanges au passage. Et une Ely’ qui avait mal c’était une Ely’ vulgaire, sacrément vulgaire.

La jeune femme se met à agiter sa main dans les airs comme pour calmer cette douleur qui la saisissait. Bon au moins il était clair qu’elle ne le frapperait pas une troisième fois, même si le dicton précise : jamais deux sans trois. Elle prend au contraire conscience de la situation, soudainement. Il lui avait demandé de la frapper, pour éviter de penser à des souvenirs trop douloureux. Elle s’était exécutée, allant jusqu’à le cogner à deux reprises, allant jusqu’à se faire mal elle-même au passage. Et maintenant que c’était fait, maintenant qu’elle s’agitait comme une idiote sur lui à cause de la douleur passagère, elle finit par éclater de rire. Soudainement. Franchement. C’était nerveux, un rire déclenché par le ridicule qu’elle trouvait à la situation. Ce que c’était con bon sang. Mais elle était là, plongée dans ce fou rire, ses émeraudes brillantes partant à la recherche du saphir de ses yeux à lui tandis qu’elle se mordait furieusement la lèvre pour canaliser cette soudaine frénésie. Doucement elle relève ses mains, les présentant à plat pour montrer qu’elle ne ferait rien de plus, avant de les glisser avec douceur sur ses joues, partant finalement caresser cette mâchoire qu’elle venait de maltraiter, du bout de l’index. Sa poitrine se secouait encore, faiblement, au rythme de ce rire silencieux qui la saisissait encore. Cela ne fonctionne guère car elle observe brièvement sa main, légèrement rougie par le coup, ce qui lui arrache un nouveau gloussement alors qu’elle secouait la tête, exaspérée par la situation qu’elle jugeait ô combien ridicule désormais. « Ça fait super mal, t’es obligé d’avoir le visage aussi solide que tes muscles en béton armé ? Franchement ! Oui, ça valait bien la peine de s’être donnée du mal pour savoir où viser tiens. Ses prunelles glissent le long des muscles en question cependant, avant de s’ancrer à nouveau dans le regard du marin, brillantes, une pointe d’excitation se trouvant au fond. Ceci dit… Je parie que t’es super sexy quand tu te bats. » Oui, il s’agissait d’un autre de ses fantasmes à la con. Un mec qui se bat, y a rien de plus viril. Les muscles tendus, les autres gars qui pissent le sang. Le pied, surtout si c'était pour la défendre elle ou pour montrer qu'elle était sa propriété. Enfin, c'est le pied quand il gagne, si c’était lui qui se prenait une branlée un jour il était clair qu’elle aimerait beaucoup moins.

Mettant toutefois fin à ses bêtises et à ce rire totalement nerveux qui l’avait secoué, la blonde effleura ses joues avec une délicatesse infinie avec de descendre le long de son cou, s’arrêtant au sommet de son torse. Un sourire aux lèvres, elle se penche alors doucement vers lui, caressant ses lèvres de son souffle avant de lui chuchoter, une pointe de sérieux et d’inquiétude à la fois faisant enfin vibrer sa voix, au fond. « Ça va ? » Cette question, à priori insignifiante, englobait pourtant beaucoup de choses. Elle voulait savoir s’il se remettait de ses coups, ce dont elle ne doutait pas à vrai dire bien qu’elle espérait ne pas avoir frappé trop fort non plus. Elle voulait savoir si ces souvenirs venaient de s’éloigner grâce à cette histoire de violence gratuite. Elle voulait savoir s’il était de nouveau là, avec elle, de manière définitive. Et surtout elle voulait savoir s’il lui en voulait. Pour tout. Pour cette question qui l’avait mis dans de tels états, pour ces poings expédiés au visage, pour ce rire bien que nerveux qui pouvait être mal interprété. A vrai dire, si elle désirait savoir comment il allait, elle voulait également savoir comment ils allaient. Eux. Leur relation. Leur bulle. Ce fut donc en étant saisie par une certaine appréhension qu’elle soutenait son regard, son sourire ayant soudainement disparu tandis qu’elle attendait une réponse, guettant une réaction quelconque. De nouveau elle avait l’impression que l’air lui manquait, pétrifiée par l’attente, se remettant sans cesse en question, son cerveau fumant presque. En avait-elle trop fait ?




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