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 « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Dim 7 Sep - 22:37

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Saffron avait besoin d'elle. Tellement. Il n'avait qu'elle. Elle seule pouvait le sortir de là. Elle seule avait suffisamment de culot pour le frapper comme il venait de le lui demander. Et elle avait juré. Elle avait promis. Sers-toi. Fais ce que tu veux de moi. Il se servirait d'elle, mais sans doute pas de la manière dont elle pensait. Du moins pas après qu'il ait effleuré son corps de cette manière. Il aurait très bien pu écouter toutes ces sensations qui harcelaient son corps, mais les démons n'étaient pas loin. Il devait rester concentré. Jusqu'à ce qu'ils disparaissent, mais pour cela il avait besoin d'elle. Il voulait tellement revenir. La retrouver. Partager cette bulle avec elle, et ne plus jamais la quitter. Sentir sa peau frôler la sienne comme il la sentait en cet instant, la serrer, fort dans ses bras. Retrouver ce semblant de puissance, ce semblant d'invincibilité qui s'était emparé de lui. Il ne voulait plus qu'elle ait peur, il voulait lui montrer, lui prouver qu'il était capable de prendre soin d'elle. Il voulait retrouver cette euphorie, ce plaisir intense. Lui donner, le lui rendre. Elle ne méritait pas de connaître ses démons, elle ne méritait pas ça. Elle avait souffert, elle aussi. Lui infliger ces souffrances était cruel, et Saffron s'en voulait... cruellement. Mais il avait appris, au fil des années, comment les chasser, ces souvenirs qui le rongeaient, le détruisaient. La violence. La violence gratuite. La violence exigée, maintenant, tout de suite. Combien de fois avait-il demandé à Gilao de le frapper ? Il se le demandait seulement. Il n'avait pas le droit de demander ça à Elyrian, mais il le faisait quand même. Parce qu'il n'avait pas le choix.
Alors, il était là. À la supplier. Lui qui n'avait jamais supplié qui que ce soit, si ce n'était le bon Dieu de lui retirer tous ces cauchemars et toutes ces peines. Saffron n'était pas croyant, mais comme tous les marins, il subsistait en lui quelque chose qui le rendait extrêmement superstitieux. Les légendes qui avaient peuplé son enfance, les sirènes, les léviathans, les krakens, bien sûr qu'il y croyait. Il vivait pour y croire, et y croyait pour pouvoir les vivre. Même si la seule sirène en laquelle il croyait en ce moment était Elyrian elle-même. Il avait besoin de croire en elle pour croire qu'elle allait réussir à le ramener. À le sauver. C'était essentiel. Et il croyait en elle. À vrai dire, il lui vouait presque une confiance absolue. Aveugle. Et ils ne se connaissaient depuis même pas une semaine. Enfin, presque. Il était époustouflé, mais que pouvait-il y faire ? Saffron se basait toujours sur ses ressentis, et ce qu'il ressentait lorsqu'il était avec Ely était... galvanisant. Et il ne voulait pas se donner de faux-espoirs, mais c'était quelque chose qui ne lui arrivait que très rarement. Les femmes qu'il avait côtoyées n'avaient jamais cherché à le revoir, ou alors c'était lui qui n'avait jamais cherché à les revoir... Il faut dire que très peu de femmes – voire pas une seule – aurait été capable de le suivre jusqu'en mer dans sa traque. Et Saffron n'avait jamais proposé à qui que ce soit de le suivre. Jamais. Pas même à Gilao. Il avait rencontré le Samoan aux alentours des îles où ce dernier était né, l'avait sauvé d'une attaque de squale, et depuis ce jour, Gilao ne l'avait plus jamais quitté. Elyrian ne le quitterait-elle jamais ? Ne l'abandonnerait-elle jamais ? Elle ne le lui avait pas juré, pas comme lui, mais il se plaisait à penser, à croire qu'elle ne le ferait pas. À sa façon de le regarder. À sa façon de se montrer si... présente, pour lui. Elle resterait. Il en était certain.
Quand elle lui demanda s'il souhaitait vraiment qu'elle le frappe, il hocha la tête en guise de réponse. Elle prit alors soin de préciser qu'elle préférait largement faire l'amour que la guerre avec lui, et cela lui arracha un sourire tendre, un sourire sincère, qui ne pouvait pour le moment se teinter d'insolence. Il déclara en venant placer un baiser des plus chastes sur ses lèvres : « Oh... rassure-toi... » Il rabattit une mèche blonde rebelle derrière l'oreille droite de la jeune femme avant de finir : « Je fais la guerre aussi bien que je fais l'amour... » Mais désormais, ces yeux prononçaient ces mots qu'il avait prononcés quelques instants plus tôt. Frappe-moi. Je t'en prie, frappe-moi. Avec une force et une détresse qui ne purent laisser la jeune femme indifférente. Il le savait.
Quand Ely se mit à l'observer, Saffron sut d'avance qu'elle cherchait un endroit où frapper. Il suivit son regard, le vit descendre le long de son torse pour s'arrêter sur son entrejambe. Il arqua un sourcil à la fois stupéfait et craintif. Elle aurait vraiment osé le frapper  ? Non, fort heureusement non. Il ne ressentit pas même l'once d'un soulagement lorsque le regard de la jeune femme remonta. Non. elle l'aimait beaucoup trop pour ça. Elle le lui avait dit. Et il en fut flatté. De même lorsque son regard remonta jusqu'à son torse. La yeux d'Elyrian brillaient, et Saffron savait que sa musculature, plutôt banale à ses yeux, ne l'était pas pour la jeune femme. Il ferma les yeux pendant un quart de secondes, mais ce fut suffisant pour apercevoir la gueule d'un squale s'ouvrant sur son visage. Il rouvrit alors brusquement les yeux en sursautant, pestant contre lui-même, se traitant intérieurement de tous les noms d'oiseaux qui lui passaient sous la main.
Ce fut juste avant qu'Elyrian ne lui dise qu'elle ne pouvait pas, qu'elle n'allait quand même pas lui...  Le coup de poing qu'il reçut en pleine mâchoire le sonna quelque peu, et il serait sûrement parti en arrière pour se retrouver sur le dos, sur le lit, s'il ne s'était pas retenu au bras de la blonde. Et Ely s'était vraisemblablement fait mal. Il la voyait, à la façon qu'elle avait de secouer sa main et de jurer. S'il n'avait pas été celui qui avait reçu le coup de poing, il aurait sans doute éclaté de rire. Or, c'était sa mâchoire qui avait belle et bien morflé. Prenant un air faussement choqué, il allait porter une main à son visage quand le deuxième coup partit. Cette fois, le marin serra les poings. Inspira profondément, et bruyamment, en sentant sa mâchoire commencer sérieusement à lui faire mal. Il en avait pris des coups dans sa vie, mais il devait avouer qu'Elyrian avait un bon direct, du droit comme du gauche. Et il avait beau secouer la tête, cligner des yeux, la Elyrian qui lui apparaissait semblait tout à coup avoir amené avec elle une ou deux sœurs jumelles. Il s'accrocha à son autre bras pour s'empêcher de tomber en arrière ou même sur le côté tant il était sonné. À vrai dire, il ne s'était pas du tout attendu au coup.
Le plus déroutant pour lui fut surtout lorsqu'elle éclata de rire, sous son nez, alors qu'il ne cessait de tanguer, tel une toupie. Il osa alors fermer les yeux pour chasser ce vilain tournis qui commençait à lui donner la migraine, et à son grand soulagement. Il ne vit rien. Rien que le noir étrangement violet que lui offraient ses paupières. Et lorsqu'il les rouvrit, qu'il la vit, écroulée, morte de rire, il ne put s'empêcher de sourire à son tour, avant qu'il ne grimace en se rappelant les deux coups de poings. Les mains qu'elle lui présente à plat pour montrer ses bonnes intentions, il vint les saisir. Placer ses paumes contre les siennes. Glisser ses doigts entre les siens. Elle avait réussi. Elle les avait chassés. Tous autant qu'ils étaient. Mais Elyrian alla poser ses mains sur ses joues, et Saffron chercha de suite à la embrasser, sans réussite. Et elle riait, elle riait, alors qu'il n'avait qu'une envie maintenant, c'était de la remercier. Son cœur était si gonflé d'émotion qu'il peinait à respirer. Elle avait mal aux mains, et comparait désormais son visage à ses muscles en béton armé. Il sourit, et grimaça à nouveau. Ça allait être compliqué... Il déclara en s'emparant de ses mains, le regard enjôleur pour lui faire comprendre qu'il était bel et bien de retour : « Ely... Donne. » En fait, la parole était plutôt inutile puisqu'il tenait déjà ses mains dans les siennes, mais il n'y prêta pas plus d'attention. Il s'appliqua à déposer de délicats baisers sur les mains de la blonde, sur ses jointures, sur ses paumes, sur le dos de sa main. Il continuait quand elle supposa qu'il devait être super sexy lorsqu'il se battait, et il releva ce même regard enjôleur vers elle pour répondre : « La prochaine fois que je me bats contre Roy... sois dans les parages. » L'insolence. La délinquance. Il transpirait ces deux mots. Il les vivait. Ils étaient accrochés à lui tels une ombre, une cape. Il ne s'en détachait plus.
Les mains d'Elyrian descendirent alors de ses joues pour se stabiliser sur son torse. Saffron prit une profonde inspiration avant que ses baisers ne dévient des mains de la blonde à son cou qui n'était pas loin. Et comme elle venait de se pencher justement vers lui, il en profita. Il quitta finalement son cou, ne pouvant résister à la tentation que représentaient les lèvres d'Elyrian. Le sérieux dont elle fit preuve en lui demandant s'il allait bien le galvanisa. Il encadra son visage de ses mains, vint poser son front contre le sien, fermant les yeux si fort qu'il en ressentait presque de la douleur, puis répliqua dans un souffle : « Jamais une femme ne m'avait frappé ainsi... » Il reprit sa respiration, soufflant sur les lèvres de la blonde, puis continua : « Merci... » Et ce mot, il le répéta peut-être un millier de fois dans la minute qui suivit, tout en poussant doucement Elyrian sur le dos, si doucement et dans une telle maîtrise qu'il crut qu'ils n'atteindraient jamais le lit. Jusqu'à ce que ses lèvres ne se referment sur celles de la blonde. Que ses mains ne repartent à l'aventure sur leur terrain de jeu favori, à savoir la poitrine de la jeune femme. Il l'embrassa jusqu'à sentir le souffle lui manquer, puis vint lui souffler à l'oreille des dizaines et des dizaines de merci, jusqu'à ce qu'un « Je t'aime » discret, rapide, arrivé à l'improviste, ne se glisse entre ses paroles.

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Dernière édition par Saffron Mortimer le Dim 21 Sep - 12:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Lun 8 Sep - 1:17








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle n’avait pu retenir un frisson en affrontant la délicatesse dont faisait preuve son compagnon. Cette façon qu’il avait de glisser une mèche blonde derrière son oreille, de déposer un baiser chaste sur ses lèvres, pour ensuite affirmer de manière bien plus prétentieuse qu’il faisait aussi bien la guerre que l’amour. Et au vu de ses capacités à faire l’amour, la blonde ne doutait pas du fait que le revers de la médaille devait être tout aussi terrible. Ce constat l’amuse, un bref instant, car il revenait déjà à la charge avec cette supplique qu’il avait susurré un peu plus tôt. Frappe moi. Si la danseuse hésita un bref instant et se donna le temps de la réflexion pour savoir où frapper, elle s’exécuta toutefois bien vite, faisant croire qu’elle n’était pas capable de réaliser une telle demande, pas avec lui, pour finalement lui décocher un coup de poing en pleine mâchoire. Elle a mal, mais ne s’en soucie guère, préférant poursuivre son manège en faisant mine de s’inquiéter pour lui. Il était certain qu’elle ne l’avait pas loupé, cela se voyait à sa façon de porter sa main à hauteur de son visage comme pour s’assurer que tout était en place, et pourtant cela ne l’empêcha pas de récidiver, avec autant de violence, usant toutefois de son autre poing. Le coup lui arrache cette fois bon nombre de jurons, tandis qu’elle secouait ses phalanges endoloris dans les airs dans l’espoir vain et puéril de faire passer la douleur qui la saisissait en cet instant. Le marin était dans le même état qu’elle ceci dit, les poings qu’il serrait désormais et les grondements furieux qui émanaient de lui parvinrent à lui arracher un premier sourire. Cela fonctionnait, il avait clairement mal. Mission accomplie. Il secouait la tête, clignait des yeux, se raccrochait à elle pour éviter de partir en arrière. Et malgré sa propre souffrance, éphémère, la blonde ne voulait pas louper une seule miette du spectacle. C’était trop bon. Et quitte à le frapper pour rendre service, autant faire de sorte de s’en souvenir, autant essayer de le marquer lui aussi. Dieu sait qu’Elyrian aimait rappeler qu’elle n’était pas une petite chose fragile, et qu’il valait mieux se méfier d’elle, plutôt deux fois qu’une.

Ce fut probablement tous ces sentiments, parfois contradictoires, qui finirent par lui arracher un rire nerveux. Un rire franc, bruyant, irrépressible. Elle était littéralement écroulée, euphorique, au point qu’elle enchaîna les discours, les constats ô combien stupides, les remarques pleines de sous-entendu et les œillades luisantes de désir. Cela commence avec cette phrase concernant ses muscles à lui, de même que cette mâchoire décidément trop puissante pour elle. Elle l’accusait presque de lui avoir fait mal, la garce. Mais on s’en fiche. On s’en fiche parce qu’elle en rit, parce qu’elle présente avec douceur ses mains pour le rassurer quant à ses intentions. On s’en fiche parce qu’elle sourit en découvrant qu’il s’empare de ces mêmes mains, entrelaçant leurs doigts pour ne plus les lâcher, quoi qu’elle puisse en faire à côté. Elle sourit en découvrant le saphir de ses yeux, intact, témoignant du fait qu’elle le retrouvait pour de bon. Docile la danseuse se laisse faire quand il réclame ses mains, plus par principe qu’autre chose étant donné qu’il les avait déjà entre ses doigts. Alors elle sourit, plus doucement, en le voyant embrasser ses phalanges meurtries, ses paumes, le dos de ses mains. Elle se laisse faire. Elle aime ça, ne cherche pas à se poser de questions concernant la tendresse dont il faisait encore et toujours preuve envers elle. Alors même qu’elle était fautive, alors même qu’elle était celle qui lui avait jeté ses hantises au visage. Il ne semblait pas lui en vouloir et cela, plus que tout, la rassura. Alors elle en profite, évoquant le fait qu’il devait être diablement sexy lorsqu’il se bat. Elle aimerait bien voir ça à vrai dire et le brun le comprend bien, relevant vers elle un de ces regards ô combien séduisant et provocant dont il avait le secret, lui proposant ainsi de rester dans les parages quand il se bat avec Roy. Cela ne semblait donc pas être la première fois qu’il affrontait le mécanicien et la blonde ne put s’empêcher d’avoir une pensée pour ce dernier : c’est que tout le monde lui cassait la gueule dis donc. Mais elle ne s’attarde pas sur le sort de Roy, trop occupée à se mordre la lèvre inférieure, emballée par l’idée et surtout par ce ton insolent et audacieux qu’il prenait. Il n’y avait à ses yeux rien de plus beau qu’un homme sûr de lui, constamment, même si cela s’avérait être de grosses conneries. Ce fut donc dans un souffle qu’elle rajoute, plus par principe que par réelle utilité : « Si c’est pour casser la gueule à Roy… Pourquoi manquer un tel spectacle. » Elle ne serait plus la courtisane des montagnes, mais la catin du marin. Si c’était pas du progrès ça.

Mais maintenant qu’elle cessait de rire, conservant toutefois ce sourire aux lèvres, la jeune femme désirait savoir comment il allait. C’était peut-être bête, d’autant plus que les actes de son compagnon jusque là semblaient plutôt démontrer que tout allait mieux, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Ce fut donc avec douceur qu’elle fit glisser ses mains sur ses joues, descendant jusqu’au sommet de son torse, passant par sa mâchoire endolorie qu’elle effleura avec la plus infinie des précautions. Ainsi penchée sur lui, un frisson lui échappe de nouveau en sentant les lèvres de son partenaire glisser jusqu’à son cou. Elle ne s’en soucie guère longtemps toutefois, trop occupée à vouloir lui poser cette fameuse question, ces deux petits mots qui avaient tant d’importance en cet instant. Ça va ? La réponse tarde à venir, et pourtant elle ne s’en inquiète pas. Car il venait de hisser ses mains à hauteur de son visage, encadrant ainsi ce dernier, avant de poser son front contre le sien ce qui était suffisant pour que son cœur loupe un battement. Elyrian se crispe cependant, brièvement, en le voyant fermer les yeux avec autant de force, se demandant ce qu’il cherchait à faire. Avait-il quelque chose à lui dire ? Affrontait-il de nouveau ses cauchemars, ce qui voudrait dire qu’elle n’avait pas réussi à l’en détourner ? Ses doutes s’envolèrent toutefois quand le marin souffla à son attention, comme un aveu, qu’aucune femme ne l’avait jamais frappé de la sorte. Il n’en fallut pas plus pour que le sourire de la blonde ne s’accentue, amusé. Vrillant son regard dans le sien, elle incline légèrement la tête, haussant une épaule aguicheuse, prétentieuse au possible tandis qu’elle affirmait ainsi en silence que c’était parce qu’elle était la meilleure. Unique. Elle aimait ce sentiment, de savoir qu’aucune autre n’avait osé avant elle, qu’il n’avait demandé à aucune autre ou bien que ces dernières n’aient pas été capable de lui rendre ce service. A moins encore qu’aucune n’avait sa force à elle. Dans tous les cas, la jeune femme se sentit flattée au possible et elle le lui fit clairement comprendre, ses prunelles d’émeraudes brillantes de fierté et d’une prétention mal dissimulée. Mais elle s’en foutait. Elle s’en foutait parce qu’elle a toujours été ainsi, et que cela semblait lui convenir.

Cette étincelle dans le regard finit toutefois par disparaître quand le marin poursuit son discours, toujours dans un souffle, ce dernier lui arrachant d’ailleurs un frisson en heurtant ses lèvres, la remerciant. Sa fierté laisse alors place à des remords, son arrogance à des excuses silencieuses. Elle ne voulait pas de ses remerciements, estimait ne pas les mériter une seule seconde. Elle l’avait questionné sur la seule femme qu’il ait aimé, véritablement aimé, ce qui avait ravivé de nombreux souvenirs douloureux au possible. Elle était fautive. Mal à l’aise l’espace de quelques secondes, Elyrian balaie toutefois ce sentiment en se persuadant du fait que tout allait mieux désormais, qu’il lui suffirait d’apprendre de ses erreurs, ne plus recommencer, et qu’ainsi cette mésaventure demeurerait dans le passé. Alors elle se laisse faire, elle se détend, elle finit par le laisser la bercer de ce petit mot rempli de gratitude. Elle sourit même, doucement, alors qu’elle laisse le marin la faire basculer sur le lit dans une lenteur presque cruelle. Docile, elle s’abandonne à ces lèvres qui heurtent les siennes, elle lui rend son baiser, glissant ses mains à hauteur de sa nuque et de ses mèches brunes. Le temps de s’allonger sur le lit, la blonde s’était imperceptiblement redressée afin de plaquer sa poitrine contre son torse, envieuse de retrouver sa chaleur, encore et toujours. Une poitrine qui se retrouve bien vite abandonnée à ces mains baladeuses et abimées par cette vie passée en mer. Ces mains qui lui plaisaient tant, qui lui procuraient de nouveau des frissons, du plaisir, lui arrachant un soupir d’aise. Soupir étouffé dans ce baiser qu’il lui offrait encore, manquant ainsi de lui couper le souffle. Mais elle ne s’en plaignait pas, appréciant trop leurs étreintes pour se permettre de songer à râler. Elle était bien. Elle était bien alors qu’il l’embrassait. Elle était bien quand il la touchait, réveillant encore et toujours en elle moult sensations. Elle était bien lorsqu’il dévia ses lèvres jusqu’à son oreille, lui murmurant des tonnes de merci qui finirent par lui arracher un léger rire, doux et amusé. Parce qu’il en faisait trop, trop de remerciements, et pourtant cela lui plaisait. Cette sensation d’avoir été utile, cette récompense sous forme de mots. La gêne s’était envolée, et désormais elle se contentait d’apprécier ce qu’il avait à lui offrir. Tout du moins ce fut ainsi jusqu’à ce qu’il ne lui offre au dernier instant d’autres mots. Deux petits mots, bien différents de tous les premiers et qui lui firent l’effet d’une bombe. Dévastatrice. Je t’aime.

Je t’aime.
La sentence résonne dans son esprit, violente, battant ses tempes, vrillant son crâne, pulsant dans ses veines. Je t’aime. Ça dérange, ça perturbe, ça tourne et ça virevolte. Je t’aime. Ça fait peur, terriblement peur. Je t’aime. Ça l’intimide, ça la tue. Son coeur loupe un battement, mais probablement pas pour les bonnes raisons. D’instinct, la blonde cesse tout mouvement, ses mains se stoppant ainsi dans leurs caresses dans la chevelure du brun. D’instinct elle se crispe, imperceptiblement, avec cette sensation d’avoir à la fois le souffle coupé et une respiration qui s’emballe infiniment trop. Elle en suffoquerait presque. Elle se mord la lèvre, son visage ainsi niché dans le cou de son compagnon pendant que celui-ci restait à hauteur de son oreille. Elle ferme les yeux, réprimant ainsi les tremblements inquiétants qui menaçaient de s’emparer de tout son corps. Et elle se crispe un peu plus, résistant à l’envie de le repousser violemment pour se lever, prendre ses habits et se casser sur le champ. Tout de suite. Elle voulait fuir, loin, très loin. Loin de tout le bordel qu’incarnaient les sentiments à ses yeux. La vie c’était un putain de foutoir, la survie de ces derniers mois était pire encore, alors les sentiments… Ce n’était qu’un bordel en plus, des attaches en trop, des peurs supplémentaires. Les sentiments c’était des angoisses, des responsabilités, des sacrifices. Les sentiments, c’est ce qui aurait sa peau, la danseuse en était persuadée. La jeune femme avait repoussé toutes ces questions ces derniers jours, se contentant de songer simplement à cette relation, banale. Elle était bien avec lui, elle lui faisait confiance, se reposait sur lui et lui permettait de se reposer sur elle. Mais jamais, ô grand jamais, elle n’aurait osé mettre des mots sur cette relation. Jamais elle n’aurait osé lui souffler ce qu’il venait de lui murmurer. Jamais. Parce que c’était terrible. Le plus dur, c’était de constater que lui venait de le faire avec une simplicité étonnante. Cela avait été spontané, tellement qu’elle n’avait pas vu le coup venir. Tellement qu’elle se sentit mal, terriblement mal, de constater qu’elle n’était pas capable de se jeter à son cou comme une femme normale. De voir qu’elle ne lui retournerait pas la faveur, qu’elle ne l’embrasserait pas avec fougue tout en affirmant que c’était réciproque et qu’elle ne voulait jamais le quitter.

C’est un bourbier, un putain de bourbier dans lequel elle s’enfonce au fur et à mesure que les secondes passent. Parce que plus le temps s’écoule, plus elle comprend qu’elle lui fait mal. Il va voir que ce n’est pas normal, il va la sentir se crisper, hésiter, suffoquer. Il va constater qu’elle est incapable de lui chuchoter à son tour ces quelques mots, incapable de lui offrir cet amour sous forme de mots. Et elle se haïssait pour ça. Et elle le détestait lui, aussi, pour lui avoir dit ça. Pour lui avoir dit qu’il l’aimait, alors même qu’elle venait de soulever le chapitre Nora qui avait été ô combien important dans sa vie. Elle le détestait pour lui avoir clamé cet amour alors même qu’il venait juste de quitter les souvenirs concernant sa défunte fiancée. Ce n’était pas juste. Il n’avait pas le droit de lui dire ça, pas au bout d’une semaine, pas maintenant. C’était dégueulasse. Et malgré tout ça, malgré cette colère qu’elle voulait focaliser sur lui, elle ne parvenait finalement à ne s’en prendre qu’à elle. Elle et ses tares, elle et ses phobies. Elle et sa manie de voir en ce je t’aime une demande en mariage, comme une bague qu’il lui passait au doigt, ou pire une chaîne à son cou. Elle et sa façon, inconsciente, de croire au prince charmant et d’imaginer que si elle lui retournait ces quelques mots, cela voulait dire que c’était définitif, comme une promesse d’éternité. Mais le temps s’écoule, encore et encore, sous forme de battements de cœur violent contre sa poitrine, d’un souffle qu’elle peine à contenir. Et cette peur qui la fait presque vibrer. Parce qu’elle tenait à lui, c’était indéniable. Lui, plus que quiconque dans cette foutue ville. Elle tenait à lui, mais dévoiler ces sentiments comme il venait de le faire, cela revenait à ses yeux à imaginer un futur ensemble. Et la blonde doutait fortement qu’ils en aient un.

Quel avenir possible ? Alors même qu’une épidémie ravageait tout sur son passage, que la mort les menaçait à chaque instant. Quel avenir quand il n’était question que de survie, que lorsque le futur ne se comptait plus en années mais en jours, quand l’on éprouvait de la fierté à avoir tenu une nuit de plus dans tout ce bordel. Quel avenir possible, alors qu’elle était la danseuse qui foulait la terre pour ne jamais s’en détacher, amoureuse de cette stabilité que lui procurait un sol ferme, et lui un amoureux de l’océan, des mois passés en mer sans autre compagnie que celle des vagues ô combien imprévisibles qui heurtaient son navire. Et si jamais tout allait mieux ? Que feraient-ils ? Qui irait sacrifier sa vie au profit de l’univers de l’autre ? Irait-il délaisser son océan, même partiellement, pour elle ? Alors qu’il détestait la terre ferme, cette dernière le bouffant un peu plus chaque jour depuis qu’il était contraint d’y demeurer. Et elle, serait-elle capable de le suivre pendant des mois, l’accompagnant dans sa chasse contre les squales, une guerre qui ne la regardait même pas et qu’elle ne comprenait pas bien qu’elle le soutenait dans ses entreprises ? Oui, bon sang. Quel avenir pouvaient-ils offrir à ce je t’aime ? Elle n’en sait rien. Elle lui avait pourtant dit, elle lui avait dit qu’elle ne savait pas ce qu’elle pouvait lui offrir. Et lui, il lui avait affirmé qu’il n’attendait rien d’elle. Rien du tout. Elle tremble, et pourtant elle refuse de bouger, elle l’empêche lui-même de faire le moindre geste. Car elle est là, un bras passé fermement autour de sa nuque, s’agrippant à lui, nichant son visage dans son cou et le retenant afin de l’empêcher de se relever. Elle ne voulait pas qu’il la voit, elle ne voulait pas qu’il prenne du recul pour l’observer. Elle ne voulait pas qu’il la découvre, tendue, tremblante, se mordant férocement la lèvre au point qu’elle se l’entaille, la faisant légèrement saigner.

Elyrian ne savait pas. Elle le lui avait pourtant dit. Si la blonde était sûre de ses capacités, si elle connaissait son corps, ses forces et ses faiblesses, elle était incapable de se jauger sentimentalement parlant. Qu’était-elle encore capable de faire ? Protéger, sauver, aider, haïr, craindre, fuir, demeurer ? Que savait-elle faire ? Savait-elle encore aimer ? L’avait-elle seulement su un jour ? Seigneur, ce qu’elle se savait fragile dans ce domaine qu’étaient les sentiments. Tellement fragile. Elle avait peur, constamment peur d’être blessée, d’avoir des remords, de perdre son temps. Ce qu’elle avait peur de baisser sa garde, pour ensuite ressentir le goût amère de la trahison. Elle avait peur de s’offrir, de donner son cœur, pour retrouver ce dernier piétiner au possible. Elle préférait encaisser milles tortures physiques, plutôt qu’une seule déception amoureuse. C’était sa faiblesse, sa plus grande faiblesse. Et il venait de mettre le doigt dessus, violemment, sans même qu’elle ne s’y attende. Mais la jeune femme le sait, elle ne peut pas se contenter de ça, de ce silence qu’elle devine pourtant déjà suffisamment douloureux. Alors elle cherche, elle cherche à savoir comment le lui dire, comment lui faire comprendre. Ce n’était pas de sa faute à lui, c’était la sienne. Si elle avait mis le doigt sur ses hantises, il venait de le faire avec les siennes. La danseuse sait qu’elle lui doit des explications, pourtant elle se retrouve incapable de les formuler. Comme d’habitude, elle ne sait pas dire les choses franchement, pas quand cela touche à de tels sentiments. Alors elle opte pour des chemins détournés, elle se déculpabilise, elle se dit que ce n’était pas elle qui était dingue de paniquer aussi bêtement, mais lui qui était dingue de lui dire tout ça. C’est pour cela que son emprise sur lui se raffermit, ce bras passé autour de son cou, ses doigts se resserrant sur son épaule. Elle suffoque, un bref instant, son cœur battant à la chamade, sa poitrine se soulevant au rythme d’une respiration anarchique qui ne passe même plus inaperçue. Et finalement elle se lance.

Ce fut dans une dernière inspiration, douloureuse, au point qu’on perçoit ses tremblements même dans cette simple respiration, avant qu’elle ne laisse ses lèvres remonter jusqu’à son oreille. Ce fut au creux de celle-ci qu’elle en vint à chuchoter, sa voix se faisant soudainement plus assurée. Brutale presque. « Non. La sentence tombe, véritable guillotine. Elle tremble, elle en a mal, mal de lui faire mal. Mais elle poursuit. Tu ne m’aimes pas Saff. Le surnom demeure, pour la simple raison que peu importe ce qu’elle ressent, peu importe ce qu’elle va lui dire, elle tient à lui. Elle espérait qu’il n’en viendrait pas à l’oublier. Elle déglutit, péniblement, si bien que sa voix s’élève soudainement avec moins d’assurance, nouée par ces sentiments qui encombraient sa gorge, son ventre, ses poumons, la moindre parcelle de son corps. Tu ne m’aimes pas, parce que quoi que tu en dises, tu es un homme intelligent. Suffisamment pour savoir qu’il ne faut pas m’aimer, pas autant, pas à ce point. Apprécie moi, tiens à moi si tu veux, mais ne m’aime pas. Parce que je te ferais du mal, encore, et que si je ne le fais pas de mon vivant, je le ferais en crevant à cause de ces saloperies. Cela semblait tellement évident, de constater qu’elle l’accusait des torts qui la concernaient elle. C’était elle qui avait peur de l’aimer, peur de mettre des mots dessus, peur de souffrir, peur de souffrir de son absence aussi. Et puis, aimer… ça veut dire quoi hein ? Quel sens ça peut avoir, quel espoir ça peut encore apporter dans tout ce bordel ? ça te servirait à quoi de m’aimer ? Comme si un tel sentiment devait avoir une utilité, un bénéfice. Comme si cela ne servait plus à rien en ces jours sombres. Comme si c’était aussi simple, résumé ainsi. Et sa voix qui vacille encore plus. C’était comme si elle sanglotait. Presque. C’est dur, c’est pénible, mais elle continue son discours, sauf que cette fois elle se fait plus accusatrice dans ses propos, ses ongles se plantant presque dans sa peau désormais. Et t’as pas le droit de me dire ça… T’as pas le droit après ce que tu viens de me dire, pas … Pas après elle. C’était injuste, dégueulasse. Il n’avait pas le droit de lui avouer de telles choses, alors même qu’elle avait compris à quel point cette Nora avait compté pour lui, à quel point son fantôme le hantait encore, au point qu’elle l’avait découvert plus vulnérable que jamais. Et surtout… surtout… Tu me l’as dit. Tu m’as dit que tu te fichais de ce que j’avais à offrir, que tu t’en moquais. Parce que je t’ai dit que moi j’avais plus rien à offrir, plus rien du tout. Je… Sa voix se brise, mais elle finit tout de même par conclure, dans un sursaut d'assurance, presque de colère. Elle niche son visage dans son cou, s’y blottit, parce que quoi qu’elle en dise elle ne voulait pas qu’il parte, pas sur ça. Egoïste au possible, cruelle, faisant mal tout en refusant qu’il ne s’éloigne. Alors elle conclut, elle l’achève. Ne m’aime pas Saff. Ne m’aime pas. » Parce qu’elle ne serait jamais digne de ton amour. Parce qu'elle ne saura pas te le rendre.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Lun 8 Sep - 23:02

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Il n'avait pas réfléchi. Pas du tout. Les mots étaient sortis, les mots étaient lancés, il ne voulait plus que la remercier. C'était tout. Plus rien ne comptait. Elle l'avait sauvé. Elle l'avait vraiment sauvé. C'était elle, et personne d'autre. Et plus les minutes passait, plus Saffron tombait pour elle. Définitivement. Il ne pouvait rien y faire, il sentait ses dernières défenses exploser en mille morceaux, éclater comme des bulles de savon. Il n'était plus rien. Il n'était plus qu'à elle. Il était sien comme il la voulait sienne, il... son cœur était tellement ému qu'il aurait été prêt à tout pour elle. À tout. Et il n'était pas du genre à tomber facilement, Saffron. Non. il n'était tombé qu'une fois pour une femme, et Nora lui avait fait bien trop mal pour qu'il tombe à nouveau. Jusqu'à Ely. Jusqu'à ce qu'elle le sauve. Jusqu'à ce qu'elle lui prouve qu'elle était capable de prendre soin de lui. Il lui était tellement redevable, tellement redevable. Il n'y avait plus que ça à ses yeux. Ce qu'elle venait de faire pour lui. Elle l'avait ramené. Ici. Dans ce monde bien trop pourri pour que l'on puisse y vivre mais dans lequel il se devait de survivre. Et il survivrait. Pour Elyrian. Pour la maintenir en vie. Il se le jurait seulement tandis qu'il venait poser ses lèvres sur les siennes pour l'embrasser tendrement, il la défendrait coûte que coûte. Jamais il ne l'abandonnerait. Sa promesse prenait tout son sens, maintenant. Il ne la laisserait pas. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait plus. Alors oui. Ces deux petits mots jaillirent d'entre ses lèvres parmi les tonnes et les tonnes de merci qui fusaient. Deux petits mots qu'il n'avait pas prononcé depuis bien longtemps. Trop longtemps. Et maintenant qu'il les avait dits, il se sentait réellement pousser des ailes, comme s'il eut été libéré d'un poids. Je t'aime. Oui, il le lui avait parfaitement, clairement, carrément dit. Parce que c'était ce qu'il ressentait, là, maintenant, tout de suite, et qu'il s'était senti obligé de le lui faire partager. Parce qu'il ne doutait pas qu'elle en serait comblée. Il le savait. Il ne l'avait jamais déçue. Il aurait peut-être dû avoir peur de ces deux petits mots, mais non. Il n'avait pas peur. La seule présence de la blonde à ses côtés avait effacé toute peur en lui. Il n'avait plus peur. Parce qu'elle était là. Avec lui.
Il fronça légèrement les sourcils en sentant les mains d'Elyrian s'immobiliser dans ses cheveux, à l'arrière de sa tête. Stopper toute caresse. Il la sentit se crisper tout contre lui, et son froncement de sourcils s'accentua. Nettement. Pas de colère, mais d'inquiétude. Il vint ramener son visage à hauteur du sien, mais presque aussitôt elle cacha le sien dans son cou à lui. Et Saffron n'osait parler, il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas tous ces tremblements qui agitaient la blonde. Elle était si frêle, d'un seul coup. Comme si elle allait se casser en deux dans ses bras à lui qui ne disait rien, qui observait, qui subissait. Qu'avait-il fait ? L'avait-il blessée ? Il se mit à chercher, à quel moment il aurait pu lui faire du mal, mais il avait beau se creuser la tête, il ne trouvait pas. Il n'y arrivait pas. Il n'était plus que douceur avec elle. Jamais il ne l'aurait blessée. Jamais.
Et pourtant, elle tremblait. Elle tremblait, et il ne pouvait pas l'arrêter. Et Saffron ne pouvait que ressentir les battements affolés du cœur de la blonde contre sa poitrine à lui. Il caresse son visage avec deux doigts, prononce son prénom dans un souffle presque timide, presque fautif. Il ne sait pas ce qu'il a fait et cela le tue, et cela le ronge. Il pouvait sentir une douleur se former au creux de sa poitrine, une crampe sentimentale qui le tord en deux, mais il tient bon. Il doit tenir. Parce que maintenant, c'est elle qui requiert son attention, c'est elle qui requiert ses soins, ses paroles réconfortantes, ses caresses, tout. Mais elle était là, un bras passé fermement autour de sa nuque, et Saffron n'osait plus bouger. Son visage était toujours enfoui dans son cou, et s'il avait vu le sang perler sur sa lèvre, il aurait sans doute paniqué. Mais elle restait stoïque, de marbre, et la culpabilité que le marin ressentait était maintenant géante, dominante, terrible.
Il voulut s'écarter d'elle lorsqu'il l'entendit suffoquer, le regard affolé, mais elle le serrait si fort contre elle que tout mouvement se révéla être vain. « Ely, » dit-il sur un ton sérieux qui trahissait son anxiété, « Ely, pour l'amour du ciel, laisse-moi te... » Mais elle ne lui laisse pas le temps de finir, car enfin, enfin, des mots fusent. Non. Tu ne m'aimes pas, Saff. Cette fois, c'est à son tour de s'immobiliser. Et c'est son cœur qui loupe un battement, parce que lorsqu'elle dit ça, elle est tout à fait sérieuse. Et pis encore, elle ne le regarde pas. Et il a tant besoin de ce contact visuel en cet instant, tant qu'il les ferme pour les imaginer, verts, émeraudes scintillantes, magnifiques. Et pourtant, il ne peut s'empêcher de les imaginer froids, à l'image de sa voix lorsqu'elle lui dit qu'il est assez intelligent pour savoir qu'il ne faut pas l'aimer. Qu'il peut l'apprécier, tenir à elle, mais ne pas l'aimer. Parce qu'elle lui ferait du mal. Et que si elle ne le faisait pas de son vivant, elle le ferait en... Saffron secoua la tête. Il ne veut pas en entendre plus. Pas un mot, pas une parole de plus. Il déclare avant même qu'elle n'ait terminé sa phrase : « Non. Ne dis pas ça. Je ne laisserai jamais arriver une telle chose. Ely, tais-toi. Tais-toi. » La colère est absente de sa voix, cependant c'est bien la peine qui s'en détache. Car elle avait vu juste. Elle venait de lui faire mal. Très mal. Il lui avait offert ces deux petits mots, ce je t'aime qu'il n'avait offert qu'à une personne, et elle, elle lui demandait de ne pas l'aimer. Il aurait voulu lui dire qu'il était désolé mais qu'il ne pouvait pas l'écouter, qu'il ne pouvait pas lui donner raison, mais sa gorge s'était nouée et il peinait à son tour à respirer. Les questions qu'elle soulève ensuite lui font aussi mal, mais il reste fort. Il subit, parce qu'il ne démord pas de ces deux petits mots qu'il a prononcé, même si le résultat n'était pas vraiment celui qu'il souhaitait. Et il veut voir son visage, il veut la regarder dans les yeux, il veut la voir le regard lui dans les yeux tout en lui disant cela. Mais elle reste, accroché, cachée, blottie dans son cou, et il ne peut rien y faire. Il répond tout de même, excédé mais toujours calme : « Ely, arrête. Arrête. Calme-toi... » Mais elle ne se calme pas. Alors, il continue en tâchant de se montrer convaincant : « Ça n'a aucun sens dans ce bordel, je suis d'accord, mais... j'ai besoin de ça. Tu crois que tu peux le comprendre ? J'ai besoin de ça. Alors si ça te fait plaisir de me rejeter, fais-le, maintenant, fais-le vraiment et je m'en irai. » Il n'avait que ça à faire, la mettre au défi, maintenant qu'ils en arrivaient là. Mais la jeune femme enchaînait déjà, et Saffron se crispa tout entier lorsqu'elle lui reprocha de lui avoir dit qu'il l'aimait après elle. Bien sûr, il n'avait pas besoin de deviner qui se cachait derrière ce mot. Nora. Mais Elyrian avait-elle besoin de se dévaloriser autant face à cette figure du passé qu'il avait certes aimée plus que tout, mais qui n'était plus. Il n'aimait pas lui parler ainsi, il détestait même, mais elle lui avait fait mal, tellement mal. Il voulut à nouveau se détacher d'elle, mais elle le bloquait. Il déclara alors avec un peu plus de véhémence : « Ne la mêle pas, s'il te plaît ne la mêle pas à ça. Il ne s'agit pas d'elle, il s'agit de toi. Je n'ai pas l'intention d'aimer un fantôme, Ely, et si tu ne peux pas accepter ça... » Sa voix se brise parce qu'il se hait, il se hait de lui parler ainsi, il se hait pour hausser le ton, pour lui dire toutes ces choses. Il se hait.
Et il ignore tout ce qu'elle lui dit par la suite, sauf peut-être ses derniers mots, jusqu'à ce qu'elle se taise. Ne m'aime pas. Et il a tellement mal, il a tellement mal qu'il trouve cette étreinte oppressante, et il réussit finalement à se libérer de son emprise en usant de sa force, sans toutefois la blesser. Il se redresse, se met à genoux, grimaçant tant son cœur était chamboulé par ce qu'elle lui avait dit, et lorsqu'il la vit, elle et sa lèvre écorchée, il ne put s'empêcher de prononcer : « Ely, mon Dieu... » avant de revenir vers elle. Il plante son regard dans le sien, parce que ses yeux lui ont manqué, et il déclare en enlaçant ses doigts aux siens pour que cette fois, ce soit lui qui l'empêche de partir : « Ely, regarde-moi. Je ne te demande pas de m'aimer, et tu as raison, tu as raison pour tout. Mais laisse-moi... » Il ferme les yeux tant les mots lui coûtent : « Laisse-moi t'aimer... je ne veux pas te faire souffrir, je prendrai soin de toi, je le jure, je serai là... » Il parle à cœur ouvert et ce sont ses saignements qu'il lui expose alors : « Ne me rejette pas, je serai incapable de faire quoi que ce soit après ça... Ne me rejette pas... » Il voulut réitérer avec un autre je t'aime, mais il se tut, même si ses lèvres en brûlaient. Il se tut parce qu'il avait déjà suffisamment souffert comme ça, il se tut parce qu'il la sentait capable de quitter la pièce si jamais il le disait encore une fois, et il ne voulait pas qu'elle parte. Il ne voulait pas. Il ne le supporterait pas. Il ne s'en remettrait pas.

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Dernière édition par Saffron Mortimer le Dim 21 Sep - 12:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 9 Sep - 1:27








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




C’était terrible. Terrible que de constater que ce n’était plus les souvenirs du marin qui brisaient l’instant et faisaient voler leur bulle en éclats, mais bien elle. C’était elle, à force de trembler contre lui, heurtant son cœur aux battements affolés contre celui si paisible du brun. C’était elle et son souffle anarchique, contrastant avec ces murmures remplis de tendresse et de gratitude qu’il lui avait soufflé en boucle depuis plusieurs minutes déjà. C’était terrible que de s’abandonner à une telle lâcheté, une telle bassesse, son visage ainsi niché dans son cou non pas pour y déposer des preuves de son affection mais bien pour se cacher. Elle refusait qu’il croise son regard, ne voulait pas qu’il y lise tous les sentiments qui la saisissaient en cet instant avec violence. Elle se dégoûtait, aurait voulu faire autrement, mais il y avait cette peur au fond des tripes, la guidant comme le ferait le plus pur des instincts de survie chez une personne normale. C’était la lâcheté qui la préserverait, cette fois, partiellement du moins. Car la jeune femme a beau rester ainsi, loin du saphir de ses yeux, cela n’est pas suffisant pour s’empêcher de capter les faits et gestes de son partenaire. Ce n’est pas suffisant pour masquer ces muscles tendus contre elle, dans l’attente d’un justificatif. Ce n’est pas suffisant pour l’empêcher de percevoir ce cœur, si tranquille jusque là, qui s’emballe sous le coup de l’incompréhension et de l’anxiété. Une anxiété dont témoigne son souffle, caressant, lui offrant son prénom dans un murmure inquiet, lui arrachant un frisson de dégoût. Du dégoût envers elle-même. Parce qu’il est là, soucieux, tendre, se demandant ce qui peut bien lui arriver à elle. Il est là, débordant de bonnes attentions, alors qu’elle sait déjà qu’elle va le briser. Tout de suite. Maintenant. Ça la bouffe, ça la tue à l’avance, mais elle n’a pas le choix. Ce sera la cruauté, la violence gratuite, pour éviter de souffrir à l’avenir. Car la souffrance viendrait, elle n’en doutait pas. A tort, peut-être. Probablement. La danseuse en vient à suffoquer, un instant, un bref moment qui s’avère suffisant pour décupler la panique qu’elle percevait chez son compagnon.

Il essaye de se reculer, comme elle l’avait prévu, mais elle l’en empêche, fermement, s’agrippant à lui comme si sa vie en dépendait. C’était le cas, en quelque sorte. Alors e marin cesse de bouger, mais ne se retient pas pour souffler son nom à plusieurs reprises, désireux de savoir, de comprendre, de l’aider. Pour l’amour du ciel. Oui. Pour l’amour de. C’est le moins que l’on puisse dire. Mais il ne peut pas finir sa phrase, elle ne lui en laisse pas le temps, soudainement saisie d’une impulsion, comme un élan de courage qui n’en est pourtant pas un. Cela devenait juste trop compliqué de respirer, trop dur de le faire attendre plus longtemps, trop douloureux que de retenir les mots et les sensations qui lui brûlaient la langue et l’esprit. Alors la sentence tombe, implacable, cruelle. Véritable guillotine, un coup qu’elle lui assène sans retenue, sans même tenter de trouver un moyen de mieux faire passer la pilule. Si tant est qu’il existe une manière plus douce de faire passer de tels mots. Rien ne pourrait les atténuer, pas même ses tremblements, ces sanglots qu’elle étouffait. Elyrian s’en voulait, et si elle lui en voulut également de lui avoir susurré ce je t’aime avant tant de ferveur, elle ne parvient guère à l’accuser bien longtemps. Elle a beau essayer de se déculpabiliser, de l’accuser lui, de le désigner comme la cible parfaite, cela ne dure pas. Parce qu’il demeure, contre elle, contraint de subir. Parce qu’il la coupe dans son élan tandis qu’elle affirme avec force qu’elle ne lui ferait que du mal. Il reprend la parole, il l’empêche de poursuivre, mais elle l’ignore, achevant sa phrase tout de même si bien que ses mots se heurtent aux siens. Ça s’entrechoque, ça se mélange, ça hausse le ton pour imposer ses idéaux. Il ne voulait pas l’entendre énoncer ce qui n’était pourtant qu’une vérité absolue. Elle pouvait mourir, à tout moment, tout comme lui pouvait succomber. Et que se passerait-il pour celui qui demeurerait ? Ne pouvait-il donc pas comprendre ? Lui qui pourtant avait affirmé à quel point il aurait préféré périr entre les mâchoires de ce requin, plutôt que de vivre avec cette sensation de vide et de culpabilité. Pourquoi essayait-il de nier l’évidence, cette situation critique dans laquelle ils vivaient tous les deux.

Et pourquoi cela lui faisait-il aussi mal ? Pourquoi ressentait-elle cette douleur mêlée à ces sentiments ô combien contradictoires. Elle ne voulait pas le voir refuser en bloc cette hypothèse, ça l’énervait de le voir aussi peu compréhensif sur le moment. Et cette colère, passagère, l’amène à penser qu’elle n’aimait pas non plus le voir sous-entendre qu’elle ne devrait sa survie potentielle qu’à lui. Comme s’il était un rempart suffisant entre elle et la mort, le seul rempart efficace à vrai dire. Comme si elle avait besoin de lui. Elle avait l’impression de n’avoir d’autre choix que de se reposer sur lui, que de le laisser la défendre, la renvoyant à cette image de petite fille fragile qu’elle avait toujours haït. La danseuse aurait presque voulu le frapper pour ça, mais elle se retient, un éclair de lucidité venant lui rappeler que ce n’était pas là ce qu’il avait voulu insinué. Il tenait à elle. Rien de plus. C’était pourtant suffisant, suffisant pour la mettre dans tous ses états, suffisant pour qu’elle en vienne à planter ses crocs afin d’insuffler ce venin dans sa chair, jusqu’à ses poumons, son cœur. Partout. Il la défendrait, il la protégerait, elle ne doutait pas non plus du fait qu’il la vengerait si cela s’avérait possible ou nécessaire. Et elle était incapable de s’en réjouir, incapable de juste se sentir apaisée par ces quelques mots, incapable de l’aimer pour ça. Alors elle s’en veut un peu plus, toujours plus, peinant ainsi à poursuivre ce discours qu’elle voulait lui offrir. Il compliquait tout. Vraiment tout. Depuis qu’il était arrivé avec les autres, mettant un terme à sa solitude. Depuis qu’il s’était montré honnête, depuis qu’il s’était ouvert, l’incitant ainsi à faire de même. Depuis qu’elle s’était mise à trouver un semblant de sécurité dans ses bras, que les cauchemars avaient cessé. Depuis qu’elle abandonnait cette survie qui avait toujours eu autant d’importance, au profit de la vie, la vraie, aussi mince soit-elle en ces temps troublés. Il avait eu raison depuis le début, c’était plus drôle à plusieurs. C’était surtout mieux avec lui. Mais ces ressentis, tout ce qu’elle éprouvait en étant avec lui, étaient occultés par cette peur. Cette sensation de gouffre à ses pieds. Bon sang, ce qu’elle pouvait être pathétique. Mais elle continue, elle ne s’arrête pas, malgré le marin qui la supplie de se taire.

Alors elle en vient à mettre en avant ces questions, qu’elle jugeait pertinente, sur l’intérêt de l’amour dans ces circonstances. Qu’est ce que cela pourrait bien lui apporter de l’aimer, quel sens ça peut avoir, quel sens pourrait-il donner à ces deux mots, quel avenir leur offrir ? Ces réflexions la bouffent, la tuent. Mais pas lui. Lui qui essaye de la calmer, de l’apaiser, comme si cela n’était qu’une crise passagère comme elle avait pu lui faire lorsqu’il l’a embrassé la première fois. Sauf que là c’était différent, plus violent, plus conséquent. Ce n’était plus un simple baiser qu’elle jugeait, mais bien une déclaration, cette déclaration qu’il venait de lui faire. Et, voyant qu’elle ne s’arrêterait pas, qu’elle ne se détendrait pas, il finit par s’expliquer. Certes cela n’avait aucun sens, mais il avait besoin de ça. Si elle se complaisait dans la colère et les sentiments négatifs, lui avait besoin de l’aimer pour survivre à tout ça. C’était stupide. Oh seigneur oui, elle trouvait ce raisonnement idiot au possible. Non elle ne comprenait pas. Pas du tout. Et si les mots ne franchissent pas la barrière de ses lèvres, cela ne l’empêche pas de secouer faiblement la tête, dans un signe négatif. Non. La blonde savait toutefois que ce hochement de tête pouvait porter à confusion, peut-être penserait-il qu’elle refusait de le rejeter, que la négation demeurait là, affirmant ainsi qu’elle le voulait toujours à ses côtés. Cela restait vrai, bien sûr, mais en vérité elle voulait surtout lui dire qu’elle ne comprenait pas. Pas la moins du monde. Elyrian ne comprenait pas pourquoi on désirait l’aimer, ne s’étant jamais jugée digne de l’amour d’autrui ni autrui suffisamment digne du sien. Et il y avait toujours cette peur, dévorant, lui arrachant moult tremblements. Non, elle ne se calmerait pas de si tôt, loin de là. Au contraire, elle enchaîne, elle poursuit, elle l’achève.

Elle frappe de nouveau, elle frappe fort, s’attaquant cette fois à cette femme qu’il avait aimé, trop pour parvenir à l’oublier. Elyrian a beau rester dans son cou, s’y cacher, cela ne l’empêche pas de le sentir se crisper. Chaque parcelle de son corps qui se tend sous l’assaut de ses mots, lui arrachant un nouveau sentiment de culpabilité, qui s’estompe toutefois lorsqu’elle entend les propos de son partenaire. Il réplique, avec bien plus de véhémence, suffisamment pour lui arracher un frisson de colère, accentué par ce ton qu’il prenait. Parce qu’elle ne le croit pas. Parce que si jusque-là elle avait cru en chacun de ses mots, au point qu’elle se mettait à cruellement s’en vouloir, ce n’était pas le cas en cet instant précis. Car aux yeux de la blonde, Nora était toujours là. Quelle différence y avait-il entre un fantôme qui vous hante et un fantôme que vous aimez ? Quelle subtile différence cela peut-il faire, si elle n’en reste pas moins toujours dans les parages. Elle était là. Tellement présente que la danseuse avait été obligée de le frapper lui, à deux reprises, pour l’arracher à ces souvenirs et à ce même fantôme qu’il prétendait ne plus aimer. Sauf qu’elle ne se voyait pas rivaliser, pas en si peu de temps, pas aussi vite. Pas aussi aisément. C’était dégueulasse de penser ça, d’imaginer une seule seconde que le marin était du genre à balayer sa fiancée aussi vite, comme si elle n’avait jamais existé, mais force était d’admettre que... ça allait vite justement. Tout allait trop vite. Se rendait-il seulement compte du fait que pour elle, ces deux petits mots étaient rares ? Terriblement rare. A dire vrai ils n’avaient franchi le seuil de ses lèvres qu’à deux reprises, dédié à son premier amour, avant que cela ne se finisse trop mal. Puis un second homme, plus récent, suite à des années de relations. Il lui avait fallu six mois. Six mois pour lui dire qu’elle l’aimait. Et Saffron était là, le lui susurrant au bout de quelques jours seulement. Et elle ne parvenait pas à savoir s’il fallait y voir un signe du destin, un stupide coup de foudre, ou s’il était juste prompt à donner son cœur. Pourtant elle doutait qu’il soit ce genre d’homme, elle savait au fond que ce n’était pas que du vent, tout du moins essayait-elle de s’en persuader. Et c’était dur.

Trop dur pour qu’elle s’éternise, si bien que la conclusion arrive, accusatrice. Il n’avait pas le droit de lui demander ça, il lui avait assuré qu’il n’attendait rien d’elle, rien du tout. Elle ne pouvait plus rien offrir. Ne m’aime pas. Ne m’aime pas. Pitié. Abandonne. Laisse là. Elle te laissera revenir sur tout ce que tu as pu dire, te laissera revenir sur tes promesses. Tout. Mais laisse là. Sauf que cela ne se passe pas comme prévu. La jeune femme, persuadée qu’il en viendrait à fuir devant ses propos, convaincue qu’il la détesterait pour cet amour qu’elle refusait et qu’elle ne lui rendait pas, ne put que frissonner de nouveau, allant jusqu’à trembler un peu plus alors qu’il l’oblige définitivement à quitter ce cou si protecteur. Elle se sent faible. Elle se sent vulnérable, ô combien vulnérable. Elle se crispe, elle se tend, elle subit. Ainsi rabattue sur le lit, sans violence toutefois, elle se sent à découvert, un sentiment accentué par sa nudité qui la gêne soudainement. Prise d’une pulsion, elle voulut rabattre ses bras sur sa poitrine, les croiser contre celle-ci. Elle ne voulait plus subir son regard. Ces quelques secondes qu’il passe à la dévorer du regard furent déjà de trop. Elle attendait le jugement, l’appréhendant, se demandant ce qu’il pouvait bien lui réserver après tout ce qu’elle lui avait dit. Elyrian respire difficilement, tentant toutefois d’apaiser les battements de son cœur en profitant du fait que le marin soit à genoux au dessus d’elle, loin au dessus. C’est moins oppressant, malgré le saphir de ses yeux vrillé sur elle. Elle ne le voit pas grimacer, elle ne voit rien. A vrai dire elle ne daigne l’observer qu’un bref instant, quand il murmure son prénom, secoué. La blonde comprend qu’il s’inquiète de découvrir sa lèvre ainsi écorchée par ses propres soins, alors elle grogne, faiblement, détournant de nouveau les yeux. « C’est rien. » Rien du tout. Rien comparé à cette bombe qu’il avait lâché. Rien comparé à ce sentiment oppressant, son cœur qui martelait sa poitrine, cette respiration anarchique et difficile. Ce fut pire encore quand il se pencha de nouveau sur elle, l’obligeant à le regarder, l’obligeant à ne plus se détourner. La fuite n’était plus une option. Et c’était un sentiment terrible pour elle.

Malgré la douceur dont il fait preuve en mêlant ses doigts aux siens, elle ne peut s’empêcher de se crisper autour de cette poigne, se sentant soudainement enchaînée. A l’image d’un animal pris au piège, elle aurait été prête à le mordre juste pour se dégager. La peur faisait clairement étinceler son regard, une peur qu’elle tente de maîtriser, la contrebalançant en y injectant une pointe de colère. Et c’est à son tour de parler, son tour à lui. Et alors que ses propos auraient dû la soulager, il n’en fut rien. Elle se sentait encore plus bête, plus capricieuse. Elle le voyait, prêt à tout pour elle, aimant au possible, et cela ne faisait que l’énerver. Désormais elle l’insultait mentalement, à chaque mot qu’il soufflait, se faisant plus hargneuse dans son esprit quand il employait le verbe aimer. Un verbe qui la dégoûtait presque en cet instant. Elle ne l’avait soudainement que trop entendu. Mais elle ne dit rien, elle subit, tout comme lui avait subit. Il admet qu’elle a raison, fermant les yeux pour mieux la supplier de nouveau. Il la suppliait. Il la suppliait de lui donner le droit de l’aimer. Il lui faisait encore plus de promesses, jurant de la protéger, de ne jamais lui faire de mal, d’être toujours là pour elle. Elyrian le savait, si elle lui avait réclamé la lune, là, tout de suite, il la lui aurait décroché dans la seconde qui suit. C’était terrible pour elle, que de prendre conscience de cette emprise qu’elle avait sur lui, ce pouvoir, ce fil invisible qu’elle avait tissé, comme une araignée. Elle avait l’impression de l’avoir enchaîné à elle, sans le vouloir, et maintenant il était mordu. Accro. Que pouvait-elle y faire ? Et il allait plus loin encore, la suppliant de ne pas le rejeter. Elle pouvait faire ce qu’elle voulait, tant qu’elle le faisait près de lui, tant qu’elle le laissait lui vouer un amour inconditionnel. C’était trop, bien trop pour elle. Elle n’avait jamais demandé ça.

Alors ce fut au tour de la danseuse de le supplier, à mi-voix, tremblante, la gorgée nouée. Les larmes lui montaient aux yeux, elle peinait à les refouler. « Arrête… Arrête. Ne lui dit pas tout ça. Tu vois pas que ça la tue, que ça la ronge ? Tu vois pas qu’elle se fait autant de mal qu’elle ne t’en fait, mais qu’elle le fait uniquement dans ton intérêt ? Tu vois pas qu’au fond elle essaye juste de te préserver ? La blonde inspire difficilement et finalement parvint à soutenir son regard, presque férocement. Pourtant sa voix reste brisée, malgré ses efforts. Elle ne comprenait pas, et l’incompréhension faisait clairement vibrer sa voix, pour progressivement laissé place à l’exaspération. Qu’est ce qu’il te faut de plus bordel ?! Je te fais pas assez mal ? Je dois faire quoi, pour que tu te rendes comptes que c’est une mauvaise idée, que je pourrais recommencer ce genre de scène n’importe quand. Je devrais te briser à combien de reprises pour que tu te mettes à chercher quelqu’un de meilleur, quelqu’un qui serait capable de te rendre ce que tu lui donnerais ? Elle s’emballe, elle s’énerve, elle s’agite sous ses doigts. Au point qu’elle tente de se redresser, en vain, rapidement ramenée contre le lit, dans un sifflement aussi agacé que douloureux. De nouveau elle ancre son regard dans le sien. T’es juste masochiste putain. Je te frappe, et toi tu … Tu me sors ça. Tu me sors ça à moi. Juste parce que je t’ai plus ou moins cassé la gueule. C’est ridicule. T’es malade. T’es malade, t’es malade. » Et ces mots elle les répète encore, à plusieurs reprises, détournant les yeux, se mordant la lèvre, comme pour essayer de s’en convaincre. Masochiste, cinglé. Bon sang pourquoi l’aimer elle ? Pourquoi pas juste…. N’importe quoi. Une de ces conneries à la sex friends et compagnie, la promesse d’assurer les arrières de l’autre, dans tous les sens possibles du terme, sans ces saloperies de sentiments. Et si la colère avait guidé ses paroles jusque là, la jeune femme se sent soudainement fragile de nouveau, lasse, épuisée par ce combat qu’elle devinait perdu d’avance.

De nouveau elle le regarde, parvenant par elle ne sait quel miracle à apaiser son souffle anarchique. Elle se calme, brièvement, cherchant dans le regard de son compagnon un signe, un geste, un sentiment. N’importe quoi. Elle ne savait même pas ce qu’elle cherchait, n’analysait même pas ce qu’elle découvrait. Et les propos du marin trottaient encore dans son esprit. Ce n’est plus la colère qui fait alors vibrer sa voix, mais l’incompréhension, teintée de tristesse. « Pourquoi tu me rassures ? Pourquoi tu me fais toutes ces promesses, après ce que je t’ai dit, pourquoi tu veux pas me faire mal ? Pourquoi tu veux pas me blesser, là, tout de suite maintenant. Fais moi mal merde, venge toi, je sais pas, fais quelque chose. Sa gorge se noue. Elle aurait préféré encaisser milles tortures, plutôt que ça. Ce regard qu’il plantait dans le sien, ses supplications, ses promesses, son envie de l’aimer. Pourquoi tu m’aimes ? Pourquoi aussi vite ? La question, la plus importante des questions, reste coincée dans sa poitrine. Elle n’arrive pas à la formuler, probablement parce qu’elle ne voulait pas en connaître la réponse. Alors c’est autre chose qui lui échappe, dans un souffle, à peine audible sur la fin. J’aurais dû te détester. Et toi tu aurais dû me manipuler. On aurait dû faire ce que l’on fait de mieux. Ça aurait…. Ça aurait… » Ça aurait été plus facile. Mais les mots ne sortent pas, sa voix se brise. Tu comprends maintenant ? Tu comprends que si toi tu avais voulu mourir sous les mâchoires de ce requin, elle aurait préféré ne jamais avoir à vivre avec ces sentiments en elle, gravés au fer rouge. Elle aurait préféré ne jamais pouvoir aimer, et ne jamais être aimé en retour. C’est sa hantise à elle. Comment peux tu aimer ça ?




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 9 Sep - 14:47

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Elle lui faisait mal, elle lui faisait très mal. Chaque mot était un coup de couteau qu'elle lui assénait un peu partout sur le corps, et il était incapable de mettre en place la moindre parade. Il ne pouvait pas, c'était au-dessus de ses moyens. Bien sûr, il mettait tout en oeuvre pour lui faire comprendre qu'elle avait à la fois tort et raison, que oui, il aurait peut-être dû se taire, mais que non, il ne regrettait pas une seule seconde de lui avoir offert ces deux petits mots. Il avait voulu être honnête, il avait voulu le lui dire parce qu'elle lui avait toujours dit de ne pas la prendre pour une idiote. Et il y avait cette tendresse, évidente, dont il faisait preuve avec elle. Et ces regards, et ces gestes. Elyrian n'était pas idiote, il le savait, et il savait également qu'elle se rendait compte que son comportement avec changé à son égard. Était-ce une bonne chose... ? Saffron comprenait son point de vue, bien sûr, il était le mieux placé pour savoir ce que cela faisait. Elle avait peur de le perdre, elle avait peur de le faire souffrir. Aimer, et surtout l'aimer lui était un risque qu'elle ne se sentait pas prête à prendre, et Saffron en souffrait, parce qu'il ne se retrouvait plus qu'avec une moitié de cœur, ayant délibérément donné l'autre à la blonde, mais que celle-ci s'était empressée de jeter au loin. Et il n'arrivait pas à la retrouver. Il avait beau chercher, il ne le retrouvait plus. Il avait cru lui faire plaisir, que ce serait une preuve suffisante pour elle, pour qu'elle comprenne qu'il ne la laisserait jamais, mais il s'était heurté à un mur. Un véritable mur. Et ça faisait mal, très mal. Bien trop mal parce qu'il ne s'était pas attendu à ça. Mais il ne voulait rien lâcher, car comme elle le lui avait conseillé, effectivement, il tenait à elle. Il tenait énormément à elle. Ne pouvait-elle pas comprendre que ce qu'elle avait fait pour lui en le sauvant avait déclenché ce je t'aime qu'elle haïssait tant ? Il était véritablement tombé pour elle, il s'en rendait seulement compte, car les mots avaient beau le blesser, il restait debout. Il lui résistait, comme il lui avait toujours résisté depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Il ne changerait pas. Pas dans ce sens. Il n'abandonnerait pas. Il voulait qu'elle comprenne qu'il ne donnait pas son cœur et ces mots à n'importe qui. Elle devait bien se douter qu'après Nora, tomber amoureux ainsi qu'éprouver des sentiments avaient été deux choses qu'il avait bannies. Le seul sentiment qu'il s'était autorisé était la colère, le désir de vengeance. Il avait vécu dans la colère pendant toutes ces années, il n'avait côtoyé des femmes que pour satisfaire ses propres désirs et non pour construire quelque chose de solide. Il ne disait pas qu'il voulait construire quelque chose avec Elyrian, mais il lui avait dit qu'il l'aimait. C'était un fait. Et ce n'était pas des mots qu'il avait dit à la légère. Oui, il avait aimé Nora, et il l'aimerait sans doute à jamais, mais il aimerait tellement qu'elle comprenne qu'elle n'avait pas à se sentir en concurrence avec elle, si c'était ce que la blonde ressentait. Nora était morte. Il l'avait perdue, pour de bon. Il y a bien longtemps. Et il l'aimait toujours. N'était-ce pas une preuve suffisante pour qu'elle comprenne qu'il l'aimerait avec autant de ferveur, autant de loyauté et de tendresse si elle l'autorisait à l'aimer ? Que lui faillait-il de plus? Oui, il lui aurait décroché la lune si elle le lui avait demandé. L'attirance s'était muée en attachement, puis en sentiments, et Saffron n'avait pas peur de ses sentiments, même s'il les jugeait quelque peu rouillés. Il les avait évité pendant tellement longtemps que maintenant, il lui était quasiment impossible de les repousser. Et le fait qu'il se trouve sur la terre ferme n'arrangeait pas vraiment les choses. Saffron réfléchissait toujours plus clairement lorsqu'il était au large. Sur terre, il était impulsif, il était jaloux. Il était faible. Et ses sentiments prenaient toujours le dessus lorsqu'il était faible. Ely avait peut-être raison sur une chose : aimer les rendrait faible. Assurément. Dans un monde comme le leur, être faible était un peu comme signer son arrêt de mort. Or jamais, jamais, jamais Saffron ne permettrait qu'il arrive quoi que ce soit à Elyrian. S'il avait pu s'enchaîner à elle, tout de suite, maintenant, il l'aurait fait. Parce qu'il l'aimait trop pour la voir souffrir, même si en ce moment, c'était elle qui le faisait souffrir. Mais il ne pouvait pas lui en vouloir. Elle avait peur, et il la comprenait. Peur de s'engager dans quelque chose qui la ferait inévitablement souffrir. Saffron refusait de ressentir cette peur, il ne ressentait plus que cet amour indéfinissable pour elle. Il était aveuglé, et les remarques de la blonde le faisaient peu à peu redescendre sur terre.
Mais il ne voulait pas qu'elle le rejette, c'était inconcevable pour lui. Inconcevable, parce qu'il ne s'en remettrait pas. Il le savait. Il se terrait quelque part, sans doute repartirait-il même pour Kenaï, pour remettre son bateau à flots lui-même. Tout seul. Et s'il n'y arrivait pas, alors il laisserait l'océan se charger de lui. Il le laisserait le prendre. Il ne résisterait pas. Parce qu'il n'avait actuellement qu'une seule raison de vivre, et que cette raison reposait en Elyrian. Il voulut le lui dire, mais il eut soudain peur. Peur qu'elle se moque de lui, peur qu'elle ne se montre encore plus cruelle. Peur qu'elle le blesse assez pour le faire renoncer à la récupérer, comme elle l'avait récupéré lui. Il pensait qu'en la suppliant, en se mettant au plus bas pour elle, elle lui reviendrait. Il la dévorait des yeux, il n'y avait plus qu'elle. Et elle avait beau prétendre que cette écorchure qu'elle avait à la lèvre n'était rien, pour Saffron, c'était tout. Il ne voulait pas la blesser, il en était incapable, et à cet instant, il ignoré si c'était lui qui avait causé cette blessure ou non. Il se donnait la faute parce qu'il était fautif pour tout. Fautif pour la gêne soudaine qu'il lisait dans les yeux embués de larmes de la blonde. Fautif parce qu'il n'aurait jamais dû lui dire qu'il l'aimait. Si seulement il avait pu prévoir sa réaction... Mais il n'arrivait pas à se sentir gêné. Sa propre nudité ne le gênait pas, alors qu'il voyait qu'Elyrian aurait bien voulu refermer ses bras sur sa poitrine. Il en fut une fois de plus blessé qu'elle se referme ainsi à lui, mais il ne dit rien. Et la supplier ne le mena à rien. Rien du tout. Car maintenant, elle reprenait la parole, et ce fut pour encore, à nouveau, lui faire mal. Arrête. Arrête. Elle lui demandait clairement d'arrêter de la supplier. Il la regardait, il la voyait respirer difficilement et il ne pouvait rien faire. Ses mains retenaient les siennes, prisonnières, pour l'empêcher de partir. Ce qu'elle lui cracha à la figure, la voix brisée et remplie d'incompréhension, lui noua la gorge. Qu'est-ce qu'il te faut de plus, bordel ?! Je te fais pas assez mal ? Il resta de marbre, son regard ancré dans le sien, même si au fond, une infime partie de lui lui criait de la lâcher de se partir sur-le-champ. Il l'aurait fait s'il ne l'aimait pas autant. S'il ne tenait pas à elle. Il l'aurait fait. Il voulait lui tenir tête, même si c'était dur, même si c'était douloureux, même si les mots étaient assassins, et qu'elle le menaçait délibérément de le faire à nouveau souffrir. Elle était prête à le briser. Lui. Et cette fois, ce fut dur, dur pour Saffron ne pas la lâcher. Il souffrait, et cela se voyait sur son visage, elle lui faisait mal, terriblement mal. Et Elyrian s'agitait sous son torse, elle cherchait à se défaire de son emprise comme lui l'avait fait plus tôt, en vain. Car il ne la laisserait pas partir, même s'il était à deux doigts de le faire.
Il poussa un grognement bestial pour s'encourager. Quelqu'un de meilleur. Il profita qu'elle se débattait sous lui pour répliquer : « Je ne veux pas, Ely. Je ne veux pas quelqu'un de meilleur. Je te veux toi. Et je me fiche éperdument de ce que tu peux me rendre, si tu savais comme je m'en fiche, tant que je peux t'aimer... Laisse-moi t'aimer... » Il hachait ses mots pour qu'elle les entende bien, même s'il voyait bien que le mot aimer la répugnait. Alors, Elyrian siffla. Furieusement. Avant de se mettre à l'insulter de tous les noms. Masochiste. Ridicule. Malade. Malade. Malade. Il se prit tout en pleine figure, mais il tint miraculeusement bon. Parce qu'une fois de plus, son amour pour elle faisait son effet. Parce qu'il savait qu'elle avait raison, mais aussi tort. Il se fichait qu'elle pense qu'il était malade. Masochiste. Qui ne l'était pas en ces temps ? Le souffle tremblant, il répondit : « C'est vrai. Je suis malade. Malade de t'aimer. Malade pour toi. Malade de toi. Ne me reproche pas de t'aimer, s'il te plaît, je ne suis qu'un homme. Je ne suis qu'un homme. »
C'est alors que leurs regards se croisèrent pour la première depuis ce qui paraissait à Saffron une véritable éternité. Ses saphirs rencontrèrent les émeraudes de la blonde, et peu à peu le souffle de cette dernière se calma. Nettement. Il la voyait scruter son regard à la recherche de quelque chose, et il ne savait comment réagir. Elle n'était plus en colère. Elle n'était plus qu'incompréhension, et le cœur de Saffron se serra en l'entendant lui demander pourquoi il faisait tout ça. Pourquoi il la rassurait. Pourquoi il lui faisait toutes ces promesses, pourquoi il ne voulait pas lui faire mal comme elle lui faisait mal. Fais moi mal merde, venge toi, je sais pas, fais quelque chose. Cette fois, ce furent ses yeux à lui qui s'embuèrent de larmes, et il secoua la tête avant même qu'elle ne finisse sa phrase. « Tu ne comprends pas, » dit-il alors, torturé. « Je ne peux pas te faire de mal, j'en suis incapable Ely. Je... » Sa gorge se serra d'émotion, alors qu'à nouveau, il lançait une bombe : « Je t'aime. Et je n'ai pas peur. Tu peux me faire autant de mal que tu le souhaites, ça ne changera rien. Rien du tout. »
Mais Elyrian ne l'écoutait pas. Elle soulevait le fait qu'elle aurait dû se contenter de le détester, et lui de la manipuler. Ils auraient dû faire ce qu'ils faisaient de mieux. La phrase d'Elyrian resta en suspens, et Saffron rapprocha doucement son visage du sien pour murmurer, le plus doucement possible : « Ça nous aurait déchirés, Ely. Tu aurais souffert. Tu m'en aurais voulu. » Il lâcha finalement ses mains pour lui tourner le dos et aller s'asseoir au bord du lit. Il plongea son visage dans ses mains, se frotta longuement les yeux. Il était fatigué. Fatigué de se battre. Si elle ne l'aimait pas, il n'avait plus qu'à se retirer. Mais il ne le faisait pas. Il restait là, penché sur ses genoux. Torturé. Il l'aimait. Il l'aimait vraiment trop. Il ne se le cachait plus. Mais tout dépendait d'elle, à présent. Si elle pensait à l'utiliser comme une sorte de sex friend, elle se mettait le doigt dans l’œil. Certes, il aimait de manière inconditionnelle lui faire l'amour, mais il voulait plus. Plus qu'une simple relation physique. Plus qu'une simple partie de jambes en l'air.
Il déclara alors, le visage toujours plongé dans ses mains : « Si tu veux que je m'en aille, dis-le-moi. Je m'en irai. Mais, je t'en supplie, ne me demande pas de ne pas t'aimer. »

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Dernière édition par Saffron Mortimer le Dim 21 Sep - 12:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 9 Sep - 20:42








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




I never promised you a ray of light.
I never promised there’d be sunshine everyday.
I gave you everything I have, the good, the bad.


Comment en étaient-ils arrives là ? Tout se déroulait pourtant si bien, malgré la crise du marin, malgré tout le reste, ils étaient bien. Et désormais elle lui faisait du mal, certainement trop. Le pire étant qu’elle ne savait pas ce qu’elle voulait, ou peut-être le savait-elle, mais c’était trop difficile à admettre. La blonde avait passé ces derniers mois seule, refusant de s’attacher, de se lier. Et il été arrivé, il avait tout bouleversé, en peu de temps. Si peu de temps. C’était ça le plus effrayant, de constater qu’elle l’avait laissé se faire une place dans sa vie en quelques jours à peine, sans le repousser. Mais désormais elle ne pouvait plus, sa déclaration avait ravivé en elle toutes ses peurs, tout ce contre quoi elle luttait depuis des années. Ne trouvait-il pas cela trop rapide ? Pourquoi ne paniquait-il pas comme elle était en train de le faire, pourquoi n’avait-il pas suffisamment de jugeote pour comprendre que tout allait bien trop vite, que c’était dangereux, et que c’était une mauvaise idée que de mettre des mots sur ça. Pourquoi fallait-il que lui, qu’elle aurait cru sentimentalement perturbé au vu de tout ce qu’il avait traversé dans sa vie, trouve finalement la force et le courage de lui avouer ses sentiments, aussi aisément que s’il avait demandé le menu dans un restaurant. Pourquoi est ce que c’était aussi facile pour lui ? Au point que la jeune femme se sente idiote au possible, au point qu’elle s’en veuille, elle et ses tares. Pourquoi ne pouvait-elle pas apprécier ce qu’il lui offrait, envisager sereinement la suite ? C’était terrible. Vraiment. Elle ne doutait pas de lui pourtant, pas une seule seconde. Elle doutait d’elle, de sa capacité à aimer, à vivre à deux. Elle doutait de pouvoir lui offrir ce qu’il désirait, alors même qu’il clamait haut et fort ne rien attendre d’elle, et ce depuis le début. Il ne voulait rien, mais la blonde ne se sentait pas suffisamment insensible pour se contenter de ça, pour juste vouloir prendre sans rien donner en retour. Mais elle ne pouvait rien lui donner justement, alors que devait-elle faire ? Qu’est ce qui était préférable ? Le laisser donner sans compter, se servir sans scrupules ? Ou bien lui faire mal, tout de suite, le bannir de sa vie, définitivement, jusqu’à ce qu’un beau jour il comprenne que c’était mieux ainsi. Devait-elle le pousser à la haïr, plutôt que de l’aimer ?

Elyrian n’avait jamais estimé être une belle personne, malgré quelques qualités indéniables, elle n’était pas une jolie personne. Elle ne le méritait pas. Pas le moins du monde. Alors elle ne comprenait pas, pourquoi malgré tout ce qu’elle venait de lui dire il parvenait encore à demeurer auprès d’elle, se reculant afin de l’observer, mêlant ses doigts aux siens ce qui était suffisant pour lui rappeler toute cette tendresse dont il avait toujours fait preuve à son égard, cette tendresse qu’elle aimait tant, à laquelle elle s’était toujours abandonnée jusque-là, parce que ça faisait du bien de ne pas se battre. Pour une fois. Mais là elle se battait de nouveau, contre elle, contre lui. C’était épuisant pourtant, ça la rongeait, ça la tuait. Elle ne voulait pas se battre contre lui, mais ne voyait aucune autre option envisageable. Alors même qu’il s’inquiétait encore et toujours pour elle, vrillant un regard inquiet sur cette lèvre qu’elle a maltraité d’elle-même. La danseuse tente de le rassurer, affirmant dans un grognement que ce n’était rien, le suppliant silencieusement de ne pas la regarder ainsi, de ne plus la regarder ainsi. Et sa gêne se transforme en colère, qu’elle lui jette au visage, crachant son venin, faisant part de son incompréhension grandissante. Pourquoi diable perdait-il son temps avec elle ? Pourquoi n’était-il toujours pas parti, en lui retournant une claque au passage ? Elle ne comprend pas, et elle le lui fait clairement comprendre, lui demandant ce qu’il lui fallait de plus, se demandant combien de fois elle se devrait de le briser pour qu’il prenne conscience du fait qu’elle n’était pas faîte pour lui, pas de cette façon là, pas comme ça. Elle s’agite, elle se redresse, retombe sur le lit dans un grognement rageur, essoufflée pour si peu. Elle se sent piégée, mais dans le même temps elle sait que cette situation est méritée. C’était à lui, à lui de se plaindre d’elle, à lui de la blesser. A lui de décider. A lui de grogner, comme il le fait si bien, bestial, rageur. C’est ce grondement qui lui arracha un frisson et l’incite à le regarder, de nouveau. Et elle frissonne, tremblante sous ces mots qu’il lui offre, dans la continuité du discours qu’il lui avait déjà servi jusque là.

Why do you put me on a pedestal ?
I’m so up high than I can’t see the ground below.
So help me down you've got it wrong, I don't belong there.


Il ne voulait pas quelqu’un d’autre, de meilleur, de différent. Non. Il la voulait elle. Juste elle. Rien qu’elle. Il se moquait de ce qu’elle pouvait ou non lui offrir, il voulait juste pouvoir l’aimer. L’avoir à portée de doigts chaque instant de la journée, pouvoir la dévorer tant du regard que grâce à ses lèvres sur sa peau. Pouvoir sourire avec elle, rire avec elle, s’endormir et se réveiller à ses côtés. Oui. Elle avait beau avoir peur, le repousser, elle savait parfaitement ce que signifiait ce mot. Elle savait ce qu’il voulait pouvoir faire avec elle, ou tout du moins ce qu’il voulait continuer de faire. Car après tout, qu’est ce que cela peut bien changer ? La tendresse était là, les gestes, les mots, l’attachement. Tout. Il avait juste osé formuler à voix haute ce qui les unissait déjà. Elle, elle n’osait pas. N’oserait peut-être jamais, et c’est ce qu’elle voulait lui éviter : la déception. Elyrian ne voulait pas le voir attendre, espérer qu’un jour elle en vienne à chuchoter au creux de son oreille qu’elle aussi l’aimait. Car ça n’arriverait peut-être jamais. Alors la blonde se mord la lèvre, furieusement, ignorant le goût du sang qui en émanait forcement. Elle siffle, elle s’énerve, elle l’insulte aussi. Il était dingue, il était malade. Et lui, plutôt que de s’énerver définitivement contre elle, il profite de ces mots qu’elle lui crache, il s’en sert contre elle. Malade, oui. Mais malade d’elle, fou d’elle. Elle ne pouvait pas lui reprocher ça, elle n’avait pas le droit de l’accuser pour ce qu’il ressentait pour elle. La danseuse le sait bien, ce qu’elle fait, c’est la pure cruauté, c’est dégueulasse, il le mérite pas. Mais elle continue, elle continue de le rendre dingue, de lui faire mal, en espérant qu’il en viendrait à l’abandonner, ce qui ferait de lui le salaud de l’histoire. Lui et pas elle. Sauf qu’il ne la lâche pas. Il l’aime. Il n’est qu’un homme. A cette remarque, la réplique fuse, dans un souffle douloureux. « Justement. » Ce n’est qu’un murmure, à peine audible, et dont le sens semble impossible à saisir pleinement. Peut-être étais ce mieux ainsi, car elle s’en voulait déjà d’avoir chuchoté ce simple mot. Comme si être un homme, signifiait être volage, insatiable, insatisfait. Comme si sa condition d’homme le faisait tomber amoureux d’elle en quelques secondes à peine et le pousserait à la délaisser tout aussi rapidement. Elle s’enfermait dans des clichés absolument ignobles, indignes d’elle, indignes de lui. Et elle s’en veut, c’est cette culpabilité qui la pousse soudainement à se calmer, cessant ses mouvements, coulant vers lui un regard luisant d’incompréhension et de tristesse. Putain. Comment en étaient-ils arrivés là ?

Elle s’en veut alors elle s’adoucie, comme en guise d’excuses muettes. Mais cela ne suffit pas pour qu’elle se taise définitivement. De nouveau elle lui fait part de ses ressentis, ses doutes, ses peurs, son incapacité à le comprendre en cet instant précis. Pourquoi la rassurait-il ? Pourquoi était-il si doux, si tendre. Pourquoi la retenait-il, alors même qu’elle le brisait un peu plus à chaque seconde qui passe. Elle voulait qu’il se venge, qu’il lui fasse mal, vraiment mal. Pour qu’ils soient sur un pied d’égalité, pour que cela devienne plus aisé de mettre fin à ce merdier. Pourquoi ne la détestait-il pas bon sang ? Mais parce qu’il l’aimait. Il le lui redit, encore une fois, après avoir affirmé être incapable de lui faire le moindre mal. Je t’aime. Les mots ne l’atteignent même plus, pas avec le même effet en tout cas. Ce verbe est employé à tort et à travers depuis le début, il ne la touche plus. Ils étaient allés trop loin pour qu’elle songe à s’attarder sur cette nouvelle déclaration. Sauf qu’elle le voit bien, qu’il a mal, que sa gorge est nouée au même titre que la sienne. Elle le torturait, le malmenait. D’une manière bien plus sadique qu’en venant l’aguicher pour mieux s’éloigner ensuite. C’était plus violent, plus douloureux. Mais il n’avait pas peur, et malgré tout le mal qu’elle lui faisait, cela ne changeait rien pour lui, rien du tout. Mais elle, elle avait peur. Terriblement peur. De constater à quel point il était fou d’elle, prêt à lui passer le moindre de ses faux pas, la moindre de ses erreurs. Elle ne méritait pas ça. Elle, la lanceuse de couteaux, la sauvage, la violente. Elle qui avait frappé à peu près tout le monde au camp, elle ne méritait pas sa compassion, sa tendresse. Elle ne méritait pas de le voir demeurer là, à ses côtés. Soudainement, la jeune femme en vint à penser que tout aurait été plus simple s’ils s’en étaient tenus à leurs plans initiaux et respectifs. Elle aurait dû le détester, car c’était ce qu’elle faisait de mieux, cette scène étant suffisante pour prouver son incapacité à s’abandonner à des sentiments positifs. Et il aurait dû la manipuler, pour ne pas en arriver à aimer le serpent qu’elle incarnait, un serpent qui le mordrait, et l’achèverait de son poison. Un jour ou l’autre. Selon sa capacité à résister au venin.

I always said that I would make mistakes,
I'm only human, and that’s my saving grace,
I fall as hard as I try,
So don't be blinded.


Cette pensée, la blonde finit par la souffler, dans un murmure à peine audible. Ça aurait été plus facile. Tellement plus facile. Elyrian ne savait pas se battre pour ces choses là, se battre pour des sentiments. Et pourtant, pour une fois depuis le début de cette dispute, la blonde en vint à le croire lui. Lui, quand il se penche un peu plus sur elle, lui arrachant un frisson et lui coupant ainsi momentanément le souffle. Lui, quand il affirme qu’agir ainsi les aurait déchiré, qu’elle lui en aurait voulu, qu’elle en aurait souffert. Il avait raison, totalement raison. S’ils avaient agis ainsi, jamais ils n’auraient pu finir ensemble, mais jamais ils n’en seraient arrivés à un tel point, ce stade de non retour, cette querelle à laquelle ils prenaient part aujourd’hui. N’aurais ce pas été mieux, de se détester cordialement, plutôt que de s’aimer aussi difficilement ? Elle peine à savoir, elle savait mais ne sait plus. Il la fait douter. Lui et son corps sur le sien, lui et ses doigts mêlés aux siens, lui et son souffle caressant, son regard meurtri. Elle doute. Elle doute parce que jusque-là, tout allait bien. Jusque-là elle avait pu profiter de ces sourires, ces bras protecteurs, ces nuits paisibles dépourvues de cauchemars. Pouvait-elle vraiment balayer aussi aisément tout ce qu’il incarnait pour elle ? Tout ce bien-être qu’il lui apportait au quotidien. La jeune femme n’a pas le temps de se poser plus longuement la question, car le marin se met à bouger, la surprenant. Il la lâche, retirant ses doigts de ces poignets, si bien qu’elle s’en retrouve brûlée. Brûlée par ce contact qu’elle avait jugé oppressant jusque-là, si bien qu’elle imaginait des rougeurs imaginaires sur sa peau, puis brûlée par son absence. Nue. Véritablement nue. Soudainement frigorifiée aussi. Mais elle retrouve au moins sa respiration, cette dernière se faisant soudainement violente et anarchique au début, comme si elle sortait tout juste d’une longue apnée, avant de s’apaiser définitivement. Immobile sur le lit, elle fixe le plafond, haletante, pendant plusieurs secondes. Elle craint soudainement de le voir partir, l’abandonner. Une part d’elle-même l’aurait incité à hurler, pour le rappeler à elle, tandis que l’autre, plus pragmatique, l’incitait à fermer sa gueule. Ne rien dire. Après tout elle avait voulu lui faire mal pour qu’il ôte toutes ces idées de son esprit, pour qu’il cesse de l’aimer, pour éviter des souffrances à l’avenir. S’il partait, cela prouverait qu’elle avait réussi, aussi douloureux que ce soit.

Mais il ne part pas. Elle le sait car sa voix s’élève de nouveau, dans une dernière supplique, un dernier ultimatum. Elle ne pourrait pas tout avoir, et surtout, surtout, elle ne le pousserait pas à partir. Il avait fait son choix, il la choisissait elle. A elle de faire le sien. Elyrian en prend alors conscience : les magouilles ne sont plus possibles. Elle ne peut plus se contenter de le pousser à la haïr, le pousser à agir à sa place. C’est à elle de faire un choix, à elle de se montrer garce au possible en coupant définitivement les ponts, ou en trouvant un minimum de courage pour leur permettre de poursuivre cette relation, le temps qu’elle puisse durer. Elle ne pouvait pas fuir, plus maintenant, ni l’inciter à le faire pour elle. Pour la blonde, c’est une situation terrible, épuisante, asphyxiante. Elle détestait ces instants, mais n’avait cette fois d’autres choix que de l’affronter. Elle se laisse cependant le temps, gardant le silence en fixant le plafond, pour finalement daigner se redresser légèrement sur les coudes, ses doigts se referment par intermittence sur les draps, témoignant de sa nervosité. Elle l’observe, ainsi assis sur le rebord du lit, son visage plongé dans ses mains malmenées par les journées passées en mer. Elle l’observe, et elle ne peut s’empêcher de le caresser du regard, glissant des cheveux jusqu’à sa nuque, ses épaules, ce dos qu’il lui offrait, descendant jusqu’à au sommet de ses fesses, ne pouvant en voir plus. Maintenant qu’il était loin, maintenant qu’il lui tournait le dos, la blonde se retrouvait prise d’une pulsion toute simple. Celle de toucher. Elle voulait juste le toucher, l’effleurer, le redécouvrir comme si c’était la première fois, s’abandonner à cette exploration tactile qui lui ferait gagner du temps et l’empêcherait de devoir réfléchir. Sauf qu’elle ne peut pas. Ce ne serait pas juste. Alors elle daigne parler, de nouveau, pour une fois, reprenant la parole dans un souffle. Sa voix était toujours agitée de quelques tremblements, teintée d’incompréhension, mais moins qu’avant. « Tu… Tu ne trouves pas que ça va trop vite ? Pourquoi tu ne paniques pas ? Pourquoi ça ne t’effraies pas d’apprendre que tu ressens de tels sentiments pour moi, aussi vite. Pourquoi ça ne te fait pas peur d’éprouver ça, ni même de me l’avouer. » A sa place, elle aurait été tétanisée. Elle ne l’aurait jamais admis, intérieurement, alors de là à l’avouer à l’autre… Le fossé était grand. Un véritable gouffre.

See me as I really am,
I have flaws and sometimes I even sin,
So pull me from that pedestal,
I don't belong there.


Elyrian inspire, difficilement, et finalement elle se redresse pour de bon, se retrouvant à genoux sur le lit. Lentement elle le rejoint, se glissant dans son dos, hésitante. Ce fut avec cette même hésitation qu’elle tendit la main, doucement, avant de la poser sur son dos. Elle l’effleure du bout des doigts, d’abord lentement, se contentant d’une toute petite parcelle de sa peau. Elle avait peur qu’il la repousse, après ce qu’elle avait fait et dit, elle craignait qu’il ne veuille plus de ces gestes tant qu’elle n’avait pas donné sa décision à voix haute, assurée.  Mais elle allait y venir, elle allait lui dire. Cela prenait juste du temps, car ce n’était pas son fort, car son cœur martelait de nouveau sa poitrine. Et malgré tout ça, elle était bien. Elle aimait le toucher. Alors elle se rapproche encore un peu, s’arrêtant à quelques millimètres de lui, prête à presser sa poitrine contre son dos, sauf qu’elle ne le fait pas. Seuls ses doigts, d’abord à une main puis avec les deux, continuent de le caresser. C’est comme si elle prenait conscience de ce corps sous ses doigts, de ce cœur qu’elle venait de malmener, cette âme qu’elle venait de briser. Elle le voyait enfin, vraiment, lui et les plaies qu’elle venait d’ouvrir. Elle observait les traces de griffures qui rougissaient sa peau, suite à leur ébat, et vit dans ces dernières les lacérations provoquées par ses mots. Là, tout de suite, elle voyait à quel point elle avait pu lui faire mal. Et à quel point il avait encaissé pour elle. Elle s’en veut. Au point que sa gorge se noue que ses prunelles d’émeraudes se teintent de remords et s’humidifient à cause des larmes qui manquaient de lui échapper. Elle s’en veut, se flagelle mentalement. Dans une inspiration douloureuse elle fait remonter ses doigts jusqu’à sa nuque, ses épaules, avant de reprendre dans un souffle qui témoignait des sanglots qu’elle tentait de ravaler. Parce qu’elle n’avait pas le droit de se montrer faible. Pas après ce qu’elle lui avait fait. « Pourquoi ? Pourquoi l’aimer, pourquoi elle, pourquoi ne pas être parti, pourquoi souffrir pour elle. Pourquoi s’acharner, pourquoi si vite, pourquoi maintenant. Pourquoi n’avait-il pas peur, pourquoi était-il si sûr, pourquoi vouloir la protéger, pourquoi ne dépendre que d’elle. Ce simple mot englobait tellement de questions, se montrant ainsi complexe au possible. Elle le comprend, aussi n’attend-elle pas vraiment de réponse. C’est pour ça qu’elle rajoute déjà, dans un souffle, plus doux que ses discours précédents. Tu es fou. Tu ne me connais pas Saff, pas assez, pas encore. Tu découvres seulement mes tares, mes faiblesses et mes peurs. Je te ferais du mal, comme je t’en ai fait aujourd’hui. Parce que j’aurais peur, encore, souvent. Putain pourquoi… Pourquoi tu crois que j’ai un serpent tatoué sur la cuisse merde. » Pensait-il que c’était un délire de mode ? Ne voyait-il pas le danger représenté par ces prunelles d’émeraudes, ces prunelles qui vous font perdre pied avec la réalité, pour ensuite laisser place aux crochets, venimeux, dangereux.

Elle soupire, doucement, son souffle venant se heurter à sa nuque qu’elle toisait depuis quelques secondes déjà. Ses doigts continuaient instinctivement leurs parcours, aléatoire, lent, mais ses prunelles restaient focalisées sur cette nuque, sur ce crâne, imaginant les expressions qui pouvaient le traverser, de l’autre côté. Elle tente de réfléchir, cherchant une solution au problème, afin d’annihiler ce qui la dérangeait vraiment. Dans un frisson elle va finalement déposer doucement son front sur le sommet de son dos, inspirant de nouveau avant de reprendre la parole. « Ne le dis plus Saff. Ne dis plus que tu m’aimes, parce que je ne le mérite pas. Pas encore. Parce que quoi que tu en dises, tu tu lasseras… Et si jamais je me trouve incapable de te chuchoter ces mots ? Jamais ? Combien de temps tu pourras affirmer te moquer de ce que j’ai ou non à offrir ? Tu auras besoin que je te retourne la faveur, et ça me tue de savoir que je ne peux pas encore te la retourner. Alors ne le dis plus Saff, attend, attend que je te le dise. Pense le, montre le si ça te chante, mais ne le dis plus. Comme ça, si un jour t’en as marre de moi, ce sera plus facile. Elle se mord la lèvre, furieusement. Elle pensait tout ce qu’elle disait, savait qu’elle détenait une part de vérité. Il ne pourrait pas affirmer l’aimer éternellement, pas sans espérer constamment qu’un jour elle vienne à lui dire la même chose. C’était donc là sa solution. Qu’il cesse de le lui dire, pour qu’elle arrête de paniquer, de se sentir oppressé quoi qu’il puisse faire pour la rassurer ensuite. Elle ne voulait pas savoir, ne voulait pas l’entendre. A vrai dire elle préférait le vivre, sans mettre de mots dessus ou d’étiquettes. Et surtout elle ne voulait pas être la cible de cet amour, alors même qu’elle ne pouvait le lui rendre. Pas de la même façon en tout cas. Car il ne fallait pas qu’il se méprenne, il ne fallait pas qu’il en vienne à penser qu’elle se moquait de lui. Ce n’était pas le cas. Et elle s’assure qu’il le comprenne, reculant légèrement son visage, remontant le long de sa peau jusqu’à sa nuque sur laquelle elle dépose un baiser, unique, brûlant, qui s’attarde. Un baiser qu’elle lui offre, réchauffant sa peau, caressant cette dernière de son souffle, témoignant du fait qu’elle était incapable de trop s’éloigner. Un souffle porteur de mots, la blonde se faisant soudainement inquiète. Ne te méprends pas. Je tiens à toi. Vraiment. Elle ne se serait pas permise de l’emmener ici si ce n’était pas le cas. Et alors qu’elle achevait ainsi sa demande, achevait de le rassurer si tant est qu’elle le puisse encore, la jeune femme laissa finalement l’une de ses mains descendre le long du dos du marin, jusqu’à sa hanche balafrée. Elle effleure la cicatrice, faisant toujours preuve de cette délicatesse infinie, s’attardant dessus, avant de rapprocher son visage de son oreille. Son autre main s’était postée dans ses cheveux, juste au dessus de cette oreille au creux de laquelle elle chuchota dans un dernier souffle, sincère et tremblant. Je suis désolé. » Par pitié, ne lui en veut pas trop. Essaye de comprendre. Accepte sa demande. Demeure à ses côtés. Elle est sincere, toujours, cruelle ou aimante, elle reste sincere.

One thing is clear, I wear a halo.
I wear a halo when you look at me.




(c) MEI pour APPLE SPRING



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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 10 Sep - 0:43

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Saffron n'était qu'un homme. Et tous les hommes, aussi solitaires soient-ils, avaient des sentiments. Le marin n'échappait donc pas à la règle, même si ces mêmes sentiments auxquels il pensait, il les avait ignorés, bannis, exclus de sa vie pendant bien des années. Il lui avait fallu quinze ans pour se remettre tant bien que mal de la mort de Nora, quinze ans pour oser prononcer un je t'aime, quinze ans pour laisser libre cours à ses sentiments. Pour se rendre compte que la femme avec laquelle il se montrait si tendre, si honnête, ne va pas lui rendre la pareille. Va se terrer derrière d'affreuses vérités qu'elle va lui lancer à la figure comme des pots cassés pour l'accuser de la combler. Pour lui reprocher sa tendresse, lui reprocher de l'aimer, lui reprocher d'être tout. Absolument tout. Et cela lui arrachait le cœur, de voir sa déclaration balayée aussi facilement que s'il lui avait demandé de lui passer le sel. La peur. La peur dictait le moindre des mouvements, la moindre des paroles d'Elyrian. La peur de s'engager, la peur de se blesser comme de le blesser lui, ce qui pouvait paraître assez contradictoire avec tout ce qu'elle lui balançait à la figure. Mais Saffron tenait bon. Il tenait bon. Il était là, il n'en démordait pas. Il lui tenait tête. Parce qu'apparemment, c'était ce qu'il savait mieux faire. Elle ne le critiquait pas pour ça, elle le laissait faire parce qu'elle n'avait pas le choix et qu'il était déterminé à lui tenir tête.
Et il n'était qu'un homme. Et le justement qu'Elyrian lui servit le mit tout de suite sur la piste du genre de pensées qu'elle pouvait avoir en cet instant précis. Il en fut légèrement choqué. Pensait-elle que parce qu'il lui disait qu'il n'était qu'un homme, il disait par-là qu'il ne pourrait pas résister à la tentation que représentaient les autres femmes ? Le pensait-elle seulement ? Il y avait Roxy, il y avait Naïs, il y avait Natasha, mais comment pouvait-elle croire une seule seconde qu'il s'intéresserait à une autre femme que lui après tout ce qu'il venait de faire et dire ? Saffron ne comprenait pas. Il se mit à chercher une explication dans les yeux d'Elyrian, et il y lut presque aussitôt le regret qui teintait ses prunelles vertes. Un regret qui le rassura. Comment deux petits mots pouvaient mettre une personne dans un tel état ? Comment deux petits mots pouvaient autant corrompre l'esprit d'une personne ? Elyrian ne savait plus ce qu'elle disait, elle était chamboulée, il le voyait bien. Et malgré cela, elle arrivait encore à l'atteindre, à placer quelques petites questions bien piquantes pour que Saffron saigne encore sous leurs assauts. Ce fut sans doute pour ça qu'après avoir souligné que s'il l'avait manipulée comme il aurait dû le faire, elle l'aurait détesté et aurait autant souffert qu'il alla se réfugier au bord du lit, lui tournant le dos pour la première fois. C'était un geste risqué, parce qu'elle pouvait très bien croire qu'il allait soudain se lever, se rhabiller et quitter l'appartement dans la foulée. Il y crut presque, à la différence qu'il ne bougea pas. Il se contenta de rester prostré, le visage enfoui dans ses mains, penché sur ses genoux. Il ne sentait pas Elyrian bouger derrière lui, aussi la jeune femme devait-elle être immobile, allongée sur le dos, à contempler il ne savait quoi. Il lui demanda alors, il lui supplia même de ne pas le forcer à ne pas l'aimer. Ses sentiments étaient là, et ils étaient étonnamment puissants. Étonnamment parce que cela faisait à peine quelques jours qu'il commençait à se rendre compte que ce n'était pas qu'une simple relation qu'ils entretenaient là. Ils ne se contentaient plus de s'envoyer en l'air, ou de chasser ensemble, ils faisaient tout ensemble. Ils s'habillaient ensemble, ils mangeaient ensemble. Ils... ils vivaient ensemble. Ils survivaient ensemble.
Il sentit enfin du mouvement, mais ne put deviner qu'Elyrian s'était simplement redressée sur ses coudes. Le silence qu'elle avait laissé planer, retardant sa réponse, avait paru interminable à Saffron. Elle parla alors. Et ce fut pour lui demander s'il ne trouvait pas que cela allait trop vite. Pourquoi il ne paniquait pas. Pourquoi n'était-il pas effrayé. Saffron resta silencieux un long moment également, parce qu'il réfléchissait beaucoup trop. Cela permit d'ailleurs à la blonde de se redresser pour se rapprocher de lui, et effleurer son dos du bout des doigts. Saffron frissonna de tout son corps, il prit également une profonde respiration. Elle ne savait pas, elle ne savait pas l'effet qu'elle lui faisait. La plus banale des caresses était pour lui quelque chose de galvanisant. La moindre attention qu'elle lui portait un cadeau inestimable. Il la sentit se rapprocher encore, et poser cette fois une main, puis deux, à plat, dans son dos. Il voulait tellement lui faire face pour la prendre dans ses bras, mais ses pensées se bousculaient dans sa tête. Il finit par répondre sans bouger d'un iota : « Si. Ça va vite. Bien trop vite. C'est une... spirale. Mais tu sais... » Il prit le temps d'avaler sa salive avant de continuer : « Si je meurs demain, je regretterai mille fois de ne pas te l'avoir dit au moins une fois... » Et elle était là, dans son dos, à le toucher, à le caresser. C'était tellement dur de ne pas pouvoir lui faire face, de ne pas pouvoir la prendre dans ses bras pour la réconforter, et ce n'était pas comme si quelqu'un ou quelque chose l'en empêchait. Or, il restait prostré là, le visage toujours enfoui dans ses mains. À vrai dire, il se remettait. De tout ce qu'elle lui avait dit. Tout était rentré, mais tout était sur le point de ressortir. Il si mal, si mal au cœur. Quand les doigts d'Elyrian remontèrent jusqu'à sa nuque, le marin redressa doucement la tête, libérant son visage. Il savoura la caresse, fermant les yeux, tandis qu'un pourquoi jaillissaient d'entre les lèvres de la blonde. N'ayant pas saisi ce que ce pourquoi concernait, Saffron demeura silencieux, et elle ne lui en tint pas compte. Au contraire, elle enchaîna. Pour à nouveau le traiter de fou, à défaut d'utiliser le mot malade. Elle lui ferait du mal, parce qu'elle avait peur. Mais pourquoi avait-elle peur ? Qu'est-ce qui lui faisait si peur, chez lui ? Son passé ? Son présent ? Quoi ? Elle lui demanda soudain pourquoi il croyait qu'elle avait un serpent tatoué sur la cuisse, et Saffron n'eut pas à chercher bien longtemps. Il s'était fait mordre, par le plus beau serpent qu'il avait jamais vu, et il était tombé amoureux de ses morsures. Il répondit en posant ses avant-bras sur ses genoux, laissant ses mains pendre entre ces derniers : « C'est vrai. Je ne te connais pas. Tout ce que je sais de toi, c'est ton prénom, ta passion pour la danse, l'endroit où tu habitais avant, et de quel côté du lit tu préfères dormir. Quant à ce serpent... » Il tendit une main derrière lui pour aller trouver la cuisse droite d'Elyrian et effleurer le tatouage du bout des doigts, subtilement. « Je l'adore. » Il s'autorisa un sourire en repensant à toutes ces fois où ses lèvres s'étaient baladées sur le dessin, et il réprima l'envie de le faire à nouveau, car Elyrian, après avoir posé son front dans son dos, reprenait la parole. Ne le dis plus Saff. Ne dis plus que tu m’aimes, parce que je ne le mérite pas. Il écouta attentivement, le regard dans le vide, figé. Non. Non, il ne se lasserait pas. Elle verrait. Elle se rendra compte. Il l'écouta lui parler de faveur, de ces mots qu'elle ne voulait plus qu'il dise, de cet éventuel jour dont elle parlait. Il ferma les yeux et lui cria mentalement qu'il ne lasserait jamais d'elle, qu'il n'en aurait jamais marre.
Elyrian vint finalement déposer un baiser dans sa nuque, un baiser brûlant qui réveilla en lui moult sensations. Un baiser qui s'attarde, qui dure, qui reste. Qu'il savoura, la bouche légèrement entrouverte, les yeux fermés. Avant qu'elle ne lui dise finalement qu'elle tenait à lui. Et cela lui suffit. Cela suffit à raviver la flamme quelque peu ternie de leur relation. Elle tenait à lui. C'était tout ce qui lui importait. Une des mains de la blonde descendit pour se poser sur sa hanche, sur sa cicatrice, et il frissonna tout entier, se redressant encore un peu plus. L'autre main, logée dans ses cheveux, eut raison de lui et lui arracha un souffle. Je suis désolée. Ne pouvant se retenir plus longtemps, il se retourna, s'agenouillant face à elle pour la prendre dans ses bras et la serrer fort tout en disant : « Non, pardonne-moi. Pardonne-moi, je n'aurai jamais dû te dire ça. Tu as raison. Tu as raison pour tout. Ely, pardonne-moi. » Il ne voulait plus aborder le sujet, c'était fini. Elle n'était pas prête, et il l'avait compris. Mais il attendrait. Il l'attendrait.
Il la garda contre lui encore un long moment, savourant le contact de leurs peaux réunies, ne faisant qu'une. Le contact de sa poitrine contre son torse, de son ventre contre le sien. Il recula finalement son visage pour caresser celui d'Elyrian avec deux doigts, chasser quelques mèches rebelles, et prononcer un dernier « Pardonne-moi » avant de l'embrasser tendrement sur les lèvres, fermant les yeux, s'abandonnant totalement à elle.

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Dernière édition par Saffron Mortimer le Dim 21 Sep - 12:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 10 Sep - 22:52








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Tout lui paraissait plus simple en cet instant. Ce moment où elle arrêtait de réfléchir, se focalisant sur ses doigts qu’elle agitait sur le corps du marin, doucement, lentement. Elle se concentrait sur la douceur de sa peau, la fermeté de ses muscles. Elle s’attardait sur les quelques imperfections, un grain de beauté ici, sa cicatrice sur la hanche. Elle dérivait sur ce qui lui plaisait, ses épaules, sa nuque. Mais surtout, surtout, il fallait arrêter de penser. Partiellement tout du moins, car cela ne l’empêchait pas de le questionner, plus calmement toutefois. La blonde ne pouvait pas se retenir, désirant comprendre pour s’apaiser, envieuse de finir par partager son point de vue afin de calmer les battements affolés de son cœur. Elle voulait qu’il la rassure, encore, définitivement, tout en craignant qu’il ne fasse que l’effrayer un peu plus. Oui, pourquoi ? Pourquoi lui n’avait-il pas peur en constatant avec quelle vitesse, littéralement dingue, il était soit disant tombé amoureux d’elle. Comment une petite semaine avait pu balayer quinze années de solitude, de sentiments refoulés, de mensonges aussi. Qu’avait-elle de plus ? Et alors que les questions revenaient la harceler, ce fut finalement la voix de son compagnon qui l’arracha à sa rêverie. D’instinct elle leva les yeux vers sa nuque, fixant ce point invisible à cette hauteur pendant qu’il parlait, se focalisant sur ses justificatifs. Si, ça allait vite. Bien trop vite. Elyrian se mord la langue pour se retenir d’hurler sur le champ, de lui crier dessus afin de savoir pourquoi, dans ce cas, il n’était pas tétanisé comme elle pouvait l’être. Elle pouvait profiter de ce silence pour le secouer, lui faire prendre conscience de la stupidité des sentiments qu’il éprouvait pour elle, sauf qu’elle se retient, par respect pour lui. Et elle fait bien, de se taire. Elle fait bien parce que la conclusion à ce discours tombe alors, brûlante de vérité.  Il avait besoin de lui dire, de lui avouer ce qu’il ressentait, car c’était peut-être sa seule occasion. S’il devait mourir demain –la blonde remarque d’ailleurs qu’il préfère évoquer sa potentielle propre mort plutôt que la sienne- il tenait à ce qu’elle sache ce qu’il éprouvait pour elle.

Cela lui paraissait tellement logique maintenant, tellement compréhensible, qu’elle se sentit bête de s’être mise dans un tel état, de l’avoir blessé lui au passage. Elle, si prompte à engueuler Roxy qui ne savait pas profiter de la chance qu’elle avait d’être envie, se retrouvait là à engueuler un homme qui l’aimait. Que c’était ironique. Au point qu’elle ricane, dans un souffle, posant son front contre le dos du marin, se mordant la lèvre pour ravaler un fou rire nerveux. Oui. Il avait raison, totalement raison. Elle imaginait les remords qui pourraient le saisir, si jamais il apprenait qu’il ne pourrait jamais lui chuchoter ces deux petits mots, juste à cause de ces saloperies de zombies qui rôdaient constamment autour d’eux, attendant à leur vie à chaque minute qui passe. Elle comprenait, enfin, enfin elle comprenait. Et cela la rassurait considérablement, comme si elle avait imaginé jusque là qu’il lui avait dit ces mots dans l’unique but de la mettre mal à l’aise ou de s’attirer ses faveurs, alors que cela n’avait rien à voir. Il avait juste éprouvé le besoin de le lui faire savoir. Cela ôtait un poids de sa poitrine, l’incitant à le caresser un peu plus longuement, plus doucement, ses doigts partant enfin s’aventurer plus loin, sur ses côtes, parfois son ventre. Il n’allait pas la repousser et ce simple constat l’incite à se montrer de nouveau un peu plus audacieuse, plus confiante. Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre avec ses questions. Pourquoi ? Il ne la connaissait pas, il la découvrait tout juste, alors pourquoi diable tout ça. Encore une fois la réponse n’attend pas, honnête, spontanée, tandis qu’elle effleurait sa nuque de ses doigts, ce qui était suffisant pour l’inciter à relever la tête. Le marin avouait, il admettait le fait qu’il ne savait pas grand-chose d’elle, mis à part quelques détails qu’elle lui avait livré, et son côté préféré du lit, ce qu’il avait deviné tout seul à force de le partager avec elle. La remarque lui arrache d’ailleurs un sourire aussi amusé que tendre. C’était bête, un tout petit détail, quelque chose d’insignifiant, pourtant cela montrait bien qu’ils partageaient quelque chose. Car ça, il était le seul à pouvoir le savoir.

Son métier, son passé, son prénom, n’importe qui pouvait le savoir. Son adresse, il était certain qu’elle le révélerait moins aisément. Mais pourtant ce qui l’avait marqué c’était ça, ce petit détail, cette petite chose en plus qu’il savait sur elle. A force d’observation, de temps passé ensemble, d’amour offert à répétition sur ce même lit. Il savait. Et outre ça, le marin alla évoquer ce serpent, tatoué sur sa cuisse, représentant ce qu’elle était. Ce serpent c’était elle, clairement, et ce fut en l’effleurant du bout des doigts qu’il avoua l’adorer. Non pas l’aimer. Elle ignore si la distinction entre ces deux mots a été faite par pur hasard ou s’il avait pris soin de ne pas lâcher une nouvelle bombe, mais la blonde apprécie l’intention. Ses prunelles d’émeraudes délaissant le dos de son partenaire afin de glisser sur sa propre cuisse, ainsi caressée, lui arrachant au passage un frisson. Elle l’observa faire, songeant à son tour au nombre de fois où son compagnon avait retracé les contours du tatouage, de ses lèvres, de sa langue, de ses doigts. Il y prenait un malin plaisir et elle-même ne pouvait qu’aimer ça. De nouveau un sourire se retrouva donc à orner ses lèvres, délicatement, à peine perceptible. Un sourire qui disparaît toutefois quand la blonde décide finalement de lui demander ne faveur : celle de ne plus lui dire qu’il l’aimait. Parce qu’elle ne méritait pas ces mots, pas si elle s’avérait incapable de les lui rendre. Cela lui semblait injuste, cruel pour lui, et la rapidité avec laquelle leur situation avait évolué l’incitait également à se montrer prudente, prudente pour deux. Si Saffron se plaisait à s’abandonner à ses sentiments sans aucune hésitation, elle mettrait la retenue qui lui manquait peut-être, tandis que lui continuerait à prouver qu’il ne la laisserait pas tomber. Bien qu’elle ne puisse s’empêcher de se demander combien de temps il parviendrait à l’aimer. Prenant note du fait qu’il ne daignait pas lui répondre, la jeune femme se permit alors de s’abandonner à une envie, posant ses lèvres sur la nuque de son compagnon, y posant un baiser brûlant, s’attardant, savourant, avant de poursuivre ses caresses de son souffle. Elle tenait à lui. C’était bien la seule chose qu’elle puisse lui dire, le seul aveu, sincère et vrai. Elle pouvait s’excuser aussi, pour ses peurs, ses tares, ses sentiments ô combien perturbés. Elle ne s’attendait cependant pas à une telle réaction de la part du marin, tandis que sa propre main s’attardait désormais sur sa hanche balafrée.

A peine avait-elle décollé ses lèvres de sa peau que son compagnon faisait volte-face, la surprenant au passage. Elle n’eut pas le temps de dire ou faire quoi que ce soit que déjà il la serrait dans ses bras, contre lui, avec une force aussi terrifiante que rassurante. Une fois la surprise passée la blonde se prit bien vite au jeu, lâchant un soupir soulagé tandis que ses bras se refermaient autour du cou du brun, ses doigts caressant sa nuque et partant se loger dans sa chevelure. De ses lèvres elle effleura son cou, y déposant de nouveau baiser avant de demeurer immobile contre lui, savourant les sensations qu’il faisait naître en elle. Elle aimait le sentir à nouveau, sa poitrine contre son torse, son ventre contre le sien, ses bras puissants refermés sur elle en une étreinte protectrice et rassurante. Et il était là, en train de s’excuser, lui disant à quel point elle avait raison, qu’il n’aurait jamais dû lui dire ça. Cette remarque lui arrache d’ailleurs un sourire, difficile à analyser toutefois. L’on pourrait penser qu’il regrettait de le lui avoir dit, alors même qu’il avait estimé être dans son bon droit de le faire, éprouvant ce besoin pour ne pas avoir de regrets si ça devait mal se finir. Pourtant désormais il affirmait qu’il n’aurait pas dû faire ça, au vu des réactions que cela avait engendré chez elle. Elyrian ne se donne pas la peine toutefois de pousser ses réflexions trop loin, sachant que cela ne ferait que mener à des remarques cinglantes et injustes, et préféra se concentrer sur cette étreinte qu’il lui donnait. Jusqu’à ce qu’il recule légèrement son visage, l’observant, dégageant son visage de ces quelques mèches rebelles ce qui fut suffisant pour lui arracher un nouveau frisson. Fermant les yeux un bref instant pour savourer la caresse, elle les rouvre bien vite pour les ancrer dans le saphir de ses yeux à lui, inspirant doucement, toute trace de peur ou d’inquiétude ayant quitté son corps. Il s’excusa de nouveau avant de l’embrasser, tendrement, et ces lèvres contre les siennes achevèrent de tirer un trait sur cette histoire.

Elyrian profita du contact, s’attardant, réclamant plus de ce baiser, sa langue passant outre les barrières. Sa prise sur le corps du marin se raffermit imperceptiblement et c’est tout aussi subtilement qu’elle se redresse légèrement sur ses genoux, le surplombant ainsi en gagnant quelques centimètres. Prolongeant le baiser, elle finit toutefois par y mettre fin, l’une de ses mains venant de glisser sur son cou, doucement, et un sourire amusé aux lèvres. Elle souffla alors à son intention, son visage près du sien, son regard ancré dans le sien. « Tais toi. T’as pas à t’excuser. Tais toi. Sans se départir de son sourire elle l’embrasse de nouveau, envieuse, comme si cela faisait une éternité qu’elle n’en avait pas eu l’occasion, avant de rajouter, entre deux baisers. On s’en fout. C’est pas important. Ça ne l’est plus, plus maintenant, pas pour le moment. Peu importe ce qui s’était passé. Savourant encore cette étreinte, la jeune femme profite de ce corps sous ses doigts, cet homme qu’elle retrouva. Encore un peu. Avant qu’elle ne prenne de nouveau la parole, amusée de nouveau. Ceci dit, pour le côté du lit que je préfère, tu triches. Une lueur provocante au fond des yeux, elle va mordiller sa lèvre inférieure avant de conclure dans un souffle. Parce que tu sais que je préfère dormir sur toi. Bon c’était faux, certes elle se plaisait à s’endormir dans ses bras, à moitié avachie sur lui, et se réveiller de la même façon. Mais il était clair qu’entre temps, elle restait une femme. Et dieu sait qu’une femme prendre les trois quarts de la place dans le lit. Laissant les secondes s’écouler encore un moment, la danseuse finit par lever les yeux vers la porte de sa chambre, avant de les ramener sur le marin. Du coup, tu le veux ce verre ? Même s’il est tard. » Oui, normalement d’abord on échange un verre et après on s’envoie en l’air. Il était cependant certain qu’ils étaient loin de respecter ce genre de code des rencards.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Jeu 11 Sep - 0:45

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Saffron n'avait pas pu résister bien longtemps. À ses mains dans son dos, à son souffle dans sa nuque. À ce baiser qu'elle était venue placer en haut de son dos, brûlant. Comme pour lui rappeler à quel point ses lèvres lui avaient manqué. À quel point cette tendresse, exclusive, inédite, dont elle faisait preuve avec lui était rare, et qu'il était le seul à en bénéficier. Elle lui manquait. Terriblement. Et pourtant, elle ne pouvait pas être plus proche de plus. Mais elle était dans son dos... Et Saffron ne put résister. Définitivement. Il ne put s'empêcher de se retourner, pour à nouveau croiser son regard, à nouveau lui faire face, et la prendre dans ses bras. Longtemps. La serrant contre lui. Cette peau lui avait tellement manqué. Leur malentendu lui avait semblé durer une éternité en comparaison à temps qu'il avait passé à la toucher, l'embrasser, la caresser. Et pourtant, Dieu savait qu'il l'avait fait. Mais la peur avait tout occulté. Tout. La sienne, et celle d'Elyrian. Et maintenant, Saffron ne voulait plus qu'elle. Il ne voulait plus que rester dans ses bras, l'entendre gémir sous ses caresses, l'entendre prononcer son nom sur un autre ton que celui du supplice, de la menace ou de la détresse. Il ne voulait plus. Il ne voulait plus jamais lire la peur dans son regard. Il ne voulait plus jamais avoir à lui parler comme il lui avait parlé. Ces tremblements, cette respiration, cette gorge nouée, il n'en voulait plus. Cette gêne qu'il avait lue dans son regard, cette pudeur alors même qu'ils venaient de faire l'amour. Cela ne lui avait que trop fait mal. Beaucoup trop. À lui, mais aussi à elle. Et maintenant qu'il était là, qu'il pouvait ressentir le moindre battement de son cœur désormais calme, il ne pouvait s'empêcher de fermer les yeux, de savourer, de laisser le moment durer. C'était bon. De la retrouver. Enfin.
Il s'était senti tellement seul, et l'avoir dans un autre camp que le sien avait été une expérience qu'il avait détestée. L'avoir contre lui. L'avoir véritablement montée contre lui. Il ne voulait plus jamais qu'ils se battent de la sorte, il en serait d'ailleurs incapable. Elle comptait tellement pour elle, Elyrian s'en était rendue compte elle-même : il était incapable de lui faire le moindre tort. Le moindre mal. Pas volontairement en tout cas. Ses paroles, ses mots pouvaient parfois la blesser, mais pas ses gestes. Jamais.
Et il était désolé. Il lui demandait de le pardonner. Pour ces mots prononcés avec peut-être trop de cœur, pour cet espoir qu'il avait créé en elle, pour avoir créé cette histoire. Tout était de sa faute. Il s'en voulait tellement. Saffron n'avait pas eu une telle dispute depuis Cameron, même s'il était loin de partager la même relation avec Elyrian. Et pourtant, Elyrian avait le même tempérament de feu, indomptable, que Cameron. C'est vrai, elles se ressemblaient. Saffron ne pouvait contrôler Elyrian comme il n'avait pas pu contrôler Cameron. Mais il ne s'attarda pas sur ces pensées, car sa sœur avait elle belle et bien disparue, et il ne permettrait pas qu'il arrive la même chose à Ely. Il irait la chercher, comme il avait été chercher Cameron. Et il réussirait là où il avait échoué. Il réussirait.
Reculant son visage, il vint finalement déposer un tendre baiser sur les lèvres d'Elyrian, désireux de les retrouver, et désireux de faire taire toutes les pensées désordonnées à l'intérieur de sa tête. Il fut satisfait de voir que la blonde répondait à son baiser avec beaucoup plus d'envie que lui, aussi quand il sentit sa langue se frayer un chemin entre ses lèvres pour rejoindre la sienne, il prolongea le baiser. Ses mains repartant à l'aventure sur leur terrain de jeu favori, à savoir les seins de la jeune femme. Qu'il caressait, lentement, qu'il prenait dans le creux de ses mains pour les recouvrir.
Il sentit soudain Ely se redresser sur ses genoux, gagnant quelques centimètres au-dessus de lui. Ses mains la suivirent tandis qu'elle rompait le baiser, et lui ordonnait de se taire. De ne pas t'excuser. Tais-toi. Il sourit, ses saphirs plantés dans ses émeraudes. Il aimait tellement ses yeux. Mais il aimait encore plus lorsqu'elle lui donnait des ordres. Mais il n'eut pas le temps de le lui dire, car elle l'embrassait à nouveau, et lui fermait à nouveau les yeux. On s’en fout. C’est pas important. Oui. Oui ils s'en foutaient, oui ce n'était plus important. Ses mains délaissèrent alors sa poitrine pour monter jusqu'à sa nuque et se glisser dans sa chevelure, remontant aussi haut qu'il le pouvait, ramassant entre ses doigts autant cheveux qu'il pouvait en faisant attention à ne pas les lui tirer.
Le sourire qu'il vit se dessiner sur le visage de la blonde le fit lui aussi sourire. Alors comme ça, il trichait. Une malice qui n'avait pas sa pareille se glissa dans son regard bleu tandis qu'Elyrian se mordait la lèvre avant d'ajouter qu'il savait très bien qu'elle préférait dormir sur lui. Il tendit le cou pour aller frotter son nez contre le sien, doucement, avant de répondre : « Sur moi, hein ? Ou plutôt en mode étoile de mer, au milieu du lit. » Il la taquinait, et il adorait ça. Il ajouta rapidement : « Une jolie étoile de mer... » Il vint taquiner son menton du bout de son index, délaissant alors sa chevelure blonde. Mais Elyrian lève soudain les yeux, avant de les reposer sur lui. C'est vrai. Ils en avaient oublié le verre. Et pour tout dire, Saffron avait sacrément soif. Mais il l'avait, elle, à sa portée, et il la désirait tout autant qu'il désirait ce verre. Le dilemme était de taille, mais il opta finalement pour la ruse. Il plaça un bras sous ses jambes, un autre dans son dos avant de la faire doucement chavirer et la ramener contre lui, dans ses bras, pour répondre : « Il est peut-être tard... mais je prends. Je vous prends tous les deux. » Et il se leva du lit pour, portant toujours la jeune femme dans ses bras, quitter la chambre aussi nu qu'un ver. Elyrian n'était vraiment pas lourde. Il aimait la porter, il avait l'impression qu'ainsi, elle était à lui, rien qu'à lui. Il gagna la cuisine où il la déposa au sol, un sourire taquin aux lèvres. Saffron n'avait jamais été pudique, même enfant. Mais il devait bien avouer qu'être sorti de cette chambre, de ce cocon cotonneux, cette bulle d'intimité, était quelque chose d'assez étrange pour lui. C'était... hors-contexte. C'était nouveau. Mais cela ne le gênait pas. Il se sentait bien. Il n'avait pas peur du regard qu'Ely pouvait poser sur la moindre partie de son anatomie, surtout sur sa hanche balafrée, sur cette grande tache blanchâtre. Il lui tourna le dos un instant pour s'intéresser à cette cuisine qu'il n'avait effleurée que d'un œil distrait la première fois. Sa mère avait toujours insisté pour lui apprendre à cuisiner, aussi l'avait-il toujours attentivement écoutée. Aucun poisson n'avait de secrets pour lui. Et cuisiner lui manquait. Ne se contenter que d'une marmotte à la broche était triste comparé à ce qu'il pourrait faire. Mais, pour le moment, il avait soif, aussi se tourna-t-il doucement vers Ely pour lui demander : « Alors, qu'est-ce que tu m'offres ? Je ne suis pas compliqué, évite seulement de me donner du lait, j'ai horreur de ça. » Bien qu'il se doutait que la moindre brique de lait qu'elle devait posséder devait être périmée depuis bien longtemps. Il attendit alors sa réponse, se grattant nonchalamment la nuque, penchant la tête sur le côté pour lui rappeler qu'il pouvait à tout moment la faire craquer.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Ven 12 Sep - 23:19








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




La jeune femme savoura le contact de ses mains sur son corps, ces baisers qu’il lui offrait, cette tendresse qui achevait de la détendre. Répondant au moindre de ses assauts, elle lui intimait de se taire, refusant qu’il s’excuse pour avoir exprimé ses sentiments à voix haute. Elle avait réclamé de l’honnêteté de sa part, elle ne pouvait décemment pas le blâmer pour avoir respecté la consigne, aussi surprenant et effrayant que cela ait pu lui paraître. C’était rapide, beaucoup trop pour une fille comme elle, qui ne versait pas dans le sentimentale, préférant les actes aux mots, ces derniers se faisant plus rare dans sa bouche. Elle savait rassurer, soutenir, apaiser. Mais aimer, verbalement, était une toute autre histoire. Il en avait pris conscience, bien que cela fut loin d’être agréable pour lui, elle en convenait. Mais désormais tout allait mieux, c’était oublié, de son côté en tout cas elle passait outre ces propos. Il avait su la rassurer, à force de lui affirmer qu’elle n’avait pas à lui retourner la faveur dans l’immédiat, qu’elle aurait tout le temps de se rendre compte qu’il était sincère, qu’il ne la laisserait pas. Il lui donnerait le temps qu’il faut, pour tomber vraiment amoureuse. Et cela lui suffisait, lui plaisait, l’incitant à se perdre de nouveau dans la douceur de ses baisers et la chaleur de son étreinte. Affirmant encore une fois avec force que cette altercation n’avait plus aucune importance, lui intimant une dernière fois de se taire et s’amusant de ce regard qu’il lui lançait, témoignant du fait qu’il appréciait toujours autant de la voir lui donner des ordres, ces derniers n’en étant pas véritablement dans le fond. De fausses menaces, une fausse autorité. Elyrian fut bien vite trop occupée à tenter de maîtriser les frissons qui parcouraient son corps alors que le marin logeait sa main dans sa chevelure. Bon sang, elle adorait ça, se retenant vainement de ronronner à ce simple contact, nichant sa tête dans son cou, effleurant la peau de son nez dans un sourire. Yeux clos elle se laissait faire, un bref instant, avant de relever le visage, ancrant son regard dans le sien dans le but de reprendre la parole, sourire moqueur aux lèvres.

La blonde en vint à l’accuser de tricherie. Il savait parfaitement qu’elle préférait dormir sur lui, ce qui n’était qu’à moitié faux. Mais cette moitié mensongère suffit pour appâter le marin, qui se jette sur cette perche ainsi tendue. Frottant son nez contre le sien, la danseuse ne s’en soucie guère toutefois, sachant que cette marque de tendresse ne servait qu’à la préparer à la remarque désobligeante qui allait suivre, remarque annoncée par cet éclat malicieux au fond du saphir de ses yeux. Se préparant donc à la remarque, cela ne l’empêche pas de s’autoriser un sourire aussi appréciateur que narquois lorsque la sentence tombe, son compagnon venant la comparer à une étoile de mer confortablement installée au milieu du lit. Elle adorait le voir rétablir ce genre de vérité honteuse, le voir la défier, la taquiner, la chercher. Elle aimait encore plus constater que s’il ne la craignait pas suffisamment –heureusement- pour s’abstenir de faire ce genre de remarque, il était suffisamment malin pour savoir comment faire passer habilement la pilule, cette fois en précisant qu’elle avait au moins le mérite d’être une jolie étoile de mer. L’index de son partenaire sur son menton suffit pour accentuer son sourire, lui donnant au passage envie de mordre ce doigt, légèrement, comme en guise de punition. Elle admet toutefois, dans un souffle moqueur, une lueur prédatrice au fond des yeux : « T’as de la chance Mortimer. Tu te rattrapes bien. » Laissant quelques secondes s’écouler, elle en vint bien vite à repenser à ce fameux verre qu’elle lui avait proposé, mais qu’ils n’avaient guère eu le temps de prendre. Le lui signalant, la danseuse s’amusa de ses réactions, ravie de le voir soudainement hésiter, comprenant assez vite ce qui pouvait bien le retenir au vu de la manière qu’il avait de l’effleurer et de la regarder. Il était cependant certain qu’elle ne l’aiderait pas à faire un choix. Il n’avait apparemment pas besoin de son aide dans tous les cas, car la jeune femme fut surprise de sentir ses bras qu’il passait autour de son dos et de ses jambes. La seconde qui suivit il se relevait déjà, la tenant contre lui.

Levant les yeux au ciel, faussement exaspérée par cette manière quelque peu princière de la transporter, elle se laisse toutefois faire, non sans un commentaire lancé à son intention. « Mais je t’en prie. Prends moi. Il fallait bien évidemment compter sur le sourire outrageusement provocant et cette lueur séductrice au fond des yeux, ces derniers ancrés dans ceux du marin. Satisfaite de son petit effet, elle le laisser ainsi l’emmener jusqu’à la cuisine, un bras passé autour de son cou afin de s’agripper à lui –malgré le fait qu’il avait les choses bien en mains, clairement- et l’autre partant effleurer le sommet de son torse, ses doigts pianotant sur la peau. Bien vite toutefois elle foulait de nouveau le sol de ses pieds, bien moins à l’aise que lui de se retrouver nue dans une pièce autre que sa chambre. La sensation ne dure pas cependant, probablement parce qu’il était dans le même état qu’elle, peut-être parce qu’elle se donna quelques secondes pour l’admirer de nouveau, ne s’en lassant guère. Ou bien peut-être qu’il s’en fichait tellement que cela l’incita à faire de même, malgré cet instinct en elle qui, soudainement, lui disait que c’était une mauvaise idée de se balader aussi près de l’entrée sans avoir quoi que ce soit pour se défendre. Mais déjà il l’arrachait à sa rêverie, lui demandant enfin ce qu’elle pouvait lui proposer de bon, autre que du lait, ne supportant pas ce dernier. Haussant un sourcil, elle le toise un instant avec amusement avant de demander, taquine. Dis moi que ça t’empêches pas d’aimer le fromage, parce que sinon on va avoir un gros problème. » Ouais le fromage, c’était son péché mignon à elle. Elle pourrait se gaver de ça, ne manger que ça, ce serait à vrai dire le pied. Malheureusement c’était pas franchement aussi sain et léger que des légumes. Ce fut donc en guettant une réponse qu’elle finit par s’avancer vers lui. Le pauvre chéri, elle ignorait si c’était volontaire ou non, mais il venait de se poster pile devant le meuble qui accueillait les bouteilles, ces dernières se trouvant ranger à l’horizontale dans des cases.

La jeune femme profita donc de l’occasion pour venir se presser contre lui, sourire aux lèvres. « Oups, excuse moi. Mon œil ouais, elle vibrait de provocation. Dans un premier temps toutefois elle n’eut qu’à tendre la main, effleurant au passage la hanche balafrée de son compagnon, afin de s’emparer de la bouteille la plus haute, avant de la déposer sur le plan de travail juste derrière lui. Alors on a de l’Oasis, parce que c’est super bon ce truc. Et… Cette fois elle se penche, s’agenouillant devant lui, partant embrasser cette même hanche, la caressant de son souffle et s’emparant alors de la bouteille la plus basse, avant de remonter, la déposant comme l’autre sur le meuble. De l’eau. Sourire aux lèvres, de nouveau à sa hauteur, elle s’éloigne cependant de quelques pas afin d’attraper deux verres un peu plus loin, lui tournant alors le dos tout en poursuivant son explication, se plaisant à passer ainsi du chaud au froid. Pas d’alcool par contre, y a pas d’intérêt seule et en plus, c’est un secret, mais je tiens absolument pas. T’as vraiment, vraiment pas envie de me voir bourrée. Encore que, s’il y avait que lui, il pourrait bien aimer ça, vraiment beaucoup. Mais avec d’autres personnes dans les parages, ça le ferait tout de suite moins. Ce fut cependant alors qu’elle s’occupait de sortir de quoi déguster cette eau ô combien délicieuse, que la blonde capta une photo, plus loin, en relevant les yeux. Encadrée, elle reposait sur un petit meuble discret dans un coin de la pièce, non loin du canapé cependant. Elle n’y avait pas fait attention jusque là, mais il n’en fallut pas plus pour qu’elle s’interrompe dans ses activités, fronçant soudainement les sourcils, lâchant dans un souffle destiné plutôt à elle qu’à lui : Oh. » Un simple mot, chuchoté, alors qu’elle observait de loin cette photo qu’elle devinait comme la représentant elle et son père. Suite au décès de ce dernier, la blonde avait rangé tous les souvenirs et photos le concernant, refusant de les avoir à portée de main. Elle avait été persuadée d’avoir agi ainsi pour absolument tous les souvenirs, mais il semblerait que non. Elle en avait oublié les raisons, oublié que le cadre demeurait toujours. Elyrian tente toutefois de se rattraper, détournant soudainement les yeux et faisant volte-face afin de lui présenter les deux verres, sourire aux lèvres. Un sourire faux cependant.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Sam 13 Sep - 15:39

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Oui. Oui, Saffron s'en sortait bien. Terriblement bien, d'ailleurs. Un brin de bravoure pour trois grains de folie. La comparaison lui était venue tout de suite. Ely, l'étoile de mer avec qui il partageait son lit – ou plutôt l'étoile de mer qui lui partageait son lit, puisque c'était bel et bien le marin qui avait ramené ses affaires jusqu'à la bicoque de la blonde. Il se fichait éperdument de ce que pouvaient penser les autres. Éperdument. Il aimait se targuer de ne dépendre de personne, mais une chose était sûre, désormais : il dépendait d'Elyrian. Assurément. Et il ne s'était pas trompé en la comparant à une étoile de mer. Si la plupart d'entre elles étaient inoffensives, certaines se révélaient toutefois beaucoup plus dangereuses qu'on ne pouvait le penser. Saffron se souvenait plus particulièrement de son deuxième passage au large des côtes Australiennes, près de la grande barrière de corail. Il se souvenait de cette espèce, énorme, qui, malgré ses couleurs vives et chatoyantes, était dotée de piquants dont le venin était pour ainsi dire mortel pour l'homme. Cette espèce qu'il avait rencontrée lors d'une baignade. Ely lui rappelait clairement cette espèce. D'aspect inoffensive, plaisante, séduisante même, mais ô combien dangereuse. C'était la comparaison parfaite. Idéale.
Et puis, il y avait cette façon, cette manière qu'elle avait de l'appeler par son nom, et non par son prénom. Mortimer. Il ne savait pas par quel miracle elle arrivait à faire ça, mais il y avait quelque chose dans sa voix lorsqu'elle l'appelait ainsi, qui déclenchait en lui toute une série de frissons incontrôlables. Il y avait de la menace, il y avait de la tension. Il y avait cette intonation précise. Mortimer. Comme pour lui rappeler qui il était, ce qu'il faisait. Et Saffron savait parfaitement ce qu'il faisait.
Du moins, il le pensait. Lorsqu'il prit Elyrian dans ses bras et quitta le lit, elle avec lui. Il se doutait qu'elle apprécierait, c'était obligé. Il n'y avait qu'Ely pour apprécier qu'un homme se plie en quatre pour elle. Il n'y avait vraiment qu'elle. Et Saffron, bien au-delà de l'aspect romantique de la chose, voulait lui montrer en détails, en gestes, en mouvements, qu'il ne la laisserait pas tomber. Qu'elle pouvait avoir confiance en lui, une confiance aveugle.
Elyrian levant les yeux au ciel dans un mouvement exagéré d'exaspération lui arracha un sourire. Mais je t'en prie. Prends-moi. Il se doutait que derrière ces deux derniers mots se cachait encore une fois une pensée provocante, outrageuse. Oh, il la prendrait. Il le ferait. Après avoir pris ce verre. Le côté désespérément patient et singulièrement sadique de Saffron reprenait le dessus. Il prendrait ce verre, quoi qu'elle fasse. C'était sa provocation à lui. Il aurait très bien pu tourner les talons et retourner dans cette chambre, leur faire réintégrer la bulle et ce lit qu'ils avaient martyrisé. S'abandonner à ce qu'elle lui proposait, indirectement, mais clairement. Mais elle ne le fit pas. Et elle eut beau passer un bras autour de son cou, pianoter sur sa poitrine de son autre main, rien n'y fit. Il se contrôlait dans le seul but de la défier, puisque leur jeu devenu guerre l'espace de quelques instants venaient de retrouver son côté ludique. Et cet aspect avait terriblement manqué à Saffron. Cette aisance qu'ils avaient de se pousser à bout l'un l'autre, de se provoquer sans jamais qu'il n'y ait d'éclats autres que ceux de leur baisers. Il voulait à nouveau lui faire comprendre qu'il avait le dessus. Qu'il dominait. Jusqu'à ce qu'elle lui prenne les rênes, qu'elle décide, qu'elle commande. Saffron adorait ces moments-là. Quand son autorité et ses décisions étaient remises en cause par ce petit bout de femme. Il aimait qu'elle le contredise. Qu'elle lui résiste. Qu'elle le malmène. Tant qu'elle ne le blessait pas comme elle l'avait fait, tant qu'elle ne le rejetait pas.
Saffron se sentit d'un seul coup si masochiste qu'il en sourit. La douleur faisait partie intégrante de sa vie. Elle l'avait rythmée, elle l'avait harnachée. Avait-il pris goût à la douleur ? Dur à dire. La nature de l'homme veut que la douleur le rebute, qu'elle le galvanise, le fasse réagir. Saffron était ce type d'homme qui avait tellement subi la douleur qu'il n'arrivait plus à réagir. Il était ce serpent de mer, tapi au fond de l'océan, gisant sur un lit de sable, qui ne réagissait pas aux morsures des autres prédateurs, même lorsqu'il souffrait. Comme Saffron n'avait pas réagi aux morsures d'Elyrian.
Le marin déposa finalement la jeune femme dans la cuisine. Il nota l'imperceptible gêne qui s'empara d'elle l'espace de quelques secondes, et en fut presque amusé. Amusé que sa nudité la gêne ici et non dans sa chambre. Mais cela ne dura pas plus d'une minute, car elle se mettait soudain à l'observer sans la moindre gêne. Et Saffron, de dos parce qu'il s'intéressait alors à la cuisine, sentit son regard brûlant caresser sa silhouette entière. C'était plaisant. Très plaisant. Si plaisant qu'il se sentit obligé de rompre le silence pour lui demander ce qu'elle lui proposait à boire. Il n'aimait pas le lait depuis petit, et il espérait qu'elle ne lui en proposerait pas. Mais voilà qu'elle se mettait à lui parler de fromage, lui disant qu'elle espérait que ça ne l'empêchait pas d'en manger. Saffron arqua un sourcil. Pour qu'elle en parle comme ça, c'est qu'elle devait vraiment aimer le fromage. Un sourire vint étirer le côté droit de sa bouche tandis qu'il s'autorisait un rire discret. « J'aime ça, » répondit-il en croisant les bras, « même si je n'en mange pas souvent. C'est pas ce qu'on trouve le plus facilement en mer. » Il ne s'attendit cependant pas à ce qu'elle se dirige soudain vers lui. Il eut un instant peur qu'il ait insulté sa religion fromagière, mais quand elle vint se presser contre lui, toutes ses craintes furent balayées. Oups, excuse-moi. Les yeux de Saffron étincelèrent, mais il ne répondit pas. Et s'il mourait d'envie de toucher ce corps ainsi pressé contre le sien, il ne le fit pas. Parce qu'elle avait tendu le bras, effleurant ainsi sa hanche droite, et qu'il voulait la regarder faire. Il ne put cependant retenir un petit souffle lorsqu'elle tira une bouteille, la faisant glisser contre sa peau balafrée. De l'Oasis. Il la regarda, perplexe, avant de regarder la bouteille, mais il n'eut pas le temps de s'éterniser sur cette dernière. Ely venait de s'agenouiller devant lui, et ses lèvres étaient venues embrasser sa hanche, lui arrachant un « Nom de D... » qu'il ne termina pas, serrant les dents de plaisir.
Elle se redressa pour déposer une bouteille d'eau à côté de l'autre, et Saffron lui lança un regard à la fois enjoué et désespéré lorsqu'elle lui annonça que c'était de l'eau. Elle s'éloigna, sourire aux lèvres, le laissant en compagnie des deux bouteilles. Saffron la regarda s'éloigner en ne manquant pas d'effleurer ses fesses du regard, tout en se remettant de ce qu'elle venait de lui faire. Il la regarda attraper des verres avant de déclarer qu'elle ne lui proposerait pas d'alcool parce qu'elle n'y tenait pas. T'as vraiment, vraiment pas envie de me voir bourrée. La malice retrouva sa place sur le visage du marin tandis qu'il lui répondait : « C'est étonnant, ça. Et si j'en avais envie ? » Il avait fait quelques pas vers elle, mais il la vit soudain s'immobiliser, le regard rivé sur quelque chose qui se trouvait dans le salon, mais qu'il n'arrivait pas à identifier. Ce qu'elle prononça, dans un souffle, mit Saffron sur ses gardes. Qu'avait-elle pu donc voir pour se figer ainsi ? Il la regarda se retourner et retrouver son éternel sourire, mais quelque chose clochait. Il l'observa encore un instant, puis se dirigea vers le salon tout en se rappelant de mémoire l'endroit où les yeux de la blonde s'étaient posés. C'est alors qu'il découvrit un cadre, avec une photo. Dessus, Elyrian. À côté d'elle, un homme, plus âgé, mais il nota de suite la ressemblance, frappante. Le plus flagrant était ce sourire, ce même sourire qu'ils arboraient tous les deux, qui ne pouvait signifier qu'une chose : c'était un membre de sa famille. Attrapant délicatement le cadre, Saffron rejoignit Elyrian avec précaution, se doutant que la photo devait être douloureuse au vu de la réaction qu'elle avait eue. Il déclara doucement : « Qui est-ce ? »

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Dim 14 Sep - 0:23








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




L’espace de quelques secondes, la jeune femme s’était demandée s’il affirmait aimer le fromage juste pour la satisfaire, ignorant s’il le pensait vraiment ou non. Et si elle se perdit dans le saphir de ses yeux en quête de réponses, cela ne dura pas, le sourire amusé qu’il arborait accouplé à ce rire qui lui échappait le rendait trop difficile à analyser. Dans le doute, la blonde aurait été du genre à traiter n’importe qui de menteur, mais pas lui. Parce qu’elle avait confiance. Alors elle se contenta de sourire, hochant la tête quand il affirma que c’était pas l’aliment le plus facile à trouver en mer. Elle comprenait bien, ces derniers mois n’avaient pas rendu les trouvailles de ce genre facile non plus et à vrai dire ça lui manquait. Elle serait capable de tuer quelqu’un pour un morceau de fromage. Mais qu’importe, pour l’heure son compagnon avait soif, valait mieux ne pas le faire attendre, d’autant plus que la situation actuelle lui donnait quelques idées. De belles idées. Des idées qui l’incitaient à se presser contre son torse, à se délecter de ce regard brillant qu’il vrillait dans le sien. Elle aimait ça, plus que tout au monde. De découvrir cette envie dans ces yeux rappelant l’océan, ce désir. Il avait cette façon de la regarder, constamment, qui la rendait sincèrement dingue. C’était plaisant. Elle avait oublié ces choses, ces belles choses, depuis l’épidémie. Elle aimait le voir soupirer, légèrement, quand elle entama son petit manège. Et sa satisfaction atteignit des sommets lorsqu’elle s’agenouilla alors, l’embrassant à hauteur de sa hanche. Nom de D… Cette moitié de juron lui suffit amplement, c’était même mieux que ce qu’elle avait prévu. Se mordant la lèvre inférieure, amusée et ô combien heureuse de ce petit effet, la blonde en profite un instant, se relevant et déposant la seconde bouteille, fière comme un paon. D’autant plus qu’elle captait de nouveau son regard, enjoué et désespéré. Honnêtement il ne pouvait rien dire, il était pire qu’elle dans ce domaine ! Elyrian s’abstient toutefois de commenter, se contentant de s’éloigner afin de s’occuper des verres.

C’est à ce moment précis qu’elle se permet de préciser qu’elle n’a rien d’autre, elle ne tenait pas l’alcool aussi s’abstenait-elle d’en boire, la plupart du temps. Elle finissait vite bourrée et dans ce cas, elle se transformait en véritable nymphomane. Elle ne se contentait plus de quelques piques ni de quelques provocations mais sautait bel et bien sur tout ce qui bougeait. Il trouverait ça intéressant s’il n’y avait que lui dans les parages, mais en présence d’autres personnes, il fallait clairement s’abstenir. La blonde s’était même autorisée un sourire en entendant le marin lui demander ce qu’il se passerait s’il lui avouait avoir envie de voir ce que ça donnerait. Elle s’apprêtait d’ailleurs à lui répondre, mais son regard avait déjà capté ce cadre dans le salon, cette photo qu’elle reconnaissait sans même la voir. Le murmure lui échappe, surpris, douloureux. Elle s’attarde sur l’image, retenant un frisson, retenant les mauvais souvenirs qui s’apprêtaient à lui revenir en tête, si bien qu’elle préfère se détourner subitement, verres en main et sourire aux lèvres. Un sourire faux, qui ne le trompe pas. Peut-être avait-il entendu son murmure, observé ce qui avait à ce point attirer son regard. Ou peut-être tout simplement n’était-il pas du genre à se laisser berner par ce sourire ô combien fade comparé à ce qu’elle lui offrait d’ordinaire. Elyrian tente toutefois de conserver son image, mais abandonne dans un soupir en constatant que, après l’avoir fixé pendant un moment, le marin s’éloignait déjà, délaissant la cuisine afin de se diriger vers le salon. Elle le laisse faire, pivotant pour le suivre du regard, tout en lâchant une remarque ironique, bien que peu convaincante. « Je préférais quand tu touchais à rien. » C’était vrai ceci dit. Si jusque-là il n’avait pas osé effleurer quoi que ce soit ou presque, il venait clairement de prendre ses aises en rejoignant le cadre.

Sachant d’avance qu’il la questionnerait, elle estimait d’ailleurs qu’il était dans son bon droit au vu de sa propre curiosité quelques instants plus tôt, la jeune femme se dirige alors instinctivement dans la chambre. Elle l’abandonne ainsi à la contemplation de l’objet, le temps de récupérer le tee-shirt de son compagnon et de l’enfiler rapidement. Trop grand pour elle, il lui arrivait ainsi à mi cuisses, ce qui était parfait. Déjà elle trouvait cela bien plus sexy que d’être entièrement nue, de plus elle n’avait pas la moindre envie de parler de son père sans porter le moindre vêtement sur elle. C’était peut-être bête, elle ne se l’expliquait pas vraiment, mais c’était hors de question. Ce fut donc ainsi partiellement vêtue qu’elle quitta la pièce pour retourner dans la cuisine, et la seconde qui suivit le brun la rejoignait déjà, portrait en main, avant de poser cette question qui lui brûlait les lèvres. La douceur dont il fit preuve dans sa demande lui arracha cependant l’ombre d’un sourire, tristes certes, mais présent. Il prenait des pincettes, et cela la touchait. Elle ne répond pas tout de suite cependant, se hissant sur le meuble de la cuisine, s’installant dessus. Le haut qu’elle portait remontait jusqu’au sommet de ses cuisses mais elle s’en moquait définitivement. Jetant un coup d’œil au portrait, elle hésite encore un instant, avant de souffler. « C’est mon père. Elle s’autorise un sourire nostalgique, avant de commencer à se lancer dans les explications. Elle voulait qu’il sache, à quel point son père était un homme incroyable, à quel point elle l’avait aimé, à quel point sa disparition la tuait. Elle voulait qu’il sache qu’elle n’avait eu que lui. Je t’ai dit qu’avec ma mère ça a été compliqué. Depuis que je suis gamine c’était le bordel, je correspondais pas à son idéal, j’étais pas sa fille parfaite. J’avais les goûts de mon père, j’adorais le voir bosser, et ma mère, elle, était jamais à la maison. Je sais pas pourquoi, je l’aimais pourtant, mais elle a commencé à être jalouse, à accuser mon père de vouloir me garder que pour lui, et pleins d’autres conneries du genre. A mes quinze ans, ils ont officiellement divorcés, après des années passées à s'engueuler, j’ai dû choisir entre mes deux parents et j’ai choisi mon père, du coup elle s’est barrée et je ne l’ai plus jamais revu, ni eu de ses nouvelles. Elle continue de fixer le cadre, de dos, se contentant ainsi d’observer le bois qui constituait l’objet plutôt que la photo, trop douloureuse. J’avais que lui. Mais ça m’allait. Il a fait pas mal de sacrifices pour me permettre de faire les études que je voulais, pour que je puisse prendre des cours de danse, aussi. »

Le sourire de la blonde s’assombrit définitivement. « Il est mort deux mois après le début de l’épidémie, mordu par ces saloperies. La danseuse se mit soudainement à rire, nerveusement, un ricanement mauvais, méprisant, envers elle-même tandis qu’elle expliquait pour se justifier. Tu sais ce qui est le pire ? C’est que je pleurais, comme une véritable gamine. Je pleurais et lui il bronchait pas, il me rassurait même. Il allait mourir mais il me rassurait moi ! Et moi j’ai même pas eu les couilles d’abréger ses souffrances. Je braille, je menace, je frappe, je fais ma putain de grande gueule et j’ai même pas été capable de l'aider à ce moment là, pour lui éviter tout ça. Il a pas insisté, je savais qu’il le ferait de lui-même. Ce fut à ce moment là qu’elle daigna vriller son regard dans celui du marin. Ses prunelles d’émeraudes étincelaient désormais d’un éclat sauvage, une assurance farouche, de la ferveur aussi. Aucun homme ne l’égalera jamais et aucun homme n’aura jamais son courage. C’était un fait. Et peu importe qu’elle finisse mariée, deux enfants sous le coude, cela ne changera pas ce constat. Du bout des doigts elle partit alors incliner légèrement le cadre, afin d’entrapercevoir la photo, concluant alors. Je crois qu’elle date d’il y a deux ans, un truc du genre. » Mais au fond quelle importance. Dans un soupir elle se détourne de la photo, battant des pieds dans le vide, ses doigts pianotant sur le rebord du meuble, signe de sa nervosité. Elle avait envie de chialer, et elle détestait ça, aussi se mordait-elle férocement la langue pour contenir ce flot d’émotion.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Dim 14 Sep - 17:21

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Saffron n'avait pas pu résister à cet élan de curiosité qui s'était emparé de lui. Il avait agi instinctivement. Plus que tout, il voulait la connaître. Il voulait en apprendre sur elle, et il voulait qu'elle lui dise qui elle était. Il ne s'agissait plus de ses goûts, ou de ce qu'elle faisait pour gagner sa vie. Il voulait connaître sa vie, ce qui faisait d'elle ce qu'elle était. Il voulait connaître quels avaient été ses échecs, quelles avaient été ses réussites. Il voulait tout savoir, tout. Ses peines de cœur, ses plus grandes fiertés. Ses plus grandes peurs, ses croyances, la plus infime superstition.
Il ne fit pas attention à ce qu'Elyrian lui dit. Je préférais quand tu touchais à rien. C'était trop tard, et il ne ressentait pas le moindre regret tandis qu'il s'emparait du cadre et observait la photo d'un œil à la fois respectueux et distant. Elle lui avait tendu cette perche, involontairement sans doute, mais elle l'avait fait. Et Saffron ne pouvait pas faire comme si de rien était, parce qu'il la respectait trop pour l'ignorer. Et puis, il voulait la connaître.
Tandis qu'il observait la photo, Elyrian se dirigea vers la chambre. Il la suivit du coin de l’œil en se demandant ce qu'elle faisait. L'avait-il blessée au point qu'elle aille s'enfermer dans sa chambre ? Non. Elle revenait, et elle avait enfilé son t-shirt à manches longues. Il sourit doucement, même si elle ne souriait pas du tout. Il ne pouvait s'empêcher de la trouver incroyablement belle, dans son t-shirt à lui, trop grand, démesurément trop grand pour elle, qui lui arrivait aux genoux. Il en vint à se demander s'il devait aller chercher un vêtement lui aussi, mais il n'avait pas envie de la laisser seule. Pas maintenant qu'elle était revenue à la cuisine, et qu'elle était venue se jucher sur le meuble de la cuisine. Il la rejoignit, la regarda, avant d'oser finalement cette question qui lui brûle les lèvres. Qui était cette personne sur la photo avec elle ? Était-ce un ami ? Ils se ressemblaient trop pour être des amis, beaucoup trop. Ils avaient le même sourire. Les mêmes cheveux, blonds.
Elyrian finit par lui répondre après quelques minutes de silence, et l'annonce est comme douloureuse. C’est mon père. Saffron détacha son regard de la photo quelques instants pour l'observer elle, noter ce sourire empreint de nostalgie qu'elle affichait. Et d'un seul coup, il se sentit gêné. De porter ce cadre dans ses mains, ce cadre avec cette photo qui avait figé l'existence d'une personne qui visiblement avait énormément compté pour elle.
Il voulait aller chercher un coussin, ou n'importe quoi pour se couvrir, mais il n'en eut pas le temps, car Elyrian reprenait la parole. Et il l'écouta. L'écouta lui parler de sa mère, avec qui elle n'avait jamais vraiment réussi à s'entendre. De son père, avec qui elle partageait tout. De la jalousie de sa mère, du choix qu'elle avait été obligée de faire. De l'importance de son père dans sa vie. Elle n'avait que lui. Et Saffron comprenait. Il comprenait dans la mesure où, à la mort de sa mère, et il s'était retrouvé tout seul à avec sa sœur, son père n'ayant pas supporté sa perte et ayant mis fin à ses jours dans la foulée. Cameron n'avait eu que lui comme Elyrian n'avait eu que son père. Le sourire d'Elyrian s'assombrit soudain, et Saffron, le cadre toujours en main, s'approcha d'elle, le regard grave. La sentence tomba, son père était bel et bien décédé. Saffron s'en était douté à la manière qu'elle avait de parler de lui. Il s'arrêta devant les genoux de la jeune femme qui laissait alors échapper ce rire jaune, ce rire sale, qui n'avait rien, absolument rien de joyeux. L'aveu est douloureux, mais Elyrian ne s'arrêta pas, elle ne s'arrêtait plus, et Saffron l'écouta se planter des couteaux, se donner la faute. Ses yeux verts divaguaient tandis qu'elle parlait, qu'elle lui racontait ne pas avoir eu le courage d'achever son père. Il voulut la prendre de suite dans ses bras, la rassurer, mais il ne le fit pas. Parce qu'elle venait de vriller son regard dans le sien, un regard sauvage, un regard farouche. Aucun homme ne l’égalera jamais et aucun homme n’aura jamais son courage. Saffron en resta coi. La manière dont elle parlait de son père l'émouvait à un point qu'il n'aurait pas soupçonné. Et tandis qu'il demeurait silencieux, Elyrian vint abaisser le cadre pour avoir une vue sur la photo, avant d'ajouter, le plus naturellement du monde, que la photo devait dater de deux ans. Elle détourna aussitôt le regard, et Saffron, ne supportant plus de tenir cette objet si important et si douloureux pour elle dans ses mains, recula pour le poser sur la table, avant de revenir vers elle. Il plaça ses mains de chaque côté de la blonde, sur le meuble, et vint appuyer son front contre le sien, doucement. « Hey... » Il ne se contenta que de ce simple mot pour commencer, parce qu'il voulait avant tout lui montrer qu'il était là, qu'elle n'était pas seule. Il ajouta ensuite, pesant ses mots : « Ça devait être un super type, ça ne fait pas le moindre doute... » Il laissa sa phrase en suspens, parce qu'il voulait qu'elle se concentre sur sa voix, et non plus sur cette photo. Il hésitait à lui parler de Cameron, du lien évident qu'elles avaient, du statut de seule au monde qu'elles avaient eu, de cette seule personne en qui elles avaient toutes deux eu confiance, et qui n'était plus là. À la différence qu'Elyrian avait perdu son père, et qu'il avait perdu Cameron. Il n'avait pas été capable de s'occuper d'elle, il n'avait pas été capable de veiller sur elle, et il s'en voudrait éternellement.
Il déclara alors : « Tu sais... à la mort de ma mère, ma sœur n'a eu que moi. » Il refusa de parler de son père, parce que c'était un sujet beaucoup trop épineux et qu'il s'emportait souvent lorsqu'il en parlait ou même y pensait. Il anticipa la réaction de la jeune femme en ajoutant, un petit sourire aux lèvres : « Oui, j'ai eu une sœur... » C'était le même sourire nostalgique qu'Ely avait eu quand elle s'était mise à lui parler de son père, mais il ne s'en rendit pas compte parce qu'il s'était perdu dans ses pensées, des pensées qui n'étaient pas douloureuses, au contraire, qui lui réchauffèrent le cœur. Il se souvenait des bons moments, comme des mauvais. Cameron, avec qui il avait fait les quatre coups. Avec qui il s'entendait à merveille malgré leurs huit ans d'écart. Il continua, et cette fois, son sourire disparut : « Je l'ai perdue. Pas à cause d'un requin, non, c'est... différent. Elle a disparu. En mer. Je l'ai cherchée partout, j'ai parcouru le monde pour la retrouver. Je n'ai jamais réussi. » Il subissait la réflexion encore une fois, parce qu'il voulait lui montrer qu'il avait perdu autant qu'elle. Il glissa doucement, baissant la tête sur sa poitrine : « Ton père a assuré jusqu'au bout, lui au moins. Moi, j'étais obnubilé par la vengeance et tous ces trucs à la con... » Et il l'était toujours, c'était ça, le pire. Il lui suffisait de penser à un squale pour n'être plus fureur, esprit machiavélique et calculateur. Auprès d'Ely, il avait retrouvé le calme, il avait retrouvé la tendresse. Et il se fichait qu'ils aient au moins dix ans de différence, il se sentait bien avec elle. Elle était l'énergie dont il avait besoin pour faire taire ses lubies incessantes, ses envies de tromper, de mentir, de blesser. Saffron ne s'y trompait pas, il était mauvais. Des années de chasse à vivre à travers la colère et la vengeance l'avaient rendu mauvais. Et s'il n'avait pas eu Elyrian comme il l'avait alors, il aurait sans doute été pire. Le pire des traîtres, le pire des menteurs. Le pire des salauds.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Dim 14 Sep - 23:28








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle voyait bien qu’il s’agitait, imperceptiblement, à ses côtés. La blonde était cependant incapable d’analyser les sentiments qui pouvaient le secouer, ni même les envies qui pouvaient se faufiler jusqu’à son esprit. Etait-il gêné d’avoir posé la question ? De la même manière qu’elle s’en était voulu de l’avoir questionner sur Nora, un sujet qu’elle aurait dû deviner comme étant sensible. Il devait probablement regretter oui, mais comme elle il n’en restait pas moins curieux, envieux d’obtenir des réponses à ses questions. La blonde n’avait pas hésité à lui en parler, tout d’abord parce qu’elle ne voulait guère lui cacher ça, puis elle s’était progressivement laissée emballer par son propre discours. Les mots lui avaient échappé, fluides, sincères. Petit à petit la nostalgie avait laissé place à une profonde douleur, puis à la haine, et enfin aux convictions farouches qu’elle défendait : son père était un homme inégalable. Durant tout son discours, la danseuse n’avait pas osé le regarder dans les yeux, elle ignorait donc quel éclat pouvait faire étinceler ces si plaisants saphirs, et elle se contentait de le sentir se déplacer près d’elle. Il s’avançait, se postant contre ses genoux, avançant ses doigts vers elle pour finalement se retenir en constatant qu’elle reprenait déjà la parole. Il faisait des pas dans sa direction, des tentatives, qui se voyaient systématiquement perturbées par sa manie de toujours en rajouter. Elle avait besoin d’en rajouter, encore et encore. Elle aurait aimé se perdre dans ses souvenirs, joyeux, lui raconter le moindre détail, tout le bonheur qu’elle avait eu avec son paternel. Elle voulait qu’il comprenne, totalement, ce qu’elle pouvait éprouver. Lui parler de ce bonheur perdu, de ces repères qui s’étaient envolés en même temps que cet homme qu’elle vénérait comme un dieu, de la souffrance qui en avait découlé, de sa honte et sa colère vis-à-vis du fait qu’elle ait été incapable de faire quoi que ce soit pour lui. Elle le fait comprendre, en finissant par ancrer son regard dans le sien, presque avec violence, achevant ainsi son discours. Précisant à la dernière minute que la photo devait avoir deux ans à peu près, avant de s’en détourner définitivement.

C’était injuste, injuste de mourir si tôt, injuste qu’il ait péri et pas d’autres. Pas elle. Mais la justice ça a toujours été une grosse connerie, ça n’existait pas avant, ça n’existerait pas maintenant. Certainement pas. Et la religion étant une plus belle blague encore, la jeune femme se retrouvait seule avec sa haine. Elle en tremble, se mordant férocement la lèvre pour se retenir soit d’hurler soit de se mettre à pleurer comme une parfaite idiote. Elle voulait pas pleurer, plus jamais, pas devant lui. Elyrian garde donc le silence, percevant les mouvements du marin qui s’éloignait, le bruit du cadre que l’on reposait, avant qu’il ne revienne se poster à sa hauteur. Elle en retenait son souffle, intérieurement elle voulait savoir ce qu’il allait faire, ce qu’il comptait faire pour elle, comment s’y prendrait-il ? Cela commence avec ces mains qu’il dépose de chaque côté de ses cuisses et d’instinct la blonde y plante son regard. Elle glisse ainsi le long de ses bras, jusqu’à son épaule et finalement elle ferme les yeux en sentant son front se poser sur le sien. Hey. Ce simple mot lui arrache un frisson et l’incite à prendre une brève inspiration, délicate, prouvant qu’elle essayait déjà de penser à autre chose. Elle se focalise alors sur sa voix, s’autorise un léger rire quand il admet que ça devait être un super type. Sur le moment la danseuse a envie de le reprendre, ce n’est pas qu’un vulgaire type, c’est un homme, c’est son père, c’est ce qu’elle a toujours respecté. Pas un type. Mais elle s’abstient de le faire, parce qu’elle comprend ce que le marin essayait de lui dire et l’attention était là, belle. Alors elle rouvre les yeux, vrillant l’émeraude de ses yeux dans ces saphirs qui s’offraient à elle, et elle l’écoute. Attentivement. Silencieuse. Respectueuse. Force était d’admettre que la suite la surprend, ce qui était clairement visible sur ses traits. Il avait une sœur ? Elle l’ignorait, s’apprêtait en effet à le questionner à ce sujet mais il la devança, sourire aux lèvres.

Ce sourire, elle lui rend, doucement. Pourtant elle avait pris note de sa phrase. J’ai eu une sœur. Il ne l’avait plus. Elle en frissonne d’avance, se demandant ce qui avait pu lui arriver, craignant qu’il ne s’agisse encore d’un requin, car si c’était le cas, jamais elle ne pourrait détourner son compagnon de ses pulsions vengeresses. Il avait beau ne plus avoir de navire, ne plus pouvoir chasser les squales, la blonde voulait déjà le détourner de ce but vengeur. Mais cela n’était pas le propos à l’heure actuelle, et puis elle ne voulait pas lui en parler, elle garderait ça pour elle, comme un objectif un peu secret. Pour lui. Pour l’heure elle préfère l’écouter et elle ne peut s’empêcher de se sentir soulagée en apprenant qu’il n’était pas question de requins cette fois, bien que cela reste peu joyeux. Il l’avait perdu, en mer, et il ne l’avait jamais retrouvé, même s’il l’avait cherché à travers le monde entier. Elyrian ignorait le temps qu’il avait passé à remuer ciel et terre pour la trouver, si cela se comptait en mois ou en années, mais elle ne pouvait pas s’empêcher d’être optimiste. Pour lui. Si ça se trouve elle allait bien, elle avait survécu, et puis il était impossible pour le marin de la retrouver, le monde était trop vaste. La blonde ne se permit cependant pas encore de prendre la parole, laissant son compagnon glisser son visage plus bas, ce qui lui donna envie de poser un baiser sur le sommet de son crâne, glissant une main jusqu’à sa nuque qu’elle effleura du bout des doigts. Et elle frissonne, en l’entendant vanter les mérites de son père, qui aura été là pour elle, jusqu’au bout, contrairement à lui avec sa sœur. Elle perçoit la culpabilité, elle perçoit cette envie qu’il a, au fond de se libérer de cette colère. Il sait que ça le bouffe, que ça le fait passer à côté de choses essentielles. Et outre ces envies de vengeances, il évoque aussi un autre sujet, ces trucs à la con comme il le dit lui-même. De quoi parlait-il ? De ce qu’il est, de ses mensonges ? De quoi ? Elle ne parvenait pas à le savoir, mais se promit de lui poser la question. Pour l’heure elle se contenta d’inspirer longuement, poursuivant ses caresses à hauteur de sa nuque avant de reprendre la parole, doucement.

« Pourquoi tu dis, j’ai eu une sœur ? Tu l’as toujours. Tu l’as pas retrouvé, mais le monde est vaste, c’est normal. Vous êtes des amoureux de l’océan, je ne l’imagine pas une seule seconde mourir en mer, tout comme je sais que ça ne t’arriveras pas. De sa main libre, elle partit effleurer la hanche balafrée de son compagnon, demeurant à cette place, caressant la cicatrice du bout des doigts. Si elle est comme toi, alors elle est résistante. L’ombre d’un sourire se dessine doucement sur son visage. Mais la danseuse repense bien vite aux derniers propos de son partenaire, sa folie vengeresse qui l’avait empêché de veiller sur sa sœur comme il aurait dû le faire, si bien qu’il s’en mordait les doigts maintenant. Et puis il y avait autre chose, bien qu’elle ne parvienne à mettre le doigt dessus. C’est pour cela qu’elle le questionne, plus franchement, toujours dans un souffle cependant et après l’avoir rassuré dans un premier temps. Tu te rattraperas avec elle Saff, j’en doute pas. Et puis c’est quoi ces trucs à la con ? Explique moi, je comprends pas. Imaginant qu’il pensait peut-être à sa façon de se comporter en général, la blonde se mit à comparer sa manière d’être avec elle, puis avec les autres. La différence était là, claire, perceptible. Il était secret, il mentait, portant un masque. Il n’était pas honnête comme il l’était avec elle. Les autres n’avaient pas le droit à son réconfort, sa protection, rien. Elle était persuadée qu’il n’était attaché à aucun d’entre eux, pas vraiment tout du moins et parfois elle lui enviait cette capacité, elle-même se trouvant déjà trop sentimentale. Se focalisant sur ces différences, la jeune femme souffla alors, sachant que son avis avait bien plus d’importance que celui des autres. Seule son opinion à elle comptait. Mais maintenant tu es là. C’était vrai, il était là. Elle l’avait emmené ici, chez elle, et malgré cet aveu foudroyant qu’il lui avait fait dans la chambre, elle tenait à lui. Elle avait besoin de lui, de pouvoir s’accrocher à quelqu’un, se reposer sur quelqu’un. Il était cet homme. Je sais que tu seras là pour moi, t’as promis de pas me laisser tomber de toute manière et je sais que tu tiendras ta promesse. Je sais pas pour les autres, mais moi je me plains pas de l’homme qui se trouve en face de moi. Vraiment pas. » Parce qu’elle était l’exception, ce bout de femme qui avait le droit au privilège de le voir tel qu’il était vraiment. Et ce qu’elle voyait lui plaisait, malgré leurs différences, malgré leurs accrochages plutôt rares d’ailleurs. Il lui plaisait. Et en cet instant précis, ça lui faisait surtout de bien de se concentrer sur autre chose que sa douleur à elle.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 16 Sep - 15:46

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Il était venu. C'était lui. Il était venu à elle, il avait écouté l'histoire de sa vie, ou plutôt de ce qu'elle était devenue sans oser l'interrompre. Comment aurait-il pu ? Comment aurait-il pu alors qu'elle se confiait, qu'elle lui confiait combien son père avait compté pour elle ? Il ne s'était pas senti le courage de faire une chose pareille. Il aimait tellement sa voix. Il aimait tellement ces moments, ces moments où la sincérité était tout ce qui comptait à leurs yeux. Sans doute s'était-il laissé emporter lui aussi par cet élan de sincérité.
Saffron avait posé le cadre, l'objet douloureux qu'il avait planté sous le nez d'Elyrian. Il l'avait posé pour ne plus qu'elle souffre. Il ne voulait pas qu'elle souffre. Il ne supportait pas de la voir, la voir se couler toute seule, la regarder sombrer sans pouvoir faire quoi que ce soit. Et elle y allait bon train. Elle se démontait comme Saffron ne s'était lui-même jamais démonté. C'était un carnage. La violence dans ses propos toucha le marin au plus profond, aussi vint-il au plus près d'elle, posant son front contre le sien. Posant ses mains de chaque côté d'elle, sur le meuble. Proches de ses mains à elle, qu'il ne touchait cependant pas. Qu'il laissait. Qu'il laissait de côté. Parce qu'il était sur le point de se démonter, lui aussi. Parce qu'il ne supportait pas de la voir ainsi. Ce fut sans doute ce qui le poussa à faire de même. À déclarer que son père devait être un super type. Vrai, il le pensait. Ce n'était pas des paroles en l'air. Elyrian était tellement... sauvage, à ses yeux. Son père avait dû en baver. Dresser cette lionne, ou du moins l'éduquer, n'avait pas dû être chose aisée. Elyrian était une lionne, une lionne fière, une lionne qui grognait beaucoup, mais surtout une lionne qui avait perdu beaucoup, et même s'il ne s'agissait que d'une personne, ce beaucoup se rattachait à son père.
C'est alors qu'il commença à lui parler de sa soeur. Cameron. Qu'il avait perdue en mer. Sans doute Elyrian avait-elle pensé qu'elle aussi était concernée par les requins, mais non. Elle ne l'était pas. Elle était bien la seule. Si Elyrian pouvait savoir combien il s'en voulait. Il n'avait écouté personne. Aveuglé. Aveuglé par la colère, par la vengeance. Il aurait décimé une population entière si on l'avait empêché de partir en mer, et de les traquer. Il n'était plus lui-même. Il n'était qu'une ombre. Colère. Vengeance. Cameron avait fait partie de ceux qui avaient essayé de le dissuader. Elle, et son cousin, Gideon. Ils avaient essayé, et ils avaient fait de leur mieux, mais Saffron était tellement en colère, à l'époque. Avec du recul et un œil neuf sur la situation actuelle, il se rendait compte qu'il avait merdé. Qu'il aurait dû rester pour l'aider elle. Ne pas la laisser. Ne pas se lancer dans cette croisade. Il s'en rendait compte, aujourd'hui. Depuis plusieurs temps déjà. Sa vie aurait pu être toute autre s'il n'avait pas pris la mer ce jour-là. Cameron serait toujours là. Il n'aurait pas perdu tout contact avec Gideon. Il serait sûrement une autre personne. Meilleure. Honnête. Droite. Il n'était honnête avec Elyrian que parce qu'elle comptait pour lui et qu'il l'aimait démesurément. S'ils ne s'étaient pas rapprochés, s'il avait fait ce qu'il aurait dû faire, s'il l'avait dupée, elle l'aurait détesté. Et à juste titre. Il n'était qu'un menteur. Un tricheur. Un homme avec un certain bagout, mais qu'il mettait à mauvais profit. Mauvais. Il était mauvais. Obnubilé, obsédé par une obsession morbide, malsaine. Oh, il pouvait se targuer d'être un chasseur de squales hors-pair, c'était certain. Mais certainement pas une bonne personne. Certainement pas. D'où tous ces trucs à la con qu'il cracha pour lui-même. Il n'avait pas supporté qu'Elyrian se démonte, qu'elle se traite de lâche sous son nez. Il avait fallu qu'il fasse de même. Pas aussi clairement qu'elle, mais il n'en pensait pas moins.
Il se concentrait sur les mains d'Elyrian qui caressaient sa nuque quand la jeune femme lui fit remarquer que Cameron avait beau avoir disparu, elle restait sa sœur. Elle l'était toujours. Il l'avait toujours. Lorsqu'elle dit qu'ils étaient tous les deux des amoureux de l'océan, il sourit. C'était bien vrai. Cameron était d'ailleurs bien meilleure à la barre qu'il ne l'était. Une femme née pour naviguer. Il l'avait bien formée, il faut dire. Il lui avait tout appris. La seconde qui suivit, Elyrian vint poser sa main sur sa hanche balafrée. Saffron frissonna, comme à chaque fois qu'elle le touchait là. Si elle est comme toi, alors elle est résistante. Il baissa doucement la tête avant de répondre : « J'espère... » Oui, il espérait. Il espérait que l'océan lui rendrait Cameron. Qu'elle lui reviendrait. Et, en même temps, il avait peur. Peur qu'elle n'aime pas ce qu'elle retrouve. Qu'elle ne l'aime plus lui.
Tu te rattraperas avec elle Saff, j'en doute pas. Dieu, elle avait la chic de lui redonner le moral. Saffron sourit doucement, et vint placer ses mains juste sur celles de la jeune femme, mêlant ses doigts aux siens, tandis qu'il déposait un baiser sur son front, un baiser tendre, un baiser chaste qui n'avait absolument rien à voir avec ceux qu'ils avaient déjà échangés.
Elle lui demanda soudain ce qu'il avait voulu dire par ces trucs à la con, et Saffron leva les yeux au plafond. Il avait fallu qu'elle pose cette question. Il ferma les yeux un moment, ses pouces caressant le dos des mains de la blonde, puis répondit en baissant les yeux sur elle : « J'suis pas un type bien, tu sais. Je le suis peut-être pour toi, mais crois-moi, pour les autres... je ne le suis pas. Tu as bien vu... tu as tout de suite su ce que je voulais faire, l'autre jour... » Il parlait d'une voix étrange, comme dérangée. Nerveuse. Mais Elyrian le ramena tout de suite à lui, lui apporte ce réconfort dont il avait tant besoin et qu'elle seule pouvait lui apporter. Mais maintenant tu es là. C'était vrai, il était là. Dans cet appartement, dans cette cuisine. Avec elle.
Et ce que la blonde lui dit ensuite le cloua sur place. Elle tenait à lui. Saffron pouvait le sentir dans sa voix, le voir dans l'immensité de vert que renfermaient ses yeux. Et elle ne lui avait jamais rien dit d'aussi beau. D'aussi sincère. Une de ses mains vint se poser sur sa joue, l'autre lui serra la main doucement. Non, il ne la laisserait pas. Il le lui avait promis. Et elle savait qu'il tiendrait parole. Elle se fichait des autres. Elle se fichait de la manière dont il pouvait se comporter avec Roy, ou avec Hunter. Elle le prenait comme il l'était, avec ses défauts, ses défaillances, ses blessures et ses démons. Saffron avait particulièrement peur de ces derniers. Un jour, elle se mettrait à le questionner sur les requins. Comment réagirait-il ? Parviendrait-il à rester calme ? La seule évocation de ce mot le mettait dans un état de fureur invraisemblable. Il redoutait ce moment. Il avait peur, parce qu'il ne voulait pas la blesser, et Dieu savait qu'il était imprévisible alors en colère. C'était bien sa colère, et rien d'autre, qui avait perdu Cameron.
Saffron se pressa doucement contre elle, se fichant de sa nudité. Il caressa son visage du pouce, décrivant des petits cercles ici et là, puis déclara : « Tu m'as dit qu'il fallait que je te montre ? Je te montre. » Il l'embrassa sur les lèvres, tendrement, puis ajouta : « Comme ça. » Puis, il glissa une main dans les cheveux de la blonde, sachant pertinemment qu'elle raffolait de ces caresses, et ajouta : « Comme ça. » Il brûlait, brûlait d'envie de lui dire, de lui crier qu'il l'aimait, mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait clairement pas. Elle le lui avait dit. C'était trop tôt. Alors, il lui montrait. Il suivait à la règle ce qu'elle lui avait conseillé parce qu'elle avait eu raison. C'était trop tôt. Mais il s'en fichait. Et à défaut d'user de ses lèvres pour prononcer ces trois petits mots, il usait de ses lèvres d'une toute autre manière. Il espérait qu'elle comprendrait le message.

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Dernière édition par Saffron Mortimer le Dim 21 Sep - 12:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Jeu 18 Sep - 0:59








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle ne pouvait s’empêcher de songer à sa sœur, qu’il venait tout juste d’évoquer. C’est son aveu, qui lui fait prendre conscience de la haine qui semble le dévorer au point qu’il se détourne de la seule famille qu’il lui reste vraiment. Il l’avait laissé, pour s’adonner à sa vengeance sans fin ni limites. Il l’avait abandonné, préférant se soucier des êtres perdus, des morts, plutôt que des vivants qui demeuraient à ses côtés et avaient besoin de lui. Sauf que désormais, sa sœur avait disparue, Elyrian ne peut s’empêcher de penser à la possibilité qu’elle soit morte, c’était fort probable, mais quel genre de femme aurait-elle été si elle lui avait donné cet avis là ? Si elle s’était montrée aussi brutale, plutôt que de conserver un minimum d’optimisme non moins sincère pour autant. Elle pouvait être vivante, avec de la chance, outre son éducation basée sur l’océan, outre cette résistance qui semblait propre à sa famille et que la blonde évoqua en effleurant cette hanche balafrée. Son autre main logée sur sa nuque n’en était pas moins active, caressant sa peau et jouant avec quelques mèches brunes. Lui, il n’avait pas bougé, ainsi face à elle, ses mains posées de chaque côté de ses cuisses. La jeune femme inspira doucement, guettant une réaction suite à ses propos. En le voyant ainsi baisser la tête, elle ne peut résister à la tentation de laisser sa main vagabonder plus loin le long de sa chevelure, dans un mélange de douceur et de fermeté. J’espère. Il n’y croyait qu’à moitié, ce qui déplût à la danseuse. Elle aurait aimé faire plus, faire mieux. Lui retirer toutes ces idées de la tête tout comme il avait chassé les siennes. Elle se demandait encore si l’aveu du marin n’était dû qu’à un élan de sincérité ou à l’envie de la détourner de ses propres démons. Elle l’ignorait, ne parvenait décidément pas à trouver une réponse au fond de ces saphirs de plus en plus dur à capter, mais finit par juger la réponse comme n’étant pas très importante dans le fond. Peu importe les raisons, les deux étaient valables, les deux étaient belles. Ce fut pour cela qu’elle voulut lui offrir plus, plus de réconfort, plus de sa présence, affirmant pour cela qu’elle savait qu’il se rattraperait auprès de sa sœur, une fois qu’il l’aurait retrouvé.

Mais malgré son discours, malgré sa manie de le rassurer, la jeune femme se posait un tas de questions. Elle imaginait la suite, un potentiel futur, moins sombre. Parce que c’était dans sa nature que d’imaginer ce que ça pourrait donner, sauf qu’elle craint que cette continuation ne soit pas jolie. Il avait laissé sa sœur, trop obnubilé par sa vengeance… La laisserait-il tomber de la même manière ? S’il pouvait reprendre la mer, fuir cet enfer terrestre afin de retourner naviguer sur cet océan qui lui plaisait tant, poursuivre cette chasse qu’il menait depuis près de douze ans maintenant, le ferait-il ? Soudainement, les promesses que le marin lui avait faîtes ne semblaient plus gravées dans le marbre. Elle se met à en douter. La blonde se résonne, tente de se rassurer, songeant au fait qu’il avait probablement abandonné sa sœur peu de temps après la perte de ses proches, la blessure était encore trop grande à l’époque, mais elle a cicatrisé depuis, forcément, même un peu. Pourtant l’hésitation reste présente, le doute demeure également. Ses réflexions furent balayées par la poigne du marin, ses doigts qu’il mêlait aux siens, ce baiser tendre qu’il déposa sur son front ce qui incita la danseuse à fermer les yeux comme pour mieux en savourer la portée. Alors elle se remet à le questionner, désireuse de l’entendre parler de tous ces trucs qu’il évoquait, voulant savoir s’il confirmerait les hypothèses qui se déchaînaient dans son esprit. Et il confirme, dans un soupir, yeux clos. Il avouait ne pas être quelqu’un de bien, si ce n’est avec elle, depuis cette fameuse chasse, mais pas avec les autres. Elle-même devait bien le savoir, elle avait compris quel genre d’homme il était dès le début. Cette compréhension l’avait préservé de potentiels coups dont il aurait pu l’accabler, de potentielles ruses et menaces, de manipulations et de mensonges. Elle avait entraperçu le loup, avant qu’il ne devienne agneau pour ses beaux yeux. Encore que. Elle se percevait louve, elle le voyait comme un renard, plus rusé, plus patient, plus solitaire qu’elle puisse l’être. Différent, mais pas tant que ça.

C’est vrai. Il n’était peut-être pas un homme bon, tout du moins pas avec les autres, mais c’est ce qui lui plaisait. De nouveau elle aimait être l’exception qui confirme la règle, seule détentrice des secrets du brun, détentrice de son cœur aussi, depuis peu bien qu’elle ne se sente guère prête pour le moment à en assumer la charge. Elle aimait voir l’animal sauvage courber l’échine, ronronner, s’adoucir pour elle. Il éprouvait ce même plaisir lui aussi en la voyant ranger ses crocs en sa présence, ne les sortant que pour s’amuser. Ou parfois lui faire mal, certes, comme elle avait pu le faire plutôt. Il savait mais il la prenait telle qu’elle était, sans se soucier du reste, ce fut avec la même aisance qu’elle se décidait à faire de même pour lui. Et pour être tout à fait honnête, elle ne se voyait pas compter sur un homme incapable de lui apporter quoi que ce soit, or Saffron lui apportait beaucoup, via ses différences, via son expérience. Ils se ressemblaient presque autant qu’ils se complétaient sur certains points. Quoi qu’il en soit, la voix quelque peu nerveuse de son compagnon l’incita à lui couper la parole, la danseuse n’ayant guère besoin d’en entendre plus. Peu importait ce qu’il avait pu faire, ou la manière dont il pouvait se comporter avec les autres. Cela n’avait aucune importance, car il était là, chez elle, pour elle. Il l’avait suivi sans poser de questions et désormais il se vantait de l’aimer sans compter. Il était là, et si elle se demandait encore de ce qui pourrait arriver à l’avenir, si les questions demeuraient dans un coin de son esprit, elle se décida de les laisser de côté pour le moment. Il ne l’avait pas déçu jusque-là, pourquoi le ferait-il maintenant ? Pourquoi l’accabler de ses doutes, alors qu’il ne le méritait pas. Ce fut pour cela qu’Elyrian se permit une dernière remarque à l’intention de son compagnon. Il tiendrait sa promesse, lui faisait part de ses convictions tout en s’accrochant à ces dernières comme pour se donner la force d’y croire vraiment. Et si les autres se plaignaient de l’homme qu’il était devenu, ce n’était clairement pas son cas. Pas à elle. Elle ne s’était toutefois pas attendue à provoquer une telle réaction chez son partenaire, sentant déjà sa main se raffermir sur la sienne tandis que l’autre partait désormais caresser doucement sa joue. Il se rapprocha encore et ce fut sans hésitation que la blonde se rapprocha du rebord du meuble, toujours assise dessus, et écarta les jambes afin de l’accueillir contre elle. Ces mêmes jambes, dénudées, s’enroulèrent ainsi autour de son bassin, se plaisant à effleurer ses cuisses, le bas de son dos, ses fesses. Peau contre peau. Un contact qui lui plaisait décidément de plus en plus. Mais elle n’avait pas encore tout vu.

Le plus important arrivait maintenant, tandis que Saffron caressait sa joue à l’aide de son pouce, ce qui était suffisant pour lui arracher l’ombre d’un sourire. Oui. Comment pouvait-elle détester cet homme qui lui faisait face, alors même qu’il lui offrait une tendresse qu’elle n’avait plus reçue depuis une éternité, tout du moins étais-ce l’impression qu’elle avait. Le sourire qu’elle arborait disparut toutefois bien vite, à peine le marin avait-il ouvert la bouche pour souffler ces quelques mots. Tu m'as dit qu'il fallait que je te montre ? Je te montre. Elle ne réagit pas encore, mais à peine saisit-elle la portée de ces mots que son partenaire vint presser ses lèvres contre les siennes, témoignant encore et toujours de cette tendresse qui lui était entièrement réservée. Le baiser n’est pas long, ni même fougueux, pourtant il lui coupe instantanément le souffle. Elyrian se fige, comprenant bien vite ce qu’il essayait de lui dire tout en respectant les règles qu’elle avait imposé un peu plus tôt. Pourtant elle n’est pas nerveuse, ou en colère, ni même sur le point de lui sauter au cou pour se mettre à lui avouer des sentiments qu’elle n’aurait pas voulu admettre plus tôt. Non, rien de tout ça. Mais elle s’immobilise tout de même, comme pour savourer l’instant, lui donner l’occasion de s’exprimer via ces gestes qu’il lui offrait et dont elle comprenait clairement le sens. Cette respiration qu’elle retient, ses caresses qu’elle stoppe, ce regard qu’elle ancre dans le sien, qui s’agite mais qui ne dévie pas, alors qu’il reculait à peine son visage. Comme ça. Méritait-elle seulement tous ces efforts ? Méritait-elle qu’il se batte ainsi contre les sentiments qu’il éprouvait, uniquement dans le but de satisfaire ses caprices ? Certes la danseuse continuait de penser que c’était trop tôt, qu’il était fou. Mais n’importe qui serait déjà parti devant un tel refus, n’importe qui l’aurait déjà délaissé, ce qui lui aurait donné raison sur la valeur des sentiments normalement éprouvés à son égard. Peut-être était-il sincère en fin de compte, fou mais sincère. Peut-être était-il vraiment amoureux, comme il avait pu aimer Nora. Peut-être ne devait-elle pas ainsi douter de la force de ses émotions. Pourtant elle ne peut pas s’en empêcher. Parce que l’amour c’est compliqué, dangereux, et ça l’est encore plus de nos jours. Mais, même compliqué, l’amour reste touchant. Et Elyrian ne reste pas insensible à ces attentions à son égard, à ces gestes, à ces mots. Ses propres lèvres s’entrouvrent, encore suffisamment proches de celles de son comparse pour qu’elle perçoive le souffle de ce dernier. « Tu… » La suite ne vient pas. Elle n’avait même pas vraiment réfléchi à ce qu’elle pourrait dire. Seul le pronom sort, tremblant, vacillant, troublé. Ce tout petit mot qui lui échappe, alors que le reste se coince dans sa gorge. Il n’y aurait pas de suite. Mais il n’y en avait probablement pas besoin.

La jeune femme inspire de nouveau, difficilement, après avoir pris conscience du fait qu’elle avait retenu son souffle jusque-là. Elle expire plus facilement toutefois, en sentant cette main dans ses cheveux. Seigneur ce qu’elle aimait ça, ces caresses qui se perdent dans sa chevelure, ces doigts qui la massent, qui jouent. S’il était plaisant de passer sa main dans la fourrure d’un animal, s’il était plaisant de l’entendre pousser des espèces de ronronnement à ce simple contact, alors le marin devait ressentir exactement la même chose. Car c’est ce qui se passe. Car si la blonde ne ronronne pas, elle ferme soudainement les yeux, inclinant légèrement la tête afin de coincer cette main si plaisante entre son crâne et son épaule, réclamant ainsi en silence qu’il poursuive, qu’il ne la retire jamais. Comme ça. Elle ne bouge pas, ainsi figée dans cette position, laissant sous-entendre qu’elle en voulait plus. C’était égoïste, et pourtant tellement bon. Si Saffron avait besoin de mots pour être rassuré, elle, avait besoin de gestes. Des gestes comme celui-ci, plus poignants que n’importe quel discours, plus troublants, plus doux, plus intenses. Tout était décuplé, son cœur battait à la chamade mais sa respiration, elle, demeure stable. Apaisée et emballée à la fois. Les lèvres de son compagnon se perdaient ainsi sur sa peau, contre ses lèvres à elle. Elyrian aurait été capable de lui en réclamer encore plus. En vérité c’est ce qu’elle fit, en se penchant légèrement en avant. Ses deux mains se posèrent à plat sur le torse du marin, effleurant les muscles du bout des doigts, remontant et descendant le long de la peau, jusqu’à ce qu’elle finisse par poser le sommet de son crâne contre ce même torse, doucement. Ce ne fut qu’à ce moment-là que ses mains se figèrent, immobiles, alors qu’elle esquisse un bref signe de tête, à l’image d’un chat venant se frotter contre vous, réclamant ainsi quelques caresses supplémentaires. C’était exactement ce qu’elle faisait. Elle voulait qu’il poursuive, alors qu’elle demeurait contre lui, inspirant doucement, humant son odeur, appréciant sa chaleur. Intérieurement, elle se félicitait de ne pas lui avoir donné le temps de se rhabiller. Elle aimait le savoir ainsi à sa portée, toute à elle, nu, et pas le moins du monde gêné par ça. La danseuse profite de l’instant encore quelques secondes, avant de reculer son visage, légèrement, juste afin d’avoir face à elle ce torse sur lequel elle s’était reposée. Elle y dépose alors quelques baisers, avant de souffler à son intention : « C’est quoi un type bien ? Est-ce que c’est quelqu’un qui sourit et demeure poli en toute circonstance ? Quelqu’un qui aide son prochain sans jamais rien demander en retour ? Un type prévisible, faible, naïf aussi peut-être. Après tout, qui pouvait se vanter de donner une définition concrète de ce qui était bien ou non, d’autant plus quand la société dans laquelle ils vivaient n’était clairement plus adapté. La blonde ne se pensait pas supérieure au point de pouvoir affirmer quelle morale adopter. Et surtout, elle n’irait pas le juger lui. Elle conclut alors sur le même ton, ses doigts partant enlacer le marin, glissant ainsi le long de son dos, faisant preuve d’une douceur et d’une lenteur presque cruelles. T’es mon type. Et c’est tout ce qui compte. » N’étais-ce pas là ce qu’il avait réclamé d’elle de toute manière ? Il ne voulait pas qu’elle pense à d’autres hommes que lui. Car il était son type d’homme. Son type à elle.

La conversation était sérieuse, tendre, rassurante. Mais de ce fait elle lui rappelle la gravité de la situation, la douleur éprouvée à la mort de son père, les souvenirs qu’il venait de raviver. Le fait de se chuchoter des mots doux lui rappelait qu’il en avait eu besoin, tout comme cette étreinte avait été nécessaire pour elle. Sauf qu’elle n’en voulait plus. Elle ne voulait plus de ce sérieux alarmant, de cette tendresse qui ne servait qu’à masquer leurs cicatrices respectives. Alors elle cherche une feinte, et en trouve une bien plus vite que prévue, inspirée par cette même douceur qu’elle désirait soudainement fuir, en partie du moins. Se reculant alors légèrement, la jeune femme se redresse progressivement, imposant de nouveau une distance raisonnable entre leurs bustes, ses jambes restant toujours pressées contre le bassin du brun. Les mains qu’elle avait posé sur son torse devinrent des index, qu’elle vrillait ainsi sur sa peau, comme accusatrice. Sauf qu’en vérité ce n’était qu’un moyen, inutile certes, de préciser que la question à venir lui était adressé. Ces mêmes index tapent soudainement la mesure alors qu’elle se penche légèrement en arrière, l’ombre d’un sourire moqueur aux lèvres. Pour l’heure la blonde semblait être amusée par une blague qu’elle seule connaissait. Elle ouvre la bouche, prête à parler, la referme, détourne les yeux, se mord la lèvre et finit par replanter son regard dans le sien, les sourcils froncés non pas par colère mais bien par amusement. Encore et toujours. La question fuse alors. « T’es du genre romantique ? Ok, il y avait clairement de quoi être décontenancé par cette interrogation, soudaine, qui paraît presque décalée au vu de la situation jusqu’ici, mais qui pourtant semble correspondre au thème. Son sourire s’élargit alors qu’elle daigne préciser. Au début je pensais que c’était vraiment pas ton genre, mais maintenant je me pose des questions. Donc j’en sais rien… Est-ce que t’es le gars qui fera la cuisine de bout en bout et proposera un super dîner aux chandelles ? Ou encore, te lancer dans une valse pour faire plaisir à la nana alors même qu’il y a du monde ? Le petit-déjeuner au lit accompagné d’une rose ? Je sais pas. La situation l’amusait enfin. C’était peut-être des questions idiotes, mais elles avaient le don de lui faire du bien, et mine de rien elle était vraiment curieuse. Aux yeux de la blonde ce sont surtout ces petits détails qui revêtent de l’importance, c’est ça qu’elle désire savoir, ce petit plus insignifiant qu’elle serait la seule à connaître, en plus de tout le reste. Et elle se prête au jeu, plus que ça même, ça l’emballe au point qu’elle ramène soudainement ses mains contre elle, tapant des paumes, croisant les doigts avant de pointer sur lui ses deux index ainsi collés l’un à l’autre. Le regard brillant, elle rajoute. Mieux ! Quel est le plus beau cadeau que tu ais fait par amour ? Je parle pas forcement de quelque chose de matériel hein, si tu as fait quelque chose que tu détestes et que tu ne ferais jamais d’ordinaire, c’est bien aussi. » A ses yeux c’était même mieux. Parce qu’un cadeau, ça s’achetait, c’était facile au fond bien qu’avoir les idées soient plus compliquées. Faire l’effort de subir soi-même quelque chose que l’on déteste afin de faire plaisir à l’autre, c’était plus difficile, mais elle jugeait cela plus touchant. Quoi qu’il en soit la blonde ne cessait donc de le fixer, l’œil brillant, curieuse et amusée. Il était certain que s’il le lui demandait, elle répondrait à chacune des questions qu’elle avait posé, comme un juste retour des choses.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Jeu 18 Sep - 15:13

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Il ne parvenait pas à comprendre comment Elyrian pouvait être aussi confiante vis-à-vis de sa soeur. C’est vrai, après tout, comment pouvait-elle affirmer que Cameron s’en sortirait ? Oh, il ne lui en voulait pas, il savait que c’était uniquement pour lui apporter du réconfort qu’elle lui disait ça, mais d’un autre côté, il avait du mal à la croire. C’était plus fort que lui. Elle ne connaissait pas son monde. Elle ne savait pas avec quelle force les vagues frappaient, avec quel violence le vent soufflait quand ciel et terre se décidaient à remuer tout ce qu’ils trouvaient. C’était à cause de ces mêmes vagues et de ce même vent que Saffron se retrouvait ici. Il n’avait pas su tenir la barre. Il n’avait pas pu aider Gialo, et il l’avait perdu. Non, Elyrian ne pouvait définitivement pas comprendre. L’océan ne lui rendrait pas Cameron, pas après tout ce temps. C’était une idée à laquelle il s’était faîte depuis longtemps. Personne ne lui rendrait sa soeur.
Mais c’était tellement doux, tellement attentionné de la part de la blonde qu’il ne put lui en vouloir. C’était trop beau. Il aurait été le pire des salauds s’il s’était mis à lui crier que sa soeur ne reviendrait pas et que c’était comme ça. Il était déjà le pire des salauds avec les autres, et il n’avait aucune envie de l’être avec elle. Pas quand il ressentait cette attirance, cet amour pour elle. Il ne pouvait pas lui en vouloir, et il n’avait pas le droit. Pas après tout ce qu’elle avait fait pour lui.
Et il prit soin de lui expliquer, de lui dire à quoi ressemblaient tous ces trucs à la con dans son esprit. Ça n’était pas bien compliqué. Elle le savait. Il n’eut pas besoin de beaucoup de mots pour lui expliquer et lui faire comprendre où il voulait en venir. Elyrian n’était pas bête. Elle savait, bien sûr qu’elle savait. Elle était peut-être — sûrement — tombée sur le pire type qu’elle pouvait espérer. Saffron détestait se sentir ainsi, se sentir inférieur, pas assez bien. Ely comptait pour lui, indéniablement, et il avait peur de lui faire du mal avec tout ce qui faisait de lui ce qu’il était. Ses démons, ses conneries. Son obsession. Devait-il lui parler de son bateau, qui l’attendait et qu’il avait  prévu de réparer ? Devait-il lui parler du marché qu’il avait conclu avec Roy ? Il lui avait tant dit, tant dit, mais ça, c’était caché, c’était trop profondément enfoui en lui pour qu’il se décide à lui faire part de ses plans. C’était surtout trop tôt. Et puis, qu’est-ce qui lui faisait croire que s’il lui proposait de partir en mer avec lui, elle accepterait ? Elle avait déjà jeté un froid sur sa déclaration, comment réagirait-elle alors ? Saffron était incapable de le dire.
Mais elle s’en fichait. Elle se fichait de tout ce qu’il pouvait être, elle le lui disait clairement. Et son soulagement fut tel que ces trois petits mots lui revinrent à l’esprit. Comme le refrain d’une chanson qu’il ne parvenait pas à se sortir de la tête. C’était terrible. Il avait envie de le lui crier, de le lui hurler, tel un loup hurlant à la lune pour donner sa position. Il voulait lui donner la sienne. Il voulait qu’elle sache où il en était. Ce qu’il en pensait. Mais il n’osait pas. La première fois lui avait amplement suffi. Alors, ce qu’il fit… il décida le lui dire, mais différemment. Tout en tenant compte de ses jambes qu’elle avait écartées pour les enrouler autour de son bassin, il déposa un baiser sur les lèvres de la blonde, ni trop rapide, ni trop lent. Juste ce qu’il fallait pour qu’il la sente s’immobiliser. Cesser ses caresses dans sa nuque. Il était plutôt content de son petit effet, mais il ne s’arrêta pas là. Et Elyrian voulut dire quelque chose, elle commença sa phrase par un « Tu… » auquel elle ne donna cependant pas suite. Il continua alors à embrasser sa peau tout en continuant à passer sa main dans ses cheveux blonds, délicatement. Les rendant presque électrique. Et Ely qui se faisait fauve, féline, qui semblait ronronner sous ses caresses et ses baisers. C’était quelque chose galvanisant, de la sentir trembler de plaisir sous l’eau, contre lui. Il la regarda se tordre, se tortiller, coincer sa main entre son épaule et sa tête pour l’inciter à continuer. Ce qu’il fit. Et il la regarda se pencher sur lui, poser ses mains sur son torse, avant de venir y appuyer sa tête. Lui, il enchaînait les caresses dans sa chevelure, explorant l’arrière de sa tête. Il ne pouvait s’empêcher de sourire tout en continuant. Elle était à lui. Rien qu’à lui. En quelques caresses, il la mettait à ses pieds. Comme elle le mettait à ses pieds d’une simple caresse à un endroit où bien d’autres auraient perdus leurs dents s’ils y avaient touché. Personne ne touchait sa hanche, personne sauf lui. Et encore, il n’éprouvait aucun plaisir à sentir la peau abîmée sous ses doigts. Cela ne lui rappelait que trop de mauvais souvenirs. Mais Ely, elle, pouvait.
Saffron la regarda se redresser légèrement pour venir déposer plusieurs baisers sur son torse. Lui continuait d’enrouler ses doigts autour de ses cheveux, les rendant toujours un peu plus électriques. Elle lui demanda ce que c’était, un type bien. Si c’était quelqu’un de droit, de poli, de naïf et de faible. Il savait ce qu’elle voulait dire par-là. Tout était révolu. Les codes étaient cassés, les règles n’avaient plus leur place. Mais pouvait-elle pour autant le qualifier de bon ? Saffron n’en savait rien. Il ne se sentait pas bon. Il se sentait mauvais. Sa main se figea dans la chevelure de la blonde. T’es mon type. Et c’est tout ce qui compte. Il resta immobile pendant quelques secondes, puis il vint déposer un baiser sur ses mains, les deux, posées sur son torse, se penchant pour cela.
Puis, Ely se redressa. Il regretta qu’elle le fasse, car elle se reculait, et la distance, même infime, qui les séparait, le rendait fou. Et ce t-shirt, trop grand, qui lui appartenait mais qu’il voulait juste réduire en pièces à cet instant précis. Il se concentra alors sur les mains d’Elyrian qu’elle avait retirées pour ne laisser plus que ses index sur lui. Il plissa doucement les yeux, un sourire aux lèvres. Lorsque la question tombe, il tombe avec, et de haut. Romantique, lui ? La surprise se pouvait se lire sur son visage, évidente. Il laissa alors son regard vagabonder dans la pièce tout en réfléchissant. Romantique, lui ? La question restait dans son esprit, constante. Il réfléchissait. L’était-il ? Il n’en savait trop rien. Qu’est-ce que c’était, être romantique ? Il n’eut pas le temps de le lui demander, car Elyrian repartait déjà. Elle se mit à lui dire s’il était le gars qui faisait la cuisine et proposait des dîners aux chandelles, ou s’il était capable de se lancer dans une valse pour lui faire plaisir, ou encore s’il lui était déjà arrivé d’apporter le petit-déjeuner au lit avec une rose. Il ne put s’empêcher de rire doucement. C’était donc ça, être romantique ? Il posa ses mains à plat sur les cuisses nues de la jeune femme, plus par distraction que par réelle enfin de la rendre folle, et répondit : « Je cuisine plutôt bien, mais je suis désolé de te l’apprendre, je suis un terrible danseur. C'est vrai, je suis absolument nul. Et… si tu me permets de t’emprunter un plateau, j’essaierai de faire de mon mieux pour te servir tes marmottes fraîches le matin. » Il plaisantait bien, sûr, d’ailleurs il ne put s’empêcher de rire à ses propres conneries, avant de reprendre : « Romantique, moi, j’en sais rien. C’est dur à dire. » Et ça l’était. Il ne se rappelait pas l’avoir été, ou alors il l’avait oublié. Peut-être l’avait-il été avec Nora. Il ne savait plus trop. C’était trop loin, et surtout trop douloureux pour qu’il se lance dans une réflexion. Ely avait retiré ses index de son torse, mais cela ne l’empêcha pas de les pointer vers lui, ses mains alors jointes, pour lui poser une nouvelle question. Quel était le plus beau cadeau qu’il ait fait par amour. Il fronça les sourcils. Lui qui s’empêchait de penser à Nora ne pouvait plus rien y faire désormais. Il inspira profondément pour s’empêcher de repartir comme il l’avait fait, et sa main droite s’accrocha fermement au t-shirt d’Ely — son t-shirt, actuellement. Quel était le plus beau cadeau qu’il ait fait par amour. Il tâcha de se souvenir, de ne penser qu’aux bons moments partagés. C’était il y a si longtemps. Il réfléchit encore un peu, puis déclara, baissant la tête : « Tu vas rire. » Il avait trouvé, mais il était pratiquement certain qu’elle se moquerait de lui. Il attendit quelques secondes avant de convaincre que ce n’était pas si ridicule que ça, puis il déclara : « Il y a ces perles, qu’on trouve dans les huîtres, près de Kenaï. Elles sont assez rares, je crois. J’en avais trouvé deux. » Il se gratta la tête, nerveux, puis continua : « C’est pas grand-chose. Je les ai reliées à une chaîne, j’en ai fait un collier, et voilà. C’est pas grand-chose. J’étais jeune. » L’excuse. L’excuse de la jeunesse. Il ne savait pourquoi, elle lui était venue à l’esprit, comme ça, tandis qu’il se remémorait les deux perles, d’un blanc laiteux, qu’il avait jointes à la chaîne en argent, avant de la donner à Nora. Il ajouta, comme pour se justifier : « Je devais avoir vingt ans. »
C’était bizarre. C’était bizarre que de lui racontait ça. Et il se surprenait. Il se surprenait à ne pas sombrer, ce pourquoi il lâcha progressivement le pan de t-shirt sur lequel sa main s’était refermée. Il posa ensuite son regard sur celui d’Elyrian, s’attendant à ce qu’elle éclate de rire avec une appréhension presque farouche, d’enfant qui a peur qu’on se moque de lui.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Jeu 18 Sep - 20:47








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle ne pouvait pas résister, pas à cette main dans ses cheveux, caressante, douce. En vérité elle aurait pu passer des heures, allongée contre lui, s’abandonnant à son exploration tactile, sans rien faire d’autre. C’était ce qu’elle désirait à vrai dire, ce qu’elle faisait, en se laissant aller contre son torse, les yeux clos, soupirant contre lui et agitant doucement la tête afin de réclamer ces attentions qui lui plaisaient tant. Elle se doute que la situation doit l’amuser, tout comme cela l’aurait amusé si la situation avait été inversée. Elle imagine la satisfaction qu’il tire de l’instant, à la voir si docile, la voir réclamer tendrement. Oui. Elle ne rangeait ses crocs, ne baissait ses armes et ses défenses, qu’en sa présence. Lui. Car il était son type, son type d’homme, il était sien. Si son commentaire ne reçoit pas de réponse, la blonde ne s’en offusque pas. Il n’y avait de toute manière plus rien à en dire, et cela ne l’avait pas empêché de prendre note de ce baiser qu’il avait déposé sur ses mains. Le message était passé, c’était là tout ce qui comptait à ses yeux. Cependant, si la situation était plaisante, si cette tendresse l’apaisait, cela lui rappelait le début de leur conversation. Cela lui rappelait ce cadre qu’il avait délaissé pour ne pas la torturer, la culpabilité qui le rongeait en songeant à sa sœur. C’était triste, trop. Aussi voulut-elle tenter autre chose, se reculant légèrement pour ça, conservant de prime ses mains sur le torse de son compagnon afin de taper la mesure sur sa peau, usant de ses index. Elle aussi, ça la dérangeait, cette absence de proximité totale, mais ce fut en songeant au fait qu’elle pourrait y remédier après qu’elle lui posa alors cette question ô combien déroutante. Et elle s’amuse aussitôt des réactions du marin, son sourire s’accentuant devant ses traits surpris, l’émeraude de ses yeux se mettant à étinceler lorsqu’elle l’entend rire. Elle aimait son rire, mais se garde toutefois de faire le moindre commentaire, se contentant de guetter une réponse. D’instinct elle baisse les yeux sur les mains de son compagnon quand celui-ci les dépose sur ses cuisses dénudées, lui arrachant un frisson. Il avait certes arrêté de caresser sa chevelure, au vu de sa façon de s’éloigner de lui, mais il continuait de la toucher toutefois et cela lui plaisait. Elle se raccrochait au moindre contact, comme un fil infime qui les liait encore. Ce fil était essentiel, elle y tenait, sincèrement. Et après s’être concentrée quelques secondes sur la chaleur qu’il lui procurait avec ce simple contact, elle finit par relever les yeux vers lui, sourire aux lèvres.

Ainsi il cuisinait bien. C’était un bon point, très bon point à vrai dire, parce que de son côté elle était absolument nulle aux fourneaux. Ce n’est pas pour rien qu’elle s’abstenait systématiquement de gérer les repas au camp, préférant laisser les autres s’occuper de cette tâche, prétextant avoir fait sa part du travail en chassant les bestioles en question. Le brun était cependant un piètre danseur, il s’en excusait même, ce qui suffit à accentuer le sourire de la blonde, cette dernière partant se mordiller la lèvre doucement, amusée. Elle finit par rire franchement, presque en même temps que lui, lorsqu’il évoqua la possibilité de lui ramener ses marmottes au lit le matin, bien fraîches. C’était ridicule, et elle adorait ça. Une fois cet éclat de rire maîtrisé, la jeune femme va alors souffler à son intention, son regard ancré dans le sien : « Adorable. Vraiment. » Elle se rapproche de nouveau, l’une de ses mains venant se poser avec douceur sur sa hanche balafrée, l’autre remontant le long de son cou, redessinant les lignes de sa mâchoire à l’aide de son pouce. Il avait raison, être romantique, c’était une notion un peu abstraite au fond. Elle-même serait incapable de savoir si elle était de ce genre ou non, bien qu’elle pencherait plus volontiers pour le non au vu de son incapacité flagrante à lui dire qu’elle l’aimait, par exemple. Mais même si la définition de ce terme n’était pas clair, ça ne devait pas les empêcher d’en parler, par jeu. Et ce jeu lui plaît, voir le marin se plier à ses questions lui plaît, c’est ce qui l’incite à se pencher, venant ainsi s’emparer tendrement de ses lèvres, se délectant de ce simple contact. Et si elle recule, ce n’est que pour lui poser une nouvelle question. Elle voulait savoir ce qu’il avait pu faire par amour, un cadeau qu’il avait pu offrir, une attention toute particulière, un choix peut-être. Qu’importe. Mais elle voulait savoir, soudainement curieuse. Peut-être étais ce cruel de le questionner ainsi sur sa manière de gérer ses amours, alors même qu’elle savait qu’il n’avait vraiment aimé que Nora, et que cette dernière était désormais morte. Pourtant elle espérait qu’il comprendrait qu’elle ne souhaitait pas raviver les mauvais souvenirs, mais bien les bons. Ce n’était pas une question sur Nora, mais bien une question qui le concernait lui, sa façon d’être, de se comporter. Ses choix, ses sacrifices, ses amours. C’était sa vie à lui qui l’intéressait, sa façon de la gérer, de la vivre.

Mais il se crispe, et elle s’en veut. Elle craint d’avoir mal agi, d’instinct elle tente de se rattraper en délaissant la hanche de son compagnon pour poser sa main sur la sienne, qui enserrait ce t-shirt qu’elle portait. Délicatement, mais avec fermeté, elle l’oblige à lâcher le tissu afin de mêler ses doigts aux siens, les entrelaçant doucement, serrant un peu plus par la suite. Elle était là. Elyrian respire doucement, incitant son cœur à se calmer. Elle ne devait pas être nerveuse, sans quoi il était clair qu’il le serait aussi. Alors elle se contente de se montrer présente, conservant son sourire, sa curiosité, sa douceur. Guettant une réponse. Une réponse qu’il finit par lui offrir, ce qui acheva de la soulager. Apparemment il était persuadé qu’elle allait rire devant son aveu. « Probablement. Raconte quand même. Elle riait toujours, quand il s’agissait de romantisme, de mots doux, d’affection que l’on prouve par des cadeaux et des gestes. Elle riait toujours en apprenant ce que les autres faisaient, trouvant cela drôle uniquement parce qu’elle n’était pas la cible de cette affection. Mais dans le fond elle ne pouvait s’empêcher d’être touchée, envieuse des cadeaux d’autrui, de ces attentions. Ce n’était pas tant les cadeaux qu’elle enviait ceci dit, mais plutôt le fait d’avoir quelqu’un qui peut vous les offrir. C’était beau, d’avoir quelqu’un à ses côtés. Beau de voir qu’il pensait à vous, et vous le prouvait. Mais la blonde quitte sa rêverie en entendant la voix de Saffron, ce dernier daignant enfin lui répondre. Plus que ses propos, ce fut sa nervosité qui capta la danseuse, cette manière qu’il avait de se gratter la tête, gêné, alors qu’il évoquait ces perles, si rare à Kenaï. Il en avait fait un collier. Ce n’était pas grand-chose, qu’il disait. J’étais jeune, qu’il ajoutait. Elyrian l’observa se trouver ainsi des excuses, aussi inutiles qu’elles soient. Il avoua alors avoir vingt ans à l’époque, ce qui ne la surprend guère. Ce collier, il était pour Nora, elle l’avait parfaitement compris. Sauf que finalement, elle ne rit pas, ce qui ne l’empêche pas de s’autoriser un large sourire, amusé. Sa main restait liée à celle de son compagnon, sur sa cuisse, alors que l’autre effleurait sa joue avec douceur. Ce fut toutefois sur le ton de la moquerie qu’elle reprit la parole. C’est vrai que tes vingt ans, c’était il y a longtemps pas vrai ? Haussant les sourcils, provocante, elle rajoute alors dans un souffle, plus doux, inclinant légèrement la tête sur le côté. C’est mignon ceci dit. » Et elle le pensait. Encore une fois elle ne se permettrait pas de juger ce qu’il avait pu faire pour Nora, surtout pas le juger de manière négative.

Gardant le silence un instant, la blonde comprend qu’il ne lui retournera pas les questions. Si bien qu’elle hésite, se demandant si cela ne faisait pas trop prétentieux de parler de ça d’elle-même. Finalement elle se rappela la manie de son compagnon à parler essentiellement de lui, à poser peu de questions, ce qui ne le rendait pas moins curieux. Elle fut donc tentée de répondre à ces questions qu’elle avait formulé, pour finalement abandonner l’idée, préférant se focaliser sur lui. Sourire aux lèvres, elle précisa alors, prenant ainsi en compte les informations qu’il avait pu lui donner plus tôt. « J’espère qu’un jour t’auras l’occasion de me faire à manger alors, enfin je parle d’un vrai repas. Moi je suis nulle, mais vraiment nulle en cuisine. Je me contente de pâtes et de riz. Concernant la danse… Elle raffermit l’emprise de ses jambes autour du bassin de son compagnon, avant de rajouter, taquine et provocante dans le même temps. Je t’apprendrais. Et elle l’embrasse, après avoir glissé sa main jusqu’à sa nuque pour attirer son visage auprès du sien. Ce ne fut qu’une fois le baiser, tendre, rompu, qu’elle daigne alors demander, de nouveau curieuse au possible. Pourquoi des perles de Kenaï ? Je pensais que tu voyageais depuis un moment, pourquoi t’as pas voulu faire un cadeau qui viendrait d’ailleurs ? Bien vite, elle précise, en guise de conclusion. C’est qu’une question hein beau gosse, je juge pas. » Elle voulait juste savoir, tout savoir. Elle voulait comprendre le cheminement de ses pensées, ses réflexions, ce qui l’incitait à faire telle chose plutôt qu’une autre. Elle voulait tout connaître de lui, à pour la blonde, cela passait par ce genre de questions, superficielles qu’en apparence.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Ven 19 Sep - 16:21

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Si Saffron pouvait se vanter de quelque chose, c'était bien ses talents de cuisinier. Il avait dû manger presque toutes les sortes de poissons qui existaient, et savait tout aussi bien comment les préparer. Or, lorsqu'ils étaient à la mine, il se contentait de planter les poissons qu'Ely et lui pêchaient sur des branches dénudées et de les faire griller au-dessus du feu. La réelle cuisine lui manquait. À première vue, il n'avait pas l'air de quelqu'un sachant cuisiner. C'était son côté surprenant. Tout le monde avait un côté surprenant. Ely elle était danseuse. Roy sans doute un genre de rock star au vu de ce qu'il savait faire à la guitare. Et il en passait. Tout le monde avait des secrets, des talents cachés. Saffron, lui, était excellent cuisinier. C'était sa mère qui l'avait initié à la préparation des poissons quand il était tout gosse. Saumon, daurade, raie, sole. Plus un seul poisson n'avait de secrets à ses yeux. Hormis les squales.
Mais danser, ça. Ça, il ne savait pas faire. Et parce qu'il ne savait pas faire, il n'osait pas. Il n'avait jamais été fan de soirées étant jeune, les boums et autres pyjama parties ne l'attirant guère en raison des résultats finaux. Boire pour boire. Il avait toujours trouvé ça ridicules. Les jeux d'alcool encore plus. Boire, c'était forcément en faire trop. C'était glisser sa main sous la jupe d'une fille en croyant que ça lui plairait, se prendre la baffe du siècle, devenir violent, et déclencher des bagarres. Saffron ne buvait que lors des grosses tempêtes, et des petites occasions. Il n'était pas accro à l'alcool, mais il ne disait jamais non à une bouteille de rhum. Mais pour en revenir à la danse... Non. C'était le seul domaine dans lequel il n'aimait pas se donner en spectacle, avoir l'attention de tout le monde. Le ridicule ne tuait pas, c'est vrai, mais il marquait les esprits, et Saffron voulait tout sauf qu'on se rappelle de lui parce qu'il dansait mal. Alors, c'était simple. Il ne dansait pas. Pas même un petit pas de jitterbug, rien. Et Dieu savait ce qu'il avait aimé voir sa mère danser le jitterbug. Elle était fan de tous ces chanteurs de jazz et de swing dont il avait oublié le nom. C'était une autre époque.
Il dit ensuite à Ely qu'il pourrait lui servir ses marmottes fraîches si elle le laissait prendre un de ses plateaux, et tandis qu'il riait, son rire déclencha celui de la blonde, et il se surprit à la regarder faire avec des yeux digne d'un merlan fris. Si la comparaison n'était pas très glorieuse, le résultat était cependant ce qu'il était. Adorable. Vraiment. Il haussa les épaules dans un petit geste amusé, sans se détacher de son sourire. Il la regarda alors se rapprocher, glisser une main le long de sa hanche droite, et une autre le long de sa mâchoire. Il frissonna autant pour l'une que pour l'autre. Il aimait tellement qu'elle le touche. Il aimait tellement quand c'était elle qui renouait le contact, quand c'était elle qui décidait si oui ou non, il pouvait la toucher, ici, lui dire ceci, lui dire cela. Et Dieu qu'elle était diablement belle dans ce t-shirt mille fois trop grand pour elle. Dieu qu'elle était belle avec ses cheveux décoiffés, ses lèvres abîmées. Ses lèvres qui retrouvèrent finalement les siennes, et Saffron ferma les yeux, soupirant de bien-être en même temps. Se concentrant autant sur le baiser que sur cette main sur sa hanche, qui détaillait sans la moindre gêne les endroits où les dents s'étaient plantées, les endroits où il manquait un peu de chair, où la peau était blanchâtre, comme froissée. Comme une feuille que l'on aurait gommée sans la tenir.
Mais Elyrian mit fin au baiser, et Saffron se pencha en avant dans le but de suivre ses lèvres, de ne pas les lâcher, mais il finit par les libérer, ne pouvant se pencher plus loin. Et une autre question fusa, presque aussitôt. C'était intime, c'était compliqué, et si Saffron ne s'était pas rattaché à ces bons souvenirs qu'il avait partagés avec Nora, il aurait sans doute à nouveau sombré. Une chose était sûre, Elyrian avait le don de lui faire perdre la boule. Complètement. Et tandis qu'il cherchait cette chose qu'il avait pu faire, cette plus belle chose qu'il avait pu offrir par amour, il s'accrocha au t-shirt qu'elle portait. Mais la blonde délogea bien vite ses mains, pour les prendre dans les siennes, enlacer ses doigts aux siens. Et cela aida Saffron. Cela l'aida grandement. Parce qu'il comprenait ce qu'elle voulait dire, sans pour autant avoir parlé. Il savait. Elle était là, et elle le lui montrait de cette manière. Ses réflexions le poussèrent à baisser la tête, tandis qu'il finissait par trouver ce qu'il allait répondre. Et il sentait déjà le ridicule le noyer sous ce qu'il allait dire. Il s'attendait déjà au rire moqueur d'Elyrian. Alors, il la prévint. Il lui dit. Il était sûr et certain qu'elle allait rire. Probablement, qu'elle lui répondit. Raconte quand même. Ce qu'il fit, non sans nervosité. Parce que si ces souvenirs sont heureux, s'ils sont beaux et paisibles, ils sont rattachés à une seule et même personne : Nora. Et il revoyait les perles, il se revoyait les trouver. Il n'avait jamais été aussi content de trouver quelque chose. Il avait tout de suite pensé à elle, à cet instant. À qui aurait-il pu les offrir d'autre ? Il ne connaissait que Nora, et surtout, il n'aimait qu'elle. Il raconta alors à Elyrian comment il les avait trouvées, quelle chance il avait eue, comment il avait relié les perles à la chaîne. Mais il n'alla pas plus loin dans ses réflexions, il n'alla pas jusqu'à se souvenir quelle réaction elle avait eue. Il releva seulement sa tête et ses yeux pour observer la réaction d'Elyrian, et malgré son appréhension, les excuses qu'il s'était trouvée, elle ne lui rit pas au nez. Non. Elle se contenta d'effleurer sa joue, doucement, avant de lui dire que ses vingt ans, c'était il y a longtemps. Et Saffron retrouva le sourire presque aussitôt. Elle se moquait de lui. Délibérément. Et il ne put s'empêcher de libérer une de ses mains pour aller lui pincer le nez, gentiment, tendrement, en guise de réponse à sa petite provocation. Dans le même temps, il guettait une réaction de sa part. Et lorsqu'elle finit par admettre que c'était mignon, il hocha la tête sans cependant répondre. Oui, d'une certaine manière, ça l'était.
Saffron ne lui retourna pas de questions, parce qu'il n'y avait même pas pensé. Pas par égoïsme, seulement parce qu'aucune question ne lui était venue à l'esprit. Mais soudain, un sourire étrangement taquin se dessina sur les lèvres de la blonde, qui lui avoua avoir très envie qu'il lui fasse à manger un jour. Elle avait envie d'un vrai repas. Il l'écouta lui dire qu'elle ne se contentait que de pâtes et de riz, et cela le fit rire. Énormément rire. Mais il se calma, car elle raffermit sa prise autour de son bassin, avec ses jambes en même temps qu'elle lui promettait silencieusement qu'elle lui apprendrait à danser. Il voulut répondre, mais elle ne lui en laissa pas le temps. Elle l'embrassa, glissant sa main dans sa nuque, et lui ne peut s'empêcher de glisser ses mains sous le t-shirt, à la recherche de ses hanches à elle, avant de faire remonter ses mains dans son dos, toujours sous le tissu. Mais une fois de plus, Ely mit fin au baiser, et il gronda pour montrer son mécontentement, cherchant une fois encore à rester accroché à ses lèvres. Mais lorsqu'il entendit ce qu'elle avait à lui dire, il planta son regard dans le sien. Pourquoi des perles de Kenaï ? La réponse paraissait simple, pour lui. Oui, il avait beaucoup voyagé, et longtemps. Il répliqua tout en s'emparant de la main d'Ely et en la confrontant à la sienne, paume contre paume : « C'est simple », commença-t-il. « J'étais de Kenaï, elle était de Kenaï. Je voulais quelque chose... de Kenaï. Quelque chose qui me rappellerait d'où je viens, et pourquoi je devais revenir. » C'était sincère, il ne pouvait pas faire plus sincère. Il observa ensuite sa main, et celle d'Elyrian, contre la sienne. Compara leurs tailles respectives du regard. Jusqu'à ce qu'une question lui vienne en tête. Elyrian lui avait parlé de romantisme, de cadeaux. Et elle ? Qu'en était-il pour elle ? Pourquoi craindre l'amour, le détester avec autant de force ? Saffron dit tout en adoucissant encore plus sa voix : « Est-ce qu'il y en a eu un autre ? Avant moi, je veux dire. » Il se traita aussitôt d'idiot. Bien sûr qu'il avait dû y en avoir un autre, sans doute même plusieurs autres. Ely était magnifique. Et adorable. Comment d'autres hommes n'avaient-ils pas pu craquer, comme il avait craqué lui ? Il se reprit alors : « Est-ce qu'il y en a un qui a compté plus que les autres ? » Il était curieux, il voulait savoir. Il voulait savoir s'il était vraiment son genre à elle. Il pencha doucement la tête sur le côté sans s'en rendre compte, de cette façon qui lui était tant caractéristique.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Sam 20 Sep - 2:45








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Il frissonnait sous ses mains, et elle aimait ça, de constater chaque fois un peu plus qu’elle ne le laissait pas indifférent. Jamais. Alors elle poursuivit, effleurant sa hanche, redessinant les contours de sa mâchoire du bout de l’index, avant de s’emparer de ses lèvres. Elle avait souri en le voyant faire durer le baiser, poursuivant sa bouche alors même qu’elle s’éloignait de lui, envieux au possible. La blonde se sentit désirée, cela l’amusa, mais cela ne l’empêcha pas de se laisser aller à sa curiosité naturelle, en venant ainsi le questionner sur le plus beau cadeau qu’il ait pu faire à Nora. Cela devait forcement compter pour lui, et malgré les mauvais souvenirs, la danseuse s’assura de le soutenir au mieux, n’ayant guère besoin de mots pour cela. Elle s’était contentée de s’emparer de sa main, mêlant ses doigts aux siens afin de lui rappeler qu’elle était là, contre lui. Elle ignore si ce simple geste a eu un réel impact, mais son compagnon daigne lui livrer une réponse, non sans une certaine nervosité. Pourtant elle n’avait pas ri, certes elle n’avait pas pu retenir un sourire franchement amusé, une pointe de tendresse venant toutefois se nicher au fond de l’émeraude de ses yeux. Car c’était beau, précieux, instinctif, spontané. C’était un cadeau, que sa fiancée avait dû aimer et chérir comme il le méritait, aussi ne se voyait-elle pas le juger. On ne jugeait pas un cadeau. Mais l’on peut se moquer de l’homme qui vous fait ces confessions, et c’est ce qu’elle fait, affirmant sans retenue que les vingt ans de son compagnon devaient remonter à loin désormais. Son regard se met à étinceler de malice et de provocation, malgré cette main qu’elle glisse doucement le long de sa joue. Elle se foutait de lui, clairement, ce qui eu le mérite de balayer les dernières appréhensions du brun, au vu du sourire qu’il se mit lui-même à arborer. Et puis cette manière qu’il avait de pincer son nez, en une vengeance ô combien délicate. Il aurait pu lui donner une tape sur la tête que l’effet aurait été le même, en un peu moins doux peut-être. Mais non, il s’était contenté de ça, et Elyrian prit note de cette manie qu’il avait de toucher à son nez, frottant le sien contre ce dernier avec tendresse, ou venant ainsi le coincer entre ses doigts. Cela suffit à l’amuser, considérablement, à lui donner l’envie de se dégager de cette faible étreinte pour sortir les crocs, si bien qu’elle tente de happer entre ses dents cette main à sa portée. Elle échoue toutefois, mais qu’importe, là n’était pas le but. Car malgré tout elle se reprend, affirmant dans un souffle plus doux qu’elle trouvait ça mignon. Et c’était sincère.

Le visage légèrement incliné, la jeune femme vrille son regard dans le sien, l’observant hocher la tête en guise de seule approbation. Elle se demandait s’il trouvait toujours ça ridicule. Avait-il vraiment pensé une seule seconde que ce cadeau avait été stupide ou futile ? Ou alors sa peur d’être la cible de railleries avait-elle était la seule raison qui l’avait poussé à se justifier autant. La blonde hésite, doute, et finit par en arriver à la conclusion qu’il tenait à cette idée de cadeau plus qu’il ne voulait l’admettre. Il avait trouvé cela judicieux et nécessaire sur le moment, probablement recommencerait-il si on lui donnait l’occasion d’un saut dans le temps. Ses réflexions ne durent pas longtemps, car soudainement elle préfère s’ouvrir un peu. Si lui avait admis volontiers être un piètre danseur, elle se confiait à son tour sur ses talents de cuisinière absolument désastreux. C’était pitoyable, digne d’un étudiant –dont elle avait probablement l’âge à vrai dire- qui quitte son foyer pour la première fois et se retrouve contraint de se faire à manger, seul. Elle n’en avait pas vraiment honte, son côté féministe ne cessant de lui crier qu’après tout une femme n’avait pas forcement à être douée dans ce domaine, même si elle espérait bien cacher ce détail aux autres le plus longtemps possible. Elle ne voulait pas être source de railleries, car elle savait qu’elle s’énerverait forcement, or elle s’énervait suffisamment souvent ces temps-ci. Inutile d’en rajouter une couche, surtout pour si peu. Mais alors qu’elle lui faisait part de son incapacité à cuire un plat décent, son aveu fut accueilli par un véritable fou rire, franc, irrépressible. Un rire qui dure, qui l’amuse intérieurement mais qui l’incite également à froncer les sourcils. Elle fait la moue, faussement vexée et blessée par ces moqueries exprimées, sans véritables mots toutefois. Ses jambes se resserrent doucement mais fermement autour du bassin du marin comme en guise de punition, ou tout du moins étais-ce un moyen de le ramener à la réalité. Cela fonctionne plutôt bien étant donné qu’il cesse soudainement de rire et elle en profite, remettant en avant les difficultés du brun en affirmant vouloir lui apprendre à danser. Elle en profite encore un peu afin de rajouter dans un souffle, toujours cette mimique presque triste figée sur ses traits, contrastant avec la menace qui suintait de son souffle. « C’est ça Mortimer, moque toi. » Je te le ferais payer. Le sous-entendu était là, clair comme de l’eau de roche, mais elle ne lui donne pas le temps de l’analyser ou même de répliquer car déjà elle s’empare de nouveau de ses lèvres.

D’instinct sa main s’agite sur sa nuque, le gratifiant ainsi de caresses aériennes dont elle avait le secret, se faisant plus ferme quand elle atteignait la base de sa chevelure. Sauf que cette fois il lui rend la moindre de ses attentions, si bien qu’elle en frissonne, sentant ainsi les mains de son compagnon passer sous le t-shirt pour venir s’agripper à ses hanches, il n’en fallut pas plus pour l’inciter à donner un petit coup de pouce. Profitant de l’étreinte, elle s’appuie légèrement sur les épaules musclées du marin pour se redresser, décollant ainsi ses fesses du meuble le temps qu’il redresse le tissu, suffisamment pour qu’elle ne fasse plus obstacle si l’envie lui prenait de le faire remonter. Ou de le lui retirer, à l’avenir. Il s’en charge déjà d’ailleurs, à moitié, glissant ses doigts le long de la peau de son dos, remontant le plus haut possible, accompagnant ce frisson qui lui parcourait la colonne vertébrale. Elyrian en profite, aussi longtemps que possible, avant de se reculer de nouveau. Depuis le début elle menait la danse, décidant des instants où elle renouait le contact et choisissant tout autant les moments où elle s’éloignerait. Cependant Saffron s’avère être de moins en moins d’accord avec ces initiatives trop vite interrompues à son goût. Si de prime il avait tenté de prolonger le premier baiser qu’elle lui avait offert, désormais il parcourait sa peau sans retenue, il grondait aussi en la sentant s’éloigner et ce simple râle animal suffit à l’emballer. Elle adorait se sentir désirée, d’autant plus quand c’était lui qui avait envie d’elle. L’espace d’une seconde elle fut tentée de se plier à ce mécontentement, tentée de revenir vers lui, de poursuivre, de se plier à ses demandes quasi muettes. Mais sa curiosité prend de nouveau le pas sur tout si bien qu’elle ignore partiellement les grognements de son partenaire afin de le questionner sur les raisons de ce cadeau évoqué un peu plus tôt. Pourquoi ? Pourquoi les perles venaient-elles de Kenaï, alors même qu’il avait voyagé un peu partout dans le monde. L’émeraude de ses yeux se heurta aux saphirs du marin qui, sérieux, daigna lui répondre non sans s’emparer de sa main avant, s’amusant à comparer la taille respective de leurs mains, comme il se plaisait si souvent à le faire. Docile, la danseuse le laisse agir, ses prunelles s’attardant un bref instant sur cette main bien plus grande que la sienne ainsi posée contre sa paume, avant de se concentrer sur lui pour de bon. C’est simple. La jeune femme en fronce les sourcils, soudainement bien plus intriguée. Car il affirmait que les raisons étaient évidentes, si bien qu’elle avait l’impression d’avoir loupé un détail essentiel qui lui aurait permis de tout comprendre. L’espace d’une seconde elle se sent stupide, détestant ne pas deviner quelque chose toute seule, mais le sentiment ne dure pas. Parce que c’était lui. Et qu’elle ne pouvait décemment pas se vexer pour si peu, pas avec lui, d’autant plus quand il n’avait rien fait de mal, la blonde s’efforçant au possible de contrôler ses émotions les plus meurtrières une fois en compagnie du brun. Car elle ne voulait pas le blesser.

L’explication fut alors offerte : il venait de Kenaï, tout comme Nora. Il lui avait donc semblé évident que les perles devaient venir de là également, servant ainsi à faire plaisir à sa dulcinée mais servant également de précieux rappel. Un rappel de ses origines, de cette terre qui l’attendait, de cette femme aussi qui patientait en guettant son retour. La jeune femme ne parvint même pas à se sentir bête de ne pas avoir compris ça toute seule, elle ne pouvait pas car elle était trop touchée pour ça. Touchée par sa façon de se montrer aussi honnête, touchée par cette envie qu’il avait eu de toujours rentrer chez lui, pour Nora. Il ne voulait pas l’oublier. Peut-être que le marin s’était offert à l’océan sans aucune retenue depuis la mort de ses proches, mais cela n’avait pas toujours été le cas, pas autant, pas alors que les êtres aimés foulaient la terre. Cela l’incite à réfléchir, lui fait louper un battement de cœur aussi. Immobile quelques secondes, elle prend finalement conscience de son absence de réaction et hoche donc la tête en conséquence, doucement, avant de souffler sur le même ton : « C’est simple. Oui. » Et beau. Au point qu’elle met quelques secondes supplémentaires à se remettre de cette spontanéité. A vrai dire, ce fut lui qui l’arracha à sa rêverie, car s’il se contenta d’observer leurs mains ainsi posées l’une contre l’autre, la blonde s’était contentée de l’admirer sans un mot. Elle avait effleuré ses traits du regard, caressant ses yeux, son nez, ses lèvres à l’aide de ses yeux d’émeraude. Elle le contemplait, sans rien dire, profitant juste de l’instant, ces quelques secondes où elle semblait le voir réellement. Elle se perd, elle se noie, pourtant cela lui fait du bien. Et ce jusqu’à ce que Saffron ne la ramène sur terre, à l’aide d’une simple question qui, bien que logique et prévisible dans un sens, la prend au dépourvue. La douceur dont il fait preuve en la questionnant ne change rien à sa réaction. Elyrian hausse un sourcil, surprise pendant un bref instant, avant qu’elle ne se mette à rire. Ce n’était toutefois pas l’amusement qui faisait ainsi vibrer sa voix. Pas cette fois.

La gêne. C’était la gêne qui rythmait son rire, ce dernier s’achevant bien vite. Elle détourne soudainement les yeux, fixant un point invisible à côté d’elle. Elle s’autorise un sourire aussi, témoignant également de sa nervosité soudaine. Si il y en avait eu d’autres ? Evidemment. Elle ne s’en cacherait pas. Quant à savoir si l’un d’eux avait particulièrement comptait, c’était une autre histoire… Pourtant elle ne lui mentirait pas non plus. Elle aussi se montrerait sincère, autant qu’il avait pu l’être avec elle. Ce n’était cependant pas un sujet facile, tout du moins la deuxième question la mettait mal à l’aise. Car oui il y en avait bel et bien eu un, récemment qui plus est. C’était du passé, clairement, pourtant cela restait une blessure, qui justifiait en partie son comportement actuel. Une blessure récente, profonde au vu des efforts qu’elle avait fait pour que cette relation fonctionne. Et au fond elle a peur, elle a peur que cet aveu ternie l’image que Saffron pouvait avoir d’elle. Elle craint de paraître vulnérable, plus faible ou naïve qu’elle prétend l’être. Elle voulait toujours paraître forte à ses yeux, lui montrait qu’elle était de ces femmes qui savaient ce qu’elles voulaient et que rien ni personne ne pouvaient arrêter. Mais cela n’avait pas toujours été le cas. Loin de là. Alors la danseuse se racle la gorge, brièvement, avant d’hocher la tête, observant de nouveau son partenaire dans les yeux. Elle commence par le plus facile, le plus aisé, cela se sentait d’ailleurs. « Oui, il y en a eu quelques-uns. Des erreurs d’une nuit ou des relations qui n’ont pas duré plus de six mois. Rien de bien sérieux, rien qui n’ait vraiment compté. Sauf … Sauf un gars. Il s’appelait Aaron et on a commencé à sortir ensemble alors que je fêtais mes vingt ans. Les choses se corsaient, alors elle détourne les yeux, médite un instant sur la manière de formuler les faits, une façon de relater l’histoire. Oui. Lui, il avait compté. Vraiment. De mes habituels histoires de quelques mois à peine je suis passée à une relation de plusieurs années. L’on devinait la rupture forcement récente, pourtant l’épidémie actuelle lui donnait l’impression que cela s’est déroulé il y a une éternité. Elle se perd un instant dans ses souvenirs avant de reprendre. C’était bien, au bout de deux ans on emménageait ensemble. Sauf qu’après trois ans de vie commune, j’apprends qu’il m’a trompé. » Elyrian se crispe, ses doigts étant partis se refermer sur le rebord du meuble, enserrant soudainement ce dernier avec force. La tromperie, c’était là quelque chose qu’elle n’avait jamais tolérée, un manque de respect des plus complets. Elle préférait encore voir son mec partir avec une autre puis revenir vers elle en affirmant qu’elle était meilleure. Ce serait plus facile, plus correct. Mais ça se passait rarement comme ça. Au vu de son caractère, il était aisé de deviner qu’elle était capable de tuer pour ça, bien qu’elle juge cette punition trop douce encore. Alors elle se met soudainement à rire, doucement, blâmant ainsi sa propre stupidité alors qu’elle ancre de nouveau son regard dans celui du marin, dans un mélange de sauvagerie et de tendresse, de rancœur et de nostalgie.

« Il m’avait trompé, et m’affirmait qu’il s’agissait là de la plus grosse erreur de sa vie, qu’il n’aimait que moi et qu’il regrettait terriblement. Et moi… Moi je lui ai alors fait ce que je considère comme le plus beau cadeau que je puisse faire. Théatrale, les habitudes ayant la vie dure, elle s’autorise une brève pause avant d’incliner légèrement la tête, l’ombre d’un sourire venant orner son visage tandis qu’elle rajoute. Je lui ai pardonné. Elle, si colérique, si impulsive, avait laissé ces sentiments de côté pour laisser à cet homme une nouvelle chance, alors même qu’elle n’en offrait jamais d’autres. Malgré sa fierté surdimensionnée, son égo qui avait littéralement explosé en mille morceaux, elle avait mis de côté la blessure, la honte, allant jusqu’à se remettre elle-même en question. Tout ça pour lui offrir son pardon. Il s’agissait là de plus gros effort qu’elle n’ait jamais eu affaire, tout ça au nom de l’amour. Quelle connerie, comme pouvait en témoigner ce nouveau rire alors qu’elle lève les yeux au ciel, secouant légèrement la tête tout en se mordant la lèvre inférieure. Quelle idiote. Sept mois plus tard, il recommençait. Ce qui a définitivement mit fin à notre relation. Elle lui avait cassé la gueule ce jour là d’ailleurs, mais l’on pouvait probablement s’en douter. Si elle n’aimait pas offrir de seconde chance, elle aimait encore moins se faire avoir deux fois pour la même connerie. La vengeance avait été terrible, mais qu’importe. Haussant les épaules, la blonde poursuit, tentant alors de minimiser la chose. De toute manière vu le contexte chaotique dans lequel ils évoluaient aujourd’hui, une vulgaire histoire de tromperie, ça paraissait bien fade. Mais je l’ai aimé, ça a duré un moment donc ce serait mentir de dire qu’il n’a pas compté pour moi. Ceci dit si je devais le recroiser je l’attacherais probablement à un arbre pour que des zombies viennent le bouffer. Elle ne parvient plus à sourire, se contentant de fixer pour la dernière fois le brun dans les yeux, ne lâchant plus son regard. Elle rajoute alors dans un souffle à peine audible, comme en guise d’ultime justificatif. Je déteste être prise pour une idiote. » Surtout à deux reprises.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Sam 20 Sep - 18:28

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

De toutes les femmes que Saffron avait pu côtoyer depuis Nora, même si ce n’était jamais plus que le temps d’une nuit, Elyrian était la plus curieuse. Sûrement parce que cela faisait plusieurs jours qu’ils vivaient ensemble, qu’ils dormaient ensemble, qu’ils couchaient ensemble. Qu’ils vivaient ensemble. Mais jamais il n’avait rencontré quelqu’un d’aussi curieux. Toutes ces questions auxquelles il répondait tant bien que mal, il n’y était pas habitué. cette curiosité, insatiable, dont faisait preuve la blonde était toujours une surprise des plus géantes pour lui. Elle était surprenante, un peu plus chaque jour. Surprenant dans sa manière d’être, de parler, de penser, de réagir aux choses. Saffron la redécouvrait. Chaque jour. Et c’était revigorant, et c’était une bouffée d’air frais. Elle était sa bouffée d’air frais.
Et il se rendait compte, il se rendait seulement compte que toutes ces questions n’étaient qu’un moyen comme un autre de se rapprocher de lui, ou au moins, d’apprendre à le connaître. Saffron s’était enfermé pendant si longtemps dans les mensonges et les tromperies que désormais, la moindre question lui paraissait suspecte. Mais auprès d’Ely… C’était différent. La méfiance, il l’avait eue, certes, mais elle avait été vite, très vite balayée par quelque chose de beaucoup plus fort : une confiance naissante. Une confiance grandissante. Une confiance réconfortante. Ely, c’était la force mêlée à la douceur. Le feu mêlé à l’eau. Et plus les jours passaient, plus il était content d’avoir fait ce choix, d’avoir abaissé ses gardes, fendu l’armure et retirer le masque. C’était trop lourd, trop lourd pour lui, trop lourd pour elle. Il avait fallu qu’il lâche tout. Avec elle, il avait pu. Parce que malgré tout ce qui pouvait les séparer, ils se ressemblaient. Et s’il ne posait pas autant de questions qu’elle, il s’en excusait. Parce que cela ne lui venait tout bonnement pas à l’esprit. Il aimait de façon purement égoïste la manière qu’elle avait de l’écouter lorsqu’il parlait. Il aimait capter son attention, la faire frémir à l’aide de quelques caresses, la faire sourire à l’aide de quelques mots. Il était aussi égoïste qu’elle prétendait l’être.
Mais pour une fois, il était décidé. Quelques questions trottaient dans son esprit depuis qu’elle n’avait pas donné de réponse à son « Je t’aime ». Pourquoi. Qu’avait-il pu lui arriver pour haïr les sentiments, pour haïr l’amour d’une telle manière ? Avait-elle perdu un proche, comme lui ? Il avait, l’espace d’un instant, volé la curiosité de la blonde en pour la faire sienne, se l’approprier, la rendre à son goût, la polir, la modeler à sa manière. Il avait osé, osé lui demander s’il y en avait eu un autre avant lui, avant de se rattraper et de lui demander s’il y en avait un qui avait compté plus que les autres. Il ne mettait pas en doute son charme, il s’était seulement mal exprimé. Bien sûr, c’était évident. Elle avait dû faire tourner des tas de têtes sur son passage. Cette crinière blonde, ces yeux vert émeraude, vifs. Comment résister ? Lui, il n’avait pas pu. Et elle avait beau être jeune — chose qu’elle détestait qu’on lui rappelle, d’ailleurs — elle n’en était pas moins coriace. Vraiment coriace. Têtue. Elle ne se laissait pas faire, et n’hésitait pas à le malmener lui autant que les autres. Et ça, il aimait. Non, il adorait. Il avait toujours aimé les femmes de poigne, les femmes de caractère, et Ely en était clairement une.
Ce fut précisément pour cela qu’il avait d’abord attrapé sa main pour la confronter à la sienne, et qu’il avait adouci sa voix au possible. Parce que remuer le passé des gens n’était jamais chose aisée, et il voulait faire au mieux pour ne pas la brusquer, pour ne pas la surprendre. Parce qu’il ne posait généralement pas beaucoup de questions, mais lorsqu’il le faisait, c’était des questions qui avaient de l’importance autant à ses yeux qu’à ceux des autres. Et il voulait savoir. Il voulait savoir qui ou quoi avait pu agiter ce coeur qui battait la poitrine de la blonde, le faire saigner au point qu’elle le capitonne, l’enchaîne, l’emprisonne. Il voulait savoir si c’était un choix, ou une conséquence, ou les deux. Il voulait savoir à qui elle avait donné son amour, à qui elle avait dit « Je t’aime » pour la première, en qui elle avait cru et qui l’avait bercée d’illusions pour la laisser. Il voulait tout savoir. Ses peines de coeur, ses coups de foudre, ses coup de blues.
Mais il se concentra tout d’abord sur la réaction d’Elyrian. Ce rire qui lui échappa, trahissant sa nervosité. Saffron devina de suite qu’il avait touché une zone sensible, et que maintenant, il devrait se montrer aussi prudent que possible. Il la regarda sourire, d’un sourire empli de gêne, regarder ailleurs, chercher un point fixe au loin, comme pour raviver ses souvenirs, avant qu’elle ne plante à nouveau son regard dans le sien et se décide à parler. Oui, il y en a eu quelques uns. Saffron hocha la tête pour l’encourager à parler. Il vint également enfermer sa main dans les siennes, lui rappelant comme elle l’avait fait pour lui qu’il était là, lui aussi. Elle aussi avait connu les coups d’un soir, les relations de courtes durées, mais c’était différent. Sans doute avait-elle, en faisant cela, cherché l’Amour, le vrai, tandis que lui n’avait cherché qu’un peu de compagnie auprès de ces femmes de petites vertus. Et il se mit à admirer Elyrian, l’admirer pour son courage, pour la foi qu’elle avait mis dans l’Amour. Elle était bien plus méritante que lui à ce niveau. Elle avait cherché la bonne personne, sans la trouver. Sauf… Sauf un gars. Saffron écouta attentivement. Aaron, qu’il s’était appelé. Ely avait alors vingt ans quand ils se sont rencontrés. Elle marqua une pause, détourna une nouvelle fois les yeux, et Saffron l’observa toujours dans le silence le plus total. Puis, elle reprit, avec une tristesse, une nostalgie évidentes, mais différentes de celles qu’elle avait alors eues en parlant de son père, de cet autre homme qui avait compté. Leur relation avait duré plusieurs années. Et pourtant, Saffron ne pouvait s’empêcher d’anticiper, de se demander ce qui avait bien pu arriver alors que tout allait pour le mieux, qu’elle l’aimait, qu’il l’aimait, qu’ils s’aimaient.
Lorsque la sentence tomba, il se crispa tout entier. Sauf qu’après trois ans de vie commune, j’apprends qu’il m’a trompée. Saffron avala difficilement sa salive en sentant une colère titanesque monter en lui, sans qu’il puisse rien y faire. Ses sourcils se froncèrent légèrement, ses lèvres se pincèrent, mais ses mains, elles, demeurèrent immobiles, douces au possibles, autour de la main de la blonde. Mais celle-ci se libéra bien vite, allant se réfugier sur le bord du meuble qu’elle se mit à serrer avec force. Il la laissa faire, parce que sans doute en avait-elle besoin. Et puis, il était bien trop occupé à modérer sa propre colère qui rendait ses yeux brillants et faisait apparaître de petites irisations jaunes dans tout le bleu que contenaient ses yeux.
Mais Elyrian rit à nouveau, et Saffron fut totalement pris au dépourvu. Comment pouvait-elle en rire ? Il capta la sauvagerie, la violence dans son regard quand elle braqua de nouveaux ses yeux sur les siens pour lui raconter comment cet Aaron avait tout fait pour la convaincre qu’il avait fait une erreur, qu’il n’aimait qu’elle. Et lorsqu’elle mentionna ce cadeau, avant de s’interrompre, il se pencha doucement vers elle, sans le vouloir. Attendant la suite. Jusqu’à ce qu’elle la lui livre. Je lui ai pardonné. Et ce, tout en s’autorisant l’ombre d’un sourire. Et Saffron fut une fois de plus pris au dépourvu, autant par la déclaration que par ce sourire. Jusqu’à ce qu’il se rende compte. Qu’il se rende compte combien cela avait dû être difficile de lui pardonner, de lui faire à nouveau confiance. Et en se mettant à se place, il se dit qu’il n’aurait tout simplement pas pu. Qu’il aurait maudit la personne plutôt que de l’accueillir comme un vieil ami qui promet d’être sage.
Jusqu’à ce qu’il la voie lever les yeux au ciel, juste avant qu’elle lui annonce que, sept mois plus tard, Aaron recommençait. Et cela le rendit fou, cela le mit hors de lui. Il aurait voulu frapper quelque chose, maintenant, tout de suite, faire payer à cet homme d’avoir pu tromper quelqu’un comme Ely, et ce à deux reprises. Il aurait massacré le gars, il l’aurait massacré à coups de coups de poing. Il ne se serait pas arrêté. Mais il était là, dans cette cuisine, et Ely reprenait la parole. Elle haussait les épaules, disait qu’elle l’avait vraiment aimé malgré ça, et que ce serait mentir si elle se mettait à prétendre le contraire. Et cela eut pour effet de quelque peu calmer Saffron qui poussa un soupir, plus pour reprendre sa propre respiration que pour montrer son mécontentement. Il était mécontent, mais ce qui était fait était fait, et il n’allait rien y changer. Il devait se concentrer sur ce qu’il pouvait faire pour elle maintenant.
Lorsqu’elle ajouta qu’elle l’attacherait sans hésitation à un arbre pour le laisser se faire dévorer par des zombies si elle le retrouvait, Saffron s’autorisa l’ombre d’un sourire. Là, il la retrouvait. Là, il la reconnaissait. L’esprit rebelle, l’esprit violent, l’esprit revanchard. Il la retrouvait à sa façon d’ancrer son regard dans le sien, de lui dire qu’elle détestait être prise pour une idiote. Et il ne put s’empêcher de répondre, presque aussitôt : « Je le sais. Je le sais bien. » Il la prit par les épaules et vint l’embrasser doucement sur le front, content qu’elle lui ait répondu, mais surtout content de retrouver sa mobilité. Il laissa le baiser durer longtemps, ses lèvres contre le front de la blonde, les  yeux fermés, ses mains toujours sur ses épaules. Il l’attira ensuite contre lui pour la serrer dans ses bras, comme pour le protéger, montrer à tous les meubles qui les entouraient qu’elle était à lui et seulement à lui. Puis, il déclara, sa joue contre la sienne : « Jamais, Ely. Jamais je ne te ferai ça. Tu m’entends ? » Puis, d’un seul coup, il délaissa le sérieux pour ajouter : « J’aurai bien trop peur pour mes fesses. Ce gars a dû morfler. » Il sourit, les yeux fermés, sa joue toujours pressée contre la sienne, puis s’écarta pour s’emparer d’un des verres qui étaient posés à côté d’eux. Il le mit dans la main de la blonde, puis s’empara du deuxième. Il but longuement, finissant le verre en quelques gorgées. Depuis le temps qu’il avait soif. Et maintenant, il avait faim. Alors, s’assurant d’un œil étrangement paternel qu’Elyrian boirait son verre, il commença à ouvrir les placards, à la recherche du moindre petit aliment qui n’était pas périmé.
Finalement, après s’être baladé dans la pièce pendant quelques secondes sans trouver quoi que ce soit, il se tourna vers la blonde pour dire : « Tu n’aurais pas quelque chose à grignoter ? Du foie de morue, du pâté en croûte, ou même du fromage, je m’en fiche. Nourris-moi. Maintenant. » Il était revenu vers elle avec ce petit air prédateur, avant de déposer un long baiser sur ses lèvres. Et il ajouta en se reculant doucement, un sourire extrêmement taquin aux lèvres : « Sinon, c’est toi que je mange. »

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Dim 21 Sep - 14:10








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Il était présent, tout comme elle-même s’assurait de l’être à chaque fois qu’elle posait une question pouvant s’avérer douloureuse ou pénible d’une quelconque manière. Elle ne voulait pas le laisser seul face à ses souvenirs, et désormais il lui rendait la pareille. Elle le sentait à sa manière de raffermir sa prise autour de ses doigts, tendrement, rappelant ainsi qu’il était juste là, à ses côtés. L’attention la touche, bien qu’elle sache parfaitement qu’elle ne possédait plus de souvenirs ô combien douloureux. Elle ne sombrerait pas. Pas comme lui. Pas pour un homme qui faisait partie de son passé. Cela la gênait cependant d’en parler, car cela revenait à exhiber ses erreurs, ce qu’elle considérait aussi comme des faiblesses. Elle s’ouvrait, un peu plus chaque jour, et elle ne pouvait s’empêcher de craindre les réactions de son compagnon, craignant de baisser dans son estime. C’était peut-être bête mais la jeune femme avait l’impression qu’il la mettait constamment sur un piédestal qu’elle estimait ne pas mériter et maintenant qu’elle était habituée à ce podium, elle ne voulait plus en descendre, elle ne voulait pas perdre sa première place pour arriver dernière. Il en était hors de question. Aussi la blonde se refusait de le regarder trop souvent, ne voulant pas découvrir les sentiments qui pouvaient défiler dans le saphir de ses yeux, se contentant de quelques coups d’œil furtifs, de temps à autre. Poursuivant son explication, encouragée par la proximité que le marin imposait entre eux, la danseuse se met à avouer avoir eu plusieurs histoires, sans trop d’avenir cependant. Si elle estimait que ses coups d’une nuit n’étaient globalement que des erreurs, force était d’admettre que la jeune femme s’était investie dans chacune de ses relations. Elle tentait, avant de comprendre que ce n’était pas fait pour elle, qu’il n’était pas fait pour elle, foutant alors le camp. Ce fut ainsi jusqu’à ce qu’elle rencontre Aaron. Elle sait parfaitement ce qui lui avait plût chez lui, c’était cette assurance, la même qui se dégageait chez Saffron. Elyrian était incapable de résister à un homme qui sait parfaitement ce qu’il veut et se donne en prime les moyens d’obtenir ce qu’il voulait, encore plus quand elle était justement l’objet de toutes les convoitises. Elle ne pouvait pas résister à un homme suffisamment intelligent pour savoir quand lui tenir tête, et quand il valait mieux s’abstenir de l’énerver. Elle ne pouvait pas, aussi était-elle tombé amoureuse de lui. Eperdument. Les mois se transformèrent en années, franchement heureuses, plaisantes. Jusqu’à ce qu’elle découvre la vérité.

Il l’avait trompé. C’était quelque chose de dégueulasse, d’humiliant. Un sentiment qui vous fait vous sentir mal. La blonde se souvient qu’elle s’était sentie inférieure, elle qui d’ordinaire était prompte à se penser meilleure que la plupart, supérieure, tout avait été soudainement inversé. Elle s’était sentie mal, trompée, rabaissée. Elle avait bouillonné de colère pendant des jours entiers, avant d’aller voir son compagnon de l’époque pour l’accuser franchement. Dieu, qu’il avait été subtil, efficace et poignant au possible. Qu’il avait été bon, pour réussir à se procurer le pardon de la danseuse, elle qui n’avait jamais offert de deuxième chance jusque là. Ce n’était pas son fort, loin de là, c’est ce qui justifiait également ses relations précédentes plutôt courtes. Quand quelque chose n’allait pas, quand ça clochait, quand elle s’estimait dans son bon droit, elle foutait le camp. Quand ses valeurs principales, ses idéaux les plus importants, s’avéraient ne pas être partagées, elle rayait les gens de sa vie, avec une facilité presque effrayante. Elle avait toujours fonctionné ainsi, les habitudes voulaient qu’elle le tabasse à mort avant de partir. Mais elle ne l’avait pas fait. Elle lui avait pardonné ce terrible faux pas. Elle se sentait tellement idiote maintenant, de lui avoir fait ce cadeau. Elle se sentait stupide, au point qu’elle en rit soudainement, énervée contre elle-même, méprisante envers ses réactions passées. Si la jeune femme était exigeante avec les autres, elle l’était tout autant avec elle-même et n’hésitait donc pas à se lyncher seule, à se flageller pour ses erreurs. C’est ce qu’elle faisait en cet instant, à l’aide d’un simple rire, de ses doigts qui se referment avec force sur le meuble, avec cet aveu aussi. Elyrian explique au marin à quel point cet Aaron avait réussi à se faire bien voir, à quel point elle avait été stupide, ou suffisamment amoureuse pour se laisser berner. Dans une pause qui incite finalement son compagnon à se pencher un peu plus sur elle, envieux et curieux au possible, ce qui suffit pour lui arracher l’esquisse d’un sourire bref au possible, elle avoue ainsi avoir pardonné cet enculé de première. C’était rare, c’était précieux, un véritable cadeau qui n’avait absolument rien de matériel, qui n’était pas palpable, mais pourtant il était là. Réel.

La jeune femme daigne enfin regarder son partenaire, guettant quelques réactions, se demandant s’il la trouverait stupide. Elle n’avait pas donné la chance au marin de la manipuler et pourtant elle s’était fait avoir il y a même pas deux ans, aussi naïve qu’une gamine. Pourtant elle ne lisait aucune trace de jugement dans le regard du brun, juste une colère qu’elle devinait dirigée contre celui qui avait eu l’audace de lui faire du mal. Elle voyait cet éclat rageur au fond de ses yeux, ces muscles tendus au possible qui auraient eu le don de la rendre folle de désir dans d’autres circonstances. Ce fut pire encore quand elle lui raconta la suite de l’histoire, ce moment où son partenaire de l’époque récidivait ses conneries, quelques mois après qu’elle ait daigné lui offrir une seconde chance. Cela semblait être la goutte de trop pour Saffron, la danseuse le pensait sur le point d’exploser et en vérité cela l’amusait presque de voir qu’il était dans un état pire que le sien. Il était fou, fou de colère, fou pour elle. De son côté elle ne se voyait pas s’énerver ainsi contre un homme qui, pour le moment, n’existait que dans ses souvenirs. Si elle blâmait ses erreurs, elle ne se voyait pas exploser un verre juste en songeant à cet abruti, il était toutefois certains que si elle le recroisait, elle le tuerait. Pour l’heure, les réactions du marin l’amusaient, faisant naître également une pointe de tendresse dans l’émeraude de ses yeux. A vrai dire elle aimerait bien recroiser ce connard, juste pour voir son compagnon ô combien musclé du moment lui casser la gueule dans les règles de l’art. Oui, elle trouverait cela particulièrement drôle. Ce fut alors dans un haussement d’épaules qu’elle alla conclure, affirmant qu’elle avait vraiment aimé cet individu, bien qu’elle l’ait regretté. Au moins avait-elle répondu à la question de Mortimer. Ce dernier soupirait d’ailleurs, elle comprit que ce n’était là qu’un moyen de se calmer, ce qui sembla fonctionner au vu de ces muscles qui se détendaient au fur et à mesure que la respiration du brun s’apaisait. Elle-même se faisant moins colérique, la blonde se permit de ramener ses mains contre celles de son interlocuteur, emmêlant de nouveau leurs doigts avec douceur, après avoir maltraité le meuble. Elle savait cependant que si elle devait recroiser celui qui avait eu le malheur de lui faire du mal, elle l’attacherait à un arbre et le laisserait aux mains des zombies du coin, sans aucun doute. Cette simple remarque suffit apparemment à apaiser le marin, ce dernier s’autorisant l’ombre d’un sourire. Oui, il ne devait pas croire que cela l’affectait outre mesure, elle s’y était faîte, malgré que c’était récent, et puis ils avaient clairement d’autres chats à fouetter pour l’instant. Avec tout ce qui se passait, la mort de son père aussi, ce n’était sûrement pas un ex qui allait l’empêcher de dormir. Même si, il fallait l’admettre et c’est ce qu’elle fit en rajoutant dans un souffle, cela ne changeait rien au fait : elle détestait vraiment être prise pour une idiote.

Aussitôt son compagnon la rassure, elle ignore si c’est pour l’apaiser et l’arracher à ses souvenirs ou si c’était un nouveau moyen de lui faire comprendre qu’il n’était pas comme ce type qui l’avait blessé, en affirmant qu’il savait parfaitement qu’elle n’aimait pas ça. En même temps elle le lui avait suffisamment rabâché, dès leur première rencontre, ce fut d’ailleurs cette manie de ne pas tolérer d’être pensée stupide ou naïve qui avait permis aux deux comparses de se rapprocher autant. Sans ça, il aurait peut-être continué d’essayer de la manipuler, ce qu’elle n’aurait pas apprécié, et elle ne se serait jamais permis de se montrer aussi tactile avec lui dès le début. Or, aujourd’hui, ces contacts physiques définissaient clairement leur relation : ils ne pouvaient pas s’en passer. Les caresses étaient constamment présentes, rappelant ainsi qu’ils étaient là l’un pour l’autre, permettant de chasser les sombres pensées, d’exprimer le désir qui les consumait, de l’assouvir aussi. Les étreintes se faisaient réconfortantes, protectrices, un étau ô combien plaisant et rassurant. Force était de constater que ces derniers temps, la jeune femme ne se sentait jamais aussi bien que lorsqu’elle était dans ses bras à lui. Comment pourrait-il en être autrement ? Comment pourrait-elle ressentir autre chose lorsque, comme il était en train de le faire, elle percevait ces mains sur ses épaules, la prise se faisant assurée. Comment pouvait-elle ne pas se sentir en sécurité en découvrant ces bras ainsi tendus, musclés. Des muscles qu’elle caressa un bref instant du regard alors que son compagnon déposait un baiser sur son front, cette marque de tendresse l’incite à fermer les yeux et ce fut donc ses doigts qui prirent le relais le long de ces bras. Elle l’effleure, doucement, partant de son poignet pour remonter jusqu’au pli de son coude, enchaînant ainsi les allers et retours. C’était instinctif, machinal et diablement apaisant. Encore plus quand il l’attire contre lui, si bien que les mains de la blonde se posèrent respectivement sur la hanche balafrée de son compagnon tandis que l’autre remontait enfin jusqu’à son épaule qui se trouvait à sa portée. Doucement elle se met à inspirer, profitant de l’étreinte, hochant doucement la tête afin de la frotter contre celle de son compagnon, toujours aussi féline. Jusqu’à ce que ce dernier ne souffle à son intention, près de son oreille, sa joue ainsi posée contre la sienne, qu’il ne lui ferait jamais ça. Jamais.

Imperceptiblement, la jeune femme se tend, ou plutôt elle s’immobilise. Son souffle se coupe l’espace de quelques secondes alors qu’elle assimile ces propos, ce semblant de promesse qu’il lui fait de nouveau. Il les enchaînait. Il lui assurait à chaque minute qui passe qu’il ne la blesserait jamais, pas de la sorte, pas comme ça. Il l’aimait. Cet aveu revient en boucle dans son esprit, semblant prendre de son sens à chaque promesse supplémentaire qu’il lui fait. Elle veut y croire, se laisser bercer par ses paroles, par cette voix diablement sexy, diablement réconfortante aussi. Elle le croit, dans un sens, car force était d’admettre qu’il ne l’avait jamais blessé jusque-là, contrairement à elle. Il n’avait pas fait un seul faux pas, s’estimait peut-être mauvais danseur mais n’avait pourtant pas flanché une seule fois dans cette danse qu’elle imposait, ce rythme qu’elle incarnait, ce tempo. Certes, il s’emballait, allait trop vite pour elle, malgré tout il ne lui avait jamais marché sur les pieds. Seigneur la comparaison était stupide, pourtant elle concordait à la perfection. Alors elle le croit, mais il y a toujours cette petite voix au fond d’elle, vicieuse, méfiante. Cette voix qui lui chuchote : ce ne sont que des mots. Ces mêmes mots qui l’avaient trompé, de même que l’homme qui les lui avait offert deux ans plus tôt. Mais elle balaie cette voix, ne voulant pas y penser, fort heureusement Saffron lui permet de quitter cette déplaisante rêverie en délaissant le sérieux pour jouer la carte de l’humour, affirmant ainsi qu’il ne tenait pas vraiment à ce qu’elle lui botte le cul comme elle a dû le faire avec Aaron. Aussitôt la remarque lui arrache un léger rire, bien vite remplacé par un sourire moqueur accompagné de sa réplique, soufflée sur un ton à la fois menaçant et fier. « Je te le fais pas dire. En apprenant ça j’ai mené ma petite enquête et je l’ai suivi jusque chez la gonzesse, j’ai attendu puis je suis rentrée directement pour les surprendre en pleine action. Elle je lui ai rien fait ceci dit mais lui… La tête explosée à deux reprises contre une table et trois côtes défoncées avec une barre de fer achetée pour l’occasion. Fallait au moins qu’il finisse à l’hôpital ce con. » Et c’est ce qui s’est passé, clairement. Se foutre de sa gueule à deux reprises, c’était pas franchement tolérable et il était désormais connu qu’elle n’hésitait pas à se montrer violente lors d’un excès de colère.

Elyrian en vint cependant à se questionner sur la raison de l’interrogation de Saffron sur ses fréquentations passées. Sa précision concernant ceux qui ont vraiment compté la laisse penser qu’il a fait cela afin de savoir si elle avait aimé quelqu’un, probablement pour trouver une justification au refus qu’il avait essuyé plus tôt. L’espace de quelques secondes elle s’en veut, prenant conscience du fait que cela a dû le blesser et le marquer bien plus qu’elle ne le croyait, leur conversation désormais calme ne changeait rien à cela. Elle lui avait fait du mal, et désormais il cherchait des réponses. Aussi se lança-t-elle bien vite dans de nouvelles précisions, ajoutant quelques aveux à la liste, honnête au possible : « Mais même avant lui j’ai toujours eu du mal à… A avouer ce que je pouvais ressentir. Je trouve que c’est trop vague pour décrire précisément des sentiments et j’ai toujours peur qu’on m’imagine trop ou trop peu amoureuse ou… Fin j’en sais rien. C’est aussi que les sentiments s’accompagnent forcement d’attentes, et je suis franchement pas certaine de pouvoir répondre à ces espérances. Donc dans le doute je ferme ma gueule, je vois où ça me mène et voilà. Au moins quand ça se passe mal, c’est plus facile à vivre que lorsque l’on a accompagné la relation d’un nombre incroyables de déclarations. » Elle imaginait le pire, toujours, et agissait ainsi en fonction de ce terrible scénario, dans le but de limiter de potentielles souffrances. Elle se méfiait à tel point que s’en était flippant. Car elle sait, elle sait que se contenter de ce silence la prive aussi de très bons moments, ces instants où le cœur fait des bonds dans la poitrine, où l’on se complait dans ces déclarations, ces témoignages d’amour et de tendresse. C’est beau. Mais elle s’en passe, dans le doute, pour se préserver. Ce n’est donc qu’une fois des certitudes ancrées en elle qu’elle daigne avouer ses sentiments, quand la crainte de ce terrible scénario final s’évapore progressivement pour laisser place à l’envie de connaître plus que ça. L’envie de découvrir quelque chose de meilleur. Quoi qu’il en soit cette façon de voir les choses existait déjà bien avant Aaron, la blonde était cependant incapable de savoir pourquoi elle envisageait les choses ainsi. Elle en savait foutrement rien. C’était juste comme ça.

Quoi qu’il en soit le marin mettait alors fin à leur étreinte, elle-même n’avait pas osé bouger tout le long de son discours, appréciant leur proximité. Sourire aux lèvres elle s’empara du verre rempli qu’il lui tend ainsi avant de l’observer vider le sien d’une traite, bien vite la blonde se retrouve à l’imiter, ignorant le regard qu’il pose sur elle à cet instant précis. Cependant elle ne peut pas l’ignorer quand il se met à s’agiter dans la pièce, ce qui suffit pour lui faire froncer les sourcils, sceptique. Bien que curieuse, elle se contente de le laisser faire, ne le questionnant guère à ce sujet. Ce dernier arrive bien vite sur le tapis quand le brun lui demande franchement si rien ne traînerait dans ses placards. Monsieur avait faim. Elle grimace en l’entendant parler de foie de morue, il n’y avait vraiment que lui pour apprécier ça, et lève les yeux au ciel en l’entendant évoquer le fromage. C’est sûr qu’avec l’électricité en moins, le fromage qu’elle aurait potentiellement conservé dans le frigo aurait été un délice pour les papilles. Vraiment. La jeune femme se retient à grand peine de se foutre ouvertement de lui, une remarque s’apprêtait toutefois à passer le barrage de ses lèvres, annoncée par ce sourire narquois qu’elle arbore et l’éclat malicieux de ses yeux, sauf qu’il ne lui en laisse pas le temps, s’en emparant déjà. Elle avait prit note de cette démarche prédatrice tandis qu’il s’avançait vers elle, ce qui avait le don de la rendre dingue, au même titre que ce baiser ô combien langoureux. S’abandonnant à cette étreinte, non sans un sourire, elle repart effleurer sa nuque du bout des doigts, grondant légèrement quand il se recule et brise ainsi ce qu’il avait imposé en l’embrassant. Frustrée à son tour, le sentiment s’envole bien vite toutefois quand il parle de la dévorer elle, à défaut d’autre chose. Vraiment ? Au fond elle en avait très envie. Elle avait toujours envie. L’imaginer penché au dessus d’elle afin de parsemer sa peau de baisers ou de marquer cette dernière à l’aide de ses dents lui arrache un frisson. Mais elle était fière, elle aimait dominer aussi et le marin avait ravivé tous ces sentiments en quelques phrases à peine. Ce fut donc en se montrant provocante au possible qu’elle imposa de nouveau une proximité proche de la torture, sa jambe partant s’enrouler autour du bassin de son compagnon afin de l’attirer brusquement contre elle. Totalement contre elle. Ses doigts glissent le long de ses bras, jusqu’à sa nuque et ce menton également qu’elle empoigne fermement afin de le contraindre à vriller son regard dans le sien. Un sourire qui n’annonçait rien de bon aux lèvres, bien qu’il puisse se douter qu’elle allait le rendre dingue, la blonde siffle donc à son intention, menaçante et séduisante à la fois. « La prochaine fois que tu me donnes des ordres comme si j’étais ta bonne, je te crève les yeux Mortimer. » Ses doigts glissent juste sous ses yeux, accentuant ainsi ses propos.

Elle aimait ça, elle aimait tellement ça. Se donner l’impression d’avoir un contrôle des plus complets, avoir la sensation de le dominer totalement. Elle adorait rester dans l’attente, le cœur battant, à se demander comment il allait réagir, s’il comptait se laisser faire ou inverser la situation avec cette aisance qui lui était propre. Cela ne l’empêchait pas de bien jouer son rôle, au point qu’elle rapproche son visage, ses lèvres frôlant celles du marin sans jamais les embrasser toutefois. Elle profite, elle frissonne, puis rajoute dans un souffle amusé. « Et puis tu ne peux pas t’en prendre à moi. J’ai un emballage de luxe. La situation l’amusait franchement et d’une main elle désigna ce t-shirt qu’elle lui avait piqué et qu’elle portait désormais, ce fameux emballage, tirant légèrement sur le tissu afin de couvrir un peu plus ses jambes, tentant de se masquer à sa vue. Cela ne sert vraiment pas à grand-chose, surtout qu’elle continue de le maintenir contre elle, une de ses cuisses effleurant ainsi sa hanche à lui, suffisamment pour dévoiler une partie de son corps. La jeune femme n’en avait toutefois pas fini avec lui et rajoute donc partant cette fois murmurer ses propos au creux de son oreille. Tu ne peux pas me l’enlever, t’as pas le droit. Je l’aime trop. J’y prends goût et je crois que je continuerais de te piquer tes fringues parce que je me sens bien dedans. T’en penses quoi toi ? Ses dents se referment délicatement sur le lobe de son oreille, rajoutant à la provocation. Elle savait très bien ce qu’il en pensait. Chaudement, elle poursuit : Il me va bien et tu le sais. Laisse le moi. Et si elle lui piquait ses vêtements, si en plus le brun affirmait avoir faim, alors il fallait remédier à la situation, tout de même. Ce fut donc en le relâchant soudainement, rompant tout contact sans forcément avoir besoin de le repousser violemment pour ça qu’elle affirme alors, comme si un éclair de génie venait de lui traverser l’esprit. Allons faire des courses ! » Afin de chercher ce dont ils avaient besoin, c’était important après tout. Et, s’assurant ainsi qu’il ne la retiendrait pas, la blonde fait alors aussitôt basculer ses jambes sur le côté, lui tournant ainsi le dos et se laissant tomber de l’autre côté du meuble, loin de lui. Jetant un bref regard par-dessus son épaule, elle s’éloigne de quelques pas en direction de la chambre. Ils n’avaient plus qu’à se rhabiller et sortir voir ce qu’ils pouvaient trouver. Intérieurement, Elyrian espérait surtout qu’il irait la détester pour ça. De son côté, elle s’amusait franchement. Joueuse. Terriblement joueuse.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Dim 21 Sep - 21:56

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

La tromperie. Quelque chose que Saffron n'avait jamais pu comprendre. Quelque chose qui le mettait hors de lui rien qu'en écoutant Elyrian lui raconter comment l'homme qu'elle avait aimé l'avait trompée, comment elle lui avait pardonné, et comment il avait eu la délicatesse de lui planter un couteau dans le dos en recommençant. Il hallucinait. Il hallucinait devant la force qu'elle avait trouvée, puisée, cherchée en elle pour pardonner à cet homme de l'avoir trompée, insultée, rabaissée. Il hallucinait en entendant les éléments qui avaient suivi. Jamais, jamais il n'aurait été capable de pardonner. Il n'aurait pas pu. Il aurait haï, haï, haï la personne et aurait nourri sa haine jusqu'à ce qu'elle disparaisse de sa vie. Et d'un seul coup, il réalisa. Il réalisa à quel point Elyrian avait dû être forte, à quel point elle avait dû prendre sur elle-même pour pardonner à Aaron. Et elle ne fit que monter un peu encore dans son estime.
Mais désormais, il comprenait. Il comprenait son refus, il comprenait sa manière de repousser les sentiments, de les fuir, de craindre cette chose compliquée et douloureuse qu'était l'amour parce qu'elle n'en retenait plus que les aspects négatifs. Il comprenait tout. Et il ne lui en voulait pas. Ou, disons, il ne lui en voulait plus. Parce que oui, il lui en avait voulu de ne pas lui répondre, de le laisser seule avec cette déclaration qui n'était pas des moindres, à ces yeux. Cette déclaration qu'il n'avait absolument pas dite à la légère, cette déclaration qui était partie d'une bonne intention, d'un sentiment, d'un ressenti pur, honnête, et qui s'était retrouvé en véritable pieu dans sa poitrine. Mais il avait la très nette sensation qu'avec ces explications, Elyrian venait de le lui retirer.
Elle conclut son histoire en précisant peut-être pour la millième fois depuis qu'ils se connaissaient qu'elle détestait être prise pour une idiote. Et Saffron ne put s'empêcher de la rassurer d'emblée. Parce qu'elle en avait besoin, il sentait qu'elle avait besoin. Et il avait besoin de le lui dire, il voulait la rassurer, il voulait qu'elle sache qu'il n'était pas comme l'autre. Il ne la laisserait pas tomber, il le lui avait juré. Et Saffron était un homme de parole. Tout en la tenant par les épaules, il l'observa caresser ses bras du regard, avant que ses mains ne prennent le relais. Il voulait faire le maximum pour qu'elle comprenne encore une fois qu'elle pouvait pleinement se fier à lui, qu'ils ne se connaissaient que depuis très peu de temps certes, mais qu'il n'avait pas l'intention de la laisser, de la tromper encore moins. Il ne pourrait jamais la tromper. C'était une pensée assez étrange au vue de leur relation assez récente, mais il le pensait vraiment. Il en serait incapable. Il l'aimait beaucoup trop pour ça, il aimait beaucoup trop son caractère, sa manière d'être avec lui, et surtout sa manière d'être au lit qui contrastait de façon hallucinante avec sa manière d'être avec les autres. C'était peut-être con comme pensée, mais il aimait beaucoup trop son corps pour s'intéresser à celui d'une autre femme. Elle était tellement surprenante, tellement... entreprenante. Non. Il l'aimait définitivement trop pour s'intéresser à quelqu'un d'autre.
Et les caresses qu'Ely lui octroyait sur les bras ne faisait que renforcer son avis sur la chose. Ces allers et ces retours qu'elle faisait avec ses doigts, qui faisaient naître une dizaine de frissons sur sa peau. Qu'il aimait ça, Seigneur qu'il aimait ça. Qu'elle le touche ainsi, qu'elle le regarde ainsi, qu'elle s'occupe de lui ainsi. Il ne put résister à la prendre dans ses bras. Et à la serrer fort contre lui, parce qu'il aimait la sentir au plus près, sentir son cœur battre contre sa poitrine, en même temps que le sien, même à travers le t-shirt. Il ferma les yeux pour lui dire alors à haute voix ce qu'il n'avait fait que penser, qu'il ne la trompera pas, qu'il ne la tromperait jamais. Ce n'était que des paroles, il le savait bien, mais il priait Ely de la croire, de laisser ses craintes et ses expériences du passé pour ne se concentrer que sur le présent, et sur eux. Eux. Et, en même temps, il se concentrait sur cette main qui était venue se poser sur sa cicatrice, sur sa hanche. Il savait que la jeune femme aimait beaucoup le toucher là, et il aimait beaucoup, lui aussi. Parce que c'était sa seule faiblesse, physique tout du moins. Il n'y avait que là que, si on le frappait assez fort, il ne pouvait rien faire. Il tomberait à genoux. Et ne se relèverait sans doute pas. Mais Ely, en le touchant ici, en l'embrassant à l'endroit où les dents s'étaient plantées, le rendait dans un sens beaucoup plus fort qu'il ne l'était et qu'il ne le serait jamais.
Lorsqu'il ajouta qu'il avait bien trop peur pour ses fesses pour la tromper, sur le ton de la plaisanterie, il espéra lui arracher l'ombre d'un sourire. Il eut le droit à beaucoup plus que ce à quoi il s'attendait. Il eut le droit à un rire, franc, moqueur, puis, à un sourire. Et cela suffit à le rendre heureux, parce qu'il aimait tout simplement l'entendre rire et la voir sourire. C'était quelque chose qu'il pourrait regarder pendant des heures s'il le pouvait.
Il l'écouta lui dire qu'elle avait suivi cet Aaron pour le prendre en flagrant délit avec une autre, et ne put s'empêcher de sourire lorsqu'elle lui dit avoir tabassé le gars avec une barre de fer achetée expressément pour l'occasion. Son sourire se transforma en rire, et il secoua doucement la tête en se rendant compte qu'il aurait sans doute réagi de la même façon. Mais il n'eut pas le temps de justifier son rire car déjà elle enchaînait en se justifiant, en lui révélant que même avant cette histoire, elle avait toujours eu du mal avec les sentiments, à mettre des mots sur ce qu'elle ressentait, et le sourire de Saffron disparut pour laisser place à un visage attentif, compréhensif. Mais il ne préféra pas répondre. Parce que dans un sens, elle avait raison, et qu'il ne voulait pas relancer le débat. Le fait était, il avait faim. Et il relâcha la jeune femme pour s'éloigner et partir à la recherche de quelque chose de potentiellement mangeable. Il se doutait que malgré sa petite exploration, sa nudité ne laisserait pas Elyrian insensible, et pourtant, elle ne dit rien. Alors, il continua à chercher, se donnant en spectacle par la même occasion et ce sans la moindre gêne. Jusqu'à ce que l'impatience le force à demander à la blonde pour plus de réponses, car les tiroirs et les placards avaient triste mine. Il ne manqua pas de lui donner cet ordre, dit de cette manière qui lui était propre, et dont il savait qu'Elyrian n'aimerait sûrement pas le ton. Mais il le fit, parce qu'il aimait la voir se rebiffer contre lui, remettre en question son autorité et le malmener autant qu'il le faisait, sinon plus. Il ne put cependant s'empêcher de l'embrasser pour ensuite ajouter que si elle n'avait vraiment rien pour lui, ce serait elle qu'il mangerait, et toute crue. C'était taquin, c'était osé, mais c'était un terrain sur lequel il adorait jouer, avec elle. Et elle ne manqua pas de lui répondre, sans pour autant parler, en enroulant sa jambe autour de son bassin pour l'attirer totalement contre elle. Vraiment contre elle. Il pouvait sentir la pointe de ses seins contre sa poitrine, même à travers le t-shirt, et sur le moment, il n'eut qu'une envie, ce fut de le lui enlever. D'ailleurs, ses mains partirent se glisser sur le tissu, l'aplatissant pour le coller contre la peau de la jeune femme, dévoilant la forme de ses seins, sur lesquels il s'attarda tandis qu'elle le menaçait de lui crever les yeux la prochaine fois qu'il lui donnerait des ordres comme si elle était sa bonne. Il sourit en la sentant passer ses doigts juste sous ses yeux, mais aussi parce qu'elle l'avait encore une fois appelé par son nom. Et ça, vraiment, il en raffolait. Il répondit donc : « Qu'est-ce que je dois faire pour que tu prononces mon prénom comme tu prononces mon nom, avec une telle insolence ? » Dans le même temps, ses mains s'affairaient à tirer sur le t-shirt d'Elyrian – son t-shirt – mais une phrase de la jeune femme l'en dissuada un bref instant. Et puis tu ne peux pas t’en prendre à moi. J’ai un emballage de luxe. Il feignit la surprise, ses lèvres formant un « o » exagéré, tandis que ses mains se pressaient un peu plus contre sa poitrine, à travers le tissu. Comme pour lui répondre, elle tira sur le tissu pour le descendre le plus bas possible, et cela lui arracha un sourire à la fois amusé et empli de défi. Tu ne peux pas me l’enlever, t’as pas le droit. Je l’aime trop. Elle l'aimait trop. Fort bien, mais lui, il aimait trop son corps, et de son t-shirt, il s'en fichait bien, en cet instant. Il se mit à son tour à tirer dessus, tandis qu'elle lui demandait ce qu'il en pensait, tout en allant mordiller son lobe d'oreille. Ce simple geste eut pour effet de lui arracher un râle de désir, et ses mains tremblèrent en l'espace de quelques secondes. Il me va bien et tu le sais. Laisse-le-moi. Non. Non, il ne voulait pas le lui laisser. Il voulait juste l'enlever, l'arracher d'elle, le réduire en charpie juste pour avoir accès à son corps qu'elle lui refusait clairement, taquine et joueuse. Saffron, lui, n'était plus que désir, et frustration. Et il crut qu'il allait mourir lorsqu'elle s'écarta soudain de lui pour déclarer qu'elle voulait aller faire des courses. Il la regarda se laisser glisser au sol sur le côté du meuble pour ne pas qu'il la retienne et l'observa avec autant plus de désespoir se diriger vers la chambre. Le regard qu'elle lui jeta par-dessus son épaule lui arracha un rire. Elle était forte. Très forte. Restant un moment sur place, les mains sur les hanches, il prit finalement le chemin de la chambre, secouant la tête en souriant pendant qu'il marchait. Faire les courses. Il lui disait avoir envie de la manger, elle répondait presque qu'elle voulait qu'il le fasse, et elle proposait d'aller faire les courses ! Il avait loupé un épisode, clairement. En pénétrant dans la chambre, il vint se poster dans son dos, la prenant par les hanches, son bassin pratiquement collé à ses fesses, puis il lui retira le t-shirt, doucement, le faisant glisser le long de sa peau, avant de s'écarter pour partir à la recherche de son pantalon. Il déclara tout en lui glissant un regard aguiché : « Des courses, t'es sûre ? Parce que, tu sais, pour dix minutes de plus ou de moins... je crois pas qu'ils auront beaucoup de clientèle, aujourd'hui. Ou même demain... Ou après-demain... » Il jouait, il la tentait, même s'il savait que lorsque la blonde avait quelque chose en tête, il était sacrément dur de la faire changer d'avis. Ce fut pour cela qu'il attendit, son caleçon dans une main, son pantalon dans l'autre, et son t-shirt coincé sous le bras, qu'elle lui réponde, le regard brillant, brillant de désir et d'insolence.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Lun 22 Sep - 20:02








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Ce serait mentir que de dire qu’elle n’a pas profité du spectacle. Evidemment qu’elle n’avait pas pu s’empêcher de le regarder fouiller les placards, bien sûr que ce qui l’intéressait le plus à ce moment précis c’était de pouvoir le caresser du regard, inlassablement, s’intéressant à chaque partie de son corps et s’attardant sur celles qui lui plaisaient le plus. Force était d’admettre qu’elles étaient nombreuses. Pourtant elle ne commenta pas, se contentant de savourer la vue, l’ombre d’un sourire aux lèvres et ravalant sa curiosité pour le laisser venir à elle, ce qu’il avait fini par faire. Elyrian avait compris qu’il cherchait quelque chose à grignoter et le marin ne fit que confirmer cette hypothèse, se rapprochant d’elle tout en affirmant qu’il avait faim et qu’elle devait le nourrir. L’ordre était là, autoritaire, il semblerait que le brun ne tolérerait aucun refus, en apparence tout du moins. Car elle savait, elle savait qu’au fond il n’attendait que ça, de le voir se dresser contre lui, lui rappeler qui elle était, lui montrer qu’elle n’était pas du genre à se laisser dicter sa conduite. C’est ce qu’il voulait et la jeune femme se savait bien trop fière et adepte de la provocation pour laisser couler, aussi sauta-t-elle sur l’occasion, refermant soudainement sa jambe autour du bassin de son compagnon après que celui-ci l’ait embrassé tout en lui assurant qu’il irait la dévorer elle si elle ne lui donnait rien d’autre, la danseuse impose donc de nouveau une proximité à la limite du supportable. Il fallait avouer qu’elle-même peinait à se retenir de lui sauter littéralement dessus et ne devait son contrôle qu’à sa manie de le provoquer, se concentrant sur ses gestes, ce discours qu’elle lui sert, les réactions qui en découlent chez lui. Elle voulait le rendre fou, dans un état bien pire que le sien, afin de se rassurer, de garder le contrôle. Mais c’était dur, encore plus quand son interlocuteur laissa ses mains s’attarder sur le t-shirt, seul rempart entre eux, qu’il aplatissait contre sa peau afin de faire ressortir ses formes. Des formes qu’il s’empressait ensuite de caresser, les doigts du marin remontant ainsi jusqu’à sa poitrine, lui arrachant un frisson. Oui. C’était vraiment compliqué, parce que maintenant elle aussi voulait qu’il lui retire le vêtement. Elle voulait qu’il la dévore, comme promis. Mais ce serait trop facile, ce serait abandonner, aussi, alors la blonde s’abstient et préfère commenter ces directives, cet ordre qu’il lui avait donné.

Elle menace, elle sourit, elle provoque. Elle emploie son nom de famille aussi, chose qu’elle ne faisait que lorsqu’elle voulait s’imposer justement, faignant la colère. La jeune femme se demanda un bref instant ce que ça donnerait si elle s’avérait être vraiment furieuse contre lui un jour mais balaya bien vite cette pensée de son esprit : ce n’était pas important. Et si ça devait arriver, elle ne doutait pas du fait qu’il comprendrait que le danger était là, résidant dans ce simple mot, ce simple nom. Un danger ô combien réel. Pour l’heure, cela restait cependant un jeu, et ça aussi il le comprit comme pouvait en témoigner ce sourire qu’il arborait. Il va même jusqu’à la questionner, désireux de savoir ce qu’il devait faire pour qu’elle en arrive à prononcer son prénom avec cette insolence qui lui plaisait tant. La remarque lui arrache un sourire mais elle s’abstient de répondre. Impossible. Car son prénom ne résonnait pas pareil, parce que jusque là elle l’avait employé uniquement dans des moments de tendresse, de douceur. Toutes les intonations du monde ne changeront plus jamais cela, alors le nom demeurerait, elle continuerait de l’employer lorsqu’elle voulait le provoquer. D’autant plus que, malgré tout, cela semblait parfaitement lui convenir. Quoi qu’il en soit Elyrian en oublie bien vite ce détail pour se concentrer sur les mains du marin, qui tiraient déjà sur le t-shirt dans le but de le lui retirer. Aussitôt elle le tire, délicatement toutefois, dans le sens inverse afin de couvrir son corps comme elle le pouvait. Oh que non, il ne gagnerait pas, pas cette fois. Elle lui avait déjà cédé, elle s’était déjà abandonnée à sa poigne ferme, ses baisers dans son cou, sa manière de se plaquer contre elle et de la coincer contre un mur. Clairement, elle avait déjà succombé, et elle ne le ferait pas deux fois. Alors elle l’en empêche et reprend la parole, affirmant ainsi qu’il ne pouvait pas s’en prendre à elle, la blonde s’avérant être de la nourriture joliment emballée. Elle se retient de rire en le voyant feindre la surprise de la sorte, de manière exagérée, comme pas vraiment convaincu non plus, tandis que sa prise sur ses seins se faisait plus conséquente. Bordel, elle avait juste envie de lui dire que c’était une blague et qu’il pouvait faire absolument tout ce qu’il voulait d’elle. Mais elle ne pouvait pas. Pas cette fois.

Alors la blonde pousse le vice encore plus loin, probablement masochiste dans un sens, continuant de tirer légèrement sur le tissu afin de contrecarrer les plans du marin qui désirait encore et toujours le lui retirer. Lentement elle fait glisser ses lèvres le long de son cou, de sa joue, jusqu’à son oreille dont elle mordille sensuellement le lobe, provocante au possible. Il savait que ce t-shirt, qui ne lui appartenait pourtant pas, lui allait bien. Divinement bien. Elle savait qu’il appréciait de voir le tissu s’arrêter à mi-cuisse, possédant pile la bonne longueur pour cacher son corps tout en le dévoilant aussitôt qu’elle esquissait un geste. Et de son côté elle apprécia plus que de raison de le sentir râler contre elle, fou de désir, de frustration aussi. Seigneur ce qu’elle aimait de le sentir aussi tremblant, de voir ses doigts s’agiter sur son haut, envieux. Elle lui faisait de l’effet, clairement, et elle adorait ça, elle aurait presque été prête à demeurer contre lui un peu plus, afin de le provoquer, encore et toujours, comme si ce n’était jamais assez. Elle aurait aimé le voir la contredire aussi, faire fi de son opinion pour lui arracher ce foutu vêtement et lui faire de nouveau l’amour. Sauf qu’elle l’en empêche finalement, le lâchant soudainement et faisant basculer ses jambes de l’autre côté du meuble, se laissant ensuite retomber souplement au sol pour déjà s’éloigner de lui. Quelques pas suffisent pour qu’elle ait l’impression d’avoir froid, la température ambiante contrastant avec la chaleur qui la saisissait à chaque fois qu’elle se retrouvait contre le marin. Elyrian profite de l’occasion pour le narguer un peu plus, continuant de s’éloigner tout en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, l’émeraude captant les saphirs, audacieuse et narquoise au possible. Elle jouait clairement, mais elle aimait ça, encore plus avec lui, parce qu’il aimait ça lui aussi, dans un sens. Ce rire qui lui échappe en témoigne, lui arrachant au passage un frisson alors qu’elle pénétrait enfin dans la chambre. La blonde n’a le temps que de se pencher pour récupérer son débardeur qui avait été abandonné au sol un peu plus tôt avant de se redresser, pour mieux sentir la présence de son compagnon dans son dos. Elle en retient son souffle, frissonnant de nouveau en sentant les mains du marin sur ses hanches. Le pire restait cependant ce bassin qu’il alla plaquer contre ses fesses si bien qu’elle se mord férocement la lèvre tant pour lui résister que pour retenir un éclat de rire qui contrasterait d’ailleurs fortement avec la lueur envieuse qui faisait étinceler le vert de ses yeux. Elle le désirait clairement mais s’abstient de le dire, bien qu’il puisse le sentir. Ce fut alors au tour de Saffron de prendre les rênes, de la rendre folle, même momentanément. Docile, elle se laisse faire.

Elle se laisse faire quand elle sent ces mains qui remontent, effleurant sa peau, sa taille, ses côtés, les flancs de sa poitrine. Il en profite, tout en remontant le tissu, faisant preuve d’une lenteur franchement cruelle, d’une douceur plaisante à laquelle elle aurait bien aimé succomber. Alors pour se contenir elle lève les yeux au ciel, se persuade dans sa tête que cette situation est surtout ridicule et non pas excitante, elle tente d’oublier les caresses qu’il lui prodigue et finalement elle en vint à soupirer de soulagement quand il s’éloigne d’elle une fois le t-shirt récupéré, la laissant à son tour de nouveau nue. La jeune femme savoure ces quelques secondes de tranquillité, retrouvant ce souffle qu’elle avait presque perdu lorsqu’il s’était pressé contre elle, avant de faire volte-face afin de fixer son partenaire. Elle lisait clairement le désir au fond de ces yeux bleutés et probablement qu’il pouvait lire celui qui faisait étinceler ses prunelles à elle. Impassible de prime, un sourire vient bien vite orner son visage, amusé, alors qu’elle l’écoutait tenter de la convaincre une ultime fois de s’abandonner à leurs envies les plus primaires. Il l’avait déjà fait, il avait déjà réussi à la faire céder et c’est ce qu’elle s’empressa de lui rappeler, dans un souffle, doux et amusé à la fois tandis qu’elle le caressait du regard. « J’ai déjà craqué une fois. » Cela sonnait comme un rappel, un rappel de l’effet qu’il lui faisait, constamment. Un rappel concernant le fait que si elle était parfois incapable de lui résister, il ne devait pas prendre cela pour une habitude. Parfois c’est lui qui finira frustré, d’autres fois il parviendra à obtenir d’elle absolument tout ce qu’il désire. Pour le coup, elle gagnait. La blonde ne peut toutefois s’empêcher de rêvasser un bref instant suite aux propos du brun. Demain… Après demain… Elle fait défiler les jours dans son esprit, inlassablement, s’imaginant soudainement une semaine de tranquillité absolue, puis des mois, des années. Elle imaginait sa vie qui reprenait son cours, sans zombie, sans horreur à répétition, sans morts. Elle s’imaginait dans ses bras, à enchaîner les grasses matinées pour le simple plaisir de passer des heures contre lui, sans avoir besoin de faire quoi que ce soit d’autre. C’était tentant, tellement tentant. Elle voulait sincèrement rester dans cet appartement, avec lui, ne jamais le quitter ni lui ni cet endroit. Mais ce n’était pas possible, la réalité les rattraperait, et le retour à la terre serait douloureux. Elyrian ne voulait pas oublier dans quel contexte ils évoluaient, si elle s’accordait ces moments d’intimité loin de tout, elle ne voulait pas se laisser bercer indéfiniment par ces fantasmes, ces espoirs. Sa vie était en jeu, elle s’assurait de ne pas l’oublier.

Perdue dans ses pensées, la jeune femme abandonne sa rêverie en secouant légèrement la tête, perdant son sourire l’espace de quelques secondes avant qu’il ne réapparaisse à peine pose-t-elle les yeux sur lui. Ancrant son regard dans celui du marin, elle se penche légèrement afin de récupérer ses autres vêtements et ce fut alors sans détourner les yeux une seule fois qu’elle se rhabilla devant lui. Elle enfila d’abord sa culotte, lentement. « Oui je suis sûre. Elle enchaîne alors avec son jean, sautillant légèrement sur place à la fin, ce qui est d’ailleurs suffisant pour secouer sa poitrine. Même se rhabiller avait quelque chose de sexuel avec eux. Décidément. Amusée, elle rajoute alors. Je m’en voudrais de te laisser mourir de faim. Je prends soin de toi, que crois-tu. Elle remet alors son soutien-gorge, toujours en conservant ses prunelles dans les siennes bien qu’elle imagine que de son côté le marin ne se gênait pas pour laisser son regard s’attarder sur son corps. Moqueuse, elle poursuit dans un haussement de sourcils provocant. Et puis dix minutes… C’est pas assez pour me combler. » Ce qui n’était pas tout à fait vrai, il avait le mérite de lui faire atteindre des sommets en quelques minutes à peine, mais elle aimait trop tout le temps qui précédait leurs ébats, ce temps qu’il prenait pour se déshabiller dans les règles de l’art, pour se rendre fou. Et elle aimait tout autant les étreintes plus tendres qui suivaient. Il était clair que pour cet ensemble, dix minutes c’était bien trop court. Et ce fut ainsi sur cette conclusion qu’elle renfila son débardeur puis enchaîna avec ses bottes, vérifiant brièvement qu'elle avait toutes ses armes sur elle, achevant ainsi de se rhabiller. Sourire aux lèvres elle rejoint bien vite son compagnon (habillé ou non cela n’a pas d’importance) et va se presser contre lui, brisant de nouveau la distance qui les séparait.

Le regard brillant, elle rapproche son visage du sien et souffle à son intention : « Ceci dit je comprends que ce soit terriblement frustrant pour toi, alors voilà ce qu’on va faire : on va chercher de quoi manger un morceau, puis on va fouiller les magasins pour te trouver de nouveaux t-shirts. Si on en trouve, tu peux être sûr que ça m’incitera à te les piquer plus régulièrement. Sauf qu’à partir de maintenant… Ses doigts partent caresser le ventre de son partenaire, doucement, remontant le long de son torse tandis qu’elle poursuivait dans un murmure encore moins audible, plus sensuel cependant. Dès que je porterais quelque chose qui t’appartiens, je prends le risque de te voir me le retirer dès que tu en as envie. Je ne résisterais plus, tu pourras récupérer tes vêtements absolument quand tu veux, je ne dirais et ne ferais absolument rien pour m’opposer à toi. Ce ne serait pas comme cette fois où elle a refusé de lui restituer son bien, à l’avenir elle n’aurait plus le choix, si elle portait les t-shirt de son compagnon comme elle se plaisait désormais à le faire, elle devrait les lui rendre dès qu’il en a envie. Elyrian va même plus loin, rajoutant une clause à ce contrat. Tu pourras même me retirer ce qui se trouverait, par malheur, juste en dessous. Ça me semble être un bon compromis tout ça, non ? Sous-entendu son soutien-gorge si elle en portait un. La danseuse ne doutait pas du fait que ce marché le rendra fou, il était d’ailleurs clairement à l’avantage du marin : il se retenait de lui sauter dessus sur le champ comme il venait de le faire, et à l’avenir il obtenait des droits supplémentaires sur sa personne. Plutôt sympa. Ceci dit il était certain qu’elle ne lui aurait pas proposé cela sans être elle-même intéressée par cette manière de procéder. Cela lui plaisait, vraiment. Reculant légèrement son visage afin de mieux capter le regard de Saffron, elle retire alors ses mains dans le même temps avant de sourire plus franchement, moins provocante et audacieuse maintenant que son manège prenait fin. On y va ? » Bizarrement, elle avait l’impression qu’il ferait exprès de dévaliser les magasins s’il en avait l’occasion.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 23 Sep - 17:55

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Saffron avait faim. Mais il n'arrivait à décider s'il avait plus envie de manger quelque chose qui le nourrirait vraiment, ou de dévorer Elyrian toute crue avant qu'ils ne s'envoient en l'air une fois de plus. C'était une véritable torture. Et elle ne l'aidait pas vraiment pour ça. Vraiment pas. Et elle privait, et elle l'empêchait de lui retirer ce t-shirt qui était sien mais qu'elle s'était approprié depuis plusieurs minutes déjà. Sa parole, elle le faisait exprès. Comment faisait-elle. Comment faisait-elle pour garder le contrôle comme ça ? Par quelle sorcellerie ? Se sentait-elle pas ses mains sur son corps, qui la tentaient, qui faisaient de leur mieux pour être au plus près de sa peau, à travers le vêtement ? Ne sentait-elle pas les frissons qui agitaient son corps à lui, pressé contre le sien ? Ne sentait-elle pas le désir qui grandissaient en lui, qui rendait son regard plus terne, le voilait ? Saffron avait toujours été doué pour obtenir ce qu'il voulait, mais force était d'admettre que cette fois, il avait trouvé un adversaire à sa taille. Ely lui tenait tête. Elle ne lâchait rien.Il avait beau tirer sur le t-shirt, elle tirait dessus dans l'autre sens. Et elle aimait ça. Elle aimait lui tenir tête, il le savait, et il le voyait. Lui, il avait abandonné depuis longtemps. Il ne jouait plus, ou du moins, il n'avait plus envie de jouer comme elle le faisait. Il voulait jouer, c'était sûr, mais à un autre jeu que celui auquel ils jouaient. Ils tournaient autour du pot. Et si Saffron aimait parfois prendre son temps, faire perde patience à l'autre, il détestait lorsqu'on le lui faisait à lui. Ah oui, c'était une autre histoire. La frustration. Aimer frustrer autrui, mais ne pas aimer être frustré par autrui. Saffron ne supportait pas qu'on lui résiste trop longtemps. Il aimait qu'on lui tienne tête, mais sur le long terme, son instinct reprenait le dessus, et il perdait patience. D'où ses mains, qui étaient venue pétrir la t-shirt et les seins d'Elyrian pour lui montrer qu'il en avait assez. Qu'il en voulait plus. Maintenant. Tout de suite. Mais il se retenait. Il se retenait de réellement lui sauter dessus pour lui arracher le t-shirt et la prendre, maintenant, lui montrer qui portait la culotte d'eux deux. Il ne faisait rien de cela. Il restait, immobile, n'autorisant que ses mains à bouger sur le corps de la jeune femme. Il voulait prendre cette jambe qu'elle avait enroulée autour de sa taille, et la soulever pour la faire basculer sur le dos, et... Un râle lui échappa lorsque Elyrian lui mordilla le lobe de l'oreille. Un râle qui avait échappé à son contrôle. Il s'était alors fait tout tremblant contre elle, tout empli de désir, et de désir seulement. Il voulait la manger. Toute entière. Dévorer sa peau, ne délaisser aucune parcelle. Il savait exactement sur quelle partie il ferait s'attarder sa bouche, mais plus il y pensait, et plus le désir lui faisait perdre la tête. Elle lui faisait perdre la tête.
Encore plus lorsqu'elle déclara vouloir aller faire des courses. Il voulait la retenir. L'enchaîner. L'empêcher de lui échapper, l'empêcher d'être loin de lui. Mais à peine le phrase était-elle lancée qu'elle se décalait sur le côté pour se laisser glisser au sol. Saffron la regarda s'éloigner. Une frustration évidente pouvait se lire dans ses yeux bleus. Et il riait. Il riait parce qu'il était là, comme un con, et qu'elle lui faisait tant d'effet qu'il se retrouvait avec un début d'érection qui attendait sans doute la suite des événements. Il rit en se rendant compte qu'il était bien l'esclave du bon-vouloir d'Elyrian. Elle voulait le rendre fou ? Il lui suffisait de prendre cette voix, sensuelle, de le toucher, de le mordre, de se presser contre lui, et le tour était joué. Ce n'était vraiment pas compliqué. Elle faisait ce qu'elle voulait de lui. Clairement. Il était son pantin, elle n'avait qu'à agiter les fils. Les faire danser. Et il dansait.
Il la rejoignit rapidement dans la chambre, ne supportant pas de rester une seule minute de plus loin d'elle. C'était peut-être idiot, mais lorsqu'elle n'était pas dans la même pièce que lui, il lui manquait quelque chose. Il avait cette sensation de manque, qui lui creusait l'estomac à l'image de la pire des faims. Et puis, il avait froid. Il était entièrement nu, aussi, mais cela ne l'avait pas empêché de ressentir la plus vive des chaleurs lorsque Elyrian était encore avec lui dans la cuisine.
Il la trouva penchée au sol, aussi ne put-il résister et il vint coller son bassin contre ses fesses, la prenant doucement par les hanches. Il était dans le pire des états, et ce par sa faute. Il n'aurait jamais osé faire ce genre de choses si la frustration n'était pas aussi présente en lui. Il récupéra finalement son t-shirt, le faisant glisser le long du corps de la blonde, s'appliquant à laisser ses doigts vagabonder le long de sa peau, sans jamais aller plus loin que de simples caresses, même s'il débordait d'envie de la pousser sur le lit. Ce qu'il ne fit pas, bien évidemment. Il préférait y aller doucement. Il préférait convaincre Elyrian plutôt que de la contraindre. Il n'était pas ce genre d'homme. Il ne le serait jamais, avec elle.
Après avoir récupéré son t-shirt, et il s'écarta pour aller ramasser ses affaires qui traînaient un peu partout dans la pièce. Son caleçon, au pied du lit. Il se souvenait encore des doigts d'Ely glissant sur sa peau lorsqu'elle le lui avait retiré, et il ferma les yeux un instant pour soupirer. Il ramassa son pantalon un peu plus loin, mais préféra tenter de convaincre Elyrian maintenant plutôt que de laisser la jeune femme se faire et surtout se plaire à l'idée d'aller faire les courses. Alors, oui, il tenta de la convaincre. Précisant que pour dix minutes, il n'y aurait pas foule au supermarché. Aujourd'hui, comme demain, comme après-demain. Mais Elyrian ne se laissa pas démonter, faisant volte-face vers lui. J'ai déjà craqué une fois. Saffron sourit. Il sourit en se souvenant de l'alternative – qui n'en avait pas vraiment été une – qu'il lui avait proposée. Regarder un film, ou passer du temps avec lui. Il ne lui avait pas vraiment laissé le choix. Et oui, elle avait craqué.
Mais lorsqu'elle lui déclara être sûre, tout en enfilant sa culotte, Saffron sut que c'était plié. Il laissa son t-shirt et son pantalon sur son lit le temps d'enfiler son caleçon en même temps qu'elle enfilait sa culotte. Le sous-vêtement lui parut bizarre tout à coup, comme s'il avait pris goût à la nudité. Mais il secoua la tête en souriant doucement. Il ne pouvait décemment pas revenir à la mine sans porter le moindre vêtement. Ça suffirait pour ficher un foutu complexe d'infériorité à Roy.
Il commença à enfiler son jean en même temps qu'elle enfilait le sien, et sourit en les voyant faire les mêmes gestes. Il aimait autant la regarder s'habiller que la regarder se déshabiller. C'était un spectacle qui n'avait pas son égal. Surtout quand elle sautillait sur place, faisant trembler sa poitrine. Saffron n'en loupait pas une seule miette. Sans doute Ely s'en rendit-elle compte, car elle ajoutait en souriant qu'elle s'en voudrait de le laisser mourir de faim. Qu'elle prenait soin de lui. Il rit, avant de rechigner à mettre son t-shirt dans l'immédiat, le laissant sur le lit, alors torse nu. Et son regard ne lâchait pas celui de la blonde, qui faisait de même tout en se rhabillant. Elle enfilait alors son soutien-gorge. Il la regarda faire, la dévorant du regard, jusqu'à ce qu'elle ajouta quelque chose qui réveilla en lui ses pulsions alors amaigries. Et puis dix minutes... c'est pas assez pour me combler. Il resta un moment sans réagir, puis il répliqua après qu'elle ait enfilé son débardeur, d'une voix prétentieuse, chargée d'insolence et de charme : « Si encore tu pouvais tenir dix minutes... Mais non. Je suis tellement bon qu'en deux minutes trente, j'arrive à te faire rugir de plaisir... » Il fut satisfait de la voir revenir vers lui, ses bottes enfilées alors qu'il était toujours pieds nus. Il la regarda approcher son visage du sien, sourire aux lèvres. Et ce qu'elle lui proposa lui plut. Non. Ça lui plus énormément. Déjà, il avait sacrément faim, et manger un morceau lui disait plus que bien. Et puis, la simple idée de trouver d'autres vêtements que ce t-shirt qu'il portait depuis son naufrage l'emballait. Seulement, la suite était encore plus intéressante. Il tenta de faire fi des doigts de la blonde partant caresser son ventre tandis qu'il tendait l'oreille, attentif et aguiché. Dès que je porterais quelque chose qui t’appartiens, je prends le risque de te voir me le retirer dès que tu en as envie. Son sourire s'élargit tandis qu'il glissait ses mains dans les poches arrières du jean de la blonde, la faisant doucement avancer contre lui. Elle ajouta alors qu'il pourrait même aller plus loin et retirer tout ce qu'il trouvait en-dessous, et il émit un petit grondement qui s'était voulu ronronnement, mais qu'il n'avait pas réussi à rendre comme tel. Il gronda doucement pour lui montrer qu'il appréciait, qu'il était d'accord. Ça me semble être un bon compromis tout ça, non ? Il déposa un baiser sur son nez, taquin, avant de répondre : « Plutôt, oui... Je te conseille de faire attention à tes affaires, dorénavant. Quelque esprit malin pourrait les faire disparaître... Et ce serait dommage. Vraiment, dommage. »
Elle recula son visage du sien, et il se retint de s'emparer de ses lèvres, car elle venait de retirer ses mains de son ventre. Aussi eut-il un frisson, et aussi enfila-t-il son t-shirt rapidement lorsqu'elle lui proposait qu'ils y aillent. Mais à peine son t-shirt était-il passé qu'il se précipitait sur les lèvres d'Elyrian pour y déposer un long baiser, encadrant son visage de ses mains, et déclarait en glissant sa main dans la sienne, prêt à la suivre : « On y va. »

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