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 « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 23 Sep - 22:29








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Elle était douée. Elle le lui avait déjà affirmé, prétentieuse au possible, assurant ainsi qu’elle était capable de le mettre dans tous ses états. Aisément. Force était de constater qu’elle avait dit la vérité, elle le sentait à cette manière qu’il avait eu de frissonner, de gronder, de la caresser. Sa façon de trembler, son envie de la déshabiller et surtout… Son envie, tout court, qu’elle percevait désormais clairement. Ce désir exprimé sous la forme d’une érection qu’elle sentait désormais contre ses fesses, ce qui avait été suffisant pour l’inciter à se mordre la lèvre inférieure, se retenant ainsi de profiter de l’occasion. Car c’était clair, elle n’avait qu’un mot à dire, un seul geste à faire et il lui sautait littéralement dessus. Tout dépendait d’elle, il lui laissait le choix, véritablement cette fois et ce coup-ci elle ne se laisserait pas avoir, elle n’abandonnerait pas. Elle gagnerait. Ce fut pour cela que malgré les tentations, la jeune femme ne céda pas, se contentant de se retourner, l’ombre d’un sourire aux lèvres quand il s’éloigna d’elle. La danseuse en profita pour le caresser brièvement du regard, savourant une dernière fois ce qui était offert à sa vue, songeant à ce qu’ils auraient pu faire, là, tout de suite, et les jours à venir avant d’affirmer qu’elle avait déjà craqué une fois. Cela ne se reproduirait pas dans l’immédiat. Elyrian s’amusa de lire cette espèce de satisfaction sur le visage du marin à l’évocation de ce souvenir, cela l’amusait d’autant plus qu’elle réglait définitivement cette affaire en commençant progressivement à se rhabiller, mettant ainsi fin à tout espoir, toute possibilité de changement de programme. Commençant par son sous-vêtement, puis son jean, elle constata que son compagnon faisait également de même, exactement au même moment. Amusant. Vraiment. La situation lui plût d’autant plus qu’elle percevait le regard du marin qui s’attardait bien plus sur ses formes que dans ses propres prunelle, cela suffit à lui arracher un sourire et une nouvelle remarque, provocante, sur le fait qu’elle n’oserait jamais le laisser mourir de faim. Monsieur avait ordonné, elle se contentait d’obéir, docile, se pliant à ses directives.

Elyrian s’efforçait actuellement de ne pas détourner les yeux, se contentant donc de caresser du regard le visage de Saffron. Elle craqua cependant un bref instant, s’attardant momentanément sur ce torse qu’il ne souhaitait pas encore recouvrir. Le t-shirt avait en effet été délaissé sur le lit alors qu’elle-même continuait de se rhabiller. Il prenait son temps, profitant de ces secondes où elle dévoilait encore son buste, la dévorant clairement du regard. Une nouvelle bouffée de chaleur la traversa de part et d’autres mais elle l’ignora en se lançant dans une nouvelle provocation, assurant que dix minutes n’étaient pas suffisantes pour la combler. Elle tenait trop à ce qui précédait et suivait leurs ébats pour se permettre de n’en profiter qu’une poignée de minutes. Ce n’était pas assez, ça ne le serait jamais. Au fond elle savait qu’il comprenait parfaitement ce qu’elle voulait dire par là, tout comme elle était persuadée que le ressenti était partagé, c’est pour cela qu’elle ne s’attarde pas plus longtemps sur le sujet et enfile son débardeur, pour finalement rire en entendant la réponse du brun. Un rire qui prend toutefois vite fin, remplacé par ses dents qu’elle utilise pour se mordiller la lèvre inférieure, lui jetant au passage un regard envieux tandis qu’elle se redressait après avoir enfilé ses bottes. De ce côté-là, il avait totalement raison. Malgré la prétention dont il faisait certes preuve, force était d’admettre qu’il n’avait pas besoin de grand-chose pour la faire grimper aux rideaux. L’insolence dont il faisait preuve avait d’ailleurs le mérite de l’aguicher plus que de raison, comme en témoignait ses faits et gestes. Pourtant, elle ne commente pas, se contentant d’incliner légèrement la tête sur le côté comme pour à la fois lui donner raison et à la fois faire croire qu’il exagérait un peu. Le mélange était subtil, mais efficace, rappelant un peu cette manie qu’il avait de tirer sa tête de chien battu quand ça l’arrangeait. En même temps pourquoi diable se priverait-il alors même qu’il savait que cela lui faisait un effet monstre, bien que la blonde sache que ce n’était pas les yeux doux de son compagnon qui parviendraient à la calmer lors d’une de ses plus grosses crises de colère. Qu’importe toutefois, pour l’heure elle était trop occupée à poursuivre son manège, à le persuader de la suivre sans faire d’histoires.

Cela commence lorsqu’elle va se presser contre lui, levant les yeux afin de les vriller dans les saphirs que possédait le marin, un sourire aussi amusé que séducteur aux lèvres. Rapprochant son visage, la blonde lui explique bien vite ses intentions, lui offrant ce chantage ô combien avantageux pour lui afin de s’assurer qu’il viendrait avec elle. Au fond la jeune femme savait qu’elle n’avait pas besoin de tout ça, il lui suffisait probablement de quitter l’appartement pour qu’il la suive aussitôt. Elle aurait pu le faire d’ailleurs, cela lui aurait évité de céder du terrain pour obtenir ce qu’elle veut, mais elle ne désirait pas agir ainsi, pas avec lui. Elyrian aimait jouer, mais il y avait des limites à tout, elle ne voulait pas le traiter comme s’il n’était qu’un chien à ses pieds. Elle aimait le rendre fou, fou d’elle, fou de désir. Elle aimait l’entendre supplier ou le voir la réclamer dans ces conditions, mais ça s’arrêtait là. En dehors de leurs jeux, en dehors du lit, elle ne souhaitait pas l’obliger à faire quoi que ce soit, elle ne voulait pas non plus penser qu’il était à sa botte et qu’elle n’avait qu’à ordonner. Elle ne le voulait pas comme ça, elle voulait son avis, elle voulait le voir lui résister quand il pensait l’idée stupide, elle voulait aussi devoir faire des concessions aussi futiles soient-elles. Elle voulait… qu’il la suive par envie. Tout simplement. Qu’il la suive jusqu’au bout du monde uniquement pour rester avec elle, parce qu’il le désirait. Elle ne voulait pas avoir à le lui ordonner, elle voulait devoir se battre contre lui, pour lui. Perturbée par ses propres pensées, la blonde laisse alors ses doigts glisser instinctivement le long de la peau de son comparse, effleurant les muscles de son torse. Ce simple geste suffit à l’apaiser, à balayer les pensées sentimentales qui lui traversaient l’esprit afin de ne laisser place qu’à la provocation, cette proposition qu’elle lui faisait, aussi. Une proposition qui semblait lui plaire au vu du sourire qu’il arborait et qui s’élargissait au fur et à mesure de son discours. Cela se voyait également à ces mains qu’il glissait dans les poches arrière de son jean, achevant ainsi son emprise sur elle, lui permettant de la conserver près de lui. C’était peut-être con mais elle adorait le sentir aussi possessif. Oh elle ne doutait pas du fait que la jalousie du brun pouvait atteindre des sommets, trop élevés même ce qui finirait pas lui faire péter un câble un jour, mais pour le moment c’était juste plaisant, de le voir agir afin de rappeler qu’elle lui appartenait. A lui et à personne d’autre. Et bon dieu ces grognements, seigneur, ces grognements. C’était bestial, suffisant pour lui arracher un frisson. Elle adorait l’entendre gronder de la sorte, rappelant la bête qui se cachait sous toute cette tendresse qu’il lui réservait. Elle comprit que cela signait implicitement leur accord, mais elle ne pouvait s’empêcher de simplement se délecter du moment, amusée, le regard brillant, au point qu’elle rajoute dans un souffle, juste avant qu’il ne reprenne la parole : « Moi aussi, j’adore quand tu grognes. » Tout comme lui avait affirmé qu’il adorait quand elle le faisait, plus particulièrement lors de leurs ébats.

Elyrian ne s’attarde toutefois pas sur le sujet, s’étant contentée de ce simple commentaire et préférant désormais écouter le marin quand ce dernier reprit la parole juste après elle. Il confirmait ainsi ce qu’elle pensait jusque là : le compromis lui plaisait. Clairement. Et si elle avait supposé qu’il ferait tout pour récupérer un nombre incalculable de t-shirt, même quand ces derniers ne lui allaient pas, elle ne peut s’empêcher de rire en l’entendant dire qu’il comptait bien aller plus loin, insinuant que ses fringues à elle pourraient bien malencontreusement disparaître. Sans explications. Ce fut pour cela que la blonde se mit à rire, avant de lever les yeux au ciel, faussement exaspérée, son sourire trahissant son amusement. Joueuse elle ne peut s’empêcher de répliquer une dernière fois, ancrant de nouveau son regard dans le sien pour ça, se reculant toutefois dans le même temps afin de le laisser retrouver son espace. « Un esprit malin ? Aucune risque, je ne connais que des idiots. » Elle se mord légèrement la lèvre, l’observant alors qu’il remettait son t-shirt, ce qui l’incite à lui demander s’il était prêt. Elle a à peine le temps de finir sa phrase et lui de remettre le vêtement que déjà elle sent les lèvres de Saffron se plaquer contre les siennes, tendrement, pour un baiser qu’elle jugea aussi long que plaisant. D’instinct sa main se posa sur celle qui encadrait désormais son visage tandis qu’elle lui rendait son étreinte, yeux clos, savourant le moment. Cette même main qui se retrouva dans la sienne, leurs doigts enlacés tendrement, à l’image d’un couple. De son côté la jeune femme savait qu’elle préférait encore les considérer comme un duo, un étrange duo, un duo qui couchait ensemble, un duo qui prenait soin l’un de l’autre. Mais un couple ? Cette notion lui paraissait tellement superflue au vu du contexte. Elle s’abstiens toutefois de le dire, sachant que ces mots le blesserait probablement, des mots qui de toute manière ne changeaient rien à ce qu’elle pensait de lui : elle tenait à lui. C’était là la seule chose importante à retenir. Elyrian s’attarde donc un bref instant, ses prunelles s’attardant sur leurs mains, avant qu’elle ne daigne sourire, quittant définitivement la chambre. Ses clés en main, la blonde passe devant quelques meubles et s’arrête soudainement une fois la cuisine dépassée. Elle hésite, se crispe, fronce les sourcils et finit même par grogner. Ce fut sur ce grognement qu’elle fit volte-face, abandonnant son comparse l’espace de quelques secondes.

La danseuse venait de se rapprocher de ce cadre qui l’avait mis dans un sale état un peu plus tôt. Du bout des doigts elle l’effleure, toise le portrait avant de soupirer de nouveau. Elle s’agita un bref instant afin de sortir la photo de son support avant de la plier en quatre, la glissant finalement dans la poche arrière de son jean. Pour de bon elle se détourna alors de la pièce, rejoignant le marin et prenant déjà les devants, levant les mains au ciel comme pour plaider son innocence. « Me demande pas pourquoi, j’en sais rien. Ce qui avait le mérite d’être vrai. Elle n’avait conservé jusque-là que la dague de son père, en guise de souvenir, ayant ignoré la photographie les représentant pendant des mois. Mais là elle avait désormais envie de la garder sur elle. Elle ne parvenait pas à se l’expliquer et ne chercha pas plus longtemps que ça une raison pour justifier son geste. C’était ainsi. Point barre. La jeune femme en vint alors à rouvrir la porte, laissant le brun sortir en premier afin de refermer derrière elle. Ce ne fut qu’une fois que le bruit des clés s’entrechoquant cessa qu’elle parvint à entendre des grognements bestiaux en contrebas. Des grognements qui n’avaient rien à voir avec les siens, ou ceux de Saffron. Non. Ça c’était bel et bien des zombies, elle était d’ailleurs incapable de deviner leur nombre et c’est ce qui l’inquiétait le plus en cet instant précis. Car s’ils descendaient les escaliers dans l’immédiat et tombaient sur un surplus d’adversaires, ils étaient fichus, ou alors il faudrait courir dans l’autre sens, et vite. Ravalant un sifflement agacé, la jeune femme se met à chercher un escalier de secours du regard. Normalement il était là, s’arrêtant à chaque étage, accessible depuis une porte. Ses recherches visuelles ne l’empêchent pas de lâcher dans un souffle, agacé. Tu me fais divinement bien l’amour Saff, au point que je les avais presque oubliés ceux là. » Presque. Jetant un coup d’œil par-dessus la rambarde des escaliers, elle se mord la langue en voyant que les zombies montaient déjà. Elle en comptait cinq, et percevait encore les grognements d’autrui. Aussitôt elle fait demi-tour, se dirigeant aussitôt vers cet escalier de secours, invitant le marin à la suivre. Ouvrant la porte, qui ressemblait clairement à celle d’un appartement mais n’en était donc pas un, elle se lance aussitôt dans ces escaliers métalliques, les dévalant après avoir vérifié qu’aucun rôdeur ne les attendait pile en bas. Elle ne peut s’empêcher de ressentir un pincement au cœur, parce que cette fois c’était clair : son appartement n’y échapperait pas. Intact jusqu’à présent, il ne le resterait pas. Comme quoi elle avait bien fait de le montrer au brun aujourd’hui, après ça n’aurait pas été pareil.




(c) MEI pour APPLE SPRING



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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 24 Sep - 14:17

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Il n’y pouvait rien. Il n’y pouvait absolument rien si elle lui faisait cet effet. Elle avait le chic de le mettre dans tous ses états à l’aide d’un simple regard, de simples mots ou d’un simple sourire. Même lorsqu’elle se mettait à secouer sa chevelure, chose qu’elle faisait relativement souvent, Saffron éprouvait quelque chose. Du désir, comme en ce moment, mais pas seulement. De l’affection. De la tendresse. Ce sentiment indescriptible qui allumait une flamme au creux de sa poitrine, et qui maintenait cette flamme en vie tant que son regard ne la lâchait pas. Elle était l’allumette qui mettait le feu à sa mèche. Elle était le début de tout. Tout commençait par elle.
Cela faisait terriblement longtemps qu’il n’avait pas ressenti autant de désir, et ce dans une aussi courte intervalle de temps, puis que le désir s’était déjà emparé de lui quelques instants auparavant, avant qu’ils ne fassent l’amour sur ce lit. Et le désir était de retour, nourri par les gestes, les regards et les paroles insolantes d’Elyrian qui prenait plus que plaisir à le provoquer. Le désir, c’était quelque chose de compliqué, pour Saffron. Tout du moins, le désir qui les concernait tous les deux, et le désir qui avait concerné ces femmes, ces aventures d’une nuit. Il n’avait jamais aimé traîner dans les bordels, minuit passé, une bouteille de rhum à la main, un coup dans le nez. Le fait était, il tenait plutôt assez à l’alcool. Saffron avait une excellente mémoire. Il se souvenait de chaque nuit passée, éméché à souhait, dans les bras d’une prostituée. Il buvait parce qu’il n’assumait pas. Il n’assumait pas sa présence, il n’assumait pas ses gestes. Mais les souvenirs restaient. Et au petit matin, il disparaissait. Retournait à bord de son bateau, laissant de l'argent sur l’oreiller, parce qu’il n’assumait pas. Vraiment pas. Gilao lui avait souvent demandé pourquoi il le faisait s’il n’assumait pas, et Saffron ne répondait jamais. Ce n’était pas ses oignons. Il n’avait à rendre de compte à personne de ce qu’il faisait. Il était grand, bordel. Il faisait ce qu’il voulait de sa queue. Sûr, il n’aimerait pas se retrouver avec un gosse de dix ou douze ans qui lui annoncerait être son fils ou sa fille, ça le foutrait dans une sacrée merde. Il prenait toujours ses précautions avec les prostituées, Saffron. Un enfant, ça ne se faisait pas comme ça. C’était une entreprise à long terme, et une entreprise qui nécessitait sérieux et responsabilité. Or, Saffron n’avait aucune de ces choses-là. Alors, il nourrissait ses envies les plus primaires quand il en ressentait le besoin, quand le temps passé en mer était trop long, quand il se sentait seul, quand il avait envie d’un peu de douceur, de momentanément stopper ces traques incessantes qui rythmaient sa vie.
Reprenant ses esprits, Saffron commença à se rhabiller en même temps qu’Elyrian. Il suivait les étapes qu’elle imposait, allant exactement à la même vitesse qu’elle. Lorsqu’il eut mit son pantalon, il chercha un instant sa ceinture, qui avait volé lors de leurs précédents ébats. Ely, elle, enfilait ses bottes. Il trouva finalement la ceinture au pied du lit, sous un pan de drap. En regardant le matelas et les oreillers, il se dit qu’il aurait tellement voulu s’endormir et se réveiller là. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas dormi dans un vrai lit. Le lit de camp qu’Ely et lui partageaient à la mine était vraiment petit, et inconfortable. C’était une mine à courbatures. Ici, tout n’était que douceur, et surtout, tout était tellement Ely. Ce lit, c’était elle. Ce salon, cette cuisine, c’était elle. Sa personnalité. Ses goûts. Et ça, Saffron aimait. Et il la remerciait, secrètement, maintenant qu’ils allaient s’en aller, de lui avoir fait découvrir cet endroit, miraculeusement préservé. Il savait que ce ne serait sûrement pas le cas la prochaine fois, surtout après le tapage qu’ils avaient fait rien qu’en s’envoyant en l’air.
Il rechigna a enfiler son t-shirt dans un premier temps, et ce sûrement pour faire payer à la jeune femme sa soudaine envie de partir alors qu’ils auraient pu rester ici, tous les deux. Il ne lui en voulait pas franchement, ça n’était que partie remise, mais il ne pouvait s’empêcher de lui montrer qu’il n’appréciait pas l’idée. Il la suivrait, c’était un fait, mais il aurait largement préféré rester. Jusqu’à ce qu’elle lui fasse cette proposition. Cette proposition du tonnerre, qui l’emballait sérieusement. Il le lui montra en poussant un de ces grognements bestiaux, glissant en même temps ses mains dans les poches arrière de la jeune femme, et ce pour l’attirer au plus près de lui. Oui. Oui, il était possessif, même s’il n’avait aucune raison de l’être en cet instant précis. Seulement, il y avait cette distance, qu’elle lui avait imposée, et que Saffron détestait. Il aurait voulu lui-même la rhabiller, lui-même lui enfiler sa culotte, lui passe son soutien-gorge. Même si ça n’aurait au final pas franchement été une bonne idée, puisque ça n’aurait fait que renforcer son désir pour elle.
Il sourit en entendant Elyrian lui dire qu’elle adorait quand il grognait. C’était exactement ce qu’il lui avait dit quelques instants plus tôt, alors qu’ils étaient enlacés dans ce lit et nus comme des vers. Il aimait quand la blonde reprenait ce qu’il disait. Cela lui prouvait qu’elle y faisait attention, qu’elle n’était pas insensible à ses mots. Il lui répondit qu’elle allait désormais devoir faire attention à ses affaires, puisqu’il sous-entendait juste après qu’il n’hésiterait pas à faire disparaître ses affaires à elle pour l’obliger à ne porter que les siennes à lui. C’était petit, c’était mesquin, mais la seule idée qu’il puisse avoir tous les droits sur sa personne si elle portait une affaire à lui lui donnait ce genre de pensées. Bon, et puis, il y avait ses mains qu’elle avait posées sur son corps, sur son ventre. Et ces mots qu’elle lui livra, en réponse à sa petite menace. Un esprit malin ? Aucune risque, je ne connais que des idiots. Il éclata de rire, franchement. Eu. Elle l’avait bien eu. Oui. Il était bien son idiot à elle. Son idiot. Il rit encore pendant quelques instants, puis répliqua : « Toi alors…  » avant de se pencher pour ramasser son t-shirt, l’enfiler, et s’emparer des lèvres de la blonde pour l’embrasser longuement.
Ce fut juste avant qu’il ne lui donne son accord. Oui. Ils pouvaient y aller. Il voulait dévaliser ce supermarché et repartir avec des tonnes et des tonnes de vêtements rien que pour lui faire regretter de lui avoir proposé ce marché. Il avait glissé sa main dans la siennes pour lui faire comprendre qu’il était prêt à la suivre, mais il la vit s’attarder sur cette image de leur mains enlacées. Saffron lui-même n’avait pas réfléchi au geste. Il l’avait fait instinctivement. Et maintenant, il se mettait à imaginer ce à quoi Elyrian pouvait être en train de penser. Un couple ? Il n’en savait trop rien. Qu’est-ce qu’était un couple dans leur contexte actuel ? Il n’aimait pas beaucoup le mot, d’ailleurs. Mais alors quel terme mettre sur leur relation ? Ils n’étaient clairement pas amis, c’était beaucoup plus que ça. Des amants ? C’était beaucoup trop sentimental pour lui, alors il n’imaginait pas pour elle. Le terme qui lui vint ensuite à l’esprit fut duo. Il observa la blonde encore un instant en se demandant si le terme duo pouvait leur convenir. Il abandonna sa réflexion en se rendant compte que cela ne menait à rien. Il ne vit donc pas le sourire d’Elyrian, mais lorsqu’elle s’éloigna de la chambre, il la suivit, sa main ne lâchant plus la sienne. Il se rendait alors seulement compte à quel point la chose était bizarre. Se donner la main. C’était con, tellement con. Il lui courait presque après. Ils traversèrent le salon ensemble, puis la cuisine. Elyrian s’arrêta soudain la cuisine dépassée, et Saffron lui jeta un regard curieux pour voir ce qu’il se passait. Il l’observa alors se diriger vers le cadre qu’il avait posé sur la table, et en dénicher la photo pour la plier en quatre et la mettre dans une de ses poches. Saffron haussa un sourcil. Cette même photo qui l’avait mis dans tous ses états il y a une petite dizaine de minutes. La jeune femme n’attendit pas plus longtemps pour se justifier. Me demande pas pourquoi, j’en sais rien. Abandonnant l’opération main dans la main, Saffron la glissa cette fois dans le bas de son dos, venant chercher sa hanche opposée. Il répondit doucement : « C’est ton père. Il a compté pour toi. C’est normal. » Il l’embrassa tout en haut du front, presque sur les cheveux, avant d’ajouter : « Il faudra que tu me parles un peu plus de lui.  » C’était une drôle de requête, certes, mais il voulait en apprendre plus sur l’homme qui avait pris soin d’Ely pendant toutes ces années.
Quand elle lui ouvrit la porte pour le faire sortir en premier, il s’exécuta. Mais à peine se retrouvait-il dans le couloir qu’il s’immobilisait, attentif. Des grognements retentissaient, et se rapprochaient. Il jeta un regard entendu à Ely. C’était bel et bien des zombies. Il leur fallait dégager, et vite. Détachant son couteau de sa ceinture, par précaution, le marin regarda Elyrian s’agiter à côté de lui, jeter un coup d’œil en bas des escaliers pour surveiller l’ascension des rôdeurs. Ceux-si rapprochaient encore, Saffron pouvait les entendre d’où il était. Il haussa un sourcil quand Elyrian se tourna vers lui. Tu me fais divinement bien l’amour Saff, au point que je les avais presque oubliés ceux là. Il s’empressa de répondre, ne s’autorisant pas plus de temps car il leur fallait agir plus que rapidement s'ils voulaient éviter la horde : « Crois-moi, je les avais presque oubliés, moi aussi… mais merci. » Elle ouvrit finalement une porte qui ressemblait à une issue de secours, et Saffron la suivit. Tandis qu’elle dévalait les marches de l’escalier métallique, il attrapa une barre de fer qui traînait et l’utilisa pour bloquer la porte, usant de sa force pour la tordre, formant une boucle. De cette manière, personne ne pourrait les suivre. Il reprit son souffle pendant quelques secondes, brièvement, puis rejoignit la blonde. Il espérait sincèrement que son appartement résisterait à ces rôdeurs, bien qu’ils aient laissé tout un tas d’odeur dans quasiment toutes les pièces.
Arrivés en bas de l’escalier, il prit la tête, son couteau à la main, ouvrant précautionneusement la porte au cas ou un rôdeur lui tomberait dessus. Il entrouvrit la porte pour regarder du côté de l’entrée. Rien, il fit signe à Ely qu’il n’y avait aucun danger, et sortit en premier, attrapant sa main, mais beaucoup plus fermement que la dernière fois. Il les fit s’éloigner le plus possible du bâtiment, courant doucement. Il s’arrêta de courir au niveau d’un vieux bus scolaire laissé à l’abandon, et demanda : « Bon, maintenant… où on va les faire, ces courses ? » Il n’était pas de Girdwood, il n’y était même jamais venu avant qu'ils ne soient obligés de quitter Kenaï, lui et les autres. Alors, si l’un d’eux devant prendre les devants en cet instant précis, c’était définitivement elle.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mer 24 Sep - 18:07








Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Toi alors… Oui. Elle. La remarque est bénigne, n’attendant guère de réponse. Pourtant cela suffit pour la toucher. Il y avait une telle tendresse dans ces quelques propos, et il y avait eu ce rire aussi, témoignant du fait qu’elle venait de le prendre au dépourvu ou tout du moins qu’elle avait trouvé la réplique adéquate. Une pique, placée pile quand il le fallait et qui avait atteint sa cible. Toi. Ce simple mot suffit à lui arracher un frisson, comme s’il était précieux, comme si elle était précieuse. Un joyau dont il prendrait soin, devant lequel il parvenait encore et toujours à s’émerveiller, donc les facettes ne cessaient de le surprendre et de lui plaire. Cela la rassurait, dans un sens, de voir qu’elle parvenait encore à le séduire, le faire rire, lui plaire. La routine, ou plus précisément l’ennui et la lassitude qui pouvait en découler, était quelque chose qui lui faisait peur en un sens. Ou plutôt, elle craignait qu’on ne se lasse d’elle et même si cela ne risquait probablement pas d’arriver dans l’immédiat étant donné qu’elle connaissait Saffron depuis peu de temps, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver un sentiment de soulagement absolu en le voyant réagir de la sorte. Un sentiment qui croît dans sa poitrine alors que le marin se penche désormais sur elle, après avoir renfilé son t-shirt, afin de l’embrasser longuement. La danseuse savoure, profite, lui rend cette étreinte aussi, avant de se focaliser sur cette main qu’il venait de glisser dans la sienne. Ce simple contact lui rappelait forcement ces attentions propres aux couples, ces amoureux qui n’avaient pas à se soucier de quoi que ce soit. A vrai dire elle n’a jamais été fan de ce contact, peu importe avec qui, peu importe à quel point elle aimait la personne. Pourtant elle ne dit rien, balayant ses pensées trop sentimentales qui avaient le don de la faire paniquer pour rien et préférant finalement songer au duo qu’ils formaient. Un duo. Rien de plus, rien de moins. Un joli duo. Son propre raisonnement finit par lui tirer un sourire et ce fut dessus qu’elle quitta la chambre en compagnie du brun, prenant déjà la direction de la sortie de l’appartement. A la dernière minute toutefois, la danseuse fait volte-face afin de récupérer cette photo qui la représentait, elle et son père, avant de la glisser dans la poche arrière de son jean. Elle ne sait pas ce qui la pousse à faire ça, à vrai dire elle ne cherche pas vraiment à savoir, de peur de raviver trop de mauvais souvenirs. Elle le fait, c’est tout, se justifiant déjà auprès de son partenaire : inutile de poser des questions, elle ne saurait pas y répondre.

Pourtant ce ne sont pas des questions qui passent le barrage que formaient les lèvres de Saffron. Ce fut un constat, une réponse en vérité qu’il lui offrait, un avis purement personnel mais qui l’aidait à y voir plus clair ou tout du moins à donner un sens à son geste. Elyrian se soucie toutefois, dans un premier temps, de cette main que son compagnon glisse à hauteur de sa hanche, son bras ainsi glissé dans son dos et elle ne peut s’empêcher de sourire, discrètement. Elle préférait. Clairement. De son côté elle crevait d’envie de faire la même chose, de glisser ses doigts sur la hanche balafrée de son partenaire ou encore de les plonger dans la poche arrière de son pantalon, comme pour assurer son emprise sur lui. Elle voulait, cependant la raison l’emporta sur ses envies, lui rappelant qu’ils allaient quitter l’appartement et qu’il valait mieux éviter de trop s’encombrer. Elle ne voulait pas le gêner dans ses mouvements, ni même se gêner elle-même. Les gestes du marin passaient encore, mais elle ne rajouta donc rien à cette position qu’il imposait, se contentant de la savourer et préférant se concentrer enfin sur ces propos qu’il lui offrit. C’est ton père. Il a compté pour toi. C’est normal. Oui. Probablement. La danseuse se disait que si elle n’avait pas voulu acumuler les souvenirs jusque là, c’est parce que la douleur était trop présente, la blessure trop profonde. Mais maintenant, maintenant qu’elle avait ravivé quelques souvenirs, maintenant qu’elle avait pu se confier à quelqu’un sur cet homme incroyable qu’avait été son père, elle se sentait capable d’encaisser plus facilement. C’était comme un hommage qu’elle lui faisait, en daignant parler de lui, en daignant se souvenir. Et ces souvenirs passaient par ce genre de photo. La jeune femme quitta de nouveau sa rêverie quand Mortimer daigne clore le sujet, réclamant d’elle qu’elle se lance dans de plus vastes explications à l’avenir. Il voulait qu’elle lui parle de lui. Elle ne parvenait pas à savoir pourquoi, d’un côté elle se disait qu’il s’agissait probablement d’une simple curiosité, mais de l’autre elle songeait au fait que la curiosité n’était d’ordinaire pas son fort. Voulait-il qu’elle en parle car il pensait que cela lui ferait du bien, à elle ? Voulait-il l’apaiser, subir ses discours élogieux concernant son père dans l’unique but de lui arracher un sourire et de raviver peut-être de meilleurs souvenirs ? Elle ne sait pas, honnêtement elle en sait fichtre rien, mais ne se soucie pas de ça plus longtemps. Car déjà ils se retrouvaient dehors, déjà la réalité les rattrapait. Bon dieu, elle aurait tout donné pour ne jamais avoir à quitter cet endroit. Tout donné, pour se sentir en sécurité, pour retrouver sa vie, normale au possible. Ce n’était pourtant plus le cas, cela ne le serait probablement jamais. Ce bonheur éprouvé n’aura été que de courte durée, une bulle, une pause dans leur vie chaotique. Cela lui semblait si peu…

Refermant derrière elle, ce fut à ce moment précis que le grognement bestial des rôdeurs lui arriva aux oreilles. Un simple coup d’œil suffit à confirmer ses soupçons : ils sont nombreux. Beaucoup trop. Fidèle à elle-même, la blonde ne peut pas s’empêcher de commenter, assurant à son compagnon qu’il faisait si bien l’amour qu’elle en avait presque oublié la présence de zombie dans toute la ville. La réplique du marin sonne beaucoup plus sérieuse que tout ce qu’il avait pu lui dire jusque-là. Oui, lui aussi revenait à la réalité, il n’avait pas le choix. Ils n’avaient pas le choix. Le remerciement suffit toutefois à lui arracher l’esquisse d’un sourire, qui disparaît aussi vite qu’il était apparu tandis qu’elle ouvrait la porte menant à l’escalier de secours. Jetant un bref coup d’œil à Saffron elle remarque que ce dernier s’assure qu’ils ne les suivront pas, elle le laisse donc faire, s’assurant d’abord de son côté que personne ne les attendait le long des escaliers ou même en bas. Une fois rassurée à ce sujet, la danseuse entame donc la descente, le plus rapidement possible. Profitant du fait que le brun ait pris finalement les devants, elle se penche en avant afin de récupérer un de ses couteaux de lancer, étant donné qu’il s’agissait de la première arme qu’elle utilisait, n’aimant pas spécialement devoir affronter ces saloperies au corps à corps. Jouant ainsi avec sa propre lame, elle le suit à l’extérieur après qu’il lui ait assuré qu’aucun danger ne les guettait dans l’immédiat. Se laissant faire quand il s’empare de nouveau de sa main, elle le suit ainsi dans les rues, courant à sa suite, bien heureuse à l’idée de s’éloigner le plus loin possible de ces monstres. Ce ne fut qu’une fois suffisamment éloignés d’ailleurs que le marin daigna la lâcher non loin d’un bus scolaire avant de la questionner sur leur prochaine destination. Elyrian était cependant trop occupée à fixer ce bus, un bref instant, songeant au nombre de fois qu’elle avait dû l’emprunter étant gamine avant de répondre soudainement, observant son compagnon pour cela : « J’ai jamais touché au volant d’une voiture tu sais ? J’ai juste le permis moto, c’était suffisant, et ça me plaisait bien de constater que c’était au gars de se tenir à moi si jamais on faisait un tour dessus. C’était hors propos, totalement, un discours inspiré par la simple vue de ce bus, ce moyen de transport. Mais c’était une nouvelle information sur elle, ce genre de détails insignifiants qu’elle se plaisait à offrir et qu’elle aimait connaître aussi quand cela concernait Saffron. C’était ce qu’elle aimait, ces précisions inutiles en apparence. La danseuse finit par s’autoriser un sourire avant d’indiquer une rue d’un signe de tête. Par là. »

Désormais exposés, la blonde ne lâche pas son arme, pas un seul instant. Elle ne prend pas le temps de flâner dans les rues non plus, ne se sentant pas en sécurité non seulement à cause des zombies qui rôdaient mais aussi à cause des survivants potentiellement dans le coin. On ne sait jamais après tout, suffit que l’un d’eux soit cinglé et du genre à tirer à vue, c’était tout à fait possible. C’est pour cela que la blonde préfère longer les murs, évitant toutefois de trop s’approcher des bâtiments qui pouvaient contenir des ennemis supplémentaires. Ouais. Survivre, c’était compliqué. Quoi qu’il en soit elle leur fit ainsi emprunter diverses ruelles. La jeune femme connaissait bien les lieux et ne voulaient donc pas emmener son compagnon dans les plus grands supermarchés de la ville. C’était inutile, les grandes surfaces devaient être vidées depuis longtemps, il fallait plutôt se focaliser sur les petites épiceries ou boutiques du genre, que peu de gens connaissent forcement. Avec un peu de chance, ils y trouveraient de quoi manger. Ce fut pour cela qu’ils finirent par arriver dans une impasse, une enseigne ridicule en guise d’indication. Couteau en main, la jeune femme indiqua d’un signe de tête que c’était bien là, avant de pénétrer à l’intérieur après avoir jaugé le danger en jetant un coup d’œil à travers les vitres de la porte. Une fois dans la pièce elle jeta un coup d’œil circulaire aux environs, se permit également de faire du bruit : contrairement à certains elle préférait s’assurer que le lieu était totalement vide. Se faire discret pour soudainement tomber nez à nez avec un marcheur, c’était vraiment pas son truc. Cependant après plusieurs secondes, ou minutes, rien ne se dévoila à eux. Cela n’empêchait pas Elyrian de conserver son arme à la main, mais elle se détendit imperceptiblement toutefois, se permettant enfin de regarder son compagnon à qui elle adressa quelques mots. « Heureusement que t’es pas compliqué, c’est pas dit qu’on trouve quelque chose. Oh et si l’envie te prend de ramper sous les étalages, appelle moi, que je puisse profiter du spectacle. » Un clin d’œil séducteur suit bien vite sa tirade, accompagné d’un sourire amusé, avant qu’elle ne daigne s’occuper de l’endroit, à la recherche d’une nourriture quelconque. C’est sûr que trouver quelque chose, ce serait sympa, ça changerait clairement des marmottes. Un carré de chocolat ce serait vachement cool par exemple ! La blonde se met donc ainsi en chasse, l’émeraude de ses yeux s’attardant sur les rayons vides. Parfois elle s’agenouillait donc, cherchant des aliments qui seraient peut-être tombés au sol dans la panique. Au pire il y avait probablement une réserve, qu’ils pourraient également fouiller.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Lun 29 Sep - 11:32

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Saffron n'avait pas prêté attention au bus et à la signification qu'il pouvait avoir pour Elyrian. Il s'était arrêté là parce que le véhicule abandonné représentait un abri de premier choix. Il intercepta cependant le regard de la jeune femme, rivé sur le bus. Sans doute l'avait-elle pris de nombreuses fois. Il s'en doutait. Elle ne le regarderait pas avec une telle nostalgie, sinon. Une telle amertume. Lorsqu'elle revint à elle, elle se tourna vers lui pour lui dire avec un sérieux venu d'ailleurs qu'elle n'avait jamais touché au volant d'une voiture. Elle avait le permis moto. Il sourit en l'entendant dire qu'elle préférait quand c'était au gars de se tenir à elle. C'était du Elyrian, typique. Il commençait à la connaître, il commençait à la cerner un peu mieux. Et il aimait ça, malgré son goût pour le mystère et l'imprévu. Il apprécia cependant de constater qu'ils partageaient encore un point commun, et ce fut avec un petit sourire attendri qu'il répondit : « J'ai jamais touché au volant d'une voiture non plus. Je n'y voyais pas l'intérêt. Seul mon bateau m’importait. » Oui, pourquoi se serait-il intéressé à une voiture, comme la plupart de ses amis avait pu le faire ? Quand tous se targuaient d’avoir leur permis et d’avoir telle ou telle voiture, lui se targuait d’avoir son propre bateau. Celui qui l’attendait, échoué au large, non loin de Kenaï, il ne l’avait acquis que onze ans plus tôt. Il avait vendu le bateau que son père et lui avaient construit pour racheter cette vieille coque en ferraille, qui se tenait quelque part entre le baleinier et le voilier. Il n’était pas élégant, mais il avait quelques traits fins, et surtout une sacrée rapidité. Rien de tel pour chasser le squales, un requin comme le grand blanc pouvant se déplacer jusqu’à 50 km/h s’il le voulait. Saffron n’avait jamais connu navire plus rapide. Navire plus étrange aussi. La coque était épaisse, la coque était profonde, lui permettait de vivre en son sein, et même d’installer une cale qui donnait sur le pont. Il en avait fait son chez lui, il l’avait adopté. Se l’était approprié.
Il fut arraché à ses pensées par la voix d’Elyrian qui lui indiquait le chemin à suivre. Et il lui emboita le pas, longeant les murs à sa suite, collant ses pas aux siens. Il la suivait, il lui faisait confiance. Il voyait à l’assurance qui dégageait d’elle qu’elle savait où elle allait, et cela suffisait à le rassurer. Mais le marin restait cependant sur ses gardes. Il connaissait encore assez mal les rôdeurs, mais il savait au moins qu’il pouvait en surgir un à n’importe quel endroit à n’importe quel moment. Un peu comme des requins. Elyrian et lui nageaient en plein océan et ne cessait de battre des pieds, de s’agiter, de créer des ondes. Jusqu’au moment où leurs agitations attireraient l’œil, attireraient une gueule, un prédateur. C’était pour cette raison qu’il avait sorti son couteau, puisque son fusil à harpons était resté dans la bicoque. Et, sans cesse, il se répétait mentalement que si l’une de ses choses surgissait, d’un seul coup, il lui faudrait viser la tête, et seulement la tête. Il avait retenu la leçon de Roy lorsqu’ils s’étaient rendus au garage de ce dernier, même si c’était bien la seule et unique leçon que cet abruti lui inculquerait.
Ils arrivèrent finalement dans une impasse, et Saffron, qui jetait un regard circulaire autour d’eux, vit alors Elyrian lui faire un signe de tête pour lui indiquer qu’ils étaient arrivés à destination. Le marin tendit le cou pour jeter un coup d’œil à l’enseigne. Mais ses yeux suivirent Elyrian, qui pénétrait déjà dans la boutique abandonnée. Il la suivit, son couteau à la main, attentif au moindre mouvement. Il ne s’agissait pas qu’un de ces rôdeurs la blesse ou pis, la morde. C’était bien la première fois qu’il avait ce genre de pensées concernant Elyrian, et cela lui faisait peur. Cela lui nouait le ventre, cela lui donnait ce genre de frissons qu’il détestait. Sur le coup, il se disait qu’il n’aurait jamais le courage de la tuer, qu’il ne pourrait pas, que ce serait au-dessus de ses forces, mais au fond, il savait qu’il le ferait. Parce qu’il n’avait pas le choix, ou plutôt qu’il l’avait déjà fait. Car entre la laisser se transformer et avoir la possibilité de la libérer, son choix était depuis longtemps. Il espérait seulement ne jamais avoir à le mettre à exécution. Il tenait trop à Ely, elle comptait trop pour lui, désormais. S’il avait d'abord pensé que ce serait un handicap de s’attacher autant, de s’enchaîner à une personne comme il le faisait avec elle, par affection, il pensait désormais différemment. Certes, elle était son point faible, mais elle était aussi son point fort. Parce qu’elle avait beau être une femme — ceci ne voulant rien dire à ses yeux — elle savait se battre. Elle savait se défendre. Il l’avait vue faire. Aussi, il savait qu’il n’avait pas à la surveiller constamment, à vouloir la protéger, même si c’était un instinct naturel, chez lui. Il protégeait ceux qu’il aimait, il chassait ceux qui le chassaient.
Il entra dans la boutique à la suite de la blonde, la laissant taper des pieds, faire du raffut pour dénicher d’éventuels indésirables. Il approuvait totalement la méthode. C’était comme taper des pieds pour faire fuir les serpents. On lui avait appris ça lorsqu’il était gosse et que son père l’emmenait en forêt, mais c’était rare. Ils ne partaient en forêt que pour rendre visite à leur famille qui vivait près des montagnes. Il surveilla tout de même la porte près de laquelle il se tenait, au cas ou tout le bruit que faisait Elyrian attirerait, au contraire, d’autres rôdeurs. Puis, constatant que tout était calme, il s’approcha de la jeune femme. L’arme à la main, cette dernière l’enjoignit de l’appeler s’il s’aventurait à ramper sous les étalages. Il intercepta le clin d’œil séducteur qu’elle lui adressa, puis répliqua tout en ne pouvant résister à l’envie de poser une main dans son dos : « Je tâcherai de m’en souvenir… » Il laissa sa phrase en suspens, puis, prenant un ton plus suave, plus chaud, il déclara : « Je sais à quel point tu les aimes, mes fesses. »  Il donna un petite tape sur celles de la blonde, puis s’éloigna, un sourire carnassier aux lèvres.
De ce qu’il pouvait constater par lui-même, la plupart des étagères étaient vides. Tout avait dû partir à une vitesse affolante, ou bien avoir été dévalisé par quelques survivants, comme eux. Une chose était sûre, ils arrivaient après la bataille, tels des charognards avides de trouver encore quelque chose à manger malgré le carnage. Saffron trouva bien un pot de moutarde, qu’il garda d’ailleurs avec lui, mais ce n’était pas glorieux. En plus, il n’était pas fan de moutarde. Mais si ça pouvait apporter un peu plus de goût aux marmottes et aux poissons qu’ils attrapaient, il se disait que c’était déjà ça. Il trouva également un pauvre pot contenant des asperges, et buta également sur une boîte de pâtes qui s’était échouée au sol. Saffron, qui adorait les pâtes, se surprit à vouloir toutes les ramasser au sol. Mais Dieu seul savait ce qui avait pu traîner sur le sol, aussi renonça-t-il après s’être accroupi et avoir observé le sol de plus près. Quitte à mourir, il ne mourrait certainement pas d’indigestion.
Il continua son chemin, croisant parfois la silhouette d’Ely qui, à genoux, fouillait les étagères. Il s’arrêta un instant pour l’observer et seulement l’observer, ses yeux dessinant les courbures de son corps. Et ce jusqu’à ce qu’il croise le regard de la blonde, qu’ils se sourient l’un l’autre et qu’ils repartent chacun de leur côté. Saffron se dirigeait vers le fond de la supérette quand il tomba sur une porte. Il vint plaquer son oreille contre cette dernière pour écouter d’éventuels bruits. Il n’y eut rien. Il commença alors par abaisser la poignée, sans succès. La porte était verrouillée. Plaçant ses deux mains dessus pour jauger rapidement l’épaisseur qu’elle pouvait avoir, il recula ensuite, pour la percuter violemment de son épaule gauche. Une fois. Deux fois. Le marin remonta ses manches, contrarié. Cette porte commençait à lui casser les pieds. Il recula encore un peu, puis envoya un coup de pied monumental en plein sur la porte. Il réussit à la déloger partiellement de ses gonds. Si Elyrian avait été très forte pour faire du bruit, il l’égalait presque. Il termina de dégager l’entrée à grands renforts de coups d’épaule, puis pénétra dans la petite pièce. Vide de tout rôdeur, elle semblait cependant renfermer plusieurs conserves, sur des étagères en hauteur. Saffron appela Elyrian pour qu’elle le rejoigne, et lorsque ce fut chose faîte, il lui montra la pièce, et la porte tombée au sol. Il n’attendit pas qu’elle dise quoi que ce soit pour entrer, montant sur la porte. Il trouva un sac de pommes de terres toutes pleines de germes, et un congélateur qui avait fui. Aussi, au-delà de la porte sur laquelle il se trouvait, une grosse flaque d’eau s’étalait sur le sol. Il ouvrit le congélateur, mais le referma presque aussitôt, assailli par une odeur de pourriture infecte. Il se rabattit alors sur les conserves, situées en hauteur. Il tendit le bras pour en attraper une. Maïs. Puis, une autre. Petits pois. Il balança celle de maïs à Elyrian pour en attraper toute une poignée. On dirait qu’ils venaient de mettre le doigt sur une sorte de réserve. S’ils ne pouvaient sauver la viande, il pouvait sauver le reste. Il déclara tout en lisant les dates de péremption au dos des conserves : « Je crois qu’on a touché le gros lot. L’extinction des marmottes, ce sera pas pour tout de suite. » Il adressa un clin d’œil à la jeune femme, avant de lui balancer d’autres conserves, une lueur joueuse dans les yeux.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Lun 29 Sep - 19:26











Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




L’on pouvait probablement parler de point commun, oui, alors que le marin avouait dans un sourire que lui-même n’avait jamais touché au volant d’une voiture de sa vie. Il n’était pas spécialement adepte des motos non plus, non, évidemment pour lui ce qui comptait c’était son bateau. La blonde n’avait pu s’empêcher de l’écouter, attentive et amusée. Au vu de la chasse constante que son compagnon menait contre les requins, elle aurait dû se douter qu’il possédait son propre navire, pourtant cela ne lui était même pas venu à l’esprit. Ou tout du moins avait-elle fini par oublier ce détail, oublier que l’homme qui était à ses côtés était un amoureux de l’océan, passant sa vie en mer et ne foulant que rarement la terre ferme. Elle savait, mais elle oubliait, parfois, parce que pour le moment elle ne l’avait pas vu une seule fois s’éloigner. Il n’avait pas délaissé le continent, passant au contraire tout son temps avec elle si bien qu’elle en avait oublié ce navire. La jeune femme se demanda d’ailleurs pourquoi il était coincé sur terre, ce qui avait bien pu arriver à son précieux moyen de transport pour devoir supporter cet enfer terrestre. Elle fut tentée de le questionner, un bref instant, pour finalement s’en abstenir. Elle avait suffisamment remué le passé pour aujourd’hui, évoquer l’impossibilité pour le brun de retourner en mer était bien la dernière chose à faire désormais, sauf si elle voulait rendre cette situation plus pénible encore pour lui, ce qu’elle ne voulait absolument pas. C’est pour cela qu’Elyrian préfère changer de sujet, non sans un coup d’œil attendri et amusé, pour désigner plutôt la direction à prendre s’ils désiraient trouver de quoi se nourrir et de quoi l’habiller lui. Ce fut donc sans un mot de plus qu’elle les guida à travers les ruelles, prenant quelques précautions, sa main empoignant fermement son couteau. La danseuse avait fini par s’habituer à la situation, s’habituer à la méfiance, à conserver son arme en main, à réagir au moindre bruit suspect. Depuis le temps son cerveau avait appris à traiter les informations différemment, s’il était habitué à délaisser les bruits extérieurs pour se focaliser sur quelque chose de plus précis, elle avait bien vite dû remédier à ce détail pour se focaliser sur absolument tout ce qui l’entourait. Ces bruits extérieurs, si superficiels d’ordinaire, devenaient désormais une information cruciale, nécessaire à sa survie. En vérité, en cet instant, elle délaissait totalement le marin derrière elle. Non pas qu’elle ne tienne pas à lui, à le protéger, mais bien parce qu’elle estimait que se soucier des mouvements du brun ne feraient que la déconcentrer. Il était grand, il était fort, elle ne s’inquiétait pas pour lui. Et si quelque chose devait leur arriver, à lui comme à elle, elle préférait tenter de prévoir le danger plutôt que de s’abandonner à des rêveries déplacées vu la situation actuelle.

Fort heureusement, en plus d’être un grand garçon, Saffron avait le mérite d’être intelligent. Suffisamment pour être capable de se soucier de lui, pour ne pas la déranger également. Il leur fut donc aisé d’arriver jusqu’à la petite boutique qu’elle avait tant cherché et ce fut après avoir pris ses précautions que la danseuse pénétra à l’intérieur. Elle s’assura de faire du bruit, suffisamment pour attirer l’attention de potentiels intrus, des intrus qu’elle préférait affronter maintenant et de face plutôt que dans une foutue embuscade qui la prendrait au dépourvue. Car elle détestait ça, clairement. Les surprises n’étaient clairement pas son truc, la blonde ayant un besoin permanent de garder le contrôle, sur le plus de choses possibles. De choses et de gens, aussi. Avoir une longueur d’avance sur les autres avait le don de la rassurer, accentuant au passage son sentiment de supériorité sur autrui. Ouais. Décidément elle était une garce prétentieuse, la belle affaire tiens. Quoi qu’il en soit elle apprécia de voir son compagnon garder l’entrée en attendant, assurant ainsi ses arrières. A vrai dire la jeune femme se perdit en contemplation l’espace de quelques secondes, comme pour analyser ce que ce simple geste, protecteur, signifiait. Elyrian se mit à penser une fois de plus qu’elle avait probablement eu raison de lui faire confiance, de le croire lorsqu’il affirmait qu’il ne la laisserait pas tomber. Car il le lui prouvait, un peu plus chaque jour, prenant soin d’elle sans forcément le clamer à haute voix et surtout sans rien demander en retour. Il était juste là, habile dans sa manière de veiller sur elle, la protégeant sans jamais lui donner l’impression qu’elle n’était pas apte de le faire seule. De nouveau cette notion de duo lui revint en tête, vibrante de vérité, de justesse. Un duo, oui. Cela leur allait si bien. Ce fut donc en ravalant l’ombre d’un sourire qu’elle se détourna du brun afin de s’autoriser quelques pas en avant, s’enfonçant ainsi dans la boutique. Elle profite de l’occasion pour mettre en évidence le peu de chance qu’ils avaient de trouver quoi que ce soit, ce qui ne devait pas empêcher le marin de la prévenir lorsqu’il rampait au sol à la recherche de nourriture, afin qu’elle puisse profiter du spectacle qu’il lui offrirait alors. Concluant sa tirade sur un clin d’œil séducteur, un sourire amusé orne bien vite son visage, encore plus maintenant qu’elle sentait la main de son interlocuteur glisser sur son dos en une caresse aérienne. Il prenait note de la consigne mais elle savait déjà qu’il ne s’arrêterait pas là. Ce fut pour cela qu’elle attendit la suite, se figeant soudainement, attentive, le regard fixant tout de même un point invisible face à elle. La jeune femme n’avait pas besoin de le regarder pour focaliser absolument toute son attention sur lui, chaque parcelle de son corps réagissant à ces doigts sur son dos. La suite arrive alors, soufflée d’une manière plus suave : je sais à quel point tu les aimes, mes fesses. Aussitôt une tape suit sur son postérieur à elle, la faisant lever les yeux au ciel avant de lui jeter un regard faussement courroucé, qui contrastait fortement avec son sourire, bien plus amusé et tolérant.

Elyrian le laisse donc s’éloigner, le laissant savourer cette espèce de petite victoire ô combien futile mais qui rythmait continuellement leurs conversations, avant de se lancer à la recherche de nourriture. Force était de constater que la cueillette n’était franchement pas fameuse, rien ne lui tombant sous la main. Elle cherche, elle fouille et finit à genoux, cherchant au plus bas parmi les étagères, vérifiant que rien n’était tombé dans la précipitation. A force de récurer le sol avec ses genoux comme une parfaite idiote, elle finit par tomber sur un paquet de riz donc la simple vue suffit pour la faire saliver. Si elle avait été seule, elle aurait pu faire durer ce petit plaisir devenu bien trop rare, seulement voilà il y avait des bouffons dans le camp. Il y avait Saffron, certes, mais pas que et pour le coup, l’idée de devoir partager ne l’enchantait pas le moins du monde. La danseuse s’abandonnait à ce genre de pensées purement égoïste quand elle leva les yeux, captant alors le regard du marin dans sa direction. Des saphirs non pas plantés dans ses émeraudes à elle, mais bien sur sa silhouette. Il la dévorait du regard, clairement, s’attardant sur les courbes dévoilées par sa position actuelle, jusqu’à ce qu’il finisse par ancrer son regard dans le sien. Un sourire narquois venait de naître sur ses lèvres, la blonde ne bougea pas d’un iota toutefois, conservant son allure par simple provocation, inclinant légèrement la tête sur le côté, l’air de dire : Un problème ? Ou encore : La vue est belle ? Tu veux un coup de main peut-être ? Pourtant elle ne s’abaisse pas à commenter à haute voix, se contentant de ces remarques silencieuses, hurlées par l’éclat de ses yeux qu’elle conservait dans ceux du marin. Ce dernier, dans un sourire, finit toutefois par l’abandonner pour retourner à ses occupations et elle daigna en faire de même aussitôt. Alors qu’elle poursuivait sa fouille, ce fut finalement un fracas assourdissant qui la contraignit à se redresser d’un bond, lame en avant. Prise par surprise, elle s’attendait à ce que plusieurs rodeurs ne foncent sur eux, se heurtant aux portes et aux meubles sans même y faire attention. Du bruit, ici, c’était juste un foutu mauvais signe. Elle était donc alerte, une lueur de panique au fond des yeux, l’espace de quelques secondes, avant qu’elle ne comprenne que tout ce boucan était du fait du brun. Sourcils froncés, elle le voit donc défoncer la porte du fond une deuxième fois, provocant ce même vacarme assourdissant. Aussitôt le murmure lui échappe, pour elle bien plus que pour lui car il ne pourrait sûrement pas l’entendre de là où il était. « Bordel mais qu’est ce qu’il fout. » Son paquet de riz en main, la danseuse le rejoint bien vite, slalomant entre les rayons pour s’approcher. Le temps qu’elle arrive, la donzelle avait pu observer son compagnon retrousser ses manches, ce qui lui arracha l’ombre d’un sourire lorsque ses prunelles s’attardèrent sur les muscles ainsi dévoilés. Un sourire qui disparaît bien vite toutefois, laissant place de nouveau au sérieux tandis que le marin défonçait désormais la porte à coup de pied, avant de l’achever définitivement avec un nouveau coup d’épaule.

Il l’interpelle déjà, n’ayant probablement pas remarqué qu’elle s’était déjà bien avancée, désignant son œuvre d’un signe de bras. En parlant de bras, les siens étaient désormais croisés contre sa poitrine alors qu’elle lâchait à son intention, haussant un sourcil au passage, jouant ainsi la nana pas le moins du monde impressionnée par cette démonstration de force. « J’ai cru que t’y arriverais jamais. Oui, la comparaison était parfaite. Elle était juste cette gonzesse qui plaçait son mec sur un piédestal et jugeait donc normal qu’il soit capable de défoncer une porte plutôt épaisse, tout comme il se devait d’être capable de casser la gueule à une dizaine de mecs à lui tout seul juste pour défendre son honneur à elle. En bref un héros quoi, un héros qui avait mis trop de temps à son goût pour fracasser une porte d’ailleurs. Au fond ce n’était pas du tout ce qu’elle espérait de lui, bien qu’elle lui ait déjà avoué avoir un faible pour un homme en castagnant un autre, mais ce n’était qu’un jeu, encore et toujours. Car malgré sa remarque elle avait profité du spectacle et même si elle n’en disait rien, il était certain que ce n’était pas elle qui en serait arrivée à une telle prouesse, sûrement pas avec son gabarit et son poids plume causé par le manque de nourriture ces temps-ci. Elle aurait probablement essayé de crocheter la serrure, alors même qu’elle ne s’y connaissait pas du tout. D’autant plus que ça devait pas être aussi facile que dans Skyrim, pis elle aurait jamais la patience de toute manière. Ce fut donc en avouant, intérieurement, que le brun lui était particulièrement utile qu’elle s’avança dans la pièce, à sa suite. Pas le temps d’observer la pièce, à part pour noter cette immense flaque à leurs pieds, que déjà son compagnon lui envoyait des conserves au visage. Inattentive sur le moment, la danseuse ne dût qu’à un prodigieux réflexe de rattraper cette dernière, in-extremis, manquant de la faire tomber et devant se l’expédier d’une main à l’autre à plusieurs reprises avant de raffermir pour de bon sa prise dessus. Elle se racla la gorge, espérant qu’il n’avait rien vu de cet instant stupide et honteux, avant de lever les yeux vers lui, observant ainsi la rangée de boîtes qui s’offraient à eux. La remarque de son compagnon lui arracha un nouveau sourire, suivit d’un coup d’œil amusé. Rattrapant avec plus de facilité les conserves qu’il lui envoyait de nouveau, la blonde répliqua alors, feignant d’être sérieuse alors qu’elle proposait déjà : C’est juste que les marmottes c’est simple, mais la prochaine fois on part à deux et on se fait un cerf ou une biche, on se servira de la peau en guise de tapis dans la cabane à la mine et on s’enverra en l’air dessus. Emmagasinant les boîtes dans ses bras, comme elle le pouvait, elle reprend alors, sur le ton de la conversation. Bon ceci dit j’ai quelques scrupules à buter une biche, ça fait qu’on laisse un bambi orphelin et… Et putain c’est vrai tu sais même pas qui c’est Bambi. » La danseuse lève alors les yeux au ciel, exaspérée malgré ce sourire amusé qu’elle continuait d’arborer.

L’absence de toute culture cinématographique de la part de son compagnon avait quelque chose de presque triste. Il pouvait pas connaître bambi bordel de merde, pourtant c’était quelque chose qui datait de bien avant sa naissance, même à lui et… Non. Bon, très bien, elle ne s’y ferait jamais, mais ce n’était rien. Pour l’heure Elyrian était de toute manière trop occupée à trouver un moyen de transporter toute cette bouffe, car là ils n’y arriveraient jamais et il était hors de question de laisser quoi que ce soit derrière eux. C’était peut-être cette nourriture qui ferait la différence car bien que la remarque du marin ait été lancée sur le ton de la plaisanterie, cette histoire d’extinction des marmottes n’était pas à prendre à la légère. C’était quelque chose de bien réel, à force de les buter elles n’allaient clairement pas faire long feu et la blonde ignorait à quels autres animaux elle pourrait s’attaquer. Les poissons restaient encore envisageables pour un moment, mais à part ça… Les grosses proies posaient forcément plus soucis, bien qu’avec l’hiver qui finirait par arriver il serait aisé de conserver la viande. La blonde s’abandonna donc à ce genre de réflexions quelques secondes tout en fouillant la pièce du regard, sachant parfaitement que rien ne lui avait semblé utile de ce côté-là dans la salle précédente. Ses prunelles s’ancrent finalement sur ce sac de pommes de terre totalement immangeable. Le sac, cependant, pouvait toujours être utilisé. Ce fut pour cela qu’elle abandonna les conserves à ses pieds avant de s’avancer vers le filet, tranchant partiellement les cordelettes, créant ainsi un petit espace qu’elle utilisa d’abord pour se débarrasser de cette nourriture inconsommable, puis pour la remplacer par ce qu’ils venaient de trouver. Elle rajouta ainsi ce que son compagnon daignait de nouveau lui donner avant de se redresser pour de bon, observant une dernière fois la pièce pour s’assurer de n’avoir rien oublié. Heureusement que personne n’était parvenu jusqu’ici dis donc, heureusement que lui avait réussi, aussi. D’ailleurs la jeune femme laissa son regard vagabonder sur les bras de son interlocuteur, jaugeant les muscles un bref instant. Ce n’était pas par envie, ni pour témoigner de son admiration, non à vrai dire elle fronçait déjà les sourcils et demanda alors : « Comment tu fais pour garder ces putains de muscle d’ailleurs, tout le monde finit en asperge mais pas toi. » Bon c’était totalement stupide comme question, c’est pas comme s’il existait une réponse à ça, mais elle n’avait pas pu s’en empêcher.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Ven 3 Oct - 16:24

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Défoncer des portes, Saffron savait faire, mais celle-ci lui donna véritablement du fil à retordre, sans doute parce qu'elle avait été faîte pour résister à d'éventuels voleurs. Mais à force de nombreux coups d'épaule et surtout d'un gigantesque coup de pied en bonne et due forme, il était parvenu à abattre la porte sur le sol, dans un bruit fracassant. Lorsqu'il se tourna, essoufflé, vers Elyrian qui venait d'arriver, il sourit. J'ai cru que t'y arriverais jamais. Le regard rieur, il répliqua tout en se frottant les mains : « C'est que j'attendais d'avoir ton attention pour passer aux choses sérieuses. » Puis, il lui adressa un petit clin d’œil. Par choses sérieuses, il voulait bien sûr dire abattre cette fichue porte.
Le marin pénétra dans la petite réserve en jaugeant rapidement ce qui s'y trouvait. Les vivres étaient tellement rares, de leurs jours. La chasse était devenue la manière la plus simple pour se nourrir. C'était chasser ou crever. Fort heureusement, Saffron n'était pas un mauvais chasseur. Il était expert dans la chasse aux squales, mais il avait récemment découvert qu'il ne savait pas faire que ça. Mais s'il y avait bien un autre domaine dans lequel on ne pouvait l'égaler, c'était la pêche. Elyran s'en était rendue compte lorsqu'ils étaient partis « chasser » ensemble, la première fois. Il avait continué à lui apprendre quelques astuces parce qu'il se plaisait étrangement à lui livrer ses connaissances, mais il ne l'avait fait que pour elle. Parce qu'il se disait toujours que s'il devait lui arriver quelque chose, au moins elle ne mourrait pas de faim. Et puis, les marmottes, ça allait bien un moment. Surtout à la vitesse à laquelle ils en descendaient.
Ce fut pour cela qu'il annonça à la blonde que l'extinction des marmottes ne serait pas pour tout de suite. Avec ce qu'ils venaient de trouver, ils en auraient au moins pour un mois, voire plus. Juger à l’œil n'était pas évident. Il ne la vit pas rattraper maladroitement les conserves qu'il lui balançait, mais il l'entendit cependant lui répondre que la prochaine fois, ils iraient se faire un cerf, ou une biche. Il apprécia fortement l'idée. Il n'avait jamais mangé de viande de cervidé, mais il ne ferait certainement pas son difficile. De la viande restait de la viande, point barre. Qu'elle vienne d'un chat, d'un cheval ou d'une marmotte. Mais il apprécia surtout l'idée qui suivit. On se servira de la peau en guise de tapis dans la cabane à la mine et on s'enverra en l'air dessus. Il sentit un sentiment d'excitation le gagner aussitôt. Oui. Ils feraient ça. Aucun problème. Tout en continuant à lui balancer les conserves, il répondit : « C'est la plus belle idée que tu aies jamais eue. » Autant pour ce qui concernait la chasse aux cerfs que de faire l'amour sur des peaux animales.
Lorsqu'Ely ajouta qu'elle avait cependant quelques réticences à buter une biche, il se demanda d'abord pourquoi. Puis, lorsqu'elle mentionna que cela laisserait Bambi orphelin, il comprit. Il était peut-être une calamité en culture cinématographique, mais il connaissait cependant quelques classiques. Bambi était sorti bien avant sa naissance. Il se souvenait l'avoir vu une fois, lorsqu'il était gosse. Il faisait partie de ces rares films qu'il avait regardés. Il laissa donc la blonde achever sa phrase, et il répliqua aussitôt après : « Eh. Tu couches pas avec un total abruti non plus. J'ai vu Bambi. Ça fait un bail, mais je l'ai vu. » Il insistait sur ce fait, car c'était comme lui prouver quelque chose, lui prouver qu'il la suivait, qu'il comprenait de quoi elle parlait. Le cinéma semblait tellement important pour Elyrian. Certes, Bambi était un dessin-animé, mais il devinait à la manière dont elle en parlait que cela restait un classique, un incontournable. Pour lui, c'était juste un dessin-animé qu'il avait plus ou moins apprécié. Il ne s'en souvenait plus.
Il observa alors la jeune femme s'emparer du sac de pommes de terre pourries, vider celle-ci sur le sol et mettre les conserves dans le sac. Il hocha la tête en la regardant faire, comme pour approuver son idée. Il allait dire quelque chose lorsqu'il se rendit compte qu'elle fixait ses bras. Mais elle ne souriait pas, et il n'y avait ni admiration ni désir dans ses prunelles vertes. Non. Elle fronçait les sourcils, même. Il l'observa faire en fronçant à son tour les sourcils, avant de regard lui aussi ses bras en se demandant s'il n'avait pas une bestiole ou une marque ou il ne savait quoi, mais il n'y avait rien, absolument rien. Et lorsque la question tomba, il ne put s'empêcher de rire. Doucement, parce qu'elle avait tout de même raison. Beaucoup d'entre eux avaient perdu du poids. Hunter. Roxy. Même Roy. Il répliqua alors : « Les muscles, ça se garde si on y fait gaffe. Et j'y fais gaffe. Parce que j'en ai besoin. Ouvrir une porte, ça peut paraître pas grand-chose, mais sans la force que j'ai actuellement, j'aurai jamais réussi. » Puis il ajouta, tirant doucement sur son t-shirt pour montrer qu'il était tout de même légèrement flottant : « J'ai dû perdre un ou deux kilos depuis que je suis ici, et ça ne fait qu'un mois et demi. » Il glissa une main le long de la taille d'Elyrian pour la caresser à cet endroit, puis dit : « Le régime poisson/marmotte, c'est pas top. Mais je crois que le cerf/biche devrait mieux me convenir. Et tant pis pour Bambi. » C'était clair qu'il ne se priverait pas pour une saleté faon, aussi mignon fut-il. Un cerf, et même une biche, pouvait procurer assez de viandes pour au moins cinq personnes. Et l'idée d'Elyrian n'était absolument pas idiote. La peau animale était précieuse, elle réchauffait. Avec un peu de chance, ils lanceraient une nouvelle mode.
Il remplit encore le sac avec tout ce qu'il trouvait d'autres. Des couverts en plastiques cachés dans un coin, des sacs poubelles, même un pot de miel. Il ajoutait ce qu'Elyrian avait trouvé, à savoir un paquet de riz, et ce qu'il avait lui-même dégoté, lorsqu'il entendit une respiration rauque, sifflante. Il eut juste le temps de dégainer son couteau, d'écarter brusquement Elyrian d'un geste du bras pour trancher les mains squelettiques tendues vers lui et enfoncer son couteau dans le crâne du rôdeur qui leur faisait face. La violence de l'instant lui arracha un frisson tandis qu'il retirait rapidement son couteau puis bondissait hors de la réserve pour voir si d'autres rôdeurs venaient. Constatant qu'ils étaient seuls, il retourna auprès d'Elyrian qu'il prit par la main avant de lui demander si elle allait bien. Il s'en voulait de l'avoir brusquée ainsi, mais il n'avait pas eu le choix. Il la serra doucement contre lui, comme pour s'excuser, puis l'embrassa sur le front pour sceller l'instant. Il était temps pour eux de dégager. Ils n'avaient que trop traîné. Ils n'échapperaient pas aux autres rôdeurs encore longtemps. Et puis, il leur fallait impérativement rentrer avant que ne tombe la nuit. Au vu de ce qui venait de se passer, il demanda à la blonde : « Tu es sûre que tu veux aller chercher ces fringues ? On pourra toujours revenir une autre fois. » Il disait ça parce que des rencontres du genre, ils risquaient d'en faire un tas s'ils ne faisaient pas attention. Le calme qui avait régné jusqu'ici, le caractère paisible de cette journée avait disparu. Ils retrouvaient ce monde violent et apocalyptique qu'ils avaient quitté l'espace de quelques ébats.

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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Sam 4 Oct - 23:43











Essuie tes pieds,
avant d'entrer.




Force était d’admettre que ces conserves tombaient à pic. Comme l’avait si bien signalé son compagnon, les proies commençaient à se faire plus rare et ils pouvaient déjà s’estimer chanceux d’en avoir eu à disposition jusque-là, les gens ne semblant pas spécialement prompt à chasser, ou alors moins habilement et refusant de se servir de leurs précieuses munitions pour cela. De ce fait, le lancer de couteau était une discipline qui s’était avérée fort utile. Mais les marmottes manquaient, la blonde envisagea donc de s’attaquer à quelque chose de plus gros, chose qu’elle ne ferait jamais seule car elle en serait bien incapable, elle prendrait juste le risque de voir l’un de ses couteaux se faire la malle, ainsi fiché dans une proie trop imposante pour se laisser abattre du premier coup et qui prendrait donc la fuite. Cependant Saffron était là désormais, il offrait un soutien non négligeable et leurs parties de chasse en commun avaient été propice à un échange de connaissances plutôt fructueux : le marin avait continué de lui parler de l’art de la pêche, qu’il maîtrisait bien, alors que de son côté la danseuse lui avait appris à lancer son couteau bien qu’il ne soit pas conçu pour cela à la base. Elle avait vite compris que, lors de leur première rencontre, le brun avait eu une chance folle en parvenant à abattre sa proie et au vu de leur relation actuelle, elle s’était permise de l’aide à s’améliorer de ce côté-là. Il s’agissait de quelque chose qu’elle ne ferait probablement pas avec autrui, ou alors uniquement dans le cadre d’une transaction, la jeune femme ayant fini par comprendre que le troc ou le chantage étaient des notions nécessaires à la survie en communauté. On ne pouvait plus se permettre de se montrer généreux, clairement pas. Quoi qu’il en soit ce fut donc pour cela qu’Elyrian en arriva à proposer de s’attaquer plutôt à des biches ou des cerfs si jamais ils arrivaient à en croiser, peu importe l’animal à vrai dire, elle signalait juste qu’ils pouvaient probablement se permettre de s’attaquer à des proies plus conséquentes. Taquine et provocante elle en profite pour mettre en avant l’utilité de la peau de ces mêmes bêtes, ces dernières pourraient servir à se réchauffer ce qui serait d’autant plus utile que l’hiver approchait à grand pas. Un joli tapis sur lequel ils pourraient coucher ensemble. La remarque, amusée, n’en restait pas moins véridique, avec une véritable utilité, et le marin s’empressa d’approuver, signalant qu’il s’agissait là de la meilleure idée qu’elle ait jamais eu. Un large sourire aux lèvres, la danseuse se contente d’hausser les épaules, montrant par là que ce n’était pas si génial que ça, insinuant qu’elle était capable d’avoir de bien meilleures idées dans ce domaine.

Il ne le remarque probablement pas toutefois, trop occupé à lui envoyer les boîtes de conserve, elle-même n’insiste pas et se contente de récupérer ce qu’il lui lance, accumulant ainsi les biens dans ses bras. C’est à ce moment qu’elle daigne préciser qu’elle aura du mal à tuer un cervidé malgré tout, car cela reviendrait à laisser un bambi orphelin, certes en vérité elle se moquait pas mal de tout ça mais ça l’amusait de faire la remarque, d’autant plus qu’elle était persuadée que son compagnon, dont la culture cinématographique laissait fortement à désirer, ne comprendrait pas. Elle voyait ainsi un moyen de se moquer de lui. Saffron la détrompe bien vite à ce sujet toutefois, affirmant qu’il n’était pas un abruti fini non plus et qu’il connaissait bien le dessin animé, l’ayant déjà vu. Cette simple remarque lui arrache un sourire amusé, de son côté elle imaginait qu’il lui disait ça dans le simple but de ne pas passer pour un ignare total, il n’était pas que ça, il connaissait quelques classiques malgré le peu d’amour qu’il dévouait au cinéma. Craignait-il de baisser dans son estime à cause de ce détail ? La danseuse l’ignore, mais cela la touche, au fond, d’imaginer que cela puisse être le cas. Certes elle peinait à imaginer que l’on puisse ne pas s’intéresser une seule seconde à des films ou des séries quelconques, mais elle n’irait pas le juger pour cela, elle n’irait pas le rejeter pour si peu. Certainement pas. Quoi qu’il en soit la blonde ne résiste pas à la tentation, son sourire s’élargit tandis qu’elle le contourne, le regard brillant, déposant ses boîtes de conserves dans un coin. S’emparant du sac de pommes de terre qu’elle entaille, elle en profite pour fixer son compagnon qu’elle taquine, provocante et aguicheuse. « Ouh… Vous m’impressionnez Mortimer. Serais-ce abusé de ma part que de vous demander de me citer trois films ? Cela m’incitera peut-être vous arracher vos vêtements une fois rentrés. » Elle le cherche, elle se moque, usant toutefois de ses charmes afin d’éviter qu’il ne se venge. Là, il n’avait pas d’autre choix, elle était sûre qu’il s’efforcerait de lui citer trois films, si tant est qu’il en connaisse autant, rien que pour le plaisir d’avoir raison et aussi pour pouvoir réclamer d’elle qu’elle tienne sa promesse implicite. De son côté, la danseuse se plaisait juste trop à jouer les donzelles admiratives pour pas grand-chose. Comme si Bambi se voyait désormais doté d’une consonance sexuelle outrageusement excitante. Qu’importe, suite à sa tirade la jeune femme se retrouva bien vite occupée à déverser les pommes de terre au sol pour les remplacer par les aliments qu’ils venaient de récupérer. Ce ne fut qu’une fois le travail fini qu’elle daigna se redresser, ses prunelles d’émeraudes glissant involontairement le long des bras du marin, cette simple vue suffit à éveiller en elle quelques questionnements superficiels. Superficiels, certes, ce qui ne l’empêche pas d’en parler à voix haute, dans un froncement de sourcils, venant ainsi interroger son compagnon quant à sa capacité de conserver ses muscles malgré le manque de nourriture et toutes les saloperies diverses qui pouvaient leur tomber sur la gueule.

La remarque était on ne peut plus sérieuse, Elyrian attendait bel et bien une réponse et celle-ci se manifesta dans un premier temps sous forme de rire, impulsif, qui échappe au brun. Un simple rire qui l’incite à froncer plus fortement les sourcils, presque agacée, craignant qu’il ne la prenne pas une seule seconde au sérieux. Elle s’apprêtait d’ailleurs à le lui faire remarquer mais déjà il se rattrapait en lui offrant une vraie réponse, ce qui suffit pour la voir se détendre de nouveau. Elle ne pouvait qu’approuver l’importance des muscles, surtout vu la quantité de nourriture qu’ils avaient réussi à trouver par miracle dans ces conditions, bien qu’elle peine toujours à comprendre comment il faisait pour conserver une telle silhouette. Fallait manger comme dix pour conserver pareille musculature, non ? Saffron ne s’éternise pas toutefois, évoquant simplement le fait qu’il fallait en prendre soin et que c’est ce qu’il faisait. Il n’avait même pas perdu plus de deux kilos depuis qu’il était ici, à savoir depuis un mois et demi à peu près. Il glissa alors sa main sur sa taille à elle, lui arrachant un frisson tandis qu’elle baissait les yeux à cet endroit précis. Cette discussion la renvoyait à sa propre perte de poids, fulgurante lorsque la nourriture avait commencé à manquer si bien qu’il avait fallu faire attention aux quantités. Deux kilos c’est ce qu’elle avait perdu en une semaine, au début. En vérité elle en avait pesé soixante, et en avait perdu presque dix à cause de l’épidémie. Pour l’heure cela faisait un moment qu’elle stagnait mais en vérité elle craignait de descendre plus bas encore. Arrachée à sa rêverie par le commentaire de son partenaire sur le régime à base de cerf et de biche, qui s’avérerait plus efficace, elle ne put s’empêcher d’approuver d’un hochement de tête. « C’est sûr. Même Bambi en personne je dirais pas non pour le bouffer. » La conversation prenait ainsi fin sur ce constat et la jeune femme se contentait désormais de tenir le sac, laissant le brun finir de le remplir avec ce qu’ils avaient trouvé dans la pièce précédente. Trop occupée à faire le compte de ce qu’ils venaient de récupérer, la danseuse fut particulièrement surprise de se retrouver brutalement expédiée sur le côté. Le sac lui échappe des mains, tombant au sol dans un fracas sourd alors qu’elle levait les yeux devant elle, découvrant ainsi le zombie aux mains tranchés et dont le crâne se trouva bien vite perforé par le couteau du brun. Ce dernier réagit vite, achevant la créature avant de quitter la pièce pour déceler un éventuel nouveau danger. De son côté, elle essayait surtout de se remettre de ce qui venait de se passer.

Le cœur battant, tant à cause de la surprise qu’à cause de cette colère qu’elle commençait déjà à se dédier à elle-même, Elyrian inspira lentement, repoussant sa chevelure en arrière dans un signe de nervosité. Elle avait envie de se frapper, maudissant sa stupidité et son manque d’attention. Elle était faible, incapable de faire gaffe au danger qui était pourtant constamment présent, elle le savait bien. Elle se sentait bête, un sentiment bien plus puissant que la gratitude qu’elle aurait dû avant tout éprouver envers Saffron pour lui avoir, probablement, sauvé la vie. Agacée, la danseuse se tendit en le voyant d’ailleurs revenir et s’emparer de sa main, lui demandant avec inquiétude si elle allait bien. De mauvaise grâce elle hocha la tête pour le rassurer, ce fut toutefois avant qu’il ne l’enlace pour déposer un baiser sur son front. A ce moment précis elle gronda faiblement, tentant doucement mais fermement de se défaire de cette emprise tout en reprenant la parole. « J’ai dit que ça allait. En vérité non, elle ne l’avait pas dit, l’avait juste fait comprendre grâce à un signe. Qu’importe, elle venait dans tous les cas de se montrer bien trop sèche et elle le comprend bien vite, ce qui l’incite à reprendre, dans un souffle afin de calmer sa voix, de tranquilliser ce ton qu’elle employait. Ça va. » La blonde lève alors les yeux vers lui, le fixant comme pour achever de le rassurer. Elle en profite aussi pour se faire pardonner, en effleurant délicatement sa main et son bras, du bout des doigts. Elle n’était pas douée pour ce genre de choses, bien trop fière pour s’excuser à voix haute, aussi préfère-t-elle le faire en silence, espérant qu’il comprendrait tout comme elle avait compris, dans le fond, qu’il s’était excusé pour la brutalité dont il avait fait preuve. Une brutalité dont elle ne s’était même pas souciée une seule seconde, il avait fait ce qu’il fallait, pour la préserver, pour la sauver. Il ne manquerait plus qu’elle l’engueule pour ça tiens, bien que ce soit presque ce qu’elle venait de faire, trop agacée par son comportement pour se montrer compréhensive face à l’inquiétude qui avait dû saisir son compagnon. Les secondes s’écoulent avant que le marin ne prenne la parole, lui demandant si elle voulait vraiment aller chercher ces vêtements.

L’espace d’un instant, la blonde se crispe de nouveau, ses doigts se refermant un peu plus fermement autour du sac de pommes de terre qu’elle avait reprit en main suite à l’incident. Elle se demande pourquoi il lui demande ça, s’il la juge trop faible physiquement ou psychologiquement pour se remettre de cette vulgaire attaque, s’il pensait qu’elle allait éclater en sanglots et voulait retourner à la mine pour se calmer. Ce n’était pas son genre, clairement pas. Mais, intérieurement, elle admet qu’il ne s’agit de là que d’hypothèses proposées par son esprit guidé par une fierté incommensurable, aussi s’abstient-elle de se lancer dans des accusations à voix haute, se contentant plutôt d’hausser les épaules. Elle reprend alors la parole, tranquillement malgré tous ces signes d’agacement qui avaient pu lui échapper jusqu’ici. « On y est, autant en profiter et puis mine de rien l’hiver va finir par arriver, les gens vont se jeter sur les vêtements restant donc on a intérêt à y penser avant eux. Toutefois elle savait que la nuit ne tarderait pas non plus et il était hors de question qu’ils traînent à des heures aussi tardives. C’est pas loin, on y va, on fouille rapidement et si on trouve pas on remettra ça à une prochaine fois. De toute manière on prend ce qu’on trouve, peu importe ce que c’est. Elle n’irait pas faire la difficile, si porter du rose fuchsia peut lui sauver la vie, elle s’y abaissera, non sans quelques grondements rageurs. Elyrian finit alors par conclure, dans un sourire et sur une note d’humour destinés à mettre derrière eux ce petit moment de flottement agacé entre eux. Ce qui ne te va pas sera pour moi de toute façon, ou pour Roy et Hunter, les chétifs du groupe. » Vantant implicitement la musculature de son compagnon, elle lui adresse un clin d’œil avant de quitter la pièce, sac en main et reprenant son couteau dans l’autre. Il était clair désormais que tant qu’ils ne seraient pas dans le magasin de vêtements, elle ne reprendrait pas la parole, bien décidée à ne pas se faire avoir à deux reprises. Attendant que Saffron soit également prêt, elle s’apprête finalement à montrer le chemin jusqu’à leur prochaine destination.




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MessageSujet: Re: « Essuie tes pieds avant d'entrer [Pv Saffron]   Mar 7 Oct - 14:16

Essuie tes pieds avant d'entrer.
Elyrian ∞ Saffron

Trois films. Elle voulait trois films. Saffron leva les yeux au plafond pour réfléchir, cherchant, se projetant loin dans sa mémoire, se souvenant de Bambi, mais aussi d’un autre film, en noir et blanc, qui était bien un film et pas un dessin-animé. Il baissa les yeux pour chercher, posant une main sur sa hanche de manière pensive. Il y avait ce gars, véritable vedette dans les années 50, dont sa mère avait été folle, étant jeune. Il était à deux doigts de sortir son nom à la blonde, claquant des doigts comme pour forcer le nom à se glisser tout seul dans sa bouche. Il déclara soudain en pointant un doigt sur elle, le regard illuminé : « Marlon Brando, Un Tramway Nommé Désir ! Ma mère le regardait tout le temps, cette saleté de film. J’ai pas pu y échapper. » Il disait cela comme si regarder le film avait été une véritable torture, mais il était à peine plus âgé que lorsqu’il avait dû voir Bambi. Il devait avoir dans les huit, neuf ans. Maintenant, il cherchait le dernier film qu’il avait pu regarder de toute sa vie. Une chose était sûre, c’était avec Nora, aussi se rendait-il compte qu’il avait un peu exagéré en disant que cela faisait trente ans qu’il n’avait pas regardé de film. Cela faisait longtemps, certes, au moins dix ans sûr, mais pas autant que trente. Sans doute s’était-il emporté. Il avait vraiment regardé peu de films dans sa jeunesse, mais Nora adorait ça, elle, et il se souvenait être l’avoir emmenée un jour, voir ce film qui avait terrorisé la jeune fille tout du long. Ils devaient avoir quinze ans. Ils ne sortaient pas encore ensemble, mais déjà, Saffron l’aimait passionnément, et ce dans le plus grand des secrets. Pour en revenir à ce film, dont il savait pertinemment le nom, il décida de mettre Elyrian sur la voie pour le lui faire deviner. « Le troisième… c’est celui dont je me souviens le mieux, j’avais bien aimé d’ailleurs. C’est une famille qui part vivre dans un hôtel pour l’hiver, le gars a été embauché comme gardien, et ils ont ce gosse qui parle avec son doigt, tu sais… » Il s’approcha d’elle, et glissa une main dans le bas de son dos avant de dire, prenant un air de psychopathe qui le rendait particulièrement ridicule : « The Shining » insistant sur le g qu’il laissa sonner longtemps.
Puis, elle se mit à lui parler de son allure, et surtout de sa musculature. La jeune femme s’étonnait qu’il soit toujours aussi musclé alors que la plupart d’entre eux avait perdu une bonne poignée de kilos. Il pouvait comprendre son questionnement, mais il savait à quoi s’en tenir. Passer des mois et des mois en mer forgeait. Il lui était arrivé de ne pas manger de la journée, se nourrissant de sa haine. L’océan pouvait être capricieux. Combien de fois s’était-il retrouvé sans aucun poisson accroché à ses lignes ? De nombreuses fois. Et quand à sa musculature… il n’hésita pas à lui dire qu’il y faisait attention. Qu’elle lui était précieuse parce qu’utile et surtout, elle était sa première défense. Pour un survivant de l’apocalypse, il était particulièrement bien bâti, même s’il savait qu’il avait perdu un ou deux kilos depuis qu’il était retourné sur le continent. Cela ne se voyait peut-être pas, mais lui le savait. Il s’en était surtout rendu compte lorsqu’il avait voulu défoncer la porte à coup d’épaule. Il n’avait pas autant mal, d’ordinaire.
Aussi, quand il lui dit que le régime gardon/marmottes n’était pas terrible et qu’il préférait largement aller abattre un cerf ou une biche, il lui parla avec la plus grande sincérité. Il était certain qu’il ne dirait pas non à une tranche de cerf ou de biche. Et tant pis pour Bambi si jamais ils croisaient sa route. Le marin était plutôt bon en lancer de couteau, maintenant, et cela grâce à Ely, bien évidemment. Elle lui répondait qu’elle ne dirait pas non à bouffer Bambi lorsque Saffron perçut cette respiration sifflante et cette odeur putride qui se rapprochaient. Et il ne put que réagir instinctivement. Dès lors qu’il aperçut le visage en décomposition du rôdeur, il dégaina son couteau, écarta Elyrian d’un geste brusque du bras et trancha les mains rouges et sales de la créature qui n’avait tout simplement plus rien d’humain à ses yeux. Il enfonça ensuite son couteau en plein dans le crâne du zombie, le plaquant au sol et le dénichant de sa lame d’un coup de pied dans la poitrine. Il frissonna en sentant plusieurs os se briser sous sa semelle, mais ne perdit pas de temps et jaillit hors de la réserve, couteau tendu devant lui, au cas ou ils auraient d’autres surprises. Mais il n’y avait rien. Ce fut avec une culpabilité évidente lisible dans son regard qu’il revint vers Elyrian pour s’assurer qu’elle allait bien, glissant sa main dans la sienne. Il avait détesté ça. Il avait détesté la violenter ainsi, mais il n’avait pas eu le choix. La jeune femme hocha la tête en guise de réponse. Il la prenait dans ses bras pour s’excuser lorsqu’elle émit une sorte de grondement de mécontentement, et tenta de se dégager de son étreinte. Elle siffla un J’ai dit que ça allait qui sonna avec une teinte de colère et d’agressivité, mais Saffron ne s’en offusqua pas. Il la laissa faire, sachant pertinemment que comme lui, elle était quelqu’un d’extrêmement fier et que ce qui venait de se passer avait échappé à son contrôle, et la blonde n’avait pas aimé ça. Il comprenait. D’ailleurs, la jeune femme se rattrapait déjà, lui assurant d’une voix nettement moins animée qu’elle allait bien. Elle effleura la main et le bras du marin du bout des doigts, et ce dernier sourit doucement, parce qu’il comprenait. Il tenta de la rassurer : «  N’y pense plus. C’est de ma faute. » S'il ne l'avait pas relancée sur Bambi, les choses se seraient sûrement passées autrement, et ce serait sans doute elle qui lui aurait sauvé la vie. Il l’embrassa sur les lèvres, rapidement, puis il lui demanda si elle voulait toujours aller chercher des vêtements comme ils l’avaient prévu. Elle ne perdit pas de temps et lui répondit qu’ils y étaient, et que mine de rien, l’hiver approchait, et ils auraient besoin de vêtements chauds. Saffron hocha la tête en l’écoutant parler. Elle avait raison. Elle ajouta que ce n’était pas loin, et qu’ils feraient ça vite, ils prendraient ce qu’ils trouveraient et rentreraient aussitôt. Le marin hocha une nouvelle fois la tête. Elyrian retrouva finalement ce petit sourire provocateur auquel il était habitué lorsqu’elle conclut en disant que ce qui ne leur irait pas irait à Roy ou Hunter. Les chétifs du groupe. Il rit, content de la retrouver et de laisser derrière eux ce petit moment de tension, puis déclara : « Très bien. Allons-y. » Et il la suivit, docilement.
Ils quittèrent l’épicerie, sur leurs gardes, enfin, surtout Elyrian. La jeune femme prit une fois de plus la tête de leur duo, portant le sac. Saffron, qui marchait à son côté, décida de le lui prendre des mains en constatant, sans la moindre pensée machiste, qu’elle peinait à le porter. Et il se rendit compte que le sac, qui contenait pas moins d’une douzaine de boîtes de conserve, était plutôt lourd. Il se mit à espérer qu’elle ne lui en veuille pas, car il voulait simplement lui éviter de se fatiguer inutilement quand lui pouvait porter le sac sans soucis.
Lorsque la jeune femme s’arrêta, ils se trouvaient devant une grande vitrine brisée à certains endroits. Des mannequins autrefois habillés et auxquels il manquait un bras et parfois une tête se tenaient, tels des agents de sécurité, à l’entrée, sur des estrades autrefois blanches et désormais teintées d’un rouge familier. D’un rouge sang.
Saffron avisa les lourdes portes laissées à elles-mêmes, grandes ouvertes. Il jeta un regard entendu à Elyrian, puis leva sa main armée de son couteau avant d’entrer en premier, lui confiant alors leur sac de provisions. Il découvrit en pénétrant dans le magasin qu’il y régnait un désordre total. Des cintres et des sous-vêtements féminins juchaient le sol, ainsi que des vêtements déchirés. Il fronça le nez dans une grimace en découvrant le corps d’un zombie en décomposition, près d’une cabine, une balle entre les deux yeux. Celui-là ne ferait plus de mal à personne. Agissant différemment de la blonde, Saffron se fia avant tout à son ouïe, ce pourquoi il ne se risqua pas à faire de bruit. Il se tournait vers Elyrian qui l’attendait à l’entrée pour lui dire que tout allait bien lorsqu’un rôdeur jaillit dans son dos.

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