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 apocalyptic world (naïs)

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MessageSujet: apocalyptic world (naïs)   Lun 22 Déc - 12:31

Depuis le départ de Kenaï, Hunter avait perdu tout repère. C'était dérangeant pour ce vagabond sans culture, sans connaissance, qui n'avait connu que sa ville natale et celle de Jamie. Il tentait de s'y habituer, d'être plus attentif au danger, mais ne plus reconnaître les rues qu'il foulait et les bâtiments dans lequel il entrait ne favorisait pas sa survie - son cœur se serrait rien qu'à se dire qu'il serait capable d'être pris au piège par une horde de morts-vivants avec une facilité déconcertante. Il espérait pourtant réussir à trouver des passages utiles ou des lieux intéressants, mais il se savait largement condamné à Juneau. Du moins, s'il restait seul ; son chien n'était pas capable de tenir une arme et ses crocs n'étaient pas aussi dangereux qu'une lame. Cependant, l'idée de devoir compter sur une personne (qu'il connaissait ou non) l’écœurait réellement. Hunter aurait bien aimé être une de ces personnes cultivées et sportives, mais son aspect chétif et son manque d'études le ramenait constamment à la réalité. Il tenait en vie seulement grâce aux oreilles et à la truffe de son clébard ; ainsi qu'à son propre sens de l'observation et de l'analyse. C'était bien sur le court terme, mais ça n'assurait pas sa survie sur les années. Il avait plus confiance en son canidé qu'à lui-même : lui saurait où aller, et était aidé par un instinct animal que l'être humain avait oublié en évoluant - bien que chez certaines personnes, il arrivait à refaire surface.
Il s'était perdu dans la forêt, entouré d'arbres qu'il peinait à reconnaître ; sa forêt, à lui, à Kenaï, si loin, si intouchable, lui manquait terriblement et c'est avec une peine à l'âme qu'il avançait dans le froid qu'avait installé l'hiver. Hunter espérait que ce changement de température atteindrait les corps morts qui parcouraient le monde : mais il n'était peut-être pas suffisant dans le négatif pour les faire tomber. Le temps semblait s'être arrêté et les mois s'écoulaient plus lentement : dans sa tête, ça faisait déjà des années que la Mort avait repris la couronne.
Il tournait en rond, et, las, s'arrête au milieu, s'asseyant dans les feuilles blanches en compagnie de Vicious, ouvrant son sac à la recherche de biscuits secs qu'il avait trouvé dans un ancien raid à Girdwood. Des bruits attirent rapidement son attention, et glissant ses doigts sur sa machette, il observe le paysage à la recherche d'une silhouette nonchalante.

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MessageSujet: Re: apocalyptic world (naïs)   Lun 22 Déc - 20:40

Il y avait du monde au Bunker, beaucoup de monde. C'était peut-être ce qui déplaisait tant à Naïs, ce qui lui inspirait ce mélange paradoxal de méfiance et de soulagement quant à la sécurité artificielle qu'apportait la présence des gardes militaires à chaque recoin de Juneau. L’oppression se faisait de plus en plus lourde chaque jour, et ce sentiment d'enfermement semblait rendre Naïs plus raisonnée, comme si sa folie la quittait, par périodes, par moments. Car ce n'était jamais très long, et bien souvent, alors que la journée semblait avoir commencé de la meilleure manière qu'il soit, même en ces temps durs, la moindre chose du quotidien pouvait encore la faire sombrer dans ces vieux démons qui la tourmentaient depuis le début de l'épidémie, et alors comme enfermée dans sa bulle de chagrin et de tristesse, elle s'écroulait sur le sol, noyée dans un torrent de larmes incontrôlables. Elle faisait bien pitié à voir, et la plupart des gens se contentaient de la plaindre en silence, parce qu'elle n'avait pas une histoire facile, parce qu'elle était faible et fragile. Compter sur les autres n'était plus réellement dans ses priorités, tout comme se relever, se battre, regarder vers l'avenir, dans ses capacités. C'en était fini de la Naïs des beaux jours, c'en était fini de cette flamme qui ne jurait que par l'espoir et l’honnêteté. Elle était devenue devenue cette ombre, ce reste de femme fantomatique, tantôt faiblarde et lunatique, tantôt sauvage et comme emportée par un élan de violence inouïe. Elle avait passé de nombreux mois à survivre grâce au vol, et son existence ne se résumait plus à grand chose, poursuivant dans la malhonnêteté et le mensonge. Elle n'était plus la même et peut-être que les gens regrettaient finalement cette peste qu'elle avait été, que tout le monde avait détesté, adulé, jalousé, mais qu'au fond, peu avait beaucoup porté dans leur cœur. Peut-être qu'au fond, malgré son visage angélique, ses études plus ou moins réussies, ses connaissances en botanique et son corps de rêve, Naïs n'était rien d'autre qu'une princesse que la société avait monté sur un trône d'argent, pour mieux la critiquer.

A son arrivée au Bunker, Naïs s'était vue attribuer un rôle plus ou moins médical, et elle passait le plus clair de son temps à l'infirmerie, lorsqu'elle n'était pas dans la chambre qu'on lui avait réservé, trop occupée à ressasser le passé, même si aussi surprenant que cela pouvait paraitre, elle pleurait de moins en moins, était de plus en plus raisonnée et semblait retrouver cette vivacité d'esprit qui la caractérisait tant, sept mois auparavant. La journée, elle ne pensait à rien d'autres que les blessés qu'elle avait pour mission, pour devoir, pour rôle, de soigner. Et tout allait bien, parce qu'elle se forçait à se conduire comme une machine, un automate. Elle laissait ses émotions et ses pensées de côté, se vidait de toute son âme et s'armait d'une patience sans limite. Elle en aurait été incapable quelques semaines plus tôt, car sans réellement savoir pourquoi, le Bunker avait représenté un nouvel espoir à ses yeux, et elle semblait retrouver très doucement cette chaleur au fond de son coeur. Kit avait été d'un réel soutien, même si tout n'avait pas toujours été rose avec elle. Aujourd'hui, elle était là pour l'aider, pour la secouer, et même pour l'engueuler. Ca lui faisait un peu de bien, de ne pas se sentir totalement seule. Mais toujours aussi incompréhensible, toujours aussi nostalgique et toujours aussi brisée, bien qu'un peu moins folle, il demeurait encore dans l'esprit de Naïs l'image de son défunt jumeau, qui errait sûrement à cette heure-ci quelque part, le visage mutilé et sa personne à demi-morte. Et à chaque fois qu'elle y repensait, elle ne pouvait s'empêcher de s'enfermer dans ce pathétique chagrin qui la rendait misérable et folle. Folle, folle, folle, pourquoi s'acharnait-elle à s'auto-administrer cette nouvelle personnalité, cette image qui troublait toute son existence ? Ne l'était-elle pas depuis toujours, après tout ?
Elle n'avait plus assez de produits, et elle était sûrement la seule à connaitre aussi bien les bienfaits et méfaits des plantes sur le corps humain au sein du Bunker, puisque ce domaine l'avait beaucoup passionné, pendant ses études et ses débuts à l'hôpital de Kenaï. Alors, elle s'était beaucoup intéressée au sujet, et désormais, elle était presque incollable lorsqu'il s'agissait des effets thérapeutiques des plantes. Un militaire lui avait proposé de l'accompagner jusqu'à la lisière de la forêt afin de surveiller ses arrières, et puis, elle avait réussi à négocier afin de pouvoir se retrouver seule pendant quelques temps au milieu de la vaste étendue d'arbres. Elle avait pris comme motif une meilleure concentration lorsqu'elle n'était pas entourée. En réalité, c'était simplement pour fuir ce grand monsieur qui l'effrayait un peu. Naïs n'avait plus confiance en ces drôles de personnages. On ne connaissait ni leur but, ni les raisons qui les avaient poussé à aider tous ces gens à s’héberger. On avait cru à leur bonne foi et, trop démunis, on les avait suivi sans trop se poser de questions. Mais maintenant que Naïs retrouvait un semblant de raison, elle se rendait compte de l'erreur qu'elle avait commis, et Kit aussi. Le début d'un abus. Elle avait trouvé ce dont elle cherchait, quand soudain, elle entendit des brindilles craquer derrière elle et fit volte-face. Elle poussa un cri de terreur, se retrouvant nez-à-nez avec un terrible rôdeur, qui la regardait de ses yeux vides et affamés. Elle n'était que de la nourriture pour lui, après tout, et cette idée la dégouta. Elle recula de quelques pas, comme paralysée par toutes les images qui lui venaient en tête, et notamment celle de son frère se faisant mordre par un des leurs. Et puis, comme un miracle, le marcheur s'écroula sur le sol dans un bruit sourd et Naïs coupa son souffle. C'était un brun ténébreux au visage familier qui venait de l'achever grâce à un coup de machette bien placé. « Oh, Hunter ! » S'exclama Naïs, surprise et émue de retrouver ce jeune homme qu'elle n'avait pas revu depuis quelques mois déjà. Elle avait envie de pleurer. Mais elle savait qu'il détestait ça. Alors, elle se contenta de faire un pas en avant.
Que pouvait-elle ajouter de plus ? Tout comme avec Kit, les relations qu'Hunter et elle avaient entretenu n'avaient pas toujours été des plus amicales, et au lycée, lui la détestait clairement. Puis ils s'étaient oubliés, éloignés, retrouvés à l'invasion. Naïs était au plus mal. Hunter était un solitaire, sans réelles attaches, et il avait pris pitié de cette rouquine qui n'était plus la pétasse qu'il avait connu. Pitié, mais pas dans le même sens que tous ces autres qui prenaient à cœur d'aider Naïs, comme une aide caritative. Lui l'avait considérée comme une misérable pendant ses moments de faiblesse, et comme une bête fauve pendant ses moments de sauvagerie. Peut-être n'avait-elle pas apprécié. Elle ne se posait pas vraiment la question. Il l'avait enfoncée davantage pour l'endurcir. Un mal pour un bien, en soi. Et puis, elle sembla revenir à la réalité, durement, fatalement. Son regard se fit fuyant, inquiétant, et sa respiration s'accéléra. « Ils sont partout Hunter, ils nous tiennent en cage là-bas. Qu'est-ce qu'ils veulent, tu sais toi ? Pourquoi on les a suivi, tu peux me dire pourquoi toi ? On est enfermés, on est condamnés, on est condamnés, on est condamnés, on partira jamais. Jamais vivants Hunter... » Elle semblait redevenir folle.
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MessageSujet: Re: apocalyptic world (naïs)   Mar 23 Déc - 13:04

Quand ses prunelles noires se posèrent sur le marcheur, il se leva avec une certaine difficulté ; ses muscles ne répondaient plus à ses ordres, et c’est avec fatigue et douleur qu’il se remet sur pieds, serrant la poignée de sa machette avec peine. Remarquant que l’autre lui faisait dos, il lui fallut peu de temps pour remarquer une chevelure de feu jurant avec l’immaculé du paysage. Dans un soupir, il s’approche discrètement du mort et lui plante la lame dans son crâne, la retirant dans un craquement sec, observant le sang qui tâchait une énième fois son arme. Puis il relève la tête, croisant les iris de Naïs. Il se demandait comment elle avait survécue ; l’idée du Bunker l’effleura que brièvement, et se rendit compte que la question n’était sûrement pas la bonne. “Que faisait-elle là ?” était plus appropriée, certainement. Elle était seule en plein milieu de la forêt (et tout le monde sait que ce lieu n’est plus très adapté pour se la jouer solitaire) et elle n’avait, visiblement, pas d’armes sur elle. Ou alors peut-être camouflée ; mais dans ce cas-là, elle aurait dû la sortir pour achever ce déjà mort. Sauf qu’elle n’en a rien fait. Pourtant, il était sûr que les militaires ne laissaient pas sortir leurs protégés sans qu'ils n'aient de quoi se défendre.
Il la voit faire un pas et instinctivement il en fait un en arrière, peu adepte des effusions d’affection - bien que son coeur battait joyeusement dans sa poitrine, rassuré de la voir vivante malgré son caractère ingérable - et il l’observe avec son air méfiant habituel. Naïs avait beau lui faire penser à une malheureuse bête traquée, elle pouvait tout de même se révéler être un prédateur des plus agressifs : c’est donc avec vigilance qu’il entretient la distance entre eux. Il rattache son arme à sa ceinture et reporte son attention sur Naïs, qui brisa le silence à nouveau pour sortir une tirade digne d’un film de tragédie. Le vagabond fut tout de même surpris qu’elle pense ainsi ;
« Tu crois qu’ils t’auraient laissé sortir, si t’étais en cage ? »
Il hausse un sourcil interrogateur, peu convaincu. D’ailleurs, il s’était souvent demandé ce qu’il ressentait à son égard : mais c’était tellement mitigé qu’il avait abandonné, partagé entre ses vieilles rancunes d’école et la sorte d’attachement qu’il commençait à éprouver pour cette demoiselle à la personnalité déroutante.
« Et j’en ai rien à foutre du Bunker, Naïs. T’as qu’à te casser, si t’aime pas.  »
Hunter esquisse un sourire amusé face à la mine quasi-démente de la rouquine.
« J’pense que t’es mieux là-bas que dehors. Regarde, t’as rien fait pour ce rôdeur. Y’aura personne pour protéger tes jolies fesses, ici »
La vie à l’extérieure était des plus compliquées et lui-même pensait régulièrement à la facilité ; avoir une vie plus sécurisée l’intéressait grandement, comme tout survivant, mais son ancienne compagne de route n’avait pas tord. Ils étaient, d’une certaine façon, enfermés et surveillés, et ces éléments étaient suffisants pour le dissuader de s’y aventurer.
« Essaye d’entretenir le peu de santé mentale qu’il te reste. »

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MessageSujet: Re: apocalyptic world (naïs)   Mar 23 Déc - 18:41

Naïs passait son temps à gâcher le peu de forces qui lui restait. Parler, faire un pas, et même réfléchir, semblaient raisonner comme un miracle. Et pourtant, elle s'accrochait, elle s'acharnait, elle s'agrippait à ce qui restait de vivant en elle, même si toute sa personne était devenue faible et pleurnicharde, même si la folie avait embrassé son esprit, et elle ne savait pas réellement pourquoi. Parfois, elle était animée par cette rage bestiale, par cette violence soudaine qui surprenait tout le monde, et elle la première. Elle ne contrôlait plus les sentiments qui l'habitaient, tout comme elle ne pouvait dompter ce chagrin oppressant et omniprésent qui l'enfonçait un peu plus chaque jour. Pourquoi racontait-elle cela à Hunter, alors qu'elle savait pertinemment bien qu'il n'en avait rien à foutre ? Peut-être se lamentait-elle simplement sur son propre sort, prenant la compagnie de quelqu'un comme simple motif à sa folie, pour s'assurer que non, elle ne parlait pas toute seule, que non, ses pensées ne résonnaient pas dans sa bouche sans qu'elle puisse les contrôler. Hunter se fichait du Bunker comme il se fichait certainement de l'endroit où elle pouvait se trouver. Elle n'avait jamais espéré le moindre attachement de sa part, de toute façon.
Et il avait raison, après tout. Il avait toujours raison.
Naïs se rendit compte que Hunter lui avait manqué, et rien n'aurait pu plus lui réchauffer le cœur que croiser à nouveau ses pupilles, entendre le son de sa voix. Lors de leurs années lycée, il avait représenté une véritable peur pour la jolie rouquine, à cause de menaces dont elle n'avait même pas compris le sens exact. Aujourd'hui, alors que l'invasion avait aspiré toute sorte de bonheur en elle, alors que le monde se faisait dangereux et cruel, elle réussissait à trouver une source de chaleur dans ces yeux qu'elle avait tant fui, tant évité. Comme le destin pouvait être inattendu et paradoxal, parfois.
« J'ai rien fait... J'ne fais rien depuis le début, depuis que Nick est parti et que mes parents sont morts aussi. Et pourtant, j'suis toujours là. Ça aussi c'est inexplicable. » Elle ne parlait pas vraiment à Hunter, elle marmonnait à qui voulait bien l'écouter. Ce n'était qu'un constat, la triste et dure vérité. Son regard se fit plus dur, moins ému, et sa voix se dénua de toute faiblesse. N'était-ce pas ce qu'il voulait voir d'elle, après tout ? Une jeune femme qui avait toute sa tête, même si ce n'était plus que par moments. C'était assez étrange ce sentiment d'évasion et d'enfermement dans un monde parallèle qu'elle avait inventer de toutes pièces, lorsqu'elle redevenait cette folle effrayante et brisée par la tristesse de la perte de ses proches. C'était comme si elle transpirait de faiblesse tant elle était misérable. Elle ne savait plus que dire, plus que faire, partagée entre le soulagement de savoir Hunter en vie et la colère qu'elle ressentait soudainement à l'idée qu'il la pense si folle, si pathétique. Même s'il n'avait pas tord, même si elle-même en avait conscience. C'était toujours blessant, humiliant, même si la honte n'avait plus grande importance dans ce monde contrôlé par des morts-vivants. « Comment fais-tu pour survivre seul ? » C'était une question assez simple, au fond. Peut-être voulait-elle simplement prendre exemple, et apprendre. Apprendre à se débrouiller, tant qu'il en était encore temps. Apprendre comment faire, tant qu'il lui restait un peu de raison pour le moment.
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MessageSujet: Re: apocalyptic world (naïs)   Mar 23 Déc - 20:32

Hunter avait compris à quel point Naïs était au bord du gouffre. Il l’avait connu, ça aussi, autrefois ; ne plus savoir qui on est, être incapable de savoir pourquoi on est encore là alors que la vie n’était que souffrance ; être désespéré en voyant le temps s’écouler, creuser un peu plus la distance qu’il y avait entre ceux qu’on aimait et nous-même. Il savait qu’il suffisait d’une légère brise pour qu’elle perde l’équilibre, mais il se refusait à aider un peu plus cette âme brisée. Il tentait de se convaincre qu’il ne pourrait rien y faire, que c’était ainsi, qu’elle arrivera à s’en sortir, au final. Quelqu’un d’autre va s’en charger, de l’aider. Lui avait assez donné, et manquait aussi d’équilibre ; il refusait de chuter à cause d’une autre, préférant s’auto-détruire plutôt qu’on le détruise. Il conservait ses morceaux de passé et tenait à ce que les autres fassent de même. C’était un nouveau monde, c’était un nouveau départ. Enfin, c’était ce qu’il se disait, en surface, ce qu’il appliquait, mais son coeur voulait le contraire - là encore il lui hurlait de réparer celui de Naïs. Mais Hunter était comme une lame, et priait chaque jour pour que personne ne s’y coupe. Il avait cette facheuse tendance à embarquer les autres dans son malheur, à influencer les humeurs, et la rousse n’avait clairement pas besoin de cette aide bancale.
Le vagabond souhaitait s’éloigner de celle qu’il jugeait dangereuse, mais il était incapable de l’abandonner ici, à la merci des rôdeurs qui côtoyaient cette forêt ; ce n’était pas dans sa façon de faire - avoir une mort sur la conscience n’a jamais été une passion pour lui, bien au contraire. Toutes les vies, les vraies, étaient importantes à ses yeux. Autant que la liberté, qu’il avait tant recherché autrefois et qui lui était pratiquement totale aujourd’hui.
Il la laisse marmonner seule, s’empêchant de penser à ce frère qu’elle avait avant mentionnée plusieurs fois et qu’il avait sûrement dû apercevoir à l’époque. Il n’était toujours pas d’accord avec ses propos mais se retint de la contredire, pourtant certain que sa survie était expliquée : elle avait su bien s’entourer et à mettre de côté ses états d’âme pour tenter d’avancer. Tout le monde avait perdu des proches et fallait évoluer - il ne comprenait pas pourquoi Naïs ne parvenait pas à les oublier. Elle semblait ne plus avoir d’accroche, et pourtant, elle était encore bien là : logiquement, elle était censée se battre pour conserver ce qui la faisait vivre.
Il fronce légèrement les sourcils à sa question tout en se dessinant un demi-sourire.
« J’ai Vicious. Et des personnes, par ci par là. »
Notez qu’il n’a pas pu dire ami de peur de s’écorcher la gorge.
Hunter termine par s’approcher d’elle, entourant ses épaules de son bras, comme pour tenter de la réconforter. Il ressentit comme une brûlure douloureuse à ce contact, peu habitué à ces derniers. Il n’aimait définitivement pas ça, mais s’était sentit obligé en la voyant si détruite.
« Ne restons pas immobiles. On va les attirer »
Il la serre un peu contre lui, avant de la relâcher, sortant son arme tout en s’éloignant de Naïs.
« Qu'est-ce que tu fous ici, en fait ? »

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MessageSujet: Re: apocalyptic world (naïs)   Mer 24 Déc - 11:42

Il avait fini par s'approcher d'elle, un petit peu, et il y avait eu cette lueur d'espoir inouïe qui avait traversé les pupilles de Naïs. Peut-être était-ce donc ça qui la maintenait en vie depuis le début ; l'espoir, la rêverie. Ces deux choses qu'elle passait morte à tout jamais en elle, comme si elle les avait elle-même rejeté pour pouvoir pleinement se noyer dans ce chagrin qui la broyait un peu plus de jour en jour. Peut-être qu'elle était simplement destinée à croire en tout ce qui pouvait lui redonner un peu d'espoir, d'espoir qu'elle avait tant besoin, et dont elle semblait se nourrir pour survivre. C'était insensé ; elle qui n'avait plus aucune attache à la vie dans ce monde à demi-mort, elle se surprenait à trouver un peu de réconfort dans des choses aussi bêtes, aussi stupides, aussi rares que des sourires, que des contacts physiques qui la faisaient frissonner d'émotion. Si chaque détail de sa vie ne pouvait que se résumer à pitoyable misère, voilà qu'elle réussissait à trouver un peu de chaleur à la présence des autres, et notamment celle d'Hunter. Comme si elle avait un effet bénéfique sur sa personne, sur sa folie.
Naïs ne s'était jamais demandé si Hunter avait connu Nicholas, certainement s'étaient-ils croisés sans réellement faire attention l'un à l'autre. A l'époque, alors qu'ils n'étaient que des lycéens, elle n'avait jamais parlé de ce garçon qui la menaçait constamment et qui alimentait sa plus grande peur -qu'elle trouvait bien idiote par rapport à tout ce qu'elle endurait aujourd'hui. Peut-être avait-elle eu trop peur des conséquences. Nicholas l'aurait protégé, comme toujours. Il avait été le meilleur de tous les frères. Alors, bien souvent, lorsqu'elle évoquait sa mort, ou sa présence révolue, elle ne disait que rarement son prénom, et pourtant, tout le monde semblait comprendre à la perfection. Comme si tout se savait, tout se comprenait. Comme si on maitrisait sa vie alors qu'elle même ne parvenait pas à la comprendre. Et ça la rendait dingue, de ne plus être maitre de son destin, de ses émotions, de ses gestes et de sa tête, elle qui avait toujours été habitué à tout contrôler avec cette domination qu'avaient les filles superficielles de son genre. Ou plutôt, de son ancien genre.
Elle sembla brusquement revenir à la réalité lorsqu'elle sentit les bras d'Hunter entourer ses épaules. C'était plutôt agréable, et réconfortant. Elle se retint à nouveau de pleurer, trop émue par ce contact soudain auquel elle ne s'était pas spécialement attendue. Hunter ne lui montrait jamais des signes d'affection. Peut-être était-ce le début d'une nouvelle relation, enterrant leurs vieilles rancunes. Il la serra un peu plus contre lui et elle se laissa faire timidement. Elle aurait voulu que ce moment dure une éternité. Toute l'éternité, qu'il ne la lâche plus jamais. Comme Nick l'aurait fait.
Puis, il s'éloigna. Il l'avait peut-être déjà trop aidé.
Ils s'éloignèrent à petits pas, c'était bien trop dangereux de rester au même endroit si longtemps, avec tous ces morts-vivants qui rôdaient dans le bois. Naïs semblait fascinée par Hunter et ne parvenait pas à décrocher son regard du jeune homme dont les traits du visage étaient marqués par les récents évènements. Il lui inspirait respect et crainte, ce mélange paradoxal qui s'imposait à son cœur. Mais elle était heureuse de le retrouver, et c'était bien la première source de bonheur qu'elle connaissait depuis bien trop longtemps déjà.
« Ils ont besoin de moi pour trouver des plantes, pour soigner les blessés. Un militaire m'attend à la lisière de la forêt. » Elle ne voulait pas s'attarder plus sur le sujet. Et s'il manquait de nourriture, d'eau, d'armes ? Elle aurait tout donné pour pouvoir l'aider, à son tour. Pour se sentir un peu utile. « Tu sais, ça me soulage de savoir que tu n'es pas... Mort. » Parce que tu m'avais manqué, Hunter. Cette dernière pensée ne traversa pas les commissures de ses lèvres. S'il ne montrait que très légèrement son attachement, elle devait en faire de même. Elle était déjà bien trop faible pour se permettre de pouvoir compter sur quelqu'un. Elle ne voulait pas devenir un fardeau pour Hunter, et peut-être aurait-il mieux valu qu'il la déteste plutôt qu'il chercher à l'aider, à l'aimer un peu. Peut-être valait-il mieux que la terre entière la déteste. Au moins, elle aurait la certitude de ne pas apparaitre comme une contrainte. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui réponde quelque chose. De nouveau, elle semblait emportée dans un autre monde, et elle en oubliait presque le Bunker, ses plantes et le militaire.
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MessageSujet: Re: apocalyptic world (naïs)   Mer 24 Déc - 17:38

Il avait souvent maudit Naïs autrefois ; superficielle, protégée par sa famille, et certainement pleine au as, elle avait tout ce qu'il avait désiré étant enfant. Un logement, des repas, du confort, et surtout, des parents - il aurait tout donné, autrefois, pour ce qu'elle avait : et la rousse avait fait du mal à Jamie, ce qui n'avait qu'empiré son avis. Jamie avait été ce frère qu'il n'avait jamais eu, ce bout de famille qu'il avait rêvé, et le blesser d'une quelconque façon revenait à se mettre à dos ce sauvage d'Hunter. A l'heure d'aujourd'hui, il l'avait un peu oublié, n'y pensait plus chaque jour, à ce vide qu'il avait laissé dans son cœur - mais il y avait toujours sa place, c'était certain.
Ce retournement de situation le faisait tout de même sourire, un peu. Il n'avait pas eu grand-chose à perdre le jour de l'apocalypse, contrairement à elle, et sûrement à un tas d'autres personnes. Il s'était habitué à ce manque de confort, à ce manque de personnes, d'aide, et la fin du monde n'avait pas changé réellement sa façon de vivre : elle l'empêchait seulement de rester à Kenaï et de continuer à errer comme un fantôme dans les ruelles.
Ses iris fuient celles de Naïs, finissant par observer le rouge de son arme. Il n'avait jamais aimé cette couleur : en plus d'être relié au sang, elle représentait aussi le cœur, celui qui trahit et qui bat trop fort quelque fois ; celui qui lui avait fait si mal au départ de sa mère, à celui de Jamie, à celui de Kingsley et à celui de Kit - et qui l'avait gêné en présence d'Ozzy, qui palpitait maintenant un peu trop à l'idée de plus jamais revoir sa ville natale et ses amis. Y'avait ce vide, présent depuis son enfance, qui ne cessait de croître à chaque disparition, à chaque manque que creusait les personnes qu'il rencontrait. Il était forcé de détester - c'était l'unique solution qu'il avait trouvé pour s'empêcher de ressentir, et rester près de Naïs ne faisait que briser peu à peu les objectifs qu'il s'était fixé. Hunter était conscient qu'il n'y avait pas qu'elle ; que chaque être humain représentait un potentiel danger pour ces obligations. Seulement, il n'arrivait pas à la laisser seule, parce que lui avait eu le droit à quelqu'un lorsqu'il s'était perdu sur le chemin.
« Je suis mort. »
Hunter se retourne violemment, fixant intensément cette petite rouquine qui n'avait pas bien utilisé ses mots.
« Depuis longtemps. Mais différemment. »
Il tente un sourire qui sonne terriblement faux, avant de se remettre en route, surveillant son chien qui levait quelques fois une oreille. Il se demandait ce que foutait le militaire ; laisser un civil seul dans un lieu peuplé de morts-vivants revenaient quasiment à le tuer. Mais peut-être que ce n'était plus dans leurs habitudes de protéger et que maintenant, une vie, c'était des vivres de plus. Elle avait eu de la chance qu'il soit là, Hunter, et il aimerait hurler à l'autre qu'il lui crèverait bien les yeux pour l'avoir laissé partir ainsi. Il n'a jamais aimé les militaires, à cause des vies qu'ils prenaient - et surtout parce que ça l'avait éloigné de Kit.
« Faut que tu rentres, Naïs. »

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MessageSujet: Re: apocalyptic world (naïs)   Dim 28 Déc - 15:28

Pourquoi fuyait-il son regard ? Pourquoi ne la regardait-il jamais dans les yeux alors qu'elle passait son temps à le regarder avec envie, avec admiration ? Non, pourtant, ce n'était pas de l'amour, ou n'importe quoi d'autre qui aurait éveillé en elle des sentiments forts, comme elle n'en avait peut-être jamais ressentis. Ou du moins, elle osait espérer que ce n'était pas cela. C'était ce mélange paradoxal de fascination, de tristesse et de curiosité qu'imposait le mystère qui semblait émaner de lui tout entier. Il dégageait cette aura rassurante mais terriblement distante, qui lui donnait certes la chaire de poule, mais lui réchauffait aussi désespéramment le cœur. Un espoir, un ultime espoir qui dansait dans son regard lorsqu'il passait devant ses pupilles qui s’assombrissaient de chagrin. Naïs se sentait revivre, renaitre, alors que le bras protecteur d'Hunter se détachait fébrilement d'elle, comme un appel au secours, fuyant ce pitoyable attachement. Elle aussi devrait s'en méfier. Il la rendait encore plus faible qu'elle ne l'était déjà. Et pourtant, elle se surprenait à bien s'en ficher. Que pouvait-elle risquer, aux côtés de ce brun ténébreux, après tout ?
Naïs secoua soudainement la tête, sortant alors de ses pensées. Etait-ce donc sa raison qui la rattrapait, qui surmontait la folie qui s'était trop rapidement emparée de son esprit ? Etait-ce donc le moment pour commencer à la combattre, pour commencer à luter ? Etait-ce donc le bon moment ? Peut-être était-il déjà trop tard. Elle ferma les yeux, refoulant des larmes qui montaient doucement, et elle ne savait même pas pourquoi. Sûrement se rendait-elle enfin compte que son existence n'était que poussière, sa vie que misère. Elle ne méritait pas qu'Hunter s'occuper d'elle ainsi, et lui ne méritait pas d'un fardeau comme elle. Elle s'en voulait de n'être qu'une enfant, de se comporter comme une adolescente dépressive et de gêner, de déranger tout le monde. Pourquoi ne se débarrassaient-ils pas d'elle alors qu'elle représentait des vivres en plus pour une vie de malheurs, une vie d'inutiles pleurs et de cris de terreur ? Et pourtant, elle avait tellement besoin d'aide, tellement besoin de quelqu'un pour continuer à avancer... Elle avait désespéramment besoin de quelqu'un qui voudrait bien l'écouter quelques temps, même si ce n'était que pour entendre des sanglots. Elle avait tant besoin d'une oreille attentive...
Hunter n'était pas la personne idéale, elle le savait. Et pourtant...
Oh, comme elle aurait voulu qu'il la regarde dans les yeux pour pouvoir y lire toute sa peine, tout son chagrin. Peut-être n'était-ce que dans l'égoïste espoir qu'il la réconforte ou qu'il lui propose son aide. Elle savait pourtant qu'il ne le ferait certainement pas. Elle ne s'attendait pas à cela. Ils reprirent leur marche silencieusement, lorsqu'il se retourna brusquement, après qu'elle lui eut murmuré ses quelques mots maladroits. Elle sursauta, le visage marqué par la détresse et la peur de ce qu'il racontait. Puis, il tenta un sourire, et Naïs se détendit. Elle n'avait pas envie de rentrer.
« On se reverra ? » Demanda-t-elle timidement, avec toute l’insouciance du monde. Comme si le monde n'était pas ce qu'il était. Comme si, l'espace d'un instant, elle retrouvait une âme d'enfant, où son seul problème, son seul soucis, était de savoir si elle allait un jour le retrouver. Peut-être que lui voulait-il simplement l'écarter le plus loin possible pour ne plus être confrontée à sa folie à nouveau. Mais elle n'était plus totalement folle, après tout. Plus totalement idiote et aveugle. Elle pouvait réfléchir, sentir, voir, interpréter les choses autour d'elle. Pas tout le temps, certes. Par certains moments inouïs ; mais c'était toujours mieux que rien. Puis, dans un élan de courage inattendu, elle ajouta, d'un ton déterminé comme si sa vie en dépendait : « Je suis pas totalement la folle que tu penses que je suis, Hunter. Pas celle que vous pensez tous que je suis. C'est... différent, maintenant. » Parce qu'elle savait désormais pourquoi elle se battait. Pour des gens comme lui, comme Kit, comme Jamie. Pour des gens comme Nick, aussi.
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MessageSujet: Re: apocalyptic world (naïs)   Dim 29 Mar - 13:28

En réalité, Hunter avait le don de ne jamais soutenir un regard. Il pourrait dire que c'est parce qu'il s'en fout, que vos iris l'intéresse pas ; mais c'était simplement à cause de la gêne que ça provoquait. Ça lui brûlait les prunelles, ça lui brûlait le visage, ça le rendait mal, d'avoir toute la souffrance de l'autre à la tronche. Il s'était demandé comment on pouvait autant montrer de soi-même à travers des yeux - les siens étaient vides, absents, et il avait fini par se dire que c'était seuls les vivants qui arrivaient à faire ça. Peut-être qu'il pourra le faire aussi, un jour. Montrer autre chose que de la haine, de la colère, de l'indifférence ou de la fatigue face à ce monde et à ces personnes qui le désespère un peu plus chaque jour. Et puis Naïs était un démon du passé, une boîte à souvenirs comme la quasi totalité de son entourage qui survivait encore. Elle représentait l'ancienne vie, celle qu'était pas forcément jolie, mais toujours mieux que celle-ci. Il aurait tout fait pour l’oublier, mais elle faisait partie de ce genre de personnes qui réapparaît toujours dans ta vie. Qu’on ne peut effacer de la mémoire, par conséquent.
On se reverra ?
Ça blesse un peu son cœur, cette phrase. C'est plus quelque chose qu'on peut programmer, maintenant - surtout qu'Hunter évitait toute proximité avec le Bunker. Il espérait sincèrement que si non, que si la vie avait décidé de les éloigner, Naïs serait capable de se débrouiller pour vivre au moins encore un peu.
Il hausse les épaules, lui épargnant ces mots qu'elle n'aimerait sûrement pas entendre. Non, je sais pas, peut-être que oui, peut-être que non, c'est la vie qui décide (...) rien de bien rassurant pour la rouquine à l'esprit fragile, au final. Alors il se les garde, préférant opter pour un bref mouvement d’épaules que des mots comme des couteaux.
(...) c'est différent, maintenant
Oh ouais, que c'était différent - elle ne croyait pas si bien dire. Fallait s'adapter et Naïs avait eu un certain mal à le faire, et ça, il l’avait jamais compris. Lui y était parfaitement arrivé et c’était ce genre de choses où il savait que son aide était inutile. Comme il n’avait jamais su guérir la tristesse de Naïs.
Cependant, quand ses prunelles ébènes croisaient par inadvertance les siennes,  il y voyait plus la folie qu'il avait remarqué autrefois. Elle semblait plus présente, un peu plus encré dans le monde, dans la réalité. C'était tout de même pas encore ça et il se doutait qu'elle devait encore pleurer certains soirs. Peut-être moins souvent.
« J'me doute »
Il reprend la marche, un peu maladroitement au début, un peu perdu avec tous ces arbres qu'il ne reconnaissait plus.
« Ça ira mieux avec le temps. Certaines choses s'améliorent encore, j'crois »
Si seulement la vie aussi.

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MessageSujet: Re: apocalyptic world (naïs)   Dim 29 Mar - 18:12

Si, la pauvre Naïs, peut-être bien qu'elle se trompait. Peut-être bien qu'elle était véritable une cause perdue, comme ils le disaient tous. Si elle ne les entendait pas prononcer ces mots cruels, leur regard en disait long, et si elle parvenait à le comprendre, c'était bel et bien qu'il restait un peu de raison au fond d'elle, un peu d'espoir. Mais le mal était fait. Elle n'était plus que la petite Naïs, la pitoyable rouquine qui, depuis le début de l'épidémie, passait son temps à se morfondre sur son sort, à pleurer la perdre de sa famille. Celle qui avait baissé les bras, celle qui avait tout abandonné, en commençant par sa propre conscience, par son âme de délurée mentale. Elle avait tout perdu et peut-être tout gagné, au final, puisqu'elle avait aujourd'hui la change de tout reconstruire, aussi bas qu'elle était. Même si tout avait changé, même si tout était différent et que sa nouvelle réputation semblait la suivre comme son ombre partout où elle allait. Le petit oisillon inoffensif pouvait se transformer en lionne, alimentant son corps par cette rage qu'elle canalisait au fond d'elle. Elle pouvait renaître de ses cendres. Elle pouvait arrêter de pleurer. Elle pouvait devenir une femme plus forte, une femme qui n'aurait plus peur, une femme qui fuirait les faiblesses et qui, d'ailleurs, n'en connaitrait pas. Elle pouvait faire tout ça, si elle le voulait. Si elle avait la volonté, la motivation, la détermination, l'acharnement. S'il restait encore de cette ancienne pétasse qui sommeillait en elle. S'il restait du rouge à lèvre dans sa poche, s'il restait de la brillance dans sa crinière de feu, s'il restait du répondant et de l'arrogance dans sa voix. Mais toute cette époque était révolue. Ils allaient tous finir par mourir, après tout. Pourquoi n'arrivait-elle pas à en finir maintenant, pourquoi ne trouvait-elle pas le courage de laisser la réalité la frapper de plein fouet ?
Elle n'arrivait pas à percer la carapace d'Hunter. Au fond, elle berçait l'idée qu'il tenait un peu à elle. Un peu plus qu'il ne le laissait paraitre. Car Naïs voulait y croire de toutes ses minces forces. Elle voulait croire à la bonté de l'humanité, à la bonté de ce monde à demi-mort. Sûrement se trompait-elle sur toute la ligne, et pourtant, elle n'y pensait pas une seconde. Ou du moins, pas maintenant, tout de suite, dans l'instant présent, où tout ce qui comptait, c'était Hunter, et rien d'autre, rien de plus, rien de moins. Rien de mieux. Le temps d'un instant, elle voulait croire que plus jamais elle n'allait pleurer en pensant à Nick ou à ses parents, elle voulait croire qu'elle rentrerait en souriant et qu'elle serrerait Kit dans ses bras, échangeant les rôles. Elle voulait croire qu'Hunter resterait avec elle, qu'il l'aimait, qu'elle l'aimait, qu'ils étaient amis. Elle voulait désespéramment croire à la force de l'attachement et des sentiments, comme s'ils avaient un jour eu leur place depuis le début de ce drame de zombies. Et puis, elle ne réfléchissait même pas à ce qu'elle disait. Alors c'était ça, parler avec son cœur, sans savoir qu'une drôle de folie provenue du chagrin déformait chaque mot pour le rendre un peu plus blessant, un peu plus sanglant, comme s'ils lançaient des poignards sur chacune de ses veines. Alors c'était ça, retrouver un peu de chaleur.
Pour une des premières fois depuis qu'ils s'étaient retrouvés dans cette forêt, le regard de Naïs croisa celui d'Hunter. Elle voulait que le sien soit insistant. Ancré dans la réalité. Pour qu'il comprenne. Et quelque chose se passa, ou du moins elle l'espéra fortement.
Elle n'avait rien de spécial à dire. D'ailleurs, elle ne jugea pas bon de dire quelque chose. Comme si le moment de la séparation s'était naturellement imposé à eux. Elle s'était retournée alors qu'il stoppait sa marche silencieusement, et pas l'ombre d'un sourire traversa son visage. L'instant n'était plus joyeux, et tout d'un coup, Naïs n'avait plus envie de croire. Comment pouvait-elle passer du noir au blanc en si peu de temps ? Doucement, les larmes lui montèrent aux yeux et dans un élan de tristesse infinie, elle voulut se jeter au cou d'Hunter. Mais après tout, elle n'avait même pas la certitude que cette affection singulière était partagée. Alors, elle se contenta de faire volte face, dégageant son visage des quelques mèches qui lui brouillaient la vue. Il n'avait sûrement pas le temps pour supporter davantage sa folie capricieuse. Et puis, elle était soulagée de le savoir vivant. Comme si elle sentait son esprit comme un peu illuminé. Et ça faisait tellement de bien.

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