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 « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]

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MessageSujet: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Mar 9 Sep - 2:35








Casse moi la gueule.




C’était drôle. Drôle de constater que même lorsque le monde était en crise, que chacun tentait de survivre quitte à piétiner les autres pour ça, les rumeurs allaient bon train. Alors même qu’elle ne s’y attendait pas, qu’elle ne réclamait rien, elle parvenait à apprendre un tas de choses sur ces personnes qui l’entouraient et même sur des gens qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Certes Caleb y jouait un grand rôle, la blonde continuant de rendre régulièrement visite à son compagnon qui la tenait ainsi au courant de la moindre activité, à l’image d’un espion faisant ses rapports. Et elle de son côté, l’informait sur ce qu’elle connaissait, donnant des nouvelles de la mine et de ces nouveaux occupants, son discours évoluant au fur et à mesure qu’elle apprenait à les connaitre. Quoi qu’il en soit ce fut ainsi, à force d’observations et d’écoute, que la jeune femme avait fini par apprendre qu’au sein du camp en ville, à hauteur d’un des hôtels, se trouvait quelqu’un qui faisait apparemment des ravages parmi les zombies. Suffisamment pour s’attirer la curiosité de la blonde, pour faire naître une pointe de respect alors même qu’elle ne le connaissait pas. Il était connu dans son camp, il pourrait être connu des rôdeurs si ces derniers se faisaient passer le mot concernant le danger qu’il représente, et elle avait fini par apprendre que ce talent qu’il semblait avoir été loin d’être inné. Peu importe quel métier il avait pu exercer à une époque, cela lui était désormais sacrément utile. Il semblerait même que certains de ses compagnons de la mine aient eu affaire à cet inconnu, subissant ses poings ou apprenant de ces derniers. Ce fut ces informations mises bout à bout, qui finissent de convaincre la danseuse de retrouver cet homme… Pour lui casser la gueule. Enfin, tout du moins, essayer, ce qui était là sa manière ô combien particulière de réclamer quelques cours particuliers. Il n’y avait qu’en se faisant tabasser qu’on apprenait. Il n’en fallut donc pas plus pour qu’elle ne quitte la mine, une dague pendant à sa ceinture, ses couteaux cachés dans ses bottes. Vêtue de son habituel ensemble jean et débardeur, elle prend bien vite la direction du centre-ville.

Connaissant les lieux comme sa poche, la danseuse n’hésite pas à emprunter quelques raccourcis, désireuse d’en finir. A vrai dire elle ne sait pas vraiment ce qui la motive. Certes la blonde a toujours désiré combler ses lacunes en matières de combat au corps à corps, sachant qu’elle se réfugiait trop souvent derrière ses couteaux de lancer, afin d’être capable de mieux se défendre tant face à des survivants plus forts qu’elle que pour pouvoir faire face aux zombies qui se rapprocheraient de trop. Elle savait, elle savait à quel point elle était terrifiée à l’idée de subir une morsure, si bien qu’elle se refusait de se lancer dans des assauts frontaux comme pouvaient le faire ses comparses. Cette peur, terrible, Elyrian parvenait toutefois à la cacher, aisément, la comblant avec son habileté à distance. Mais elle était là, constante. Il fallait y remédier. Outre ce besoin de s’améliorer pour combler ce sentiment d’insécurité qui lui collait à la peau, la jeune femme savait aussi qu’elle avait besoin de se défouler. Ces dernières heures, ces derniers jours, avaient été pour le moins houleux et perturbant, au point qu’elle éprouve le besoin de se réfugier dans quelque chose. La danse devenait impossible, l’absence de musique lui faisant plus de mal que de bien, si bien qu’il lui fallait autre chose. Ce besoin irrépressible de se dépenser lui vint également en tête lorsque, après réflexion, la jeune femme s’était rendue compte qu’elle avait déjà frappé quatre personnes ces derniers temps. Beaucoup trop par conséquent. Autant éviter de se foutre tout le monde à dos, ça valait mieux pour elle. Trop absorbée par ses pensées, Elyrian s’était à peine rendue compte du chemin qu’elle venait de parcourir et fut donc surprise de constater qu’elle était déjà à l’hôtel. Ravalant un grognement, agacée par ses erreurs et son absence totale de méfiance alors même qu’elle traversait des zones à risque, elle ne s’en soucie pas plus longtemps toutefois afin de s’avancer vers le camp.

Ce dernier semblait vide de l’extérieur, inhabité, et pourtant elle était persuadée qu’ils étaient tous à l’intérieur, quelque part. Tous, sauf lui. Cet homme qu’elle aperçoit, dehors, un peu plus loin. Du peu qu’elle peut en voir, il semblait correspondre à la description qu’on lui en avait faîte, et ce fut en se sentant l’âme d’une stalkeuse de première qu’elle s’avança vers lui, déterminée. Les mains glissées à l’intérieur des poches de son jean, elle évitait ainsi de toucher à sa dague, peu envieuse de passer tout de suite pour une menace. Ce fut dans le même but qu’elle mit en évidence la lame, ne voulant pas la cacher non plus, ce qu’il pourrait mal prendre s’il venait à la découvrir. De toute manière il comprendrait bien vite qu’elle n’aurait pas besoin de ça, ce n’était pas là son objectif. Quoi qu’il en soit ce fut une fois à portée de voix qu’elle le héla. « Hey ! Ouais parce qu’elle le connaissait de réputation, visualisait un peu sa gueule, mais ne savait même pas son prénom. Alors à moins de l’appeler machin, autant s’abstenir. S’assurant de capter l’attention et le regard de son interlocuteur, elle s’avance encore jusqu’à se trouver à quelques mètres face à lui, elle en profite pour expliquer. Toi, moi, on se bat. Tout de suite. Pas de discussion possible. Elle enchaîne, se débarrassant de la veste de cuir, salie par la terre et le sang, qu’elle portait toujours afin de la délaisser au sol. La blonde en profite pour étirer ses poignets, brièvement, vrillant ses prunelles d’émeraudes dans celles de cet inconnu. Elle était probablement de faire ça, folle de le réclamer de cette façon, provocante au possible, comme à son habitude. Au point qu’un sourire narquois vient bien vite orner son visage. Il paraîtrait que t’es doué pour ça. Il paraît seulement. Alors vas y, fais toi plaisir et casse moi la gueule. Je me retiendrais pas. » Elle était sûrement masochiste dans le fond. Et en cet instant précis elle en avait conscience. Elle était à la fois trop fière pour envisager véritablement qu’il puisse être sacrément doué, et en même temps elle espérait sincèrement qu’il serait capable de lui mettre une branlée digne de ce nom. Elle voulait qu’au moins une personne dans cette foutue ville lève la main sur elle. Histoire de savoir ce que ça fait, histoire de s’y préparer, histoire de se défendre.




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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Mar 9 Sep - 21:18

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Kingsley savourait un rare moment de tranquillité hors de l’hotel, agenouillé devant sa moto. Il était là depuis plusieurs heures surement, mais ni la fraicheur ambiante ni le danger ne pouvaient le décider à rentrer à l’intérieur : il avait pris possession de ce petit garage qui jouxtait celui, plus grand, qui abritait les motos neiges et autres gros engins de transport : il avait pu y entreposer sa bécane et, par miracle, remplir un peu son réservoir. Juste un fond bien sur, il n’était pas idiot : laisser du gazoil dans la bête alors qu’il pouvait geler n’était pas une idée brillante, surtout au regard de la rareté du liquide, qu’il préférait conserver au chaud dans un jerricane qu’il avait gardé dans un coin. Mais malgré tout, il l’avait faite ronfler un peu, pour décrasser la culasse, et le bruit familier du moteur lui avait tiré un frisson. Le temps où il chevauchait sa monture sans même y penser lui paraissait tellement loin. Aujourd’hui, elle était la seule chose qu’il restait de son ancienne vie, et il s’y raccrochait avec une détermination probablement déraisonnable. Avant, il serait surement resté une heure maximum à s’en occuper avant de vaquer à d’autres occupations, ses écouteurs aux oreilles en chantonnant un peu faux. A présent l pouvait y consacrer des heures entières dans un silence monacale.

Il était en train de travailler sur la mécanique interne de sa merveille lors qu’un pas décidé retentit dans la cour, sur le bitume séparant l’entrée de l’hôtel des annexes. C’était un pas rapide, agile, qui décida Kingsley à ne pas lever la tête : ce n’était pas le rythme d’un rôdeur, cela ne pouvait être qu’une personne saine. Or, il y avait quand même du passage dans la cour, et si quelqu’un voulait le trouver, ils sauraient tous où chercher.  Ils n’auraient qu’à le héler pour qu’il s’intéresse à leur cas. Il ne découvrit donc Elyrian qu’au moment où elle passa le portail du garage pour l’interpeler. Il leva un regard distrait, sa clé à molette dans la main, pour découvrir à quelques mètres de lui une étrange petite créature : c’était une jeune fille, ou plutôt une jeune femme, avec la peau pale et une chevelure presque blanche, qui se tenait la devant lui, ses petits poings posés sur ses hanches dans une position de défi évidente. Il haussa un sourcil, toujours immobile :

- Je te demande pardon ?


Il avait peut-être l’air un peu abasourdie, alors que la blonde résumait le fond de sa pensée d’un air rogue. Se battre. L’un contre l’autre, tout de suite. Marrant, ça faisait un bail qu’on ne la lui avait pas faite celle là. Il chercha la moindre trace d’humour ou de second degré dans le regard verdoyant de l’inconnue, mais, apparemment, elle en était totalement dénuée à cet instant précis. Bon, soit. Une totale inconnue de 45 kilos toute mouillée et avec des plombs aux chevilles voulait se mesurer à lui. Pourquoi pas, il n’était jamais contre un peu d’entrainement, mais le ton de la jeune femme n’arrivait pas à le décider entre l’amusement et l’agacement. Il se redressa lentement essuyant sa clé à molette avant de la poser sur son top case, ne quittant pas la jeune fille des yeux. Savait elle se battre, ou était elle juste inconsciente ? D’un coup d’œil rapide, il repéra la boursouflure dans la poche de la jeune femme qui s’étirer pour se mettre en garde : elle avait une arme. Une arme blanche probablement, cela n’avait pas la forme d’une arme à feu. Rien de bien dangereux si il ne lui laissait pas le temps de s’en servir.

Il s’essuya les mains nonchalamment sur son jean un peu usé, s’approchant d’elle d’un pas ressemblant à celui du prédateur avançant sur sa proie. La garde de la jeune fille était clairement trop haute. Elle protégeait son nez, ses joues, mais ni son menton ni sa gorge. Une erreur de débutante qui convainquit King d’y aller au début doucement avec elle. Latter les gens n’était pas son fort, il réservait ça aux morts.

- Je ne crois pas que nous ayons été présentés mademoiselle… C’est regrettable.

Alors qu’il était à présent face à la jeune femme, il élança son index gauche entre les côtes à découvert de la jeune femme, l’enfonçant profondément dans sa peau. Ce geste avait pour effet de plier en deux n’importe qui en deux, ce qui ne manqua pas. D’un mouvement de l’autre main, il pinça sa poche pour en extraire l’arme d’un geste souple. Joli couteau, mais inutile dans les circonstances. Il le posa tranquillement pres du pneu avant de sa moto, attendant qu’Ely reprenne son souffle après le point de coté qu’il venait de lui infliger.

- Je m’appelle Kingsley, et ta garde est bien trop haute. Ton adversaire se fiche de te mettre un baffe, il te sautera à la gorge ou te brisera les côtes, c’est ça que tu dois protéger. Et ne ferme pas les poings comme ça sur tes pouces, parce que si jamais un jour tu arrives à m’atteindre, tu vas te péter les doigts avant même de me faire un bleu.

Et voilà, la leçon avait commencé. Il ne pouvait décidément pas se retenir …


 
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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Mer 10 Sep - 12:54








Casse moi la gueule.




C’est sûr qu’il y avait de quoi être surpris, quand une gonzesse que tu ne connais absolument pas se pointe la bouche en cœur, réclamant une bagarre probablement perdue d’avance, y avait de quoi être choqué. Il ne s’en cache pas d’ailleurs, haussant un sourcil, interrogatif, avant de la questionner. Le regard qu’elle vrille alors dans le sien, on ne peut plus sérieux et luisant de cette provocation qui lui était propre, devait être suffisant pour lui faire comprendre qu’elle ne plaisantait pas le moins du monde. Résumant sa pensée tout en s’étirant, elle lui fait finalement face, attendant clairement qu’il vienne. La blonde profite de l’instant pour le jauger, effleurant sa silhouette du regard, s’attardant sur ce qu’elle jugeait essentiel, sans gêne ou retenue quelconque. Elle nota sa démarche, assurée, prédatrice, qui aurait pu l’effrayer si seulement elle n’avait pas été si fière. Elle n’était pas du genre à se laisser impressionner, même quand elle le devrait. Alors elle ne s’attarde pas, s’intéressant à la nonchalance dont il avait fait preuve jusque-là, témoignant du fait qu’il n’était pas plus méfiant que ça. Certes Elyrian savait qu’elle n’était pas spécialement impressionnante, encore que l’ironie qui suintait de ses mots et son regard de braise avait de quoi rendre fou ou d’en effrayer plus d’un, mais il s’en moquait, totalement. Peut-être que les rumeurs à son sujet n’étaient pas si infondées que ça finalement. Peut-être méritait-il vraiment son titre. Au point qu’elle juge essentiel de ne pas se contenter de rester immobile comme une idiote, à se la jouer supérieure, et préfère se mettre en garde, tout du moins comme elle imaginait qu’il faille le faire. Elle ne s’était jamais battue, pas comme ça, pas dans les règles de l’art. Ses coups arrivaient toujours pas surprise, ou bien il s’agissait de coups de poings dédiés en pleine mâchoire contre un alcoolique un peu trop entreprenant, en soirée. Rien de bien folichon donc.

Sauf que lui, n’a pas l’air d’avoir envie de se battre. La jeune femme avait presque été prête à baisser ses défenses quand son interlocuteur souligne le fait qu’ils n’ont pas été présentés.  Outre le fait que la politesse était le cadet de ses soucis en ce moment, la blonde n’apprécia guère l’appellation mademoiselle. Bizarrement il sonnait de manière péjorative dans son esprit, la renvoyant à cette époque où ses ainés la regardaient de haut, presque méprisant, estimant que son avis ne comptait pas, qu’elle était trop jeune pour ça. Trop jeune pour tout. Elle détestait cette impression, être sous-estimée, jugée moins importante ou efficace, moins mâture, moins tout. On aurait dit la leçon que faisait un père à sa fille, or cet homme n’était clairement pas son père, il ne semblait pas bien plus vieux non plus d’ailleurs, quelques années à peine. Pas le temps de débattre sur la question toutefois, ni même de montrer les crocs, à peine un regard glacial peut-être que déjà il la pliait en deux. Non pas en un coup de poing outrageusement violent non, il n’avait eu besoin que d’un doigt, enfoncé dans ses côtes, précis, ferme. Suffisant pour qu’elle ne se plie en deux sur le coup, pour qu’elle se sente impuissante l’espace de quelques secondes, ce qui permettait déjà à l’homme de s’emparer de sa dague. D’instinct son attention se focalise sur sa lame, qui s’éloignait d’elle, rajoutant soudainement à son sentiment d’impuissance. D’insécurité. Malgré son souffle coupé, elle lâche dans un grognement : « Non, ne… » Elle détestait. Elle détestait qu’on touche à la dague qui avait appartenu à son père, elle détestait la sentir loin d’elle. Tentant de se rassurer en songeant aux couteaux toujours cachés dans ses chaussures, la danseuse se retrouve bien vite trop occupée à retrouver son souffle quand il daigne la lâcher pour se soucier plus longtemps de ce problème. De plus il reprenait déjà la parole, aussi daigna-t-elle l’écouter, levant les yeux vers lui.

Kingsley. Au moins pouvait-elle mettre un nom sur son visage maintenant, un visage qu’elle toise en silence, après s’être redressée, le souffle encore anarchique bien que silencieux. La leçon commençait, sincèrement, et elle n’en perdit pas une miette. S’il y a bien une chose que l’on ne pouvait pas retirer à la blonde, c’était sa persévérance. Déterminée, elle n’hésitait pas à recommencer une centaine de fois quelque chose afin de s’approprier le mouvement ou la technique. Curieuse, attentive, elle observa bien vite ses propres poings, modifiant ainsi la manière dont elle les fermait, tentant également de trouver la hauteur adéquate afin de se protéger efficacement, comme il le lui disait. C’était en cet instant précis qu’elle prenait conscience du fait que jusque là elle avait eu de la chance. Ses coups livrés par surprise l’avaient aidé, ses coups infligés à plus faible qu’elle également. Ouais, c’était décidément pas aussi simple, mais en élève appliquée elle remédie à ses erreurs, ne relevant les yeux que pour guetter une forme d’approbation dans le regard de son interlocuteur. Sauf que l’émeraude de ses yeux finit par dévier à hauteur de la moto se trouvant derrière, sa dague reposant juste à côté, mais ce n’est pas sa lame qui l’intéresse, mais bel et bien l’engin que Kingsley possédait. La jeune femme avait possédé une moto elle aussi, c’était son bébé, une autre de ses passions. Mais elle avait été contrainte de l’abandonner quelques jours, suffisamment longtemps pour qu’on la lui vole. Elle n’avait jamais remis la main dessus et honnêtement ça lui manquait, beaucoup. Ce fut donc une moue envieuse au visage qu’elle en vint à répondre, dans un soupir presque nostalgique. « Moi c’est Elyrian. Jolie bécane. Vraiment. Elle est à toi où t’es juste genre le mécanicien du coin ? » Vu comment il s’était penché sur l’engin, il était tout à fait possible qu’il se contente de la réparer. Mais qu’importe, la question venait d’être posée.

Elyrian se détourne toutefois de la moto avant de replanter son regard dans celui de Kingsley. Désormais assurée que sa garde était plus ou moins bonne, la blonde ne peut s’empêcher de relever la remarque que l’homme avait soufflé, subtilement, un peu plus tôt. « Si un jour j’arrive à t’atteindre ? C’est un genre de technique pour m’apprendre l’humilité ou un truc du genre ? Auquel cas, avec elle, y avait du boulot de ce côté-là, c’est clair. Ceci dit, elle le croyait. Au vu de la manière dont il l’avait maîtrisé, avec une facilité déconcertante, elle se doutait qu’il ne serait pas aisé de lui porter des coups, encore moins au début. Cela ressemblait à une mission impossible, mais elle adorait les défis, bien qu’elle sache d’avance que cela finirait par l’énerver de toujours taper dans le vide. Après un court instant de silence, une brève hésitation, la jeune femme se dit qu’elle avait peut-être intérêt à lui donner un coup, pour voir. Enfin, tenter de lui donner un coup, vu qu’il semblait prompt à tout esquiver et parer. Songeant au fait qu’elle n’apprendrait peut-être que comme ça, elle se décide alors à frapper. Non pas au visage comme elle se plaisait toujours à le faire, après tout il venait de dire qu’aucun adversaire digne de ce nom ne tenterait de viser là. Alors le coup fuse, pile où son regard s’est attardé, trahissant d’avance ses pensées bien qu’elle n’en ait pas conscience, à hauteur du torse de son compagnon, visant le plexus solaire. Elle voulait montrer qu’elle n’était pas une cause désespérée, qu’elle savait quelques trucs quand même, connaissait quelques points sensibles. De toute manière il l’arrêterait sûrement. Mais elle détestait imaginer qu’il ne la considère pas autrement que comme une débutante à qui il faut absolument tout apprendre. Absolument tout.




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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Mer 10 Sep - 21:33

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Kingsley sentait ses reflexes tant professoraux que guerriers revenir au galop, l’adrénaline coulant dans ses veine comme un torrent de montagne en crue. Il savait se battre, et il aimait ça, beaucoup même. Pas « taper », pas « blesser », juste se battre. Il aimait la stratégie, l’art noble qu’était la confrontation tant de deux forces que de deux mentales. Il aimait voir les corps se mouvoir, les muscles se tendre. Il se délectait de l’anticipation des coups, de la fluidité des attaques. Pour tout dire, il préférait perdre un beau combat que de gagner un duel médiocre. Si il pouvait faire les deux, c’était encore mieux.

Ce qui était sur, c’était que la jeune femme avait du cran, pour venir le défier comme ça, sans rien savoir de concret sur lui. Après tout, il aurait pu être un psychopathe, un type pas sain et assoiffé de sang et de larmes. D’ailleurs, il ne savait même pas quels murmures avaient pu amener … Elyrian jusqu’à lui. Il était bien sur connu des voyageurs en provenance de Kenaï, ainsi que des membres du groupe de l’hôtel, mais en dehors de ça, il ne pensait pas être particulièrement célèbre. Il était, à ses propres yeux, un survivant comme un autre. Un type qui faisait de son mieux pour survivre, avec les moyens dont il disposait. Alors qu’une parfaite inconnue vienne comparer sa force à la sienne ne pouvait que le surprendre, et l’intriguer aussi : C’était un homme naturellement curieux, plus que méfiant. Il n’était pas du genre à avoir des a priori, ni même à considérer qu’un genre était meilleur que l’autre : son « mademoiselle » était bien plus poli et innocent que ce qu’Ely avait bien pu interpréter ; simplement, il ne connaissait pas encore son nom, comment aurait il pu l’interpeller autrement ?

Les réactions d’Ely étaient surprenantes, chaque fois un peu plus, et l’observateur instructeur les scrutaient une par une : il avait remarqué la fugace expression d’horreur qui avait assombri son joli minois alors qu’il l’avait délesté de son arme de jet : un cadeau ou un fétiche, à ne pas en douter. Elle s’était recomposée un masque presque instantanément après, levant son petit menton pointu dans une nouvelle expression de défi. Elle avait réajusté sa garde comme il lui avait demandé de le faire, et c’était tant mieux. Là, elle avait l’air un peu plus sérieuse, le fixant de ses yeux de jade. Des yeux magnifiques au demeurant, mais il en fallait un peu plus pour le troubler quand il était dans la peau de prof. Il était un enseignant quasi imperturbable. Il l’observa desserrer les poings sensiblement, libérant ses pouces pour plus de sureté. Il hocha sensiblement la tête, avant que la jeune femme ne l’interpelle sur sa moto, sa magnifique chopper, la prunelle matérielle de ses yeux. Il reconnut une lueur appréciatrice dans le regard de la jeune femme, qui lui tira un petit sourire. Enfin elle lui donnait son prénom. Elyrian, c’était exotique, il n’avait jamais entendu un nom pareil. Cela collait bien avec l’excentricité de sa propriétaire. Il lui répondit d’une voix tranquille :

- Enchanté Elyrian. C’est ma moto. Je l’ai transporté depuis Soldotna, à plusieurs kilomètres d’ici. Elle fonctionne encore, mais je ne peux pas l’utiliser énormément.

Il n’eut pas le temps de rajouter grand-chose d’autre que déjà la jeune femme se remettait en position,  bien plantée sur ses jambes, lui agrippant le regard du sien. Tiens, elle avait cette capacité de capturer l’attention de son interlocuteur d’une œillade. Il ne connaissait qu’une seule autre personne qui lui avait déjà joué ce petit tour là, et c’était aussi une blonde insolente et audacieuse… Une voleuse… La tirade plus ou moins courroucée de la jeune femme lui tira un petit haussement de sourcil : l’humilité ? Il se fichait de l’humilité comme d’une guigne, l’humilité ne faisait pas gagner un combat, pas plus que la forfanterie. Ce n’était pas à lui de dire à la blonde comme se comporter, ni à personne d’autre probablement. Il se contenta d’hausser les épaules, un geste désinvolte qui signifiait grosso modo « pense ce que tu veux, je m’en tape ».

C’est à ce moment précis qu’elle se décida enfin à attaquer. C’était une bonne chose, aux yeux de King : bien trop de débutants étaient trop timorés pour porter la première estocade et, a priori, Ely n’était pas de ceux là. Bien sur, son coup était lent, et prévisible ; mais il ne pouvait pas lui reprocher et, surtout, il n’aimait pas rabaisser les gens qui avaient le mérite d’essayer. Aussi, il fit l’effort de ne pas esquiver, pour qu’elle atteigne sa cible, ou presque ; au dernier moment, il redressa son avant-bras, pour écarter le poing de la jeune femme d’un revers. Emportée dans son élan, elle allait à coup sur atterrir dans ses bras en trébuchant, sans pouvoir s’arrêter en route. Il gloussa en sentant le front de la jeune femme percuter son torse, l’enlaçant de ses grands bras pour la soulever à quelques centimètres du sol pour la relever et la remettre sur ses pieds, puis poussa sur ses épaules doucement pour remettre la distance réglementaire entre eux, reprenant sa garde :

- C’était bien tenté, mais il faut que tu gardes le contact visuel, toujours. Bon, pour un zombie tu t’en fous, mais un vivant lui devinera tes parades si tu laisses ton regard vagabonder dieu sait où. Réessaye. Il faut que tu arrives à me toucher. Pieds, poings, ongles, dents, je m’en fous. Il faut juste m’atteindre. Qui t’a dit de venir me voir, qui t’as donné mon nom ?

Il voulait savoir. Savoir qui diable avait pu lui faire une telle publicité. La leçon continuait alors qu’un vent frais agitait à présent leurs chevelures blondes…


 
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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Jeu 11 Sep - 3:04








Casse moi la gueule.




Elle avait capté ce sourire, léger, dans lequel elle semblait percevoir une pointe d'approbation. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre que cette moto, c’était bien la sienne, à lui. Peut-être appréciait-il de constater qu’elle s’y connaissait, ou tout du moins qu’elle savait apprécier à sa juste valeur sa possession, dont il pouvait être particulièrement fier. C’était lourd, c’était beau, c’était puissant. Elle ne pouvait s’empêcher de caresser l’engin motorisé du regard, avant que son interlocuteur ne la rappelle inconsciemment à l’ordre, daignant enfin lui répondre. Focalisant de nouveau son attention sur lui, la jeune femme se contenta d’hocher la tête à ses explications. Ainsi cela confirmait ce qu’elle avait entendu sur lui, il venait bien de Kenaï, ou tout du moins de ses environs, probablement avec d’autres survivants qu’il devait aujourd’hui défendre farouchement. C’est probablement pour ça qu’on entendait tant parler de lui, le bouche à oreille, ça allait particulièrement vite. Ce fut toutefois sur un dernier regard pour la chopper qu’elle finit par se remettre en position, appliquant d’ores et déjà les conseils qu’on lui avait donné, désireuse de bien faire, se remémorant à plusieurs reprises les indications dans son esprit afin de s’assurer de s’en souvenir à jamais. Sa préparation ne l’empêche guère toutefois de relever les remarques de son interlocuteur, se demandant s’il était de ces enseignants valorisant l’humilité, quitte à devoir l’enseigner à coup de poing dans la gueule justement. Au vu de son haussement tant de sourcil que d’épaules, la blonde en conclut que ce n’était pas son genre. Il s’en moquait pas mal à vrai dire et au fond cela la rassura. Au moins il n’avait pas l’intention de lui inculquer une quelconque morale à deux sous connu de lui seul, s’en tenant à la technique.  Quoi qu’il en soit ce fut sur ces vérifications que la danseuse daigna frapper, après une brève hésitation, visant un point qu’elle jugeait sensible.

Un point qu’elle n’atteint pas. Elle y avait presque cru pourtant, ayant la sensation de déjà sentir son torse sous son poing avant même de l’avoir touché. Mais cela s’arrête à cette impression. Car en une seconde à peine, ne comprenant pas trop ce qui lui arrivait d’ailleurs, Elyrian se retrouvait avec son bras expédié sur le côté aussi aisément que si elle avait été un fétu de paille, loin de sa cible. Dans son élan elle ne parvint qu’à tomber en avant, ne réussissant pas à se rattraper seule, si bien qu’il n’en fallut pas plus pour qu’elle lui tombe littéralement dans les bras, sa petite taille –comparé à lui évidemment- ne l’aidant qu’à heurter son torse sans plus de cérémonie. Elle se sentait maladroite, aussi empotée qu’un gamin de cinq ans, ce qui l’agaçait considérablement étant donné qu’elle savait qu’elle valait mieux que ça. Elle était censée avoir de l’équilibre, évidemment nécessaire à toutes ces années de danse, une capacité à se rattraper, peu importe la manière. La blonde ne tombait pas, jamais, s’efforçant de toujours tenir debout. Et pourtant elle s’était retrouvée contre lui, en une seconde à peine, ce qui semblait fortement l’amuser d’ailleurs comme pouvait en témoigner ce gloussement qui lui échappa et qui ne fit que rajouter un peu plus à la honte de la demoiselle. Honte et colère. Un sifflement rageur lui échappe alors qu’il l’aide à se redresser, la soulevant avec cette même aisance ô combien frustrante, avant de la repousser du bout des doigts à hauteur des épaules, remettant en place cette distance réglementaire entre eux. Ses prunelles d’émeraudes s’ancrent dans les siennes, ardentes, pourtant ce n’est pas contre lui qu’elle est en colère, pas le moins du monde. Elle s’en veut à elle, car elle détestait échouer. Elle avait beau savoir que c’était un passage obligé, la sensation restait toujours aussi désagréable. L’avantage toutefois, c’est qu’elle détestait encore plus abandonner.

Elyrian avait l’impression d’avoir eu le souffle coupé, juste à cause de ce dérapage, et ce constat l’incite à se ressaisir. Inspirant un bon coup elle se remet aussitôt en garde tout en écoutant les commentaires de Kingsley à son intention. Ses propos eurent le don d’éteindre toute cette hargne qui se lisait jusque-là dans ses yeux, la colère et la frustration laissant place à une forme de respect et d’écoute. Elle admirait la pédagogie de l’homme qui lui faisait face, clairement, alors même qu’elle ne la vivait que depuis quelques minutes à peine. Mais elle admirait sa manière de valoriser les tentatives, aussi vaines soient-elles, de pointer ces erreurs du doigt sans qu’elle ne lise la moindre trace de jugement ou de moquerie dans sa voix. Il constatait juste, l’aidait au passage à s’améliorer. Et surtout, il la défiait. Inconsciemment peut-être, mais sa façon de la pousser à réessayer et ce jusqu’à ce qu’elle parvienne à le toucher sonnait comme un véritable défi à ses yeux. Il venait de placer la barre à une certaine hauteur, à elle de la placer plus haut en réussissant ce premier test. Il lui signalait au passage qu’elle pouvait faire ça comme elle l’entendait, usant de toutes les armes à sa disposition, la moindre parcelle de son corps, tant qu’elle parvenait à le toucher. Cette simple précision la ramène sur terre, lui rappelant que ce ne serait pas aisé. Mais cela lui convient. Elle savait, elle savait qu’elle serait capable de passer des heures à essayer, quitte à en hurler de frustration. Hochant alors la tête pour montrer qu’elle avait compris, la danseuse repousse alors sa chevelure en arrière lorsque le vent se mit à souffler avec un peu plus de vigueur. Ce fut en constatant que ses cheveux la gênaient que la jeune femme daigna sortir de sa poche un élastique, s’empressant ainsi de les attacher de sorte à ce qu’ils ne la dérangent plus, tandis que son interlocuteur la questionnait sur les raisons de sa présence ici. Enfin non, pas les raisons car elles étaient évidentes, il voulait un nom. Il voulait savoir qui l’avait guidé jusqu’à lui. Une interrogation qu’elle juge légitime. Une interrogation qu’elle balaie sur le moment en frappant de nouveau.

Le coup ne l’atteint pas, évidemment. Elyrian s’en mord la lèvre furieusement, pour la simple et bonne raison qu’elle avait de nouveau laissé son regard s’attarder sur la silhouette de son adversaire. Aussitôt elle se rattrape, ancrant l’émeraude de ses yeux dans ceux de son interlocuteur, s’accordant quelques secondes ainsi, à le fixer, s’habituant à ce contact visuel qui l’empêchait de viser. Elle était une lanceuse de couteaux bon sang, elle était habituée à regarder l’endroit qu’elle s’apprêtait à frapper, un quart de seconde suffisait d’ailleurs, nul besoin de s’attarder sur la cible. Mais ce quart de seconde, en cet instant, elle n’y avait pas le droit, et c’était perturbant. La jeune femme profite de cet instant d’inactivité pour commencer à lui répondre. « Personne, je suis ici de ma propre initiative. Personne ne l’avait guidé jusqu’à lui, tout du moins pas véritablement. Et un nouveau coup fuse, la blonde usant essentiellement de ses poings et ses pieds pour le moment, essayant, jaugeant, s’adaptant progressivement à ce contact visuel qu’elle était obligée de garder. Elyrian, les rares fois où elle ne piquait pas une crise de colère, se donnait généralement le temps d’apprendre, d’analyser, de comprendre. Si elle était d’un ordinaire impulsif, peu patiente, son envie de bien faire et de réussir prenait parfois le dessus, l’incitant à réguler ses coups dans le but de rendre ces derniers plus précis ou efficaces. Ce qui s’avérait vain pour le moment. J’ai juste une connaissance en ville, depuis longtemps, qui a pu assister à l’arrivée de tous les originaires de Kenaï et qui sait pas mal de trucs. Il m’a expliqué qu’il y avait un tueur de zombies particulièrement doué dans le coin, du genre à faire des ravages, j’ai eu le droit à une description physique à ce moment là et… Nouveau coup, nouvel échec, premier grognement de frustration. Et à la mine ils se sont tous mis à évoquer d’anciens compagnons, cherchant à savoir qui connaissait qui, qui avait revu qui. Ils faisaient la liste des vivants et des morts, et j'ai brièvement entendu que tes capacités ont été remises sur le tapis à ce moment là, comme quoi t’en faisais profiter les autres à une époque. J’ai juste fait le lien. » C’était un risque à vrai dire, elle n’avait eu aucune garantie, elle ne savait rien, strictement rien. Mais elle était là, continuant de tenter de le toucher d’une manière ou d’une autre. Et surtout, elle ne citait pas de noms. Quelque chose la retenait, cette méfiance qu’elle conservait au fond de ses tripes, ce respect infime qu’elle éprouvait au minimum pour ses compagnons et qui la poussait à ne pas en dévoiler sur eux, ni même les évoquer. Comme un sujet tabou. Elle se disait de toute manière que cela n'était pas vraiment important et au pire elle se doutait qu’il insisterait.

« Je connaissais pas ton nom avant que tu ne me le dises. J’en avais pas besoin. Je voulais juste… Voir. Le découvrir, se faire sa propre idée. Les autres avaient beau avoir évoqué le blond, vantant ses capacités pour certains, elle ne se fiait pas totalement à cet avis. Elle voulait découvrir d’elle-même ce qu’il valait et force était d’admettre qu’elle n’était pas déçue, ce qu’elle ne tarde pas à lui avouer, l’ombre d’un sourire amusé aux lèvres. Ceci dit, je suis plutôt satisfaite de ce que je vois. » Libre à lui d’interpréter ses propos comme il le désirait, elle n’en dirait pas plus, trop concentrée sur ses coups. Parce qu’elle ne l’avait toujours pas touché, pas du tout. En vérité toute son attention était focalisée sur ce regard qu’elle essayait de ne pas lâcher, ça la dérangeait, trop. Elyrian en vint toutefois à prendre conscience du fait que ce n’était pas si différent de sa profession. Se battre, c’était comme danser. Avait-elle besoin d’observer son corps pour s’assurer qu’il bougeait ? Avait-elle besoin de vérifier ses gestes, ou ceux de son partenaire ? Non. Encore moins quand le partenaire en question était suffisamment doué pour faire cavalier seul. Alors elle inspire, tente de nouveau, a l’impression de mieux s’en sortir déjà. Elle finit par arriver à la conclusion qu’elle pouvait se permettre de ruser un peu. Il devait bien constater qu’elle avait un mal fou à ne pas détourner les yeux. Elle devait jouer sur ça, faire croire à une erreur de sa part. Ce fut pour cela que ses prunelles dévièrent, un bref instant, s’attardant sur l’épaule gauche de Kingsley. Faisant mine de faire partir son poing en avant, la jeune femme s’accroupit soudainement à la dernière minute, l’une de ses jambes tendue en avant. Pivotant sur elle-même dans le même temps, ses mains servant d’appui au sol, elle expédie ainsi sa jambe à hauteur de celles de son adversaire, essayant tant que possible d’être au niveau des genoux bien qu’elle n’y parvienne pas vraiment, afin de le faucher sur le côté. Elle ne parvient pas à le faire tomber, cela ne l’empêche pas cependant de le toucher, de le heurter. Le coup était porté, inefficace certes, mais l’objectif n’avait-il pas été de l’atteindre ? Constatant ce semblant de réussite, la blonde en vint à soupirer, oscillant entre soulagement et frustration. Mais elle ne s’énerve pas, au fond il y a cette pointe de fierté qui se fiche en elle, infime mais suffisante pour la combler. Elle n’avait pas besoin de plus pour le moment. Ne se relevant pas encore, elle se contente de l’observer de nouveau, guettant ainsi une réaction. Et surtout, guettant de l’approbation.




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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Jeu 11 Sep - 21:47

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Elle attachait ses cheveux, et il sourit. Voilà, là, cela commençait à devenir intéressant. Elle commençait à prendre tout cela plus au sérieux, et c’est ce qu’il attendait de ceux qu’il entrainait. Elle continuait à le jauger de son regard intense, il la laissa faire plutôt sereinement. Il n’avait rien à cacher, les regards coulaient sur lui comme l’eau sur les plumes d’un canard. Ainsi, elle était là de sa propre initiative. Mouais, soit, pourquoi pas. Mais quelqu’un avait quand même du lui parler de lui, mais qui ? Quelqu’un de Kenai, probablement. Serait ce Hunter ? Il voyait mal le jeune solitaire s’étendre sur ses amitiés avec une étrangère. Les anciens du camp de la forêt alors ? Peut être que O’hare lui avait fait de la pub tiens, ça ça serait rigolo. Après la raclée qu’il lui avait mise un mois plutôt, il devait avoir gardé un souvenir bref mais impérissable de son jeu de poings.

Il l’écoutait parler tout en esquivant ses coups sans trop d’efforts. Non qu’elle ne fasse pas bien, au contraire, elle était plutôt rapide, mais ses coups manquaient de précision, et surtout, elle visait toujours aux mêmes endroits. Pas les bons. Elle tentait de l’attaque sur les cotés principalement, or, un coup dans l’épaule et sur le revers de la jambe était certes déplaisants, mais pas réellement dangereux. Non, ce n’était pas suffisant. Pour prendre l’ascendant, il fallait viser ce qui faisait mal, pas ce qui était facile d’accès. Ce que l’on appelle les parties « molles » : le ventre, pour atteindre les organes internes, la gorge, pour briser le souffle… Les tempes, pour assommer. Mais ça, elle ne pouvait pas savoir, tout juste le pressentir. Il fallait des dizaines et des dizaines d’heures d’entrainement pour apprendre à viser parfaitement, à attendre le moment propice. Il en fallait des centaines d’autres pour apprendre à parer chacun de ses coups avec la même précision avec laquelle on les portait. C’était un cycle sans fin, mais c’était ce qui lui plaisait dans les arts martiaux : rien n’était figé, tout se change, transforme, mute pour devenir toujours plus efficace, même dans la simplicité extrême. Il esquiva un dernier coup en se penchant en arrière, avec une souplesse féline, posant une main au sol.

- Je vois, c’est dingue comme les gens peuvent être bavards … Content que tu ne sois pas trop déçue du voyage. Par contre je te préviens, en vrai je n’ai pas de fulguro poings et je ne crache pas de feu. Mais j’y travaille.

Le sourire d’Ely passa sur ses propres lèvres, découvrant des canines légèrement plus pointues que la normale, luisante sous sa barbe de quelques jours. Il avait promis à Noa de la raser bientôt, mais il n’avait pas encore eu le temps de mettre sa promesse à exécution. Tant pis, ça lui donnait un charme un peu sauvage, ça ne lui déplaisait pas à lui. Il continuait à parer inlassablement, se permettant de temps à autre d’apposer le plat de ses mains sur la peau d’Ely. Rien de sensuel à nouveau, mais quand la jeune femme ouvrait trop sa garde, il profitait d’une esquive pour la toucher à l’endroit où, éventuellement, un coup aurait pu l’atteindre. Dans un véritable affrontement malheureusement, elle serait probablement à terre et en mauvaise état depuis longtemps. Mais il se montrait plutôt doux, et en dehors du point de coté, il ne faisait qu’attendre qu’elle se fatigue toute seule. Les baffes et les bleus ne seraient pas pour tout de suite.

Alors qu’il reculait d’un pas pour esquiver le poing d’Elyrian, il la vit s’accroupir et devina presque instantanément ce qu’elle allait faire. Sauf qu’il n’était plus qu’en équilibre sur un pied, et que c’était suffisant pour qu’elle l’atteigne dans le pli du genou, manquant de le faire trébucher. Il se sautilla pour ne pas perdre l’’équilibre, mais ce qui était fait et fait : elle avait finalement réussi à tromper sa garde. Un coup sans importance, mais qui pourtant révélait tout le potentiel de la jeune femme. C’était un excellent début. Il se rééquilibra avec un petit saut qui ressemblait presque à un entrechat, avant de se pencher vers Ely pour lui tendre la main :

- C’est l’heure de la pause. L’enchainement était pas mal, je crois que tu as compris instinctivement la base de la danse sur trois temps. * il attrapa la main de la demoiselle pour l’aider à se relever, puis se retourna, à peine essoufflé pour aller chercher une bouteille d’eau et le poignard d’Ely, lui tendant les deux de chaque main* Le combat, surtout en art martial classique, se base sur une articulation en Temps, qui sont similaires à ceux de la danse classique ou latine. Un, Deux trois. Un coup, une parade, un second coup, réussi cette fois. Ne jamais espérer atteindre sa cible la première fois, car ce sera au mieux de la chance, au pire un piège.

Il s’assit sur le petit trottoir juste devant le garage, tapotant la place à coté de lui pour l’inviter à se poser un instant.

- Tu t’étais déjà battue avant ? Ou bien alors tu dansais. Tu as déjà u sacré sens du rythme et tes mouvements sont fluides. C’est gracieux. Jolis, même si c’est pas très utiles.

Il sourit légèrement à nouveau, étirant ses bras comme un chat. Tiens, le vent s’était calmé, finalement. Quel drôle de météo quand même…




 
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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Ven 12 Sep - 1:03








Casse moi la gueule.




Au fur et à mesure que la blonde enchaînait les coups, elle ne pouvait s’empêcher de s’intéresser à la manière qu’avait Kingsley de les esquiver. Malgré ses efforts pour le regarder dans les yeux, il voyait tout venir à l’avance, à l’image d’un médium, ne semblant jamais surpris. Jamais. Cela lui permettait de constater qu’il n’avait pas volé sa réputation, il la méritait, et elle n’en perdit pas une miette, désireuse de prendre parfois le temps de s’attarder sur sa manière de se mouvoir. Il ne s’encombrait pas de gestes superflus, c’était précis, net, il se décalait du nombre nécessaire de millimètres pour pouvoir esquiver, ni plus ni moins. Elle ne s’y connaissait pas, si bien que sa manière de faire sonnait comme la perfection à ses yeux et peut-être étais ce vraiment le cas, probablement qu’un œil aguerri saurait porter sur lui cette même admiration qu’elle semblait lui porter, teintée de curiosité, d’envie. Il était souple, comme en témoignait sa manière de se pencher en arrière, fortement, bien plus qu’elle ne l’aurait pensé capable de le faire. Ce n’était pas rude, cela ne ressemblait pas à un vulgaire combat bien brutal comme on pouvait le voir sur les écrans, il était plus fin que ça, elle n’en doutait pas. Elle ne doutait pas non plus du fait que les coups qu’il pouvait porter devaient être dévastateurs au possible, il n’avait juste pas besoin de balancer trois coups de poings en pleine mâchoire afin d’impressionner, un doigt suffisait, comme elle avait pu le remarquer plutôt. Elyrian ne s’attarde pas toutefois, se concentrant de nouveau sur les coups qu’elle offrait, entrecoupés de ses explications quant à la manière dont elle l’avait trouvé. Intérieurement la jeune femme fut soulagée de voir qu’il n’insistait pas, ne réclamant pas de noms, se contentant de juger les gens bavards. Il se permettait même un trait d’humour à son tour, lui signalant qu’il ne fallait pas s’attendre à des miracles avec lui : les fulguro poings n’étant pas une technique qu’il maîtrisait encore. Un léger rire lui échappe alors, sous forme d’une expiration anarchique, tandis qu’elle inclinait légèrement la tête, amusée.  « Tiens moi au courant alors, cracher du feu ça me botterait bien. » Ses prunelles dévièrent brièvement, s’attardant sur ce sourire qu’il arborait à son tour, avant de les ancrer de nouveau dans les siennes. Ce n’était pas fini.

Alors la danseuse poursuit ses efforts, ayant toutefois cette impression de devoir se concentrer sur pleins de détails à la fois : ce regard qu’elle devait soutenir, ces failles qu’elle devait trouver, sa propre garde qu’elle ne devait pas baisser. Elle avait en effet été surprise de constater, une première fois, que les mains de son adversaire s’étaient posées sur sa peau, lui arrachant un frisson sur le moment, dévoilant ainsi ses propres faiblesses. Elle n’avait même pas eu l’impression d’avoir changé quelque chose dans sa posture, pourtant c’était le cas, et elle se rattrapa aussitôt. Dès qu’il la touchait, la jeune femme s’adaptait aussitôt, ne réagissant plus à ces doigts sur sa peau et contentant de réajuster sa posture, protégeant ainsi ces points qu’il prenait pour cible. Ce fut alors à force d’essais, et d’échecs, que la blonde en vint à revoir sa manière de penser. Se focalisant sur sa manière de bouger, et celle de l’homme qui lui faisait face, elle finit par faire un rapprochement avec la danse, jugeant que cela se ressemblait sur bien des points, surtout en cet instant précis. Ce qu’ils faisaient, c’était de la danse. Ces esquives, ces pas de côtés, cette manière de pivoter, c’était juste une foutue danse. Et ça, elle maîtrisait, parfaitement bien. Elyrian s’adapte donc à ce nouveau constat, et s’appuya sur ses erreurs précédentes pour en venir à feinter, balançant son poing en avant pour s’abaisser aussitôt au sol, jambe tendue, tentant ainsi de le faucher et de lui faire perdre l’équilibre. Il n’était pas tombé, mais il avait flanché, c’était suffisant pour le moment pour lui arracher une pointe de satisfaction. L’observant tenter de retrouver son équilibre, de son côté elle s’assurait du sien en conservant une main au sol, prenant appui dessus. La danseuse profite de l’instant pour récupérer son souffle, lentement, avant de tendre sa main à son tour afin de s’emparer de celle qu’il lui offrait généreusement. Le temps de se remettre sur pied, il lui annonçait déjà que c’était le moment de faire une pause.

Se campant de nouveau sur ses jambes, Elyrian retrouva définitivement une respiration plus tranquille. Elle était d’un naturel endurant, mais force était d’admettre que ce simple entraînement avait suffi à l’essouffler brièvement, probablement parce que c’était nouveau, et peut-être plus exigeant qu’il n’y paraissait. Ses prunelles d’émeraudes se vrillèrent alors sur son instructeur, ce dernier ne semblant pas le moins du monde fatigué comparé à elle, ce qui lui arrache un sourire amusé. Oui, décidément, il méritait bien les éloges d’autrui. L’observant faire, curieuse, l’ombre d’un sourire satisfait finit toutefois par flotter sur ses lèvres quand il se met à évoquer le principe de la danse, un temps qu’elle avait finalement su dompter, instinctivement. Comme quoi, elle avait eu raison de comparer cet exercice à sa propre profession. Elle se garde d’en parler toutefois, se contentant d’accepter la bouteille d’eau qu’il lui tendait, le remerciant dans un souffle, avant de récupérer au passage sa dague. Il était impossible de louper cette inspiration, certes minime, lorsque ses doigts entrent en contact avec l’acier de la lame. C’était apaisant, et à vrai dire elle était heureuse de la récupérer, cela avait le don de la rassurer. Et, c’était probablement triste à dire, la jeune femme ne se sentait entière que lorsqu’elle l’avait sur elle, sans quoi elle se sentait nue, presque vulnérable malgré la présence de couteaux dans ses bottes. Si elle se demanda un bref instant pourquoi il l’avait contrainte à se séparer de sa lame, pour la lui redonner ensuite, elle finit par garder cette interrogation pour elle, jugeant la réponse peu importante au final et préférant ranger la lame en question à hauteur de sa ceinture. De toute manière elle était trop occupée à se concentrer sur les explications de Kingsley, ce dernier comparant son art martial à une danse en trois temps de type classique ou latine. Ces danses n’étaient guères sa spécialité à elle, mais cela ne l’avait pas empêché de les pratiquer pendant un temps, le système restait le même et elle avait ainsi reconnu ce système de temps. De plus cela lui permettait d’apprendre tout de même que cette manière de faire était essentielle, un premier coup porté et réussi ne valait généralement pas grand-chose, c’était apparemment de la chance ou un piège. Rassurant.

Montrant qu’elle avait saisi le message d’un signe de tête, Elyrian s’accorde deux secondes afin de boire une ou deux gorgées d’eau, ayant cette sensation de gorge sèche. Pourtant elle adorait ça. L’effort, les muscles endoloris, la sueur, la détermination qui te pousse à continuer alors même que tu n’en peux plus. Certes elle n’en était pas à ce niveau, pas cette fois, mais elle appréciait quand même l’instant. Docile, elle rejoignit alors son interlocuteur quand celui-ci l’invita à s’asseoir à ses côtés. Ce n’est cependant pas à côté de lui qu’elle part s’installer, mais bien en face, s’asseyant en tailleur devant lui et glissant la bouteille d’eau au centre de l’étau que formait ses jambes, entre ses cuisses. Cela avait été instinctif, elle éprouvait le besoin constant de faire face à ses interlocuteurs : s’amusant à soutenir les regards, jaugeant les sentiments qui pouvaient traverser un visage, s’attardant sur la moindre réaction, le moindre signe. Elle aimait aussi savoir qu’eux même pouvaient la voir, découvrir ce sourire insolent et moqueur qui ornait habituellement ses lèvres, s’attarder sur la flamme tantôt provocante tantôt franchement hargneuse qui pouvait faire scintiller l’émeraude de ses yeux. Elle ne se cachait pas, loin de là, si ce n’est peut-être quand elle était elle-même touchée, l’ironie laissant place à des sentiments plus nobles ou témoignant de sa vulnérabilité, ce qui avait le don de l’agacer. Ce n’était toutefois pas le cas pour le moment, aussi ne s’en soucia-t-elle guère. Kingley la questionnait déjà de toute façon, lui arrachant un nouveau sourire, qui s’étire au fur et à mesure de son discours pour finalement se transformer en rire, léger, quand il avoue que la grâce qui émanait de ses mouvements ne les rendaient pas plus utiles pour autant. Amusée elle réplique bien vite, le regard brillant ancré dans le sien. « Non je ne me suis jamais battue, enfin pas vraiment, quelques coups de poings ou de genou qui se perdent, plutôt. » Certes elle avait déjà frappé quatre personnes ici, pour diverses raisons, et il fallait plus de deux mains pour faire le compte du nombre d’alcooliques pervers qu’elle avait pu tabasser avant l’épidémie. Mais ce n'était pas ça, se battre.

Elyrian s’interrompt brièvement dans son discours, ses prunelles glissant en direction des bras de l’homme, en train de s’étirer. Elle retrouvait dans ce simple geste cet aspect félin dont il avait pu faire preuve en esquivant ses coups et encore une fois elle ne peut pas s’empêcher de s’attarder sur ce détail. C’était peut-être bête, mais cela lui plaisait de constater qu’un homme n’avait pas forcement le besoin de rouler des mécaniques comme un gros dur à cuir de cent-vingt kilos pour être efficace ou impressionnant. Car Kingsley, à sa façon, l’impressionnait. Il était un peu cette force tranquille, ce qui s’avérait d’autant plus rassurant qu’elle savait qu’au moins il saurait quoi faire d’elle. Il n’irait pas lui demander de baser ses coups sur la force brute, alors même qu’il était aisé de deviner qu’elle en était dépourvue au vu de son gabarit. Les leçons ne seraient pas inutiles, cela devenait une certitude. Toutefois la blonde se ressaisit au plus vite, relevant de nouveau les yeux vers lui afin de s'expliquer de nouveau, ses doigts partant soudainement jouer sur le sommet de la bouteille, pianotant sur le bouchon. Bien que pas spécialement stressée, elle trahissait quelques signes de nervosité, comme à chaque fois qu’elle parlait d’elle. « Ceci dit je danse depuis que j’ai cinq ans, oui. J’ai un peu touché à tout, pas beaucoup le classique, mais déjà un peu plus les danses latines Son regard se perd alors sur les alentours, à l’extérieur du garage, vers les rues, la ville. J’enseigne ici en fait, enfin j’enseignais, mes élèves sont devenus un peu raides ces temps-ci. L’ombre d’un sourire, narquois et amer, se glisse sur son visage, un bref instant avant qu’elle ne reprenne sur le ton de la conversation. Hip-hop, street jazz, ce genre de trucs. Ça me plaît de montrer que non ce n’est pas que des danses réservées aux gars et qu’on peut être toute aussi sexy que si on faisait un tango. » Elle aimait l’énergie qui se dégageait de ces danses, la force brute, que l’on affine finalement en quelques mouvements. Tout était libre, totalement libre, et ça lui plaisait. Cela ne l’empêchait pas de respecter toutes les danses et d’en apprécier sincèrement les trois quarts.

Et alors que la jeune femme se dévoilait, ce fut à son tour de se montrer curieuse, posant alors les questions. « Et toi alors ? J’aimerais pouvoir donner un nom à ce que tu m’apprends, plutôt que de considérer ça comme de vulgaires techniques anti crétins et anti zombies. Qu’enseignait-il précisément ? Qu’elle puisse mettre un nom sur son art à lui. Elyrian s’apprêtait à le laisser répondre sereinement, avant de se décider à la dernière minute de le couper, levant un doigt pour ça, sourire aux lèvres, afin de conclure. Et on ne critique pas mes jolis mouvements inutiles ! Mine de rien, avec un peu d’assurance, des mouvements fluides c’est parfois suffisant pour faire croire qu’on est doué et qu’il faut pas nous chercher des noises. Ça ainsi qu’un regard bien senti. » Et des coups d’oeils menaçant, c’était pas ça qui manquait avec elle, bien que pour l’heure elle se contentait encore et toujours de sourire, amusée par l’instant.




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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Dim 14 Sep - 15:34

Casse moi la gueule
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Ely ne s’en était peut être jamais rendue compte, mais un véritable combat entre deux personnes ne durait rarement plus longtemps que le temps d’une chanson : trois, quatre minutes suffisent à un homme pour prendre l’ascendant sur un autre, et ce laps de temps suffisait à épuiser quelqu’un. C’était très intense, et les flux et reflux d’adrénaline étaient particulièrement épuisants après coup. C’était l’entrainement qui lui avait permis d’acquérir l’endurance nécessaire pour avoir l’air si frais ; intérieurement pourtant, il n’était pas aussi dispos. Il ne transpirait pas, mais ce n’était pas loin. Il attendit que la jeune femme se désaltère avant de prendre une ou deux gorgées d’eau à son tour, puis remit la bouteille là où elle l’avait posé, juste devant elle. Il la regarda s’asseoir, non pas à côté de lui mais plutôt en face, à même le sol. Cela lui laissait tout le loisir de l’observer, à nouveau, sous un autre angle. Elle lui était arrivée tout feu tout flamme, les poings sur les hanches et le regard hautain et plein de défi. A présent, elle paraissait bien plus calme, son sourire carnassier était plus doux, enfin presque. Elle semblait soulagée d’avoir récupérer son arme, la rangeant immédiatement à sa place. Il comprenait cette sensation : lui-même se sentait mal s’il ne sentait pas le métal froid de ses poings américains cloutés dans le fond de ses poches. Seulement voilà, il avait été obligé de lui retirer son arme avant le combat : il ne la connaissait pas, il ne savait pas quelles étaient ses intentions, ni même la qualité de la santé mentale de la jeune fille : elle aurait pu être une de ses tarées qui , après avoir pété un cable, s’en prend au premier venu et l’empale dès qu’elle en a l’occasion. Non, vraiment, il ne voulait pas prendre un tel risque. A présent, il était à peu près sur que la jeune fille n’était pas cinglée. Excentrique peut être, mais à peu près saine. Elle l’écoutait parler avec attention, quelques signes d’intérêt passant sur son visage au fur et à mesure qu’il lui expliquait sa pensée. A cet instant même, le visage de celle-ci paraissait plus jeune, plus détendue, presque inoffensive alors qu’elle grimaçait en apprenant que les « one shot » n’existaient pas dans la vraie vie.

Son expression fit sourire King, qui penchait la tête doucement sur le côté ; Ely avait au moins eu le mérite de l’avoir distrait aujourd’hui, et c’était déjà beaucoup. C’était à présent à lui de l’écouter plus attentivement. La jeune fille minimisait à coup sur ses inclinaisons guerrières. Il le voyait aux bleues qu’elle avait sur les bras, et les quelques cicatrices qui ne semblaient pas venir d’accidents. Si elle ne se battait pas dans les règles de l’art, à coup sur elle castagnait à droite à gauche, même avant l’épidémie. Il haussa un sourcil en voyant les yeux d’Ely se perdre silencieusement sur lui d’un air songeur : il n’y avait pas de désir ou autre attirance dans ce regard, plutôt quelque chose de songeur, ce qui rendait son petit sourire étrange. A ce moment précis, il n’avait absolument aucune idée de ce qu’elle pouvait avoir en tête : il devait se contenter d’attendre qu’elle se réveille et reprenne le fil de la conversation. Cela ne le gênait pas, il n’était pas pressé, ni pudique. Qu’elle le fixe autant qu’elle le voulait, cela ne le perturbait pas plus que ça.

Quand elle reprit enfin, il en apprit un peu plus sur elle : comme il pensait l’avoir deviné, elle était bien du coin, et non de Kenai. Prof de danse, elle aussi était dans l’enseignement, la transmission. Elle avait l’air un peu jeune pour ça, mais il savait que la valeur n’attendait pas le nombre des années, surtout en sport. Et puis vu comme elle bougeait, elle était surement une excellente danseuse. Il acquiesça doucement, avant de répondre à son tour :

- Et bien, j’enseigne pas mal de choses. J’aime les arts martiaux dans leur globalité, j’ai touché un peu à tout, ainsi qu’à la boxe. Du temps où je possédais mon dojo, j’apprenais aux gens à ne pas s’enfermer dans un art, mais plutôt à se servir de leur corps pour se défendre. Après, certains voulaient apprendre un art en particulier, ça ne me gênait pas. Mais ce qui est le plus … efficace à mains nues, c’est le Krav Maga. Mais c’est une discipline très, très offensive, alors en générale je l’accompagne d’un peu de kohai, ou d’aikido qui sont bien plus des art martiaux de l’esquive.

La dernière réplique de la jeune femme lui tira un petit rire, alors qu’il passait la main dans sa barbe.

- Hum, oui, sur certains ça suffit. Mais j’ai jamais été quelqu’un de grande gueule, alors je ne saurais pas te dire. Je sais juste que quelqu’un qui se retrouve bloqué par une clé de bras est bien moins vindicatif.

Pendant longtemps, Kingsley avait en effet été la personne la plus pacifiste que l’on pouvait rencontrer : il était doux, calme, et aussi rétif à se battre qu’il était bon à cela. A présent, les choses avaient un peu changées ; il était plus ombrageux, peut être aussi moins patient devant la bêtise humaine. Il lui était même arrivé de s’attaquer à certains survivants particulièrement désagréables ou menaçants. Cela ne se serait jamais produit avant. A l’hôtel, il était considéré comme quelqu’un de gentil et serviable, mais malgré tout, les rumeurs de son comportement à Kenai et ses virées en ville pour exterminer du zombie lui donnaient une aura inquiétante auprès des ceux qui le connaissaient mal. Il ne savait pas encore s’il acceptait vraiment cette nouvelle image de lui ou non.

- Venons en au fait si tu veux bien : qu’est ce que tu veux de moi, précisément ? Parce que j’imagine que tu n’es pas venu juste pour que je te casse la gueule et que tu repartes sans demander ton reste …




 
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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Lun 15 Sep - 23:05








Casse moi la gueule.




Peu importe ce qu’elle pouvait faire ou dire, la blonde ne parvenait pas à lire plus d’expressions que ça sur le visage de son interlocuteur. S’il semblait amusé, si un sourire ornait de temps en temps son visage, il faisait surtout preuve d’un calme qu’elle jugerait presque effrayant. En vérité c’est comme si rien ne le perturbait vraiment, cela donnait aussi l’impression que s’il enregistrait les informations, il s’en moquait aussi. Il semblait tout, sauf véritablement curieux, et la jeune femme ne savait qu’en penser. Cela ne l’empêche pas toutefois de poursuivre ses explications, expliquant brièvement son parcours en tant que danseuse, et surtout en tant que professeur, depuis peu. Ce ne fut qu’une fois son discours terminé qu’elle daigna s’intéresser à lui, curieuse à son tour. Ses prunelles d’émeraudes se plantèrent dans celles, plus sombres, de son interlocuteur, tandis qu’elle le questionnait sur les disciplines qu’il avait pu enseigner jusqu’ici. La danseuse ne fut pas véritablement surprise de constater qu’il avait un peu touché à tout, comme elle dans son domaine, ce qui était le mieux pour acquérir des bases. Et puis avoir des connaissances élargies dans son domaine, c’était toujours un plus. Clairement. Ce fut donc en approuvant déjà d’un bref signe de tête qu’elle se mit ensuite à l’écouter attentivement. Ainsi il avait son propre dojo, fut un temps, avant que ces saloperies leur arrivent sur la gueule, probablement. Quoi qu’il en soit elle savait ce qu’était la boxe, ce qui était déjà un bon début, et elle admira cette envie qu’il avait de ne pas s’enfermer dans un art, désireux d’apprendre aux autres comment se défendre de manière générale, toutes disciplines confondues. Cette annonce lui plaît, si bien qu’elle s’autorise l’ombre d’un sourire appréciateur. Parce que c’est ce qu’elle voulait, ce qu’elle recherchait et avait espéré de lui en venant ici. Elyrian cherchait d’ailleurs un moyen de lui demander de poursuivre un véritable apprentissage avec elle, craignant qu’il ne refuse, tout en continuant de l’écouter avec attention.

Kingsley évoquait ces personnes qui, parfois, désiraient apprendre un art en particulier. Il se pliait à ces exigences sans trop d’efforts apparemment, et se mit à lui citer quelques exemples qui ne lui disaient absolument rien. Si, elle connaissait l’aïkido, de nom et de réputation, mais le reste ne lui disait absolument rien. C’était du chinois pour elle. Un foutu charabia. Elle se contenta donc de prendre note du fait que le Krav Maga était plutôt offensif, au contraire de ce qu’il appelait Kohai, un peu plus basé sur l’esquive. Hochant de nouveau la tête, cela ne l’avait pas empêché de se défendre, elle et ses jolis mouvements fluides, désireuse de mettre en avant le fait que cela lui avait plutôt bien réussi jusque-là. La remarque arrache un rire au blond, ce qui suffit à accentuer son sourire à elle. Lorsqu’il affirma ne pas être grande gueule, la jeune femme n’eut aucun mal à le croire, cela concordait parfaitement avec ce calme qu’elle percevait chez lui. Il ne semblait pas être un adepte de la provocation, pas comme elle. L’espace d’un instant, une forme d’inquiétude se lit sur ses traits, tandis qu’elle songe au fait qu’elle n’était peut-être pas faîte pour ce genre de sport. Elle et sa colère, son impulsivité, sa manière de frapper pour résoudre les conflits et extérioriser le surplus d’émotions. Etais-ce une bonne chose, que de se lancer dans ce genre de violence, que de la maîtriser. Etais-ce bien que d’en venir à être potentiellement plus meurtrière encore ? Soudainement la danseuse se met à douter, se demandant si cela ne devait pas être réservé à des personnes qui, comme lui, semblaient avoir un contrôle total d’eux même. Quoi qu’il en soit ses interrogations demeurent en suspens dans son esprit, elle n’ose pas les lui livrer, d’autant plus qu’il lui demande de jouer franc-jeu directement, désirant savoir ce qu’elle attendait de lui exactement. Cela l’incite à se replonger dans ses réflexions, un instant, avant qu’elle ne les balaie définitivement.

Elyrian s’autorise de nouveau un sourire. L’envie de repousser ses cheveux en arrière, un signe de stress chez elle, la saisit mais elle se souvient à l’ultime instant qu’ils étaient attachés. De ce fait ses doigts partent de nouveau s’agiter sur la bouteille d’eau entre ses cuisses alors qu’elle admet enfin. « C’est vrai, ceci dit tu m’as pas encore cassé la gueule. Loin de là même. Il n’avait fait que lui montrer, ses coups n’étant rien d’autre que ces mains posées à plat sur sa peau afin de l’inciter à corriger sa posture, lui donnant une idée du mal qu’il aurait pu lui faire. Un mal qu’il ne lui avait pas infligé. Le sourire qu’elle arbore disparaît toutefois tandis qu’elle vrille son regard dans le sien, soudainement sérieuse. J’aimerais que tu ne te contentes pas de ça. Je veux apprendre, pouvoir me défendre, véritablement, et pas me contenter de coups de poings balancés dans le tas. C’est pas suffisant. Je… Elle se tait. Parce qu’elle sentait qu’elle s’emballait, que son coeur s’était mis à battre plus vite tandis qu’elle songeait à cette peur qui la bouffait littéralement quand elle se retrouvait face à un rôdeur. Elle ne voulait plus avoir peur, craindre ces morsures. Elle voulait pouvoir se faire confiance, croire en ses capacités, et ce peu importe la situation. Elle voulait se sentir forte, autrement qu’avec un couteau entre les mains et à plusieurs mètres de distance. Se mordant la lèvre elle détourne les yeux, fixant de nouveau l’extérieur avant de rajouter dans un souffle, plus pour elle-même qu’autre chose, les sourcils froncés. Depuis que vous êtes venus, tous, c’est pire. »

Certes ça faisait des survivants en plus prêts à tuer des zombies, mais ça faisait surtout des marcheurs supplémentaires. Toutes ces proies faciles qui devenaient des ennemis, rajoutant au bordel déjà existant. Cela devenait compliqué, d’autant plus qu’il y avait ce sentiment en elle qui grandissait : elle n’était plus responsable d’elle seule. Elle avait de nouveau des gens qu’elle voulait protéger. Or, comment faire alors qu’elle craignait déjà suffisamment pour sa vie ? Elyrian ne voulait pas être un fardeau pour quiconque non plus, désireuse d'assurer sa survie seule, ne voulant dépendre de personne d'autre qu'elle même. Elle ne voulait pas se retrouver en danger, car cela inciterait certains à venir l'aider, comme Saffron, ce qui le mettrait lui même dans une situation délicate. Elle ne voulait pas. Surtout pas. Inspirant lentement, la danseuse finit par planter de nouveau son regard dans celui de Kingsley, haussant les épaules elle conclut alors. « Mais je sais que rien n’est gratuit ici, et à vrai dire j’ai pas la moindre idée de ce que je pourrais offrir en retour. »  Un prêté pour un rendu, c’est ce qu’elle aurait voulu faire. Non pas parce que le troc et les échanges de bons procédés étaient ce que chaque survivant attendait des autres, mais bien parce qu’elle détestait être redevable. Mais lorsqu’elle l’était, la blonde s’efforçait de toujours payer ses dettes. Toujours.




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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Dim 21 Sep - 18:52

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Non, il ne lui avait pas encore amoché son joli petit minois, c’est vrai. Il rechignait encore un peu à faire du mal aux vivants, même s’il le faisait plus qu’auparavant. Et oui, les temps changent ma bonne dame, mais dans la grande majorité, il s’abstenait. Sauf si on lui titillait un peu trop les moustaches. Passons. Il fixa la jeune femme de son regard gris d’acier alors qu’elle se jetait enfin à l’eau. Elle voulait qu’il lui apprenne. Elle voulait apprendre à se défendre toute seule comme une grande contre les rôdeurs. Comme tout le monde après tout, non ? Elle avait l’air toute chamboulée, d’un coup, se mordant la lèvre inférieure, le regard perdu dans le lointain. Mouais, vaguement. Si elle s’était trouvée devant l’ancien King, il l’aurait accueilli à bras ouverts, et plus encore. Seulement voilà, il n’était plus cette personne. Il n’avait plus de local où entrainer les gens, et il avait … Peut être presque envie de garder cet avantage pour lui, ou pour les personnes qui comptaient vraiment pour lui. Le temps était quelque chose de précieux, très précieux à présent, et il n’avait déjà pas assez de ce dernier à son gout pour s’occuper de Noa, alors entrainer quelqu’un … non, vraiment, il ne pouvait pas.
Il haussa les épaules, puis se redressa, frottant des mains sur son pantalon :

- Je suis désolée que les habitants de Kenai aient ramené quelques rôdeurs ave eux, mais c’est comme ça, on l’a pas choisi. Si on avait pu faire sans, tu te doutes bien qu’on s’en serait passé. On est parti de chez nous, on a tout laissé derrière. Nos maisons, nos repères, parfois nos familles ou leurs sépultures.

C’était son cas. Il avait toujours vécu dans les alentours de la ville. Il y avait son dojo, la maison familiale… Les tombes de ses sœurs. Et il avait du partir sans rien emmener. Pour tout souvenir, il avait une photo dans son portefeuille, voilà tout. Alors les Etats d’âme de la jeune femme, il n’en avait pas grand-chose à faire. Ely se rapprocha, assurant qu’elle était prête à « payer ». Payer, quelle blague. Il ne voulait rien, de qui que ce soit. Il se débrouillait seul, il s’occupait de Noa, et cela lui suffisait. Il ne voulait pas avoir plus de personne à charge. Il ne voulait pas se faire de mauvais sang pour une personne de plus, surtout pour une tête brulée comme la jeune fille. Il allait s’attacher, c’est sur, il se connaissait. Et il voudrait la protéger. Il ne pouvait plus se permettre ce genre de luxe. Aussi, il secoua la tête négativement doucement.

- Je ne peux pas. Ce serait trop long, trop compliqué. Trouve toi un maitre d’arme, quelqu’un qui vise bien, et apprend à tirer, c’est bien, bien, bien plus efficace. Je peux pas en faire plus pour toi. Bonne soirée.

Il lui fit un rapide signe de la tête, puis fit volte face, pour s’éloigner d’un pas lent. Il ne voulait pas, il ne devait pas céder. Malgré l’envie, malgré le fait que cela pouvait sauver la vie de la petite. Mais non, c’était trop de responsabilité. Il devait se préserver, se protéger des humanités environnantes, des âmes en perdition. Pour ne pas se perdre, à son tour.



 
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MessageSujet: Re: « Casse moi la gueule [Pv Kingsley]   Mar 23 Sep - 16:03








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Elyrian ne savait pas quoi penser de son interlocuteur sur le moment. Elle était venue, lui avait demandé franchement de venir lui casser la gueule afin de voir ce qu’il valait. Elle voulait vérifier cette réputation qui le précédait, s’assurer qu’il était bien aussi doué que tout le monde semblait le prétendre. Il aurait pu simplement s’exécuter, lui donner la branlée de sa vie et la laisser, sans vouloir donner suite à tout ça, ce qui aurait été suffisant pour la faire passer pour une parfaite idiote et lui signaler qu’il n’était pas là pour jouer les professeurs. Sauf qu’il ne l’avait pas fait, il lui avait appris quelques bases, la forçant à réviser sa posture ce qui était déjà un début. Il l’avait défié, se postant face à elle et la laissant tenter des assauts jusqu’à ce qu’elle parvienne à le toucher. Il ne l’avait pas rembarré, au contraire, il lui avait déjà offert plus que ce à quoi elle s’était attendue en venant ici. C’est cet ensemble qui rendait la blonde un peu plus confiante, partiellement du moins, au point qu’elle en vient à lui avouer franchement ce qu’elle attendait de lui : un apprentissage. Elle admettait également qu’elle ne possédait, à priori, rien à offrir en retour de ces services. Un prêté pour un rendu, du chantage, toutes ces notions avaient été ravivées dans son esprit lorsque les habitants de Kenaï étaient arrivés dans le coin, plus précisément à la mine. Entre Roy et Saffron, bien que ce dernier lui ait octroyé une place particulière à ses côtés, elle avait bien vite appris que plus rien n’était gratuit, encore moins de nos jours. D’instinct elle s’était donc attendue à ce que Kingsley réclame quelque chose d’elle en retour. Il n’en fut rien. La danseuse le comprit tout d’abord en le voyant se redresser, époussetant son pantalon tout en s’excusant à moitié pour la présence de survivants supplémentaires en ville. Certes, la jeune femme imaginait bien qu’ils n’étaient pas là par choix, cela ne changeait cependant rien à la réalité : ça foutait la merde. Clairement. Les rôdeurs se multipliaient à force d’avoir de la chair supplémentaire à dévorer, cela devenait plus délicat à gérer, chaque jour un peu plus.

Elyrian se moque toutefois de ces excuses, trop focalisée sur les mouvements de son interlocuteur. La pause était-elle finie ? Une voix dans sa tête la mettait déjà en garde : ce ne serait pas aussi simple. Incapable de vérifier les hypothèses qui se bousculaient dans sa tête, la blonde ne peut rien faire d’autre qu’attendre, attendre que son interlocuteur daigne s’expliquer un peu plus, ce qu’il finit par faire. Je ne peux pas. Peut-être aurait-elle dû s’y attendre, elle n’aurait pas dû être si surprise sauf qu’elle ne peut pas s’empêcher de l’être, un peu. Elle l’observe alors qu’il se justifie, affirmant que ce serait trop long et trop compliqué. Il n’avait pas de temps à lui consacrer, pas plus que ce qu’il venait de lui offrir en tout cas. Et ça la frustre, ça la fait chier. La danseuse ravale le commentaire amer qui lui brûle la langue, ces répliques narquoises : Il avait rendez-vous peut-être ? Le manque de temps était une excuse régulièrement utilisée, qui l’agaçait presque autant qu’elle en comprenait le besoin. Quand on est sur le point de crever, quand on sait que la vie ne tient plus qu’à un fil, on a généralement autre chose à faire que de le passer avec de parfaits inconnus. Il avait probablement une famille, des proches dont il devait prendre soin en plus de tout le reste. Elle comprenait, mais ça la faisait chier. Terriblement. D’autant plus qu’il essayait désormais de minimiser ses compétences en lui affirmant qu’elle devrait plutôt se trouver un maître d’arme, qui lui apprendrait à tirer, à viser. Elle devrait se défendre ainsi, c’était plus efficace, plus utile. Je ne peux pas. Bonne soirée. Bonne soirée. Bordel, elle détestait ça, cette impression d’être jetée comme une malpropre, alors même qu’elle avait été à l’aise jusque-là. La blonde se crispe, elle se tend et l’émeraude de ses yeux se met à luire d’insatisfaction, on y percevait également une pointe de colère.

Que pouvait-il bien en savoir, hein ? Que pouvait-il savoir de ce qui était le mieux à faire ? Muette pendant un instant, la blonde finit par s’abandonner à son impulsivité du moment, ce fut pour cela qu’elle se redressa en un bond, se penchant en avant afin de s’emparer de l’un de ses couteaux de lancer caché dans sa botte. Se redressant elle l’expédie aussitôt devant elle. La lame passe à côté du visage du blond, assez proche pour impressionner mais suffisamment éloignée au cas où qu’il aurait le réflexe de tourner la tête. Le couteau se fiche alors dans une poutre en bois un peu plus loin, l’impact du coup résonnant dans le garage, avant que ce ne soit la voix de la danseuse qui brise le silence, ferme : « Ce n’est pas suffisant. Elle savait viser, tirer bien que ce ne soit pas avec une arme à feu. Elle savait tuer de loin, se protéger à distance et se sentir ainsi en sécurité. Elle avait confiance en ses capacités dans ces conditions, mais pas lorsque l’ennemi se rapprochait, pas lorsqu’il pouvait à son tour porter des coups. Dans ce cas précis la peur reprenait le dessus, ce sentiment de vulnérabilité, au point qu’elle en faisait parfois des erreurs. La blonde ne pouvait s’empêcher de se souvenir de cette fois où, prise de court et saisie de panique, elle avait même loupé son lancer. Elle se souvenait des mains du rôdeur autour de sa gorge, un bref instant, avant qu’elle ne balaie ces souvenirs d’un revers imaginaire de la main. Elle s’assure plutôt d’avoir capté l’attention de Kingsley, peu importe que son geste l’ait énervé ou non d’ailleurs, de toute manière elle reprenait déjà la parole. « C’est pas suffisant quand ils se rapprochent, quand ils se ruent sur toi et te choppent par la gorge. C’est pas suffisant parce que la moindre erreur durant ce laps de temps me fout dans la merde ensuite. Je veux pouvoir me protéger, en toute circonstance et pas juste en me trouvant à une certaine distance de ma cible. Je… Juste des bases, des techniques, des… N’importe quoi mais... La jeune femme s’interrompt soudainement. Qu’était-elle en train de faire ? Certes elle n’était pas forcement exigeante, ne désirait pas devenir une professionnelle, mais elle savait que la moindre astuce pourrait peut-être lui sauver la vie. Et ces astuces, elle les réclamait. A vrai dire cela sonnait presque comme une supplique et c’est ce constat qui la contraint désormais à se taire, soudainement, se figeant désormais debout.

Parce qu’elle ne suppliait pas, jamais. Parce qu’elle était bien trop fière pour ramper auprès des gens, beaucoup trop. Et cette manière d’insister ne faisait que dévoiler un peu plus ses faiblesses, ses failles, ce qu’elle détestait. Non, le supplier était bien la dernière chose à faire, d’autant plus que cela ne servirait probablement. A quoi bon insister. Elle n’avait qu’à continuer comme elle l’avait toujours fait. Inspirant lentement, s’efforçant ainsi de se calmer, la jeune femme finit par soupirer en secouant la tête. « Oublie. T’as raison, y a pas grand-chose qui t’y obliges de toute façon. Elle-même, à sa place, aurait probablement hésité, pour pleins de raisons. Après tout on ne lui demandait jamais rien à elle, on ne l’aimait pas assez pour ça. Si ça se trouve, lui, subissait des demandes à longueur de journées. Il avait d’autres chats à fouetter et elle l’admettait de bonne grâce désormais. Ce fut pour cela qu’elle finit par s’avancer, passant devant lui afin de récupérer son couteau de lancer, le rangeant aussitôt à sa place, dans sa botte. Ce fut en se redressant, faisant volte-face au passage et ancrant l’émeraude de ses yeux dans l’acier de ceux de son interlocuteur qu’elle conclut alors. Désolé pour le dérangement et évite de crever, surtout. » Ce qui était plus ou moins sa façon de souhaiter bonne chance. Elle n’était pas rancunière ou puérile au point de vouloir souhaiter la mort d’un individu juste parce que ce dernier lui refusait quelque chose, d’autant plus que Kingsley lui avait tout l’air de quelqu’un de bien. Ce fut donc sur un haussement d’épaules et un bref signe de main qu’elle s’éloigna de nouveau, ne désirant pas lui faire perdre plus de son si précieux temps.




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