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 « Au début, on croit mourir à chaque blessure. »

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MessageSujet: « Au début, on croit mourir à chaque blessure. »   Lun 22 Déc - 20:29

« Au début, on croit mourir à chaque blessure ; on met un point d'honneur à souffrir tout son soûl - et puis on s'habitue à endurer n'importe quoi et à survivre à tout prix. »

« Debout. » Il le sent. Ça part de la nuque, et ça descend jusqu'à mi-cuisse. « Lève-toi. » Les muscles endoloris par le sommeil prostré (quand ce n'est pas que le manque de sommeil), ça le lance sur la moitié du corps – le gauche qu'il dirait. « Debout, je t'ai dit. » Il n'est pas franchement sûr de sa gauche. C'est peut-être la droite. Ou l'inverse. Il l'ignore. Et ses yeux le brûlent cent fois trop pour qu'il les ouvre et se cherche des repères. Il veut qu'on le laisse. Qu'on le laisse, c'est tout. Il s'en recroqueville aussitôt sur son matelas de mousse. Ça fait mal. Putain, ça fait mal. Dès qu'il bouge, et qu'importe la vitesse de ses mouvements. Rapidement, et ça craque. Lentement, et ça frotte. Ses habits, répugnants, lui sont insupportables. Tout est de sa faute, après tout. Une heure. Trois jours. Deux semaines. Il n'en sait rien. Il ne veut rien savoir. Ça lui fait juste mal, en deçà du cœur. C'est peut-être là qu'on trouve l'âme. Ou ce sont les poumons. L'air est humide, ici. Et ça suinte l'âcreté du sang. Le sien, probablement. Et d'autres choses encore. Moins belles. Moins poétiques. Si triviales qu'il imagine qu'il n'en possède que pour sentir comme ça se déverse en dehors de lui. Combien de temps, au juste ? Ça pourrait faire un an. L'Enfer dans l'Enfer.

Il se souvient qu'il puait la rage. Comme avant. Comme jadis. Comme il s'était promis de ne plus le devenir en présence de Bobby. Mais il l'était tout de même. Le genre d'animal qu'on ne tient pas captif, qui refuse toutes les formes de détention, même les plus confortables.Il se souvient vaguement d'avoir tout refusé, renié, repoussé, certain que les services offerts se règleraient bientôt sous l'aspect de services à rendre. En vérité, il avait raison. Mais c'était probablement au mieux. C'était mieux que ça. Cet endroit. Tout ce temps. Perdu. A se briser les poings contre les murs. A se mordre les lèvres. A se laisser crever de faim. Sans mourir. Comme d'habitude. Il avait dû perdre totalement l'esprit avant de le retrouver. Ce séjour avait eu des bienfaits qu'il ne reconnaîtrait jamais. Parce qu'il était trop douloureux, trop malheureux. Pourtant, il avait eu l'occasion de défouler toute sa haine, d'abandonner, et ça en toute sécurité. Il ne l'avouerait pas. Totalement incapable. Totalement obsédé par l'idée qu'ici-bas, il était inutile à Bobby. Et plus encore à Ezechiel.

« Putain, tu vas te lever, ducon. » Les bras qui le soulèvent sont autrement plus puissants que les siens. C'est d'une facilité notable... Caleb s'en frôle les côtes, qu'il sent trop bien sous sa peau pâle. Ça ne l'éveille pas. Rien ne l'atteint. Il y a seulement ces souvenirs ressassés. Il navigue au milieu de ces morceaux de lui-même, comme s'il les vivait au présent. Ç'a commencé le deuxième jour de son isolement. Bien sûr, il n'a pas réalisé, lui, que cela faisait deux jours. Mais l'autre, celui qui le tient sur ses jambes, l'a noté, comme tous les autres comportements qu'il a pu, qu'il a dû, observer. Depuis deux semaines. Il devrait d'ailleurs le lui dire - combien de temps, depuis combien de temps il erre dans cet état pathétique. Mais son ordre est inverse. Et lui, c'est un soldat. Lui, il obéit. Du reste, il n'apprécie pas beaucoup cet homme qu'on a confiné presque à son arrivée. De son avis, ces types devraient être recrachés dehors. Il vaudrait mieux ne les faire jamais rentrer. Ils sont dangereux. Désespérés. Désespérants, aussi. Il doit le rejeter contre le mur, pour que le prisonnier daigne demeurer de lui-même. Statique. Debout. « Désape-toi. Tu vas à la douche. »

Ils déambulent dans des couloirs que Caleb ne reconnaît pas. Evidemment, ils l'ont amené inconscient. Il le fallait, vue sa brutalité, sa hargne à rechercher la fuite. Ça tient pratiquement du miracle qu'il n'ait blessé personne. Si ça avait été le cas... il n'y aurait même pas eu d'isolement pour lui. La porte, c'est tout. « Tu faisais quoi, avant ? » Le libéré et le geôlier marchent côte à côte, sans se regarder. « Tu ferais mieux d'apprendre à causer, que le soldat le frappe à l'arrière de l'épaule. » Ça devrait lui coller de la colère dans le ventre. Mais rien. C'est plat. C'est calme. C'est vide, surtout. L'anesthésie est entière. Ça assourdit aussi le reste. « Le Commandement t'a laissé deux jours. » Comme Caleb s'attarde davantage sur les alentours que sur lui, le type le force à se tourner vers lui et lève deux doigts en sa direction. « T'entends ? Deux jours, connard. Dans deux jours, tu seras au boulot. Oh. Oh ! » Il abandonne presque aussitôt. Le prisonnier, exsangue, est à vingt lieues de là. Soit il s'en fout, soit il a tourné fou, voilà. Ce ne serait pas le premier. En deux ans à être responsable des gars à l'isolement... ce ne serait pas le premier, ce crétin famélique.  

La lumière est éblouissante. La lumière du soleil. Le soleil. Certain de ne plus jamais le revoir, ou convaincu qu'il avait disparu, Caleb s'attarde sur le seuil du bunker. Une lumière véritable. Chaleureuse. Rassurante. Vivante, aussi. Après deux semaines de béton froid pour horizon, ça lui file sous la peau et ça s'enfonce dans sa chair. Ça n'exalte pas grand-chose, mais ça prend le mérite de l'ancrer de nouveau. Il se laisse pousser au milieu de la place. Il se laisse abandonner, là. Ce qu'il est censé faire ? Il n'en sait rien. C'est juste ce brasier qui l'enveloppe. Il ferme les yeux. Statique. Debout. Au milieu des silhouettes fugueuses.
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Ce qu'elle a du abandonner à l'entrée du bunker:
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+ une hache récupérée dans le hall d'un immeuble après avoir brisé"la glace d'urgence", mais qui risque de ne plus tenir très longtemps.

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MessageSujet: Re: « Au début, on croit mourir à chaque blessure. »   Jeu 25 Déc - 13:04

Elle se souvient de mains puissantes l'empêchant de se mouvoir. Elle se souvient d'avoir crié son nom, avant de le voir lui aussi capturé. Elle se souvient d'un long voyage, dans un silence imposé par des militaires peu commodes. Elle se souvient de la réticence de Caleb, de sa colère folle, alors qu'elle est demeurée muette, interdite. Elle se souvient surtout d'être arrivée, et d'avoir vu tout basculer. Elle se souvient... Et à ses yeux, c'est presque plus important que tout. Les souvenirs s'empilent petit à petit dans cette nouvelle vie qu'elle se crée- qu'ils se créent.

Après être arrivés, ils l'ont emmené. Où, on ne lui en a rien dit. Il a été trop turbulent, trop dérangeant. Pendant deux semaines, elle n'a presque pas dormi, même si ce Bunker lui a offert plus de sécurité qu'elle n'en a jamais eu depuis l'épidémie, et même bien avant. Lorsqu'elle trouve le sommeil, elle l'imagine mort, le corps inerte, une balle logée dans son crâne, ou pire, animé cette fois, des lambeaux de peau peuplant son visage jadis si attirant. Elle refuse cette hypothèse. S'ils l'avaient tué, ils n'auraient pas pris le risque de la laisser, elle, en vie. Elle n'a pas la moindre valeur, à part dans les cuisines où elle peut apporter un peu d'aide. Mais pourquoi laisser vivre une femme dont on aurait tué l'être le plus cher? Ce serait pour eux du suicide, Bobby peut l'assurer. Alors elle garde espoir, qu'un jour, ils le relâchent. Même s'il est en sécurité là où il est, elle préfère nettement qu'il soit en sécurité près d'elle.

C'est au bout de quatorze longs jours que son vœux se voit exaucé, quatorze jour d'attente, de peur et de travail. Elle l'aperçoit, titubant sur la place centrale alors qu'elle vient tout juste de quitter les cuisines. Il a l'air tellement mal en point qu'elle a bien envie de cracher à la gueule du premier militaire qu'elle croisera. Pour qui se prennent-ils pour infliger ça à des gens qui ont pour seul malheur d'avoir pensé par leur propre chef? Mais oubliant sa haine, elle se précipite vers lui, bousculant au passage deux ou trois survivants. Lorsqu'elle arrive à sa hauteur, elle place ses mains des deux côtés de son visage, comme cherchant à s'assurer que c'est bien lui, qu'il est bien réel. "Caleb? Caleb, c'est moi." lui dit-elle tout doucement, comme pour s'excuser de son entrée aussi brusque. Elle tient à lui, c'est trop tard... Les sentiments du passé commencent à empiéter sur le présent.

Elle est consciente que les regards se tournent vers elle, vers eux, les regards de ces survivants qu'elle ne connait ni d'Eve ni d'Adam. Qu'ils aillent se faire voir, elle va se faire un plaisir de les ignorer. Que ce soit ces militaires ou ces civils, qui travaillent sans dire un mot. Bobby ne dira rien, elle non plus, parce qu'après ce qu'ils ont fait à Caleb, elle n'a pas la moindre envie que ça se reproduise. Eut-elle été seule, elle aurait peut-être tout tenté pour s'échapper de là, retrouver sa liberté. Mais ces salops semblent se douter des sentiments qui l'unissent à Caleb, et elle ne veut leur donner aucune raison de lui faire du mal. Elle fera son travail bien proprement, dans les cuisines, jusqu'à ce que l'occasion se présente. "C'est moi, Bobby -et comme il ne semble pas réagir, elle ajoute - Ezechiel!" Ezechiel. C'est toujours un prénom qui sonne faux. Elle espère pouvoir le porter de nouveau, un jour peut-être."Putain... Mais qu'est-ce qu'ils t'ont fait?" souffle t-elle, inquiète de savoir ce qu'ils ont bien pu faire de lui pendant si longtemps, et surtout pour si peu. Il a l'air affamé, ses traits creusés par la fatigue, et ses membres endoloris par la douleur... Bobby caresse sa joue avec son pouce, comme si ça allait lui apporter le moindre réconfort. Naïve.

ps: Joyeux Noël. I love you

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MessageSujet: Re: « Au début, on croit mourir à chaque blessure. »   Ven 26 Déc - 13:40

Il connaît cet endroit. Il a déjà foulé cette place. C'était avant l'isolement. Contrairement à aujourd'hui, le soleil ne s'était pas encore hissé au-dessus des barricades. Et il n'y avait personne en dehors des soldats descendus des camions. Ils les escortaient tous. Eux tous. Caleb n'aurait su dire combien avaient été faits prisonniers avec lui. Ils furent seulement extirpés des véhicules, les uns après les autres. On ne leur avait adressé qu'une poignée de mots avant de les mettre en rang. C'est là qu'il a...

Soufflé par la mémoire qui lui revient en éclats, ses yeux tombent sur ses mains, dont les jointures rougissent encore. Ce n'est pas juste le souvenir. C'est aussi la brûlure du froid. Il commence à le sentir, sous les maigres tissus qu'on vient de lui remettre. Le vent est aussi sec qu'il est glacé et, bientôt, tous les rayons, si chaleureux sont-ils à la rétine, n'y suffisent plus. Ça l'envahit par le bas. Ça lui lèche les reins. Ça le crispe à la nuque, mais ça s'envole de même. La peau s'irise de sensations qu'il imagine nouvelles. Ainsi donc avait-il comme oublié la caresse douce-amère des températures. Il le comprend en pliant, dépliant, ses doigts avec lenteur. Tout ce temps, il s'observe, il se scrute, immobile, propriétaire d'un corps qu'il réapprend. Il n'a pas la présence d'esprit de se sentir stupide, ou seulement ridicule. Il est là, chahuté par le mouvement des foules. Ils passent quand lui demeure, à flirter, parfaitement débile et inconscient, dans les sillages qu'ils creusent avec détermination. Ils le regardent à peine – ils ont à faire. Et ils en voient souvent, ou constamment, sans jamais les connaître. Ils sont plein, ils sont cent, peut-être mille. Ils affluent depuis l'Ouest. On les décharge comme du bétail. On les divise d'un même élan. Et puis, un jour, ils s'assimilent et font partie du tout. On ne fait plus attention. Ils sont pareils aux autres. Ils perdent, bienheureux de le pouvoir, cet air hagard qu'on trouve à trop d'hommes et de femmes depuis que le monde s'est précipité dans le siècle d'après. Ce type-là, comme les autres, abandonnera sciemment sa terreur et sa perte.

« Caleb. » Il attrape le poignet qu'elle a tendu pour lui, l'instinct pour compenser son réalisme. « Caleb, c'est moi. » Une voix, quelque part dans son être, lui murmure un message diffus. De se défendre. De se débattre. Il cligne des yeux, l'espoir accroché à son ventre qu'il possède les ressources pour se comprendre. Mais l'oeuvre ne se fait pas. C'est confiné. Trop loin. Hors de portée. Ça chuchote simplement, sans l'éclairer. Ça le laisse calme, inaccessible. Que cette peau contre la sienne. Que ces iris confuses qui cherchent les siens. C'est moi. Qui, moi ? Et, d'abord, qui est-elle ? Il se souvient de la matraque. Il se souvient des murs. Il se souvient du sang sur ses phalanges. Son propre sang. Il se souvient d'une angoisse sourde pour lui taillader les entrailles. Il se souvient surtout d'avoir été seul. Il a détesté ça. Pourquoi ? Pourquoi cette haine d'avoir été abandonné ? C'est pourtant bien un gosse de la Mère solitude. « C'est moi, Bobby. » L'esprit rendu plus confus par la libération que par l'enfermement, il se trouve abîmé par cette idée. Bobby ? Non, certainement pas. Mais c'est elle, et il se souvient. Alors quand il entend qu'elle lui dit Ezechiel, il attache un sourire absent à ses lèvres. Il sait que c'est elle, ou plutôt que ça ne l'est pas. Il n'est pas si vautré dans son trouble. Il est seulement à deux ou trois lieues de son âme, sur le chemin qui doit lui offrir de la retrouver. « Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? » Il détourne ce regard qu'il ne parvient pas à fixer sur elle, puis il écarte ces doigts qui cherchent à le consoler, lui, ou bien à la consoler, elle. « Rien, qu'il soupire. Ils ne m'ont rien fait. » Il balaie les alentours d'une attention fragile. « C'est moi, frotte-t-il son avant-bras dénudé. Je me suis fait ça. » Un soldat, là-bas, qui l'observe, qui les observe. Caleb se frotte la tempe. Ce n'est plus tellement douloureux. C'est d'abord étrange. Une sorte d'entre-deux mondes. Vaguement palpable. Sûrement insane. On ne s'y retrouve pas selon les méthodes communes. Pas de Nord. Pas de Raison. Pas de bon sens. C'est peut-être la folie. Alors ce serait bien confortable. Rassurant. Il aurait eu incroyablement tort de repousser cette échéance. Et c'est lorsqu'il se surprend à divaguer qu'il relève la tête brusquement. « T-tu vas bien ? Je t'ai pas demandée, dit-il, la bouche écorchée d'un rictus. Est-ce que tu vas bien ? » Il ne l'a pas regardée une seule fois. Il n'est que pour moitié conscient. Ça tient de l'hallucination. Il erre sur lui-même, à scruter le bitume, le béton. Les visages qu'il voit, il passe sans essayer de les deviner. « J'ai faim, qu'il lâche enfin. » Il ne sait pas comme ce besoin est remonté jusqu'à son être. C'est juste posé là, comme au sommet de sa conscience. Il est incapable de mieux. Mais, pour la première fois depuis longtemps, il n'éprouve aucune amertume d'être si bien démuni de force et de violence.
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MessageSujet: Re: « Au début, on croit mourir à chaque blessure. »   Sam 27 Déc - 1:19


Elle obtient de sa part un sourire, qui parait si lointain à Bobby qu'elle ne parvient pas à le croire sincère. Il repousse également son geste, et fuit son regard."Rien. Ils ne m'ont rien fait." C'est la première chose qu'il lui dit. Deux semaines qu'ils l'ont emmené, et il veut lui faire croire qu'ils ne lui ont rien fait? Il a l'air perdu, totalement déboussolé, et dans une souffrance que l'ont aurait peine à nommer. Le voir comme ça, ça lui fout une boule dans la gorge, et elle aurait envie de passer son malaise sur le premier militaire venu, par un bon coup de poing en pleine tête. "C'est moi. Je me suis fait ça." avoue t-il en passant sa main sur son avant bras. Elle se sent si inutile qu'elle aimerait creuser un trou pour s'y enterrer vivante. Elle est là, nourrie et en forme, alors qu'il fait peine à voir, lui qui n'a pas vu le soleil depuis des jours, et qui n'a rien du avaler non plus. Il a l'air ailleurs, à des milliers de kilomètres de son enveloppe charnelle, et Bobby se tient presque prête à le retenir en cas de chute, comme s'il risquait de tomber d'un moment à l'autre. Ces gens autour d'eux passent sans dire un mot, comme s'ils n'existaient pas. D'un côté, ça a ses avantages. Ils sont en plein milieu d'une foule avec l'impression d'être seuls au monde; du moins, c'est le cas pour Bobby. Caleb, lui, jette des coups d’œils trop insistants aux militaires pour qu'elle puisse penser qu'il ne s'en préoccupe pas. Il semble revenir un peu à ses esprits. "T-tu vas bien ? Je t'ai pas demandé. Est-ce que tu vas bien ?" Il parle d'un air absent, un rictus collé aux lèvres, mais sans jamais croiser son regard. Il la fuit. Elle se demande pourquoi. "Je- oui. Tu es sure que toi, ça va?" répond t-elle aussi vite qu'elle le pense, très inquiète de l'état dans lequel il est.

"J'ai faim." se décide t-il à lui répondre. Il ressent quelque chose, c'est déjà ça. Son attitude n'en demeure pas moins étrange, voire effrayante. Elle ne connait pas bien Ezechiel, mais elle est persuadée que c'est ce genre d'attitude de sa part qui lui aurait fait peur. Mais Bobby n'a pas peur. " Il m'ont affecté aux cuisines, quand je suis arrivée. Ne bouge pas, je vais te chercher quelque chose." Sans mal, elle l'aide à s’asseoir sur le rebord de la fontaine, en attendant qu'elle revienne. Elle file à vive allure vers l'endroit dans lequel elle passe presque toute ses journées, à travailler avec d'autres personnes - presque que des femmes- pour nourrir les autres membres de la communauté. A cette heure-ci, il n'y a personne. Le garde censé être posté devant l'entrée ne s'y trouve pas, et on croirait qu'une bonne étoile veille sur elle... Bobby se contente d'entrer dans la cuisine, et attrape un sandwich posé sur une pile qu'elle a elle-même préparée. C'est censé être le dîner de ce soir. Tant pis. Elle reprend son chemin, mais elle s'arrête quelques instants devant le réfectoire. Elle n'a même pas réfléchi deux secondes aux conséquences que pourrait avoir de voler un pauvre sandwich ici. Elle n'y a même pas pensé, parce que Caleb le voulait, il en avait besoin. Elle se demande ce qu'elle ne serait pas prête à faire pour lui, et ça lui colle une sacrée peur au ventre. Puis, décidant d'ignorer tout ça, elle se remet en marche, et revient vers lui très rapidement. "Tiens. T'es pas censé avoir ça, mais j'refuse de te laisser attendre jusqu'à ce soir." lui souffle t-elle, en lui tendant ce qui sera la nourriture, bien maigre face à son air totalement affamé. "Mange discrètement." se contente t-elle de lui conseiller. Elle préfère ne pas imaginer ce qu'ils leur feraient s'ils découvrait qu'elle vient de voler dans les cuisines. Elle se contente de se tenir tranquille, à ses côtés, comme si de rien n'était. Si les rôdeurs ne sont plus une source d'inquiétude dans cette endroit, il n'en demeure pas moins difficile de retourner à la vie normale, au travail, aux discussions futiles sur la pluie et le beau temps. Mais avec lui, c'est différent. Avec lui, il n'y a pas de 'normal'. Elle ne sait jamais à quoi s'attendre. "Tu sais que tu peux me parler. Hein?" lui dit-elle, tournant sa tête pour pouvoir le regarder. Elle a la sombre impression de ne contempler qu'une ombre... Rien qu'une ombre.

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