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 « T'es con ou tu le fais exprès ? [Pv Ozzy]

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MessageSujet: « T'es con ou tu le fais exprès ? [Pv Ozzy]   Ven 5 Sep - 0:09








T’es con ou tu le fais exprès ?




Il s’agissait de l’un des plus grands avantages à côtoyer Saffron : il comprenait son besoin d’indépendance. Il était comme elle, et si les deux comparses passaient une bonne partie de leur temps ensemble, cela n’était pas toujours le cas, et le marin ne s’offusquait guère de la voir partir toute seule en ville, que cela soit pour voir Caleb, vaquer à ses occupations, ou opter finalement pour une partie de chasse en solitaire. Elyrian avait besoin de sa solitude, elle en faisait le plein comme l’on pouvait faire le plein d’oxygène avant de plonger sous l’eau. L’idée était la même. Ce fut donc vêtue de son habituel jean et débardeur, par-dessus lequel se rajoutait une veste de cuir qui commençait franchement à être amochée par les griffures ou les tâches de sang, et équipée de ses lames d’acier que la jeune femme avait pris une nouvelle fois la direction de la forêt. Une forêt dont elle connaissait les moindres recoins, à force de la traverser de long, en large et en travers. Une forêt dans laquelle elle se sentait bien à vrai dire, malgré les dangers qui y rodaient, malgré l’obscurité effrayante qui pouvait la recouvrir une fois la nuit tombée. Elle aimait l’odeur des sapins, de la terre, de la rosée. Elle aimait sentir la terre meuble sous ses pas. Et force était d’admettre qu’elle avait pris goût à l’adrénaline procurée par la chasse. Le temps lui avait appris à s’améliorer, usant de ses couteaux pour abattre les proies les plus petites, laissant les grosses aux plus orgueilleux des environs. Mais la blonde aimait ce sentiment, ce cœur qui tambourinait dans sa poitrine quand son regard captait la silhouette d’un animal à sa portée. Elle aimait sentir ses doigts se refermer autour de son arme, prêts à l’expédier sur sa proie. Elle aimait ce temps d’analyse, court au possible, afin de savoir comment lancer, quand, où. Et surtout elle aimait la satisfaction sans limite qui l’envahissait lorsqu’elle touchait sa cible. C’était bon de savoir qu’elle pouvait compter sur ses propres capacités pour survivre, bon de savoir qu’elle ramenait la pitance pour ceux qui étaient incapables de la chercher. Indépendante. Fière. Compétente. Cette fois ci ne faisait pas exception à la règle.

Elyrian errait donc dans les bois, à la recherche du souper. Cependant elle se lassa bien vite, se retrouvant frustrée au possible après plus d’une heure passée sans rien trouver. Pas même un oiseau en plein vol. Rien. Elle détestait ça. Le principal défaut de la blonde était son manque total de patience. Si elle était capable de rester immobile pour attraper un poison ou de prendre son temps pour exécuter un lancer de couteau, elle détestait tourner en rond sans raison valable. Ne pas trouver de proie au bout de quasiment deux heures de recherche avait donc quelque chose de terriblement énervant à ses yeux. Cela sonnait comme le début d’un échec, suffisant pour la crisper, ce qui risquait d’ailleurs de la pousser à faire des erreurs. Il s’agissait là réellement d’un cercle vicieux et elle faisait de son mieux pour en sortir, tentant de maîtriser sa respiration et les battements de son cœur, contrôlant ses muscles tendus et ses doigts qui s’agitaient nerveusement sur sa lame. Cette patience difficilement acquise se vit toutefois récompensée lorsque, agenouillée dans les hautes herbes, la chasseuse finit par trouver une marmotte solitaire. Ces dernières s’avéraient nombreuses dans les parages, se révélant ainsi être leur principal casse-croûte. Soit dit en passant, on s’y habituait bien vite et ces bestioles étaient finalement plutôt bonnes à déguster. De toute façon, à défaut d’autre chose… La danseuse ne se voyait pas chasser le sanglier, couteau au poing, comme certains chasseurs étaient capables de le faire. Sa folie avait des limites, sa confiance en ses capacités aussi. Quoi qu’il en soit la blonde se retrouva ainsi à retenir délicatement son souffle, son poignet s’élevant légèrement dans les airs, son bras partant dans son dos… Avant que le coup ne fuse. Le couteau de lancer s’envole, fuse en avant. Un tir parfait. Censé abattre l’animal à hauteur de l’abdomen, aisément. Un tir qui, toutefois, ne touche pas la bonne cible.

Elyrian l’avait compris, un poil trop tard, pile quand elle finissait son mouvement et que la lame partait droit devant. Elle le comprit lorsqu’elle découvrit la bestiole qui se redressait, fuyant déjà en courant, évitant ainsi l’acier. Mais surtout, elle le comprit en entendant ce cri de douleur, masculin quoi qu’on puisse en douter, qui parvint à ses oreilles. A ses oreilles et probablement à celles de tous les individus du coin, animaux y comprit. Et au lieu d’une marmotte à terre, ce fut un jeune homme qu’elle découvrit. Probablement s’était-il jeté en avant, pour une raison qui lui était encore inconnue. A vrai dire la blonde peinait à réfléchir correctement. Elle s’était redressée, à peine, suffisamment pour toiser cet inconnu à terre, bouche ouverte. Elle n’en revenait pas. Il était là, ce mec, cet abruti, cet inconscient. Il était là, à terre, le couteau de la jeune femme planté dans la cuisse. Son cri de détresse devait avoir alarmé tout le monde aux alentours et elle se mit à prier pour qu’aucun rodeur ne soit dans les parages. Car il ne manquerait définitivement que ça. Mais une fois la surprise passée, ce fut la colère qui s’empara d’elle. La colère qui fit étinceler ses prunelles d’émeraudes, ces dernières ancrées sur la silhouette de sa victime du jour. Parce qu’il venait de ruiner sa chasse, définitivement. Elle ne pourrait même pas continuer, ou devra se rabattre sur des poissons, si tant est qu’elle parvienne à les attraper ce qui n’était pas toujours garantie malgré sa manie à pratiquer régulièrement, têtue et déterminée à devenir une professionnelle en la matière. Quoi qu’il en soit, ce fut en maîtrisant les tremblements rageurs qui menaçaient de parcourir son corps que la danseuse se releva brutalement, sa voix s’élevant déjà, glaciale, menaçante au possible. « Espèce d’abruti, t’espérais l’attraper en lui sautant dessus ? Tu te pensais suffisamment vif pour ça ? Vif. Ah la bonne blague. Au point qu’un ricanement, bref et méprisant, ne lui échappe. Au point qu’elle s’avance vers lui, une autre de ses lames déjà en main, concluant dans une remarque toute aussi sèche. C’était ma proie. Et tu viens de la faire fuir. » Et dieu sait qu’elle pouvait être flippante dans ces moments-là. Ces instants de colère, ces instants où elle estimait qu’on avait tenté de lui voler quelque chose, en l’occurrence sa proie. A elle. Son dîner. Sauf qu’en prime il n’avait rien réussi à lui chipper, se montrant trop empoté pour ça, laissant la marmotte s’enfuir sans une égratignure. Il était certain que cet enculé allait payer, alors même qu’il avait déjà un couteau planté dans la cuisse. Un couteau dont elle ne se soucia même pas, la blonde se montrant incapable de faire preuve de la moindre compassion. Qu’il crève tiens, y aura de quoi à bouffer au moins. Et désormais elle se rapprochait, ne l’ayant pas encore atteint toutefois.




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MessageSujet: Re: « T'es con ou tu le fais exprès ? [Pv Ozzy]   Sam 6 Sep - 23:05

La scène à laquelle t’es en train d’assister déchaîne un combat intérieur entre la mère teresa et le lâche qui sont en toi. C’est un calvaire que tu vis mal, qui te fait transpirer. C’est un calvaire qui accélère les battements de ton cœur, qui te fait mordiller ta lèvre. Y'a une fille, là, accroupie dans l'herbe. T'as d'abord cru qu'elle se livrait à une activité très éloignée de la chasse avant d'apercevoir une arme entre ses doigts. Luisante. Brillante. Puis tu l'avais vue, elle. Une petite marmotte innocente qui te fixait de ses grands yeux pétillants, potentielle victime de la blonde qui fouillait la forêt de ses yeux. Honnêtement, t’es pas le genre de con à mettre sa vie en danger pour une marmotte. […] T’es con, c’est vrai, mais pas à ce degré-là. Y’a des limites. Des marmottes y’en a sans doute par centaine. Des ozzy, y’en a qu’un seul –eh, j’vous ai entendu soupirer de soulagement-. Et puis si ça s’trouve, elle est enragée. Et puis si ça s’trouve, la blonde ne la verra même pas. Et puis si ça s’trouve, une licorne va débarquer en trottinant d’un arc-en-ciel. Crétin. Tu tournes la tête, et c’est comme si tout se déroulait au ralenti. Tu la vois d’abord, fixer son regard sur la pauvre bestiole inoffensive. Puis t'observes le rongeur qui continue de te faire les yeux doux sans esquisser le moindre geste pour s'enfuir, comme s'il savait ce qui allait se passer et te mettait au défi. T'entends presque ton coeur battre dans tes veines quand le couteau se soulève dans les airs. Et c'est là, que t'agis. Parce qu'il faut croire qu'en fin de compte, t'es assez con pour mettre ta vie en danger pour une marmotte. Tu t'élances, toi sauveur des animaux de la forêt, te ruant sur la marmotte qui détale en courant, ayant de toute évidence une longueur d'avance sur toi. Aussi quand tu reçois le couteau destiné à la bestiole poilue et que ton cri de fillette déchire le ciel, quand ton corps vacille et que tu t'écrases lamentablement au pied d'un arbre, tu te demandes si l'animal chétif n'a pas agi volontairement contre toi. T’en reviens pas, t’en reviens pas. T’es touché. Blessé. T’as un PUTAIN de COUTEAU planté dans la CUISSE. Comme si t’avais pas déjà assez souffert, comme si t’étais pas déjà suffisamment pétri de cicatrices. Bientôt, tu vas ressembler à une saloperie de Picasso. Pourquoi t’as fais ça aussi ? POURQUOI ? Mais t’as sauvé une vie, ouais, et ça mérité d’être souligné. T’es un héros bordel. « J’m’en fous, je l’ai sauvée ! » Tu craches à travers tes dents serrées, content de toi. Mais la suffisance que t’éprouves dure à peu près cinq secondes, et s’évapore en même temps que tu prends conscience de la gravité de la situation. Ton talon heurte violemment le sol pendant que ton visage se crispe sous les assauts de la douleur qui irradie ta jambe. Vite. Faut que tu t’fasses mal autre part, pour éviter que ça devienne insupportable. Ouais, c’est un remède vieux comme le monde qui a déjà fait ses preuves. Ça va marcher. Ça doit marcher. Tu t’mords l’intérieur de la joue, tu te tires l’oreilles, t’essaies même de te tordre un doigt –pas trop longtemps- mais y’a rien à faire, t’as l’impression d’être au bord de l’évanouissement. Faut pas qu’tu perdes connaissance bordel, sinon tu vas crever. Tu vas te vider de ton sang. Des rôdeurs vont te grignoter. Et ce sera la fin. Tu penches ta tête en arrière, apercevant la blonde qui se dirige vers toi. Hallélujah, elle vient sûrement pour t’aider. Tu ne lui en veux même pas de t'avoir troué la peau, après tout ce n'était pas toi qu'elle visait. D'ailleurs, elle doit probablement être horrifiée de son geste, s'en mordre les doigts. « ENLÈVE-MOI CA, ENLÈVE-MOI CA ! » Tu beugles, sans te soucier de battre un record de décibels. Mais là, t’as le souvenir de tous les films que t’as visionnés dans ta vie qui te revient en mémoire, de tous ces imbéciles qui ont retiré un couteau planté dans leur chair avant de crever d’une hémorragie. La morale, c’est qu’il ne faut jamais toucher à une lame fichée dans son corps. Jamais. « NON ME L’ENLÈVE PAS, ME L’ENLÈVE PAS ! » Tu changes d’avis, te recroquevillant sur le sol en position fœtale, position de sécurité. Alors tu fixes ton ventre pour te focaliser sur autre chose, expirant trop rapidement entre tes lèvres raidies. Et tu roules sur le côté, comme pour te bercer. C’est là que tu remarques un reflet brillant entre les mains de la survivante. Tu relèves ton buste, juste pour être certain que ta vision ne te fait pas défaut. Parce que t’y vois plus grand-chose alors, peut-être que c’est un truc inoffensif et que tu t’fais ton cinéma. « Euh … tu fais quoi avec ce cout … » Non elle n’a quand même pas l’intention de te réduire en charpie, si ? De t’éventrer avant de te scalper. De te découper en menus morceaux pour te faire cuire sur une brochette géante. Noooon, les gens ne peuvent sérieusement pas faire des trucs pareils. Pas vrai ? […] Pas vrai ? Soudain tu t’affoles, pris de panique. Tu te redresses en oubliant l’élancement dans ta jambe, tu rampes pour lui échapper. Mais ça te tue. Quelques semaines plus tôt t’aurais jamais envisagé cette éventualité. Pourtant aujourd'hui t'as conscience que ce scénario de film d'horreur reste possible. T'avais croisé ce type qui t'avait raconté comment il avait échappé à un groupe de survivants cannibales, t'étais resté accroché à ses lèvres avec effroi et compassion. Peut-être bien qu'elle en fait partie, qu'elle chasse la marmotte uniquement pour attirer des êtres humains autour de sa table, pour ensuite les achever d'un coup de couteau dans le dos. « BORDEL non me tue pas,  j’suis pas comestible ! Franchement y’a qu’à bien me regarder. J’ai trop d’cheveux. Pas assez d’graisse. » Étrangement, elle n’a pas l’air convaincue la blonde et toi, tu commences à suer sérieusement. « J’ai pas pris de douche depuis quinze jours ! » T’essaies, dans un ultime effort de persuasion. C’est faux, mais dans les circonstances actuelles c’est totalement crédible. Franchement, qui a envie de bouffer un type qui pue la mort ? Ouais, probablement tous les survivants qui crèvent la dalle, elle y compris. « Regarde j'suis tout brûlé berk, c'est dégueulasse. » Tu tires sur ton t-shirt pour dévoiler les brûlures qui rongent ta peau. On n'sait jamais, tu largues tous tes arguments. T’es presque prêt à choper ton collier en forme de croix et le tendre dans sa direction pour la repousser, en mode ‘‘va de retro, satanas’’. Mais elle est déjà beaucoup trop près, alors il ne te reste qu’une seule solution.  « A L’AAAAAAAAIIIIIIIIIIIIIIIIDDDDDDDDDDDEEEEEEEEEEEEEE ! » Cette fois tu hurles, sans te soucier d’attirer l’ensemble des rôdeurs qui errent dans les bois. A la limite, s’ils pouvaient t’aider sur ce coup-là, tu leur en serais infiniment reconnaissant et tu t’appliquerais à la conservation de leur espèce. Croix de bois croix de fer, si tu mens tu vas en enfer.
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MessageSujet: Re: « T'es con ou tu le fais exprès ? [Pv Ozzy]   Dim 7 Sep - 14:34








T’es con ou tu le fais exprès ?




Des cons elle en avait croisé dans sa vie, un bon paquet. Mais alors celui là, il atteignait des sommets. Outre ses cris de fillettes qui lui arrachaient des grimaces agacées, il allait finir par rameuter tout ce qui était dangereux dans les environs, la blonde remarque aussi que cet abruti est en train de se tirer les oreilles, de se retourner faiblement le doigt, probablement pour penser à autre chose que ce couteau fiché dans sa cuisse. Lui il avait trop regardé les bronzés font du ski, clairement. La jeune femme avait bien l’intention de le faire taire, le menaçant au passage tant de ses mots sifflés avec rage que son deuxième couteau désormais en main. Cependant le temps qu’elle arrive à sa hauteur, le brun avait réussi à sortir un bon nombre de sottises, le tout en continuant de gueuler, ce qui avait le don d’accentuer la colère qu’elle éprouvait à son égard. D’autant plus qu’il enchaînait les conneries, affirmant d’abord avec force qu’elle devait retirer sa lame, celle-ci se faisant probablement trop douloureuse pour qu’il ne veuille la garder. La danseuse s’apprêtait déjà à soupirer, exaspérée par cette attitude, elle-même sachant qu’il ne fallait jamais retirer un couteau planté dans la chair tant que l’on n’avait rien pour soigner correctement la plaie. C’était un coup à se vider de son sang ça. Toutefois, à sa plus grande surprise, le jeune homme semble en prendre conscience car il se rattrape déjà, la suppliant désormais de laisser l’acier où il se trouvait. Quelques secondes plus tard il l’observe enfin, remarquant alors ce qui se trouvait entre ses doigts, venant la questionner dans un souffle. Ce qu’elle faisait avec ça ? Fronçant les sourcils, la blonde baisse les yeux vers son couteau, prenant conscience qu’elle jouait avec, le faisant tournoyer entre ses doigts comme elle avait l’habitude de le faire. Il s’agissait d’un tic, et force était d’admettre que ses compagnons de la mine n’avaient jamais trouvé quelque chose à y redire, pas même lors de leur première rencontre, ne se souciant pas une seule seconde du danger qu’elle puisse représenter. Encore que, Saffron lui était resté sur ses gardes. Ce simple souvenir lui arrache un sourire amusé, et probablement ce sourire fut mal interprété car dans de nouveau beuglements, le brun tentait déjà de se faire la malle, rampant au sol d’une manière pathétique.

Elyrian en aurait presque ricané, satisfaite à l’idée qu’on puisse la craindre, avant de se mettre à imaginer les faits si la situation avait été inversée. Soudainement elle fit preuve de compassion en imaginant la peur qui pouvait saisir cet inconnu. Certes il s’était mis dans cette situation tout seul, comme un parfait débile défenseur des animaux, mais maintenant il était là, à la merci d’une donzelle pas très avenante en train de jouer avec une lame. Il était blessé, sans défense, et sa seule option était de ramper le plus loin possible d’elle, alors même qu’il devait savoir que cela ne serait pas suffisant pour lui échapper. Alors elle imaginait ce qu’elle ressentirait à sa place, ce sentiment de faiblesse, mêlé à la peur, à son instinct de survie et de préservation brûlant ses tripes. Ce message palpitant au fond de son crâne : Je ne veux pas mourir. Lui non plus ne voulait probablement pas, alors même qu’il s’était jeté devant sa proie comme un crétin. Il était con, c’est officiel, mais il restait un con qui désirait survivre. Un con qui s’en était d’ailleurs bien sorti jusque-là vu qu’il était toujours vivant. Blessé, mais vivant. Ce fut pour cela que la blonde se retint de rire, n’ayant soudainement plus envie de lui faire peur. Cela ne l’empêche pas d’achever de le rejoindre, se postant à ses côtés afin qu’il comprenne qu’il était inutile de ramper plus loin. Elle était déjà là. Elle était là et elle ne put retenir un sourire amusé en l’entendant lui sortir toutes les excuses lui venant à l’esprit pour la dissuader de le bouffer. C’est vrai que pour la graisse on repassera, même si ce problème touchait tout le monde ces jours ci. Pour la douche elle s’en foutait pas mal ceci dit, il sentirait de toute manière le cochon grillé si jamais elle se décidait à le bouffer au coin d’un feu. C’était amusant d’ailleurs, de voir qu’il la pensait à la fois psychopathe, tortionnaire et cannibale. De quoi se faire un joli CV dis donc.

Le sourire disparaît toutefois lorsque son regard capte cette peau qu’il lui dévoile, brûlée. Elle se demandait comment il avait pu se faire ça, dans quelles circonstances. Et pourtant, comme à chaque fois qu’elle découvrait des blessures chez les gens, ses prunelles d’émeraudes se voient dépourvues de pitié ou de dégoût. Au contraire. Elyrian admirait chaque trace sur le corps des gens qu’elle pouvait croiser. Chaque marque qu’ils portaient témoignait de leur capacité à survivre, coûte que coûte. Il s’agissait d’une histoire, ces moments de fierté où l’on pouvait affirmer J’ai survécu. Aussi cela ne la dégoûtait pas, cela ne faisait que forcer son admiration. Une admiration qui ne vole pas haut toutefois, car ce mec était avant tout un crétin, et surtout un crétin qui se mit à hurler plus fort que jamais pour réclamer de l’aide. La réaction de la danseuse n’attend pas. En une seconde elle se retrouvait agenouillée près de l’homme, penchée sur lui. Elle lui assène d’abord un coup de poing en plein visage, désireuse de le faire taire, avant de plaquer sa lame contre sa gorge et sa main libre contre sa bouche. Son regard brûlait de colère, hargneux, méprisant aussi et ce fut sur le même ton qu’elle siffla à son attention, dans un souffle. « Ferme ta gueule bordel. Ferme ta putain de gueule. Le cœur battant elle ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil aux alentours, comme pour guetter l’arrivée du danger, avant de se focaliser de nouveau sur lui. Elle rajouta alors, toujours aussi colérique. Je vais pas te tuer d’accord ? C’est toi qui t’es jeté devant cette marmotte comme un parfait crétin. Tu t’es mis tout seul dans cette situation, alors arrête de brailler et assume un peu. Bon ok, y avait plus rassurant comme discours, alors elle reprend de nouveau, après un soupir, d’une voix plus calme. Je vais rien te faire. Alors je vais retirer ce couteau de ta gorge, puis ma main, et toi tu vas garder le silence. Parce que je te signale que si des zombies débarquent, t’es un homme mort. Tu piges ? » La blonde attendit alors quelques secondes, s’assurant qu’il ait compris avant de retirer l’acier de sa gorge, doucement, lui montrant ensuite la lame une fois qu’elle fut éloignée pour montrer qu’elle tenait parole. Suite à quoi elle retira sa main de sa bouche, se reculant doucement.

Dans un soupir la jeune femme resta donc assise à côté de lui, ses bras reposant sur ses genoux. Bordel. Qu’est ce qu’elle allait faire de lui hein ? Ravalant un grognement, sachant qu’il se mettrait de nouveau à couiner comme une fille si elle montrait le moindre signe d’agacement ou d’agressivité, la danseuse se donne ainsi quelques secondes pour se calmer et ainsi laisser à son compagnon d’infortune le temps de se remettre lui aussi. Ses prunelles glissent alors le long de sa silhouette, observatrices, afin de se planter sur sa cuisse, son couteau toujours fiché dans celle-ci. Il faudra la retirer, à un moment ou un autre. La jeune femme signala alors à voix haute, dans un souffle, comme une évidence. « Faut le retirer et cautériser la plaie aussitôt. L’avantage c’est qu’elle avait ce qu’il faut pour ça. Une autre lame en sa possession, son briquet dans sa poche, ce serait facile à réaliser. Dans d’autres circonstances elle n’aurait même pas attendu l’autorisation du jeune homme pour se lancer dans ces soins, trop envieuse de récupérer son couteau et de se barrer au vu du danger qui pouvait leur tomber dessus à tout instant désormais. Mais dans ce cas précis, quelque chose la retient. Ces brûlures qu’il lui avait dévoilé, le long de son cou et du sommet de son torse. La jeune femme se doutait que ce genre d’expérience risquait fortement de le traumatiser à jamais des flammes. Elle se demandait donc s’il supporterait de la voir chauffer à blanc l’un de ses couteaux pour ensuite l’appliquer sur sa plaie afin d’en arrêter directement l’hémorragie. Elyrian n’était certes pas facile à vivre, elle pouvait se montrer aisément violente. Mais elle n’était pas sans cœur, ni sans scrupules. Elle avait des principes, un certain sens de l’honneur aussi ne se voyait-elle pas lui faire un coup pareil sans son autorisation. La blonde était cependant trop fière pour lui demander clairement son avis, aussi préféra-t-elle jouer la carte de l’ironie, comme à son habitude. Sourire narquois aux lèvres, ce fut donc sur le même ton et en ancrant son regard dans celui du brun qu’elle précisa, comme si elle s’adressait à un enfant. Ça  revient à brûler la plaie pour t’éviter de pisser le sang. Ainsi au moins elle pouvait guetter ses réactions. Même si, dans le fond, cela ne changerait rien. Il n’avait pas le choix. Et ce fut de la même façon qu’elle rajouta alors, le questionnant enfin, sourcils froncés. Nan mais putain faut vraiment que tu m’expliques. Pourquoi t’as fait ça ? T’es de la SPA ou t’es juste un de ces cons de végétariens ? » Parce qu’il fallait être sacrément atteint pour risquer sa vie pour un stupide animal, d’autant plus quand ces mêmes animaux était la seule bouffe encore disponible.




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MessageSujet: Re: « T'es con ou tu le fais exprès ? [Pv Ozzy]   Mar 9 Sep - 14:12

PAF. Ses phalanges heurtent brutalement ta pommette dans un bruit sec. Aïïïïïïïïe aïe aïe aïe. Ok c’est vrai tu l’as mérité, t’assumes. Ce n’est pas la première et sûrement pas la dernière fois que tu suscites une réaction de violence chez les autres. Ton premier réflexe, c’est le soulagement. Parce que mine de rien, elle vient de déplacer la douleur de ta cuisse vers ton visage. Ton deuxième réflexe, c’est l’admiration. Cette gonzesse frappe presque avec la même puissance qu’un mec –t’as dit presque-, et t’as un paquet de points de comparaison. Ton troisième réflexe est le plus naturel, celui qui vient généralement le premier chez les personnes normalement constituées, la contrariété. Ta main caresse doucement ta peau meurtrie et tu pousses une sorte de grognement de mécontentement plus masculin que tes habituels cris de fillette. Mais MERDE, elle n’aurait pas pu viser le nez comme tout le monde ? Parce que là, elle a cogné tout près de ton unique œil valide. Et tu préfères encore avoir un os brisé que de devenir définitivement aveugle. Tu t’es pas préparé à ça, pas encore. Tu te raccroches désespérément à l’espoir qu’un type se pointe avec le vaccin avant que tes iris ne te lâchent. Avant que tu sois plongé dans l’obscurité pour le reste de ta vie. T’as pas la bêtise –non non, vraiment- de croire que tu survivras au-delà. Tu sais bien qu’Hunty ne te prêtera jamais son chien pour t’aider à te repérer. Il t’achèverait à la place, probablement, en pensant te rendre service –et surtout à lui-. Et puis cette ville, tu la connais mal. Tu pourrais bien décider d’aller à la gare et te retrouver en train de nager dans la mer de Béring. Alors si elle pouvait éviter de rapprocher ce moment inévitable du présent, ça t’arrangerait. Pour le coup t’as presque envie de lui coller le tien de poing, dans sa jolie tête blonde. […] Non c’était pour déconner, vous avez cru quoi. Jamais tu ferais un truc pareil –et pas seulement parce que t’as peur de te casser un ou deux doigts dans le processus-. T’es simplement pas le genre d’homme de Neandertal qui décide de cogner tout c’qui bouge, qui régresse à ses instincts primitifs sous prétexte que c’est la fin du monde. Et certainement pas une femme, aussi flippante soit-elle. T’es plutôt le type qui s’ferait maltraiter par sa compagne, qui essaierait vainement de la raisonner par des beaux discours sur Dieu et la puissance de l’amour. T’es un peu vieux jeu pour certaines choses, et tu pourrais bien te laisser zigouiller par une fille sans oser lever le petit doigt. D’ailleurs si on regarde bien, les deux zombies et demi que t’as réussi à faire mourir pour de bon étaient de sexe masculin –même si t’es pas vraiment certain pour le dernier étant donné son état de décomposition et la pénombre ambiante. Tu n’lui as pas non plus tâté la poitrine pour vérifier. -. Puis blesser les autres, c’est quelque chose que tu n’supportes pas. Quand t’avais douze ans, tu t’es même excusé au confessionnal d’avoir écrasé une araignée. Et puis, t’as plus jamais recommencé. Mais tu te dis que tu t’endurcis, parce qu’avec un couteau planté dans la jambe et un putain de coquard qui se forme autour de ton œil, dans ton autre vie ça fait longtemps que tu te serais abandonné au flou qui pourrit ta vision et essaie de t’entraîner dans ses profondeurs. Le King serait tellement fier de toi ! Ou alors tu t’es tellement laissé influencé par le regard des autres que t’as toujours cru que t’étais une vraie mauviette alors qu’en vérité, t’encaisses comme un bœuf. Tu n’peux pas vraiment le savoir avant que ça t’arrive, et bordel, c’est bien la première fois que tu te retrouves immobilisé et torturé par une gonzesse. Parce que c’est exactement ce qu’elle est en train de faire, avec la lame aiguisée de son couteau appuyée contre ta pomme d’Adam –va falloir que quelqu’un t’explique cette obsession des survivants pour les couteaux-, et avec sa main plaquée contre tes lèvres. T’hésites à la mordre –essayer du moins- ou à baver sur la paume de sa main pour l’obliger à libérer ta bouche, parce que t’es un peu en train d’étouffer. La garce appuie tellement fort qu’elle te comprime à moitié les narines, obstruant ton seul moyen de remplir tes poumons d’un air indispensable à ta survie. Mais tu n’oses pas, devant le regard transpirant de mépris et de haine qui te fixe avec insistance. Et honnêtement, tu préfères retirer toi-même le couteau de ta jambe pour te le planter dans la tête, si vraiment elle veut faire de toi son dîner.

Pourtant elle te rassure sur ses intentions soi-disant pacifiques. C’est ça ouais, et la marmotte elle met l’chocolat dans le papier d’alu ? Non, de toute évidence la marmotte elle se tire en laissant crever Ozzy. « Atuotteala. » T’essaies de communiquer sans succès malgré ses invectives, de formuler quelque chose qui ressemble à ‘‘si t’avais pas essayé de buter injustement une adorable marmotte j’en serais pas là’’. Oui, t’as sûrement voulu trop en dire. Mais plus elle parle, plus t’es convaincu que tu l’as mal jugée. Que t’aurais jamais dû accorder du crédit à un type qui prétend avoir échappé à des cannibales. Bon sang, t’es vraiment trop naïf. C’est pourtant évident que cette histoire est totalement grotesque. Et même si elle t’a planté un couteau dans la cuisse, même si elle t’a frappé, même si elle a sous-entendu que t’es incapable de t’battre contre des zombies –tu fais plus gaffe à ça-, même si elle t’as menacé, t’as honte. T’as honte, vraiment. T’as honte d’avoir douté d’elle. T’as honte d’avoir cru qu’elle pourrait te vouloir du mal. T’étais pas comme ça avant, t’ES pas comme ça. Ça n’te ressemble pas, de douter des autres. T’en sais rien, c’est peut-être ton instinct de survie qui l’a emporté sur tes convictions, la peur qui a rongé tout le bon sens qui te reste. Ouais, n’importe qui penserait exactement le contraire, mais pas toi. Toi t’es convaincu que le principe doit rester la confiance, et l’exception la méfiance. Alors tu hoches la tête, docilement, et elle te libère enfin, comme elle l’avait promis. Tu redresses ton buste, et t’entoures l’une de ses chevilles avec ta main. « Pardon. » T’articules, timidement. En essayant de faire luire tes yeux, histoire de coller au plus près de l’image du chat potté de Shrek. Là, elle est obligée de te pardonner, pas vrai ? Même si t’as hurlé à la mort, vous mettant tous les deux gravement en danger. L’erreur est humaine, comme dirait l’autre. Sauf qu’elle a l’air de s’en foutre complètement de tes excuses. T’es même pas certain qu’elle t’ait entendu. Elle a l’air bien plus intéressée par ta cuisse blessée, sur laquelle tu poses à ton tour tes deux billes claires. La regarder ça t’fait flipper, mais tu t’rends compte que tu souffres beaucoup moins. Tu te demandes si c’est normal, que tu n’sentes plus rien. Généralement quand un gars se pose la question, c’est mal barré pour lui. Mais c’est peut-être le choc, ou quelque chose dans ce goût-là. A vrai dire, t’es plus inquiet par le regard que la blonde lance à ta plaie. Quoi, elle ne va quand même pas récupérer son couteau comme ça, si ? […] Si, elle veut le retirer. Enfin au moins, elle t’informe. Ouais, elle est vraiment cool cette fille. Tu l’aimes bien. Tu l’aimes beaucoup. Elle te déteste probablement mais c’est pas grave, tu vas la convaincre que t’es pas qu’une chochotte qui pleurniche. Que t’es un type débrouillard, un mec qui a des tripes, un mec qui sait prendre ses responsabilités. Tu vois bien qu’elle hésite, qu’elle s’en remet à toi. Tu vois bien qu’elle a de l’égard pour tes sentiments, et ça renforce la confiance que t’as aussitôt placée en elle. Non, pas une seule seconde tu te dis qu’elle a juste envie de reprendre son arme et tailler la route, parce qu’une arme au milieu de l’apocalypse c’est précieux. Que si elle avait appartenu à quelqu’un d’autre elle aurait passé son chemin sans même t’accorder une œillade compatissante. Alors tu poses tes doigts sur le manche du couteau, discrètement, pendant que t’accroches ses yeux verts. Elle a des putains de beaux yeux cette fille. Ouais, concentre-toi sur elle. Sur son petit nez rond, sur ses joues pleines, sur ses lèvres en forme de cœur. Bordel … tu commences à t’sentir mal, à force de ne plus respirer. Clairement, t’as du vide qui traverse tes pupilles pendant quelques secondes. T’as le teint qui pâlit. T’as le bras qui tremble. Alors tu te dis qu’il faut que tu fasses ça comme quand on arrache un pansement. D’un coup sec. Mais discrètement, pour pas qu'elle voie, pour lui faire la surprise. Tu te tournes même un peu sur le côté pour lui dissimuler la blessure. ZWIP. ET BIM, T’AS RETIRÉ CE PUTAIN DE COUTEAU ! Et maintenant, c’est qui le pa-tron ? T’as le sourire d’un type qui vient de remarcher après dix ans de tétraplégie, un rictus qui s’évapore instantanément quand elle te fait savoir qu’il faut te brûler la peau. Pause. QUOI ? QUOI ? QUOI ? Tu savais bien que ‘‘cautériser’’ c’était un truc pas cool, bordel, ça te revient maintenant. Elle n'aurait pas pu le dire avant putain ? « N ... n ... Non. » Y'a pas moyen, pas moyen. Elle n'a pas bien vu, quand tu lui a exposé tes brûlures ? T'as pas envie de ressembler à Frankenstein. Parce qu'après Hunty, il voudra plus de toi. Et puis le feu, le feu c'est un truc qui te terrorise. D'ailleurs t'as l'angoisse qui se peint sur ton visage, t'as l'angoisse qui surgit au fond de ton regard. JAMAIS. T'oses pas lui dire, du coup, que tu viens subtilement de te libérer de sa lame. D'encaisser ça comme un vrai mec. Et quand elle te parle de la marmotte tu n'comprends pas bien sa question. Tu confonds tout. Parce que t'es vraiment pas bien. T'as les yeux qui s'ferment légèrement, et tu secoues la tête pour rester conscient. Quand elle te demande pourquoi t'as fait ça, tu t'imagines qu'elle parle du couteau. Tu captes pas trop pourquoi elle veut te refiler à la SPA ni pourquoi elle te fait savoir qu'elle est végétarienne, mais peu importe. « Mais c'est toi qui ... c'est toi qui as dit qu'il fallait l'enlever ! » Oh la tu le sens, tu vas tomber dans les vapes. Faut pas, faut surtout pas. Merde, t'es en train de pisser le sang, c'est dégueulasse. C'est moche. T'as même pas le réflexe de plaquer tes doigts dessus, de toute façon tu vas crever, c'est sûr. « Me ... me brûle pas, j'te préviens ... » Ouais là, t'inspires clairement la crainte. Et tu lèves la lame sanguinolente dans les airs, devant son visage, lui faisant comprendre ta connerie en même temps que tu tentes te concrétiser ta menace. Mais le couteau te tombe des mains et toi, t'as la tête qui tombe sur ses genoux. Oui bon, t'as essayé.
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MessageSujet: Re: « T'es con ou tu le fais exprès ? [Pv Ozzy]   Mar 9 Sep - 18:46


Le sang. Ça embaumait le sang. Ça faisait gargouiller son ventre comme un moteur bientôt en panne d’essence. « Il » avançait tout seul, lentement, inexorablement, cahin-caha entre les troncs qu’il percutait parfois sans même s’en rendre compte. Qu’importe, « Il » lui manquait un bras de toute façon, son moignon se faisait que tapisser les écorces d’une fine pellicule de chair et de sang caillé. Bon sang ce qu’ « Il » avait faim. Il ne pensait qu’à ça, toujours, constamment. Il ne dormait pas, il n’en avait pas besoin. Il voulait juste manger, se remplir la panse jusqu’à en éclater, et recommencer juste après. Il n’avait pas croisé une proie digne de ce nom depuis des jours : il y avait des tas des proies en ville, mais elles se cachaient bien, ou pire ! Elles se défendaient. Au moins, dans la forêt, il pouvait toujours se rabattre sur du petit gibier, moins vindicatif. Mais aujourd’hui était peut être son jour de chance : l’odeur était fraiche, et sa source proche : il y avait de l’humain blessé dans le coin. Et « Il » avait faim, dieu qu’il avait faim.

« Il » enjamba péniblement un fourré, pour découvrir une scène qui, si il avait été encore vivant, n’aurait pu que l’étonner : une jeune femme blonde s’énervant contre un jeune homme à la jambe ensanglantée et au visage rougissant.  Mais au lieu de rire, « Il » se passa la langue sur les lèvres, s’élançant vers le duo les mains projetées devant lui, bien décidé à avoir une part du gateau, puisque celui-ci avait déjà commencé à être découpé …
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MessageSujet: Re: « T'es con ou tu le fais exprès ? [Pv Ozzy]   Mer 10 Sep - 18:05








T’es con ou tu le fais exprès ?




Il essaye de parler, mais elle s’en moque, incapable de le comprendre de toute manière vu comment elle maltraitait sa gorge et sa bouche. Au moins n’avait-il pas tenté de la mordre comme un sauvage, ce qui aurait été sacrément risqué d’ailleurs, dans un sursaut elle aurait pu lui trancher la carotide. Il finit toutefois par se calmer au fur et à mesure qu’elle lui parle, hochant la tête pour monter qu’il avait compris le message si bien que la blonde tint à son tour sa promesse, reculant d’abord sa lame puis sa main pour s’asseoir aux côtés du jeune homme. Ses avant-bras reposant sur ses genoux, ses mains tenant son couteau entre ces derniers, elle avait à peine le temps de lever les yeux que déjà elle les baissait à nouveau, à hauteur de sa cheville. Elle sentait ses doigts se refermer dessus, délicatement, une prise ô combien faible mais douce. Il n’avait pas à parler pour qu’elle comprenne qu’il n’allait pas lui en vouloir, ni lui cracher à la figure ou se mettre de nouveau à gueuler en la suppliant de ne pas l’abandonner. Oh il en aurait probablement été capable, pourtant il n’en fit rien. Ses prunelles d’émeraudes dévièrent, glissant le long de la main puis du bras de son interlocuteur, sur son buste qu’il avait quelque peu redressé, jusqu’à son visage. Pardon. Le mot résonne dans son esprit, son regard se teinte d’incompréhension, elle le fixe un bref instant comme s’il était fou. Certes il avait été suffisamment con pour s’interposer entre elle et sa proie, mais il n’empêche qu’il venait de se bouffer un couteau dans la cuisse, qu’elle lui avait probablement filé la peur de sa vie, qu’elle l’avait frappé et menacé. Et il s’excusait. Timidement, hésitant. Elle ne comprend pas, vraiment, si la situation avait été inverse elle lui aurait mordu la cheville, elle ne l’aurait pas effleuré comme il le faisait pour attirer son attention et lui offrir des excuses ensuite. Mais même si elle ne comprend pas, elle ne peut pas s’empêcher de trouver ça... Mignon. Ouais, mignon, ce con était mignon. Comment peut-on en vouloir à cette gueule d’ange, ces petits yeux brillants. Bordel. Ravalant un grondement agacé, détestant se faire avoir aussi facilement, elle préfère se focaliser sur la plaie de son compagnon d’infortune.

Il fallait bien qu’elle récupère sa lame, et lui qu’il finisse par prendre soin de la blessure pour espérer s’en sortir sereinement. Il n’y avait toutefois pas beaucoup de moyens, cautériser la plaie était ce qu’il y avait de mieux à faire, ça éviterait l’hémorragie et limiterait les dégâts en matière d’infections. Seulement elle avait vu les brûlures, elle imaginait aisément le traumatisme qui avait dû en ressortir, et même si elle n’avait pas besoin de lui cramer toute la jambe, il garderait une marque sur sa cuisse, une brûlure, un cauchemar de plus peut-être. Elyrian n’était pas sans cœur, elle comprenait les peurs des autres, compatissait à ces dernières aussi. Elle ne pouvait décemment pas lui infliger ça sans le prévenir, sans le rassurer. Elle le ferait, clairement, quoi qu’il en dise, mais elle espérait pouvoir rendre l’instant le moins pénible possible. Dans le doute, la jeune femme se permet tout de même de lui expliquer ce que ça impliquait, l’ombre d’un sourire narquois aux lèvres, éprouvant le besoin de se foutre de lui, se rassurant ainsi sur sa capacité à faire chier les gens, à rester forte. C’était tellement stupide. Mais c’était ainsi. Sauf que ses moqueries finissent par lui causer quelques remords, lorsqu’elle capte de nouveau le regard du brun, paniqué. Elle grimace, se mord la langue pour se punir de ses conneries, mais n’ose pas faire quoi que ce soit d’autre. Parce qu’elle n’en démord pas, parce que malgré les angoisses du jeune homme, il n’avait pas le choix, vraiment pas. N…N…Non. La remarque lui arrache un frisson, bref, une lueur de compassion au fond des yeux, des excuses silencieuses. Mais après tout, pourquoi s’excuse-t-elle ? C’est de sa faute à lui, c’est lui qui a fait le con, qui a voulu protéger une marmotte comme un parfait idiot. Il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même et elle ne se gêne pas pour le lui faire remarquer. Sauf que la réponse qu’il lui offre en retour, c’était vraiment pas prévu.

Fronçant les sourcils, la danseuse se demande ce qu’il essaye de lui dire. Retirer ? Ouais mais retirer qu-… Oh le con. « Putain mais qu’est ce que t’as foutu abruti ? La Remarque fuse, instinctive, alors que ses prunelles d’émeraudes captent cette blessure à sa cuisse, le couteau en moins, le sang qui s’écoule en plus. Merde, merde, merde. Mais qu’il est con. Elle l’entend à peine quand il la prévient, lui interdisant de le brûler. Honnêtement, là, son avis elle s’en foutait, totalement. Elle ferait ce qu’il faut, ce qu’elle sait faire, et quand il se rendra compte qu’au moins il restera en vie, il arrêtera de lui en vouloir. Oh et puis qu’est ce que ça peut foutre de toute façon, qu’il lui en veuille ou pas hein ? Ravalant les commentaires déplaisants et paniqués à la fois qui fusaient dans sa tête, elle s’efforce de se calmer. Mais c’est pas facile, pas facile alors qu’il dévoile la lame, que cette dernière tomba alors si bien qu’elle ne dû qu’à un réflexe prodigieux de la rattraper avant qu’il ne se blesse encore plus avec. Pas facile alors que, ne s’y attendant pas, elle le voit s’affaler sur elle, sa tête chutant sur ses cuisses. Aussitôt Elyrian écarte sa lame ensanglantée, la délaissant pour s’emparer du visage du jeune homme afin de le redresser, pour croiser son regard. Sauf qu’il s’est bel et bien évanoui, malgré quelques instants où il semble reprendre connaissance, brièvement. Merde. Le secouant par les épaules, elle lui file une tape sur la joue aussi, résistant à l’envie de lui foutre un de ces éternels coup de poing. Oh ducon, réveille toi. Crève pas sur mes jambes putain. » Bon, elle paniquait là. Quoi qu’elle en dise, peu importe sa fierté et sa grande gueule, elle aimait pas voir les gens crever. Vraiment pas. Encore moins quand ça s’avère être plus ou moins de sa faute. Ne sachant trop que faire, la jeune femme dépose alors délicatement la tête du brun au sol, se libérant ainsi, afin de se pencher sur sa blessure à la cuisse. Il fallait qu’elle s’en occupe, de suite, et peut-être profiter de l’inconscience du gars pour faire ce qu’il s’évertuait à ne pas vouloir subir. D’instinct elle voulut lui faire un garrot, avant de se souvenir que c’était de la grosse connerie à ne faire qu’en dernier recours. Seulement elle avait besoin de ses mains de libre pour pouvoir commencer à chauffer son autre couteau afin de cautériser la blessure. Que faire ?

Bah du coup là voilà comme une grosse mongole, avachie sur les jambes du jeune homme, ou plutôt sa cuisse, ses avants bras lui servant à appuyer comme elle pouvait sur la blessure tandis que ses mains se trouvant juste au dessus de l’autre cuisse du brun s’activaient déjà à faire chauffer l’acier de son couteau, ayant sorti son briquet pour ça. C’était vraiment bizarre mais pour le coup elle s’en foutait, se contentant de parler sans jamais s’arrêter, les mots étant un moyen efficace d’évacuer la pression qui pesait sur ses épaules. Le pire étant qu’elle lui parlait à lui, sans même savoir s’il était réveillé ou non. « Pour une marmotte. T’as fait tout ça pour une saloperie de marmotte et voilà le résultat, je me retrouve avachie sur toi, t’évitant de pisser le sang, niquant mon débardeur au passage. On a l’impression que je t’offre la fellation du siècle étant donné que tu perds carrément connaissance sous le plaisir et… Et tout est normal. Bordel je quitterais plus jamais le camp, plus jamais. La chasse c’est fini, je boufferais les champignons dégueulasses que trouvera Roxy et voilà. » Elle grognait, de mauvaise humeur, paniquée aussi, s’énervant en voyant que la lame ne chauffait vraiment pas assez vite. Putain pourquoi elle avait pas un lance-flamme franchement ? Ou un pokémon feu, c’est cool les pokémons feu. Sauf que, trop concentrée sur ce qu’elle faisait, la blonde n’entend que tardivement un grognement qui se mêle au sien, bien plus bestial, plus rauque, plus menaçant. Comprenant enfin qu’elle n’était vraiment plus seule, Elyrian lève alors les yeux, sans délaisser sa position initiale, pour tomber sur ce zombie solitaire qui courait déjà vers eux. Merde. Elle savait qu’il n’en avait pas après elle, qu’il voulait la proie la plus faible, à savoir le jeune homme et sa blessure évidente. Il lui aurait suffit de se lever, de courir dans la direction opposée et elle serait sauve. Cette réaction lui aurait garantie la vie sauve, mais condamnerait le brun sous elle. Il était dans cet état à cause d’elle, en partie, et elle ne se voyait pas le laisser à ce sort funeste. Personne ne méritait ça. Ce fut donc après avoir pris une seconde à peine pour décider qu’elle ne fuirait pas, il n’était guère dans sa nature d’être une garce égoïste finie, elle abandonna le briquet et le couteau qu’elle réservait au soin, s’empara de sa seconde lame et la lança en direction de cette saloperie. C’était facile, elle faisait ça depuis des mois maintenant. C’était encore plus aisé que de buter une marmotte à distance. Et pourtant elle se loupe. La lame ne se fiche pas dans le crâne du rôdeur mais dans son épaule, lui arrachant certes un grondement de douleur mais n’étant par conséquent pas bien efficace. Il revenait déjà à la charge.

Elle s’est loupée. Pour la première fois de sa putain de vie, elle a foiré un de ses lancers, et au pire moment qui soit. Grondant sous le coup d’une colère sourde qu’elle se dédiait à elle-même, la blonde se voit contrainte d’abandonner le brun, se redressant en un bond et s’emparant cette fois de la dague qui pendait à sa ceinture. Le lancer c’était fini, se réfugier dans des coups expédiés à distance, c’était fini. Elle détestait ça. Ce fut pire encore quand elle constata qu’elle n’avait pas le temps de frapper, déjà les mains du zombie se refermaient férocement autour de sa gorge, la soulevant de terre. Putain, ce gars avait fait de l’haltérophilie dans une autre vie ou quoi ? Suffocant, ce fut toutefois la peur qui fit scintiller ses prunelles à la vue de ces dents, dangereuses, mortelles. Ces dents qui, en une morsure, pouvaient briser des vies entières. Elle craint pour sa vie, là, tout de suite, elle panique. Elle avait peur de cette morsure, détestait d’être au corps à corps à cause de ça. Sa main libre se porte à hauteur de celles qui l’empêchaient de respirer, suffocant, grondant aussi quand elle sent que le monstre la plaque contre un arbre afin de l’immobiliser, l’empêchant de s’agiter. Dans un éclair de lucidité, dans un sursaut généré par cet instinct de survie pulsant dans ses veines, la blonde use de sa main libre pour enfoncer plus profondément le couteau déjà fiché dans l’épaule de sa victime, retournant la lame dans la chair putréfiée, suffisamment pour s’attirer la colère du zombie, suffisamment pour qu’il s’intéresse à son épaule et relâche légèrement la pression sur sa gorge, suffisamment pour tourne légèrement la tête, offrant ainsi un angle parfait pour frapper. Le coup fuse, sa dague se plantant avec violence dans ce crâne ainsi dévoilé, dans le but d’atteindre ce foutu cerveau malade. Le sang gicle, rajoutant ainsi à son allure de sérial killeuse, mais la saloperie crève sous ce coup, la relâchant, s’effondrant au sol en même temps que la danseuse.

Cette dernière se retrouve à plat ventre sur le sol, se redresse afin de rester à quatre pattes, remontant d’instinct l’une de ses mains jusqu’à sa gorge, peinant à retrouver son souffle. Elle ferme les yeux avec force, peinant à retrouver sa respiration, crachant ses poumons, tremblante. Elle guette les environs, à la recherche d’un autre danger, se demandant si elle serait capable de l’affronter, mais rien ne vient. Alors elle veut en finir, au plus vite, pour pouvoir se tirer, le tirer de là lui aussi. S’avançant de nouveau vers lui, elle récupère sa lame intacte et son briquet, s’évertuant de nouveau à faire chauffer l’acier. Dans le même temps elle l’observe de nouveau, guettant un signe de vie, s’assurant qu’il allait plus ou moins bien. Pitié, crève pas, crève pas.




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MessageSujet: Re: « T'es con ou tu le fais exprès ? [Pv Ozzy]   Ven 12 Sep - 21:16

La baffe, les secousses, tu n’sens rien. Toi, t’es autre part, t’es plus là. T’es un pantin inanimé entre les bras de la blonde. Tu n’sais pas trop si t’es mort. Tu le crois, pendant un moment. Parce que tu t’sens bien plus en sécurité que d’habitude. T’es léger. T’as plus mal. T’es bien. T’es peut-être au paradis. […] Enfin t’as des doutes quand même, parce que t’as pas vu de lumière blanche, de haie d’honneur formée par des anges en couche-culotte qui jouent de la trompette ou ce genre de conneries. Après, c’est peut-être parce que t’es à moitié aveugle, on n’sait jamais. Du coup, t’es heureux de constater qu’il y a quelque chose finalement, une fois qu’on clamse. Mais c’est pas forcément rassurant, d’être plongé dans l’obscurité comme ça. Si ça s’trouve, tu vas rester coincé dans ton cadavre jusqu’à ce qu’il se décompose et libère ton âme. Ou bien le paradis, c’est juste un espace noir et vide. Le flippe. L’angoisse totale. Tu commences presque à être de nouveau saisi de nausée. Ou alors c’est parce que tu sens qu’on te compresse les jambes, va savoir. Jambes. Si t’as des sensations dans tes jambes, c’est que t’es pas mort, pas vrai ? T’espères que ta bonne étoile ne s’est pas encore éteinte, pas avant que t’aies retrouvé ta sœur, pas avant que t’aies retrouvé Hunty. T’essaies d’en bouger une, mais peu importe la nature de la chose avachie sur toi, ça pèse son poids. Peut-être bien que c’est toi, qui n’a plus de force. Peut-être bien que t’es paralysé. Oh putain, manquerait plus que ça. Paraplégique et bientôt aveugle, combo gagnant au milieu de l’apocalypse ! Tes jambes, c’est quand même ce qui t’a sauvé jusqu’à maintenant. Courir, c’est ce que tu fais de mieux. Tellement que d’ici quelques mois, tu pourras sans doute prétendre au titre olympique –désormais inexistant-. T’ouvres les paupières, tu galères. T’as la sensation de flotter dans un nuage. Tu ne perçois que des sons, des bribes de mot étrangement sélectives. ‘Marmotte’. ‘Avachie’. ‘Pisser’. ‘Niquant’. ‘Fellation’ –sérieusement ?-. ‘Plaisir’. ‘Chasse’. ‘Champignons’. Et là, t’as un élan de conscience pendant lequel tu demandes pourquoi la survivante veut pisser sur la marmotte et niquer pour le plaisir avant de chasser des champignons. Ou bien elle veut chasser Roxy, t’as pas très bien pigé. Attendez … Roxy ? ROXY ? Si t’as bien un truc qui fonctionne encore c’est ton ouïe, et t’es quasiment certain d’avoir entendu le prénom de ta partenaire de musique. Des Roxy, y’en a pas cent en Alaska. Faut que tu lui parles, faut que tu lui demandes. Allez bordel, tu peux le faire. Reste concentré, con-cen-tré. Tu bouges la tête et t’arrives à la soulever légèrement du sol, mais quand t’ouvres la bouche y’a rien qui sort. C’est le silence. Ah non, t’es quand même pas devenu muet aussi ? Et puis t’aperçois une silhouette penchée sur toi, indistincte, nébuleuse. Tu discernes juste sa crinière blonde au-dessus de ton pantalon, et là, ça fait tilt. Mais bordel qu’est-ce qu’elle fout ? Elle va quand même pas abuser de toi pendant que t’es à moitié dans le coltard ? Ca n’se fait pas, merde. Généralement pour faire rependre conscience aux gens on les gifle, on les secoue, on leur hurle dans leurs oreilles. Au pire, si on s’appelle Ozzy et qu’on croit aux contes de fée, on les embrasse. Mais là quand même, c’est brûler quelques étapes. Oui, tu t’plains, carrément. Puis tu ne sais même pas comment elle s’appelle. […] Et là, tu distingues autre chose de nettement moins sympathique. Une petite forme vive qui danse au creux de ses mains, trop près de toi. Comme … UNE FLAMME ? Ca y tu repars. T’es pas bien. Tu veux gerber. Tu veux mourir. La douleur se ravive. T’as même quelques frissons. Une flamme, c’est pire que la mort. T’es envahi par une chaleur désagréable, pas le genre qui surgit logiquement quand une fille est allongée sur toi. Plutôt le genre qui te rappelle l’incendie, les réminiscences d’un purgatoire terrestre. T’esquisses un geste pour l’en empêcher. Tu crois que t’arrives à bouger un doigt. Peut-être même deux, mais tu la vois subitement s’agiter et disparaître de ton champ de vision. […] Oh la lose. Elle s’est barrée. Elle s’est … BARREE ! Elle ne peut pas t’laisser comme ça, en train de crever. C’est pas chrétien, c’est pas humain. Et ça te file un coup de fouet magistral. Tu t’rends compte qu’en fait, t’es tombé dans les pommes devant une gonzesse parce que t’as pris un p’tit couteau dans la cuisse. La honte de toute une vie. Cette fois tu n’peux pas accuser les vapeurs de l’incendie, ou alors au pire, tu peux toujours dire que son parfum t’as rendu nauséeux. Mais du parfum au milieu de l’enfer, t’es pas certain que ce soit la préoccupation principale des survivantes. Sa transpiration alors. Ouais, au pire.[…] Étrangement, t’as les yeux grands ouverts. Les oreilles à l’affût. Les sens qui réinvestissent ton corps endolori. Tu retrouves progressivement l’usage de tes membres, même de ta voix, suffisamment pour laisser échapper un faible « eeeeeeh » qui s’étrangle dans ta gorge. Ouais bon, c’est pas gagné. Tu te tortilles un peu, tu tournes ton visage et tu sais que tu vas crever. Parce qu’un putain de rôdeur s’est invité à votre petite fête privée, et enserre ses doigts décharnés autour du cou gracile de la blonde. Et si elle crève, tu crèves aussi. Calcul logique. Alors tu reprends ta position initiale et tu fais le mort. Peut-être qu’avec le sang et tout, tu vas te camoufler dans le décor. Qu’il ne va pas comprendre que ton cœur bat encore. Mais tu t’rends compte que c’est vraiment dégueulasse. Parce qu’elle aurait pu se casser en courant en te laissant à la merci de l’affreux jojo. Et que si elle ne l’a pas fait, c’est sans doute pour toi. Parce que c’est une fille bien, qui ne mérite pas une telle fin. Aussi tu prends sur toi, tu te mets sur la tranche et tu tends ton bras vers un caillou que t’attrapes faiblement. Tu te concentres, tu fais des putains d’efforts pour ne pas le lâcher. Tu fixes le rôdeur d’un regard mauvais, pour te donner des forces. Et tu le lances en direction du zombie, avec une volonté de fer. Mais la pierre s’écrase un mètre plus loin. Lamentablement. Bordel, t’as envie de pleurer. T’aimerais être plus efficace, plus fort. Mais là, t’as sans doute perdu trop de sang, et t’es encore moins indispensable que d’habitude –pour ne pas dire plus inutile-. Alors tu pries. Parce que c’est la seule chose qu’il te reste. T’as toujours cru en Dieu, t’as été infaillible dans ta foi. Enfin presque. Tu retires ce que t’as dit sur le paradis qui n’existe pas. Tu retires ce que t’as dit sur sa lâcheté. Tu promets de ne plus manquer un jour de prière. Tu promets de n’plus regarder un seul mec. PROMIS. Tu fermes les yeux. Tu les ouvres.

Merci mon Dieu. Il t’a exaucé, visiblement. Parce que la blonde reprend l’avantage. Une vraie Kingsley au féminin. D’un coup de couteau elle achève le combat et toi, tu t’allonges comme si de rien n’était. Comme si t’étais resté à la frontière de la mort pendant tout c’temps. Et puis tu te dis que tu ne serais pas contre l’idée de te faire dorloter un peu plus longtemps. Qu’elle prenne soin de toi. Ouais, ça peut vraiment être cool. Sauf tu l’entends, ce putain de bruit. Le briquet. La flamme. Tu peux presque sentir l’odeur de brûlé, un souvenir olfactif qui envahit tes narines. Merde, t’avais complètement oublié la partie ‘‘cautériser’’ de l’opération, probablement des séquelles mémorielles de ton évanouissement –non, rien à voir avec ton cerveau possiblement limité-. Faut qu’tu retombes dans les pommes, faut qu’tu retombes dans les pommes. […] C’est elle qui te chatouille le bras ? Non sérieusement, faut qu’elle arrête avec ça. Sauf que c’est impossible qu’elle te caresse le bras gauche, étant donné qu’elle est positionnée sur ta droite. Alors t’as ton cœur qui rate un battement et tu te redresses sans prévenir, ton genou heurtant violemment la tête de la blonde, tes bras s’accrochant à elle comme à une bouée de sauvetage au milieu de l’océan. « UN AUTRE RÔDEUR ! » Tu gueules en pointant ton index vers un malheureux mille pattes qui se tortille dans les herbes et vraiment, tu te sens con. D’autant plus que tu lui fais savoir que t’as eu conscience du premier rôdeur et que t’as pas bougé le petit doigt pour lui venir en aide. « Ok c’est vrai, j’faisais semblant. » Tu capitules en relâchant ta prise sans toutefois te décoller entièrement, puis tu te racles la gorge d’un air passablement gêné. Y’a pas un trou, où tu pourrais disparaître ? Tu te dis que ta seule chance, c’est encore de te montrer docile. De lui obéir. De faire comme si t’avais pas peur du feu. De t’exécuter. De l’aider, même. Parce que sinon elle va vraiment finir par se casser et toi par crever. Alors s’il faut te brûler cette putain de blessure, qu’il en soit ainsi. Tu t’attaques donc logiquement à la braguette de ton pantalon que tu fais glisser le long de tes cuisses en grimaçant. Voilà, elle peut y aller. […] Ben quoi, elle n’allait pas faire fusionner le tissu et ta peau quand même. Et puis ça va, t’es pas à poil non plus. C’est normal comme situation, non ? Merde, c’est peut-être pas une bonne idée étant donné ce qu’elle faisait et disait tout à l’heure. Et puis si quelqu'un débarque là, il va penser qu'il vous interrompt dans une sorte de pratique sado-masochiste sataniste. A moitié nus, avec du sang et du feu. « Ben, ça va pas ? » Tu l’interroges finalement, parce que tu t’rends compte qu’elle n’a pas l’air dans son assiette. D'ailleurs en parlant de ça, tu t'sens subitement beaucoup mieux, toi. Peut-être une sorte de première phase, comme dans la maladie : le déni.
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MessageSujet: Re: « T'es con ou tu le fais exprès ? [Pv Ozzy]   Dim 14 Sep - 18:25








T’es con ou tu le fais exprès ?




Elle allait y passer. Si elle continuait à rester humaine comme ça, incapable de laisser crever les gens qui sont trop stupides pour s’en sortir tout seul, elle allait sincèrement y passer. Un jour elle finirait par aider quelqu’un, qui s’avérera être un connard de première et qui l’abandonnera au moindre danger, et elle se fera saigner comme une idiote. On peut faire confiance à personne ici, et prendre des risques pour sauver des inconnus, c’était vraiment quelque chose qu’elle ne devrait pas faire. La blonde en prend pleinement conscience, sa main ainsi portée sur sa gorge, retrouvant péniblement ce souffle qui lui avait été volé. Si cet abruti n’avait pas été là, elle aurait trouvé le dîner de ce soir, elle serait allée pêcher quelques poissons comme Saffron le lui avait montré, puis elle serait rentrée. Au lieu de quoi elle se retrouvait là, le cadavre d’un rôdeur à quelques pas de là et le corps pitoyable et sanguinolent du brun à ses pieds, la voilà en train d’essayer de cautériser une plaie, ce qu’elle avait déjà dû faire à quelques rares occasions seulement, en sachant même que le feu était la plus grande peur de sa victime du jour. Bordel. Et en plus, la danseuse n’avait pas été capable d’exécuter un tir correct avec son couteau. Elle s’était loupée, pour la première fois depuis le début de l’épidémie, et elle savait que cet échec lui pèserait pendant un moment. Rien que ce soir, une fois rentrée au camp, elle passera à des heures à s’entraîner, visant des cibles diverses et variées, afin de se rassurer sur ses capacités. Elle voulait faire taire cette peur qui lui brûlait les entrailles, cette frayeur qui la rendait encore tremblante en cet instant précis si bien que la flamme du briquet vacillait sous le couteau qu’elle tenait. Elyrian se détestait, et surtout elle le détestait lui. C’était de sa faute, sa putain de faute. Et si elle éprouvait progressivement de la colère pour le jeune homme, ce qui était préférable à tout autre sentiment qu’elle aurait pu ressentir, cela ne s’améliora pas lorsqu’il se réveilla dans un sursaut des plus déplaisants.

Sans qu’elle n’ait pu prévoir le coup, la jeune femme se reçoit brutalement le genou du brun en pleine tête, lui arrachant ainsi un grondement aussi rageur que douloureux. Sonnée, cela ne l’empêche pas de sentir cet abruti se redresser en un bond pour la serrer contre lui, s’agrippant à elle comme une moule à son rocher. Bordel, ce crétin était un véritable danger public, tant pour lui-même que pour les autres, il n’avait même pas fait attention au couteau qu’elle tenait entre les mains et avait failli se le bouffer dans le ventre. Il était probablement trop occupé à brailler de nouveau, criant ainsi à l’aide en évoquant la présence d’un autre rôdeur. Apprendre qu’il était conscient lors de la première attaque ne la dérange guère, elle l’estimait déjà con et inutile au début, alors maintenant qu’il pissait le sang et tombait dans les pommes, elle comptait franchement pas sur son aide. Vu sa capacité à enchaîner les conneries, elle préférait au contraire qu’il s’abstienne de faire quoi que ce soit. Cependant la remarque lui arrache un nouveau tremblement, plus apeuré et d’instinct elle cherche à se dégager de l’emprise de son compagnon pour chercher d’où venait le danger, sifflant à son égard : « Putain mais lâche moi. » Comment voulait-il qu’elle le défende s’il l’empêchait d’esquisser le moindre geste hein ? Sauf que la blonde finit par suivre du regard ce doigt qu’il pointe en direction du danger en question, et elle se retient littéralement d’hurler en découvrant un vulgaire insecte. Putain cet enculé venait de lui défoncer le crâne, manquait de lui arracher ses fringues à force de s’agripper, et avait encore une fois gueulé comme une gonzesse, tout ça pour un putain de mille-pattes. Elle allait le tuer, vraiment. Ce couteau il servirait pas à brûler la plaie mais bien à lui trancher la gorge, ou l’artère fémorale histoire de rester dans le thème de la cuisse.

Quoi qu’il en soit, la danseuse se remettait péniblement de cette connerie, inspirant à plusieurs reprises pour s’efforcer de se calmer. Un minimum. Cela ne l’empêche pas de couler un regard assassin en direction du brun avant de le chopper par le col de ses vêtements, attirant brusquement son visage près du sien, l’émeraude de ses yeux luisant d’un éclat furieux alors qu’elle sifflait à son intention, glaciale au possible. « Maintenant tu vas vraiment la fermer. Ce fut tout aussi brusquement qu’elle le repoussa, sa main posée à plat sur son torse, exerçant une pression ferme afin de le plaquer violemment au sol. Couché et pas bouger ! S’assurant d’un simple regard qu’il suivrait ses conseils, elle retire alors sa main et achève plutôt de chauffer son couteau, toutes ces interruptions n’ayant franchement pas aidé pour faire ça le plus vite possible. Poursuivant ainsi son petit bazar, la blonde lève toutefois les yeux afin d’observer le brun s’agiter de nouveau. Si elle était prête à lui gueuler dessus de nouveau, elle s’en abstient finalement en comprenant ce qu’il s’apprêtait à faire. Elle ne le quittait pas des yeux alors qu’il abaissait son pantalon, suffisamment pour dévoiler la plaie. Ok, elle avait peut-être l’air de le regarder bizarrement, comme s’il n’était soudainement qu’un pervers qui profitait de la situation pour avoir le plaisir de laisser une femme le tripoter. En même temps ça semblait logique, mais la question qu’il lui pose alors balaie toutes ces hypothèses de mec envieux ou en manque. Sa voix vibrait d’innocence, il avait juste voulu lui montrer la blessure, ce qui semblait logique en effet, c’était plus facile de la soigner dans ces conditions. Cependant la danseuse venait d’être prise en flagrant délit de suspicion, peut-être même analysait-il ça comme dans la gêne, si bien qu’elle éprouva rapidement le besoin de reprendre le dessus. C’était lui l’idiot de l’histoire, celui qui ne savait pas comment agir, elle c’était la putain de guerrière dont il dépendait. Pas une femme soudainement songeuse et moins assurée, encore sous le coup d’une frayeur qui affolait son cœur. Ce fut donc en toute logique qu’un sourire narquois orna de nouveau ses lèvres, ses prunelles d’émeraudes glissèrent alors sans la moindre gêne sur le sous-vêtement de son compagnon d’infortune, qu’elle lorgna un moment avant de le fixer de nouveau dans les yeux. Provocante, elle répliqua alors dans un haussement d’épaules, moqueuse au possible. Je suis surprise, je m’attendais à un slip bob l’éponge ou superman. »

La remarque avait fusée, mais surtout le couteau était suffisamment chaud désormais. Du regard elle cherche alors quelque chose pour inciter le brun à se taire, dans la mesure du possible, afin d’éviter d’attirer encore plus de rôdeurs. Elle tombe bien vite sur un morceau de bois suffisamment épais pour qu’il ne vienne pas à le briser avec ses dents. Discrètement elle s’en empare et ce fut sur le ton de la conversation qu’elle en vint à le questionner, le regardant dans les yeux pour ça. « Je sais même pas comment tu t’appelles. A vrai dire elle était vraiment curieuse, de pouvoir mettre un nom sur ce visage, cette gueule d’ange et ces yeux sombres pourtant étincelants de mignonnerie. Seulement ce n’était pas le but de la manœuvre. A peine le jeune homme ouvrit-il la bouche pour répondre qu’elle lui coinçait le bout de bois entre les doigts, le contraignant à refermer sa mâchoire dessus. La seconde qui suivit elle se retrouvait assise sur sa jambe, la maintenant ainsi immobile, sa main libre posée sur le sommet de sa cuisse afin de lui éviter de bouger dans la mesure du possible. Et le couteau fut posé sur la plaie, chauffé à blanc, brûlant la chair et stoppant l’hémorragie. Oh il allait gueuler, il allait bouger, et elle faisait de son mieux pour l’en empêcher. Parce qu’elle devait poursuivre, maintenir la lame sur la blessure pendant quelques secondes encore. Ce ne fut qu’une fois sûre que cela avait fonctionné qu’elle retira aussitôt l’acier de sa cuisse, abandonnant la lame au sol, à côté afin d’inspirer un bon coup. Elyrian avait l’impression que l’air lui manquait, soudainement, si l’assurance et le sérieux avaient guidé ses gestes, désormais que c’était fini, elle en tremblait de nouveau. Parce qu’il y avait toujours cette information qui virevoltait dans sa tête : il avait peur du feu. Il était brûlé, et elle venait de lui rajouter une cicatrice supplémentaire. Ce fut pour ça qu’elle avait tenu à éloigner la lame une fois le mal fait, comme pour montrer que c’était fini, loin de lui. La danseuse se permit même un geste supplémentaire, toujours assise sur la jambe du brun, elle se penche en avant et va glisser sa main dans sa chevelure brune. Cela ressemblait tant à une caresse rassurante qu’un moyen de le secouer un peu, alors qu’elle affirmait avec force, se répétant. C’est bon, c’est fini, c’est fini. T’as plus rien, ça se voit à peine, c’est bon. » Son regard descend de nouveau au niveau de la brûlure. Délicatement elle utilise sa main libre et  essuie le sang qui se trouvait autour de la plaie, afin de la rendre plus visible, s’assurant au passage que plus rien ne s’en écoulait. Mais c’était bon, c’était fait.




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